Libr-critique

4 septembre 2006

[texte] Cracher dans la soupe, Antoine Boute

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Cracher dans la soupe [extrait] Antoine Boute

cracher la cruauté le sein de mes amies est à arracher ventre à terre

croûtes à l’affût de barbituriques à l’aisselle le sang menstruel participe 
de violences à famines tout le long du sursis la cruauté même de dire 
oui de dire oui je vais boire ça le liquide pâte même où je crache

processus de déssalinisation de la langue à l’œil oui mais le fric 
dans l’aine de mes amies les filles les filles putes ont pris possession de ça

la cervelle et l’œil le ventre la peau de mon nez j’ai une pute au cerveau

et dans l’oeil également la gorge s’en mêle dédales de viande parcourir 
des plaines et des plaines en compagnie d’amazones sein arraché 
à boire leur sang dans des coupes je crache au liquide bois le liquide

et je dis tiens coupe ta paume regarde-moi et laisse-moi te couper la 
paume et elle également qui me coupe la paume la cuisse du sang essaie

sida qui te prend à être faible tout faible et entier pâle l’aorte gambade

le sexuel timide se met à bouger frotter les berges les berges les corps 
des autres affine la coupe durcie attends-toi pas à ce que pour toi 
le sang coagule gangrène imminente du pénis c’est triste de voir ça 
je suis explosé de cruel débile nage à la manière de pissées viandes et 
couches d’orties constamment constamment la défonce du cèdre 
au cerveau cavaler aux plaines cavaler cavaler aux plaines abdiquer

la violence fait se barbouiller la face jusque loin tu vois la résistance 
de l’os là au fond du corps bouffi de l’autre où tu plonges toi là ta fête à toi

la fête c’est la fête la fête toute vraie moi je dis et la pisse à l’œil pisse

c’est quoi de plus cruel macaque que de se pisser rire dévorer blanc

s’arque alors vas-y arque arque-toi le dos vas-y arque-toi le dos on voit

comment les corps se mettent en cascade les palourdes à l’étron le menu 
frotti-frotta mes amies sont toutes guêpes des guêpes à les cuisses le 
sanguin s’infecte je te dis de bouffer alors bouffe je crache nous crachons 
à la bouche lèvre ou bien l’œil de l’autre l’autrui de la gorge duquel

gorge duquel mettre se mettre rancart rendez-vous technique sablé 
avec orties cruelles ta gueule cruelle la défroque est tordue à nos peaux 
la défroque maintient l’aine elle bien basse je te jure ces filles tordent

elles brassent l’obscénité même avec entendement l’agir sang j’aime sang 
j’aime c’est quoi le pli entre menstrues guêpes les orties et cette paume là

l’eau déchargée de douleur ou l’autre d’entre elles l’eau monte ici

le charisme en chemin se faire foutre de lumière le feu roucoule 
ou croupit au ventre le feu décharge aux culs chacun sa lessive je bouffe 
les draps les viandes je mange avale j’affectionne de mâcher les entrailles

l’odeur de l’autre pet destruction l’œil cadavre chargé de plaire je plais 
je fais plaire mes amies plaisent et bouffent se font bouffer ça suffit 
non ça suffit pas c’est pas non c’est pas assez c’est pas assez elles pissent 
le rire est aveugle sarclé haut bicoque triviale à se mettre là nez 
groin à l’os de l’autre en tant qu’autre diction de viande en bouche 
j’ai mis la farce à faisander ton pli de peaux là vulve qui parle frotte

les filles et la guerre filles et la gorge la peste et l’occident le citron tord

je mords aux lèvres qui se mettent à parler je frotte ma technique à la 
glaise souches molles de la débandade calculée des coups à prendre des 
avals de liquide le pus se forme à nos paumes que tu coupes nous 
coupons les plissures il s’agit de savoir tendre le ventre la cuisse écarte

et le fric écarte le fric écarte il y a vilaine et fureur à pisser c’est doux 
là contre toi ma peau ta peau tiède mi-tiède ton odeur graisse l’air

la graisse de l’air n’est pas ce qui sèche le pli le pli ne sèche pas crache 
toi là contre aine et bordels tics occasionnels à se foutre par terre en bas 
grosse tache de sang menstrues asséchées ça y est les amazones au pays

15 août 2006

[revue] revue QQ n°1

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Revue QQ n°1 94 pages (revue non paginée), 5 €.
Commande : 16 boulevard de Belfort 59 000 Lille.

4ème de couverture :
Prétention d’édition effectuée le mardi six juin deux mille six de neuf heures à dix heures trente minutes par Ariane Bart, avec des textes écrits par Ariane Bart, Antoine Boute, Lucille Calmel et Charles Pennequin sur la liste de diffusion « cu_cu_clan »

Impressions :
Cela travaillait cette liste de diffusion. Depuis un certain temps se posait la question de la publication de la textualité immanente de cette liste où se déversent aussi bien les retours-détour-retors réflexifs de Lucille Calmel, les injonctions énervées de Charles Pennequin, les délires post-lettristes d’Ariane Bart ou les textualités réticulaires d’Antoine Boute. Voilà, c’est publié.
Que peut-on lire dans cette copieuse revue ?
Tout d’abord, un type de relations linguistiques qui est permis par le net et qui s’est ouvert par son biais. Même s’il est vrai que le texte de Thth publié par Camera Animales rend davantage cette dynamique réactive, du fait de l’inventivité idiolectale constante qui est la sienne et de la conjonction permanente à une actualité dans laquelle il est immergé. De fait, la revue QQ, peut paraître décevante de ce point de vue, même si apparaissent des passages complets d’échange web.
Ensuite, des expériences littéraires reliées à la spécificité de chaque intervenant. C’est en ce sens que nous pouvons y lire la mystérieuse Ariane Bart, dont la textualité n’est pas sans rappeler certains textes d’Antoine Boute dans le numéro 13 de OUSTE. De là à penser qu’ils ne font qu’un, voilà un pas que je suis prêt à franchir. De même que nous pouvons y saisir à la volée les textes précipités de Pennequin.
Dans l’ensemble cette revue, qui se place dans l’auto-dérision et qui avoue sa donation dérisoire, permet de passer un moment amusant.

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