Libr-critique

18 février 2020

[News] Libr-News

En cette seconde quinzaine de février, RV à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille… pour la fin de l’extraordinaire exposition « Tourbillon d’être, Ghérasim Luca » ; les rencontres avec Espitallier autour de son Cow boy ; Isabelle Sbrissa à la Station d’Arts poétiques ; Laure Gauthier, les éditions Tinbad, Florence Jou…

 

â–º Jusqu’au 22 février 2020, exposition « TOURBILLON D’ÊTRE, GHÉRASIM LUCA« , Librairie Métamorphoses (17, rue Jacob 75006 Paris).

Livres, affiches, manuscrits, maquettes, cubomanies, dessins, œuvres en collaboration
Du 21 janvier au 22 février 2020, la Librairie Métamorphoses présente près de 200 œuvres (livres, manuscrits, collages, dessins) réalisées par le poète, plasticien et performeur d’origine roumaine Ghérasim Luca (1913-1994), que Gilles Deleuze tenait pour l’un des poètes majeurs du XXe siècle.

Jean-Michel Espitallier, sur AOC : « L’œuvre protéiforme, multiple, hybride de Ghérasim Luca  (1913-1994) pose avec une acuité particulièrement intéressante l’inlassable question des hypothétiques et fantasmatiques territoires de la poésie, et partant, de son statut, de ses limites, de ses rebords, de ses rebonds. La riche exposition que consacre la librairie Métamorphoses à cet « apatride » (d’origine roumaine, Luca s’installe définitivement en France dans les années 1950) surchauffe avec beaucoup de pertinence cette interrogation, ce doute ».

Un ouvrage sera publié à l’occasion de l’exposition :

Tourbillon d’être, Ghérasim Luca
Textes de Serge Martin
Catalogue par Michel Scognamillo
1 volume de 270 x 240 mm, 208 pages
365 illustrations en couleurs
Prix public : 40 €
Commander à :
Librairie Métamorphoses
17 rue Jacob
75006 Paris
librairie.metamorphoses@gmail.com

► Rencontres lectures avec Jean-Michel Espitallier pour son récent Cow-boy :

– Frontignan (salle de l’Aire), 25 février 21h.
– Marché de la poésie (Bordeaux), 14 mars.
– Montevideo (Marseille), 25 mars (en compagnie d’Anne-James Chaton qui lira des extraits de son nouveau livre).
– L’Escale du livre (Bordeaux), 4 & 5 avril.

â–º Mercredi 19 février 2020 de 9h30 à 18h, Isabelle SBRISSA à l’ENBA Lyon (Salle de cours du premier étage). La journée d’études se conclut par une lecture performée en amphithéâtre à 17h. [ENBA : 8 bis quai Saint-Vincent 69001 Lyon - 33 (0)4 72 00 11 70]

Cette journée d’études de la Station d’arts poétiques (programme d’enseignement et de création vers l’écriture en arts poétiques) aborde quelques points saillants de l’œuvre poétique d’Isabelle Sbrissa (en sa présence).

Isabelle Sbrissa est poète, auteure de théâtre et de récits. Elle vit en Suisse. Elle est titulaire d’un master d’art contemporain, en section Écriture, de la Haute École des Arts de Berne (HKB). En 2013 elle fonde les éditions Disdill (ouvrages que l’auteure met en page, illustre, imprime, relie et souvent offre lors de lectures en public). En 2014 elle invente avec Nathalie Garbely LE KHADIE, une bibliothèque itinérante et multilingue de poésie contemporaine autogérée constituée de dons, proposant des lectures collectives. Ici là voir ailleurs (Nous) interroge les liens de la langue au monde. Dans Tout tient tout (à paraître), il s’agit de dire comment dans le vivant tout s’interpénètre pour former un ensemble indissociable. Elle travaille actuellement à un long discours anagrammatique Nous permacultures, reliant mouvements des saisons, transformation intérieure et changements politiques, ainsi qu’à un roman jmenvè. Elle a publié dans les revues Edit (Leipzig), Grumeaux (Caen), RBL (Lausanne), Hochroth (Berlin), K.O.S.H.K.O.N.O.N.G (Marseille), etc.

« Chez Isabelle Sbrissa, tout semble pouvoir devenir poème, une idée de Charles Bernstein ou le bruit de la scie de Willy, le voisin. Son écriture se présente comme ancrée dans le présent : le présent de la sensation, de l’observation, de la pensée qui tâtonne, s’élabore et se contredit. Le présent de l’expérimentation. »(Nathalie Garbely, in La Revue de Belles-Lettres, 2019/1, à propos de Ici là voir ailleurs).

► Le printemps arrive et PAN! comme chaque année depuis 2011 propose de fêter ce temps nouveau par une manifestation ouverte à tous les arts !

Après Camouflages et Le risque, cette année il s’agit d’Ouvrir le spectre.

Qu’entendons-nous par ouvrir le spectre ?
Ouvrir le spectre c’est s’intéresser aux médias technologiques, à leurs effets dans nos vies et à ce qui les perturbe.
Ouvrir le spectre c’est se rendre attentif à ces formes d’existence invisibles, précarisées, clandestines, sans droits, qui hantent nos sociétés.
Ouvrir le spectre c’est faire varier les fréquences d’un mot : à quels murs nous heurtons-nous ? Comment prendre corps, quelle apparence revêtir ? Quelles tactiques de survie adopter dans un monde qui semble prêt à l’effondrement ?
Cette manifestation décline plusieurs approches de la question des spectres.

  • Human Services, du 20 février au 17 avril , une exposition consacrée aux nouvelles formes de travail provoquées par les réseaux de communication, réunissant des artistes de divers horizons, de la région à l’international.
Le 20 février à 18h vernissage de l’exposition à Lavitrine en présence des artistes suivi d’une performance de Leslie Ritz & Julien Salban-Créma et d’une lecture de Nathalie Quintane à partir de 19h.
Le 21 février à 14h30, une visite de l’exposition par Franck Bauchard commissaire de l’exposition avec les artistes présents, et à 16h30, au CiRA Limousin, une conférence débat de Yves Citton (théoricien des médias, universitaire, co-directeur de la revue Multitudes)
  • Spectres & Cie, les 13 et 14 mars, des rencontres, lectures performances et conférences à l’IF avec Jean Gilbert, Christophe Hanna, Manuel Joseph, Liliane Giraudon, Antonio Casilli
  • Je vous fais pas un dessin du 11 au 27 mars une exposition BD de jeunes collégiens allophones, un atelier BD le 14 mars pour des adolescents et une lecture par arpentage (lecture collective) de « Au bonheur des morts » de Vinciane Despret, à la BFM Aurence.
  • Traverser les murs du 18 au 21 mars un ensemble de rencontres étonnantes, conférences, débats, projection, expositions, ateliers, propositions sonores, plastiques et gustatives organisées par le collectif spectre qui est un groupe informel d’artistes plasticiens ou poètes, de personnes migrant.e.s et sans-papiers résidant à Limoges et de militant.e.s impliqué.e.s dans l’accueil et l’accompagnement de migrant.e.s. Artistes, auteurs et chercheurs invité.e.s : Maëlle Berthoumieu, Pomme Boucher, Mellie Brancherau, Jean-Marc Chapoulie, Isabelle Coutant, Yves Lapeyre, Madeleine Moisie, Karine Parrot, Julien Salban-Créma… Au CIRA Limousin et au squat du 4 bis avenue de la Révolution

Entrée libre et gratuite

► 

► 

â–º Mercredi 26 février à 19H30, Librairie Le Merle moqueur (51, rue de Bagnolet 75020 Paris) : Rencontre-lecture avec Philippe Thireau et Gilbert Bourson, qui présenteront/liront leurs ouvrages respectifs Melancholia (coll. « Tinbad-fiction ») et Phases (coll. « Tinbad-chant »).

► 

22 février 2015

[News] News du dimanche

 En avant-première, deux Libr-événements à noter pour mi-mars : Calléja/Actis/Léric à Bordeaux ; Masséra/Citton à la Maison de la Poésie Paris. Mais auparavant, en UNE, pleins feux sur le roman subtilement critique de Joël Baqué, La Salle – qui nous emmène dans un nouveau sanctuaire, la salle des marchés.

 

UNE

Joël Baqué, La Salle, P.O.L., février 2015, 254 pages, 16 €, ISBN : 978-2-8180-3551-1.

"Ce ne sont pas des êtres moraux mais des entités rationnelles parcourues de pulsions irrationnelles, des entités mues par des algorithmes soumis à des crises de tachycardie. Ils perpétuent les grandes  divisions de l’humanité , le masculin et le féminin, le yin et le yang, le sacré et le profane, Éros et Thanatos ; pour eux n’existent que la hausse – Bull – et la baisse – Bear"… Rien ne résiste à ces nouveaux maîtres du monde, rien n’échappe à leur emprise, ni les rapeurs made in USA, ni même la définition du couple ("marché particulier qui commence sur un win-win et se termine sur un lose-lose")…

C’est pour être au cœur de ces marchés que ne quitte jamais la Salle le personnage central d’une narration essentiellement à la 2e personne du pluriel – comme si un humble desservant du Fric n’avait pas droit à une subjectivité, aliéné de la même façon que le Salaud sartrien ("Votre job, c’est palper la face de Dieu" est l’une des pensées-slogans qui montrent comment fonctionne de l’intérieur un golden boy). Les isotopies de la psychanalyse et du nucléaire sont mobilisées pour nous faire partager ce que les traders ressentent dans le saint du saint : "Ils étaient au cœur du réacteur, plongé dans cet univers complexe et agité où bouillonne la libido de la mondialisation et s’enclenchent les réactions en chaîne du marché". Si, comme le pense Alain Badiou dans À la recherche du réel perdu (2015), le Réel est le point limite de contact avec l’impossible, alors ces "enfants terribles" sont bel et bien des agents du Réel capitaliste : "l’infini se cache dans les salles de marchés".

Cynique, un tel monde ? Ce n’est pas faute de valeurs : "précisément chiffrables, seconde par seconde, dans toutes les places financières de la planète et universellement partagées"… De quoi vous réconcilier avec le capitalisme financier ? Pas vraiment, on l’imagine, mais Joël Baqué évite l’écueil du moralisme dans un roman qui, conforme à son objet, est régi jusqu’à la fin par le couple Bull / Bear.

Libr-événements

â–ºLe 13 mars, Atelier 70 à Bordeaux, de 20H30 à 23H : Bêta dit "Ce n’est pourtant pas le printemps"

avec

DIDIER CALLEJA
MAXIME ACTIS
QUENTIN LERIC

tout cela est organisé très vite
tout cela est organisé sans sous
tout cela n’a pas grand chose à voir avec un quelconque printemps de la poésie
il n’y aura, ce 13 mars, aucune reverdie

trois lectures (mais courtes)
+ un stand Bêta (sortie fuites n°3)
+ un petit stand pour boire et pour manger
= des êtres humains

avec la joie, toute conviviale, de vous y retrouver

tout cela se déroule à

BORDEAUX. Centre-ville.
Atelier 70.
20, rue Bouffard.

Arrêts Tramway (ligne B) : Hôtel de ville / Gambetta.

Les portes du lieu seront ouvertes de 20h30 à 23h00.

Prix libre.

â–º Mardi 17 mars 2015 à 19H, Maison de la poésie Paris : cycle "Fiction littéraire contre storytelling" #8, rencontre-débat Yves Citton / Jean-Charles Massera.

Jean-Charles Massera écrit des livres (United Emmerdements of New Order, P.O.L., 2002) et des chansons (avec Pascal Sangla : Tunnel of Mondialisation, Verticales, 2011), travaille pour la scène et la radio (We Are L’Europe (le feuilleton), 2011), réalise des films (Call Me DominiK, 2014), des tableaux vivants (Le Parc des Distanciations, 2014), des installations (Ad Valorem Ratio, 2014).

Yves Citton, professeur de littérature française à l’université de Grenoble-3, co-directeur de la revue Multitudes, travaille à la croisée des études littéraires, de la philosophie politique et de l’économie des affects.

13 novembre 2011

[News] News du dimanche

En cette mi-novembre, l’actualité littéraire est des plus denses : après un Libr-Prigent concernant son arrivée dans les sujets de concours, la réédition de son Professeur et sa participation au premier numéro du Cahier Bataille, un Libr-divers centré sur Isabelle à m’en disloquer de Christophe Esnault, et des Libr-événements divers : revue Vacarme, colloques "Historicité de la littérature contemporaine" et "À quoi ça tient ? Montages et relations", festival INTON’ACTION à Databaz, soirée JAVA, "La Vie en Je" sur France Culture, RV à Caen avec Bruno Fern.

(more…)

4 mars 2010

[Chronique-recherches] Yves Citton, Mythocraties : storytelling et imaginaire de gauche, par J.-.N. Clamanges

Yves Citton, Mythocraties : storytelling et imaginaire de gauche, éditions Amsterdam, 2010, 17 €, ISBN : 978-2-35480-067-3.

â–º Ce soir à 20H, Librairie Le Genre Urbain (30, rue de Belleville 75020 Paris), débat avec l’auteur, l’économiste Frédéric Lordon et le philosophe Laurent Bove.

Chronique par Jean-Nicolas Clamanges

Réagissant au livre de Christian Salmon, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007), Yves Citton reprend le problème au fond en interrogeant notre imaginaire du pouvoir et en réévaluant les ressources de l’art du récit à partir d’un investissement résolument politique de la théorie littéraire. Il est membre du collectif de la revue Multitudes, collabore à la Revue Internationale des Livres et des Idées et enseigne la littérature à l’université de Grenoble. Il a publié L’envers de la liberté et Lire, interpréter, actualiser : pourquoi les études littéraires (éd. Amsterdam).

(more…)

Powered by WordPress