Libr-critique

4 février 2021

[Libr-relecture] Lucien Suel, La Justification de l’abbé Lemire, par CHRISTOPHE STOLOWICKI

Lucien Suel, La justification de l’abbé Lemire, Faï Fioc, 2020, 64 pages, 11 €, ISBN : 978-2-37427-042-5.

 

De trois faux hémistiches en trois répons, brefs tercets égaux, implacablement égaux (de vingt-deux caractères ou blancs) empilés de part et d’autre d’un abîme médian, « allée centrale [de] jardin potager [ou de] nef d’église », sans rime tierce ni quarte pour égayer son cours réglé mais des fleurs à profusion, sans autre ponctuation qu’enjambements géants de trois lieues en trois lieues s’étirant à la lecture en psalmodie rituelle botte à botte, de cavaliers ou de radis – se laisser prendre à cette lancinante poésie de terroir et de sacerdoce où le rude, le brut et la charité sont du Père au Saint-Esprit ce qu’au bon le truand dans un autre folk/lore. D’un tempo ternaire embrassant les siècles.

Sarcler, racler, où est la clef, et de quel sol ?

D’entrée sonne le latin d’Église, non rimbaldien ni en rien analogue aux Franciscae meae laudes. Cela au plat pays de Flandre occidentale, hérissé de ses légendes pieuses. Cette terre sévère imprègne ses natifs à présent aussi fort (relire La descente de l’Escaut, de Frank Venaille) que la Provence les Félibriges, la Normandie Barbey ou Maupassant. En matière de patriotisme régional littéraire, il est un espace-temps.

On imagine le formidable travail de « rouler planter sarcler / râteler arroser bêcher / herser repiquer pincer /// lisser arracher tailler / déduire récolter fumer / damer forcer éclaircir /// déplanter transplanter / brouter carrier couper / marcotter protéger » son texte sous l’égrenée contrainte, signe à signe voué aux méticulosités de l’œil, sans secours prosodique, pour que « du rouge vert du rouge / du rouge noir du rouge / jaune vert rouge /// vert vert vert du vert / du vert gris noir vert / du vert vert vert vert » s’alignent impeccablement en « haricots persil fraise / radis poussière navets / courgette et cornichon /// carottes poireaux pois / de sucre crassier maïs » quand par une poésie formellement, inlassablement litanique la messe est dite.

On imagine la concentration que demande cette besogne, travail de fourmi et discipline de fer, pour qu’elle devienne en peu d’années une mécanique aussi bien huilée que l’alexandrin – l’œil, organe superficiel par définition, tenant lieu de prosodie.

Car la justification de l’abbé Lemire, ce prêtre flamand d’origine paysanne, contemporain de Freud, qui fut député de gauche, maire de Hazebrouck, et connu comme le créateur des Jardins Ouvriers, chassé du sacerdoce et rétabli dans ses fonctions, justification réparant la faute de l’abbé Mouret, est avant tout celle d’une poésie en vers dits justifiés, ou arithmogrammatiques, plus concentrée sur son objet que sur son sujet – celui-ci haïssable comme toujours.

Articles, prépositions deviennent des variables d’ajustement, favorisant le floutage poétique de la pensée. Malgré la devise « la beauté de la vérité / la beauté de la clarté / la beauté de la dureté », la rigueur fait défaut et le diable est dans les détails : Horace et Virgile associés dans une même manne culturelle pour l’ouvrier pour cela seul qu’ils ont mécène commun, et dans une même effusion religieuse l’Aigle de Meaux et le Cygne de Cambrai quand tout oppose le quiétisme de Fénelon à l’éloquence structurée de l’autre.

Sur fond flamand qui pourrait être tel ou autre, à couper le cheveu en quatre ou cent le subdivisant à Dieu viser, une contrainte méticuleuse, millimétrée, donne cette spectaculaire poésie au cordeau qui n’est pas un corps d’eau ni d’ô, ni do d’ouverture pour arpéger une gamme personnelle. Psychanalyse pratiquée par un prêtre, la désolante  hérésie.

Il s’agit ici d’une réédition, le poème publié en 1998 ayant paru à épisodes en revue de 1995 à 1997. Le corps puce des caractères surprend, sans doute nécessaire pour préserver l’effet d’empilement des tercets sans augmenter démesurément le format.

14 juillet 2020

[Livres-News] Libr-News

Dans ces Libr-News estivales, nos Livres reçus… et en avant-première la présentation du numéro 62 de Lignes… et nos Pleins feux sur Christian PRIGENT

 

Livres reçus /FT/

► Poésies sourdes. Les Enjeux de la traduction en LSF, GPS n° 11 collecté par Brigitte Baumié, éditions Plaine page, été 2020, 206 pages, 20 €, ISBN : 979-10-96646-31-9.

Comme nous assistons au réveil de la poésie en Langue des Signes, on trouvera dans ce magnifique volume richement illustré aussi bien des traductions dans l’autre langue de textes classiques qu’une perspective historique insistant sur la « nouvelle poésie sourde (1970-2005) » et des créations contemporaines : on retiendra, entre autres, les poèmes otorigènes de Claudie Lenzi (dont les OTOportées !), le « VibroMessage » signé Éric Blanco… et même un texte traduit en LSF de Julien Blaine !

 

► John ASHBERY, Autoportrait dans un miroir convexe, traduction de Pierre Alferi, Olivier Brossard et Marc Chénetier, postface de Marc Chénetier, éditions Joca Seria, été 2020, 152 pages, 25 €, ISBN : 978-2-84809-344-4.

Présentation éditoriale. «  Tout artiste qui se respecte devrait avoir comme seul objectif de créer une œuvre dont le critique ne saurait même commencer à parler. » Les propos tenus par John Ashbery sur l’œuvre du peintre Brice Marden éclairent la sienne, si singulière, qui s’ouvre avec Some Trees, choisi en 1956 par W. H. Auden pour le Yale Series of Younger Poets Prize. À peine vingt ans plus tard, le magistral Autoportrait dans un miroir convexe, éponyme du poème inspiré par le tableau du Parmesan, mêle réflexions intimes, propositions esthétiques et regards sur le monde environnant à la lumière d’un examen des rapports difficiles entre peinture et poésie.

Libr-point de vue. C’est cette version qui doit figurer dans nos bibliothèques, pour sa traduction, l’élégance du volume et aussi la passionnante postface de Marc Chénetier, « Self-portrait in a complex error », qui offre un pas de côté avec changement d’optique : dans ce texte qui se présente sous la forme d’une lettre au poète, la liberté de ton se conjugue à l’érudition pour remettre en question la référence auctoriale à l’Autoportrait dans un miroir convexe de Parmigianino (vers 1524). En matière d’autoportrait critique, en effet Marc Chénetier préfère au Parmesan Aert Schoumann. /FT/

 

â–º Charles Bernstein, Renflouer la poésie, traduction et postface d’Abigail Lang, éditions Joca Seria, hiver 2019-2020, 100 pages, 18 €.

Abigail Lang a raison d’insister sur l’extraordinaire « Recantorium » (p. 25-40) de celui qui représente une figure de proue des Language poets : « Dans « Recantorium », longue rétractation modelée sur celle qu’eut à faire Galilée devant l’Inquisition mais évoquant aussi la confession puritaine et les procès de Moscou, Bernstein passe en revue, en creux et avec une jubilation évidente, les éléments de sa poétique tout en se payant la tête des inquisiteurs et de tous ceux qui présentent la poésie comme « l’Expression Intemporelle du Sentiment humain universel (SHU ». C’est un combat institutionnel. Sous des dehors bénins, les tenants de la « culture officielle du vers » qui président aux destinées du Mois national de la poésie (l’équivalent de notre Printemps de la poésie) opèrent un coup de force : en invoquant l’universel et le sens commun, ils s’abstraient du champ polémique où s’affrontent les poétiques et s’établissent les valeurs. À l’humanisme anhistorique et à l’essentialisme de la poésie mainstream, Bernstein oppose une poétique pragmatique fondée sur le contexte et l’usage » (p. 84).

 

► Jean-Pierre Bobillot, Trois poètes de trop, Patrick Fréchet éditeur / Les Presses du réel, juin 2020, 144 pages, 14 €, ISBN : 978-2-37896-159-6.

Que peuvent bien avoir en commun le poète symboliste René Ghil (1862-1925) et Jean-François Bory (1938) comme Lucien Suel (1948) ? Ce sont des eXpérimentrop : X comme interdit au Grand-Public, en ces temps de prose transparente écrite en FMP (Français Médiatique Primaire), pour faire un clin d’Å“il à Prigent… C’est dire que l’excès est de moins en moins prisé. Et le poète essayiste de donner cette définition : « (ne) peut être qualifiée d’ « expérimentale » […] (qu’)une œuvre ou une démarche s’attachant à explorer et à exploiter sans réserves toutes les zones et strates de toutes les configurations médiopopétiques possibles, selon les « angles d’attaque » propres à chacune […]. »

LC attend avec impatience…

À paraître le 22 août 2020 : Lignes, n°62 : Les Mots du pouvoir / Le Pouvoir des Mots

Mots contre mots, comme on disait naguère « front contre front ». Parce que les opérations de domination sont aussi, autant, des opérations de langage, lesquelles vont bien au-delà de ce qu’il est convenu, de part et d’autre, d’appeler des opérations de communication. Ce qui s’en trouve touché, affecté, est d’une nature bien plus profonde, et corruptrice.

« Mots », « pouvoir », deux mots (dont le mot «  mots ») pour un même titre, en réalité. Pour dire combien nous avons trop affaire aux mots du Pouvoir, et celui-ci pas assez aux nôtres (« Pouvoir » avec une majuscule, pour faire des pouvoirs existants, politiques, économiques, patronaux, etc., un seul, celui qu’il est).

Trop affaire aux mots dont le Pouvoir se sert, et à ceux qui servent le Pouvoir, et pas assez à des mots, qui ne le servent pas, en mesure, au contraire, de le desservir.

Trop des mots qui asservissent et pas assez des mots… « sans service », « hors service », qui « desservent » même, où en allés ?, de la littérature, du poème, de la pensée, de l’impossible, de la beauté, de la révolte, etc.

Invitation a donc été faite à chacun de ceux dont les noms suivent de choisir un mot (ou plusieurs), ou court groupe de mots (ou plusieurs), parmi tous ceux dont le Pouvoir se sert pour rendre sensible (brutal, arrogant…) que c’est lui qui le détient, et que c’en est fait cette fois des mots des autres ; ou de choisir un mot ou court groupe de mots qui le lui conteste (qui prenne au mot les mots du Pouvoir), qui oppose aux mots du Pouvoir le/notre pouvoir des mots.

Table

  • Michel Surya, Présentation
  • Marc Nichanian, Apparat : du pain sur la planche
  • Léa Bismuth, Appel à projet
  • Jacob Rogozinski, Bienveillance
  • Xénophon Tenezakis, Faire collectif
  • ZAD, Été 2019, Communautés
  • Olivier Cheval, Croche-pied
  • Jacques Brou, Les CV de nos vies courues d’avance
  • Alain Hobé, Disparêtre
  • David Amar, Disruptif
  • Éric Clemens, Division
  • Cécile Canut, Espérance
  • André Hirt, « Espérance de vie… »
  • Jean-Christophe Bailly, L’Excellence, fleuron de la nouvelle langue de bois
  • Susanna Lindberg, Extinction
  • John Jefferson Selve, La foi narcissique
  • Christiane Vollaire, Garde à vue
  • Christian Prigent, Chino chez les Gorgibus
  • Jean-Philippe Milet, Y a-t-il un bon usage du mot « haine » ?
  • Francis Cohen, L’imprononçable : une politique
  • Martin Crowley, Impuissances
  • Georges Didi-Huberman, « Institution »
  • Yves Dupeux, Justice du pouvoir / pouvoir de la Justice
  • Didier Pinaud, Le mot Livre
  • René Schérer, Le gros Mot
  • Philippe Blanchon, Les Mots du Pouvoir…
  • Plínio Prado, Non-Mot
  • Gaëlle Obiégly, Nous, pronom
  • Mathilde Girard, « Pamela m’a radicalisée »
  • Alain Jugnon, La fausse Parole
  • Gérard Bras, Peuple(s)
  • Alphonse Clarou, Philosophe
  • Serge Margel, Possession
  • Michel Surya, Prendre
  • Guillaume Wagner, Prendre au mot, Prendre le pouvoir
  • Jean-Loup Amselle, Restitution
  • Sophie Wahnich, Révolution
  • Mehdi Belhaj Kacem, Rien
  • Jérôme Lèbre, La Rue
  • Henri-Pierre Jeudy, La valse des sémantiques institutionnelles
  • Pierre-Damien Huyghe, Du Service comme concession
  • Sidi-Mohamed Barkat, Violences policières
  • Philippe Cado, Blissfully yours

Annexes

  • Jean-Luc Nancy, Prendre la parole, prendre le pouvoir
  • Bernard Noël, Révolution

L’AUTRE BLANCHOT (suite et fin)

  • Michel Surya, À plus forte raison
  • Deux lettres de Jean-Luc Nancy

Pleins feux sur Christian Prigent

â–º Pour revenir à ce numéro 62 de Lignes, Michel Surya demande à Christian Prigent un « journal de confinement »… L’écrivain ne pourra lui livrer qu’un extrait du travail en cours, « Chino chez les Gorgibus » (Chino au jardin, P.O.L, à paraître début 2021) :

« Honteux, plutôt, que la fiction en cours ne répercute rien de l’actualité. Mais pas mécontent qu’elle ait protégé des crises de nerfs, râleries politiques rituelles, équanimités sur-jouées, arrogances inciviles, ping-pong d’expertises contradictoires, délires catastrophistes et prises de paroles de n’importe qui n’importe comment sur n’importe quoi — qui sont l’ordinaire du monde mais qu’avive la préoccupation paniquée de soi qui l’investit depuis des semaines et fait s’hystériser ses « réseaux ».

C’est en 2019. Chino est revenu habiter là où il vécut enfant. C’étaient des jardins ouvriers, autrefois. […] »

â–º Christian Prigent, La Peinture me regarde. Écrits sur l’art 1974-2019, L’Atelier contemporain, 20 août 2020, 496 pages, 25 €.

« Peinture comme poésie » : tel est donc le mot d’ordre que le lecteur trouvera richement décliné au fil de ces quelques cinquante textes écrits entre 1974 et aujourd’hui. Issues de diverses revues et réparties en plusieurs sections, ces analyses critiques concernent tantôt les peintres de Supports/Surfaces (Dezeuze, Viallat, Arnal, Boutibonnes…), tantôt des phénomènes de la peinture ancienne revus par l’œil moderne (anamorphoses, motifs non figuratifs du Livre de Kells…), tantôt la peinture de grands peintres du siècle dernier (Twombly, Bacon, Hantaï…), tantôt celle de contemporains et « amis » de l’auteur (Pierre Buraglio, Mathias Pérez…), tantôt enfin d’autres disciplines artistiques à l’origine de questionnements semblables (la gravure, l’image pornographique, la photographie…).

Il n’est pas anodin que la première question de l’entretien disposé par Christian Prigent en préambule de ses écrits sur la peinture soit la suivante : « Qu’appelez-vous “poésie” ? » Lui-même n’en cache pas la raison : « Je ne suis pas un critique d’art. Je regarde la peinture à partir de ce qui m’obsède : le langage poétique. C’est peut-être une façon de ne pas voir comme il faudrait. Mais c’est une façon de voir. Il y a des précédents. »
Loin cependant d’accumuler des analyses disparates, le livre les enserre dans une armature conceptuelle. Ce qui les apparente, c’est en effet cette même expérience qui fonde aux yeux de Christian Prigent l’identité de la poésie et de la peinture : celle d’un « désarroi » de la représentation, dans lequel la moindre forme se désigne elle-même comme insuffisante en regard du réel informe. Or cette expérience n’est pas uniquement un constat critique, elle est la sensation même dont l’auteur déclare partir lorsqu’il écrit : « Je crois que ce qui fait écrire, c’est la conscience à la fois douloureuse et jouissive de cette “différence” entre la polyphonie inaraisonnable de l’expérience et le monologue positivé et médiatisé. »
Ces essais sur la peinture ne sont donc en rien des à-côtés de l’œuvre, mais le révélateur du questionnement d’un écrivain pour qui, non moins que peinture et poésie, poésie et critique sont intimement liés.

â–º Francis Ponge – Christian Prigent. Une relation enragée : correspondance croisée 1969-1986, édition établie, présentée et annotée par Benoît Auclerc, L’Atelier contemporain, 20 août 2020, 224 pages, 25 €.

Francis Ponge a soixante-dix ans lorsque, en août 1969, il reçoit d’un étudiant de Rennes un mémoire consacré à son oeuvre. Cet étudiant, c’est Christian Prigent, alors âgé de 23 ans et fondateur de la tout nouvelle revue TXT. Son oeuvre poétique et critique est encore balbutiante, et pour cause : il semble que pour l’initier, il lui faille en quelque sorte traverser celle de Ponge. « Je m’explique tout par elle » , confie-t-il à celui qui se retrouve, de fait, en position de maître.
En 1984, dix ans après que la rupture aura été consommée, il lui parlera du « ‘meurtre du père’ par lequel, peut-être (? ) il fallait que je passe pour écrire hors de la fascination de votre travail ». Correspondance entre un « grand écrivain » et un « jeune homme » , selon les termes dans lesquels s’institue l’échange, cette suite d’une centaine de courriers étalés entre 1969 et 1986 a cependant peu en commun avec les Lettres à un jeune poète – ne serait-ce que parce que les rôles, sur la scène littéraire, ne sont pas aussi fermement assignés.
Ponge, étant sorti de l’isolement dans le courant des années 1960, cherche à asseoir son oeuvre et à lui assurer des héritiers ; Prigent, lui, cherchant son écriture, évolue très vite sur le plan esthétique et idéologique. Leurs échanges, même empreints d’estime et d’admiration, sont donc également stratégiques, d’autant plus qu’ils impliquent un tiers : la revue Tel Quel, alors importante promotrice de l’oeuvre de Ponge.
Ces lettres, qui relatent entre autres l’introduction de Prigent auprès des membres de Tel Quel, la conception d’un numéro de TXT spécialement consacré à Ponge et les préparatifs du colloque de Cerisy, sont donc un document de notre histoire littéraire récente. Outre qu’elles éclairent la réception d’une oeuvre qui entend incarner « un apport aussi radical (pour le moins ! ) que celui d’Artaud ou de Bataille à la mutation en cours » , elles témoignent de l’effervescence intellectuelle et politique de l’après-68, laquelle sera la cause majeure de la rupture entre les deux interlocuteurs – l’un, gaulliste affirmé depuis Pour un Malherbe, l’autre, porteur des idées du mouvement étudiant – après le virage maoïste de Tel Quel en 1972.
Spectacle d’une transmission ambiguë au-delà d’un fossé générationnel ? Tel est peut-être ce que donne à voir cette correspondance. En ce sens, elle contribue aussi à la compréhension de l’oeuvre de Christian Prigent – « Malaise dans l’admiration » , tel est le titre d’un article qu’il a consacré à son aîné en 2014. Signe d’une « relation enragée » , pour reprendre l’expression de Benoît Auclerc, concepteur de cette édition.

â–º Enfin, signalons deux superbes chroniques sur Point d’appui (P.O.L, 2019) : « Ce livre peut en effet être perçu comme un atelier de la pensée du poème et du poème de la pensée. Car s’il s’agit d’un journal, il est d’un type particulier : on n’y trouvera point l’enregistrement minutieux du quotidien et pas davantage une fresque de l’intime, mais, dans la chronologie des jours, un cheminement réflexif qui embrasse une grande variété de thèmes, sans proscrire l’empreinte autobiographique. Des explorations critiques, des méditations, des souvenirs, des rêves, des notes sur des films, des écrivains ou des peintres, Christian Prigent n’exclut rien de ce qui se présente à son esprit au fil du temps » (Jean-Baptiste Para, dans le numéro estival de la revue Europe).

« La métaphore du Point d’appui, au regard d’un journal qui s’amuse  à scander son fil, déjà si peu narratif, avec des interludes poétiques, souligne  singulièrement l’énergie musculaire d’une écriture, dont le propos affiché  est d’opposer à l’emprise des représentations communes, de quelque nature qu’elles soient, poétique, politique, sexuelle,  un peu  de ce Réel que nous dérobe la prompte « coagulation » du sens » (Cécilia Suzzoni, dans le numéro d’Esprit de juin 2020).

26 janvier 2020

[News] News du dimanche

En cette fin janvier, après l’agenda Lucien Suel, nos Libr-événements et la fin de notre Libr-Rétrospective…

Agenda Lucien SUEL

SAINT-OMER, 1er février 2020, à 17 h, au Foyer du Moulin à Café, Grand-Place, lecture publique de textes connus traduits en picard par mes soins sur une proposition de Guy Fontaine (Les Lettres Européennes), en compagnie de Colette Nys-Mazure, Christian Ghillebaert et Marc Monsigny, une programmation de La Barcarolle (gratuit) :https://www.labarcarolle.org/evenement/rencontre-c-nys-mazure-l-suel-c-ghillebaert/


LA COUTURE
, le dimanche 2 février 2020, présence au 40ème Salon du Livre de 11 h à 18 h 30. Avec notamment mon dernier ouvrage : « Ourson les neiges d’antan ? » aux éditions Pierre Mainard.


CAEN,
à l’IMEC, Institut Mémoires de l’édition contemporaine, Abbaye d’Ardenne, Chemin de Saint-Germain, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, du 4 au 7 février 2020, à l’invitation de Thierry Weyd et avec les étudiants de l’Esam Caen-Cherbourg, animation du workshop « SPEED WRITING / FAST PUBLISHING ». Lecture-performée (ouverte au public) le mardi 4 février à 18 h 30.


CLERMONT-FERRAND
, du 13 au 16 mars 2020, invité en tant que parrain de de la 33ème Semaine de la poésie, Festival de mars, à Clermont-Ferrand et dans la région.

Exposition de 60 poèmes express, du 2 au 27 mars, à l’INSPE Clermont-Auvergne (ex-ESPE), 36, avenue Jean-Jaurès, CHAMALIERES.

Le vendredi 13, à 18 h, pendant l’inauguration à l’INSPE, lecture (10 mn) d’extraits de « D’azur et d’acier » éditions La Contre allée.

Le samedi 14 de 11 h à 12 h, à la Médiathèque des Jardins de la Culture de RIOM, « Une heure avec Lucien Suel, poète et jardinier », suivie d’une séance de dédicace.

Le samedi 14, à 20 h, salle Georges-Conchon, « Deviens le poème ! », lecture d’ouverture, performance d’une heure à partir d’extraits de « Je suis debout » et de « Ni bruit ni fureur », mon anthologie en deux volumes publiée à La Table Ronde.

Le dimanche 15, à 11 h, salle Georges-Conchon, conférence-lecture-rencontre : «  Ma vie avec Jack Kerouac et la Beat Generation »

Le dimanche 15 mars à 16 h, au Cinéma Le Rio, quelques-uns de mes poèmes seront lus par deux élèves de la classe théâtre du Conservatoire Emmanuel-Chabrier de Clermont (extraits de Mort d’un jardinier et Visions d’un jardin ordinaire) en amont de la projection du film documentaire Le potager de mon grand-père de Martin Esposito, 2016.
Le lundi 16 dans la matinée, lecture-rencontre au collège Roger Quilliot.

Pour le programme complet : http://lasemainedelapoesie.assoc.univ-bpclermont.fr/


A
RRAS, 1er et 2 mai 2020, invité au Salon du Livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par l’association Colères du présent. Programme à préciser… Programme surprise ?


LIMOGES
, 15 et 16 mai 2020 Festival « Ecouter Voir » à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art, Campus de Vanteaux, 19, avenue Martin Luther King, lecture publique le vendredi 15 à l’invitation des éditions du Dernier Télégramme. Horaire à préciser.http://www.derniertelegramme.fr/

Libr-événements

â–º Dimanche 2 février à 16H, L’Achronique, art et philosophie (42, rue du Mont-Cenis 75018 Paris) :

Dans le cadre de la résidence d’écrivain Ile de France (Poésie et faits divers : contre la fait diversification de la langue), Laure Gauthier reçoit à la galerie l’Achronique le poète Christophe Manon qui lira des extraits de Pâture de vent (Verdier, 2019) et de Vie & opinions de Gottfried Gröll (Dernier Télégramme, 2017), avant d’entamer un dialogue avec la poète autour du lien entre poésie et réel, poésie et faits divers.

â–º Les RV de/avec Mustapha Benfodil autour de son Alger, journal intense :

â–º Jeudi 13 février à 19H, Université de la Sorbonne, Amphithéâtre Guizot : la revue Place de la Sorbonne présente le « Système poétique des éléments »

Donner à voir et à entendre les 118 éléments du tableau périodique de Mendeleïev : c’est ce que nous proposent les 118 poètes du Laboratoire Novalis. Présentés par Katia-Sofia Hakim, Hans Limon et Dominique Tourte, quelques-uns des poètes de PLS au sommaire de cette anthologie chimico-poétique liront leur poème : Laure Gauthier, Irène Gayraud, Laurent Grison, Christine Guinard, Cécile Guivarch, Alexis Pelletier, Dominique Quélen et Sanda Voïca. Ces lectures seront ponctuées par les créations sonores du duo Kairos.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 13 février 2020.
Organisé par l’association Place de la Sorbonne en collaboration avec les Éditions Invenit, et avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Libr-rétrospective 2019 (2)

â–º NEWS : Libr-News de septembre 2019…

â–º Création : Laure Gauthier, « Transpoems »Â ; F. CUHEL, « Retraitement du travail »

â–º Chroniques : Prévert, détonations poétiques ; Robert Menasse, La Capitale ; TXT n° 33 ; Patrick Beurard-Valdoye, « Flache d’Europe aimants garde fous » ; Mustapha Benfodil, Alger, journal intense ; Christian Prigent, Point d’appui

24 novembre 2019

[NEWS] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, les RV de Christian Prigent puis avec Sandra Moussempès, avant notre LIBR-10 (nouvelle sélection des livres reçus) et une spéciale sur le Festival BIFURCATIONS #5

Agenda de Christian Prigent

Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 30 novembre 2019, à 15 h 30. A la Maison Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture et discussion. Contact : 06 77 68 56 72
 
Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 07 décembre 2019, de 17 h 30 à 19 h. A la librairie « Le Pain des rêves », 13 rue Saint-François, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture (avec Vanda Benes), discussion, dédicace. Contact : 02 96 61 36 55 ; www.lepaindesreves.fr
 
Christian Prigent à Rennes. Le jeudi 16 janvier 2020, à 19 h. A l’auditorium MIR, 7 Quai Chateaubriand, Rennes. Avec la revue TXT. Lecture. Contact : Maison de la Poésie de Rennes, 02 99 51 33 32 ; contact@maisondelapoesie-rennes.org
 
Christian Prigent à Lyon. Le mercredi 29 janvier 2020, à la « Scène poétique » de l’Ecole Normale supérieure, 15 parvis René Descartes, 69342 Lyon (04 72 72 80 00). Lecture et discussion. Contact : Patrick Dubost  09 50 25 23 21 – 06 80 06 13 19.
 
Actualité de Sandra MOUSSEMPÈS
Vox Museum de Sandra Moussempès : Album fichiers wav + mp3, 5 euros, durée 36 min., octobre 2019.
Par chèque : ordre Association JOU (60 rue Édouard Vaillant 94140 Alfortville)

Sandra Moussempès invente un langage vocal, hors mots, lié aux perturbations amoureuses et aux phénomènes paranormaux. Sa voix chantée, tour à tour éthérée, lyrique, chamanique ou bruitée se matérialise en fragments envoûtés.

Vox Museum
(Sculptures vocales)
1 Contusion of love
2 Ghost elevation (Black Sifichi Mix)
3 Esprits phonographiés
4 Contusion of love  (Black Sifichi Remix )
5 Perturbation lyrique
6 Sweetie’s diary (Black Sifichi Remix)
7 Vocal expectation
8 Vox Museum
9 Sweetie’s diary

Chants, voix, compositions & conception sonore : Sandra Moussempès
Clavier & composition sur « Contusion of love » : Virgile Carballo Moussempès
Conception sonore sur Ghost elevation & tous les Remixs : Black Sifichi

Libr-10 (novembre-décembre 2019)

Sereine BERLOTTIER, Ciels, visage, Lanskine, 88 pages, 14 €.

Marc CHOLODENKO, Sarabandes, Passacailles, naïades en bikini, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 70 pages, 13 €.

Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

Liliane GIRAUDON, Le Travail de la viande, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 160 pages, 16 €.

Virginie POITRASSON, Une position qui est une position qui en est une autre, Lanskine, 80 pages, 14 €.

Daniel POZNER, Chuchoté au petit matin, éditions Fidel Anthelme X, 44 pages, 7 €.

Christian PRIGENT, Point d’appui 2012-2018, P.O.L, 464 pages, 22,90 €.

Nathalie QUINTANE, Les Enfants vont bien, P.O.L, 240 pages, 18 €.

Nicolas RICHARD, Peloton, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 10 €.

Lucien SUEL & William BROWN, Ourson les neiges d’antan ?, éditions Pierre Mainard, 90 pages, 20 €.

Festival BIFURCATIONS #5, du 28/11 au 1er décembre

 

17 février 2019

[News] News du dimanche

On commencera par (re)découvrir un brûlot de Bernanos qui ne peut que nous concerner aujourd’hui ; ensuite, deux Libr-événements à la UNE (Novarina/Orain et le groupe TXT) et l’agenda de Lucien Suel.

UNE : À (re)lire absolument, La France contre les robots de Bernanos /Fabrice Thumerel/

Georges Bernanos, La France contre les robots (1947), rééd. Louise Bottu, coll. « Inactuel / Intempestifs », février 2019,
132 pages, 10 €, ISBN : 979-10-92723-20-5.

Riche idée, en ce début de siècle assez catastrophique, que de republier cette réflexion à la fois intempestive et inactuelle dans une édition soignée !

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, le constat est implacable : « Nous n’assistons pas à la fin naturelle d’une grande civilisation humaine, mais à la naissance d’une civilisation inhumaine qui ne saurait s’établir que grâce à une vaste, à une immense, à une universelle stérilisation des hautes valeurs de la vie » (p. 103). En cause, la « civilisation des Machines », à propos de laquelle l’écrivain pamphlétaire pose une question cruciale : nous fait-elle gagner en humanité ?

L’auteur des Grands Cimetières sous la lune a parfaitement saisi les ressorts de nos démocraties technocratiques : « La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité » (107) ; elle n’est pas tant le fruit des savants que le dispositif mis en place de façon pragmatique par des hommes d’argent, cupides et cyniques… Et comme la masse éprouve plus le besoin de confort que de vertu, son triomphe est assuré ! D’autant que les « machines à bourrer le crâne » sont redoutablement efficaces et que cette société de masse est gangrenée par les spéculateurs…

Si la dictature qui venait de sombrer n’était que « la Masse incarnée » (108), la société capitaliste qui l’emporte désormais sous le nom de « Démocratie » n’est qu’un monde ignoble régi par les désirs préfabriqués de cette Masse. Y prédominent les Imbéciles au détriment des « inconformistes » (savants, artistes, écrivains ou originaux divers). Imbéciles : y compris et surtout ceux qui exercent des professions intellectuelles – car ils brilleront au service de la Technique ! Les perspectives ouvertes en fin de volume ne peuvent que nous glacer : « Dans un monde tout entier voué à l’Efficience, au Rendement, n’importe-t-il pas que chaque citoyen, dès sa naissance, soit consacré aux mêmes dieux ? » (114) ; « La Société moderne est désormais un ensemble de problèmes techniques à résoudre » (11)…

Libr-événements à la UNE

â–º Jusqu’au 2 mars au Théâtre de la Cité internationale (75014) : Cédric Orain, Notre parole, textes de Valère Novarina.

Tout commence par un article, sobrement intitulé « Notre Parole », publié en 1988 dans Libération. L’auteur ? Un poète inclassable à la langue vive et pointue, Valère Novarina. Avec ce style qui n’appartient qu’à lui, il y dénonce le traitement de la parole par les médias et la façon dont ils s’acharnent à lui ôter sa profondeur et son étrangeté. Dans un dispositif proche du plateau de télévision, les corps enfermés dans un langage médiatique sont poussés à éprouver leurs propres limites, avant que l’amplitude poétique de la parole ne vienne enfin les délivrer.

Théâtre de la Cité internationale : 17 bd. Jourdan 75014 Paris / 01 43 13 50 50 – accueil@theatredelacite.com.

► Samedi 23 février 2019, de 15h à 17h au Reid Hall (4, rue de Chevreuse 75006 Paris) : soirée TXT, avec Jacques Demarcq, Bruno Fern, Typhaine Garnier Christian Prigent et Yoann Thommerel. Et les voix de : Eric Clémens, Alain Frontier, Valère Novarina, Charles Pennequin et Jean-Pierre Verheggen.

En mai 2019 paraîtra TXT n° 33, entremêlant une littérature qui cherche à produire un bruit neuf, des œuvres de plasticiens et des rubriques almanachiques : solutionnages miraculeux, célébrages farcesques, craductages trilingues, délectages littéraires et force décervelages pour chaque mois !
La Mél et la librairie Tschann s’associent au groupe TXT pour fêter ce retour à l’occasion d’une rencontre au Reid Hall. Entrée libre, dans la limite des places disponibles. Directrice de la Mel : Sylvie Gouttebaron = s.gouttebaron@maison-des-ecrivains.asso.fr / Contact Presse : Lisette Bouvier (l.bouvier@maison-des-ecrivains.asso.fr).

Agenda de Lucien SUEL

► PARIS, le 8 mars 2019, à partir de 19h30, à l’Hôtel Marignan, lecture-performance dans le cadre des vidéo-poèmes réalisés par Pierre Lamassoure. Entrée libre.

► SENLIS, le 9 mars 2019, à 15h30, à la Librairie « Le Verbe et l’objet », lecture-rencontre signature autour des ouvrages récemment parus.

► AUXI-LE-CHÂTEAU, 15 mars 2019, à 19h, Médiathèque de l’Auxilois, rue Roger Salengro, projection du documentaire réalisé par Jean-Michel Jacquemin « Le jardin et le poète », suivi d’un entretien avec Lucien Suel. En partenariat avec Elea.

► PARIS, présence au Salon du Livre le 18 mars 2019 après-midi, sur le stand des éditions Cours toujours.

► CHÂTEAU-THIERRY, le 19 mars 2019, dans l’après-midi, au lycée Jean de La Fontaine, lecture-rencontre.

► AMIENS, le 22 mars entre 16h et 19h, dans la librairie du Labyrinthe, présentation, lecture et signature de « D’ù qui sont chés viaux ? », ouvrage bilingue picard-français édité par cette même librairie.

► AMIENS, le 23 mars 2019, à la bibliothèque Louis Aragon, présence au Salon du Livre de poésie avec les éditions Cours-toujours et la Librairie du Labyrinthe. Lecture publique (15 mn), horaires indéterminés.

► BONDUES, le 24 mars 2019, l’après-midi présence au Salon du Livre sur le stand des éditions Henry pour la signature de Sur ma route (octobre 2018).

2 avril 2018

[News] Libr-news

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Tout d’abord, notre nouvelle rubrique, inaugurée le mois dernier : "En lisant, en zigzaguant…" Puis, de Charybde en Scylla : Agenda de la Librairie Charybde, de Patrice Robin et de Lucien Suel.

En lisant, en zigzaguant…

♦ "Ne sommes-nous pas, dans notre courte nation hexagonale tracée au cordeau, ne sommes-nous pas, nous aussi, victimes d’une amnésie, d’un faux décor, d’une reconstruction simpliste du passé ?" (Valère Novarina, Voie négative, P.O.L, 2017, p. 19).

♦ "Il y a les migrations provoquées par les guerres, on appelle ça des exodes. Et il y a les migrations des barbares, on appelle ça des invasions. Les exodes, c’est quand beaucoup de gens partent en exil, et l’exil, c’est quand on peut demander l’asile. Pour demander l’asile, il faut un papier, une carte de vœux, une invitation. Sans invitation, on appelle ça une invasion" (Marina Skalova, Exploration du flux, Seuil, en librairie ce jeudi 5 avril, 2018, p. 16).

Libr-brèves

â–º Agenda de la Librairie CHARYBDE

♦ Mercredi 4 avril à 19H, Alan Parks viendra en compagnie de son traducteur Olivier Deparis présenter son impressionnant Janvier noir paru aux éditions Rivages ("Bloody january" en V.O.), une plongée dans le Glasgow noir des années soixante-dix du siècle précédent.

♦ Jeudi 5 avril à 19H30 : Julia Deck, l’auteure du très remarqué Sigma, brillant roman puzzle sous le signe des espions et de la quête d’un tableau disparu (2017 aux éditions de Minuit), sera le libraire d’un soir, avec une très belle sélection de sept livres qui lui tiennent particulièrement à coeur. [Ce qu’écrit Charybde 7 au sujet de "Sigma" peut être lu ici].

♦ Vendredi 6 avril à 18H, l’invité sera Marc Voltenauer, à l’occasion de la sortie de Qui a tué Heidi ? paru aux éditions Slatkine. On y retrouvera Andreas, policier à Lausanne, Mickaël son compagnon, et l’on fera entre autres connaissance avec Litso Ice (tueur à gages) et Yodi (vache Simmental). [Rencontre suivie d’une soirée autour d’un verre au café Le Commerce : 33 boulevard Reuilly 75012 Paris]

♦ Mercredi 11 avril, Thomas Giraud évoquera La Ballade silencieuse de Jackson C. Frank, un récit qui imagine ce qu’a pu être la vie de cet auteur compositeur interprète folk américain – contemporain de Bob Dylan – à travers ses drames, ses hasards, ses rencontres… et qui tente de comprendre comment il a pu concevoir son seul et unique album avant de tomber dans le silence et l’anonymat.

♦ Le jeudi 12 avril, chez les partenaires de Ground Control et dans le cadre du Ground Flore Café, Eric Arlix répondra à diverses questions sur son tout nouveau Terreur Saison 1 et en lira un extrait en situation. 

♦ Une rencontre aura exceptionnellement lieu le lundi 16 avril à 19h30, en compagnie de Anne-Sylvie Homassel, Stéphane du Mesnildot et Julien Rousseau : seront célébrés ce soir-là "les Fantômes d’Asie" à l’occasion de l’exposition "Enfers et fantômes d’Asie" organisée sous la direction de Julien Rousseau et de Stéphane du Mesnildot à partir du 3 avril au musée du quai Branly.

♦ Le jeudi 19 avril à 19h aura lieu, cette fois-ci chez les partenaires de Ground Control, une rencontre avec le poète Seyhmus Dagtekin, dont le manifeste Sortir de l’abîme vient de paraître au Castor Astral.

â–º Patrice Robin sera en résidence à la Villa Marguerite Yourcenar (Saint-Jans-Cappel, 59) du 3 au 30 avril 2018.

Avec, entre autres, 2 soirées ouvertes au public :
– Apéro littéraire au village du livre d’Esquelbecq en compagnie d’Anaïs Llobet et Paola Pigani (en résidence également).
– Dans le cadre du festival "Résonances" : Ecrivains & Engagement(s), avec Anaïs Llobet et Paola Pigani. Animation : Alexandra Oury, journaliste littéraire – Villa Marguerite Yourcenar.

 

â–º Agenda de Lucien Suel :

– TOURNAI, 7 avril, festival « Poésies Moteur » #2, une heure de performée (anthologie de ses poèmes) : Vitrine Fraîche, rue de la Cordonnerie.

– SAXON-SION (Meurthe et Moselle), 21 avril, à 20h, Cité des Paysages dans le cadre du festival POEMA, lecture en duo avec le contrebassiste Louis-Michel Marion.

– OIGNIES, 31 mai, à 19h au 9-9bis, Pôle Patrimoine, , Regards sur le bassin minier, avec les photographies de Patrick Devresse, lecture (20 mn) « Les Terrils ».

– BETHUNE, 23 juin, signature au Furet du Nord pour Angèle ou le Syndrome de la wassingue aux éditions Cours-Toujours.

– SAINS EN GOHELLE, 8 septembre, présence au Salon du Livre.

– LUMBRES, 18 novembre, 10h – 18h, présence au Salon du Livre organisé par Graines de culture.

Voici les titres des ouvrages qui devraient paraître cette année : aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie) ; au Dernier Télégramme : « Les Vers de la Terre » (journal 2012-2017).

7 janvier 2018

[News] News du dimanche

Actualité dense pour cette reprise de janvier : les RV à venir de la Maison de la poésie Paris ; Anne Savelli chez Charybde ; "Du travail" à Marseille (avec notamment Giney Aymé) ; Jean-Charles Massera à Pantin ; soirée TRACE LABEL à Pantin.
Pour le reste, rien ne change en 2018 : "Nous en avons assez vu, malgré tout, pour conclure que c’est la bêtise qui prédomine[ra]" (Pessoa)… Raison de plus pour être libr&critique !
 

â–º Agenda de Lucien Suel :

ROUBAIX, 20 janvier, à la Médiathèque La Grand Plage, dans le cadre de la Nuit de la lecture, à 20h30, lecture d’extraits du roman « Angèle ou le syndrome de la wassingue » et de « Ni bruit ni fureur », signature avec la librairie Les Lisières

LILLE, 27 janvier, de 10h à 19h, salle du Gymnase de Lille, Place Sébastopol, Salon du livre Afficher le Nord (avec l’AMOPA). Présence sur le stand des éditions Cours toujours. Lectures à 16h30 en compagnie de Ludovic Degroote et Dominique Quélen (lecture : Mer du Nord, extrait de « Ni bruit ni fureur »)

LILLE, 2 février, de 10h à 12h, au Lycée Faidherbe, à l’invitation de Dominique Quélen et avec lui, lectures en compagnie de Charles Pennequin

NEUVILLE EN FERRAIN, 3 février, de 14h à 18h pour une signature de mes ouvrages au Centre Cultura

LA COUTURE, 17-18 février, présence au Salon du Livre

à confirmer : HOUDAIN, 14 ou 16 mars, avec ELEA, à la bibliothèque municipale, lecture extraite de D’azur et d’acier et projection du film de Jean-Philippe Jacquemin « Le Jardin et le poète »

à confirmer : ARRAS, mars, lecture à la médiathèque de l’abbaye Saint Vaast

à confirmer : SAINT-OMER, mars, lecture à la librairie Alpha B

COLLINE DE SION-VAUDEMONT (Meurthe et Moselle), 21 avril, dans le cadre du festival POEMA, avec La Cité des Paysages, déambulation poétique et musicale sur La Colline (précisions à suivre)

Ouvrages à paraître : aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie) ; au Dernier Télégramme : « Les Versets de la Terre » (journal 2012-2017).

â–º Les prochains RV à la Maison de la poésie Paris que LC vous recommande :

â–º Jeudi 11 janvier 2018 à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Anne Savelli pour Décor Daguerre.

â–º Du travail, temps 2 au Cinéma Le Gyptis : dimanche 14 et vendredi 19 janvier 2018

En parallèle avec l’exposition Harun Farocki-Empathie qui se tient à La Friche jusqu’au 18 mars, exploration de la notion de travail au travers de fictions, documentaires, ou des deux à la fois, qui racontent les nouveaux modes d’organisation économiques et sociales, les crises personnelles qu’ils génèrent.

♦ Premier rendez-vous, le 14 janvier à 17h : textes de Constance Malva, Victor Serge, Marcel Martinet
♦ Second rendez-vous, le 19 janvier à 19h et à 21h : réflexion en mots et en images sur le travail et l’art. On y retrouvera Giney Ayme présentant une vidéo de ses performances réalisées depuis 2010 : Les gestes du travail.
Cinéma Le Gyptis : 136 rue Loubon 13003 Marseille / 04 95 04 95 95

â–º Mardi 16 janvier à 20H15, Ciné 104 (104, av. Jean Lolive à Pantin) : Ecran Libre #4 consacré aux créations vidéos de Jean-Charles Massera

PROGRAMME : 

• France guide de l’utilisateur (Remix) – 2008 – 6’10 / Pièce sonore – France Inter 

• Tunnel of Mondialisation (le clip) – 2010 – 6’32

• Tu sais j’crois que j’vais pas pouvoir (le clip) – 2011 – 5’22

• Les mecs qui réalisent qu’y a un truc qui va pas (extrait) – 2011 – 12’30 / Avec Emmanuel Vérité, Pascal Sangla et Pierric Plathier

• T’as mis où les oranges ? – 2012 – 6’59 / Pièce sonore – Coréalisation Arnaud Forest, Avec Christophe Brault

• La femme de la papeterie – 2012 – 1’21 / Avec Christophe Brault et Emmanuel Vérité

• La rameuse qui se demande si ça existe un parc avec un nom de grande femme – 2015 – 10’58 / Avec Marion Lubat

• La petite fille qui voit clairement qu’on n’entre pas dans la journée de la même manière – 2015 – 1’41 / Avec Albane Paupardin

• La femme qui avait un ministère de meuf – 2016 – 2’31 / Avec Élisabeth Hölzle et Emmanuelle Lafon

• Le jogger qui vient aborder les nanas dans leur voiturette de golf – 2015 – 15’02 / Avec Pierric Plathier

• L’homme qui pense que c’était en 2001 – 2001 – 2015 – 5’54 / Avec Emmanuel Vérité et Pablo Diserens

• C’était pas après la véranda ? 2016 – 5’28 / Avec Emmanuelle Lafon, Emmanuel Vérité, Leah Ladoux, Jonas Pirotte et Kéÿna Anton-Labonne

• La fille qui va y aller comme ça – 2016 – 2’29 / Avec Hanna Laoufir, Leah Ladoux, Jonas Pirotte, Anissa Pasques-Faraday et Kéÿna Anton-Labonne

â–º Jeudi 25 janvier à 20H30 aux Instants chavirés (7, rue Richard-Lenoir à Montreuil – 93) : soirée TRACE LABEL

17 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’été, et avant de présenter d’autres œuvres phares de ces dernières semaines (la tonitruante domestication de l’art signée Laurent CAUWET… d’Abrigeon, Bergen, Rongier, Sivan, Smith, Vargas…), RV avec Sandra MOUSSEMPÈS ; la soirée DADA à la Maison de la poésie Paris ; Daniel Cabanis à Ivry-sur-Seine ; Jérôme Game et les 25 ans des éditions de l’Attente…

â–º Agenda de Sandra MOUSSEMPÈS : avant de rendre compte de son curieux Colloque des télépathes, voici quelques dates :

– le 30 septembre : festival Actoral 17 à Marseille

– le 5 octobre, librairie Texture à Paris, lecture signature

– le 20 octobre : lecture croisée en compagnie d’Antoine Boute à la Maison de la Poésie, Paris

– le 26 octobre : lecture au centre Pompidou dans le cadre de la rétrospective Harmony Korine

â–º Jeudi 21 septembre à 20H : les Instants chavirés à Montreuil

â–º Samedi 23 septembre 2017 à 19H, Maison de la poésie Paris : soirée DADA !

O bouches l’homme est à la recherche d’un nouveau langage
Auquel le grammairien d’aucune langue n’aura rien à dire (Tzara)

On y entendra la voix profonde de Kurt Schwitters, une lecture pneumatique de manifestes DADA, des extraits d’une sonate de sons primitifs, un vidéofilm atypique sur un mode non narratif, des respirations et des ponctuations sonores, de la pensée dans la bouche, des problèmes d’élocution (mais pas plus que les oiseaux).

Avec Isabelle Ewig, Patrick Beurard-Valdoye, Sébastien Lespinasse, Jean-Baptiste Para & Isabelle Vorle.

5 euros / 0 euros (Adhérents)
Réservation conseillée : 01 44 54 53 00

â–º Samedi 23 et dimanche 24 septembre, de 14H à 20H : retrouvez Daniel CABANIS à la Manufacture des œillets (Ivry-sur-Seine) !

â–º Mardi 26 septembre à 19H, Maison de la poésie Paris : Jérôme Game, Salle d’embarquement

Lecture
Jérôme Game – Salle d’embarquement

C’est l’histoire d’un déroutage inopiné dans les interstices de la globalisation, smartphone en main. Pour son travail, Benjamin C. parcourt la planète en avion, chaînes d’hôtels et voitures de location. Témoin en immersion, il absorbe tout ce qu’il voit. Le regard qu’il porte sur le monde d’aujourd’hui, saturé d’images, lui enseigne que le réel est affaire de recadrages comme de contrechamps. Répondre à cet appel, c’est commencer d’agir, ici et maintenant.
Jérôme Game est poète, auteur d’une quinzaine de livres, de plusieurs CD de poésie sonore et a réalisé des installations visuelles et sonores. Ses textes ont été traduits en plusieurs langues et font l’objet d’adaptations scéniques et plastiques. Il vit actuellement entre Paris et New York, où il enseigne le cinéma. Salle d’embarquement est son premier roman.

À lire – Jérôme Game, Salle d’embarquement, éd. de l’Attente, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

â–º Mardi 26 septembre à 20H : les 25 ans des éditions de l’Attente !

Rencontre & lecture
« Les 25 ans des éditions de l’Attente »
Cycle Édition alternative #15
Avec les auteurs Anne Savelli, Philippe Annocque, Marie Borel & les éditeurs Franck Pruja, Françoise Valéry

Soirée animée par Jean-Luc D’Asciano

Créées en 1992 à Bordeaux par Franck Pruja et Françoise Valéry, artistes-éditeurs, les éditions de l’Attente publient une littérature poétique contemporaine (récits poétiques, critiques, philosophiques, œuvres oulipiennes, dessins accompagnés d’écrits d’artistes, etc.), des textes où l’écriture est irriguée de pratiques parallèles : musique, cinéma, arts plastiques ou numériques, architecture… Leurs publications sont souvent supports de performances scéniques par leurs auteurs. Le catalogue de l’Attente compte aujourd’hui près de 170 titres et représente une centaine d’auteurs.
Ce soir, après la lecture de Jérôme Game en préambule, ils invitent quelques auteurs pour des lectures et performances…

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

3 septembre 2017

[News] News du dimanche

Au programme des premières NEWS de reprise : agendas de Jean-Michel Espitallier et de Lucien Suel ; "Penser l’émancipation" à Paris-VIII ; "Écrits/studio" ; le film de Frank Smith, Le Film de l’impossible

 

â–º Mardi 5 septembre, Christian PRIGENT sur FRANCE CULTURE pour Chino aime le sport :

Jacques Bonnaffé lit la poésie par Jacques Bonnaffé

FRANCE-CULTURE, du lundi au jeudi

Chino aime le sport  :  le  05/09/2017  de  15h55  à  16h

Au deuxième jour, deuxième entrée. Nous parlons sport ! C’est une matière qui ne manque pas d’éloquence, on peut la laisser parler par ses souvenirs et ses grandes heures, ou ses champions. On peut aussi collecter les chroniqueurs, après Blondin et tant d’autres, Christian Prigent.

Avec Chino aime le sport, Christian Prigent s’impose comme portraitiste ès gradins  et bords de route, accompagné de rumeurs et d’ambiances. Il choisit des champions anciens et d’aujourd’hui, superpose les temps, titille les mythes. Dans la continuité de ses derniers livres, sa langue sonore avance à coups de burins et par éclats vifs. Il sculpte sans vergogne, utilisant tous les matériaux, visages et détails physiques, traits caractéristiques, marques publicitaires, public et cris, spectacles, anecdotes. Chaque portrait est un concentré, dans le cahier de Chino, son héros quasi éponyme.

Lecture d’un extrait de : Chino aime le sport (P.O.L).

â–º RV avec Jean-Michel ESPITALLIER :
• 14 septembre 19h30, « She Was Dancing » (avec Valeria Giuga, Roméo Agid), Théâtre Saragosse, Pau (Festival "Poésie dans les chais").
• 17 septembre, Mac/Val (Vitry/Seine), Journées du Patrimoine, performance avec Aniol Busquets dans le cadre de l’exposition de Jean-Christophe Norman.

â–º L’Agenda de Lucien SUEL :

Voici les nouvelles dates de l’agenda de septembre à décembre 2017 :

MONTREUIL (93), le 21 septembre à 20 h, lecture-performance aux Instants Chavirés, 7 rue Richard Lenoir (métro Robespierre), entrée libre pour la soirée « The French Ticket That Exploded ».

MERLIEUX (02), le dimanche 24 septembre pour La Fête du Livre avec mon roman « Angèle ou le syndrome de la wassingue » aux éditions Cours-Toujours.

PUCHEVILLERS (80), le samedi 7 octobre, à 18h, rencontre-lecture-entretien-apéro en compagnie d’ Alexandra Oury, Dominique Brisson et Philippe Moreau-Sainz, autour de la collection « La vie rêvée des choses » à l’estaminet du village à l’invitation de la Bibliothèque d’Albert.

ALBERT, le samedi 14 octobre, de 10h à 18h, Salon du Livre avec les éditions Cours-Toujours.

LAMBERSART, le dimanche 15 octobre de 13h30 à 18h, au Castel Saint-Gérard, pour les 20 ans du Café Littéraire animé par Annie-France Belaval.

Tournée en Picardie dans le cadre des Rendez-Vous Lecture du CR2L, du 16 au 19 novembre

CHÂTEAU-THIERRY, le 16 novembre, le matin, à l’Adothèque, lecture-rencontre avec des élèves du Lycée Hôtelier.

AMIENS, le 16 novembre, en soirée, à la Librairie Pages d’encre, lecture musicale sur le thème de la gourmandise en compagnie du tubiste François Thuillier.

CORBIE, le 17 novembre, à la Médiathèque, lecture musicale sur le thème de la gourmandise en compagnie du tubiste François Thuillier.

CREIL, le samedi 18 et le dimanche 19 novembre, « La Ville aux Livres », de 9h à 19h sur le stand des éditions Cours-Toujours. Le dimanche après-midi, entretien en compagnie d’Alexandra Oury, Dominique Brisson et Philippe Moreau-Sainz, et à 17h30, lecture-performance sur le thème de la gourmandise.

LILLE, 1er et 2 décembre, Gare Saint-Sauveur, participation aux Escales Hivernales. Le vendredi 1er, de 20h à 21h30, scène partagée avec les écrivains du Nord ; le samedi 2, entre 15h et 17h, rencontre avec les éditions Invenit (collection Ekphrasis) et les éditions Cours-toujours (collection La vie rêvée des choses).

En prévision pour 2018, lectures à Arras et Saint-Omer.

A paraître en 2018, aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie)

L’ agenda est mis à jour sur ses blogs Silo-Académie23 et Lucien Suel’s Desk 

â–º Du 13 au 16 septembre 2017, Université Paris VIII-Vincennes : Penser l’émancipation (Appel à contribution)

Le réseau international Penser l’émancipation prévoit une nouvelle édition en automne 2017 à l’Université Paris 8. Ce réseau, qui regroupe chercheurs et chercheuses, militants et militantes, s’inscrit dans le long héritage de la politique d’émancipation, de la critique de la modernité, de l’anticapitalisme et de la transformation de l’ordre existant. Il propose un espace pluraliste, ouvrant à chacun et chacune la possibilité d’émettre des hypothèses théoriques, de les éprouver au contact des pratiques politiques, de soumettre les résultats d’une enquête (militante ou académique), pour affronter les problèmes du présent. La pratique émancipatrice a besoin de moments, de lieux, pour réfléchir sur elle-même, sur son sens et sa portée, à l’abri du rythme effréné des séquences politiques, des clivages entre traditions idéologiques ou des exigences du travail universitaire.

Ce besoin se fait particulièrement sentir en cette année 2017, qui marque l’anniversaire de l’un des événements majeurs de la politique d’émancipation. Il y a un siècle, les exploités de l’Empire russe ont en quelques jours changé la face du monde, renversé un État ; ils et elles ont demandé le pouvoir dans les usines, que l’on partage les terres, que cesse la boucherie impérialiste de 14-18. Les subalternes ont tenté l’inouï, tenté de s’approprier leur monde, d’interrompre le cours inéluctable de la modernisation capitaliste, de révolutionner la culture, les rapports de genre, de briser l’oppression nationale et le joug colonial. Les révolutions sont des phases d’accélération historique, mais aussi des séquences où tout ce qui semblait naturel, allant de soi ou inévitable, peut être changé, infléchi, au bénéfice des opprimés. En d’autres termes, les révolutions sont par excellence des moments de totalisation, des séquences où l’action collective peut espérer atteindre et bouleverser l’ensemble de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays, d’une région, et même du monde.

Pour être à la hauteur du défi révolutionnaire aujourd’hui, des rébellions vaincues, des révoltes écrasées, des défaites les plus amères, la théorie doit pouvoir se hisser à son plus haut niveau et mener « la critique impitoyable de tout ce qui existe » (Marx). C’est pourquoi le réseau Penser l’émancipation sollicite des contributions sur l’ensemble des questions qui travaillent la pensée engagée dans la transformation de l’ordre existant.

Nous invitons militants et militantes, chercheurs et chercheuses, à soumettre des propositions de communications (un résumé de 3000 signes) sur l’un des thèmes suivants, ou tout autre ayant trait à la théorie sociale et à la pensée émancipatrice, avant le 5 mars 2017 au plus tard : penserlemancipation2017@gmail.com

Droit, oppression, émancipation ; pouvoir politique, stratégie, organisation ; écosocialisme, anthropocène, capitalisme fossile ; féminisme, travail reproductif, intersectionnalité ; théorie queer et révolution sexuelle ; Gramsci, hégémonie, philosophie de la praxis ; relations internationales, développement inégal et combiné ; racialisation et capitalisme postcolonial ; histoires du mouvement ouvrier et révolutionnaire ; précariat, travail immatériel, nouveaux salariats ; syndicalisme, grève générale, contrôle ouvrier ; autonomie, opéraïsme et nouvelles radicalités ; monnaie, marchandises, forme-valeur ; théologie et critique de la modernité ; colonialité du pouvoir et décolonialité ; marxisme culturel et structures de sensibilité ; impérialisme, guerres et libération nationale ; cinéma, théâtre, spectateur émancipé ; théorie critique, École de Francfort, réification ; hégélianismes et jeune-hégélianisme ; économie politique, dynamiques d’accumulation, crises ; Althusser, antihumanisme, lutte de classes dans la théorie ; éducation populaire, système scolaire, pédagogies révolutionnaires ; allocation universelle, salaire à vie, refus du travail ; occupation des places, émeutes, sabotage ; logistique et blocage des flux; immigration, réfugiés, populations excédentaires ; Europe, dette, souveraineté ; Lukács, totalité et subjectivité ; Henri Lefebvre, ville et espace ; urbanisme, architecture et droit à la ville ; géopolitique critique ; littérature, poésie et politique ; histoire globale et système monde ; corps exploités, corps révoltés et enclosures des corps ; internet, travail digital et réseaux sociaux ; néolibéralisme, financiarisation et nouvelles aliénations ; État d’urgence, antiterrorisme, violences policières et ennemis intérieurs ; lutte armée, guérilla urbaine et guerre populaire ; révolution culturelle et transition au socialisme ; mouvements sociaux, formations de classe, identités politiques ; masses, plèbes, multitudes ; communisation et restructuration capitaliste ; coopérative, autogestion, expropriation ; action antifasciste et état d’exception ; mobilisations lycéennes et luttes étudiantes ; critique des médias.

â–º Jeudi 14 septembre à 20H, Bibliothèque 2e arrt de Lyon : Écrits/Studio (poésie et nouvelles technologies du son).

Ecrits/Studio réunit des poètes qui travaillent avec les outils numériques du son. Neuf de ces poètes présenteront des poèmes sonores réalisés lors d’une session de création. Ils livreront là des formes poétiques nouvelles, à la fois polyphoniques et performatives.

Parmi ces poètes : Béatrice Machet, Alice Calm, Guillonne Balaguer, Jean-Baptiste Happe, Estelle Dumortier, Patrick Sapin, Patrick Dubost, Béatrice Brérot.

Bibliothèque municipale
13 rue de Condé
69002 Lyon

â–º Dimanche 17 septembre à 15H, Centre Pompidou (75004 Paris) :
Première de Frank Smith, LE FILM DE L’IMPOSSIBLE
Présenté dans le cadre du Festival Hors Pistes production et prolongement

Sur la bande-image du Film de l’impossible alternent deux séries. Tout d’abord, une lecture dialoguée entre François Bonenfant et Frank Smith se tient dans le cadre de la pièce-dispositif Un lieu-comme-œuvre., « un lieu d’art » conçu par François Laroche-Valière au Théâtre L’Échangeur, Bagnolet. Cet échange tente de cerner ce que serait un film qui s’intitule Le Film de l’impossible. Il est question du statut de l’image au cinéma, de celui de la représentation, de la politique actuelle — irréconciliable — et de la nécessité de recomposer aujourd’hui une nouvelle pensée de l’image — toujours impossible. En contrepoint, il y a des images prises dans le désert blanc du Chott-El-Jérid (Tunisie), faites d’éléments uniformes — ciel, terre, mirages — à travers des plans, constamment identiques à eux-mêmes, où la caméra tourne sur elle-même à 360 degrés.
Le film se fait en même temps qu’il se filme.

*
Le Film de l’impossible est aussi un livre, publié aux éditions Plaine page.



Un film écrit et réalisé par Frank Smith
Avec François Bonenfant et Frank Smith
Situations — Un lieu-comme-œuvre. François Laroche-Valière
Image et montage Arnold Pasquier
Son Marc Parazon
Mixage Ivan Gariel
Musique Philippe Langlois

16 mars 2017

[News] Libr-news

Après un spécial Lucien SUEL, quelques Libr-brèves :Les Bruissonnantes, Delaume/Yargekov…

Pleins feux sur Lucien Suel

Les RV à ne pas manquer :

BAPAUME, le samedi 18 mars toute la journée, pour le Salon du Livre à l’espace culturel Isabelle de Hainaut

ABBEVILLE, le dimanche 19 mars de 10h à 18h, pour le Salon du Livre à l’espace culturel Saint-André, rue du Moulin Quignon

LILLE, le jeudi 23 mars, à 10 h dans les studios de France 3, l’invité de Christelle Massin, pour l’émission en direct « Les bonnes pages de Christelle »

PARIS, le dimanche 26 mars, au Salon du Livre, Porte de Versailles, sur le stand de la région Hauts-de-France, de 13h à 18 h, avec les éditions Cours toujours et les éditions de La Contre allée

PARIS, le jeudi 30 mars, de 19 h à 20 h, à La Maison Rouge, 10 Bd Bastille, pour une rencontre autour de mon activité d’éditeur des revues StarScrewer et Moue de veau, partie prenante de l’exposition « L’esprit français, Contre-cultures 1969-1989 »

GRAND LEMPS (Isère), le samedi 1er avril, à 15 h à la Médiathèque pour une lecture en compagnie de Rufo Quintavalle et Ian Monk (écrivain en résidence)

AMIENS, le vendredi 5 mai, pour deux rencontres-lectures-dédicaces en librairie, chez Pages d’encre en fin d’après-midi et au Labyrinthe en soirée, avec les éditions Cours toujours

HAZEBROUCK, les samedi et dimanche 13 et 14 mai, pour les Bouquinales, sur le stand du Marais du Livre

ECQUES (Pas-de-Calais), le dimanche 21 mai, de 10 à 18 h pour le 1er Salon du Livre

BETHUNE, le mardi 30 mai, toute la journée au lycée Blaringhem pour des rencontres avec les élèves

SOISSONS, le vendredi 9 juin, à 18h, à la librairie L’Arbre généreux pour une rencontre-dédicaces avec les éditions Cours Toujours

SAINT-JANS CAPPEL, le dimanche 25 juin, toute la journée à la Villa Yourcenar, un parmi les vingt auteurs invités pour le vingtième anniversaire de la Villa, avec l’après-midi une signature sur le stand de la librairie Le Marais du Livre

MERLIEUX, les samedi et dimanche 9 et 10 septembre pour La Fête du Livre

D’autres rencontres auront certainement lieu à Lille au Bateau-Livre, à Roubaix aux Lisières, et d’autres pourraient être programmées par Escales des Lettres, centre littéraire d’Arras. L’agenda sera mis à jour sur ces blogs Silo-Académie23 et Lucien Suel’s Desk

 

LES NOUVEAUX OUVRAGES :

Ni bruit ni fureur, aux éditions de La Table Ronde, second volume de l’anthologie de son œuvre poétique : http://www.editionslatableronde.fr/ouvrage.php?id_ouv=I23507 16

4ème de couverture : Après Je suis debout, paru en 2014, voici le second volume de la poésie de Lucien Suel. Les formes toujours variées (prose poétique, haïkus, tweets en cent-quarante signes, vers arithmogrammatiques…) se mêlent au cœur d’un triptyque planté sous le ciel changeant du Nord pour célébrer l’enfance, les jardins, les disparus.

Angèle ou le Syndrome de la wassingue, aux éditions Cours toujours dans la collection « La vie rêvée des choses », roman accompagné d’un carnet de curiosités en couleurs. 14 €

4ème de couverture : Angèle est une petite fille un peu étrange, qui s’imprègne de son quotidien, s’imbibe du bien et du mal et se noie dans ses rêves, sans parvenir à extraire, exprimer, essorer…

Roman sur l’enfance et l’innocence, ode à la vie et à la nature, Angèle ou Le Syndrome de la wassingue est aussi un récit d’apprentissage dont le chant monte crescendo, du murmure à l’envol lyrique, pour accompagner son merveilleux personnage sur un chemin onirique et libératoire.

Il n’y avait que Lucien Suel, poète minutieux et orfèvre de la langue, pour sublimer ainsi la prosaïque serpillière du Nord…

Autre livre récent disponible :

Après Les aventures de la limace à tête de chat, un autre livre aux éditions du Téètras Magic, A la recherche du taon perdu, superbe album en couleurs de mes dessins idiots, 17 €, à commander sur le site de l’éditeur http://www.teetrasmagic.com/edit37.html

 Libr-brèves

â–º Sur Tapin : Luc Benazet, "Incidents" – entre autres…

â–º Les Bruissonnantes // 6e édition, du 16 au 18 mars 2017 au théâtre Le Hangar

Les Bruissonnantes est un festival dédié aux écritures contemporaines mises en voix, en espace et en mouvement par leurs auteurs. Il vise à faire de la poésie contemporaine la plus exigeante une expérience sensible à partager.
Organisé dans le cadre de la manifestation nationale le Printemps des PoeÌ€tes, il se déroule au théaÌ‚tre Le Hangar aÌ€ Toulouse trois soirées durant et donne aÌ€ entendre « le » poeÌ€me dans une grande diversité de formes : performances, poésie sonore, lectures intimistes, écritures vocales et musicales.

SOIR 1 // jeudi 16 mars
21h :
• Catherine Froment poeÌ€te performeuse (Paris) | poésie d’action
Laura Vasquez poète (Strasbourg) | lectures
• Laurent Avizou guitariste (Toulouse) | guitare préparée

SOIR 2 // vendredi 17 mars
19h :
• Table ronde avec les artistes du festival et diffusée par la radio partenaire Canal Sud.
21h :
• Les Parleurs quintet poématique (Toulouse) | récital de poésie
• Julien d’Abrigeon écrivain poeÌ€te (Paris) | poésie sonore
• Claire Bergerault accordéoniste-vocaliste (Poitiers) | solo improvisé

SOIR 3 // samedi 18 mars
19h :
• Conférence performée par Yves Le Pestipon sur le theÌ€me France Afrique Poésie
21h :
• Sébastien Lespinasse poeÌ€te performeur (Paris) | poeÌ€me récif
• Vincent Barras & Jacques Demierre (Suisse) | poésie sonore
• Anne Choquet fluÌ‚tiste aÌ€ bec (Toulouse) | reprise de répertoire de J.-S. Bach


Tarifs de 5€ à 7€ • PASS 3 soirs 15€
Réservations par téléphone au 05 61 48 38 29 ou par mail à contact@lehangar.org

Pour plus d’informations sur les artistes programmés et le festival, c’est sur notre site : http://lehangar.org/lehangar/programmation/bruissonnantes.html

â–º Nina Yargekov 2-cHB-1 / Delaume © Hermance Triay c

Lectures et entretien avec Guénaël Boutouillet, vendredi 17 mars 2017, à la Maison de la poésie de Paris

Soirée proposée par remue.net (www.remue.net), en partenariat avec la Scène du Balcon — ne pas oublier de réserver, au (Tel) 01 44 54 53 00 du mardi au samedi de 15h à 18h ou bien, par mail : accueil@maisondelapoesieparis.com

â–º Aden Ellias sera présent sur le stand de la région Ile-de-France pour dédicacer Hyperrectangle et répondre aux questions des lecteurs.
Comme il l’écrit si bien au tout début de son roman (il s’agit même de la première phrase) "La veille au soir, je m’étais donné rendez-vous très tôt le lendemain matin pour écrire un très grand livre ou quelque chose comme ça." Ce "très grand livre", vous l’aurez entre les mains samedi 25 mars entre 15h30 et 16h30.

23 janvier 2016

[Chronique] Poétiques contemporaines, d’Apollinaire à Chaton

Alexander Dickow, Laurent Fourcaut et Gaëlle Théval nous offrent d’intéressantes réflexions sur la révolution poétique à l’œuvre depuis un siècle : dépersonnalisation, polyphonie et art du ready-made.

 

â–º Je est un autre : Alexander Dickow, Le Poète innombrable : Cendrars, Apollinaire, Jacob, Hermann, été 2015, 394 pages, 35 €, ISBN : 978-2-7056-8995-7. / Laurent Fourcaut, Alcools de Guillaume Apollinaire : je est plein d’autres, remembrement et polyphonie, éditions Calliopées, novembre 2015, 144 pages, 15,60 €, ISBN : 978-2-916608-62-4.

La thèse que publie le jeune poète américain Alexander Dickow – dont nous avions signalé dès sa sortie le premier texte publié en 2008, Caramboles – part d’un constat, la multiplication d’autoportraits poétiques parus entre 1900 et 1920 ; avec les trois auteurs étudiés, ce fait devient paradoxal dans la mesure où cette surpersonnalisation tranche avec ce qui caractérise désormais la figure du poète : la dépersonnalisation. Aussi le chercheur va-t-il d’abord étudier les mises en scène de soi chez ces trois figures majeures que sont Cendrars, Apollinaire et Jacob, avant de se pencher plus précisément sur leur art de la composition et leurs "parcours initiatiques" (les "récits du devenir-poète") ; les deux derniers chapitres, qui croisent la perspective sociologique mais sans s’y arrêter, portent sur les mises en scène de soi et du nous dans les revues (Les Soirées de Paris, Montjoie !, Nord-Sud, Mercure de France, Sic, L’Elan, Lettres modernes, Les Hommes Nouveaux, La Phalange, etc.) et sur l’originalité des positionnements dans l’espace des possibles contemporain. L’analyse des postures s’avère particulièrement passionnante : en cette période de crise des valeurs qui n’épargne pas l’art, les rapports au personnage de Fantômas permettent d’opposer celle d’Apollinaire (fédérateur) à celle des deux autres poètes (francs-tireurs) ; en revanche, tous trois adoptent une attitude paradoxale vis-à-vis des normes esthétiques dominantes, de sorte que Cendrars est qualifié de "sacré iconoclaste", Apollinaire de "romantique moderne" et Jacob de "néoclassique". Ainsi, vu qu’il n’y a pas plus d’"idéal littéraire" (Apollinaire) que de "nonconformisme absolu" (Breton), et que "la décomposition n’est pas une position" (Jacob), à la subversion ambiante préfèrent-ils la confusion ou l’indétermination normative.

De même, à sa façon, Laurent Fourcaut établit un parallèle entre identité problématique et polyphonie poétique : l’intérêt de cette monographie consacrée à Alcools (1913) réside dans sa dimension synthétique comme dans ses analyses fouillées des textes.

 

â–º Gaëlle Théval, Poésies ready-made, L’Harmattan, automne 2015, 288 pages, 28,50 €, ISBN : 978-2-343-06944-9.

Si les deux premiers volumes évoquent en passant l’art du ready-made en poésie, en voici un dont c’est précisément le sujet, puisqu’il fallait combler un manque : "Cette absence apparente de résonance du ready-made à l’intérieur du champ poétique semble d’autant plus surprenante que le XXe siècle est précisément celui de l’ouverture des frontières entre les arts" (p. 11). Comment expliquer un tel vide ? C’est que le ready-made poétique n’entre pas dans le cadre de l’analyse poétique traditionnelle, qui se concentre sur les caractéristiques thématiques et formelles, le lyrisme en vers ou la poéticité. Il faut attendre 2009 pour une étude critique (Nicolas Tardy, Ready-made textuels, HEAD) ; au tournant du XXe et du XXIe siècle, il était entré dans le champ poétique grâce à un numéro de la revue Action poétique intitulé "Poésie (&) ready-made" (n° 158, 2000).

Mais qu’est-ce qu’un ready-made poétique ? Ni tout à fait un collage, ni tout à fait un plagiat : c’est un emprunt matériel (poèmes objets), visuel ou sonore, un document poétique – au sens où l’entend Franck Leibovici de technologie intellectuelle qui retraite et reconfigure des représentations médiatiques usées. Se fondant sur une démarche intermédiale – puisqu’elle passe du champ des arts plastiques à celui de la poésie -, Gaëlle Théval analyse finement les pratiques les plus variées, du dadaïsme et du surréalisme aux poètes contemporains (Bory, Cadiot, Espitallier, Michot, Molnar, D. Roche, Sivan, Suel…)  : détournements surréalistes et situationnistes, cut ups divers, poèmes trouvés de Kolàr, biopsies de Heidsieck, poèmes métaphysiques de Blaine, événements de Chaton…

Dialogue avec Alexander Dickow

AD. La tournure à propos de la "dépersonnalisation" me paraît légèrement différente de ce que j’entendais dans l’introduction : à mon sens, la dépersonnalisation n’a jamais été dominante du tout dans le champ littéraire ; les dimensions de Flaubert et Mallarmé font largement illusion, et à vrai dire, ceux qui travaillent sur la période dite moderniste ne croient plus vraiment à Friedrich (s’ils y ont jamais vraiment cru). Je pense que le champ a été de tout temps beaucoup plus pluraliste que ne le suggère Friedrich, et la dépersonnalisation elle-même ne date pas de Flaubert ou Mallarmé. Ce sont là deux "options" parmi d’autres, si tu veux. Je soupçonne que tu partages d’ailleurs mon point de vue, mais la tournure de ta réflexion me paraît suggérer, peut-être même malgré toi, que la dépersonnalisation a été un moment dominante. Peut-être ai-je laissé quelque bévue dans le texte qui suggère ce point de vue erroné ; d’ailleurs, cette intro a un peu évolué depuis la thèse.

FT. Tu as raison de souligner ce point : j’ai d’ailleurs corrigé la formulation afin de mettre en évidence ce qui devient paradoxal uniquement pour ces trois figures poétiques.

AD. Le deuxième point, c’est l’expression "sans s’y arrêter" à propos de la sociologie littéraire, qui me paraît un peu discutable ; si je ne consacre que quelques pages à l’abord technique des concepts de "réseau" et de "champ", un des lecteurs de la thèse affirmait que le chapitre dans son ensemble finissait par démolir Bourdieu. Sans prétendre à cela, je pense que c’est vrai que le travail est imprégné de la sociologie littéraire, même s’il la tient en quelque sorte à distance. Tu sembles le reconnaître dans ta remarque sur l’importance des "postures", d’ailleurs, qui est un concept directement venu de J. Meizoz, qui fait de la sociologie littéraire assez proche de ma démarche, c’est-à-dire nourrie des textes littéraires eux-mêmes davantage que des interactions entre individus.

FT. Si tu le permets, je dirai plutôt que tu t’inscris dans le prolongement de Bourdieu et de Meizoz, mais que ta démarche se caractérise par une certaine indétermination : le lecteur ne perçoit pas distinctement l’articulation entre les trois pages théoriques et les études érudites qui suivent, fort intéressantes au demeurant. L’expression "sans s’y arrêter" désigne cette indécision théorique ou ce manque de continuité méthodologique : ton cadre est la sociopoétique, mais tu l’oublies assez rapidement – ce qui, diront les sceptiques, a au moins le mérite d’éviter tout systématisme.

Quoi qu’il en soit, je tiens à te remercier pour ce dialogue libr&critique.

AD. Je pense que je dois assumer – jusqu’à un certain point – cette indétermination théorique à l’égard de la sociologie littéraire, dans la mesure précisément où je me méfie de la logique totalisante tout à fait assumée par Bourdieu, que j’admire pourtant. C’est sans doute l’une des implications du "polar herméneutique" consacré à Fantômas, car un réseau concerne des interactions locales, non totalisables, et l’articulation de ce concept est pour moi un genre de geste sceptique. Mais comme tu l’as bien vu, les théories du réseau se situent bel et bien dans le prolongement de Bourdieu, quand bien même elles seraient construites "contre" lui. Meizoz, en revanche, assume tout à fait sa dette par rapport à Bourdieu et Alain Viala, qui lui ont permis de pousser plus loin son enquête passionnante.

4 octobre 2015

[News] News du dimanche

Ne manquez pas des RV exceptionnels dans les 15 jours : MidiMinuit Poésie#15 ; Poésie à tous les étages ; Littérature, génération Y, etc. ; RV à Rennes (Droguet, Rannou, Dickow).

 

â–º Du 7 au 11 octobre, Festival MidiMinuit Poésie #15, Maison de la poésie Nantes : programme.

 

â–º Poésie à tous les étages, se tiendra, cette fois encore, à cheval sur deux ans, d’octobre 2015 à février 2016. Les poètes invités se nomment : Michaël Batalla, Patrick Beurard-Valdoye, Julien d’Abrigeon, Guillaume Fayard, Raymond Galle, Sarah Kéryna, Patrice Luchet, Cécile Mainardi, Lucien Suel, Nicolas Tardy, Jules Vipaldo et Véronique Vassiliou. Les lieux qui nous accueillent : le centre international de poésie Marseille, la galerie-librairie ARTS 06 (Nice), La Boutique (La Ciotat), la Maison des jeunes et de la Culture (Martigues), la médiathèque Boris Vian (Port-de-Bouc), la médiathèque Louis Aragon (Martigues), Le moulin à paroles (Méounes), montevideo (Marseille) et la Villa Saint-Hilaire (Grasse). [Programme]

â–º Du 12 au 17 octobre 2015, Lille-Roubaix : Littérature, génération Y, etc. Lectures, rencontres, courts-métrages, bande-dessinée, concert. Le tout farouchement vivant, ce qui est la moindre des choses. Toute la programmation sur : www.litterature-etc.com. Pour la soirée d’ouverture (à ne pas manquer : Antoine Mouton, Les Chevals morts), réservez rapidement vos places au Théâtre du Nord : 03 20 14 24 24. Libr-critique couvrira en particulier la soirée du vendredi 16.

SOIREE Fric, etc., à L’hybride.

19h Ouverture

20h PERFORMANCE inédite
Etude de marché, de Laura Vazquez et Benoît Toqué

billets

Extrait « Elles disent, ON vous attend. Les voix disent NOUS. Elles disent, NOUS circulons, NOUS vivons dans les villes, les banques sont dans les villes. NOUS ouvrons dans une heure, les banques ouvrent dans une heure. Notre chemise est fermée, boutonnée jusqu’au bout. NOUS allons à la banque. » Étude de marché est un texte écrit lors d’une résidence à Dunkerque. Un texte autour de l’argent, du NOUS de l’argent, de NOUS dans l’argent, du pouvoir, de l’écrasement.

 

â–º Dimanche 18 octobre à 17H, Maison de la poésie de Rennes (47, rue Armand Rébillon) : Lectures de poésie, avec Henri Droguet, François Rannou et Alexander Dickow.

 

21 juillet 2014

[News] Libr-vacance (1)

 Ce premier Libr-vacance entame la dernière semaine de LC avant la pause estivale de quelques semaines : Libr-Net (Noam Chomsky sur Mediapart : "Dix stratégies de manipulation de masses" ; les blogs de Didier Moulinier et Autour de Christian Prigent) ; Libr-10 (10 livres reçus ces derniers mois à lire absolument). Avant les surprises et très riches heures de la reprise, profitez de cette relâche estivale pour reparcourir la UNE à la recherche des posts perdus…

Libr-Net

â–º Autour de Christian Prigent : après la "Présentation du fonds Prigent à l’IMEC" par Typhaine Garnier et la chronique de Fabrice Thumerel intitulée "Autour de Christian Prigent à Cerisy", se préparent "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" (6 posts qui viseront à éviter la célébration/commémoration/amicale-de…).

♦ Les Rencontres littéraires en Haute Provence 2014 sont réparties sur cinq soirées de mai à septembre, dans différents lieux privés ou publics de la CCPFML, sur le thème : "Avant-gardes. Et après ?" Deuxième rencontre : la revue TXT présentée par Christian Prigent, Éric Clémens et Jacques Demarcq. Lectures par les écrivains.
Centre d’art contemporain Boris Bojnev – caves à Lulu, samedi 26 juillet de 17 h à 20 h (04 300 Forcalquier ; tél. : 04 92 73 06 75 – 06 03 50 51 39 & yves.bical@orange.fr).

♦ Par ailleurs, on (re)découvrira La Femme couchée de Philippe Boutibonnes, dispositif/lecture publié en 1974 dans la Collection Génération, avant même que le poète et peintre ne rejoigne la revue TXT : http://cantos-propaganda.blogspot.fr/2014/07/philippe-boutibonnes-la-femme-couchee.html?spref=fb

â–º Plus que jamais, il nous faut méditer les "dix stratégies de manipulation de masses" qu’analyse Noam Chomsky – et que rapporte Mediapart.

â–º À méditer également, l’article de Didier Moulinier sur son blog : "En-résistance. Au-delà du principe de Révolte"

« Le principe d’une "désobéissance civile globale homéopathique" – non-violente, ponctuelle, concertée, mais générale – est la seule réponse globale d’envergure face à la forme d’oppression, elle-même généralisée, qui prévaut aujourd’hui : le HARCELEMENT (moral, commercial, sexuel, économique, administratif). Variante vulgaire, non dissimulée, de la suffisance philosophique. »

 

Libr-10 : livres lus et recommandés par LC

â–º Valère NOVARINA, Observez les logaèdres !, P.O.L, mai 2014, 320 pages, 14,50 €.

VN : Valère Novarina / Voie Négative – "La passion est une voie négative : je dois passer par la défaite de tout le théâtre humain. Toutes nos idoles sont mises têtes en bas" (p. 110).

En plus de la version pour la scène du Vrai sang, ce volume propose un prolongement aux précédents essais poétiques (Devant la parole, Lumières du corps, L’Envers de l’esprit, La Quatrième Personne du singulier) : une réflexion critique sur le langage, la poésie et le théâtre ; une méditation philosophique et théologique ; un (r)appel à l’insoumission… À tous les communicants avides de spectacle : "Mettez fin-enfin ! tout-de-suite ! au dévidage et à la déclinaison de l’homme en chapelets d’humanoïdes stabulés, quantifiés un à un, anthropo-prototypisés de fond en comble ! Cessez de nous sur-et-sous-définir et comptabiliso-quantifico-périmétrer, mensurer, sous tous les angles !" (14).

Observez les logaèdres ! nous rappelle que le théâtre est un lieu spirituel qui fait advenir le sujet, un lieu d’où l’on voit la matière vive du langage.

 

â–º Pierre GUYOTAT, Joyeux animaux de la misère, Gallimard, "NRF", mars 2014, 416 pages, 21,50 €.

Suite aux trois récits autobiographiques en prose classique (Coma en 2006, Formation en 2007 et Arrière-fond en 2010), Pierre Guyotat nous offre un nouveau livre en-langue, avec queues et que (que explétifs), mais cette fois avec pour arrière-plan un univers dystopique… Dans ce texte au titre oxymorique, place à l’animal ! Là, tout n’est que désordre et putains (au masculin pluriel) : pour l’auteur d’Eden Eden Eden comme pour celui du Miracle de la Rose, la poésie est l’art d’utiliser la merde et de vous la faire bouffer
« – "la fleur je l’ai trouvée vivante sous étron vivant, ma poulette, attends j’y ouvre ma paume te la faire sentir, ma promesse te la mettre à l’oreille…" – "aiah, quelle odeur de la mort, dans ta main, chérie, bête ou homme ?" – "que toi, moi morts, la monte continue, nous transformés en chiens ou pythons, ou cancrelats, ou rats, singes…" » (p. 51).

 

â–º Annie ERNAUX, Regarde les lumières mon amour, Seuil, "Raconter la vie", printemps 2014, 78 pages, 5,90 €.

Qu’on ne se laisse pas induire en erreur par le titre, tiré d’une phrase rapportée à la page 40 (celle d’une jeune maman à sa petite fille) : il s’agit évidemment, non pas d’une bluette, mais d’un ethnotexte qui s’inscrit dans le prolongement de Journal du dehors (1993) et de La Vie extérieure (2000) : "Pas d’enquête ni d’exploration systématiques donc, mais un journal, forme qui correspond le plus à mon tempérament, porté à la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d’observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là" (p. 16-17). Ce journal doit son intérêt à la tension qui l’anime entre regard critique et regard contemplatif lié à un fantasme d’indistinction.

 

â–º Jean Louis SCHEFER, Les Joueurs d’échecs, P.O.L, printemps 2014, 96 pages, 16 €.

"Que porte notre attachement à  la peinture ?"

Revenant sur l’analyse structurale menée en 1969 d’un tableau allégorique de Pâris Bordone, Les Joueurs d’échecs (1540), Jean Louis Schefer nous offre une subtile réflexion esthétique qui nous emmène également en territoires poétique et cinématographique.

 

â–º Lucien SUEL, Je suis debout, La Table Ronde, printemps 2014, 152 pages, 16 €.

Il y a tout Suel dans Je suis debout : poésie visuelle et poésie orale, tradition et modernité, lyrisme et formalisme, passion du terroir et passion de l’Amérique, haïkus et beat generation, pastiches et parodies…

Je revenais de loin. Tous les Boches crevaient ;
Le pâle Otto aussi trempait dans la bataille ;
Il allait sous le ciel, il criait "Aïe ! Aïe ! Aïe !
Oh ! la la 8 Que j’ai mal ! Mon bidon est troué !"

Sa tunique-culotte avait des gros boutons […]

Ça ne vous dit rien ?

 

â–º Karmapoker, texte de Nicola de Marchi et dessins de Filippo Vannini, éditions Dasein, Paris-Lugano, automne-hiver 2013, 80 pages, 18 €.

Avec pour fil rouge le portrait d’une figure emblématique, le scammer (arnaqueur, fraudeur, escroc) – terme apparu dans les nineties, en pleine expansion de la new economy -, ce "manuel du superflu, ou micro-odyssée, ou bien article de luxe pour fauchés" développe une réflexion poétique/philosophique/ludique sur le temps présent. Comme jadis celle du théâtre ou du jeu (déjà), la métaphore du (karma)poker permet en effet de rendre compte de notre vie ("au poker comme dans la vie, la roue (du karma) tourne") dans un monde régi par des stratégies plus ou moins retorses, le pari et le risque, le crédit, le bluff ("une part de saloperie et trois parts de rêve"), la précarité…
Où l’on croise le concept de "sérendipité" et retrouve les antinomies liberté/destin, hasard/déterminisme…

 

â–º Isabelle ZRIBI, Quand je meurs, achète-toi un régime de bananes, Buchet-Chastel, printemps 2014, 112 pages, 11 €.

La phrase du titre fait partie du legs que la narratrice a reçu de sa grand-tante, Stevenson (homonyme de l’écrivain), tout comme cette autre : "une vie peut être vécue en ne lisant qu’Ulysse" (p. 30)… À coup sûr, ce récit critique à la première personne jette une peau de banane dans le jardin éditorial : "les éditeurs ont renoncé à la littérature"… Des éditeurs auxquels, renversant les rôles, elle envoie des lettres de refus savoureusement drôles. Les heureux z’élus des pros de "la machine à oubli" ne sont du reste pas épargnés non plus : "Les écrivains publiés […] choisissent d’écrire pour la même raison qu’ils préféreraient l’inhumation à la crémation : pour occuper davantage de place"… À coup sûr, bien qu’elle "habite une coque de métal, un bunker à l’abri des émotions", cette solitaire pas toujours solidaire ne manque pas de banane !

 

â–º Laura VAZQUEZ, À chaque fois, éditions derrière la salle de bains, printemps 2014.

Dans ce texte-accordéon édité avec goût, on retrouvera un agencement répétitif made in Vazquez. Et chaque fois qu’on lit du Vazquez, quelque chose vous emporte.

 

â–º Kenneth WHITE, Panorama géopoétique, entretiens avec Régis Poulet, Éditions de la Revue des Ressources, été 2014, 126 pages, 10 €.

Dans un espace mondial saturé, le poète traite des rapports entre poésie et paysages ; géopoétique, géopolitique, géobiologie et géophilosophie… Dans ce petit volume d’entretiens stimulant, il est également question de critique littéraire, des approches bachelardienne et blanchotienne, de géographie littéraire…

 

â–º Jean-François PERRIN, Rousseau, le chemin de ronde, éditions Hermann, printemps 2014, 476 pages, 26 €.

Bien avant les Modernes, Rousseau avance : "Il faudrait pour ce que j’ai à dire inventer un langage". Son opéra fabuleux à lui est un spectacle mental qu’il lui faut mettre en forme. Et le critique de rapprocher Rousseau de Modernes comme Baudelaire, Flaubert, Roussel, Rilke…

Langue et affect, langue et mémoire, langue et sujet : tels sont les sujets majeurs qu’aborde littérairement et philosophiquement cet essai au ton personnel signé par un spécialiste de Rousseau – livre de gai savoir qu’on lit d’une traite.

27 avril 2014

[News] News du dimanche

Le mois de mai se profilant à l’horizon, les RV vont se multiplier : dans les NEWS de ce soir, RV avec la Revue du Cube pour la parution de son 6e numéro ; avec Skalpel à Manifesten (Marseille) ; avec Claro dans le 19e ; et, last but not least, le MaelstrÖm fiESTIVAL #8…

 

â–º Pour la sortie de son 6e numéro consacré au thème "PARTAGER", La Revue du Cube vous invite à sa soirée de lancement :

Le Cube – Centre de création numérique

20, cours Saint Vincent, 92130 Issy-les-Moulineaux

Participez aux échanges et réagissez aux articles de la Revue, ainsi qu’au débat de l’émission, en compagnie des invités et contributeurs :

– Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, mouvement fondé par Pierre Rabhi.

– Sylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la Réussite (forum de débats culturels, économiques, scientifiques et politiques devenu incontournable)

– Hortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.

Émission de télévision participative préparée et présentée par Nils Aziosmanoff, Marie-Anne Mariot et Cyrielle Flosi.

Diffusion en direct sur www.cuberevue.com / www.lecube.com / Live-Tweet : @lecubetwit #CubeRevue

L’émission sera suivi d’un cocktail en présence des auteurs et invités de la Revue du Cube

Plus d’infos : http://lecube.com/fr/la-revue-du-cube-6-partager_2313

 

â–º MANIFESTEN (59, rue Thiers 13001 Marseille) : samedi 3 mai 2014 à 19H, Rencontre & discussion avec Skalpel autour de son livre, Du bitume avec une plume + concert Bboykonsian soundsystem (Skalpel + Akye) = entrée libre

http://www.bboykonsian.com/premiereligne/


â–º Le MOTif reçoit CLARO le mardi 6 mai à partir de 19h30. Soirée animée par Emmanuelle Favier. Lecture par Laurent Orry.
Le MOTif : 6, villa Marcel-Lods – passage de l’Atlas – Paris 19e
Réservations souhaitées (par mail : laurent.boudereaux@lemotif.fr)

 

â–º MaelstrÖm fiEstival #8, JEUDI 15 au DIMANCHE 18 MAI 2014 – INdoor / DIMANCHE 11 MAI + MERCREDI 14 MAI – OUTdoor
presenZ
Une Fête, un Festival d’Arts Littéraires, Poétiques et Musicaux

Invités d’Honneur:
Nail Dédé Kesova (TU), Compagnie Derviche Caravane (Fr), Anne Waldman (USA), Ambrose Bye (USA), Thurston Moore (USA), Tony di Napoli (BE), Le Quan Ninh (FR), Vincent Tholomé (BE), Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT), Serge Teyssot-Gay (FR), Michel Bulteau (FR), Krzysztof Styczynski (FR), Lucien Suel (FR), Dominique Massaut (BE) et les Anges du Bizarre (FR)

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Si ce n’est maintenant, quand ? Si ce n’est ici, où ? Si ce n’est moi, qui ? (A. Jodorowsky)
Désoccultez votre poésie … le passé et le futur sont deux voleurs qui dérobent le présent…
(Dante Bertoni)

Il s’agit du « Troisième Temps » après le fiEstival #6 qui « Troublait le futur », et après la plongée dans le passé… et ses vertus de guérison, d’apaisement avec le fiEstival #7 « Healing past »… Nous en arrivons au troisième terme de cette Trilogie : le Présent, justement, la Marche de l’Infini Moment Présent et de la Présence…

Né de la volonté de dédier une fête à la «performance poétique», à la littérature, à la musique. Né de la volonté de décloisonner les secteurs artistiques. Né de la volonté de réunir annuellement des artistes et poètes internationaux autour d’un projet commun. Né de la volonté d’une rencontre conviviale avec le public.

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OUTDOOR: Réévolution poétique! When poetry comes to town ! Dès le 11 mai les artistes du fiEstival réaliseront des lectures improvisées et des actes poétiques dans des cafés, des lavoirs, des coins de rue, des musées.

Du 14 au 17 mai à partir de 16h Libérez votre parole au Poetic Speakers’ Corner qui sera installé devant la Boutique maelstrÖm dans le piétonnier de la Place Jourdan…
Les 15 et 16 mai à partir de 18h : les apéritifs thématiques et musicaux à la Boutique maelstrÖm 4 1 4. Juste à côté de l’Espace Senghor, la boutique-librairie maelstrÖm, vous invite à rencontrer les auteurs et artistes du fiEstival tout en découvrant des mets venus d’ailleurs !

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PROGRAMME

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DAY # -1 : DIMANCHE 11 MAI 2014
16h – Boutique maelstrÖm 414

Thé des écrivains #1 – Présentation de nouveautés (entre autres de la collection Bruxelles se conte)

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DAY #0 – MERCREDI 14 MAI 2014
19h Bar L’Amère à Boire – Ixelles
(Rue Belvédèrestraat 8)
Soirée de prélancement du fiEstival avec Lucien Suel (FR), Kathleen Lor (BE), Maxime Coton (BE), Fabrice Caravaca (FR), Tom Nisse (LU), Frédérique Soumagne (FR), Pierre Guéry (FR), Marc Perrin (FR)

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DAY #1
JEUDI 15 MAI 2014 à 19h30
LA DANSE DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

Cinq créations originales, réalisées par des artistes et poètes internationaux…

19h30 > Derviche Caravane (salle 1900)
Dans la plus belle tradition soufi, une compagnie française de Derviches tourneurs accompagnera par des mouvements et des danses la musique et les chants de Nail Dédé Kesova (TU), maître derviche provenant de Turquie, qui nous interprètera également des poèmes du fondateur des derviches tourneurs : le poète Djalâl ad-Dîn Rûmî.

20h20 > Lectures et performances multimédias – 1ère partie (salle Agénor)
Avec Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA) et le projet Mapuetos dans une revisitation très personnelle du « Cantique des cantiques » (texte, sons, vidéo) ; Christine Aventin (BE) et Milady Renoir (BE) nous feront percevoir la « Potentia Gaudendi », une mise en voix et en corps, une interrogation de la présence comme présence à soi…

21h40 > Lectures et performances multimédias – 2e partie (Salle 1900)
Création multimédia (texte, vidéo, musique) de l’artiste Phabrice Petitdemange (FR) et de sa partenaire Clémentine Poquet (BE).

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DAY #2
VENDREDI 16 MAI 2014 à 19h30
LES CHANTS DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

19h30 > Musique des pierres : une performance étonnante et hypnotisante avec Tony di Napoli (BE) et Le Quan Ninh (FR). Alors que le premier, par frottement joue de la pierre calcaire de Vinalmont, produisant des sons sinusoïdaux, semblant venir des tréfonds de la Terre, le second joue d’une simple grosse caisse, posée à plat, sur laquelle il racle, frappe, frotte, caresse quelques ustensiles (bols, galets, branches, cymbales, polystyrène, pommes de pin), deux, trois mailloches et baguettes et rien d’autre. Le tout produisant une musique, des sons, des ambiances nous amenant à la transe du présent…

20h15 > Les Anges du Bizarre. Un quatuor inédit. Le poète et slameur Dominique Massaut (BE), invite ses amis bretons Bruno Geneste (FR) et la mime Isabelle Moing (FR) – poètes chtoniens s’il en est – et la poétesse estonienne Lembe Lokk (EST), à faire surgir de la terre la question du présent et de la présence….

21h00 > Eco-Vortex. La compagnie de danse italienne Nervi Tesi, avec la danseuse et chorégraphe Carla Rizzu (IT), la danseuse Eva Campanaro (IT) ainsi que le comédien Christian Amadori (IT) nous portent à nous questionner sur la problématique environnementale (déchets et recyclage) en évoquant le fameux tourbillon de matière plastique se trouvant dans l’océan pacifique, à travers la danse, la poésie et la musique.

21h30 > Andrea Allulli (IT) et Andrea Angelucci (IT) nous donneront à entendre pour la toute première fois un extrait du répertoire de chansons d’Andrea Allulli. (Une exclusivité du Fiestival).

21h50 > Les Terres de Nod. En partant de l’imaginaire des Terres de Nod, terres où Caïn aurait été exilé selon la Genèse… Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT) et David Giannoni (BE-IT) nous emmèneront dans un paysage sonore, musicale et poétique qui flirte avec le mythe, interrogeant par ce biais-là la question du présent…

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DAY #3
SAMEDI 17 MAI 2014 à partir de 16h00
RECONCILING
Lectures, Performances, Buffet, Micro Ouvert
Dans tout l’Espace Senghor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

Le samedi est LE jour du rassemblement annuel rituel… Où toutes les activités deviennent moins formelles, où les publics se croisent et où les artistes et le public partagent tout : le temps, la poésie, la nourriture, et une Jam finale…

16h00 > Thé des Ecrivains #2 et Lectures Première partie, ici du Thé des écrivains, qui se prolonge le lendemain, dimanche à 16h. Ici, un espace-temps pour la rencontre d’auteurs publiés par maelstrÖm autour de leurs nouveautés et la découverte par la lecture d’extraits, de leurs textes… Dans ce premier Thé des écrivains, d’ailleurs, tous les livres ont en commun d’être des livres illustrés ou bien travaillés avec un artiste plasticien ! Avec Thierry Van Roy (BE), pour Sibérie noire (textes et photos), Paul Emond (BE) et Maja Polackova (BE) pour Les aventures de Mordicus (petites histoires et collages), Soline de Laveleye (BE) et Dominique Maes (BE) pour Les phrases de la mâcheuse (contes et dessins).

18h00 > VUAZ – performance de Vincent Tholomé (BE) et Xavier Dubois, guitare (BE) dans les jardins de l’Espace Senghor

18h30 > Banquet poÉthique et musical… Buffet préparé par l’équipe de maelstrÖm et par les artistes et poètes invités. Un grand classique désormais et un moment de convivialité.

20h00 > 0h00 Méga Jam Finale…
Lancée par une grande performance… La Jam sera introduite par un set de lectures et musiques par la grande poétesse Anne Waldman (USA), son fils Ambrose Bye (USA) au synthé et le grand guitariste Thurston Moore (USA), cofondateur du groupe Sonic Youth !
La Jam s’ouvrira ensuite également au public, par inscription sur place ! Avec accompagnement musical par la Troupe Poétique Nomade ainsi qu’une performance "Opération perte totale" avec Antoine Boute et Madely Schott!

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DAY #4
DIMANCHE 18 MAI 2014 à partir de 16h
Thé des Écrivains #2 et Concert-performance de clôture
Piétonnier Place Jourdan et Salle 1900
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€

16h00 > Thé des Écrivains #3 et Lectures à voix haute
Nous poursuivons donc avec les échanges entre publics et auteurs sur leur pratique d’écriture, sur leurs nouvelles parutions, avec des lectures croisées des livres entre les auteurs eux-mêmes… et tout cela accompagné d’un bon Thé et de quelques délicieuses douceurs… Avec entre autres Anne Versailles (BE) pour son premier roman Viola (éd. L’Arbre à paroles), Maxime Coton (BE) pour son livre L’imparfait des langues (éd. L’Arbre à paroles), Alexis Alvarez (BE) pour son livre Exercices de Chute (Arbre à paroles/IF), David Giannoni (IT-BE) et Sylvie Leroy (BE) pour Contes de Nod (contes et peintures – éd. maelstrÖm)…

18h00 > Concert de clôture : RIPOSTES… (Salle 1900)
Clôture du fiEstival par un concert-performance.
Autour de la guitare de Serge Teyssot-Gay (FR), cofondateur de Noir Désir, Interzones… Michel Bulteau (FR), poète et traducteur des auteurs de la Beat Generation et Krzysztof Styczynski (FR) poète et éditeur, interprètent leurs textes, extrait du livre-disque à paraître prochainement, sur lequel sera également présent Saul Williams : « RIPOSTES » aboutissement d’une longue collaboration élaborée par les Editions Caedere.

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Autres auteurs et artistes présents :
Marc Perrin (FR), Kathleen Lor (BE), Frédérique Soumagne (FR), Fabrice Caravacca (FR), Pierre Guéry (FR), Tom Nisse (LU), Maxime Coton (BE), Antoine Wauters (BE), Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA), Christine Aventin (BE), Milady Renoir (BE), Phabrice Petitdemange (FR), Clémentine Poquet (FR), Dominique Massaut (BE), Paul Sanda (FR), Bruno Geneste (FR), Isabelle Moign (FR), Carla Rizzu (IT), Eva Campanaro (IT), Christian Amadori (IT), Andrea Allulli (IT), Andrea Franchi (IT), David Giannoni (IT-BE), Thierry Van Roy (BE), Paul Emond (BE), Maja Polackova (BE), Soline de Laveleye (BE), Dominique Maes (BE), Xavier Dubois (BE), Anne Versailles (BE), L’Ami Terrien (BE), Benjamin Pottel (BE), Julien Beghain (BE), Vincent Granger (FR), Olivier Dombret (BE), Xavier Dawant (BE), Justine Verschure-Busch (BE), Erwann Demannez (BE)… ainsi que de multiples participants à la JAM du samedi…

… un temps de partage, de rencontres, d’émotions.
P.a.f. : Je, Ve, Sa, Di : 7€ prix plein – 5€ tarif réduit
PASS 3 jours : 25€ (prévente 20€) (permet également l’accès au « Banquet des Auteurs » du samedi 17 mai, ainsi qu’à l’ensemble du programme)
Infos info@fiestival.net – www.fiestival.net – Tél. : 02.230.40.07 – Gsm: +32(0)498.60.72.53
Réservations : Espace Senghor – info@senghor.be – tél. : 02 230 31 40
Et à la boutique maelstrÖm 4 1 4 – 364 chaussée de Wavre – Du mercredi au samedi de 14h à 19h

16 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec le printemps qui arrive cette semaine, c’est le moment de tapiner et de foutre le BoXon avec Julien d’Abrigeon – surtout si comme lui vous pensez que la littérature a existé avant et existera après le livre. Après notre Libr-Net, place aux deux Libr-événements majeurs : le RV Electrochocs et le festival Poema.

 

Libr-Net : le nouveau tapin est arrivé !

Julien d’Abrigeon nous fait savoir qu’il "ne sera pas au salon du livre. Sera dehors. Au salon hors du livre. En extérieur. Ou du moins, pas dans le salon. Dans le couloir du livre, à la cuisine du livre, ou, plus vraisemblablement, aux chiottes. Aux chiottes du livre. Ou dans le jardin du livre. Ou sur la route du livre. Bref. Pas dans le salon en tout cas, j’ai pas de patins. Juste un tapin deux, hors du livre. Sur les autoroutes de l’information du livre. Une voie rapide du livre. Ou un truc dans le genre du livre"…

Et le lancement de ce tapin2 est un véritable événement : Totalementotale Action Poésiepoetrypoesia Internationalementinadmissible et Nouvellenappe v.2.0

Pensez donc, vous y retrouverez – mais plus vraisemblablement compléterez votre collection – la totale de la déjà mémorable revue BoXon (28 numéros et deux CD compris)… Déjà 71 auteurs en ligne qui poétapinent : de D’Abrigeon à Weiter, en passant par Agostini, Blaine, Bobillot, Boute, Braichet, Bret, Cabut, Chaton, Courtoux, Espitallier, Fontana, Hassomeris, Heidsieck, Justamante, Limongi, Manon, Pennequin, Prigent, Quintane, Rabu, Richard (Mathias), Tarkos, Tholomé, Torlini, Vassiliou, Vazquez…

 

Libr-événements

â–º Electrochocs / concert acousmatique / performance sonore : mardi 18 mars 2014 à 19H, Cité de la musique à Marseille (4, rue Bernard du Bois).

* Pauline Parneix
Mirage – 3′ (extrait)
Entre l’illusion et la réalité, il y a un mirage.

* Adeline Debatisse
Monophonisme en E – 3’00
Contrainte de l’OULIPO, un monovocalisme est un lipogramme d’où sont bannies toutes les voyelles, sauf une. Et si on s’intéressait aux sons qui font E ?
EUH ?!? ( …)

* Delphine Fouquou
COSMOS – Etoiles Mortes – 3’00
Si elles ne s’effondrent pas sur elles-mêmes, c’est parce qu’elles sont chaudes.

* Nicolas Lebar
Étude aux mouvements – 3’00
L’auditeur est entouré de choses variées qui passent autour de lui.

* Jérémie Bourgeois
Tromploreï – 3’33
Et c’est demi-rage son or, il eut Zionzo’ dit Yves Fata Morgana…

* Jérémie dessertine
Duvaldor – 6’30
"L’immersion dans le sommeil, c’est le moment où le sur-moi, le douanier dort. C’est ce douanier qui fait le tri dans la zone subconsciente entre ce qui peut affleurer à la conscience et ce qui, trop chargé d’affect, trop douloureux, trop immoral, ne peut franchir ces filets. Le sommeil est la meilleure hypnose, tous les souvenirs émergent tels des chevaux sauvages, jusqu’aux souvenirs archaïques de la petite enfance.
Je trouve que les sons se prêtent bien à ce sentiment de "conscience libre". Voici la cartographie d’une conscience, libre à vous d’y cheminer à votre gré.
J’assume et ajoute que toute œuvre porte le poids de sa propre psychanalyse, on n’y échappe pas !"

* François Wong
En attendant la guerre – 6′
J’attends. Une guitare à la main.
Autour du poème "La grande guerre" de Nicolas Bouvier.

* Pauline Gervais
À quoi tu joues ? – 3′
Le dé dans la main droite, les cartes dans la main gauche… et la mécanique du jeu se met en place.

* Laura Vazquez
Minute – 2’00
Autour du silence.

* Sand, Terra incognita (vidéo sonore) – 4’16
"Qu’est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l’existence des corps dans l’espace , et à leur mouvement. Mais n’y aurait-il point de temps s’il n’y avait pas de mouvement? Point de mouvement s’il n’y avait pas de temps? (…) Le temps est-il fonction de l’espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l’un à l’autre? (…) Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. "A présent" n’est pas "autrefois", "ici" n’est pas "là-bas", car entre les deux il y a mouvement. Mais comme le mouvement par lequel on mesure le temps est circulaire, refermé sur lui-même, c’est un mouvement et un changement qui l’on pourrait aussi bien qualifier de repos et d’immobilité; car l’"alors" se répète sans cesse dans l’"à présent", le "là-bas" dans l’ "ici"." (Extrait tiré du roman La montagne magique de Thomas Mann).

* Laurence Grobet
Chimes – 7′
Inspirée par le bazar des sons estampillés Nature et Découverte, j’ai choisi d’entrer dans la danse en jouant avec les résonances hypnotiques d’un carillon pour ouvrir dans un deuxième temps un espace méditatif d’un genre nouveau qui pourrait s’intituler Fake Fengshui Music.

* Jean-Henry Ferrasse
Extrait la porte close – 2’05
Si vous entrez, n’abandonnez pas toute espérance.

* Laure Latronche
De l’eau sous les ponts – 4’30
Avec la participation de Laurence Grobet, in et out.
Depuis la nuit des temps l’Homme n’a cessé de s’interroger sur son devenir.
La parole des Femmes aujourd’hui forme une matière intense.
L’eau n’a pas finit de couler sous les ponts.
Je travaille depuis quelques années sur la manière dont la voix, les mots, le langage humain peuvent faire alliance avec des sons fabriqués par la magie de l’abstraction électroacoustique.
Dans le langage humain, je m’intéresse à ce qui se loge en creux, dans les suspends, les tics de langage et la manière dont l’esprit, la pensée joue au prestidigitateur entre deux jaillissements de mots. En amputant le discours de son contenu sémantique, subsiste le résidu de langage qui devient la matière même de cette composition sonore. Je provoque ainsi des déviations auditives vers les non-lieux du discours, que je télescope avec des montages hybrides, des chimères sonores et quelques nappes en circonvolution qui sont autant de chemins se perdant dans la nature infinie de la pensée humaine. La voix des femmes est à mes yeux aujourd’hui essentielle dans le jaillissement d’une liberté de parole acquise depuis peu. Les profondes amputations que je fais subir à cette voix de femme, m’évertuant vainement à la rendre anecdotique, n’en révèlent que la force profonde posée sur le chaos du monde.
Laurence Grobet, comédienne et personnage principal de cette pièce, intervient parfois en direct et au milieu du public lors de la diffusion.

* Clara de Asís
Pêche de nuit – 4’00
Introduction.
En cours de composition.

* Gérard Ninauve
À la manière de "François Bayle: Jeîta" – 2’48

* Jeîta, ou murmure des eaux
L’oeuvre originale de François Bayle est inspirée des grottes de Jeîta, près de Beyrouth (Liban). Lors du concert inaugural pour l’ouverture des grottes au public, le 11 janvier 1969, fut joué Nadir, première version de Jeîta, pour ensemble et bandes.
Jeîta, ou murmure des eaux, est une suite concrète composée pour le disque, à partir de sons naturels de la grotte.
A la manière de "F. Bayle: Jeita" est un essai didactique de reproduire l’œuvre à partir de son étude, un peu comme font les peintres en recopiant les tableaux des grands maîtres.

* Laure Latronche
Marge – 03’00
Cette pièce est une extension vocale sur partition graphique de la pièce électroacoustique "De l’eau sous les ponts".

* Clara de Asís et Laura Vazquez
Maintenant le chevalier (Guitare préparée et voix) – 7’00
Maintenant le chevalier est une lecture performée avec guitare préparée, qui naît de la volonté d’exploration du processus d’écriture compositionnelle de deux champs connexes : la création textuelle et la création sonore. À partir de l’idée de variation de la langue dans l’acte de performation poétique en interaction avec les sonorités plurielles de la guitare préparée, nous interpréterons cette pièce dans la totale interdépendance des supports acoustiques et phoniques. Considérant les substrats de la langue poétique sonore : le souffle, l’intensité du son de la voix, les rythmiques phonatoires, etc., comme autant d’éléments sémantiques intégrables et nécessaires à la création sonore.

 

â–º POEMA-festival réunit comme partenaires : le CCAM – Scène Nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy, l’Université de Lorraine et la librairie L’Autre Rive à Nancy.

Jeudi 27 mars :
Librairie L’Autre Rive, Nancy
18h30 / Lecture de Dominique Maurizi et de Marie Huot
à l’invitation des éditions Isolato

Vendredi 28 mars :
Faculté de lettres de Nancy
14h30 / Table ronde "Existe-t-il une poésie de plateau ?", organisée en partenariat avec l’Université de Lorraine.
Il semble acquis, pour le monde du théâtre contemporain et de la presse culturelle, qu’il existe une catégorie de spectacles que l’on peut qualifier de « poétiques ». Qu’est-ce au juste que ce « poétique » ? Un raccourci commode ? Une véritable catégorie esthétique ? La manifestation d’un usage particulier des signes scéniques, que l’on pourrait nommer « poésie de plateau » ?

Animée par : Yannick Hoffert et Florence Fix
Intervenants : Marie-Noëlle Brun – metteur en scène…, Estelle Charles – metteur en scène, Aurore Gruel – danseuse et chorégraphe, Fred Parison – plasticien et scénographe, Valérie Suss et, journaliste

CCAM – sc ène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy
19h / Lecture de Charles Pennequin
20h30 / Fo Biné de Jean Dubuffet
compagnie Le Théâtre 27

Samedi 29 mars :

11h / Lecture de Sébastien Lespinasse suivie d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Poésie en questions"
Cette rencontre vise à déchiffrer le paysage de la poésie contemporaine, à ouvrir des pistes et tracer des lignes d’horizons propres à témoigner de l’éclectisme des pratiques et des formes poétiques actuelles.

Animée par : Frank Smith, écrivain et producteur d’émissions radiophoniques

Intervenants :
Claude Ber, poète et dramaturge
Jean-Pierre Bobillot, poète et maître de conférences à l’Université de Grenoble
Christian Prigent, poète, romancier et critique littéraire

16h30 / Lecture de Anne Kawala
suivie de la commande POEMA à Aurore Gruel, Amandine Truffy et Emilie Weber
18h30 / Lecture de Frank Smith
20h30 / Lecture à deux voix de Christian Prigent et Vanda Benes suivie de la commande POEMA à Loris Binot et Denis Jousselin
22h30 / Lecture-performance de Sebastian Dicenaire

Dimanche 30 mars :

11h / Lecture performée de Lucien Suel et lecture de Bernard Noël, suivies d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Diffuser la poésie aujourd’hui"
De l’édition traditionnelle à la publication en revue, de la médiation à l’événement culturel, de la poésie écrite à la poésie performée, quelles sont aujourd’hui les voies offertes à la poésie pour exister, accéder à la visibilité et aller à la rencontre du public ?

Animée par : Anne Cousseau, maître de conférences à l’Université de Lorraine

Intervenants :
Magali Brazil, directrice de la Maison de la Poésie de Nantes
Yves di Manno, poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion
Frédéric Jaffrennou, éditeur (éditions Isolato) et libraire
Jean-François mani er, éditeur (Cheyne éditeur), ainsi qu’un représentant du C.N.L. (Centre National du Livre)
17h / Lecture de Cécile Mainardi
suivie de la commande POEMA à Jean-Philippe Gross , Romain Henry et Lætitia Pitz
Entrée libre pour la librairie L’Autre Rive

Du 28 au 30 mars au CCAM : pass week-end 3 jours : 30€ tarif plein / 20€ tarif réduit ou, chaque jour, entrée payante à partir de 16h30 / de 4 à 13€.

22 février 2014

[Création] Thomas Déjeammes/Lucien Suel, Dreamdrum 14

Formidable Dreamdrum 14 avec le texte formellement déjanté de Lucien Suel pour accompagner la photo grattée de Thomas Déjeammes. [Voir/lire Dreamdrum 13]

 

 

 

Bam bam bam bibi. No no. No bibi bam. Please.
Bam bi no bambino. Gratt’ ta mandorle in & off.
Caisse caisse. Tu fais quoi. Tu fais un trou. En corps.
Taupe ici taupe là. Encore molle. Encore skin au top.

Rasé à croc. Rasé à cran. Chien la crampe. Gare tes glyphes.
Hier & aujourd’hui. Héros in & off. Tiens la rampe. Schéma Hiro & Fucki.
Ta volupté de puissance avec heil de guerre dans les escaliers. Elle revient de suite.
Concierge de communion qui spérimente fritefrotting. Fritefrappe. Rauqueraque. Frite feu king size.

Ici & là cloaque touffu. Cloaque on pue. Astique artiste académique endémique acarien. Stink tank nova.
Couac on. Couac hongre. Couac kong. Couac on pense. Couac on bouffe. Couac on goûte. Couac ou couic. Hic. Hop.
Couac on s’pique s’glisse. English speaker délice spoken word. Bird is a word.
Lire & crir with des mots carrés four à quatre.

DRUM+WHAT+EVER+YOUR ++++ KING+SIZE+KONG+TANK+
HERE+BIBI+FAIS+TROU ++++ SKIN+RASE+CROC+CRAN+
GARE+HIER+HIRO+HEIL ++++ NOVA+WORD+BIRD+PUNK+
BABA+JAZZ+ETAT+CACA ++++ PORC+SHIT+FUME+FUCK+

VICE+ARME+VITE+PLUS ++++ MORT+COSY+BOUM+DADA+
STOP+FOUR+STAR+ZERO ++++ PAPA+LOTO+VEAU+SEXY+
AMAS+GRAS+ROCK+CIEL ++++ KALI+CHOC+BLOC+SOLO+
LOVE+LUNE+VRAI+FAUX ++++ DIEU+TRIP+STYX+AMEN+

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