Libr-critique

30 décembre 2007

[décès] En mémoire de Josée Lapeyrère

Filed under: entretiens,News,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 15:10

C’est par Florence Trocmé, sur Poézibao que nous apprenons cette nouvelle (découvrir sa bibliographie sur Poezibao]. Je n’en dirai guère plus, laissant la place à ce film que j’avais réalisé avec elle fin octobre à Limoges. Hortense et moi nous l’aimions beaucoup.

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28 décembre 2007

[Chronique] Suzanne Doppelt, Le Monde est beau, il est rond

Suzanne Doppelt, Le Monde est beau, il est rond, 12 créations prévues pour le printemps 2008, inventaire-invention.com ; sortie en volume aux éditions Inventaire/Invention : septembre 2008.

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26 décembre 2007

[Livre] L’ombre des mots qui n’ont pas d’ombre de Jean-Paul Chague

Jean-Paul Chague, L’ombre des mots qui n’ont pas d’ombre, ed. de L’attente/Contre-Pied, 90 p. // ISBN : 978-2-914688-64-2 // Prix : 7€ 60 // [site de l’éditeur]

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22 décembre 2007

[Livre] Serviles Servants de Tarik Noui

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Philippe Boisnard @ 10:34

Tarik Noui, Serviles Servantes, éditions Léo Scheer, collection Laureli, 175 p. // ISBN : 978-2-7561-0088-3 // pris : 16 € [site de l’éditeur]

[4ème de couverture]
Mars 2003. La guerre en Irak occupe tous les écrans. Brando est une masse surhumaine, monstrueuse, qui ingurgite toutes les informations, toutes les fictions retransmises par la télévision dans une omniscience tragique et lucide. Un tas de graisse sublime et repoussant, relié à des machines, corps inerte en expansion dont le seul mouvement réside dans les pupilles se déplaçant d’images en images. Comme le Colonel Kurz d’Apocalyse Now, Brando (le personnage éponyme de Tarik Noui) est entouré d’une bande dévouée à sa cause et à sa protection. La plus fidèle, l’énigmatique Nunca Velàsquez, quasi fantôme, beauté malade, va, à sa demande, trouver un acteur de seconde zone dans le quartier des grands drogués pour lui demander d’incarner le rôle de Willard. Celui dont la mission est d’éliminer Brando, devenu incontrôlable et dont la folie frôle l’accession au divin. À travers le prisme de la drogue, Willard, qui ne se souvient même plus de son vrai nom (à supposer qu’il en ait un) se retrouve entraîné dans cette incroyable histoire d’agonie qui est aussi, pour lui, acceptation de son destin. Celui du bourreau qui n’est qu’instrument, révélateur de l’horreur de la guerre. Et qui n’en reste pas moins tragiquement humain.

Tarik Noui crée un roman qui plonge le lecteur dans un monde entre fiction et réalité. Il invente la parabole fascinante d’une histoire dont nous sommes les éterels "serviles servants" : un monde de spectacle violent où nul n’est épargné. Mais la beauté réside aussi dans les flammes qui détruisent

[Chronique]
La scène qu’initie Tarik Noui se situe en temps de guerre. De cette guerre née en mars 2003, et qui n’est toujours pas finie. Ce livre est une scène au sens où, il serait possible de le définir non pas comme un roman, mais comme une pièce de théâtre, pouvant être représentée sur scène. D’ailleurs je ne doute pas que ce travail soit prochainement repris par une compagnie pour êre monté, tellement, tant dans la langue, que dans l’intrigue, cette oeuvre témoigne d’une réelle puissance.
A première vue donc nous sommes dans une suite de monologues, en temps de guerre. Toutefois, si la guerre est omni-présente tout au long du texte, notamment et surtout par le biais du personnage Marlon Brando, celle-ci prend sa consistance à travers la relation et l’intrigue qui lient les trois personnages : Nunca Velazquez, Willard et Marlon Brando.

Serviles servants commencent par un prologue qui donne en quelque sorte la clé de l’ensemble. Ce prologue qui situe l’action durant les évènements de mars 2003, et l’entrée en guerre des Etats-Unis face à l’Irak, ouvre à la question de ce qu’est le témoignage, de savoir en quel sens est-il possible de témoigner de ce qui a (eu) lieu, sachant que ce que l’on appelle l’Histoire, n’est aucunement une réalité donnée, mais une réalité construite. "L’histoire débute simplement par un mensonge parce que ce n’est qu’une histoire" [p.8]. Cette histoire qui débute par un mensonge, celui certainement des Etats-Unis, mais surtout on va le découvrir, celui qui unira le trio des personnages, est ce qui justement ne pourra être saisi que dans le mouvement de la fiction elle-même. Comment témoigner de ce qui pour être ne se donne que dans le faux semblant ? Est-ce que le faux-semblant, l’arte fact (la fiction) peut devenir le lieu même d’une possibilité de dire ce qui a eu réellement lieu ? Voilà, l’enjeu de ce prologue : énoncer la nécessité d’un dire remettant en cause le mensonge de l’Histoire, mais non pas un dire objectif, mais un dire qui lui-même joue le jeu de la fiction, "nous sommes les serviles servants d’une Histoire qui finit comme un drapeau en berne. Parce qu’à un moment ou un autre, il y aura toujours quelqu’un pour dire : "Ceci n’a jamais eu lieu". En ce sens, en écho de Primo Levi et de son dernier livre avant son suicide, Naufragés et rescapés, Tarik Noui pose cette question du rapport de tension enre la réécriture de l’histoire (son oubli) et la possibilité de témoigner de celle-ci. Primo-Levi, avait répondu à cette question dans Si c’est un homme, au milieu même du livre, par la question du témoignage homérique et de sa traduction.

La question du témoignage est ce qui hante donc le livre, chaque monologue pourrait même être pensé, notamment du fait de la présentation des personnages [pp.11-19], comme un témoignage judiciaire. Mais une autre détermination du témoignage arrive d’emblée. Nunca Velazquez, qui est la première à apparaître, qui est la servante de Marlon Brando, étrangement (est-ce que Tarik Noui y a pensé ?) entre en relation avec Hamlet de Shakespeare. En quel sens ?

Je suis Nunca Velazquez, et je suis au service de Brando. Et même si vous allez lire d’autres voix qui disent "je", sachez qu’il n’y en a qu’une de valable, la mienne.
Pourquoi ?
Parce que je suis celle qui partira en dernier.
Voilà pourquoi il faut me croire. Ceux qui partent en dernier ont toujours raison.

Horatio, dans la pièce de Shakespeare, est le seul personnage à survivre de la suite de morts qui signe la tragédie. Le seul, pour une unique raison, l’Histoire doit être racontée. Nunca est la servante, docile à l’histoire, et nécessaire pour qu’elle soit racontée. Mais ce témoignage, qui sera celui de cette histoire étrange entre Willard et Brando, est en parallèle d’un autre témoignage, celui des écrans de télévision qui déversent 24H/24, face aux yeux des six milliards d’homme, la réalité filmée de la guerre.
Tout le jeu du livre se place dans cette tension entre d’un côté le témoignage de l’intrigue tenu surtout par Nunca et de l’autre le témoignage du devenir du monde par la télévision. Tension entre l’histoire intime et la macro-histoire. Tension entre deux ordres de fiction : celle du jeu qui amène Brando à commanditer son meurtre par son double ressucité dans un junkie, et de l’autre celle de cette construction quasi-irréelle de la guerre. La force du travail de Tarik Noui se pose là, la fiction des personnages devenant le lieu d’une fiction révélante pour la guerre, la guerre se constituant à travers ce qui va déterminer cette tragédie menant à la mort de Brando.

Celui qui expose le plus la guerre d’Irak est Brando, retiré, à l’image de Kurtz dans Apocalypse Now. Il est lui-même et son double, et demande de rejouer l’intrigue de Francis Ford Coppola. Son regard est celui du décrypteur d’image, de celui qui toute la journée est face aux écrans, cette "matrice à images" qui "marche à plein régime" [p.27], où le sens est perdu par la profusion ("la caméra", "pivot dépeuplé de sens car il y en a trop et partout à la fois" [p.35]), car "que Dieu le veuille ou non, la nouvelle Babel se construira dans l’image et non dans les mots" [p.48]. Cette guerre qu’il expose est donc dédoublé en cette autre guerre, dont il incarna la brutalité en tant que Kurtz.

Jeu du réel et de son ombre. Willard devant assassiner Kurtz, découvrait, non pas l’autre de l’Amérique, mais le fruit même de cette Amérique en guerre. Brando retiré du monde, redevient dans ce jeu de Serviles servants, cette image dédoublée de la guerre de l’Amérique, mais cette fois-ci non pas de la réalité de la guerre, point où se situait Apocalypse now, mais de cette guerre médiatisée, de cette guerre moderne. Ici, il faut noter le déplacement au niveau de la fiction. On ne témoigne pas de la réalité de la guerre, car l’événement n’aura pas eu lieu, ni même n’aura pu être intuitionné tellement il y a eu d’images, mais on témoigne de la réalité intermédiée de la guerre, à savoir de la constitution de la construction de la réalité par l’ordre médiatique : "La télé, c’est le compost du réel. Du fumier qui aide à vivre. La télé, c’est la chapelle Sixtine de notre siècle" [p.51].

Serviles servants est donc un livre à découvrir, non seulement du fait de cette intrigue portant sur la mémoire et la tension entre monde et destin intime, mais aussi pour sa langue. Car, disons le pour finir, Tarik Noui est un réel inventeur d’image et d’expression se sourçant dans notre monde contemporain. Langage à la fois simple, très accessible, et faisant apparaître souvent des expressions justes, et percutantes, car "le monde ressemble intimement aux gueules qu’n croise tous les jours" [p.171]

21 décembre 2007

[News] Le retour d’Al dante…

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 10:03

  Après avoir marqué l’histoire de l’édition et de la littérature pendant dix ans (1996-2006) pour avoir réussi à imposer, non pas une école, mais de nouvelles écritures, Al dante ressuscite (il n’y a pas d’autre mot !) : grâce à un mécène-artiste, Ruddy Ricciotti, Laurent Cauwet est en mesure de poursuivre son travail sur les relations entre écriture et "nouvelles oralités", sa rénovation de l’objet littéraire au moyen de nouveaux supports.

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19 décembre 2007

[entretien] Alain Jugnon, de La soeur des anges à Contr’Un

Filed under: entretiens,UNE — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 7:56

[Entretien avec Alain Jugnon, qui dirige la revue Contr’Un dont nous avons parlé ici-même il y a peu. Cet entretien vise à comprendre non seulement l’articulation entre La soeur des anges qu’il a codirigé avec Matthieu Baumier et Contr’Un, mais aussi en quel sens il y aurait une forme de nécessité à la revue philosophico-politique en cette période, à l’instar d’autres revues, auquel d’ailleurs il participe comme Lignes qui a fêté ses vingt ans.]

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18 décembre 2007

[DVD] Le 17 à 17 H de Olivier Bosson

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 12:44

Olivier Bosson, Le 17 à 17H, DVD, éditions Vidéoformes, [durée 20 mn]. Avec Les Spécimens : Jean-Jacques Dellus, Jean-Marc Lugné, Florence Masure, Emmanuelle Pireyre, Marie Rousset.//  Prix : 15 € // [site de l’éditeur] + [site de l’auteur]

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13 décembre 2007

[Livre-CD] Conte de F___ de Thomas Braichet

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 9:42

  Thomas Braichet, Conte de F____ ,  avec un CD-audio, éditions POL, 77 p. // ISBN : 978-2-84682-161-2 // Prix : 18 €. [site de l’éditeur]

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11 décembre 2007

[texte] Extrait de Irritation de Bernard Desportes (en librairie le 8 Janvier)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 10:42

  [Ayant reçu le Service Presse de Irritation, le prochain livre de Bernard Desportes (le découvrir ici + entretien avec Fabrice Thumerel), qui sortira le 8 janvier 2008 chez Fayard, je ne peux m’empêcher de vous donner à lire un court extrait de ce texte, qui en abyme, pose la question même de la littérature et de la vie, et de la tension qui lie celui qui écrit à cet autre, là, le lecteur qui n’est pas encore défini. Nous reviendrons Fabrice Thumerel et moi-même longuement sur ce livre, au sens où en parallèle sortira les actes du colloque Desportes, publié par l’Université d’Artois]

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10 décembre 2007

[Essai] Poésies expérimentales, Zones numériques, de Jacques Donguy

  Jacques Donguy, Poésies expérimentales — Zones numériques, (1953-2007), éditions Les Presses du réel, ADLM, 400 p. ISBN : 978-2-84066-202-0. Prix 30 €. [site des éditions]

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9 décembre 2007

NO COMMENT

Filed under: News,UNE — rédaction @ 11:21

NO COMMENT

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7 décembre 2007

[Vidéo] Entretien avec Laure Limongi : 2nde partie la collection Laureli

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 7:39

[2nde partie de l’enretien avec Laure Limongi. Cette partie concerne la rencontre avec Léo Scheer et la création de la collection Laureli. Laure Limongi explique sa rencontre avec Hélène Bessette, mais aussi son travail d’éditrice. ]

6 décembre 2007

[Revue + chronique] Contr’UN n°1

Contr’Un, La revue des individus au carré, revue annuelle n°1, Marx, Jouffroy, Novalis, Machiavel, ed. Le grand souffle, 222 p. // ISBN : 978-2-916492-40-7 17,5 € // [site des éditions]

[4ème de couverture]
"La singularité est par essence nomade, mobile, toujours susceptble de modifier sa position sur la carte. Nomade, la singularité est libre de ses mouvements puisque, étant à égale distance des autres, aucune affinité ne préexiste qui serait susceptible de déterminer a priori l’agencement dans un sens ou dans l’autre. Il en résulte que toute multiplicité est frappée en son coeur même du sceau de la contingence : sa forme n’est guère nécessaire, mais résulte de l’agencement spontané et toujours modifiable des singuarités. Chaque multiplicité pourrait ainsi être pensée comme un Sahara, dont la carte serait, toujours à refaire au gré des sables…" Mireille Buydens, Sahara, l’esthétique de Gilles Deleuze.

Contr’un, comme un sahara, fait jouer aux singularités la carte de la multiplicité.
Toujours refaire la carte au gré des sables qui la constituent.
Le carré distribue les cartes du jeu en cours. Juxtapositions.
Le gué découvre la donne pour quelques parties possibles, individuations.
La partie individuo-logiques forge le coeur vivant des individualismes en jeu. Manifestations.

"Il est temps de brancher toutes les pensées les unes sur les autres"
Alain Jouffroy

[Présentation]
[Cette présentation sera suivie d’un entretien avec Alain Jugnon, que nous publierons prochainement]
Les premières pages font immédiatement écho à la citation de Mireille Buydens qui concerne Deleuze. Après des exergues de Cioran, Philippe Lacoue-Labarthe ou Antonin Artaud, un texte signé d’Alain Jouffroy et d’Alain Jugnon, vient offrir un horizon à la revue : la question de la constitution de l’individu, comme force de résistance : "tout individu peut apporter un trouble, une inquiétude, une joie, une ouverture inattendue sur tout".
Cette revue se donne comme un lieu d’ouverture et de résistance, non pas en vue d’une communauté, d’un collectif ou d’une contre-idologie,mais dans l’agencement éphémère de ses textes. Alain Jugnon qui la dirige, poursuit là, en quelque sorte, ce qu’il avait initié, chez le même éditeur : 22 avril, ceux qui préfèrent ne pas. Ainsi il écrit : "la revue Conr’un aime les individus libres : elle prend le titre qui lui faut pour donner de l’espace et du jeu à la liberté individuelle. Elle respire et vit son opposition radicale aux faux-monnayeurs, marchands de l’un, de l’unique, de l’unicité, contempteurs du corps et de la vie elle-même".
Les quatre auteurs choisis ne sont pas alors anodins. Ils viennent participer, chacun à leur époque, et chacun selon leurs textes, à cette question de l’individu. Chacun de ces auteurs est une ligne de fuite de la singularité face au monde, ligne de fuite qui s’est construite selon des particularités à comprendre, à remettre en jeu tout à la fois théoriquement et littérairement.
Quatre auteurs : Marx, Novalis, Machiavel, Jouffroy. Le dossier se concentre surtout sur Alain Jouffroy, avec plusieurs articles qui lui sont consacrés : Demain joueur d’Alain Jugnon, La poésie impensable de Jean-Michel Goutier, Une voile où le vent souffle de Malek Abou et Passage Jouffroy de Philippe Sollers. En parallèle de ces articles, deux inédits de l’auteur. Françoise Dastur, consacre un très bel article à Novalis et à son rapport à la pensée orientale notamment la Shakuntala. Très référencé et précis, et c’est une joie de lire de nouveau Françoise Dastur. Suivent deux articles sur Marx, l’un de Daniel Bensaïd et l’autre de Jean-Clef Martin qui essaie de montrer, en analysant la question de la production de valeur chez Nietzsche et Marx, en quel sens ce qui chez eux est ouverture à la singularité de l’existence, s’est transformé, dans un système marchand en un fétichisme démocratique : "On comprendra sans doute par là, que la philosophie des valeurs, soumise à l’économie, ait engendré dans le monde moderne, un certain conformisme, des rengaines et des aliénations qui ne sont nouvelles qu’en apparence, tandis qu’elle trouve chez Nietzsche et sous une autre forme chez Marx, le sens créateur d’une affirmation de l’existence selon sa force maximale, un point de vue supérieur, une évaluation plus large que n’importe quel système économique" (p.72). Pour finir le dossier sur le carré d’auteur, deux articles sur Machiavel. Le premier d’Alain Brossat est une analyse passionnante de la pensée machiavelienne à partir du prisme de l’antagonisme et de la création des institutions de la Rome antique, selon le Discours de la première décade de Tite Live. Alain Brossat, qui s’intéresse particulièrement à l’articulation entre les classes politiques, telle la figure de Diderot de Jacques Le Fataliste, montre que Machiavel lorsqu’il déconstruit la concorde de la Rome antique, loin de poser en fondement de celle-ci une bonne institution, comme cela pourrait être le cas avec Solon pour Athènes qui révolutionne la politique héritée de Dracon, il met en lumière que c’est l’antagonisme de classe entre ls nobles et la plèbe qui a amené le système sénatorial à prendre des décisions permettant d’établir celle-ci : "C’est sur ce formidable paradoxe que va insister sans fin Machiavel : le caractère unique du destin de Rome, de la grandeur romaine, est à rapporter à cette permanence de l’indice de la division, d’absenc d’homogénéité du corps social et du corps politique ou civique romain."(p.75). Le deuxième article de Christina Ion interroge la pensée politique de Machiavel, comme lieu d’énigme, comme lieu d’une inquiétude constante du politique, du fait que cette pensée s’inscrit dans la prise de conscience que de politique il n’y en a que dans un contexte historique déterminant et non reproductible.

Vient ensuite la partie Gué, ou encore contretextes. Un peu inégal quant à la qualité des textes littéraires qui sont présentés. Je retiendrai pour ma part le très intéressant texte hyper-narratif de Bertrand Bonello : [american music]. En effectuant un travail de synopsis, Bertrand Bonello nous fait entrer dans un univers de gémellité , où deux Vincent, A et B, tout à la fois opposés et complémentaires, vont se lier. Le déroulé, proche d’une boucle panique, mêle avec intelligence l’absurde et les données politiques et économiques contemporaines.

La dernière partie de la revue, partie "individuo-logiques", est consacrée à des pensées singulières. On retrouvera Michel Surya avec un inédit, qui est analysé par Alain Jugnon, et une pertinente réflexion de Luis de Miranda consacrée à l’immanence une vie de Gilles Deleuze.

 

A la lumière de ce que nous venons de présenter, il est indéniable que Contr’Un est une revue de très grande qualité au niveau de la réflexion. Après la Soeur de l’Ange qu’Alain Jugnon a co-dirigé avec Mathieu Baumier, Contr’Un, radicalise la démarche en direction de la pensée individuelle et de ses configurations possibles. Avec un rythme annuel, elle devrait conserver à chaque numéro cette qualité d’intervention. A suivre donc, prochaine livraison en 2008.

4 décembre 2007

[VIDEO] Entretien avec Laure Limongi : la collection & chez al dante

[Première partie de l’entretien. Nous commençons par les années al dante, lorsque Laure Limongi dirigeait la collection &, où ont publié leur essai, aussi bien Bernard Heidsieck (Notes convergentes), que Jean-Pierre Bobillot (Trois essais sur la poésie littérale), Philippe Castellin (Doc(K)s mode d’emploi) ou Christophe Hanna (Poésie action directe). Quel était l’enjeu de la création d’une telle collection ? Comment se sont faites les rencontres qui ont mené à cette collection ?]

[Livre + vidéochronique] Dans la Zone d’activité d’Eric Chevillard et Fanette Mellier

Eric Chevillard, Dans la zone d’activité, création plastique du livre Fanette Mellier, Dissonances / Pôle Graphisme, Chaumont : fictions (des livres bizarres). 35 p. ISBN : 978-2-91407-950-1. Prix : 25 €.  [site de Fanette Mellier]
[La présentation vidéo est faite par Laure Limongi, en introduction de l’entretien que nous allons mettre en ligne.]

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