Libr-critique

14 janvier 2021

[Livre] Alain Frontier, Message à l’homme aux ciseaux méticuleux ! (à propos de Daniel Pozner, LiseRongles)

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Daniel Pozner, Liserongles, éditions Propos2, décembre 2020 / janvier 2021, 78 pages, 13 €, ISBN : 979-10-96252-28-2.

 

Cher Daniel,

Plus encore que tes bons vÅ“ux, me fait plaisir l’envoi de ton dernier livre ! ô toi, l’homme aux ciseaux méticuleux !

Pas les ciseaux seulement, puisque ton métier consiste à inventer des formes (autant ici de modèles différents que de chapitres : 6). Leur fonction est de donner corps à ce qui aurait pu n’être que chaos et entropie, et de faire émerger ce qui, en effet, ressemble à un sens. Ce que tu écris dans la 4e de couverture, que ce sens s’en va, revient, se dérobe et refait surface, décrit parfaitement ton écriture en général et le livre présent en particulier. La différence peut-être avec tes écrits précédents, c’est qu’ici on voit mieux la phrase.

Surtout dans le dernier chapitre (Ici et maintenant), qui, la ligne devenue plus longue, moins hachée, syntaxiquement plus complète, donne à lire un presque-roman. Mais un roman où chaque séquence échappe enfin à la langue toute faite (usée, banale, vulgaire). Un roman plausible, mais qui échapperait à tout prosaïsme. Important que le livre en arrive là : sans un tel aboutissement, les coups de ciseaux auraient eu quelque chose de quasi désespérant : plus d’écriture possible, plus de parole nouvelle, rien que les bribes d’une langue convenue. La forme (pas seulement le cadrage) porte en elle toute l’invention, et garantit qu’il est encore possible de parler et d’écrire… Paradoxalement, elle est ce par quoi ton écriture échappe au formalisme.

28 juin 2020

[Chronique] Daniel Pozner, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, par Ahmed Slama (Dossier 2/2)

Daniel Pozner, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, Les presses du réel, coll. « Pli », 4e trimestre 2019, 72 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-110-7.

Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française. Le titre est déjà tout un poème. Sur la couverture, ces lettres non alignées et qui se lisent dans le même mouvement pour créer des mots vivants jouant avec (et se jouant de) la grille de composition. Les lettres quelque peu effacées, le n d’impatience et le h d’épluchures, et enfin le n et le g de langue. Typographie et couverture qui tissent et fixent déjà ce qui va advenir dans et par les pages. Comment ne pas penser à la Deffence et Illustration de la Langue Francoyse ? texte de Joachim Du Bellay, fondamental dans l’histoire de la langue (et la littérature) française. Il nous faut y revenir quelque peu, car c’est bien à partir de cette référence que se déploient la portée et l’ampleur du poème de Daniel Pozner.

Deffence et illustration ?

Publié en 1549, Deffence et Illustration de la Langue Francoyse intervient dans un contexte particulier, il s’agit pour une partie des « lettrés » français de promouvoir la langue française fraîchement institutionnalisée (1539)[1] contre le latin et le toscan qui dominaient le champ intellectuel et artistique. Ainsi, Du Bellay propose tout un programme d’enrichissement de cette langue française, mais surtout « un manifeste pour une nouvelle littérature et un programme pratique pour donner aux poètes des instruments spécifiques qui leur permettent d’entrer en concurrence avec la grandeur latine et son relais toscan »[2], voire de les dépasser. Objectif que pourront atteindre les « poëtes françoys » en s’inspirant des auteurs romains qui imitaient « les meilleurs aucteurs Grecz, se transformant en eux, les devorant, & apres les avoir bien digerez, les convertissant en sang et nourriture » (Du Bellay, Défense et illustration de la langue française). L’opération est donc de dévorer le latin et de transformer ou convertir la valeur du latin en capital symbolique français, permettant à terme de donner légitimité à cette langue « naissante ». Voici donc ce que fut le programme de Du Bellay, défense du français contre les latins, et son illustration, comprendre mise en valeur.

Quelle défense ? Quelle illustration ?

« Le temps serait venu de sortir par le haut
La cure de désintox
Égrène les noms
Le silence gagne »

Bien évidemment le poème de Daniel Pozner n’a rien d’un manifeste ou de quelque « programme » à destination des poètes. Additions, juxtaposées à la verticale, de phrases et de mots puisés dans le quotidien. C’est toute la ville et la vie qui murmurent, pas d’enchaînements ou si peu.

« Faire de l’or
Accentuer les efforts
Rechignement à s’engager
La réponse est ailleurs
Les sabreurs ont disparu
Visages retrouvent leur identité »

ou alors on assiste à quelques enchâssements.

« Parvenus à un accord
Incapables de comprendre
Balayé d’un revers de la main »

Ça coule et s’écoule sur le blanc de la page. Défense, illustration d’un quotidien. Langue qui s’exhibe par et dans une composition particulière qui donne rythme et vie au poème.

« Les perdants
Le cerveau du groupe
Les règles de transparence
La peur des banlieues
Les raison profondes »

Renversement de la Deffense de Du Bellay qui rejetait les dites « vieilles poësis françoyses » ; rondeaux ou chansons bachiques, ensemble de ce qui composait une poésie populaire. Chez Pozner, c’est bien le langage quotidien qui est défendu, illustré par la composition singulière. Il est poème et le devient par le fil de ces soixante-dix pages.

Impatience et épluchures

Nous l’avons compris, il ne s’agit pas ici d’enrichissement de la langue, nous n’en sommes plus – heureusement – aux temps de l’écriture ornementale, des normes et du bien écrire des dits honnêtes hommes. Ce sont plutôt les épluchures de la langue qui importent, attention aux bruissements et graphies du quotidien. Tout ce qui se déploie à celles et ceux qui savent tendre l’oreille, et bien porter le regard. Tout ce dont on se saisit au vol, sans pour autant en avoir scruté le cœur. Épluchures langagières.

« Feuilles bien vertes sont signe de fraîcheur
A moins d’importance que sa construction
Bouche à oreille ou vice versa jusqu’au recopiage »

Mots qui s’égrènent comme une longue épluchure. Cette impatience aussi. Ces milliers de phrases dites ou écrites sans les achever, sans y mettre de point. Mots lancés ou mots entendus, sans contexte et sans suite. Ça s’interrompt souvent,

À découper des phrases au
Mots ont passé avec succès l’épreuve du temps
Enfilez chacun d’eux dans les œillets
L’heure est grave
Abattage après étourdissement
Il s’agit avant tout d’un problème industriel
Sur le trottoir et d’y
Sinistre où l’esprit de sérieux triomphe

et ça repart parfois. Ou peut-être tout ce que j’écris ici est trop sérieux ? Sinistre ? Laisser le poème, seul, tracer sa voie, c’est le mieux. À lire, donc avec, pour finir, un extrait en supplément.

 

[1] Au travers notamment de l’ordonnance de Villers-Cotterêts – le plus vieux encore en application aujourd’hui dans la législation française, les articles 110 et 111 n’ayant jamais été abrogés.

[2] Pascale Casanova, La République mondiale des lettres, Le seuil, coll. « Points essais », 2008, p. 86.

26 juin 2020

[Texte] Daniel Pozner, Ô saisons ô (Dossier 1/2)

Pour inaugurer ce mini-dossier consacré à Daniel Pozner, voici une subtile liste dépôt d’impressions dans la lignée de ce qu’il a déjà publié ici et ailleurs… Qui nous invite à construire les absents du titre – façon Rimbaud ou Varda…

 

Pendulette

Mécaniques

Montre pas tes

Mémoire des

Syllabes mûres

Mot plus haut que l’autre

Roulette

Focale

Prestidigitation

Entrenœud

Poignée de mains

Voir aussi

Silence

Sommeil

Mutinerie

Hamac

Banderilles

Tessons

Chapeaux cartons rideaux cendriers

Ferrailles

Coulures

Reprise

No way

Cachetons

Cochonnailles

Crocheteurs

Crevouille

Carré d’as

Les dessous

Les boas

Les souliers

On vide

On lèche

On souffle

On brade

Lentilles

Mogettes

Points-virgules

Déserts

N’y croire

Défait

Tiroir

Portant

Veston

Percussionniste

Répète

Varie

Minus

Crayon

Secoue

Trace

Pas aujourd’hui

Ni demain

Préparer

Petite couverture

Toile cirée

Alcool iodé

Eau bouillie

Le vide avec le flambeur

La brasse

Le crawl

Entraînement à la nage papillon

La casquette

Les lunettes noires

Le tatouage

La redite

Les yeux vides

Verre à moitié plein

Calculs

Pépins de raisin

Puits sans fond

Extrait des carnets

Gribouille

Jeune premier

Perruque sur

L’encre les doigts

L’épaule les sacs

Télécommande

Œuf à la coque

Cinquième étage

Illusions perdues

Froissées

Jaunies

Cassantes

Nostalgiques

Après tout

Sécheresse accrue

Multiples

Communs

Impétueux

Ombres vacillantes

Vie est à nous

Insaisissable

Attrapé froid

Quatre murs

Amour fou

Défilement

Inconséquence

Torréfaction

Espionne fusillée

Sans façons

Sans combat

Je feinte

Pâlot

Coupés ras

Je fume

Lèche-botte

Au début c’est le

Plein et le vide

Moutarde à l’ancienne

Ce qu’on s’emmerde ici

Diamants sont éternels

Désespérer Billancourt

Bille en tête

Moisissures

Salpêtre

Toiles d’araignées

Les lilas ont fleuri

Aimants

Salis

Traîne-savates

Paravents peints

Coqs en pâte

Bruits de couloir

Minuterie

Vitrines envahies

Contraires identiques

Poissons d’avril

Neiges d’antan

Chômeurs partiels

Reines d’un jour

Humour noir

Colère intacte

Un clou manque

Verres faussés

Juste une mise au point

Les mirabelles les

Pierres des poires

Il en manque un

Les bons comptes font les bons

Retards

Danser c’est autre

Chose le poids le cœur le diable

Déjà ailleurs toujours

Parodique décalé bancal

Amis dépliés

Liste dépôt

Fuit fous le

Camp s’organise

Le hachoir manque

Parfois son coup

Ô saisons ô

 

30 janvier 2020

[Chronique] Les ritournelles de Daniel Pozner, par Christophe Stolowicki

Daniel Pozner, Chuchoté au petit matin, Fidel Anthelme X, « La Motesta », octobre 2019, 42 pages, 7 €, ISBN : 978-2-490300-06-8.

Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, Les presses du réel, coll. « Pli », 4e trimestre 2019, 72 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-110-7.

 

Taire en flammes les départs de feu et leur cent de fumées. Garder arable le champ de vision, ne s’approprier rien. Des chuchotées au petit matin phrases de réveil, reste imprégné leur mouvement, ce qu’elles ont entrelacé, délaissé de sens.

« Les parallèles se / rejoignent de loin en loin » – en double page grand ouverte sur le fini. De circulaire, répétitif horizon.

Saisis où ils prospèrent de ne pas se démonétiser, les mots : ceux, même épluchures, que d’impatience une neuve défense et illustration de la langue française imprime sur vélin. Les émet, les émiette une poésie verticale, en bribes, éclats, du disparate non de l’éclaté, en loques non du disloqué, ni avant-scène ni fond de rumeur – swing peut-être, chorus non choral, je reconnais plutôt Sonny Rollins que Coltrane, l’improvisation s’appesantit railleuse plutôt que ne se démène se démantèle. D’apophatique dérobade, mots en retrait telle une citation courent la prétentaine.

En plaquette qui énumère ce que l’autre ajoure, énuclée.

De page en page du chuchoté, des pans de phrases ont sauté, le sas du petit matin ajoure la provende de nuit. Par exception un quatrain, un quintil ne rimant qu’à moitié, au final la mise en abyme d’un sonnet, d’envoi central tel un trou noir (« Qu’avons-nous fait des années ? / Qu’avons-nous fait aux années ?) – comme remplis de couturière réépaississent ce qui se trame se démaille en une généreuse débauche de pages presque blanches,  jaunies par les années. À « pizzicati aigres » les violons.

Où « coup de force » répond à « cure de désintox ».

On a monté le son. Des informations en rafale, à mitraille, à grands sauts de registres,  n’émanent pas toutes, arrière toute, d’un même organe. « Dispute émaillée de horions »,  « La reproduction servile ou quasi servile », en avant ce peu, rompent la litanie, le brouillamini des « En marge du protocole », « Un souffle inouï il suffit de ». Introduit le coin d’une Renaissance dans la masse d’ordures et d’épluchures de l’actualité, le recul d’un demi-millénaire coupe court de souffle long à notre impatience, réitère dans son plus grand besoin, le sabir franglais plus dissolvant que le latin, à la langue française une défense, illustration.

Fragmenté et touffu. Épandu blanc de blancs. Le rarissime et le surabondant composent un « gratte-ciel horizontal ».

De courtes à longues tout en iambes trochaïques et jeu de jambes sur le ring des rings, la poésie. Au beat des beats, quand pour recharge deux vers consécutifs ont syntaxique partie liée. Que cymbales se dévoient la balle. À blanc au bal du réel. « Tac au tac / Tac / Tac » mais « Lentement les foirades et l’incompréhension ». Quand les media sont le latin d’église. À lire vite et se suspendre en chemin sur ce que de l’autre plaquette il émane très lentement. Le vers t’y cale.

Frangées d’écume des jours, les vaguelettes happées déferlent pour un précis de dégagement.

24 novembre 2019

[NEWS] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, les RV de Christian Prigent puis avec Sandra Moussempès, avant notre LIBR-10 (nouvelle sélection des livres reçus) et une spéciale sur le Festival BIFURCATIONS #5

Agenda de Christian Prigent

Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 30 novembre 2019, à 15 h 30. A la Maison Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture et discussion. Contact : 06 77 68 56 72
 
Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 07 décembre 2019, de 17 h 30 à 19 h. A la librairie « Le Pain des rêves », 13 rue Saint-François, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture (avec Vanda Benes), discussion, dédicace. Contact : 02 96 61 36 55 ; www.lepaindesreves.fr
 
Christian Prigent à Rennes. Le jeudi 16 janvier 2020, à 19 h. A l’auditorium MIR, 7 Quai Chateaubriand, Rennes. Avec la revue TXT. Lecture. Contact : Maison de la Poésie de Rennes, 02 99 51 33 32 ; contact@maisondelapoesie-rennes.org
 
Christian Prigent à Lyon. Le mercredi 29 janvier 2020, à la « Scène poétique » de l’Ecole Normale supérieure, 15 parvis René Descartes, 69342 Lyon (04 72 72 80 00). Lecture et discussion. Contact : Patrick Dubost  09 50 25 23 21 – 06 80 06 13 19.
 
Actualité de Sandra MOUSSEMPÈS
Vox Museum de Sandra Moussempès : Album fichiers wav + mp3, 5 euros, durée 36 min., octobre 2019.
Par chèque : ordre Association JOU (60 rue Édouard Vaillant 94140 Alfortville)

Sandra Moussempès invente un langage vocal, hors mots, lié aux perturbations amoureuses et aux phénomènes paranormaux. Sa voix chantée, tour à tour éthérée, lyrique, chamanique ou bruitée se matérialise en fragments envoûtés.

Vox Museum
(Sculptures vocales)
1 Contusion of love
2 Ghost elevation (Black Sifichi Mix)
3 Esprits phonographiés
4 Contusion of love  (Black Sifichi Remix )
5 Perturbation lyrique
6 Sweetie’s diary (Black Sifichi Remix)
7 Vocal expectation
8 Vox Museum
9 Sweetie’s diary

Chants, voix, compositions & conception sonore : Sandra Moussempès
Clavier & composition sur « Contusion of love » : Virgile Carballo Moussempès
Conception sonore sur Ghost elevation & tous les Remixs : Black Sifichi

Libr-10 (novembre-décembre 2019)

Sereine BERLOTTIER, Ciels, visage, Lanskine, 88 pages, 14 €.

Marc CHOLODENKO, Sarabandes, Passacailles, naïades en bikini, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 70 pages, 13 €.

Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

Liliane GIRAUDON, Le Travail de la viande, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 160 pages, 16 €.

Virginie POITRASSON, Une position qui est une position qui en est une autre, Lanskine, 80 pages, 14 €.

Daniel POZNER, Chuchoté au petit matin, éditions Fidel Anthelme X, 44 pages, 7 €.

Christian PRIGENT, Point d’appui 2012-2018, P.O.L, 464 pages, 22,90 €.

Nathalie QUINTANE, Les Enfants vont bien, P.O.L, 240 pages, 18 €.

Nicolas RICHARD, Peloton, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 10 €.

Lucien SUEL & William BROWN, Ourson les neiges d’antan ?, éditions Pierre Mainard, 90 pages, 20 €.

Festival BIFURCATIONS #5, du 28/11 au 1er décembre

 

20 octobre 2019

[News] News du dimanche

Avant vos Lib-événements de fin octobre/début novembre (Cécile Portier, Charles Pennequin, Michel Deguy, Éric Chevillard…), une recette particulière avec le duo satirique Cuhel/Heirman… Puis votre Libr-8 suivi de la rubrique « En lisant, en zigzaguant »…

UNE satirique :
La recette de la semaine : une blanquer-de-veau (CUHEL/HEIRMAN)

N’en déplaise aux blanquer-dévots, voici la recette de la blanquer-de-veau…

Dans un saladier de technopicrate, verser

  • une pincée d’épices
  • une cuillerée de malice
  • une poignée d’injustice
  • une louche d’économie(s)
  • une charretée d’avanies
  • une volée de n’importe quoi
  • une overdose de mauvaise foi
  • un mix / une mixture de neuronique et de numérique…

Et le (vilain) tour est joué !

Libr-événements

► Cécile Portier, dont on connaît l’admirable site Petite Racine, sera en résidence à Marseille du 21 au 25 octobre 2019 dans le cadre des micro-résidences d’Alphabetville.

« Mais je ne parlerai pas de politique. Non. Non. Non. Je parlerai de ce qui nous échappe. De ce qui fait que nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, et que nous glissons inexorablement le long de la réalité. C’est une réalité qu’on ne peut appréhender avec les méthodes ordinaires » (extrait de « Faux plat, cartographie par la fiction de nos espaces politiques », AOC, 2018).

♦ Le jeudi 24 octobre à 18h30, Faits divers avec Cécile Portier, café-librairie la Salle des machines, Friche la Belle de Mai (41 rue Jobin 13003 Marseille).

Dans le cadre de sa résidence, Cécile Portier présentera « Plusieurs », un texte inédit, publié spécialement dans la revue La première chose que je peux vous dire aux éditions de La Marelle, en partenariat avec Alphabetville. Lecture et échange autour du texte. Entrée libre. Revue : 2 €.

► Jusqu’au 30 octobre

► Vendredi 25 octobre à 20H, Poètes en Résonances (75018) :

► À la Maison de la poésie Paris :

Libr-8 (septembre-octobre 2019)

► Jean-Michel CORNU DE LENCLOS, L’Abysinienne de Rimbaud, Caen, éditions Lurlure, 296 pages, 22 €.

► Sylvain COURTOUX, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir, Les Presses du réel / Al dante, livre de 362 pages + CD, 27 €.

► Alexandre DESRAMEAUX, Saut fixe, Atelier de l’Agneau (33), coll. « Architectes », 78 pages, 16 €.

► Ariane JOUSSE, La Fabrique du rouge, éditions de l’Ogre, 128 pages, 14 €.

► Julien LADEGAILLERIE, Lacrymogenèse, Les Presses du réel, coll. « PLI », 72 pages, 10 €.

► Daniel POZNER, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, ibid.

► Sébastien RONGIER, Alma a adoré. Psychose en héritage, Marest éditeur, à paraître le 22 novembre, 176 pages, 19 €.

► Jean-Philippe TOUSSAINT, La Clé USB, Les Éditions de Minuit, 192 pages, 17 €.

En lisant, en zigzaguant…

► « Il faudrait pour connaître la vie et se connaître soi-même être toujours en train d’écrire un récit parallèle (pour disloquer l’ordonnance & et arracher cette pseudo-transparence, la dépouiller – cette opacité qui sonne et trébuche dans le fin fond du moindre mot / chaque mot est une tour pleine de combattants) • de ratures qui laissent lire ce qui peut les oblitérer (un texte qui est à la fois très ressemblant, un texte qui est à la fois tout autre (pratique + événement du ré-agencement – ce jeu qui introduit du possible dans l’impossible) • et tout ceci renvoie, répercute, cite, propage son rythme sans mesure » (Sylvain Courtoux, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir).

► « Psycho ne produit pas seulement un effet cinéma dans le monde du cinéma. Les bouleversements sont profonds pour de nombreux artistes contemporains qui réfléchissent à la production des images à partir de leur expérience de spectateur. L’enjeu de la notion de « cinématière », développée dans un précédent essai, est de penser le cinématographique comme un matériau qui serait passage et déplacement, une tension qui déborde le champ cinématographique » (Sébastien Rongier, Alma a adoré, en librairie le 22 novembre, p. 137).

► « Des génies, au portail ? Derrière, sérail toi ! La faim, bander. La mort : gargantuesque. Hé oh ! Marcello ! stronzo ! bello !, braguette, ta plaie, pédale, tais, sexe !, mais mort, moteur, marrant, devant ? Démarre ! Démarre ! En tigre, blanchi de glace, rugis, bondis : pile mort, et face : tes non ; et vit, de neige, de nuit, d’été,
Ne plus, baiseras, jamais, tu plus ! » (Alexandre Desrameaux, Saut fixe, p. 15).

26 septembre 2019

[Texte] Daniel Pozner, extrait de Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française

Ça n’a ni queue ni tête… plus encore qu’un inventaire à la Prévert : à nous de reconstruire une polyphonie à partir de ces « Ã©pluchures de la langue française » – de ces bribes prélevées dans le Verbier de notre monde social…
En avant-première, cet extrait d’un livre prometteur que Daniel Pozner va publier très prochainement (c’est une histoire de semaines) dans la collection « Pli » des Presses du réel : Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française.

 

Je rêve ou je travaille

Chanter comme elle un peu

Interrogatoires quasi journaliers

Machin compliqué

Ça va très vite

Incompréhension totale

Des choses brèves

Pénombre et magnifiquement éclairées

Yeux déjà mourants

Énième remake

Lourde épaisse cette masse s’est doucement déversée sur

Il a trouvé le ton juste

Un plongeur traverse en apnée

Le mot n’est mentionné

Découvert en bordure d’un sentier

Contre le reste de l’univers

Une salle à moitié vide

Les sirènes ont retenti et l’eau est montée

Notes sur l’air et  le vent

Bien des interrogations

Funèbre dédiée à une certaine idée

Qui n’a ni queue ni tête

A ajouté une autre camarade

Certains caractères manquent de finesse

Aux murs propices aux griffonnages

Il n’y a rien à décrypter

Coupes de

Pétillant

Au premier plan

Lumières tourbillonnantes ces lumières

Apercevoir plus tôt

Le fabuleux subterfuge

Par derrière

Par le jardin de la voisine

Si je tombe vous tombez

Usé de la même prudence

Précautions redoublées

Est pour le moins rocambolesque

Bien sûr on peut faire la moue

Calmer le vent de panique en déclinant les éléments de

Dès lors tout va se détraquer

Et une sacoche remplie de clous

Par une porte dérobée : cela n’a pas été un caprice

Baraques de fortune en bois

Et les caravanes

Ont été durement touchées

Le badinage et les colères

Pluie d’étoiles filantes

Un café très noir

1 septembre 2019

[News] News du dimanche

« ABOLITION DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE », proclame d’emblée le dernier numéro de TXT… Donc, intéressons-nous à l’autre face de ce mois de septembre, moins visible mais plus inventive : l’agenda de Christian Prigent ; le tonitruant programme des prochaines parutions Al dante/Presses du réel ; les RV du mardi à Marseille ; « En lisant, en zigzaguant » ; et notre sélection Libr-10

Agenda de Christian Prigent

♦ Christian Prigent à Paris. Lecture dans le cadre de l’exposition « De proche en proche » du photographe Marc Pataut. Le mardi 10 septembre 2019, à 18 h 30. Au Musée du Jeu de Paume, 1, Place de la Concorde, Paris 8ème. Contact : martaponsa@jeudepaume.org. T. : 06 75 91 34 41.

♦ Christian Prigent à Paris. Lecture pour le BACON BOOK CLUB, dans le cadre de l’exposition Bacon en toutes lettres au Centre Georges Pompidou. Le jeudi 12 septembre 2019, à 19 h, dans l’exposition Francis Bacon. Contact : dorothee.mireux@centrepompidou.fr. T. : 01 44 78 46 60.

Al Dante aux Presses du réel, parutions à venir :

Septembre :
– Sylvain Courtoux : L’AVANT-GARDE, TÊTE BRÛLÉE, PAVILLON NOIR («c’est à vous de décider de votre niveau d’engagement»), Livre + CD, 21x30cm, 360 pages, 27 euros.
– Jacques Sivan : NOTRE MISSION («Vous aller accomplir ici avec moi la mission la plus important de ma vie»), 14x19cm, 408 pages, 27 euros.
– Louis Roquin : JOURNAUX DE SONS («Image et partition se métamorphosent en un lieu d’entente»), 14x21cm, 544 pages, 30 euros.

Octobre :
– Julien Ladegaillerie : LACRYMOGENÈSE («Nous subissons le sens des coups sans comprendre»), collection « PLI », 12x17cm, 72 pages, 10 euros.
– Daniel Pozner : DÉFENSE, ILLUSTRATION, IMPATIENCE ET ÉPLUCHURE DE LA LANGUE FRANÇAISE («Avis de tempête / Condition humaine / Cheese-cake»), collection « PLI », 12x17cm, 72 pages, 10 euros.

Dits du Mardi (Marseille) : programme

Les dits du Mardi (19H), coorganisé par Philippe Allio et Julien Blaine au café littéraire (25 de la rue de la République à Marseille)

Les principaux auteurs et poètes du 13 et des départements limitrophe + quelques invités plus lointains… présentent leur dernier livre ou le dernier numéro de leur revue ou toute autre manifest’a©tion de leur choix (2 poètes à partir de 19 heures).

03.IX : Mathieu Farizier & Adriano Spatola présenté par Bianca Maria Bonazzi & Julien Blaine.
10.IX : Antoine Simon & Patrick Sirot
17.IX : Véronique Vassiliou & Florence Pazzottu
24.IX : André Robèr & Hélène Sanguinetti
01.X : Nathalie Quintane & Jean-Marie Gleize
08.X : Colette Tron & Pierre Tilman
15.X : Cédric Lerible & Dominique Cerf
22.X : Christian Tarting & Danielle Robert
29.X : Claude Ber & Frédérique Wolf-Michaux
05.XI : Claudie Lenzi & Julien Blaine
12.XI : Adrien Bardi & Marius Loris
19.XI : Nadine Agostini & François Bladier
26.XI : Liliane Giraudon, Frédérique Guétat-Liviani
03.XII : Laura Vazquez & Maxime H. Pascal
10.XII : Stéphane Nowak Papantoniou & Michaël Batalla
17.XII : Carmen Diez Salvatierra et Vaninnna Maestri.

En lisant, en zigzaguant…

♦ « On peut tout répéter, sauf la naissance. […] c’est ce qui fait la valeur des « premières fois » : elles sont comme des naissances, impossible à répéter » (Didier ARNAUDET, Les Jambes sans sommeil, Le Bleu du ciel, Libourne, printemps 2019, p. 52).

♦ Perdons-nous dans ce tourniquet qui, orchestré par divers procédés redoutables (anadiplose, symploque = anaphore + épiphore…), dévoile l’infernale mécanique qui régit notre monde :
« les algorithmes suivent les règles
les règles des algorithmes suivent une séquence d’opérations
les opérations suivent des instructions sommaires
les instructions sommaires suivent les règles
les employés du Ministère ne doivent pas enfreindre les règles
les employés de tous les Ministères ne contrarient pas les règles
les colonies de fourmis n’échappent pas aux règles
le calcul des chemins des colonies de fourmis entre dans la catégorie des algorithmes « 

(Maxime Hortense Pascal, L’Usage de l’imparfait,
Plaine page,  Barjols, été 2019, p. 62).

Libr-10

♦ Collectifs aux Classiques Garnier : Andrea Del Lungo et Pierre Glaudes dir., Balzac, l’invention de la sociologie, 2019, 352 pages, 39 €.
– Aurélie Adler et Anne Coudreuse dir., Romanesques, n° 11 : « Romanesques et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles) », été 2019, 292 pages, 42 € pour deux numéros annuels.

♦ Théo CASCIANI, Rétine, P.O.L, août 2019, 284 pages, 19,90 €.

♦ Christian DÉSAGLIER, Leçon d’algèbre dans la bergerie, éditions Terracol, coll. « Toute la lire », Mézidon (14), printemps 2019, 848 pages, 25 €.

♦ Le MINOT TIERS, L’Oncle de Vanessa, La Ligne d’erre, Orthez, août 2019, 208 pages, 13 €.

♦ Florian PENNANECH, Poétique de la critique littéraire, Seuil, coll. « Poétique », 620 pages, 34 €.

♦ Emmanuel PINGET, Tulipe blues, Louise Bottu, Mugron (40), 194 pages, 14 €.

♦ Nicolas TARDY, Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 112 pages, 13 €.

TXT, éditions Nous, Caen, n° 33, août 2019, 144 pages, 15 €.

♦ Daniel ZIV, Ce n’est rien, Z4 éditions, 200 pages, 14 €.

16 juin 2019

[Création] Daniel Pozner, Plutôt qu’ailleurs

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Daniel Pozner nous livre ici un extrait de son prochain recueil : une bagatelle qui nous ouvre l’ailleurs… [Lire le dernier texte de Daniel Pozner sur Libr-critique]

L’étrange privilège de ne laisser aucune trace
Le col relevé jusqu’aux oreilles
Le commencement de tout cela
That’s marvellous !
Explosions analogues
Un verre d’eau
Pose son stylo
Quand les sirènes
Et venir vivre à New York
Le jour se lève
Tout sonne faux
Je n’ai pas craint d’écrire cette bagatelle
Une sorte d’axiome
La chose la plus simple
Toute sorte de mots confus
Ombres chéries
Flots immobiles
No man’s land
Rock and roll
Je leur donnai cinq cigarettes
Les noms effacés
Ne comptez pas sur moi
Lisant et relisant
Petites émotions de la kleptomanie
La maison croulait un peu plus
Ça se goupille
Manuscrits de ma composition
La gueule à coups de poings
Fruits des travaux de ma solitude
L’empêcher de tourner sur ses gonds
Les étoiles sont si proches
Tes petites craintes
Tes petites joies
L’herbe sèche
Le thème d’une fugue de Bach
Hasards de la conversation
Une petite fille pieds nus
Les images coloriées
Le jasmin et la menthe fraîche
Les phares des voitures
Lacets à la pièce
Une espèce de lacs en cœur
Les particularités d’une langue
Une lampe à alcool
La banlieue de Paris
L’ancienne brouette
Une tierce mineure
Pluie miraculeuse
Tournants brusques
Descentes rapides
Et l’éblouissement du soleil sur les pierres
Mort toujours menaçante
Son mégot dans le cendrier
Claquements de fouet
L’ampleur des contradictions
Habité par un oiseau sauvage
Des branches d’épines
Je vais lire ça ce soir
Intermezzo
Apprendre à ne rien faire
Lacéré brûlé emporté pillé
Le pied souple dans les espadrilles
Voyages dans le temps
Ces pommes âcres qui donnent soif
Miroir ovale
Cartes sur table
Lune de miel
Une pincée de sel entre le pouce et l’index
L’éditeur hocha la tête
Cela s’allumera tout seul
Choses anciennes précises irréelles et lointaines
All right !
Un minuscule carnet
Naissance des éphémères
Le grotesque l’impensable
Passe-temps
Filin d’amarrage
Une simple inscription
Si c’est de l’or
Le rôle de l’imagination
Le pouvoir des fées
Émotion étrange
Les paroles les plus
Ces barricades ?
Pourquoi je pleure ?
Une bonne promenade ?
Ne pas trouver de rime aux choses ?
Le rideau de perles qui masquait l’entrée
Aller et venir librement
Il y avait des trous et puis des tiroirs
Les mots qui n’existaient pas encore
Accélérez ralentissez
Le sang n’est-ce pas ?
Marionnettes du crépuscule
Encore une grève ?
Les châtaignes se fendent
Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ?

6 décembre 2018

[Texte] Daniel Pozner, Elle se moque des interruptions

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 21:42

« Ã§a tourne ça tourne ça tourne »… dans les ritournelles pleines de fantaisie que nous propose Daniel Pozner : c’est que la poésie, comme la révolution, se moque des interruptions

(…)
La chamade
La révolution
L’écume
Morceaux choisis
L’étagère
La jetée
Camion
Pierres
Ferrailles
Bec humide
Triant de la pointe du pied
Distraitement
Efforts superflus
Regrets inutiles
Voilà
Inattendu
Après la sieste
Près du fleuve
Zone indécise
Sauvage un peu sauvage
Elle filme des flaques
Ombres
Mouettes
Le sable
Nos tonnes
Vois-tu ?
Plongeurs
Semaines paires semaines impaires
Papillon crasseux
Sur-place
Brou des finauds
Fumasse
Des suaves
Léchés
Poisson brillant
Grisou
Grisou
Prolixes tachetés
Je redis parenthèse
Dis n’en dis pas trop
Une troisième fois
Redis retourne rature
Ronces à hauteur du premier étage
Une tuile a glissé
Ça tourne ça tourne ça tourne
L’écume
Des flaques
Des phrases
Pas tant
Peut-être
Levé du
Pied gauche
Å’il ouvert
À demi
Le verglas
Laissez-moi rire
Mécanique des foules
Champs de roses
Tourne tourne
La greffe elle
Ailleurs
Lacets défaits
Elle se moque des interruptions
(…)

20 octobre 2018

[News] Libr-Au secours !

Baisse de la dotation de l’État aux collectivités territoriales, qui, par ricochets, diminuent les subventions aux divers projets culturels (la « culture », c’est connu, ce n’est pas vital)… Baisse du budget du Ministère de la Culture et crédits d’impôt aux investisseurs privés… Plus encore depuis un an et demi, c’est la même logique, illibérale parce qu’ultra-libérale, qui tend vers l’humoins.
Un micron politique au service des as[tres] de la Finance, un vendeur de Carpet Land qui déroule le tapis devant les puissances d’argent… Stop !
Les artistes qui depuis des années ont flirté avec les fondations diverses peuvent se réjouir : ils ont bien été à l’avant-garde… de la Collaboration !

Ce soir à 18H, tous avec Khiasma, dont nous relayons le communiqué ! Et sauvons un éditeur de poésie comme Propos2, dont nous reproduisons la Lettre ouverte à la région PACA…

[On pourra lire Antoine Pecqueur, « Le « capitalisme culturel » à l’assaut du spectacle vivant », Le Crieur, Mediapart – La Découverte, n° 11, octobre 2018, p. 136-151.]

Vive Khiasma !

Chers ami.es, allié.es, artistes, partenaires et soutiens,

En ma qualité de présidente, j’ai le regret d’annoncer que l’association Khiasma va cesser son activité à la fin du mois d’octobre. La situation financière très dégradée de la structure nous pousse à prendre, en accord avec l’équipe, une décision difficile qui nous attriste tous. Depuis deux années et des coupes brutales de certaines de nos subventions, l’équipe de Khiasma s’est battue pour inventer de nouvelles manières de faire et de fabriquer son activité en accord avec son identité et le sens du partage de la culture qui la caractérise. Mais aujourd’hui il est clair qu’il nous est impossible de rattraper un déficit structurel qui empoisonne notre quotidien.
Créée en 2001 pour penser et réaliser des projets artistiques et culturels avec les habitants du Nord-Est Parisien, Khiasma a ouvert son espace de rencontre et de diffusion au 15 rue Chassagnolle aux Lilas en 2004. Depuis lors, beaucoup d’artistes sont passés par là, présentés souvent très tôt dans leur carrière, beaucoup de gens, du proche et du lointain, sont venus débattre et découvrir avec nous, partager un film, des images, un repas, un atelier.
La disparition de Khiasma c’est la perte d’un geste singulier, celui d’une exigence artistique jamais démentie associée à une véritable hospitalité pour des paroles fortes ou fragiles, une indépendance un peu insolente qui a grandi sur le terreau fertile de la Seine-Saint-Denis, avec l’aide de ceux et celles qui y vivent et le traversent.
Un lieu ouvert sur la vie, les bonnes et les mauvaises nouvelles d’une époque, d’un territoire. À un moment où le populisme gagne du terrain et fait fléchir la démocratie, où la culture devient lentement le jouet des fortunés plutôt qu’un bien commun et une pratique de partage, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Mais à ce moment précis, je pense à tous les jeunes professionnel.les que nous avons formé.es et auxquel.les nous avons offert de l’envie, des savoirs et du soutien, aux artistes et écrivain.es que nous avons accueilli.es, à ceux qui ont pu pratiquer et découvrir des formes, des mondes, des écoliers et écolières aux familles du voisinage, des étudiant.es aux jeunes migrant.es, à toutes celles et ceux qui ont pu fabriquer avec nous un lieu qui a fait société au-delà de l’économie de la peur. Je pense aussi à toutes celles et ceux qui nous ont soutenu toutes ces années et les en remercie sincèrement. Je me dis enfin que nous avons fait notre part, que nous ne nous sommes pas économisés et qu’il en restera forcément quelque chose, quelque part, pour ceux et celles qui vont nous suivre.
Au nom du Conseil d’Administration de Khiasma, de son équipe, je vous dis donc au revoir et à bientôt en vous donnant rendez-vous le samedi 20 octobre à 18H00 à l’Espace Khiasma pour un discours de clôture et une soirée conviviale.

Aline Caillet, présidente de Khiasma

Soutien aux éditions Propos2

Lettre ouverte à Monsieur le Président du Conseil Régional PACA

Monsieur le Président,

Propos2éditions est né au sein de l’association Propos de campagne, association destinée dès sa création à faire vivre des publications littéraires et plus particulièrement la poésie.
Ainsi fut créée la revue Propos de campagne.
C’était en 1993.
Puis, respectant avec logique notre démarche, des collections furent constituées afin de donner à lire (et à voir, la composante plastique n’ayant jamais été oubliée) de nouvelles voix (et d’explorer de nouvelles voies).
Donc depuis 25 ans, la Région PACA nous a suivi dans cette action compliquée, audacieuse, risquée qu’est l’édition de poésie.
Et il n’est pas exagéré de dire ici, l’édition de création, tant au cours de toutes ces années, les découvertes furent riches et nombreuses.
Le choix de constituer un catalogue d’auteurs maintenant reconnus, d’être pionnier afin d’ouvrir des brèches sur l’avenir, nous a donné un particularisme considéré longtemps comme incontestable.
Depuis la création, c’est près de 130 titres publiés et de nombreux écrivains révélés.
Las, malgré une présence jamais démentie sur les salons, un nombre toujours croissant de lectures d’auteurs dans divers lieux et particulièrement les librairies, malgré un nombre de commandes spontanées de la part de ces dernières. Malgré la création de rencontres nouvelles et originales telles que Figue(s) que nous avons imaginées et que nous continuons à faire vivre aux quatre coins de la région PACA et au-delà. Malgré un site/boutique Internet permettant, faut-il le dire, de belles visites. Malgré nos efforts par bien d’autres canaux, il nous est impossible d’assurer la sortie annuelle de 7 ouvrages sans aide.
Voilà donc 25 ans que la Région nous assiste dans ce travail et, depuis plusieurs années, forts de la confiance dans ce « soutien », nous ne sollicitions pas d’autres organismes.
Cette année, en 2018, décision est, semble-t-il (nous n’en avons pas été informés officiellement), prise de ne pas nous aider à continuer cette tâche.
Votre choix (c’en est un puisque pour d’autres structures, des subventions, parfois conséquentes, ont été votées) nous condamne à envisager l’arrêt des publications alors que des projets sont en cours et ne pourront être réalisés.
L’expression KO debout me vient, car ce n’est pas seulement 25 ans de travail qui est balayé, mais un sentiment d’injustice et d’humiliation accompagne votre décision qui écrit sans doute le dernier chapitre de notre histoire.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président, l’expression de notre très haute considération.

Michel Foissier, propos2éditions

17 juin 2018

[Texte] Daniel Pozner, Pour un premier jour

Extrait d’un travail en cours, voici un drôle d’inventaire pour un premier jour : prêt à prendre une toupie sur le nez ? [Dernier texte de Daniel Pozner sur le site : ici]

Poule picore

La biffe

Comme sterne pique

J’avais déjà

Et le grenier décevant

Fantômes de laine de verre

Souffles esprits délavés

Graviers

Tessons

Parenthèses

Sacs troués

Comptines

Poussières

Caresses

Liste des oublis

Ascenseurs

Escaliers mécaniques

Portes automatiques

Chiffons pris dans des grilles rouillées

Tête dans le jour

Bétonnière

Un moteur tourne

Mannequin

Béquillard

Poulet rôti

Pigeons

Tendu le chapeau

Levé le poing

Mordu la main qui

Baisé lèvre muette

Ramassé

Déplacé

Inventé

Retourné

Détourné

Égaré

Et les affiches

Pour la poésie il y a

Je me souviens

Pas tellement

Je comprends rien

Trop bien

Une toupie sur le nez

L’œil toujours piaf

Sur un mur

Pas envie de faire le ménage ?

Rejoins l’équipe

Ça va être chaud

À 250 mètres de la plage

Avec modération

Dans les grandes métropoles

Echantillonnage

Sans engagement

Sur roulettes

Cette année le feu d’artifice

Échardes

Dans les

Spirales

Un sens ou l’autre

Lacets défaits

Haut de l’échelle

Planant

Voilà encore

Sous le soleil

On joue on lance les dés

Je fais le tour

Rien à voir

Rien à

Ramasser

Tu as choisi une autre page

Lèche ses griffes

Animal inconnu

Encore endormi

Pas mal pour un premier jour

(…)

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

5 juin 2017

[News] Libr-poésie

Sans vous y perdre et sans être exhaustif, faites votre Marché de la poésie : avec Anne Savelli, Suzanne Doppelt, Philippe Jaffeux, Guillaume Basquin, Daniel Pozner, Juliette Mezinc, Frank Smith… les éditions Al dante, de l’Attente, Castor Astral… Et n’oubliez pas la Nuit remue #11 !

 

â–º Jeudi 8 juin à 19H, Bibliothèques de Montreuil (14, Bd Rouget de Lisle – 93) : Anne Savelli, Décor Daguerre

Paris, les années 70, la vie quotidienne et la vie d’artiste… Bienvenue à la bibliothèque Robert Desnos pour découvrir Décor Daguerre d’Anne Savelli, livre inspiré en partie par le documentaire d’Agnès Varda Daguerréoypes, dont nous verrons quelques extraits, ainsi qu’un passage de Stella, film de Sylvie Verheyde.

 

â–º Samedi 10 juin, rencontre avec Suzanne DOPPELT :

â–º Du 7 au 11 juin, Marché de la poésie, place St Sulpice à Paris : mercredi 7 juin de 14h à 21h30 ; jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 juin, de 11H30 à 21H30 ; dimanche 11 juin de 11h30 à 20h.

Éditions Al dante, de l’Attente, Nous : stand 110/112

Éditions du Castor Astral : stand 400

Éditions L’Atelier de l’Agneau (et revue L’Intranquille) : stand 614. La Passe du vent : stand 423 (Katia Bouchoueva, Laurent Fourcaut..) ; association Entrevues : stand 700 (avec la présence de François Rannou pour sa revue Babel heureuse).

â–º Vendredi 9 juin, de 16 à 18H stand 202 : Philippe Jaffeux signera et dédicacera à 16 heures son dernier ouvrage de théâtre expérimental, DEUX, qui sort le 10 juin chez Tinbad.
A 17 heures, au même endroit (stand 202, celui des éditions de Corlevour), Guillaume Basquin signera son (L)IVRE DE PAPIER, paru l’an dernier.

â–º À l’occasion de la parution de son dernier livre, À la lurelure, rencontre avec Daniel Pozner pour une séance de signatures au Stand de Propos 2 Éditions (508-512) : samedi 10 juin 2017 à 16h au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, Paris.

â–º Samedi 10 juin, de 18 à 20H : RV avec Juliette Mezenc pour une séance de signatures (Laissez-passer)…

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 – 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

â–º Samedi 10 juin à Pantin, 15H30 : Frank Smith, Le Film des visages

ÉCRANS LIBRES
Les Écrans Libres donnent la parole à des cinéastes lors d’une séance qui leur est intégralement dédiée. Frank Smith est écrivain/poète, réalisateur et vidéaste. Il a publié une douzaine de livres, dont Guantanamo, sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post aux États-Unis. Il réalise également des « films-poésies ». Il est représenté par la Galerie Analix Forever à Genève.

▬▬▬
LE FILM DES VISAGES
Frank Smith – France, 2016, 50’
En s’appuyant sur une manifestation qui s’est tenue
à Alexandrie en juin 2010 pour protester contre le
régime du président Moubarak et la mort du jeune
militant Khaled Saeed, Frank Smith mène une réflexion
sur les visages de la révolte. En dépassant la dualité
entre foule et individu, Le Film des visages traque les
gestes d’un nouveau peuple en mouvement, et sonde
le visage comme surface sensible insurrectionnelle.
Une expérience dédiée à Chantal Akerman.

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PLUS D’INFOS : bit.ly/2rGwcyr
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INFOS PRATIQUES
Ciné 104
104 avenue Jean Lolive
93500 Pantin

Métro ligne 5 – Église de Pantin
Bus lignes 249, 170, 61
Station Vélib’ devant le cinéma

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TARIFS
Entrée : 5 €
Tarif réduit : 3,5 €
Pass festival : 15 €

23 décembre 2016

[Texte] Daniel Pozner, Ponts et quais (extrait de Paris-Manuel 2/2)

Voici un second extrait de Paris-Manuel (lire le premier), peu après la parution de Variable aléatoire (Gros Textes, printemps 2016), sa fabrique foutraque de poésie dont un extrait a paru sur Libr-critique. La fantaisie et la p’tite musique de Daniel Pozner nous sont décidément précieuses. /FT/

Généalogie. Comme tout gosse,

Paris n’eut d’abord que deux ponts.

Entre deux ponts ne passe qu’une droite ? Oh,

tous les fleuves ce matin

y passent. Seine pas seule.

 

Puis,

 

, , , , , , , , , et puis

s’emplit s’assèche j’abandonne le troupeau des virgules

(disait-il). L’eau le lait tournent. Alcools. Piles. Pavés. Réverbères. Bouées.

Des ponts nouveaux. Au hasard.

Le temps l’on nage sous les arches.

Et grimaces là-haut.

Cheminées mobiles.

Langues.

Foule.

 

Ici la Seine se divise en deux bras.

Tu vas où ?

Simplement un graffiti. Il est aujourd’hui

inutile et va disparaître.

Dater les inscriptions les phrases qui s’écoulent.

J’aimerais ! Vous y voir !

Une élégie sous le Pont-Neuf saoule presque assoupie dans un sac de couchage.

Et les filles perdues.

 

Il paraît que j’ai bonne mine. Ce matin.

Je n’en peux plus je repars le long du quai.

 

 

(Longtemps centre du mouvement parisien, le Pont-Neuf posséda le théâtre de Mondor et de Tabarin, Brioché et ses marionnettes, l’arracheur de dents Thomas, les racoleurs, les mendiants, les tire-laine, les bohémiens et les filles perdues.)

30 octobre 2016

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, tout d’abord, notre Libr-agenda (Philippe Boisnard et Jean-Michel Espitallier), puis nos Libr-événements : RV avec AnnaO / Jacques Jouet & Mia You (Ivy writers) à Paris, à la fondation Vasarely d’Aix pour de drôles de drones… On terminera par un aperçu de ce qui vous attend sur LC en cette riche fin d’année…

Libr-agenda

â–º Philippe BOISNARD :

_ 2 novembre : performance de poésie numérique à l’école des Beaux arts de Montpellier : nouveau projet solo : poetry grows (ENSBAMA).
_ 3 novembre : conférence Université de Montpellier dans le cadre des Rencontres sur la poésie numérique : 4ème manifeste de la PAN (Poésie Action Numérique).
_ 9 novembre : vernissage du nouveau phAUTOmaton @ L’Espace Mendes France (Lieu Multiple) de Poitiers et l’EESI. (nouveau dispositif), en partenariat avec le festival acces)s(#16.
_ 14 novembre : vernissage de Paysage de la Catastrophe (After Fukushima) (création avec Jacques Urbanska et Philippe Franck) @ Ars Numérica (Bruxelles-Belgique)

â–º Jean-Michel ESPITALLIER :

•• 3 novembre (Festival Ritournelles, Bordeaux)
• 14h30. Archives Bordeaux Métropole. Table ronde « archives et création », avec Emmanuelle Pagano, Emmanuelle Pireyre, Philippe Artières, Didier Arnaudet, François Bon, Jean-Michel Espitallier.
• 20h30. Oara Scène Aquitaine. Création de « France romans » (Argol Éditions) par Cécile Delacherie (jeu, voix), Sébastien Sampietro (jeu, voix) et Franck Tallon (création image et son).
•• 4 novembre, 19h. CIPM, Marseille. Rencontre et lecture autour de Tanger (avec Eric Audinet et Pierre Parlant).
•• 8-10 novembre, Mac/Val, Vitry/Seine. Résidence de création, projet Has Been, avec Valeria Giuga et Roméo Agid (compagnie Labkine). Autour de l’expo de Jean-Luc Verna.
•• 17 novembre 14h. « Sur la poésie action ». Début d’un séminaire-atelier au lycée autogéré de Paris.
•• 27 novembre, Neuchâtel (CH), fondation Durenmatt. Rencontre et discussion autour de l’exposition de Jean-christophe Norman.

Libr-événements

â–º Le lundi 7 novembre 2016 à 18H, La Passerelle.2 vous invite à venir célébrer l’accrochage de l’œuvre peint « She was a Princess »*, qui sera accompagné d’un concert live de L’IMPOSSIBLE (guest : AnnaO)
+ ambiance musicale et tubes fluorescents – Eric Michel.

* Anne-Olivia Belzidsky, « She was a Princess », Peinture sur toile 160cm / 160cm – encre de chine, céramique à froid, feuille d’or et d’argent au bord du visible,
rose fluo, pigment pur en poudre – bleu de cobalt véritable, technique mixte
+ présentation de 4 bébés-toiles 9,5×15, technique mixte


She was a Princess / Painting remix
La Passerelle.2
52 rue Popincourt
75011 Paris

â–º Du 11 au 13 novembre, à la fondation VASARELY d’Aix-en-Provence : Drones – Images à risques ?
Coproduit par Colette Tron : http://www.alphabetville.org/, Benoît Labourdette: http://www.benoitlabourdette.com/, et l’office http://loffice.coop/

Les drones, machines de "vision embarquée", sont en train de se répandre de façon massive et modifient insidieusement nos représentations du monde.
Pour essayer de comprendre ensemble de quoi ils sont faits, voici des « rencontres apprenantes » sous forme d’ateliers, échanges, pratiques, questions et théories. Jeu de guerre ? Pilote automatique ? Réalité virtuelle ?
Les 11, 12 et 13 novembre, seront expérimentés les enjeux des ces machines-images, avec pour objectif la production de formes conceptuelles et pratiques pour en faire usage dans nos quotidiens, nos activités, nos métiers.
Un programme ouvert sous l’angle de la déconstruction, dans tous les sens du terme, afin de dépasser les idées reçues et comprendre ces fonctionnements algorithmiques : décortiquer, manipuler, raconter, monter et démonter réellement un drone, le désautomatiser, l’écouter… partager des points de vue et des images du et sur le monde.
Pour participer, ces rencontres sont à prix libre et conscient. Pré-inscription à youpi@loffice.coop.
Pour l’office cette "rencontre apprenante" est la première forme publique de "l’école flottante".
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Qu’est-ce que cette école flottante ? Un projet de l’office, né du besoin de résister à l’accélération, et en même temps, du désir de vivre intensément avec nos contemporains. Nous imaginons cette école comme une bulle, une parenthèse, un milieu propice à apprendre, à se construire un regard critique. Comment faire partie de ce monde liquide ? Être capable de surfer sur la vague avec élégance, de s’organiser collectivement pour hisser la voile ou bien de regarder la mer s’agiter de loin, bien ancrés à l’intérieur de nous-même ? C’est une question d’agilité…
L’école flottante de l’office est un dispositif ouvert auquel tous sont invités à contribuer. Toute les prochaines saisons sont encore à construire et un petit document d’invitation est en cours de rédaction.

â–º Mardi 15 novembre 2016 à 19h30, Ivy Writers vous invite à une soirée de lectures bilingues avec les Poètes :
JACQUES JOUET (France)
et MIA YOU (USA)

15th Nov from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poet Jacques Jouet alongside American poet Mia You—let us know you are coming!

MARDI le 15 novembre 2016 à 19h30
Au bar / 1er étage : Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

Bientôt sur LC…

L’inventive biofiction de Véronique Bergen (Janis Joplin), la poésie utopographique de Christophe Manon (Vers le nord du futur), le combatif Film des visages signé Frank Smith, le symptomatique ready-made de Emmanuel Adely (Je paie), la bouleversante autopoéfiction de Corinne Lovera Vitali (Ce qu’il faut)… Blaine, Ernaux, Lucot, Mézenc, Pozner…

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