Libr-critique

28 septembre 2011

[Dossier sur la subversion – 18] Chris Beighton, Qu’en est-il de la subversion dans le système éducatif anglais actuel ?

En ce lendemain du mouvement de protestation pour la libération – plutôt que la libéralisation – de l’Ecole, on peut remonter la Une jusqu’aux avant-dernières News du dimanche, relire les deux derniers articles sur la question ("L’Ecole française : harmonisation ou harmonie ?" et "A bas les murs ! Vers une économie scolaire ouverte…") ou le récent rapport de l’OCDE (Regards sur l’éducation)… ou encore et surtout cette réflexion deleuziennement stimulante d’un chercheur anglais, Chris Beighton, qui constitue la 18e livraison du Dossier sur la subversion. [Lire la précédente ; lire la présentation du Dossier].

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8 janvier 2011

[Chronique] Catherine Henri, Libres cours

Catherine Henri, Libres cours. La langue, l’exil, P.O.L, décembre 2010, 160 pages, 14 €, ISBN : 978-2-8180-0650-4.

Après La Centrale d’Elisabeth Filhol (sur la face cachée du nucléaire), Délaissé de Fred Léal et Le Candidat de Frédéric Valabrègue (sur les tribulations d’un médecin et d’un candidat à l’immigration), les éditions P.O.L proposent un autre livre qui rend compte des temps hypermodernes : non pas un brûlot ou un traité de plus sur l’École, mais un essai qui suit librement son cours d’évocations en notations et argumentations subtiles. Les jalons de son itinéraire : le bruissement de la langue – pour reprendre la formule de Roland Barthes, l’une des figures du panthéon de Catherine Henri – et l’exil – celui de l’École dans une société régie par la "barbarie consommatrice" (Philippe Meyrieu, Le Monde, 23 mars 2007), des établissements de banlieue dans l’univers scolaire et culturel, du professeur dans sa classe, des poètes comme des adolescents venus d’ailleurs…

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3 décembre 2010

[Chronique] À bas les murs ! Vers une économie scolaire ouverte…

Dans un livre qui vient de paraître hier en librairie, Libres cours (P.O.L), Catherine Henri affirme : "Il semble que, dans le discours convenu, l’école soit devenue un terrain pour sociologues, terrain dans lequel évoluent des spécialistes que sont les pédagogues, ce qui supposerait donc une frontière entre un dedans et un dehors. Mais si on peut définir un terrain, ce n’est pas par ce qu’il contient, mais par ce qu’il exclut. Ce qui est hors du terrain, ce qu’on choisit de rejeter au-delà des limites, de la frontière, permet de comprendre ce qu’il est" (p. 47). Autrement dit, ce qui se passe entre les murs est une façon de lutter "contre l’insulte, l’indifférence, l’obsession de la jouissance immédiate des objets" (153)… ajoutons : l’ignorance, la violence, l’intolérance… Or, au sein même de l’institution scolaire, nous sommes en train d’assister au passage de la société de contrôle à la société des flux : le rôle de l’École n’est plus de surveiller et punir, mais de mettre en phase les flux d’"apprenants", les flux de savoirs/savoir-faire et les flux du Marché. Son unique fonction de contrôle, désormais, est d’ordre oligarchique et sécuritaire : séparer le bon grain (héritiers) de l’ivraie (mal-nés)…

Dans ces conditions, abattre les murs protectionnistes de l’école, c’est imposer un système néolibéral qui a déjà triomphé dans le supérieur pour des raisons que la raison ne connaît pas, et avec les premiers dégâts collatéraux que l’on connaît : aujourd’hui, place à la compétition entre chercheurs, universités ou instances éditoriales, et à la productivité des Centres de recherche (à bas le qualitatif, vive le quantitatif !) ; au financement des projets par des capitaux privés et à la domination de ces nouveaux patrons que sont les présidents d’université (vive l’autonomie !)…
[Dessin inédit de Joël Heirman, dont on visitera le blog].

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