Libr-critique

30 novembre 2016

[Création] Matthieu Gosztola, De courant (7/8)

Voici, pour l’avant-dernière fois, huit nouvelles cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 6"]

 

mise les agenouillements mais j’

échoue à plus

au pire moment

de mon sursis j’ai vécu

 

la tranquillité de me savoir

fait je n’ai plus d’égards

pour la pourriture des marais

 

*

 

ou des phrases depuis

la vie est moins sai

sissante elle est plus

multiple les mots sont

 

la même broussaille

où dormir

je me sens peuplé libre

de la vie qui ne connait plus

 

*

 

le mariage coutumier de

soi avec la vie

où je suis en mensonge

pour ne pas être un gouffre

 

ambulant et vrillant les

vivants sur les

collines apaisées

ce n’est pas le grand nombre

 

*

 

je ne me désapprends pas

de la mort les vivants parfois

sont sans honte et re

prennent la chasse alors que

 

les blessures mettent certains

étourdis à côté

de leurs corps je me mets

convenable dans les mots

27 novembre 2016

[Chronique] Erections de Barbara Polla, par Jean-Paul Gavard-Perret

Barbara Polla, Éloge de l’érection suivi de Lycaon, apologie du désir de Dimitris Dimitriadis (traduction Michel Volkovitch), Bruxelles, Editions Le Bord de l’Eau, Collection "La Muette", novembre 2016, 160 pages, 20 €, ISBN : 978-2-35687-486-3.

Qu’on ne s’y trompe pas, Barbara Polla ne fait pas dans l’érotisme pur ou « étroit ». Ce qui compte pour elle est « de faire bander un pays ». Pas n’importe lequel : la Grèce. Revisitée depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. A travers diverses contributions et à travers l’œuvre de Dimitris Dimitriadis qui précise le concept érectile : « Pour moi l’érection est le contraire de la dépression. L’érection est un état intérieur général où l’on se trouve en position debout. Mais en même temps on est plein. C’est un hymne acathiste, l’érection. On n’est pas assis, on n’est pas à l’aise, on est tout en haut. Et l’image de l’érection donne cette dimension : on est prêt à éjaculer. Donc à créer ». En une telle posture, non seulement l’être mais la société grecque abattue se relève et s’érige.

Quant à la maîtresse genevoise de cérémonie, pour parachever ce livre, elle offre un temps lyrique non sans humour dans ce qui tient d’une fable. Les hommes « bandaient dans la ville et les femmes heureuses et les jeunes gens les regardaient et les aimaient bandant elles aussi eux aussi et ensemençant jusqu’aux rues de la ville et les fruits jonchaient les rues ». Barbara Polla prouve la nécessité de ce qui est non seulement l’objet de procréation mais qui devient un sujet politique et sensuel de révolte d’anarchie, de rituel d’incarnation. Il mélange le chaos et l’ordre, la perte de maîtrise mais l’envers de l’aliénation par « élévation ». Il n’est donc pas jusqu’à l’écriture féminine d’appeler à cette figure qui « renforce le désir, prolonge l’attente et augmente l’impatience pour le moment où ce qu’on appelle écriture va enfin devenir le blanc achèvement du Siècle ne laissant plus rien à celui qui s’est chargé de l’œuvre » (Maria Efstathiadi). Preuve que l’érection n’est pas affaire d’hommes.

24 novembre 2016

[Création] François Rannou, Contretemps paradist : lecture polyphonique d’un extrait [Dossier 1/3]

En ouverture à ce dossier consacré à François Rannou, on découvrira la fascinante lecture polyphonique d’un extrait de Contretemps paradis – à savoir d’un texte ressortissant à la poésie spatiale -, paru en 2009 aux éditions de La rivière échappée.

Lire/écouter : ici.

20 novembre 2016

[News] News du dimanche

Plus que jamais, Libr-critique joue l’ouvert contre la fermeture raciste/identitariste/isolationniste/nationaliste/machiste… Ouvrons-nous, avec ces Libr-événements : AC Hello et COUAC à Montreuil ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; Christophe Manon à la Maison de la poésie Paris ; Déjeammes et Lespinasse + soirée Publie.net à Paris ; Quintane à Marseille…

â–º Mercredi 23 novembre 2016, 20H30-23H30, Instants chavirés (7, rue Richard Lenoir 93100 Montreuil) :

AC HELLO
COUAC – no[nous]us
tarif :
8€ tarif unique
– – – –

AC HELLO
Accompagnée ce soir par Jac Berrocal, Jean-Noël Cognard, Guillaume Loizillon, Patrick et Thierry Müller, Quentin Rollet, Laurent Saïet.
A.C. Hello est une poète sonore, écrivain et artiste française. Elle pratique la performance et/ou la lecture sur scène. Crée des situations. Dessine, peint et écrit.
Nombreuses publications en revues et fanzines (papier ou internet, dont Overwriting, Chimères, Armée noire, Pli, La Vie Manifeste, Bruit…). Expose également. Un passage (rapide mais efficace) dans le collectif L’Armée noire. Son écriture poétique se développe en collaboration avec des musiciens de scènes différentes : elle travaille avec Patrick Müller, Guillaume Loizillon, Laurent Saïet, Lambert Castellani, Gautier Loizeau, Aurélien Paul, Black Sifichi… Un premier CD sort en 2014, accompagnant son livre Paradis remis à neuf. Un deuxième verra le jour sur trAce label en 2017. Elle crée la revue Frappa en 2014, revue multimédia visible sur le net, et dont le 1er numéro sur papier est sorti en septembre 2016.
Publications :
Paradis remis à neuf (Livre + CD, éditions Fissiles, 2014)
Naissance de la gueule (Al Dante, 2015)



COUAC – no[nous]us
Heddy Boubaker : basse / Sébastien Lespinasse : Poésie pneumatique

Duo vibratif & performatoire : Sébastien Lespinasse défait les identités, marche sur la crise, bruisse le quotidien à pleine bouche, improvise des noms d’oiseaux au bout de la langue, pendant que Heddy Boubaker maltraite sa basse électrogène avec amour et philosophie.
Né en 1963, Heddy Boubaker a commencé par jouer du rock à la guitare électrique, puis est progressivement passé au saxophone et à la basse électrique, son instrument actuel. L’essentiel de son activité musicale est centrée sur la pratique improvisée de la musique, la recherche sonore et l’élargissement des possibilités vibratoires de son instrument. Son travail se nourrit de très nombreuses rencontres avec d’autres musiciens, des poètes, des acteurs et des danseurs venant d’horizons variés.
Poète pneumatique, Sébastien Lespinasse, vit, dort, rêve et travaille autour, tout autour de Montreuil, cherche un peu d’air & d’errance dans les mots, des manières de respirer ensemble, tisse des textes suffisamment troués pour s’en évader, rapproche des mises à distance, voudrait toucher avec la langue. Nombreuses perfs et rencontres dans tous les sens, quelques publications.
CD à paraitre sur trAce label.

 

â–º Jeudi 24 novembre, 18H-19H, Bibliothèque de Bordeaux : la rencontre avec Thomas Déjeammes sera l’occasion d’échanger sur les images de l’exposition, son travail photographique et la photo en général.

Jusqu’au 1er décembre prochain, la Bibliothèque de Bordeaux accueille l’exposition photo « Lumière-oubli-mouvement » de Thomas Déjeammes.
Une série débutée en 2005, résultat de déambulations entre Bordeaux, Bilbao, Bruxelles, Liège, Paris… où résonne le poème de Mihaly Babits « pays noir » (Fekete Orszag en hongrois) : «[…] l’ossature de la terre est noire à l’intérieur, ce n’est pas la lumière qui peint la couleur noire, non, noire est l’âme cachée de la matière […] ».

 

â–º Jeudi 24, 20H-22H, Maison de la poésie Paris :

Lecture musicale

Christophe Manon sonde à voix basse la fin des utopies, la fraternité, le désir. Sa poésie, expérimentale et populaire, pensante et charnelle, est un stéthoscope, un flacon d’alcool et un chant. Eloïse Decazes et Sing Sing forment le duo Arlt et chantent à voix siamoises d’étranges ritournelles à propos de la chute, du trouble, des météos déréglées. Tous trois partagent un goût pour la grâce fragile et capricieuse, un sens de la joie tragique, une espèce de lyrisme sec, aussi. Ensemble, au fil patient de lectures, de chansons, d’échanges, ils confronteront leurs poétiques, écouteront la voix des morts, en espérant quelques épiphanies.

tarif : 10 € / adhérent : 5 €

 

â–º Vendredi 25 novembre à 18h30 à la librairie/galerie le Monte en l’air https://montenlair.wordpress.com/ (Paris 20e) lectures et performances de deux poètes sonores Thomas Déjeammes et Sébastien Lespinasse

Thomas Déjeammes lira son livre/partition "et faire à partir de l’explosion" récemment publié aux éditions Plaine page (http://www.plainepage.com/) et Sébastien Lespinasse lira quelques poèmes sonores extraits des disques Pneuma-R et Couac chez Trace Label ( http://tracelab.com/ ) ainsi que des extraits de l’Esthétique de la noyade, livre à venir aux éditions Plaine Page.

 

â–º Mardi 29 novembre : soirée de lectures et de découvertes organisée par Publie.net. Au programme : écritures fortes, état du monde présent, poésie contemporaine, le tout sous le signe du voyage et de l’éclatement des frontières (toutes les frontières).

AVEC

Laurent Grisel pour son "Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après" (le volume deux est à paraître pour la fin du mois)
Anne Savelli, qui lira des passages de Ce qu’il faut de Corinne Lovera Vitali
Florence Jou pour une lecture multimédia de "Kalces"
& Guillaume Vissac, qui lira des extraits du "Big Bang City" de Mahigan Lepage

Où ?

Le 100 ECS
100, rue de Charenton
75012 Paris

Métro : Gare de Lyon ou Ledru-Rollin
RER : Gare de Lyon – Bus : 57 et 29
Vélib : Hector Malot n°12008 –
Charenton n°12101
Rez-de-chaussée accessible
aux personnes handicapées

Entrée libre et gratuite

(La photo de couverture est de Margaux Meurisse, tirée de "Kalces")

 

â–º Mardi 29 novembre à 20H, vivez le Grand Soir avec Mathieu Larnaudie à l’abbaye d’Ardenne (Calvados) : pour en savoir plus. Rencontre animée par Yoann Thommerel.

â–º Jeudi 1er décembre à 18h30 à la Friche Belle de Mai dans le cadre de Faits divers

Rencontre critique #3 : Nathalie QUINTANE

Astérides, Alphabetville et la librairie la Salle des machines

 

« Et si les classes moyennes étaient le seul véritable ennemi de la démocratie ?… »

 

Présentation et entretien à propos de Que faire des classes moyennes ? sur le site des éditions P.O.L : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-4100-0

 

Des livres en forme de question, des questions sous forme de critique, et pas seulement littéraire. Que peut la littérature ? en serait d’ailleurs peut-être l’une d’elle. Ou encore : en quoi la poésie est-elle politique ? Ou : de quoi la poésie est-elle le nom ?

Et encore : que faire, comment (se) manifester ?

Cette nouvelle rencontre critique sera en présence, et absence, des vivants et des fantômes qui peuplent la vie et l’œuvre de Nathalie Quintane.

Pour tenter de répondre à ces questions.

Et que la lutte continue.

 

 

Discutants : Abraham Poincheval, artiste (sous réserve), Noël Ravaud, artiste, Colette Tron, auteur et critique.

 

Entrée libre

Adresse : Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin 13003 Marseille 04 95 04 95 95

 

18 novembre 2016

[Création] Laura Vazquez et Yuhang Li, Dieu le fantôme

Laura Vazquez et Yuhang Li ont tenté une expérience autour de l’improvisation et de la traduction (expérience translinguistique) ; le résultat est un ensemble de vidéos qui regroupent des phrases improvisées oralement, immédiatement traduites en chinois. On sera sensible à l’interpénétration des langues, à leur mise en résonance.

Voir la première vidéo

16 novembre 2016

[Chronique] Collectif, Eros indéfiniment, par Jean-Paul gavard-Perret

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Collectif, Eros Indéfiniment, Editions Humus, Lausanne, 430 pages, octobre 2016, 44 €, ISBN : 978-2-94012-783-2.

La Fondation Internationale d’Arts et Littératures Erotiques (F.I.N.A.L.E.) a été créée à Lausanne en 1992 et rassemble les productions pluridisciplinaires que l’érotisme a inspirées et inspire : textes, œuvres d’art, films, B-D, jeux, gastronomie, objets. Cette fondation est unique dans le monde francophone et Eros, indéfiniment sort des collections du patrimoine 1300 images passionnantes, sulfureuses ou métaphoriques. Les charbons ardents du corps restent parfois couverts des cendres qu’ils génèrent pour se jouer de l’imaginaire voyeuriste. Le tout dans une atmosphère d’espièglerie presque écervelée et surtout avec beaucoup d’humour.

Preuve que si la vie est parodique et qu’il lui manque toujours une interprétation, l’éros propose la sienne. Et elle n’est pas la moindre. Elle rend la solitude parfois absolue mais certainement pas idéale. Les femmes et les hommes sont heureux de leur sexe et rendent le lecteur de même par effet retour. L’éloge de la vie se crée dans la moiteur de la chair. Et si ses images ne promettent rien, elles donnent tout avec leur air mutin. A travers leurs vêtements ou dans leur nudité les corps dessinent des mouvements d’une danse nuptiale qui n’est pas forcément légale. Là n’est plus le problème. Un univers de délices est là. Et les seins des strip-teaseuses quoique parfois en noir et blanc sont faits pour la bouche comme deux glaces aux framboises fondantes qui se gobent telles des mouches. C’est ainsi qu’elles empêchent de vieillir…

L’homme, le mâle, le voyeur devient un bateau ivre plus qu’une épave. Car l’ensemble des textes et images a le don de transformer les agonies en petites morts de joie avant que l’oiseau ne batte de l’aile et bleuisse. Tout est donc fait pour l’essor et afin que l’homme ne soit plus de bois. Il faut l’imaginer heureux au milieu d’égéries aguichantes et à peine dépravées dont les cris du cœur vont de paire avec de potentiels orgasmes.

Un tel livre fait lever du fantasme tout en le décalant par la feinte de l’humour. On sait que son monde devient irréel mais c’est très bien comme ça. On n’en demande pas plus, tant l’art manque trop souvent de morsures de joie. Le corps de la femme travaille le regard et l’émotion sensorielle de l’homme : il n’y a là aucun mal. Au contraire ! D’innombrables fenêtres s’ouvrent, on passe des frontières. L’homme lui-même est traversé : il n’est plus d’autre miroir que ceux que les artistes et les écrivains lui proposent en d’éphémères (mais nécessaires) brasiers.

Face à l’homme bandé comme une arbalète, les femmes sont fières de leurs deux mangues de Satan qu’elles négligent (souvent) de cacher et que souligne leur rose d’acier trempé. Ni les unes ni les autres n’ont plus rien à faire de la fidélité. Soudain, seule l’érection fertilise l’âme androgyne qui règle la naissance des éclairs.  Restent des seins tendres mais si fermes qu’ils en paraissent durs. Le lit – à la façon d’une mer – monte vers le lecteur. Les murs des chambres à la fois protègent et éclatent.

10 novembre 2016

[Création] Mathieu Brosseau et Nicolas Vargas, Et pas prévenir quand

Suite au Festival de Sète, Mathieu Brosseau a collaboré avec Nicolas Vargas, qui a enregistré cette remarquable lecture chuchotée/syncopée/catastrophée d’un texte parfois écrit en français fautif. /FT/

Écoutons, en retenant notre souffle : https://soundcloud.com/vargasnicolas/et-pas-prevenir-quand

7 novembre 2016

[Chronique] John Taylor, Hublots portholes, par Tristan Hordé

John Taylor, Hublots portholes, peintures de Caroline François-Rubino, édition bilingue, traduction de Françoise Daviet, L’œil ébloui, 2016, 32 p., 13 €.

On pourrait sans difficulté relire une partie de la littérature française (pas seulement, mais soyons modestes) à partir du thème de la fenêtre, passage entre le dedans et le dehors. On se souvient du duc de Nemours voyeur, la nuit, de son aimée dans La Princesse de Clèves, et de l’invitation de Baudelaire, dans Le Spleen de Paris, à découvrir l’intime, également la nuit : « Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle » ("Les Fenêtres"). Aussi souvent la fenêtre ouvre sur le public, parfois l’inconnu, et l’on pense à la prison de Fabrice, aux Fenêtres de Mallarmé, à Emma Bovary, etc. Paul de Roux, à Paris, regardait de sa fenêtre le mouvement des nuages, la lumière, pour relire un poème d’Apollinaire : « Tu soulèveras le rideau. Et maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre. (…) La fenêtre s’ouvre comme une orange. Le beau fruit de la lumière ». Le hublot est aussi une fenêtre, d’un genre particulier puisqu’elle n’est pas ouverture sur un dehors public.

Que voit-on ? Toujours : la mer, les infinies variations de l’eau, crêtes et creux des vagues, et ce qui s’y trouve : une île, un autre bateau ; ou, à l’approche de la terre, une falaise. Selon le moment, les formes changent, nettes sous le soleil, indistinctes, troubles, devenant confuses, s’effaçant presque avec la brume ou le soir venu ; les couleurs se transforment, du gris le plus profond au bleuâtre. Tous ces mouvements disparaissent avec la nuit et seuls les mots peuvent restituer cette absence et, tout aussi bien, ce qui est imaginé, qui prend aussi diverses formes.

C’est surtout cet imaginaire construit dans l’espace du hublot que peint Caroline François-Rubino. Ici pourra-t-on reconnaître la mer et ses mouvements, là le ciel et ses transformations selon l’heure, la saison, mais toujours les nuances et les arrangements du bleu qui laissent toute latitude pour inventer tous les paysages possibles. Ces peintures suggèrent que l’on peut, en laissant errer le regard, voir derrière le hublot des mondes inconnus, ce que dit le poème : il y a, aussi, une fenêtre pour revisiter le temps,

Le hublot

de la mémoire

 

cercler

teinter de bleu

ce qui est

un vide blanc 

 

Poèmes et peintures conversent, se répondent, d’une certaine manière se commentent ; l’utilisation de la seule couleur bleue est en accord avec le caractère condensé des poèmes en anglais, fort bien adaptés en français. Ce lien très fort entre image et texte donne au livre une unité que non pas toujours les "livres d’artiste".

5 novembre 2016

[Texte] Claire Hurrimbarte, Un singé siliconé (1/2)

À sa façon, en ces courts énoncés qui dépassent le post-surréalisme ou la poésie à contraintes auxquels ils peuvent faire songer, Claire Hurrimbarte pose ici le problème de l’illisible…

« Ainsi, j’ai aimé un porc »
A.Rimbaud

             Vous a dit Garde-à-vous, argumentez vos vertèbres ” !

 

       Conséquence dépourvue de queue d’un ordonné à l’anatomie composée

d’excroissances.

 

*

 

             Un parasite d’humanisant dit : « Je vais partager vos épurations ».

 

       Ici envoyé, Diagnostiqué se ressouviendra de ces autobiographiques convives,

t’en dis-je !

*

 

             Le rien s’auditionne alors en considérant le problème de la

« Ménagerie Cérébrale ». Déformatrice la vision en strates continuelles sous l’action quasi

d’une divination par des ganglions intéressés, en résulte cet agglomérat roteur craignant
de

ne plus rien avoir à admettre.

 

*

 

             Éon Rodrigo, fils d’un marchand de synonymes et d’une caresse à la

cuisse : rapport d’une Isomère à comment savoir. Discipline qui résulte d’une puissance

entretenant le doute au sujet de son agenda mais qui se rompt habituellement pendant sa
première relation avec l’impuissance,
en appelant la tubée légitimité par des
beuglements
particuliers.

 

*

 

             Le corbeau a du serpent.

 

       Un m’enfonçant alors, cherchant le replacer en cet augural dedans, les jours

fluors s’enchaînaient. Contentements dédouanés que m’appliquai l’Officieux, ma Face

résinée voulait cet indiquant : de liquidateurs ébats.

 

       Quid de ce gai faire !

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