[Livre] Raymond Federman, Les Carcasses

Raymond Federman, Les carcasses, éditions Librairie Olympique, 35.p. ISBN : 2-9527604-1-1, 6 €
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federman161.jpg 4ème de couverture :
« Dans un moment de réflexion j’ai levé les yeux là-haut sur les housses du ciel puis sur la splendide vue devant moi — incroyable — et j’ai pensé — quand tu mourras tout cela s’éteindra — plus rien à voir — nothing more — juste le noir — ça sera comme si tu plongeais dans un grand trou noir — la tête la première fendra l’air — »

Premières impressions :
Les carcasses ne parlentt pas de voiture. Mais ce livre est celui d’une parole assez intime sur la mort, mais parole qui conserve bien entendu l’humour propre à Raymond Federman. Les carcasses est ainsi une sorte de rêverie, dénuée de toute prétention, de toute croyance (« je ne vais pas tomber dans la grande connerie méta-pata-physique — non — pas de tour de magie »), qui imagine ce que pourrait être le devenir de la carcasse à la mort. « Les carcasses — les voilà — toutes entassées les unes sur les autres comme de vieilles peaux vides — et tu y es maintenant sur le tas ». Et qu’est-ce qui se passe une fois que l’on est sur le tas des carcasses ? Federman, nous entraine dans un récit très drôle, où les transmutations se succèdent, mouche, fleur, lion, radis, artichaut, arbre ou encore écrivain.
Les carcasses est un bref texte, mais au rythme bien soutenu, à la langue vivante et joyeuse car directe, on entend même Federman lire quand on connaît sa voix.
En bref c’est un petit livre à découvrir, et qui montre en quel sens le travail d’un petit éditeur-libraire a toute son importance./PB/