Libr-critique

30 novembre 2006

[NEWS] POEZIBAO a deux ans ! Joyeux anniversaire

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Poezibao fête ses deux ans ce 30 novembre. Créé en 2004 par Florence Trocmé, lectrice insatiable de poésie, ce site défend la poésie sous toutes ses formes. Le centon qui inaugure cette date en témoigne : Jack Spicer, Yerra Sugarman, JMG Le Clézio, Charles Dobzynski,  Jacques Ancet,  Hélène Dorion,  René Char, Jean Tardieu, Christophe Van Rossom.

Tel que l’écrit Florence Trocmé : «  Depuis la première note, un poème de Jean Tardieu, Poezibao a été enrichi de 1995 articles. Et 292 poètes différents ont fait leur entrée dans la base de données, avec une fiche bio-bibliographique aussi complète que possible. » Travail énorme de mise en ligne, de bibliographie, de partage. Mais ce travail n’est pas vain, quand on considère les statistiques de ce site, qui tous les jours voit à peu près 200 vrais lecteurs de poésie venir découvrir parfois de nouveaux poètes, tel dernièrement Edith Azam.

Cette expérience montre ainsi que la poésie, loin d’être moribonde, seulement destinée à quelques uns, trouve un réel lectorat, qui peu à peu s’agrandit et devient fidèle à des lieux comme poezibao. De plus, il est certain que face aux difficultés que rencontrent les éditeurs de poésie, la médiation internet peut apporter beaucoup quant à la transmission, à l’exposition aussi bien de textes, que de livres ou revues. Les nouveaux espaces de diffusion des créations papiers n’étant plus les libraires, de plus en plus réticents à prendre en charge ces petites publications, mais bien internet qui par la non-géolocalisation des sites devient un lieu privilégié pour avoir accès aux différents éditeurs ou aux différentes revues. Et en ce sens poezibao fait un travail remarquable.

Nous souhaitons que Florence Trocmé puisse poursuivre encore longtemps ce travail, et nous faire découvrir encore de nouvelles écritures.

[audio] HP-process, voice_flux#11

HP-process développe une poésie sonore qui se construit dans un rapport entre voix et ordinateur. Tandis qu’Hortense Gauthier travaille la voix, A_K_S saisit celle-ci en live par ordinateur et retraite, retexture, découpe, sample, amplifie, expanse les ondulations sonores. Le résultat est une poésie électronique proche de la musique concrète. En relation avec des recherches développées par Joachim Montessuis et son label Erratum, cependant, il y a chez HP-process une dimension qui appartient aux recherches de la musique électro-acoustique à laquelle A_K_S a été formé originellement. Leur dernière apparition publique date de novembre 2006 au 8ème symposium de musiques et d’art numérique au CAPC de Bordeaux.

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[revues] La revue Action Restreinte

Action Restreinte, théories & expériences de la fiction, revue menée par Mathias Lavin, Aurélie Soulatges et Isabelle Zribi, sort son huitième numéro, autour du thème « en tenir à l’impossible ». 104 pages. Prix : 12,5 euros. ISSN 1638-7473. Adresse : Action Restreinte – 25, rue de la demi-lune – 93100 Montreuil. actionrestreinte(at)hotmail.com

actionrestrb132.jpgSommaire n°8 : Dominique Quélen, Savine Dosda, Fernand Combet, Arno Calleja, Arélie Soutlages, Isabelle Garron, Isabelle Zribi, Robert Musil, Amélie Lavin, Ralph Böhlke, Valérie Meyer, Florence Pazzotu, Mathias Lavin, Maria Gabriela Llansol, Eric Arlix, Guida Marqués.

[revues] La revue Livraison

Livraison, revue d’art contamporain. 192 pages. Prix : 13 euros. ISSN : 1631-218X ISBN : 2-913803-22-9. Rhinocéros – 18 rue de Stosswhir – 67100 Strasbourg.
livraison133.jpgLa revue Livraison, publié par Rhinoceros, et diffusée par r-diffusion, structures que dirige Nicolas Moulin, est basée à Strasbourg. Nous avons découvert, lors du salon des Revues à Paris en octobre, son numéro 7, coordonnée par Manuel Daull, et dont le thème est « bribes / ratures / fragments ».
Au sommaire : Olivier Létang / Emmanuel Adely / Miguel Angel Molina / Frédéric Dumont / Sylvette Babin / Mathieu Renard / Xavier Chevalier / Jean-Baptiste Farkas / Edouard Levé / Christophe Fourvel / Adèle Gaucher / Sabine Delcour / Vivien Philizot / Stéphan Girard / Jean-Louis Py / Franck Guêné / Mathieu Husser / Thierry Géhin / Manuel Daull / Frédéric Weigel / Charles Mazé / Philippe Szechter / Anne Vauclair / Kasper T. Toeplitz / Hervé Roelants / Hugo Pernet / Mespoulet Papers / Christophe Grossi / Matthieu Messagier / Pierre Yerro.

29 novembre 2006

[livre] Christophe Manon, Constellations

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Christophe Manon, Constellations, musiques de motif_r et Yod, Estampes de Pierre Tournier; éditions Ragage, livre + CD, 55 p., ISBN : 2-915460-26-4, 16 €.

Extrait (nous ne donnons à lire que le texte, car l’ensemble du poème est spatialisé, mots en liberté, ou encore concrète-poésie) :

s y m p h o n i e s t e l l a i r e

courbes et droites en nombre infini suspendues dans l’ovoïde couvertureespace outremer
spirales en circulation libre
rayonnement de FORCES à travers molécules et particules

passe un rêve d’étourneaux
montent les silences du coeur du silence
et la contemplation saisit les graminées en plein vol
nappes d’AMOUR sur les seins blancs de la mer indécise

Première impression :
4ème de couverture Dans l’interview que nous avons fait lors du salon light#3, Christophe Manon et Antoine Dufeu, qui travaillent ensembles aux éditions IKKO, parlaient du lyrisme. Lorsque l’on lit cet hymne à l’univers, au cosmos, tout à la fois en équilibre et en mouvement, en bouillonnement, il est certain — et l’extrait ici en témoigne — qu’un certain lyrisme apparaît. Mais loin d’un retour, il est sans doute ici question de la création d’une ligne de fuite de ce que l’on nomme communément le lyrisme, et l’aspect formel, des mots et des graphies semble venir confirmer cette ouverture en perspective d’un nouveau lyrisme./PB/

28 novembre 2006

[Vlog] Joël Hubaut, trouver le bébé en soi (Généalogi-Z 2.1)

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S’est terminé, hier soir dimanche 26 novembre à Calais, le festival Le triange d'[N]or[d], organisé par l’association Trame-Ouest. Nous allons mettre en ligne progressivement, des extraits des lectures/performances qui ont eu lieu à Arras à l’hôtel de Guînes et à Calais à la Galerie des 4 coins. Pour la soirée d’Arras nous donnons les extraits dans l’ordre chronologique de passage, au sens, où une véritable ligne/dynamique de construction sonore s’est construite tout au long de cette soirée.

Dans l’ordre : Tibor Papp, Joël Hubaut, Georges Hassoméris et pour finir Michel Giroud.

Deuxième extrait : Joël Hubaut, trouver le bébé en soi, avec au son [mixage voix et création sonore] Philippe Boisnard. Cette pièce improvisée se compose comme une montée crescendo de la sortie de soi du bébé baby, qui atteint la zone paroxystique du noise hard-core. [durée 22 mn]

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27 novembre 2006

[Vlog] Lecture de Tibor Papp (Généalogi-Z 2.1)

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S’est terminé, hier soir dimanche 26 novembre à Calais, le festival Le triange d'[N]or[d], organisé par l’association Trame-Ouest. Nous allons mettre en ligne progressivement, des extraits des lectures/performances qui ont eu lieu à Arras à l’hôtel de Guînes et à Calais à la Galerie des 4 coins. Pour la soirée d’Arras nous donnons les extraits dans l’ordre chronologique de passage, au sens, où une véritable ligne/dynamique de construction sonore s’est construite tout au long de cette soirée.
Dans l’ordre : Tibor Papp, Joël Hubaut, Georges Hassoméris et pour finir Michel Giroud.
Premier extrait : Tibor Papp, Tche.

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24 novembre 2006

[revues] La revue MU

Nous avons découvert au Point éphémère lors du salon Light#3, la revue MU, dirigée par Yann Poncelet, qui a mu2.jpgdéjà sorti deux numéros. Revue d’écriture et d’art, elle a au sommaire de son 1er numéro : Edouard Levé / Frédéric Dumond / Patrick Bouvet / Victor Okil / Jérôme Mauche / P.N.A. Handschin / Alex Pou. Prix : 10 euros. ISBN : 2-9523222-0-1.

Le sommaire du numéro 2 : Jean-François Chermann / Ricardo Balli / Ulises Carrion / Charles Pennequin / Jacques Jouet et Aurélie Loiseleur / Fabien Vallos / Eric Suchère / Jean-Clair Bonnel / Alex Pou. Ce dernier est aussi le graphiste de la revue. Prix : 10 euros. ISBN : 2-9523222-1-x
La revue est distribuée par R-diffusion.

23 novembre 2006

[audio] Sylvain Courtoux, Cut-Up Piano basse manifeste 1

Cut-up piano basse manifeste 1
auton124.jpgfut enregistré au Manor of Hate, studios à Limoges, mi-août 2006.
piano, guitare, voix, dictaphones, bandes, bordel noise, mix : sylvain courtoux
+ voix : lise etcheverry /
+ voix : emmanuel rabu /
+ voix : jérôme bertin.

ce morceau est dédicacé à Violaine S.

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[NEWS] Festival Le triangle d'[N]or[d] : Dunkerque-Arras-Calais

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L’association Trame-Ouest, avant une reconfiguration qui devrait avoir lieu en 2007 (dont on vous reparlera), organise un événement qui regroupe les deux festivals qui les intervenants ont changéavaient lieu tous les deux ans : Généalogi-Z 2.1 et Terminal X-périenZ 3.0. Ces deux festivals sont coorganisés cette année avec l’aide de Thierry Rat qui rejoint Trame-Ouest et d’autre part Jacques Donguy, qui fut à l’initiative en 2002 de Terminal X-périenZ avec Philippe Boisnard.
Généalogi-Z est une mise en lumière de lignes généalogiques de la poésie dite expérimentale, la première soirée eu lieu en 2001, pour ceux qui furent invités, soirée inoubliable, 19 poètes invités de Heidsieck à Charles Mézence-Briseul. Généalogi-Z 2.0 eut lieu en décembre 2005 avec Akenaton, Jean-Michel Espitallier, Jacques Sivan, Vannina Maestri, Christian Prigent, Jacques Demarcq, Philippe Becq, Jean-Pierre Verheggen. Terminal X-périenZ est une mise en lumière de la liaison entre poésie et nouvelles technologies.

Programme :
Monstr’action#1 : le 24 novembre [entrée 1€50]
Dunkerque, le LAAC, Jardin des sculptures
Michel Giroud, Georges Hassoméris, Tibor Papp.
Monstr’action#2 : le 25 novembre [entrée gratuite]
Arras, Hôtel de Guînes, 2, rue des jongleurs
Michel Giroud, Georges Hassoméris, Joël Hubaut, Tibor Papp.
/>Monstr’action#3 : le 26 novembre [entrée gratuite]
Calais, Galerie des 4 coins, 26 rue des 4 coins
Jacques Donguy, Etienne Brunet, Thierry Rat, Mickaël Pesin + projections de vidéo-poésies.

Cette manifestation est organisée avec le soutien de la DRAC Nord/Pas-de-Calais; du Conseil Régional du Nord/Pas-de-Calais; de la Mairie d’Arras, du LAAC de Dunkerque, de la Galerie des 4 coins de Calais.

21 novembre 2006

[Vlog] Interview d’André Lombardo (organisateur de Zones Numériques – CAPC Bordeaux)

De retour de Bordeaux, et du 8ème symposium des arts sonores et multimédias — Zones numériques qui a eu lieu au CAPC, nous présentons ici une interview d’André Lombardo l’organisateur de la soirée [qui dura de 16H à 21H et qui, hormis une performance mariage totalement manquée et ridicule, fut exceptionnelle]. Grâce à lui nous découvrons non pas seulement la scène actuelle de cette culture, mais nous revenons au début des années 80, et aux premiers festivals qui ont pu défendre cette culture électronique et numérique. Au cours de cet entretien nous découvrons aussi entre autres, Jean-Charles Rigaud avec qui il travaille à des projets de films. Nous le remercions encore de l’accueil qui fut le sien et celui de ceux qui avec lui ont participé à ces trois jours.

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[livre] Tumulte de François Bon

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Tumulte de François Bon, éditions Fayard, 543 p. ISBN : 2-213-62990-0, 22 €.
[site de François Bon]

4ème de couverture :
Le 1er mai 2005, venu de nuit à ma table de travail pour francois_bon.jpgcause d’insomnie, j’imagine une sorte de livre fait tout entier d’histoires inventées et de souvenirs mêlés, ces instants de bascule dans l’expérience du jour et des villes, écriture sans préméditation et immédiatement disponible sur Internet. Même, je le voulais anonyme.
Je découvrais progressivement qu’il s’agissait pour moi d’une étape importante, d’un renouvellement. Finaliser chaque jour un texte oblige à ce que les censures qu’on ouvre, les pays fantastiques qu’on entrevoit, on les laisse aussitôt derrière soi. Alors naissait un livre fait de chemins accumulés, un défrichement imprévu, soumis à la friction du monde et des jours. Est-ce que n’est pas aussi tout cela, le roman ?

FB

François Bon est né en 1953, en Vendée. Il a publié son premier livre aux Éditions de Minuit en 1982, et, récemment chez Fayard, Rolling Stones : une biographie (2002), Daewoo (2004) et Tous les mots sont adultes (2000, 2005).
Première impression :
Encore dans la lecture de cet impressionnant volume, même si j’arrive vers son terme, ici il ne s’agira pour l’instant que de dire tout à la fois la qualité de l’écriture qui est mise en place par François Bon et l’enjeu général de cette oeuvre. Pourquoi Tumulte ? Est-ce seulement selon la reprise du titre du site, qu’il a lui-même créé pendant cette année d’écriture ? Non, pas seulement. François Bon revient à de très nombreuses reprises sur les mouvements des mécaniques, sur les machines qui sont aussi bien à l’oeuvre que délaissées [usine victime des crises sociales]. Ces machines ne doivent pas être réduites aux seules productions réelles, mais peu à peu, par l’immersion dans la série des fragments, tout à la fois détachés les uns des autres et en écho [aussi bien par leur sous-titre que par ce qu’ils trament, la récurrence qu’ils impliquent], nous comprenons que ce tumulte est celui du crâne, des représentations qui s’y forment, des souvenirs qui s’y agglutinent et qui surgissent fracturant parfois le calme de la pensée, des rêves qui hantent la conscience à son réveil, rêves souvent associés à la mort, des architectures qui se multiplient et qui deviennent reflet de ce que pouvait penser Borgès à travers elles.
Effort de construction/déconstruction, de remettre en marche des structures, de réassembler : « J’ai du mal à retrouver en moi les traces progressives, puisque c’était cela ma stratégie, des petites touches, je pensais, comme ces petits bricolages sur la table à dessin, dans les bâtis et les câbles ».
La mécanique, les rouages, sont le lieu même de l’écriture.
« J’ai toujours eu le goût des machines, et surtout s’il s’agit d’écrire : qu’importe ce qu’en pensent les autres, pour moi c’est là que commence l’affirmation essentielle, par la machine ».
Le tumulte est l’oeuvre elle-même en tant qu’actualisation de la pensée qui se débat avec elle-même, qui témoigne d’elle-même, à savoir qui zigzague entre réalité et fiction, entre objectivité et subjectivité absolue sans attache au réel. Ce qui est étrange et impressionnant dans ce texte, c’est que tous les fragments dispersés s’enchaînent, qu’on les suit, qu’on soit dans l’impatience du prochain, de celui qui est à venir, sans que pour autant cela puisse constituer une linéarité narrative visible. Et c’est selon cette étrangeté, du fragmenté en flux, du continuum discontinu et labyrinthique, que se pose bien évidemment la question finale de la 4ème de couverture : « Est-ce que ce n’est pas aussi tout cela, le roman ? »
Le tumulte est ainsi l’expérience qui à travers la médiation d’internet, du site, et de ses spécificités tout à la fois technique et ontologique vis-à-vis de l’écriture [écriture directe, sans autre trace que ce qui est publlié sur le web, anonymat initial, etc] tente de comprendre ce que peut être la déclosion d’un monde qui se construit non pas selon l’horizon et la ligne, mais le plan et le frayage. /PB/

20 novembre 2006

[livre] Antoine Boute, Cavales

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Antoine Boute, Cavales, éditions MIX, 220 p., ISBN : 2-914722-42-7, prix 13 €.
[site de MIX].
4ème de couverture :
Pourquoi regarder la télé quand on peut se faire cavaler la cervelle à la dégénérescence des étangs.

Premières impressions :
boute.jpgEn quelques livres, Antoine Boute a su constituer un univers particulier, qui loin de certaines tentatives phénoménologiques actuelles dans la poésie, réussit à concilier tout à la fois une réflexion philosophique réelle, et un détachement de celle-ci dans la constitution d’un cosmos en délabrement où le sujet humain, narrateur ou Ariane ou Valéria ou Anita ou … constituent des trajets au coeur du pourrissement de chaque plan qui le constitue. L’écriture d’Antoine Boute, très rythmée, très imagée, descriptive, pourtant ne sacrifie pas la réflexivité de la langue sur elle-même. C’est ainsi que tout en suivant le fil des fragments qui construisent la réalité qui est traversée, réalité très matérielle, forêts, prairies, nature moléculaire faite de ronces et insistante tout au long de ce livre, nous rencontrons une langue qui joue sur les régimes de flux. Phrases longues sans ponctuation, phases courtes, langue accidentée qui s’abîme dans sa propre énonciation, et qui renvoie aux tentatives signées Ariane Bart : pseudo-présence virtuelle constituée je pense de plus en plusu du croisement entre plusieurs écrivains [Lucille Calmel, Antoine Boute et certainement d’autres] :
« oui l es oui n o r n nos f aim s roulent t très l sè ches n lr f aims nos s f r n faims r oulent t et t ch la gigue l dansent la gigue dansent la gigue là a i et nos cercles frais lfonderies se mêlent i é où aux r i a r ronces s y e mêlent de ronces se mêlent aux ronces n u o s lce rc les frais o nos cer cles pf onderies s y pq y mêlent aux ronces a s y mêlent aux ronces »
L’univers crâne que développe Boute « regarde la dégradation », s’applique à montrer un rapport de violence aux éléments et aux êtres, où le personnage d’Ariane est central : corps sexué, en transformation dans le cours même de la transformation de l’univers.
L’ensemble se constitue comme il l’écrit lui-même, tel « un programme d’enterrement », enterrement des illusions, enterrement des relations humaines policées. Ici on retrouve la violence humaine des Garçons sauvages de Burroughs.
C’est à cette lumière que se découvre le détournement de l’ontologie indiquée en 4ème de couverture : résolument matériel et biologique, contre toute forme de transcendance spiritualiste, Antoine Boute développe un univers qui se bouleverse à travers des rapports de forces physiques, où l’être humain-viande s’inscrit en lutte contre et pour la dégénérescence. [PB]
[voir la performance pour Lire en fête]

[salon-light#3] live de Cobra Matal

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 7:40

Comme l’a indiqué Hortense Gauthier en présentant Fils de pute, de Eric Pougeau, nous présentons ici quelques minutes du live de Cobra Matal auquel participe l’éditeur de ce livre Stéphane Prigent, show noise totalement fou, qui mêle dérision et performance et qui a un peu électrisé le salon light #3 organisé par le CNEAI au Point Ephémère.

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17 novembre 2006

[livres] Fils de pute, de Eric Pougeau

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 14:44

Fils de pute, de Eric Pougeau, éditions du Professeur, éditions F.L.T.M.S.T.P.C. ISBN : 2-9527305-0-4. 20 euros. Non paginé. 126 p.

Nous avons redécouvert avec joie au Salon Light#3 du Point éphémère à Paris, organisé par le CNEAI le 11 et 12 novembre, une réédition du livre de Eric Pougeau, Fils de pute, que nous avions découvert en 2004 grâce aux éditions du 57, lors des rencontres autour de l’édition indépendante que nous avions organisé avec Trame Ouest au centre Noroit.

int-pougeau-02g.jpgFils de pute est un livre terrible, tout noir, avec juste sur la couverture, une pierre tombale, dans laquelle est gravé « Fils de pute », en quatrième de couverture, la même chose, mais gravée « salope » (pierres véritablement réalisées par Eric Pougeau), il s’ouvre sur la photo d’un enfant, sous-titrée d’une écriture enfantine disant « Ne me cherchez pas, je suis mort ». Cette très belle nouvelle édition faite par les éditions du Professeur et les éditions F.L.T.M.S.T.P.C (dirigées par Stéphane Prigent), édition de luxe par rapport au premier tirage, est divisée en plusieurs chapitres, « Les enfants », « Le docteur », « Eric », « L’école », « La chambre », « Le sang », « Papa », « Maman ». On y trouve des fac-similés de lettres de parents à leurs enfants « Les enfants, nous vous observons. Nous allons vous tuer par surprise. Vous êtes notre chair et notre sang. A plus tard. Papa et maman. », Les enfants, nous allons vous kidnapper et vous donner à nos chiens. Vous êtes notre chair et notre sang. A plus tard. Papa et maman. » ; des ordonnances médicales qui prescrivent dix commandements tel « Tu mutileras. (1 matin, 1 soir) », « Tu lécheras ta mère. (1 matin, 1 soir) », « Tu te branleras face caméra. (1 matin, 1 soir) » ; des conjugaisons qui conjuguent les verbes « torturer », « assassiner », « mutiler » au présent et des prières morbides à Dieu sur des cahiers d’école. Le livre se termine sur une sorte d’anti-morale désespérée : « Mes chéris, quand papa et maman mourront, vous serez seuls puis vous mourrez aussi. À ce soir. Maman. »
int-pougeau-03p.jpg Tel un album de famille, ce livre semble recueillir les secrets, les fantasmes ou les pulsions morbides d’un enfant déjà adulte, travaillé par l’angoisse et la violence, ou d’adultes éternellement enfants, qui jouent à conjuguer la vie et la mort de façon absurde et monstrueuse. Ce livre brut et noir, de par son diagnostic sur la vie et son humour, est une sorte de bréviaire cynique et glacial sur la mort, qui provoque à la fois effroi et hilarité. Traces post-mortem ou fictionnel de sortes de fait divers à la limite de l’impossible, il témoigne, de façon extrême, de la banalité du mal et de notre impossibilité enfantine à le concevoir autrement de façon exacerbé.
Eric Pougeau fait là (mais aussi en galerie, cf interview sur Foutraque.com) un travail artistique politique radical, il provoque, de façon amorale, plus immorale : « Pour moi, la morale est par extension le début du mal. Dès l’instant où il y a une morale, il y a du mal. Toute cette correspondance que j’ai réalisée, des enfants qui reçoivent des lettres de Papa Maman, c’est un travail qui au départ parlait de cette faculté qu’on a tous autant qu’on est, à digérer la violence » dit-il dans une interview sur Paris-art.com
Il interroge la question des normes sociales, de la famille, en ces temps où toucher à la question de l’enfance et de son rapport au sexe et à la mort est très sensible ; mais il fait aussi un travail d’écriture, sur le langage et sa possibilité à dire l’impossible.

Stéphane Prigent, l’éditeur, a aussi participé à une joyeuse performance noise au Point éphémère dont vous pouvez voir la vidéo [ici].

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15 novembre 2006

[News] Zones numériques – 8e Symposium des arts sonores et multimédias

Zones numériques – 8e Symposium des arts sonores et multimédias
le 17 et 18 novembre 2006 à Bordeaux
dans le cadre de « NOVART bordeaux 2006 »

Présenté par Présence Capitale, avec la collaboration active du CAPC musee d’art contemporain de Bordeaux.

VENDREDI 17 NOVEMBRE – PREMIER SALON DES EDITIONS NUMERIQUES
ESPACE 29 – 29, rue Fernand Marin – Bordeaux – 18h30

Jacques DONGUY – revue « SONART »

François LAGARDE – éditeur des Editions électronique « Hors d’œil »

Joachim MONTESSUIS – directeur de la revue sonore internationale « ERRATUM »

Michel GIROUD – directeur de la collection « L’écart absolu » aux Presses du réel

Tibor PAPP – directeur de la revue littéraire d’Ecrits de source électronique « ALIRE ».

Hortense GAUTHIER – directrice de la revue « Talkie-Walkie »

SAMEDI 18 NOVEMBRE _ Actions performances

de 16h à 22h – au CAPC Musée d’Art Contemporain de BORDEAUX Rue Ferrère – Salle de conférences Entrée libre sur réservations (places limitées)

Joachim MONTESSUIS : Poésie sonore, son bruitiste, images électroniques (Paris) – EROS

Tibor PAPP : Poète, écrivain, traducteur. Poésie visuelle et poésie numérique. Directeur de la revue littéraire d’Ecrits de source électronique « ALIRE ». Poésie cybernétique (Hongrie)

Agence_Konflict_SysTM : [petites-annonces]

Gilles GRAND : Compositeur et enseignant à l’école Nationale des Beaux-arts de Lyon. Rédacteur au Cahier du Cinéma et plasticien sonore. (Lyon)

Jacques DONGUY / Etienne BRUNET : Poésie sur support numérique, écriture verbi-voco-visuelle. (Paris-Nice).

HP Process (Philippe BOISNARD & Hortense GAUTHIER) : Ecrivain, vidéaste, performer. (Arras) / Performeuse sonore et co-directrice de la revue Talkie-Walkie.

Yvan ETIENNE & Brice JEANNIN : Artiste sonore, directeur du centre d’Art multimédia Gantner de Bourogne (Territoire de Belfort), fondateur du festival des Arts sonores « Oh Cetecho ».

Anne-James CHATON : Co-dirige le festival d’Arts sonores « Sonorités » à Montpellier. Il a reçu en 2005 la bourse « Encouragement » du Centre National du Livre et bénéficie pour l’année 2006 du soutien de la mission « Stendhal » du Ministère des Affaires Etrangères pour son projet d’écriture autour de la ville de Naples.

Valérie GERARDIN : (Beaux-Arts de Bordeaux) Action sonore (Carnet de voyages en paysage sonore)

Action – introduction de André LOMBARDO « Progrès lent en société », sur une idée de Jean-Charles Rigaud.

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