Libr-critique

29 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, trois RV de votre première quinzaine de décembre : avec la bande au Général Instin à la Maison de la poésie Paris ; à Lyon, avec les Feux Follets, nouvelle collection des éditions Le Feu sacré ; les lectures (z)électroniques à Toulouse.

 

â–º Jeudi 3 décembre 2015 à 20H, Maison de la poésie Paris, Général Instin – Présences : réservations tél : 01 44 54 53 00, du mardi au samedi de 15h à 18h (entrée 5 euros).

Soirée festive à l’occasion de la parution de l’Anthologie Général Instin et de Climax, fiction collective, deux premiers opus d’une nouvelle collection aux éditions Othello.
Au programme : lectures, musiques et performances…

Depuis 1997, un spectre hante la littérature et se propage à d’autres arts. Son nom : Général Instin. Un projet artistique qui dessine, davantage qu’un collectif d’auteurs, une mouvance aux multiples avatars.

Avec (programme en cours) : évocations d’esprits liés au Général –
Cécile Portier, Guénaël Boutouillet, Marie de Quatrebarbes & Maël Guesdon ;
Philippe Aigrain et Rimbaud, Nicole Caligaris et Balzac, Benoît Vincent et {Spoon River} d’Edgar Lee Masters, Lucie Taïeb et {Le chasseur Gracchus} de Kafka, Sébastien Rongier et les fantômes,
et le quintête de {Climax} met en voix son écriture collective (Sereine Berlottier, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Benoît Vincent, Laurence Werner David)…
Performances de SP 38 (street-art), Laurent David (chant), MôMô Basta, la Chanson du général par Ludovic Hary, Anne Chantal Carrière et Philippe Régnier.
Compositions sonores d’Eric Caligaris.
Cartographies de Mathilde Roux.

Soirée présentée par Lucie Taïeb, Benoît Virot et Patrick Chatelier

Une soirée remue.net en partenariat avec la Maison de la Poésie de Paris et la Scène du Balcon.

http://www.lenouvelattila.fr/general-instin/
le site de Climax : http://www.generalinstin.net/

 

â–º Jeudi 3 décembre, 19H-21H, Le Bal des Ardents (17, rue Neuve à Lyon) : soirée de lancement de la nouvelle collection des éditions Le Feu Sacré : LES FEUX FOLLETS !


En présence de :
— Frank Smith (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Bartleby’ de Herman Melville)
— Frédérick Houdaer (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Les Amours jaunes’ de Tristan Corbière)
— Alain Jugnon (philosophe et auteur du Feu Follet sur ‘Rigodon’ de Céline)
& Fabien Thévenot (Le Feu Sacré éditions)

LES FEUX FOLLETS
Nous avons demandé à l’écrivain & au poète :
Quel livre-monde vous fait courir ?
Quel roman terminal vous fait écrire ?
Quel ouvrage du passé vous semble écrit pour le présent ?
Choisissez bien ; vous n’aurez qu’une cartouche.

Les Feux Follets est une collection de courts essais critiques & élogieux, poétiques & fougueux, de ces romans souterrains qui « font monde », percent, sapent et minent les représentations, incantent au réel, s’imposent comme une condition sine qua non à la Vie.

Les FEUX FOLLETS qui seront en vente le soir du 03 décembre :
#1 — Pourquoi je lis Rigodon de L.F. Céline, par Alain Jugnon
#2 — Pourquoi je lis Bartleby de Herman Melville, par Frank Smith
#3 — Pourquoi je lis Les Amours jaunes de Tristan Corbière, par Frédérick Houdaer

à paraître fin 2016
#4 — Pourquoi je lis Bruits de fond de Don DeLillo, par Juan Francisco Ferré
#5 — Pourquoi je lis Villa Vortex de Maurice Dantec, par Aurélien Lemant
#6 — Pourquoi je lis Le Roi Lear de William Shakespeare, par Pacôme Thiellement

à paraître fin 2017
#7 — Pourquoi je lis L’Infinie comédie de David Foster Wallace, par Hadrien Laroche
#8 — Pourquoi je lis Le Feu Follet de Drieu La Rochelle, par Jérôme Leroy
#9 — Pourquoi je lis Ada ou l’Ardeur de Vladimir Nabokov, par Pierre Pigot

LES FEUX FOLLETS
Une collection dirigée par Alain Jugnon & Fabien Thévenot
et éditée par Le Feu Sacré éditions

INFOS
www.lefeusacre-editions.com | http://lefeusacre-editions.tumblr.com/ | www.facebook.com/lefeusacreeditions | https://twitter.com/letweetsacre

 

â–º Du 8 au 12 décembre, La Cave Poésie René-Gouzenne(71, rue du Taur à Toulouse) : lectures (Z)ÉLECTRONIQUES.

Le Détachement International du Muerto Coco est un collectif marseillais, qui travaille depuis 2009 sur la poésie contemporaine et ses extensions sonores/vocale/électroniques.

Chaque LECTURE [Z]ÉLECTRONIQUE = un thème différent = de la poésie contemporaine

+ de la poésie sonore

+ des jouets électroniques pour adultes (= micros + enceintes + sampler + table de mixage)

+ des jouets électroniques pour enfants ( = jouets électroniques pour enfants)

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# Mardi 8 décembre // 19h30
–> LECTURE dans le cadre des Rugissants en partenariat avec les éditions toulousaines Le Grand Os

# Mercredi 9 décembre // 20h45
–> LECTURES [Z]ANIMALES ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES POLITIQUES[Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SEXUELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Jeudi 10 décembre // 19h30
–> LECTURES [Z]URBAINES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES [Z]INTERNATIONALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SUPER-HÉROÏQUES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Vendredi 11 décembre // 20h45
–> LECTURES INSURRECTIONNELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES FAMILIALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES MÉDICALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Samedi 12 décembre // 19h
–> INTÉGRALE DES 9 LECTURES

26 novembre 2015

[Chronique] D’entre les vivants (à propos de Antoni Casa Ros, Médusa), par Jean-Paul Gavard-Perret

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Antoni Casa Ros, Médusa, dessins de Paul de Pignol, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 48 pages, 2015, ISBN : 978-2-85194-944-8.

 

Depuis Le théorème d’Almodóvar qui fut son best-seller contesté par certains jusqu’à remettre en doute l’identité de l’auteur, Casa Ros a évolué vers une littérature plus profonde, bref elle s’est enrichie. Sous l’image de la Méduse, c’est aujourd’hui  le regard du sourd et le visage du mort qui se font face dans une hybridation langagière propre à la littérature sud-américaine cher à l’auteur catalan « d’adoption » (si l’on peut dire)  :  « Le regard du mort passe, il ne caresse pas, il devient un élément de la nature, une perle noire dans la jungle, un ami des feuilles de bananier et des colibris étincelants ».

Surgit  une rencontre « sans témoins au cœur de la solitude » à l’exception de « Trompes marines, cromornes, serpents sonores et noirs ». Médusa   prouve que l’individu n’est que le fondement de rien et c’est le pari de la littérature de le rappeler : à partir de ce rien la création se fonde. Et si arpents de vérité il y a, ils doivent être forcés par autre chose qu ‘un  « je »  que l’auteur émettrait pour un lecteur. Car dans un tel précipité ne se cache qu’un précipice : Casa Ros l’évite. Par l’infini du fini de Médusa il illumine de manière transversale nos gouffres. Métaphoriquement l’auteur n’oublie pas le trait verticale qui dans la nudité fait de Médusa une femme. Manière aussi de dire que  l’arbre du vivant est lié de façon précise à l’ouverture du sexe féminin, elle-même liée de façon exacte et intense au prononcé du vivant dans le jailli d’univers qu’elle propose en un acte éternel d’enfantement que l’auteur reprend à son compte.

 

Médusa veille ainsi sur la  découverte  des transformations de l’univers, elle ne craint pas que tous les écrits de la terre disparaissent dans le grand incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie et des autres. Sans son corps femme, le regard du vivant échappe. Elle en  assure la continuité, dans le temps et de femme en femme. L’univers ne se connaît lui-même que par elle. Ainsi le monde est-il l’effet d’un acte éternel, qui se produit dans le temps, dans cet ex-il de l’infini que Casa Ros prend à sa charge en s’exilant lui-même du royaume des vivants. En Médusa survient donc la narration primale, celle qui court dans toutes les langues et qui ouvre l’histoire de tous les peuples et, de surcroît, se donne chaque fois comme valable pour tous les autres. Ici le jaillissement d’écume, aphros, est jeté à l’océan.

24 novembre 2015

[Chronique] Bernard Desportes, Onfray comme une outre

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 6:27

M. Onfray accuse les démocraties occidentales d’être les vraies responsables des attentats commis par Daech à Paris dans la nuit du 13 novembre – 130 morts et plus de 350 blessés. Tandis que M. Hani Ramadan accuse, lui, les services secrets israéliens. Pour l’un comme pour l’autre : tous responsables sauf les islamistes.

De la part d’un idéologue des Frères musulmans, tel M. Ramadan, ce n’est guère étonnant ; mais finalement de la part d’un penseur foireux, idéologue identitaire aux discours populistes et aux thèses géopolitiques voisines de l’extrême droite, ce n’est pas étonnant non plus.

La logorrhée discursive et publicatoire qui tient lieu de pensée à M. Onfray est sinistre de bêtise, affligeante de prétention boursouflée, consternante de sophismes, injurieuse de toute véracité, inquiétante de mépris pour les lecteurs et auditeurs les plus fragiles ou les plus naïfs qui le suivent.

Avec les “arguments” qui sont les siens, M. Onfray Michel pourrait également dire que les démocraties occidentales (avec le soutien des Juifs ?) ont été responsables du nazisme. Car, sans doute aucun pour notre penseur aussi creux que fat, tout est dans tout et inversement. Forte pensée. Pense-t-il également, Mimi, que la médecine du XIVe siècle était responsable de la peste ? Philippe VI, roi de France, pensait, lui, déjà, que les Juifs en étaient responsables…

 

Le fanatisme islamique (Daech et autres) est l’excroissance barbare (et la conséquence logique) d’une idéologie totalitaire : l’islamisme. Le terrorisme qu’il pratique n’est qu’un moyen parmi d’autres, comme les prêches et les fatwas, au service de la propagation de cette idéologie. Daech n’est qu’un exécutant de l’islamisme. Comme la gestapo l’était, au service du nazisme. Les attentats terroristes ne sont qu’un moyen au service d’un objectif : l’instauration de l’islamisme par la destruction des démocraties occidentales, de la pensée critique occidentale, de la culture occidentale, du mode de vie libre, pluraliste et contestataire des occidentaux. Il s’agit là d’une volonté de destruction fondamentale comme l’était celle des camps de concentration au service du nazisme, comme l’étaient l’internement psychiatrique et le goulag au service de l’idéologie stalinienne. Précisons que pour ces trois idéologies totalitaires (nazie, stalinienne, islamiste), l’accomplissement de leurs desseins passe, d’abord, par l’élimination des Juifs, puis l’élimination de la démocratie, l’annulation enfin de toute pensée critique.

Il faut être absolument stupide (ou pire ?) pour dire ou même seulement laisser entendre que les actes terroristes du 13 novembre à Paris découlent des politiques des démocraties occidentales. Ces actes barbares sont l’émanation directe (et prévisible) de l’idéologie islamiste, telle qu’elle est véhiculée par le salafisme, le wahhabisme et les Frères musulmans – idéologies fondamentalistes. Ce sont eux, aujourd’hui, les ennemis de tout ce que représentent la pensée libre et la liberté dans les démocraties occidentales.

 

M. Onfray, dans un euphémisme honteux au regard de la pensée critique, nous assène du haut de sa fatuité : “La civilisation islamique à laquelle renvoie l’Etat islamique est en effet puritaine”… Comme cela est joliment dit pour parler d’une “civilisation” qui : égorge ou décapite les opposants ; utilise les femmes et les enfants comme bombes humaines ; s’empare des civils comme boucliers ; rafle des enfants et des femmes qu’elle utilise ou vend comme esclaves sexuels ; enferme et voile les femmes en les réduisant à de simples objets au service de ses adeptes et les soumet à leurs besoins ; lapide et ampute comme châtiment ; détruit toute œuvre humaine antérieure à l’islam ; interdit partout où elle en a le pouvoir la libre parole, la musique, la littérature, la lecture, la peinture, le sport… J’en passe.

Ainsi, la “pensée” de M. Onfray est-elle une insulte aux millions de musulmans humanistes.

Sa rhétorique primaire et populiste est, elle, une insulte à toute pensée critique.

S’il n’était gonflé comme une outre de sa suffisance, nous inviterions M. Onfray à se taire quelque temps, à se ressaisir s’il le peut et peut-être à s’inscrire à ces cours du soir qu’il prétend dispenser aux amateurs avec cette condescendance qui est sa marque.

Nous lui ferions également remarquer qu’il a la chance d’être dans une société libre, née d’une civilisation (mais sait-il seulement ce que c’est ?) de liberté et qu’il est ainsi parfaitement libre de poursuivre, s’il y tient, ses élucubrations foireuses – car, encore en démocratie occidentale, nous ne sommes ni sous le joug de l’islamisme ni containts par aucun puritanisme. Nous lui indiquerions néanmoins que nous ne nous laisserons pas faire par ceux-ci et que nous sommes prêts à nous battre pour conserver ces libertés qui découlent de notre démocratie.

22 novembre 2015

[Chronique] Écrire après…, par Pierre Le Pillouër et Fabrice Thumerel

Face à des innocents lâchement assassinés par d’infâmes fanatiques, la poésie peut peu, pour le dire à la façon de Christian Prigent. Ça, le moderne ? Quoi, la modernité ? Cois, les Modernes… Face à l’innommable, seul le silence fait le poids ; comme à chaque hic de la contemporaine mécanique hystérique, ironie de l’histoire, l’écrivain devient de facto celui qui n’a rien à dire. Réduit au silence, anéanti par son impuissance, son illégitimité. Son être-là devient illico être-avec les victimes et leurs familles. Nous tous qui écrivons ne pouvons ainsi qu’être révoltés par l’injustifiable et nous joindre humblement à tous ceux qui condamnent les attentats du 13 novembre. Et tous de nous poser beaucoup de questions.

Surtout à l’écoute des discours extrémistes, qu’ils soient bellicistes, sécuritaires, islamophobes ou antisémites sous des apparences antisionistes.  C’est ici que ceux dont l’activité – et non pas la vocation – est de mettre en crise la langue comme la pensée, de passer les préjugés et les idéologies au crible de la raison critique, se ressaisissent : le peu poétique ne vaut-il pas d’être entendu autant que le popolitique ? Plutôt que de subir le bruit médiatico-politique, le spectacle pseudo-démocratique, les mises en scène scandaculaires – si l’on peut dire -, ne faut-il pas approfondir la brèche qu’a ouverte dans le Réel cet innommable, ne faut-il pas appréhender dans le symbolique cette atteinte à l’entendement, ce chaos qui nous laisse KO ? Allons-nous nous en laisser conter, en rester aux réactions immédiates, aux faux-semblants ?

Une seule chose est sûre, nous continuerons tous à faire ce que nous croyons devoir faire. Sans cesser de nous poser des questions. [Ci-dessous, "pense-bête idiot" signé Daniel Cabanis]

 

Ce communiqué, signé de Pierre Le Pillouër et Fabrice Thumerel, est publié simultanément sur les sites

Libr-critique

Littérature de partout

Sitaudis

 

 

20 novembre 2015

[Création] Mathias Richard, Je veux être illuminé

On lira/écoutera avec grand intérêt cet agencement répétitif d’une grande force. [écouter]

 

Je suis à la recherche d’une illumination

 

Je suis à la recherche d’une illumination

Je voudrais être illuminé

qu’une illumination me traverse et vous traverse.

Je suis à la recherche d’une illumination

Qu’une illumination m’illumine

M’illumine totalement

Qu’elle m’illumine totalement, telle une bombe nucléaire

qui me fasse disparaître

Que l’illumination soit si forte que je n’existe plus

Que l’illumination soit si forte qu’une lumière vienne de l’intérieur de moi

Et transperce tout

Et qu’il n’y ait plus de contour et plus de corps

Oui je voudrais avoir une illumination

Je voudrais être traversé par une illumination

Je voudrais qu’une illumination

Illumine tout

A l’intérieur de moi

A l’intérieur de vous

Et qu’il ne se passe plus rien

Et qu’il n’y ait plus personne

Juste une illumination, juste une lumière aveuglante

Une lumière aveuglante où tout disparaît

Une illumination, je suis à la recherche d’une illumination où tout disparaît

Je suis à la recherche d’une illumination afin d’être illuminé,

afin d’être illuminé de l’intérieur et de l’extérieur, afin de ne plus rien voir.

Je suis à la recherche d’une illumination afin de ne plus rien voir.

Je suis à la recherche d’une illumination

afin de voir une lumière

aveuglante

qui me traverse et vous traverse.

Je veux être illuminé, je veux être illuminé, qu’une lumière me traverse pour qu’on ne voit plus les contours de chaque personne.

Je veux être illuminé afin qu’une lumière sorte de moi et vous traverse

et qu’il n’y ait plus de contour de personne sauf une lumière aveuglante.

Je veux être illuminé CAR c’est la voie vers l’illumination qui mène à la conscience qui mène à l’illumination qui mène à l’oubli qui mène à l’inconscience qui mène à, la vérité suprême.

Je veux être illuminé, je veux être illuminé, je veux être traversé par une illumination, je veux être traversé par une illumination qui vous illumine et qui m’illumine et qui t’illumine et qui illumine le monde

et qui soit si illuminante qu’on ne voit plus rien sauf une lumière aveuglante, qu’il n’y ait plus de corps, qu’il n’y ait plus de contour, qu’il n’y ait pas de voix, qu’il n’y ait plus d’amour, qu’il n’y ait plus rien, juste un aveuglement halluciné, une illumination suprême de la vérité, de la vérité qui dépasse tout et qui transcende tout,

Une illumination si forte que, la vie change et, disparaît dans un autre niveau supérieur,

Une illumination qui change le monde, qui change moi-même, qui change les autres et qui fait que tout disparaît et réapparaît autrement, je veux être illuminé, je suis illuminé, je suis illuminé, je veux être illuminé, une lumière sort de moi, une lumière sort de moi, elle ne se voit pas mais elle est bizarre, elle est bizarre, elle sort en

en

en marchant, en boitant

elle sort

comme un poulpe qui boite

elle sort, elle sort

elle monte au ciel en tournant ses tentacules comme un hélicoptère

je veux être illuminé

je veux être illuminé

je suis à la recherche d’une illumination qui m’illumine, qui me traverse et me transporte, et me fasse tout oublier

une illumination illuminante qui soit une lumière si forte qui vienne de l’intérieur de moi, qu’elle aveugle tous les autres et que je devienne invisible, et que les autres deviennent invisibles, et que tout soit illuminé, illuminé, illuminé

ILLUMINÉ

ILLUMINÉ

ILLUMINÉ

ILLUMINÉ

ILLUMINÉ

Je suis à la recherche

d’une illumination

qui nous élimine,

d’une illumination,

qui nous calcine.

Je suis à la recherche

d’une illumination

qui nous sublime.

Je suis à la recherche

d’une illumination

qui nous calcine,

qui nous sublime,

qui nous aveugle,

qui nous fasse bander,

qui nous fasse baiser,

qui nous fasse

Je suis à la recherche

d’une illumination,

qui illumine, qui élimine

qui va voir ailleurs, si on y est

et qui fait le tour de la Terre

et de l’univers

et qui nous dit

tout ça c’est une blague,

tout ça c’était une blague

et l’illumination dit

hé hé hé c’était une blague

ho ho ho c’était une blague

hé hé

ho ho

ha ha

hu hu

 

ha ha

ho ho

hi hi

ha ha

 

Je veux être illuminé.

Je veux être illuminé.

Je suis illuminé,

Pour vous illuminer.

Je suis illuminé pour t’illuminer

 

Assez

d’être humiliés

Nous voulons être

illuminés.

Assez, humiliés,

Voulons être, illuminés.

Illuminés pour tout illuminer

Illuminés pour tout éliminer

Illuminés

pour mourir et renaître

et renaître et mourir

et faire le tour.

 

Allum, alluminer, hum.

Allu, illuminer, hum.

Allu, illuminer, hum.

Illu, illu, illumi

Illu, illu, illumi

 

Illu, illu, illumi

Illuminé-né-né

Illuminaît

Illuminaître

Illuminaître par une fenêtre

Illuminaître par une fenêtre

 

Je voudrais accéder à la vision astrale

qui est un corps globuleux simultané dans 50 dimensions,

et je voudrais voir

toutes les images en même temps,

tous les sons en même temps,

toutes les vies en même temps,

hé… c’est ça, la globalité globuleuse simultanée.

(qu’on peut voir parfois)

(si l’on fait attention)

(à travers un voyage très spécial)

(que l’on appelle l’hyperconscience)

 

Je suis illuminé, je veux t’illuminer par une illumination qui soit comme une lumière qui passe à travers moi comme à travers un vitrail mais la lumière est si forte qu’on ne voit plus rien, ni corps ni contour ni personne, on n’entend plus rien, on ne vit plus rien, on est juste aveuglé, illuminé, dans la vérité qui est la conscience de la vérité

supérieure,

oui.

la conscience supérieure cosmique

qui est le troisième œil

dans le ciel, oui !

 

oui

c’est exactement

ça

 

oui, c’est ça

c’est exactement

ça !

ça !

ça !

ça !

ça !

ça !

19 novembre 2015

[Chronique] Jacques Sivan, Pendant Smara suivi de Pissarro & co, par Emmanuèle Jawad

Jacques Sivan, Pendant Smara suivi de Pissarro & co, Al dante, novembre 2015, 144 pages, 15 €, ISBN : 978-2-84761-737-5.

 

Dans l’exploration des formes d’écriture et la confrontation des langues inventées et normatives, Pendant Smara s’apparente à une forme de journal expérimental où l’hétérogénéité et le travail de montage densifient la matière textuelle. En clôture du livre, Pissarro & co se rapporte à un récit biographique fragmenté, dans des préoccupations communes de langue et d’expérimentations formelles.

Pendant Smara reprend les marquages temporels du journal qui se fondent dans le texte au cours de son avancement mais l’encadrent et le ponctuent l’ancrant dans une durée (du « mardi 20 mars 2000 » au « vendredi 2 mai » sans doute 2001). Si les dates semblent emblématiques (première date précisée « 1er jour de printemps », également 1er mai et jour d’anniversaire), en retrait, dans l’amorce du texte, se détachant ainsi en caractère gras, dans des marquages réguliers et complets (jour, numérotation, mois), des modifications s’opèrent sur ces notations dans la progression du texte. Des indications d’horaires et de circonstances (de lieu le plus souvent) peuvent y être ajoutées. La date également, par endroits, se trouve dissociée du segment circonstanciel le complétant, des bribes d’une langue inventée, proche d’une langue à caractère phonétique, venant s’intercaler et brouiller les repérages de lecture. Ces marquages d’horaires très précis s’amplifient au fil du texte. La clôture de la première section de Pendant Smara s’effectue un 1er mai (de l’an 2001 semble t-il), date à laquelle s’ouvre la seconde section, dans une forme de continuité temporelle (« nuit du jeudi 1er mai au vendredi 2 »).

Si ces notations temporelles sont absentes de Pissarro & co, son mode d’écriture se rapproche du récit biographique syncopé, travaillé par l’expérimentation, dans une structure et démarche semblables à celles de Pendant Smara, dans l’agencement des formes d’écriture et l’hétérogénéité des matériaux textuels.

Jacques Sivan explore remarquablement la langue dans ses ressources phonétiques, la questionnant dans son rapport à l’oralité et à l’illisibilité, la confrontant à une langue normative. Une langue inventée occupe l’espace textuel et progresse par contamination, sur cette langue normative, la réduisant puis, en alternance, et dans une imbrication de plus en plus forte, se défaisant au profit cette fois de l’autre langue. Ces contaminations successives en alternance sont visualisées par des marquages typographiques, de polices et de couleurs.

Dans cette recherche visuelle, des vignettes colorées sont introduites (selon le type de registre de référence, ainsi des encadrés jaunes pour ce qui relève du slogan publicitaire, des vignettes violettes pour ce qui se rapporte au texte lui-même). La multiplication des sens et des procédés de lecture sont ainsi rendus possibles, coupant la linéarité de celle-ci dans l’utilisation des codages et des éléments typographiques. Les systèmes mis en place se complexifient dans la seconde partie (introduction d’un double codage sur des mêmes segments : de couleur + caractères en italique/droit, ainsi la couleur noire revêtant une écriture normative, les segments en caractères droits concernant des registres à caractère technique et informatif, en italique, le récit).

Des données techniques, d’urbanisme, des éléments de sociologie urbaine ainsi que des bribes narratives intègrent la matière phonétique d’une langue inventée. Le territoire exploré est celui d’une « ville-méduse ». L’espace est également celui d’une marche et de paysages désertiques (Smara se référant géographiquement à une ville dans un désert d’Afrique du Nord). Il rencontre aussi celui d’un imaginaire, fictif («  pour me distraire pendant l’effort je me suis coiffé d’un bonnet en matière synthétique équipé de capteurs qui génère de la musique en fonction de ma pression artérielle, de ce que je vois et de l’état mon moral » – p. 53).

Dans une forme singulière de journal (absence de référents temporels, mais notations régulières d’un quotidien), Pissarro & co se réfère au milieu des impressionnistes. Des bribes de documents techniques, citations, document de contrat artistique, documents concernant le marché de l’art et précisément la cote de Pissaro en 2010 marquent le texte sous la forme d’encadrés. Les échos formels entre les deux ensembles Pendant Smara et Pissarro & co participent ainsi à l’unité du livre dans un travail riche d’expérimentations.

16 novembre 2015

[News] Simon Casteran, Lettre ouverte à Daech

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 19:14

Nous vous invitons à lire dans son intégralité ce texte poignant et grinçant de Simon Casteran, journaliste toulousain qui a perdu sa cousine, assassinée vendredi dernier au Bataclan – comme tant d’autres.

 

Mon cher Daech,

[…]

Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom « d’Allah le Très Miséricordieux ». Moi qui croyais que la « miséricorde » suppose la bonté et l’indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m’acheter une Kalachnikov et des grenades, pour m’en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.

L’eussiez-vous connue, que vous l’auriez détestée immédiatement. C’était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c’était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d’être éduquées, mais aussi d’enseigner. Tout comme elles ont le droit d’aller où bon leur semble, d’écouter de la musique, de boire de l’alcool et d’aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. […]

La suite

14 novembre 2015

[Texte] Claude Favre, Thermos fêlé 2. Journal de mal langue (6 janvier – 21 janvier 2015)

L’avait-on déjà oublié ?… 2015 se termine de la même façon qu’elle a commencé… Claude Favre a souhaité nous livrer un autre passage de son journal de mal langue – et nous l’en remercions. [Lire Thermos fêlé]

 

mardi 6 janvier, Que notre sang rie en nos veines

mercredi 7 janvier, ce vers, aujourd’hui
terrible, d’apprendre que ceux qui prenaient le risque
de rire par le dessin des travers et des maux de
notre époque, plutôt que d’en venir aux mains
aux armes, ont été, lâchement, assassinés
leur sang de leurs veines a coulé ce sont nos larmes
pour eux que nous n’avons pas assez soutenu
eux qui n’ont pas été trop loin, qui ont, juste
été très loin tandis que nous n’allions pas assez
combattre la bêtise, la lâcheté et la haine, ils ont le nom
de ma liberté, à ne jamais encore céder

jeudi 8 janvier, se réveiller
hier soir me suis retrouvée, allée, parmi quelques
personnes, en état de choc, gueule de bois
300, on dit, à Ploucville, 2000 pour des mêmes villes
j’ai peur ici, mes amis manouches ont peur
rien ne se fait ici sans intérêt, rien hors de son clan
sa communauté, peur, hébétée
sans mots, il faudra, je le sais, renouer, écrire
les mots travailler, pas que pleurer pour
tous ceux qui, loin de moi
tout au long de l’histoire sont morts pour moi, et pas que

vendredi 9 janvier, de soi aussi, se défaire après
la sidération, et ces larmes tout venant
des mots de colère, brusques qui ne savent, quoi
faire et comment, chercher ces mots, tourner autour
creuser le sens, les conversations désirer les
contradictoires, celles qui secouent mais font espérer
les amitiés sont notre espoir, quand 48h après
la condamnation par Riad de l’attaque contre Charlie Hebdo
un blogueur saoudien a reçu 50 coups de fouet pour
insulte envers l’islam dans ce royaume qui n’accepte
aucun écart, perdre le nord l’épuisement, dormir, ne pas

samedi 10 janvier, cœur à mal, mes amis aussi
menaces contre des lieux de culte musulmans, des morts
messages antisémites sur réseaux sociaux, des morts
la haine s’exprime, fait couler le sang et ailleurs
des centaines de corps qu’on ne peut dénombrer
d’enfants qui n’ont pu s’enfuir, corps éparpillés, des morts
de personnes âgées, une attaque de Boko Haram
noyée sous le feu de l’actualité tout comme au Congo
nous ne sommes, rien, si nous ne faisons, ensemble
notre combat contre, à aimer les contradictions mais contre
ceux qui arment, d’une bombe, une toute petite fille

dimanche 11 janvier, éloignée je suis des vôtres
conjurer le chagrin conjurer le chagrin
marcher, marcher avec des mots de travers avancer
avec sa petite mal langue à soi qui aux autres, doit
marcher, à Paris, cette puissance du non
ce n’est pas vivre que perdre sa part d’humanité
mort aux arabes écrit en breton, mort aux juifs
dans tant de bouches ici et encore
qu’est-ce qu’un slogan, ce mot gaëlique
qui signifie cri de guerre
et qu’en penserait Abdelwahab Meddeb

lundi 12 janvier, l’idée que les gens ont
de la poésie
heurte ma sensibilité, je retiens les chiens
l’extrême mitraille, mes tigres
et je lis Marie-José Mondzain sur la question
de la réprésentation de la figure
figure est une image, l’iconoclasme
est une façon de ne pas s’en laisser conter
et dans certaines traditions, suivant l’époque
représenter Mahomet qui n’est que le portrait
est possible, et la vie, ensemble, à vivre

mardi 13 janvier, flagellé, on traduit comme ça
la brutalité du mot est-elle même en arabe
en public, dos à vif devant une foule, comment ces regards
et le cœur, pour avoir créé un forum de discussion en ligne
"Libérez les libéraux saoudiens", dans un royaume en lutte
contre Daesh, Raïf Badawi, condamné à
10 ans de prison
1000 coups de fouet
mais plus qu’y perdre peau, plus perdre de
soi, qui de sa dignité devant les autres à s’acharner
sur un seul homme à terre, qui d’eux, de nous, ou de lui

mercredi 14 janvier, agressions contre des musulmans
menaces verbales, jets de grenades tirs et, têtes de porc
jusqu’à, comment peut-on, des croix gammées, des lieux de culte
ou sur des monuments aux morts, que peuvent les morts
que peuvent les enseignants qui font au jour le jour
peu aidés lorsqu’on déploie force mesures sécuritaires
on parle à tort travers mais on parle, des nouvelles on parle
de la nouvelle une de Charlie-Hebdo, qui évoque le pardon
un musulman qu’on traduit par prophète verse une larme
et un ailleurs qui n’est pas ici mais près même si loin et, qui n’
imagine son rapport aux mots que littéral manifeste, à quoi

jeudi 15 janvier, qui parle d’amalgames peut en faire ce qui
atteint un seul en ces jours noirs tous nous atteint
il faudrait faire joie des mots, troubler mieux le langage pour
décoller l’œil du guidon, agrandir l’horizon pour, contre
chacun sur son quant-à-soi et la guerre
la haine armée de fantasmes identitaires
on brûle des effigies du président de la France au Pakistan
c’est Sarkozy, c’est dire notre différente temporalité
à Grozny éclatent des manifestations obligées téléguidées
au Niger il y a 45 églises brûlées, et dedans, des morts
à Ploucville on espère qu’il n’y aura pas de vent

vendredi 16 janvier, un mot est un mot ce qui veut dire
qu’il nous faudrait, de vergogne, être et de peur et cependant
de rigueur, homme, c’est dire à apprendre des autres
avec la langue bien pendue, fêlés des mots mais pas que
et non pétris de haine, en dépense charnelle
blasphémer est un mot, curieux de paroles avec
et le recul et l’affection, et rire aussi
et on le sait depuis Aristote, cela déplaît, inquiète
comment en arabe se dit, en pilipino, en pachtoun, blasphémer
c’est-à-dire aussi pure articulation vocale, plaisir de
donner aux autres un chemin qui sépare et qui rit et qui lie

samedi 17 janvier, 0 degré, gel sur les routes, la mitraille
qui claque brûle le froid, les Syriens sous des tentes on dit
abris de fortune, qui est un mot qui veut dire si on y pense
en hiver ce vieux fiancé des phtisiques, mal à me plaindre
moins 10 dans les zones montagneuses du Kurdistan
tant le froid cueille âgés ou jeunes, cœurs à nu
plus de 200 000 morts depuis le début de la guerre en Syrie
pas d’accès aux médicaments, hypothermies, une seule
bronchite tue, des maladies qu’on ne connaissait plus
et des bébés que leurs parents affolés, perdus, réchauffent
au fioul et qui meurent, brûlés

dimanche 18 janvier, on s’étonne de tant de
la pauvreté ici aussi et comment, mesurer quoi, qui n’a rien
le mot ne dit pas ce que ressent un père avec son fils
dans un garage abandonné, ou ma mère, à l’école qui
voulait apprendre, désignée par un mot qui aussi tue
indigente, et les carences, et les hontes, de quoi ne plus jusqu’à
perdre la tête, n’être pas très, hors gonds, n’être pas
là, dans ce monde où chacun est plus souple à l’appât du gain
au vol qu’au partage, à l’envie qu’à l’écoute, à la haine
crie encore mort aux juifs, juif la France n’est pas ta France
par révisionnisme, invention française, à si minable quenelle

lundi 19 janvier, comment a-t-on pu comment encore
que font les guerres aux hommes, qui ne s’oublie pas
a-t-on pu revenir d’Auschwitz
comment parler, quoi dire comment faire, face à
l’islamophobie masque de viles peurs, à l’antisémitisme
ces mots stéréotypes cachés par d’autres mots que peuvent
les mots, n’y sont pour rien, ce sont nos responsables usages
mésusages, nos périphrases hypocrites
il y a des peurs, des haines contre les Arabes, contre les Juifs
qui se croisent, des mépris, méconnaissances jusqu’aux
guerres, que font les guerres, même si on ne les vit pas

mardi 20 janvier, si mal, n’être que, n’être pas, perdue
la folie, tuer ces dessinateurs, des êtres seulement humains et
leurs proches ou ceux qui les défendaient ou des juifs pour être
juifs, ou êtres humains, on peut tuer des hommes qui rient
cibles, attentats, exécutions, sale guerre civile, délations
se débarrasser de, il prenait toujours la place de parking
dire qu’il n’est, qu’il a, blasphémé, c’est-à-dire, non tué, mais parlé
trop de chiffres et nombres/ de bouches à rire, pas le droit de vivre
n’a, même mal de guingois, mon devoir le leur dois, ne jamais
ni en rabattre ni en lâcher les mots, surtout pas, pour, tous
et surtout pour Cabu et son rire d’être libre

mercredi 21 janvier, et que font les guerres même si on ne les vit pas

13 novembre 2015

[Chronique] Philippe Annocque, Pas liev, par Bruno Fern

Philippe Annocque, Pas Liev, Quidam éditeur, automne 2015, 152 pages, 16,50 €, ISBN : 978-2-915018-86-8.

 

Voici l’histoire d’un homme dont le nom est l’anagramme du verbe vivre en anglais, désordre qui comporte apparemment plus de risques que d’avantages – d’ailleurs c’est dit : « Ici, c’est vite mortel. », même si cette phrase de la première partie du livre résonne tout autrement à la fin. Chacun des gestes de ce personnage aussi central que décentré, chacune de ses sensations et chacune de ses pensées reflète un dérangement originel qui va en s’accentuant. Par exemple : doit-il s’asseoir ? Si oui, où ? Et comment nommer ce siège qu’on lui indique ? Ou bien : a-t-il déjà fait cette deuxième sortie en vélo dont des bribes lui reviennent à l’esprit ? Et que se serait-il alors passé de différent d’avec la première ?

Confusion des lieux, de la chronologie des événements mais aussi des êtres, des objets et des sentiments, tout contribue à déconnecter de plus en plus Liev de ce qui l’entoure. C’est pourquoi ce que l’on entend communément sous le mot de monde devient étrange et même inquiétant jusque dans le moindre détail – ainsi, dès les premières pages : « Là, sur le sol, juste là, il y avait une petite chaussure en toile. Une pointure d’enfant. Liev avait uriné dessus. » La narration, dont la position d’extériorité pouvait d’abord sembler rassurante, est progressivement atteinte par tous ces troubles et apparaît à son tour comme l’un des symptômes du dédoublement de Liev. En effet, Philippe Annocque multiplie les procédés pour mener un récit qui nous emporte avec lui au même rythme que son personnage l’est dans la confusion, entre la légèreté liée à son détachement, voire un certain humour, et la menace grandissante d’un drame : « Et puis les choses sont allées moins bien. » Cet emportement a notamment lieu à travers les nombreuses répétitions qui paraissent être autant de tentatives de Liev pour s’assurer de ce qui existe, y compris ce qu’il ressent  (« Liev se disait qu’il n’en pouvait plus. Il avait conscience qu’il se le disait, il se disait que, puisqu’il se le disait, peut-être, peut-être que ce n’était pas tout à fait vrai, peut-être que ce n’était pas tout à fait vrai qu’il n’en pouvait plus. »), ou bien par les indices semés çà et là, relançant l’attention mais néanmoins insuffisants pour que nous parvenions à reconstituer les faits dans leur intégralité – ce qui nous place, comme Liev, face à de multiples zones d’ombre.

Cela dit, le livre vaut également la lecture parce qu’il montre avec finesse à quel point l’état de Liev dépend au moins partiellement de ce que son entourage fait de lui – par exemple, les abus sexuels dont il est victime ou son cantonnement dans des tâches qui ne sont pas celles qu’il espérait : « Liev a dit encore une fois, une nouvelle fois, qu’il était venu pour le poste de précepteur. Dans un autre monde, peut-être, on entendait sa voix. » Ce sont donc aussi les autres qui (le) rendent fou – dimension qui renforce le constat que Liev n’est finalement pas si différent de chacun d’entre nous et ce d’autant plus qu’il serait difficile de contester cette affirmation : « Il est rare que la réalité coïncide parfaitement avec l’idée que l’on s’en fait. » 

12 novembre 2015

[Chronique] Angela Lugrin, En-dehors, par Tristan Hordé

Angela Lugrin, En-dehors, éditions Isabelle Sauvage, coll. "Singuliers pluriel", été 2015, 160 p., 18 €, ISBN : 978-2-917751-57-2.

 

Les prisons ne sont plus des lieux où ceux qui ont été mis à l’écart de la société après jugement sont totalement abandonnés à eux-mêmes ; même si le nombre de prisonniers qui souhaitent suivre un enseignement reste faible, il est en progression. Angela Lugrin a enseigné la littérature à la prison de la Santé pour les épreuves de français du baccalauréat, avec au programme Le Cid et Les Liaisons dangereuses, et c’est ce travail d’un an qui est l’objet de En-dehors. On ne lira pourtant pas un compte rendu des difficultés à enseigner en milieu carcéral : elles ne sont pas plus importantes qu’au collège ; on apprendra plus sur sa manière de faire lire des textes ‘’classiques’’ à des détenus qui, dans leur vie présente, sont fort loin des subtilités de la littérature — l’un d’eux écrit d’ailleurs fort justement : « Mon état actuel ne me permet pas d’avoir les idées claires ». La professeure abandonne les schémas scolaires, fondant la lecture des textes sur les réactions de ces lecteurs particuliers, quitte à longuement argumenter pour mettre en cause des propositions pour le moins conventionnelles vis-à-vis des femmes et de la société. Ainsi, quand ils voient en Chimène le modèle négatif de toutes les femmes, elle explique que les mots sont les seules armes de la jeune femme ; sachant cependant que pour les prisonniers Chimène, comme elle l’écrit, « c’est un peu moi et mes papiers ». Cependant, le fait d’insister sur la validité de toute « lecture libre » qui s’appuie sur le texte, de rejeter la lecture d’autorité finit par avoir des effets : au fur et à mesure que l’étude des Liaisons dangereuses progresse, « on avance […] dans le texte avec une vérité que je ne connais plus dans les écoles au-dehors des murs. » L’année s’achève avec le succès de plusieurs à l’examen, mais le récit d’Angela Lugrin, d’une certaine manière, relate moins ce qu’a été sa pratique d’enseignante que sa vision des prisonniers et ses propres rapports au monde.

Dans En-dehors, le lieu ‘’prison’’ est ambigu ; pour ceux qui y sont enfermés, ce n’est pas un lieu « où la langue interroge sans fin l’aurore et les ruines » — la littérature — mais où seule la question de la libération a un sens. Angela Lugrin, elle, revient régulièrement à cette idée qu’elle abandonne à la porte de la prison « la précipitation de la vie », et qu’elle entre chaque fois « dans un espace à l’abri, une terre de l’enfance, un lac noir de chagrins d’adultes ». On comprend alors qu’elle écrive, quand elle en sort : « la porte qui s’ouvre sur la rue de la Santé, sur Paris […], on ne peut pas dire que ce soit un retour à la réalité. Ce serait plutôt le retour à nos enfermements respectifs. » L’enfance qu’elle évoque, c’est d’abord la sienne, quand elle rencontrait les malades que soignait son père dans un hôpital psychiatrique, quand elle se souvient aussi d’un « vieux rêve, un rêve de l’enfance, un rêve de prison », quand elle s’imagine à l’écart de toute institution, un peu « brigand ».

C’est pourquoi elle ne se demande pas pourquoi ses étudiants ont été jugés et enfermés, et ce n’est pas seulement parce que ce savoir risquerait alors de gêner sa pratique d’enseignante : pour elle, ce qu’elle cherche à retenir des prisonniers, c’est « ce qui leur reste, lorsque même le crime les a désertés » ; voyant par exemple dans un rêve deux jeunes détenus, ce qui la frappe c’est que « leur visage est celui d’enfants ». Cette enfance, elle est constamment présente, dans la « fragilité d’un regard », dans une voix, dans la lecture d’un texte ou quand un détenu tombe de sa chaise : sa chute provoque un rire général et « ils sont comme des enfants et j’ai encore le rôle de la maîtresse ». Parallèlement, dépouillés de leur passé, de leur échec à vivre au dehors, tous lui apparaissent beaux ; son frère, médecin, peut lui reprocher d’en faire des « portraits angéliques », elle les voit cependant « comme des pauvres, ou des seigneurs d’un autre âge » et, devant des initiales tatouées (VMI), elle écrit « je trouve ça beau » quand on lui en donne le sens, ‘’vaincu mais indompté’’.

Si l’on ne retenait que ces passages du livre, on parlerait de fascination pour le monde carcéral. Les choses ne sont pas si simples. Angela Lugrin n’ignore pas du tout la violence qui règne dans la prison, pas plus que celle qui y a conduit ses étudiants ; elle observe aussi que l’enfermement marque les corps jusque dans la démarche et elle a en tête cette remarque d’un détenu, « Vous ne pouvez rien pour nous ». Plus encore, elle a vite compris qu’il lui fallait être « « en-dehors » », refuser toute ambiguïté dans sa relation avec les uns et les autres, pas au nom d’on ne sait quel principe mais pour conserver le regard particulier qu’elle porte sur les détenus, et il faut bien entendre ce qu’elle définit comme ‘’distance’’ ; « La distance comme une pudeur, une prudence face au réel de la douleur. Si la distance est trahie, la beauté disparaît, l’impensable peut surgir. »

11 novembre 2015

[News] News automnales

Ce soir, un florilège de RV jusque début décembre : Laurent Grisel, William Marx, le salon de l’Autre livre, NEXT festival, Goria & Poyet, Sébastien Rongier, les éditions MIX…

 

â–º  Retour sur la rencontre au Bateau Livre du 30/10/2015, avec Christophe Manon et Stéphane Vanderhaeghe, grâce à la vidéo de Aurélie Olivier.
Précisons que le roman de C. MANON, Extrêmes et lumineux, vient de recevoir le prix Révélation de la Société des Gens de Lettres.

â–º Agenda de Laurent Grisel.

Le 24, paraît le poème Climats ; auparavant, le 18, réédition de Un Hymne à la paix (16 fois).
En mai dernier est paru 2006, premier volume du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après.
Ces trois livres sont soit en édition papier (epub inclus) – à commander dans n’importe quelle librairie – soit en epub seul.
Le 13 novembre à partir de 18h00 et le 14 à partir de 14h00 Laurent Grisel sera au Bastille Design Center, 74 boulevard Richard Lenoir, Paris onzième, dans le cadre d’une exposition collective intitulé Chroniques ; Mirella Rosner a créé une sculpture-installation sur un texte extrait de 2006 ; l’auteur lira quelques extraits de ce livre.
Le 24 novembre à 20h00, il sera accueilli, en compagnie de Philippe Petit, par la librairie Tschann, 125 bd du Montparnasse, Paris sixième. Brèves lectures, questions, discussions.

â–º Jeudi 12 novembre à 18H30, Librairie Compagnie (58, rue des Écoles 75005 Paris), rencontre avec William Marx pour son dernier essai, La Haine de la littérature.

â–º Du 13 au 15 novembre, Le salon de l’Autre Livre à l’Espace des Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75004 Paris).

L’Association L’Autre Livre vous offre, du 13 au 15 novembre 2015, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

â–º Du 13 au 28 novembre, NEXT festival autour de Lille Métropole (France/Belgique) : programme.

â–º Je digitalise comme un fou, 3.1 (lecture écrans performés) e|m|a|rencontre Chalon-sur-Saône [cf. image en arrière-plan]

Performance de Françoise Goria et Pascal POYET
18 novembre 2015 — 19h — Auditorium
ouvert à tous

Une « lecture écrans performés » est une table de travail. Un texte et un corpus de photographies sont mis en mouvement par leurs auteurs respectifs, par la lecture et la projection numérique. Ils ont d’abord été élaborés séparément. Lorsqu’ils sont diffusés simultanément (lorsqu’ils sont « performés »), les deux ensembles, mots et images, peuvent coïncider ou diverger. Chaque auteur-opérateur « réalise », au sens cinématographique du terme, deux phrases empruntées à Jacques Derrida : « Depuis longtemps, je dis qu’on écrit des manuscrits pour deux mains. Et je digitalise comme un fou. »
La performance publique est la dernière étape d’un processus de fabrication du sens.

â–º Samedi 21 novembre, Librairie du Cinéma du Panthéon (15, rue Victor Cousin 75005 Paris), rencontre avec Sébastien Rongier autour de Cinématière.

Le cinéma s’est nourri et se nourrit des autres formes artistiques. En s’imposant à la fois comme valeur culturelle et comme patrimoine, le cinéma devient lui-même une source d’inspiration et d’interrogation pour les autres formes artistiques.
Cinématière est un livre dense et passionnant qui interroge la place des images cinématographiques dans l’art contemporain et dans la littérature d’aujourd’hui. Le concept de "cinématière" est donc l’occasion d’étudier les relations entre cinéma et les autres arts, d’envisager les déplacements esthétiques et de repenser l’idée d’image à partir d’œuvres contemporaines.

Sébastien Rongier est écrivain et essayiste, membre du comité de rédaction du site littéraire remue.net.
Derniers ouvrages parus : Cinématière, essai paru chez Klincksieck en février 2015 et 78, roman paru en août 2015 chez Fayard.
A paraître : Théorie des fantômes. Pour une archéologie des images, essai paraissant aux Belles Lettres le 12 février 2016.

â–º Vendredi 4 décembre 2015 à 19H, Lafayette Anticipation (46, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnière 75004 Paris) : soirée pour les 10 ans des éditions MIX + tombola + présentation des nouveautés. Le ticket de tombola est à 65 € (édition Dieudonné Cartier + 3 ouvrages offert) et lots exceptionnels à gagner. Et en plus, le nouveau site est opérationnel !

8 novembre 2015

[Texte] Claude Favre, Déplacements août 2015

On appréciera ces précipités de Claude Favre que l’on pourrait nommer "vrac indignations"…

 

1. à la guerre comme à la guerre

 

2. migrants de Calais, le fret britannique perd de l’argent

 

3. mauvaise tête

 

4. amputé de quelque, dès l’enfance, fil ténu de la confiance

 

5. en Hongrie, au Soudan

 

6. un pied dehors

 

7. partir dans le monde pour de tels moments

 

8. sur 2 personnes appelant le 115, 1 n’obtient pas d’hébergement

 

9. on convie les fantômes, d’un mot à l’autre, qui demeurent assez secrets

 

10. des guerres, en tout cas dans le détail

 

11. d’enfants à la Kalashnikov

 

12. qu’on nettoie, brique, caresse, des armes

 

13. recours, l’an dernier, au 115 par plus de 21 000 mineurs

 

14. effets de déplacement des dépenses publiques en cas de crises, guerres

 

15. jusqu’au bout

 

16. relevés, diagnostics, sanctions

 

17. nouveau meurtre sordide à Mexico, tortures

 

18. journalistes assassinés, en morceaux

 

19. les oreilles du gouvernement

 

20. sons gravés par la Nasa, banque de sons dans une sonde, hittite, zoulou, etc.

 

21. hôtel de la puissance

 

22. objectifs d’Ankara, stratégie, a laissé faire

 

23. Daesh, Assad, yézidies violées, embarras, contentieux

 

24. à partir de, quelque chose changerait, à partir de

 

25. kurdistan irakien en frontière avec l’état islamique

 

26. état du nombre,1 800 000 réfugiés

 

27. quel début à la guerre

 

28. engourdis, relevés, diagnostics, tremblés

 

29. tout ce qui non musulman, ou chiite pour sunnite, ou inversement

30. ils étaient là on les a tués

 

31. tout ce qui est non chrétien, non bouddhiste, etc., pire, athée

 

32. Yézidis, Coptes, Arméniens, Juifs, Irakiens, etc., Kurdes, autres Kurdes, etc.

 

33. deuxième front, économie, embarras disparates

 

34. Kurdes ou Turcs, en Turquie, apprenant qu’ils sont Arméniens

 

35. conversions, déplacements des patronymes

 

36. antisémitisme en Turquie, graine

 

37 opérations de police, formations de militaires, on franchit le pas

 

38. les oiseaux font leur nid dans ma maison

 

39. le système symbolique est une toupie

 

40. il n’en restera plus qu’un

 

41. à la guerre comme à la guerre

 

42. cochon attribué de tous les vices

 

43. dont on ne prononce pas même le nom chez certains rabbins

 

44. extrêmistes juifs, un bébé brûlé vif dans sa maison

 

45. dont le corps

 

46. pilules, prévention, théâtre des opérations

 

47. crime, organisé, au Mexique, autorités impliquées, impunités

 

48. désireux de promouvoir la détente internationale

 

49. le renforcement de la confiance entre États, traité de non

 

50. prolifération nucléaire, baisser la garde, un grand ménage, main de fer

 

51. déploiement de dix chasseurs F16 en Turquie, où est la Turquie

 

52. summertime

 

53. rafles, attaques, tout ce qui n’est pas autorisé

 

54. rotation des frappes, fidèle à l’honneur d’être vivant, dit Lobo Antunes

 

55. à la guerre comme à la chasse

 

56. chaises musicales

 

57. plus de vide que de plein dans le fromage, et le champagne

 

58. Sibérie, des peuples disparaissent brisés par l’alcoolisme

 

59. chaises défonçées, etc.

 

60. jusqu’au bout

 

61. la petite bête

 

62. Irak, manifestations, choses extraordinaires, tout n’est pas officiel

 

63. scénarios, affaires, dispositifs

 

64. St Domingue, seul pays à accepter les juifs après 45, faire venir des blancs

 

65. les voitures de course pour les nazis avant 45, et les avions après

 

66. l’occasion, le καιρος, l’extrêmement construit, des vagues d’idées

 

67. les pays ne sont pas là où ils devraient être

 

68. d’en appeler à l’histoire, choisir son nombre de pages

 

69. St-Domingue, des blancs contre les noirs en trop grand nombre, et l’argent

 

70. on trace, chante, donne forme, etc.

 

71. où vont les espoirs à la rue

 

72. ultra, orthodoxes, comptes, idéologies

 

73. Autriche, 1 700 migrants depuis le début de l’année

 

74. enfermés plus de 12 heures à l’arrière d’un camion, 86 personnes, 16 enfants

 

75. zone de sécurité, zone de non agression aérienne, postures diplomatiques

 

76. à tout le moins

 

77. il prend le vent et le verse dans un panier ajouré, devinette tchadienne

 

78. le temps presse, cochonneries, tenir les positions

 

79. Tel-Aviv sur Seine, sur scène, polémiques, tenir les positions, symboles

 

80. ce qu’on a beaucoup dit, chaos actuel

 

81. Syrie, pas utile pour nous, dans la rue

 

82. tout a lieu pour la première fois, labyrinthe de mémoires, agace Borgès agace

 

83. frappes à l’aveugle, ça n’a pas eu lieu, armées conventionnelles

 

84. assurer la sécurité de Bachar al-Assad

 

85. une semaine dans le monde

 

86. pas de direction où aller, on the road, n’est-ce pas Kerouac

87. y va de son plan, ne propose rien

 

88. on serait plus optimistes, si

 

89. bourbier, combien de générations, de corps, questions

 

90. Tianjin, champ de bataille, camions de pompiers, voitures carbonisées

 

91. plus de 100 morts, jeune main d’oeuvre non formée pour premiers secours

 

92. 17 000 riverains, déflagratations, composants chimiques toxiques

 

93. ça n’a pas eu lieu, quel air, quelle eau

 

94. purges en Birmanie, ça n’a pas eu lieu

 

95. et derrière la vitre, tenir les positions, venir à bout, limiter les dégâts

 

96. plusieurs centaines de tonnes de gaz inflammable et toxique

 

97. Hongrie, 4 m/ haut-175 kms/ long, barrière anti-migrants

 

98. l’Europe doit rester aux européens, et pourtant elle tourne

 

99. incidents sur l’ile de Kos, touristes dérangés

 

100. godasses, précieuses, des migrants

 

101. vers l’Angleterre, l’Allemagne, la France parce que

 

102. il paraît que les Afghans y sont bien accueillis

 

103. hébergements de fortunes, fortunes de mer, affrontements

 

104. estimation du nombre d’arrivées, décès par points d’entrée

 

105. à la guerre comme à la bonne ou mauvaise fortune

 

106. tu viens en Hongrie tu dois respecter nos lois

 

107. dans la cale étouffé, chanceux à Calais

 

108. où vivent les anges, portés disparus

 

109. quel début à la guerre

 

110. où vont les morts étouffés dans les cales, conteneurs, les oiseaux

 

111. puisque l’idéologie ne voit rien, n’entend rien, ne dit rien, sauf

 

112. Boulogne, un boulanger donne son pain aux migrants

 

113. lames de rasoir tranchantes sur fil de fer barbelé pour, frontière

 

114. rescapés, survivants, périmètre de sécurité

 

115. Syrie, plus de 100 morts, à même le sol, les blessés, le sol, le sang

116. C’est un trou de, tout le monde, concerne tout le monde Rimbaud

 

117. remblais, ourlets de terre, frontière de contrebandes, Rimbaud

 

118. le nom des murs, obstacles, terres des deux côtés, vers où

 

119. c’est où est le Dombass

 

120. summertime

 

121. Libye, qui essaie d’avoir quelques objectifs

 

122. et quel bel aujourd’hui, avec tout l’obstacle

 

123. ne pas couler avec les morts, flache

 

124.. Palmyre, 82 ans, protecteur des antiquités, torturé pendant des semaines

 

125. sur place publique, décapité

 

126. perle du désert

 

127. ne pas couler avec les morts

 

128. il y aurait du soleil

 

129. inscriptions araméennes et grecques, pillages, tueries

 

130. il y aurait des guerres saintes, des géants pétroliers

 

131. autorisés par les États-Unis à forer plus profond en Alaska

 

132. nous sommes déterminés

 

133. Calais, 120 filières de passeurs seraient démantelées

 

134. Turquie, loi martiale

 

135. attentats Égypte, Turquie, Irak, Syrie, etc., déplacements, etc. Yémen, etc.

 

136. un ballon, non, une tête, juste un homme

 

137. nous sommes déterminés

 

138. Macédoine, où va la route

 

139. n’est pas qu’une route, la route

 

140. filières, concentrations, traversées, barbelés

 

141. à travers lesquels

 

142. bel été, nombre de touristes français en Grèce

 

143. Palmyre, temple de Baalshamin saccagé, musée devenu tribunal, prison

 

144. tabula rasa, fantasmes, manque d’air

145. Palmyre, la Croisette, Mélenchon, 3 vidéos à ne pas manquer

 

146. il y aura plus de femmes, moins de poésie sur France Culture

 

147. qui est partout la poésie, c’est ça c’est ça, qui est nulle part

 

148. à la guerre comme à la peur

 

149. Auch, incendie d’une mosquée, étendue des dégâts

 

150. des dieux païens intercesseurs des hommes

 

151. un pied dehors

 

152. Bulgarie 5m/ haut-1,5 m/ large/ 130 kms/ frontière, n’empêche

 

153. financé par l’Union Européenne

 

154. un pied dehors

 

155. Allemagne, Hongrie, gaz lacrymogènes contre un centre de migrants

 

156. Macédoine, assemblage hétéroclite, manœuvres, langues

 

157. mot d’emprunt que la route à la langue turque, en macédonien

 

158. et un certain nombre d’emprunts remplacés, puis à nouveau en usage

 

159. quoique pas de la manière que disent les hommes

 

160. frontière, clôture, voie ferrée, est-ce qu’on peut expliquer

 

161. que 2 femmes en fauteuil roulant

 

162. une grande foi dans la vie, tu parles

 

163. sommet des questions migratoires à Vienne, 71 morts dans un camion

 

164. plus compliqué de partir de

 

165. n’obtiendront jamais l’asile en Allemagne, axphyxiés

 

166. ils ont fui

 

167. ils ont fui l’Ukraine, la Tchétchénie, le Congo, la folie des hommes

 

168. état de décomposition

 

169. ils ont 11, 5, 9 ans, attendent copie de leur acte de naissance

 

170. les poings dans les poches, la rentrée des classes, la tête ailleurs

 

171. migrants, réfugiés, exilés, débat sémantique, pas que, clandestins

 

172. summertime

 

173. pour homosexualité, rebellion, sorcellerie, par Daesh tués

174. Palmyre, figures anthropomorphes du temple de Bêl dynamité

 

175. état de décomposition, amputé, de

 

176. et le jeu des peurs, ambitions électorales, etc.

 

177. Irak, tout vestige de petite taille vendable sur marchés clandestins

 

178. et le jeu du marché, facteurs explicatifs, etc., etc.

 

179. intérêts, primes, endettement, etc.

 

180. dégradations des terres, promotions, manger français

 

181. contamination de l’eau

 

182. spectacle de la mise à mort

 

183. quoique pas de la manière que disent les hommes écrit Patti Smith

 

184. poussières

 

185. summertime

 

186. Palmyre, carrefour caravanier, de l’Inde à l’Euphrate

 

187. et Hatra, c’est où Hatra

 

188. et si

 

189. on n’arrête pas de dire des choses

 

190. et si, fidèle à l’honneur d’être, nous écoutions Lobo Antunes, vivants

 

191. jusqu’au bout

 

192. coupés, etc.

 

192. zones de l’entre-deux

 

193. Marjane Satrapi à la direction de France Culture

 

194. je dis ça, je dis rien

 

 

et par ailleurs

6 novembre 2015

[Livre] Jean-Jacques Nuel, Billets d’absence, par Christophe Stolowicki

Jean-Jacques Nuel, Billets d’absence, Le Pont du Change, automne 2015, 76 p., 12€, ISBN : 979-10-92038-04-0.

 

Un écrivain fait grève, la seule qui passe habituellement inaperçue. Or non, voilà qui déclenche une révolution. Le moi peu divisé d’un prénom composé, Jean-Jacques, creuse le grand écart. Aux Jivaros réducteurs de textes « la révolution numérique […] fatale ». Mieux vaut tard que jamais : « le plus grand écrivain français vivant de textes courts » visité par de ravissantes journalistes qui décroisent leurs jambes et ramassent gentiment sa « canne tombée à terre ». Dans Port d’attache le demi-tour vers La Rochelle de qui « croy[ait] découvrir l’Amérique ». L’homme et la femme âmes sœurs aux antipodes « reliés par un fil invisible », se déplaçant symétriquement. Une lecture devant un public de seules personnes âgées. De dissection recuite, lucidité sans faille, humour mieux que noir, spleenétiques de Lyon, d’onction baudelairienne, retors de maints tours & retours de béquille, la plupart écrits au passé, simple ou composé, parfait d’imparfait – une collection d’apologues contemporains à plusieurs planchers et morale unique : l’écriture. Billets d’absence : la vie la grande absente.  

5 novembre 2015

[Chronique] Le Dieu Machin (à propos de Louis Savary, Je suis poète. Ite missa est), par Jean-Paul Gavard-Perret

Louis Savary, Je suis poète. Ite Missa Est, Editions des Presses Littéraires, Saint-Estève, automne 2015, 100 pages, 15 €. [un régal que le site de l’auteur !]

 

Louis Savary est un poète atypique. Sans faire du Nadine Morano, il est possible d’affirmer que son statut d’irrégulier belge y est sans doute pour quelque chose. Son œuvre ne ressemble à aucune autre, elle n’appartient à aucune tendance, à aucun courant particulier, elle est essentiellement un questionnement récurrent sur l’existence et le poétique à travers une séries de poèmes qui naviguent entre aphorismes et poètes qui sont toujours au nombre de cent.

L’auteur fait de la poésie  son autoportrait, son paysage, son nu  mais jamais sa vanité. Non seulement il revisite les sujets traditionnels, il investigue,  décortique, casse les codes (mais jamais les couilles). Ses poèmes  défient constamment les pensées toutes faites : libres d’être, ses poèmes restent bien sûr libres d’être interprétés. Surtout lorsqu’avec le temps les fatrasies  conduisent enfin à Dieu. Sujet paradoxalement moins intemporel que d’actualité. Certes, croire ou ne pas croire en Dieu ne se décide pas. A partir de ce postulat, tout est possible. Même si certains, lorsqu’ils ne croient pas à la divinité, s’acharnent.

« Dieu j’y croirai / quand il aura réussi / à me faire rire », affirme Savary : c’est dire comme il est maladroit. A l’inverse de Dieu, nous lui pardonnerons car il nous fait rire. Le poète est poussé aux rencontres qui l’éloignent de Dieu. L’imprudence est notoire, d’autant que nul ne sait où il se cache. Mais dans sa grande clémence, Savary absout la divinité même si celle-ci ne croit pas au premier.  Il rappelle à la fois que son fils est le fruit « de la première insémination artificielle » et que  « notre » Père Premier fut enfanté par l’homme dans lequel son esprit eut tôt fait de se dissoudre. Mais il s’est bien vengé par la démesure des châtiments que des hommes ont imposés à d’autres pour sanctifier leur vue de l’esprit saint.

Dès lors, quand « l’obscurantisme / gagne du terrain / l’image de Dieu / reprend des couleurs ». C’est triste à dire, mais il est sans doute bon de le rappeler. Fantasme ou non, Dieu n’est pas fantasque. A la parole, il préfère la parabole. Mais Savary ne s’en soucie guère, et n’étant moine qu’à la manière du frère Jean des Entommeures de Rabelais, il ne fait jamais vœu de silence. Il sait, lui, qu’avant le Maître il y eut le verbe. Mais ceux qui forgèrent le premier se sont autorisés toutes les traductions même dans le langage des signes pour s’emparer du second. Pour autant, aucun mot n’a jamais atteint la divinité. En son nom seuls les maux sont maîtres. Mais si Dieu leur rend bien, le poète espère à la résurrection des seins.

3 novembre 2015

[Création] Daniel Cabanis, Opportunités, accointances (2/2)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:39

Drôlement irrésistible la nouvelle série de Daniel Cabanis, créée à partir des lavis érotiques de Paul Vican.

 

Précipité n° 4

Pervers, qui voit de l’érotisme là où il n’y en a pas : chez Paul Vican par exemple.

 

Pas exactement professionnel

Mme Chopin (sans rapport avec Henri) me téléphone Allo-bonjour-ne-raccrochez-pas-merci et me propose ses services à domicile. Quels ? je demande. Secrétariat, comptabilité, cuisine, ménage, repassage, danse, dessin, poésie. Ça ne m’intéresse pas, j’ai ce qu’il faut. Elle insiste. Et en cas de maladie je peux également soigner, dit-elle. Ah. Manque pas d’air Mme Chopin. Suis curieux de voir de quoi elle. Bien, retrouvons-nous quelque part pour un premier contact. Oui mais où ? Elle propose les toilettes du Musée d’art moderne dimanche à midi. Pourquoi pas. Il y aura du monde, vous me reconnaîtrez à mon air absent, dit-elle. Euh, je suis pas physionomiste, ça va être compliqué, dis-je. Vous inquiétez pas, dit-elle. Bon. J’aurais préféré ailleurs un endroit plus discret, mais va pour l’art moderne. Le dimanche suivant au sous-sol du musée côté toilettes femmes, c’est l’affluence en effet. Ça va et vient, ça presse au portillon ; que des mordues de Cubisme, Fauves, Abstraction etc., mais pas de Mme Chopin. J’ai beau demander si et où, personne ne sait rien d’elle. Et quelques dames se paient ma tête. Ah, maudit soit l’art, idem les sanitaires ! Nous voilà treize heures, je vais pour m’en aller. Subito arrive Mme Chopin. Je la reconnais à, difficile de dire quoi, mais c’est bien elle. On avait dit midi, j’attaque. J’étais chez les hommes ! elle répond. Elle m’attendait. Ça se tient son histoire. Elle a dû en baver, je pense, chez les messieurs. Assez perdu de temps, dis-je : allons-y chez moi. On y va au lit. Et Mme Chopin sait y faire. Elle a de l’expérience.

 

 

Précipité n° 5

Paul Vican répugne aux lavis à l’eau de rose, lui c’est plutôt poix goudron plumes.

 

Pas exactement équitable

Mme Genette (aucun rapport avec Gérard) me contacte en vue de. Elle aimerait que je lui accorde un entretien. Elle a lu mon dernier essai, La vocation des sources à se tarir (lu en diagonale dit-elle), et maintenant elle voudrait en savoir plus. Relisez-le, dis-je ; et pas de temps pour un entretien, trop de travail, et mon roman Bel anus à finir. Elle tousse au téléphone, et puis relance. À la fin de La vocation des sources, dit-elle, vous tirez des conclusions en forme de sonnette d’alarme ; ça fait peur, non ? Ah, l’infâme charabia de journaliste ! Que dire à Mme Genette ? Je ne dis rien. J’ai envie de la raccrocher. Mais elle relance encore une fois. Et ce roman, de quoi ça parle, hein (elle rit), et si on s’en causait ? Ah. Charabia et familiarité à présent. Qu’est-ce qu’elle imagine ? Elle subodore un scoop. Scabreux, je suppose. Eh bien non, Bel anus est un polar, chère Madame, situé dans le milieu maffieux de la collecte et du retraitement des déchets ; à l’origine, ce roman s’appelait Le traitement des ordures coûte cher mais peu à peu j’ai craint la confusion possible avec un essai écologique et j’ai changé de titre ; Bel anus est plus clair, je crois, plus romanesque aussi ; qu’en dites-vous ? Elle approuve. Elle a maintenant très très envie de lire Bel anus. L’environnement, la crise énergétique, la fin de l’eau potable, tout ça ne l’intéresse plus. Elle me demande l’exclusivité pour son hebdo des bonnes feuilles de Bel anus. Je refuse. Elle insiste. Elle veut me voir. Écoutez, dit-elle, je vais vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser. Et en effet, je lui cède. 

 

Précipité n° 6

L’érotisme chez Paul Vican est elliptique, essentiellement elliptique ; presque rien.

 

Pas exactement imprévisible

Mme Herzog (sans rapport avec Werner) loue depuis un an le local du rez-de-chaussée de l’immeuble. Elle y a ouvert un cabinet d’astrologie & voyance. Évidemment, sa présence dans nos murs déplait beaucoup aux rationalistes jaloux et une rude cabale s’est formée pour chasser la sorcière. Mme Herzog a deviné (ou a vu) les agissements fébriles de la copropriété et y a répondu par le mépris. Son affaire marche bien. Elle ne reçoit que du beau monde : notables, hommes politiques, crétins du showbiz, sportifs et footballeurs. J’imagine que cher doit être le thème astral et ruineuse la prédiction mais, curieux, je décide de m’offrir une consultation chez elle. Rendez-vous est pris. Un mardi. Je me présente à l’heure dite et Mme Herzog (Ah, c’est vous ! dit-elle) me fait entrer. On s’est croisés souvent sous le porche, elle sait qui je suis (personne). Alors, on vient m’espionner un peu ! Elle rit. Euh, je dis ; non, bien sûr que non, évidemment non, vous savez moi hein etc. Je sais, dit-elle. Et elle demande si projets, soucis, peines de cœur, problèmes de santé ou d’argent ? Rien, je dis. Sur le plan sexuel par exemple, comment ça va vos érections, toujours aussi, oui, ou non ? Rien remarqué, je dis ; vous êtes médecin ? Déshabillez-vous, que je vous examine. Ah. J’avais pas prévu ma mise à nu. J’ai peur. Je me tremble dessus. Allons-y, dit-elle ; pour vous la consultation sera gratuite. Eh bien ! Si on m’avait dit que. Qui ça on ? Dorénavant, je lirai mon horoscope. Mme Herzog est une artiste ; c’est une chance qu’elle se soit installée dans notre immeuble.

1 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, les RV à venir : Vazquez/Toqué, festival des arts multimédia Gamerz, Jean-Michel Espitallier, Marc Perrin/Benoît Cancoin, Mathias Pérez, AnnaO & A. Emden, Fred Griot, Michel Deguy.

 

â–º La vidéo de la performance Vazquez / Toqué au festival de Lille Littérature, génération Y, etc. est enfin en ligne grâce à Aurélie Olivier : "Étude de marché". On découvrira par ailleurs le nouveau site Libfly le samedi 7 novembre à 15H (Médiathèque du Vieux-Lille).

â–º Du 6 au 15 novembre, 11ème édition du festival des Arts multimédia GAMERZ.

PROGRAMME DES EXPOSITIONS

FONDATION VASARELY

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

BIBLIOTHÈQUE MÉJANES

OFFICE DU TOURISME

 

PROGRAMME DES PERFORMANCES / RENCONTRES / ATELIERS / SOIREES

FONDATION VASARELY
Performances


FONDATION VASARELY

Conférences – Rencontres – Tables rondes


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée Vidéo – Rencontre – Performance


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée de clôturePerformances et concerts
La Nébuleuse

â–º AGENDA de Jean-Michel Espitallier :

• 9-13 novembre. Workshop avec les étudiants des Beaux-Arts Rhône-Alpes. Résidence Moly Sabata (Sablons, 38).
• 19 novembre, 14 h. Rencontre et conférence, Ciclic, Orléans.
• 25 novembre-2 décembre. Lectures, performances, tables rondes. International Poetry Nights (Hong Kong & Guangzhou).
• 11 & 12 décembre. Radio (Fondation Louis-Vuitton, Paris).

 

â–º Dans le cadre de la résidence Marc PERRIN/Benoît CANCOIN à la Maison Gueffier à La Roche sur Yon, et précédant de quelques jours la parution du livre SPINOZA IN CHINA,

du 9 AU 15 NOVEMBRE :

● le 9 NOVEMBRE ●
rencontre, échanges, autour des Années 10 de Nathalie Quintane, Maison Gueffier, 18h30

● les 10, 11 et 13 NOVEMBRE ●
concert-lecture chez l’habitant, 19h00

● le 12 NOVEMBRE ●
concert-lecture au Studio de danse du Manège, 19h00

● les 14 ET 15 NOVEMBRE ●
week-end atelier d’écriture, 14-18h30 le samedi, 10-17h00 le dimanche.

*Le livre sera disponible en librairie à partir du 20 novembre, et à La Roche sur Yon dès le 12 novembre.

 

â–º RV avec le peintre Mathias Pérez, le fondateur des éditions Carte Blanche et de la revue Fusées : À la Granville Gallery, vernissage de l’exposition le 7 novembre de 14h à 20h (23 rue du Départ 75014 Paris).

 

â–º Bijoux d’artiste* & photographies, une proposition de AnnaO & Axelle Emden.

• Vernissage le samedi 7 novembre de 18h à 22h

• Exposition du 7 novembre 2015 au 2 janvier 2016 [Voir la photo en arrière-plan]

••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••

Sophie etc.
2 rue Gambey 75011 Paris

 

â–º Mercredi 18 novembre 2015 à 20H, Atelier du Plateau (5, rue du Plateau 75019 Paris ; billets) : concert de lancement de l’album "on trace".
http://www.fgriot.net/ontrace

un album-récit :
"on trace à pied la ligne inusable sur le sol. sur le sol sur la terre sous le ciel les nuages. on trace.

c’est l’histoire du cheminement… du cheminement de l’homme dans le temps, dans ce laps qui lui est imparti par des forces qui lui sont supérieures. dans cet intervalle et de temps et d’espace où il reçoit d’être et devenir, et où il peut aussi dans une mesure probablement modeste et certainement relative, agir… "

Avec :
Fred Griot (textes, voix)
Eric Groleau (batterie, composition)
Dani Bouillard (guitare, composition)
Thomas Deschamps (vidéos, photos)
Sophie Magnaud, Elisa Millot (scénographie, lumières)
Benoît Meurant (son)

â–º Le lundi 23 novembre 2015 à 19H, à la librairie L’écume des pages, 174 bd St Germain, 75006 Paris : Michel Deguy,  le calligraphe Rachid Koraïchi, l’éditeur Al Manar et Bénédicte Gorrillot vous attendent pour la parution du collectif de traductions en vingt langues  de Prose du suaire, poème composé par Michel Deguy  à la mémoire du poète Abdelwahab Meddeb.

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