Le mois de mai se profilant à l’horizon, les RV vont se multiplier : dans les NEWS de ce soir, RV avec la Revue du Cube pour la parution de son 6e numéro ; avec Skalpel à Manifesten (Marseille) ; avec Claro dans le 19e ; et, last but not least, le MaelstrÖm fiESTIVAL #8…
â–º Pour la sortie de son 6e numéro consacré au thème "PARTAGER", La Revue du Cube vous invite à sa soirée de lancement :
Participez aux échanges et réagissez aux articles de la Revue, ainsi qu’au débat de l’émission, en compagnie des invités et contributeurs :
– Cyril Dion, directeur de la rédaction du magazine Kaizen, co-fondateur et porte parole de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, mouvement fondé par Pierre Rabhi.
– Sylvain Kern, entrepreneur et fondateur de la Cité de la Réussite (forum de débats culturels, économiques, scientifiques et politiques devenu incontournable)
– Hortense Gauthier / HP Process, artiste transmedia, directrice de Databaz, centre d’art expérimental à Angoulême.
Émission de télévision participative préparée et présentée par Nils Aziosmanoff, Marie-Anne Mariot et Cyrielle Flosi.
Diffusion en direct sur www.cuberevue.com / www.lecube.com / Live-Tweet : @lecubetwit #CubeRevue
L’émission sera suivi d’un cocktail en présence des auteurs et invités de la Revue du Cube
—
Plus d’infos : http://lecube.com/fr/
â–º MANIFESTEN (59, rue Thiers 13001 Marseille) : samedi 3 mai 2014 à 19H, Rencontre & discussion avec Skalpel autour de son livre, Du bitume avec une plume + concert Bboykonsian soundsystem (Skalpel + Akye) = entrée libre
http://
â–º Le MOTif reçoit CLARO le mardi 6 mai à partir de 19h30. Soirée animée par Emmanuelle Favier. Lecture par Laurent Orry.
Le MOTif : 6, villa Marcel-Lods – passage de l’Atlas – Paris 19e
Réservations souhaitées (par mail : laurent.boudereaux@lemotif
â–º MaelstrÖm fiEstival #8, JEUDI 15 au DIMANCHE 18 MAI 2014 – INdoor / DIMANCHE 11 MAI + MERCREDI 14 MAI – OUTdoor
presenZ
Une Fête, un Festival d’Arts Littéraires, Poétiques et Musicaux
Invités d’Honneur:
Nail Dédé Kesova (TU), Compagnie Derviche Caravane (Fr), Anne Waldman (USA), Ambrose Bye (USA), Thurston Moore (USA), Tony di Napoli (BE), Le Quan Ninh (FR), Vincent Tholomé (BE), Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT), Serge Teyssot-Gay (FR), Michel Bulteau (FR), Krzysztof Styczynski (FR), Lucien Suel (FR), Dominique Massaut (BE) et les Anges du Bizarre (FR)
***************
Si ce n’est maintenant, quand ? Si ce n’est ici, où ? Si ce n’est moi, qui ? (A. Jodorowsky)
Désoccultez votre poésie … le passé et le futur sont deux voleurs qui dérobent le présent…
(Dante Bertoni)
Il s’agit du « Troisième Temps » après le fiEstival #6 qui « Troublait le futur », et après la plongée dans le passé… et ses vertus de guérison, d’apaisement avec le fiEstival #7 « Healing past »… Nous en arrivons au troisième terme de cette Trilogie : le Présent,
justement, la Marche de l’Infini Moment Présent et de la Présence…
Né de la volonté de dédier une fête à la «performance poétique», à la littérature, à la musique. Né de la volonté de décloisonner les secteurs artistiques. Né de la volonté de réunir annuellement des artistes et poètes internationaux autour d’un projet commun. Né de la volonté d’une rencontre conviviale avec le public.
************
OUTDOOR: Réévolution poétique! When poetry comes to town ! Dès le 11 mai les artistes du fiEstival réaliseront des lectures improvisées et des actes poétiques dans des cafés, des lavoirs, des coins de rue, des musées.
Du 14 au 17 mai à partir de 16h Libérez votre parole au Poetic Speakers’ Corner qui sera installé devant la Boutique maelstrÖm dans le piétonnier de la Place Jourdan…
Les 15 et 16 mai à partir de 18h : les apéritifs thématiques et musicaux à la Boutique maelstrÖm 4 1 4. Juste à côté de l’Espace Senghor, la boutique-librairie maelstrÖm, vous invite à rencontrer les auteurs et artistes du fiEstival tout en découvrant des mets venus d’ailleurs !
***************
PROGRAMME
***************
DAY # -1 : DIMANCHE 11 MAI 2014
16h – Boutique maelstrÖm 414
Thé des écrivains #1 – Présentation de nouveautés (entre autres de la collection Bruxelles se conte)
***************
DAY #0 – MERCREDI 14 MAI 2014
19h Bar L’Amère à Boire – Ixelles
(Rue Belvédèrestraat 8)
Soirée de prélancement du fiEstival avec Lucien Suel (FR), Kathleen Lor (BE), Maxime Coton (BE), Fabrice Caravaca (FR), Tom Nisse (LU), Frédérique Soumagne (FR), Pierre Guéry (FR), Marc Perrin (FR)
***************
DAY #1
JEUDI 15 MAI 2014 à 19h30
LA DANSE DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€
Cinq créations originales, réalisées par des artistes et poètes internationaux…
19h30 > Derviche Caravane (salle 1900)
Dans la plus belle tradition soufi, une compagnie française de Derviches tourneurs accompagnera par des mouvements et des danses la musique et les chants de Nail Dédé Kesova (TU), maître derviche provenant de Turquie, qui nous interprètera également des poèmes du fondateur des derviches tourneurs : le poète Djalâl ad-Dîn Rûmî.
20h20 > Lectures et performances multimédias – 1ère partie (salle Agénor)
Avec Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA) et le projet Mapuetos dans une revisitation très personnelle du « Cantique des cantiques » (texte, sons, vidéo) ; Christine Aventin (BE) et Milady Renoir (BE) nous feront percevoir la « Potentia Gaudendi », une mise en voix et en corps, une interrogation de la présence comme présence à soi…
21h40 > Lectures et performances multimédias – 2e partie (Salle 1900)
Création multimédia (texte, vidéo, musique) de l’artiste Phabrice Petitdemange (FR) et de sa partenaire Clémentine Poquet (BE).
***************
DAY #2
VENDREDI 16 MAI 2014 à 19h30
LES CHANTS DU PRÉSENT
Danse, performances poétiques et multimédia
Salle 1900 et Salle Agénor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€
19h30 > Musique des pierres : une performance étonnante et hypnotisante avec Tony di Napoli (BE) et Le Quan Ninh (FR). Alors que le premier, par frottement joue de la pierre calcaire de Vinalmont, produisant des sons sinusoïdaux, semblant venir des tréfonds de la Terre, le second joue d’une simple grosse caisse, posée à plat, sur laquelle il racle, frappe, frotte, caresse quelques ustensiles (bols, galets, branches, cymbales, polystyrène, pommes de pin), deux, trois mailloches et baguettes et rien d’autre. Le tout produisant une musique, des sons, des ambiances nous amenant à la transe du présent…
20h15 > Les Anges du Bizarre. Un quatuor inédit. Le poète et slameur Dominique Massaut (BE), invite ses amis bretons Bruno Geneste (FR) et la mime Isabelle Moing (FR) – poètes chtoniens s’il en est – et la poétesse estonienne Lembe Lokk (EST), à faire surgir de la terre la question du présent et de la présence….
21h00 > Eco-Vortex. La compagnie de danse italienne Nervi Tesi, avec la danseuse et chorégraphe Carla Rizzu (IT), la danseuse Eva Campanaro (IT) ainsi que le comédien Christian Amadori (IT) nous portent à nous questionner sur la problématique environnementale (déchets et recyclage) en évoquant le fameux tourbillon de matière plastique se trouvant dans l’océan pacifique, à travers la danse, la poésie et la musique.
21h30 > Andrea Allulli (IT) et Andrea Angelucci (IT) nous donneront à entendre pour la toute première fois un extrait du répertoire de chansons d’Andrea Allulli. (Une exclusivité du Fiestival).
21h50 > Les Terres de Nod. En partant de l’imaginaire des Terres de Nod, terres où Caïn aurait été exilé selon la Genèse… Antonio Bertoli (IT), Roberto Grilli (IT) et David Giannoni (BE-IT) nous emmèneront dans un paysage sonore, musicale et poétique qui flirte avec le mythe, interrogeant par ce biais-là la question du présent…
***************
DAY #3
SAMEDI 17 MAI 2014 à partir de 16h00
RECONCILING
Lectures, Performances, Buffet, Micro Ouvert
Dans tout l’Espace Senghor
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€
Le samedi est LE jour du rassemblement annuel rituel… Où toutes les activités deviennent moins formelles, où les publics se croisent et où les artistes et le public partagent tout : le temps, la poésie, la nourriture, et une Jam finale…
16h00 > Thé des Ecrivains #2 et Lectures Première partie, ici du Thé des écrivains, qui se prolonge le lendemain, dimanche à 16h. Ici, un espace-temps pour la rencontre d’auteurs publiés par maelstrÖm autour de leurs nouveautés et la découverte par la lecture d’extraits, de leurs textes… Dans ce premier Thé des écrivains, d’ailleurs, tous les livres ont en commun d’être des livres illustrés ou bien travaillés avec un artiste plasticien ! Avec Thierry Van Roy (BE), pour Sibérie noire (textes et photos), Paul Emond (BE) et Maja Polackova (BE) pour Les aventures de Mordicus (petites histoires et collages), Soline de Laveleye (BE) et Dominique Maes (BE) pour Les phrases de la mâcheuse (contes et dessins).
18h00 > VUAZ – performance de Vincent Tholomé (BE) et Xavier Dubois, guitare (BE) dans les jardins de l’Espace Senghor
18h30 > Banquet poÉthique et musical… Buffet préparé par l’équipe de maelstrÖm et par les artistes et poètes invités. Un grand classique désormais et un moment de convivialité.
20h00 > 0h00 Méga Jam Finale…
Lancée par une grande performance… La Jam sera introduite par un set de lectures et musiques par la grande poétesse Anne Waldman (USA), son fils Ambrose Bye (USA) au synthé et le grand guitariste Thurston Moore (USA), cofondateur du groupe Sonic Youth !
La Jam s’ouvrira ensuite également au public, par inscription sur place ! Avec accompagnement musical par la Troupe Poétique Nomade ainsi qu’une performance "Opération perte totale" avec Antoine Boute et Madely Schott!
***************
DAY #4
DIMANCHE 18 MAI 2014 à partir de 16h
Thé des Écrivains #2 et Concert-performance de clôture
Piétonnier Place Jourdan et Salle 1900
Prix plein : 7€ – préventes et prix réduit : 5€
16h00 > Thé des Écrivains #3 et Lectures à voix haute
Nous poursuivons donc avec les échanges entre publics et auteurs sur leur pratique d’écriture, sur leurs nouvelles parutions, avec des lectures croisées des livres entre les auteurs eux-mêmes… et tout cela accompagné d’un bon Thé et de quelques délicieuses douceurs… Avec entre autres Anne Versailles (BE) pour son premier roman Viola (éd. L’Arbre à paroles), Maxime Coton (BE) pour son livre L’imparfait des langues (éd. L’Arbre à paroles), Alexis Alvarez (BE) pour son livre Exercices de Chute (Arbre à paroles/IF), David Giannoni (IT-BE) et Sylvie Leroy (BE) pour Contes de Nod (contes et peintures – éd. maelstrÖm)…
18h00 > Concert de clôture : RIPOSTES… (Salle 1900)
Clôture du fiEstival par un concert-performance.
Autour de la guitare de Serge Teyssot-Gay (FR), cofondateur de Noir Désir, Interzones… Michel Bulteau (FR), poète et traducteur des auteurs de la Beat Generation et Krzysztof Styczynski (FR) poète et éditeur, interprètent leurs textes, extrait du livre-disque à paraître prochainement, sur lequel sera également présent Saul Williams : « RIPOSTES » aboutissement d’une longue collaboration élaborée par les Editions Caedere.
***************
Autres auteurs et artistes présents :
Marc Perrin (FR), Kathleen Lor (BE), Frédérique Soumagne (FR), Fabrice Caravacca (FR), Pierre Guéry (FR), Tom Nisse (LU), Maxime Coton (BE), Antoine Wauters (BE), Patrick Lowie (BE), Abdellatif Hamma (MA), Christine Aventin (BE), Milady Renoir (BE), Phabrice Petitdemange (FR), Clémentine Poquet (FR), Dominique Massaut (BE), Paul Sanda (FR), Bruno Geneste (FR), Isabelle Moign (FR), Carla Rizzu (IT), Eva Campanaro (IT), Christian Amadori (IT), Andrea Allulli (IT), Andrea Franchi (IT), David Giannoni (IT-BE), Thierry Van Roy (BE), Paul Emond (BE), Maja Polackova (BE), Soline de Laveleye (BE), Dominique Maes (BE), Xavier Dubois (BE), Anne Versailles (BE), L’Ami Terrien (BE), Benjamin Pottel (BE), Julien Beghain (BE), Vincent Granger (FR), Olivier Dombret (BE), Xavier Dawant (BE), Justine Verschure-Busch (BE), Erwann Demannez (BE)… ainsi que de multiples participants à la JAM du samedi…
… un temps de partage, de rencontres, d’émotions.
P.a.f. : Je, Ve, Sa, Di : 7€ prix plein – 5€ tarif réduit
PASS 3 jours : 25€ (prévente 20€) (permet également l’accès au « Banquet des Auteurs » du samedi 17 mai, ainsi qu’à l’ensemble du programme)
Infos info@fiestival.net – www.fiestival.net – Tél. : 02.230.40.07 – Gsm: +32(0)498.60.72.53
Réservations : Espace Senghor – info@senghor.be – tél. : 02 230 31 40
Et à la boutique maelstrÖm 4 1 4 – 364 chaussée de Wavre – Du mercredi au samedi de 14h à 19h
début les règles fusent et infusent : « Vis-à-vis de la clientèle, l’esthéticienne doit être correcte, propre et digne. Correcte. Elle doit porter des vêtements entretenus, des chaussures nettes, du linge non douteux. ». Adepte des désordres amoureux mais tout autant d’un ordre professionnel plus que procédurier, l’auteure rappelle l’art de rendre impeccable la peau en évitant de s’en vider le ventre. Sans miséricorde superfétatoire envers ses apprenties, elle les pousse habilement à éradiquer ce qui traîne entre les jambes afin de rendre au pubis son velouté. De clientes les femmes sont métamorphosées en idoles et odalisques pour que leur(s) messie(s) hennisse(nt) en titubant de désir. A celles qui se mêlent de mettre à mal le chasse-amour des pilosités superflues – l’objectif restant de rendre le pubis aussi imberbe qu’un œuf dur – l’éthique est de mise. Tout se pratique si possible dans le silence même si une revêche se révèle fort mal éduquée. En sa sagesse primesautière Marie-Laure Dagoit rappelle combien est méticuleux le travail qui redonne à toute petite chatte un sourire plus lumineux que celui du chat de Cheshire chère à Alice de Lewis Carroll . Avouons-le, c’est un plaisir. Même à celles ou ceux qui ne rêvent pas de caresser (dans le sens du poil) la technique épilatoire. L’auteur rappelle comment le diamant brille lorsqu’il est dépeuplé de la forêt qui en sépare l’œil – qui avidement le regarde avant d’en faire son théâtre intime et vertical.

Caractère unique ou polysémique, tronqué, éphémère ou tatoué, lettre d’amour ou de dénonciation, lettre perdue, égarée, retrouvée, oubliée, déchirée ou espérée, lettre-vidéo, ou courrier électronique, image palimpseste, la lettre emprunte mille formes pour interroger la création cinématographique. Après la littérature, le cinéma s’en empare, dès son origine, jouant de la missive comme ressort dramatique dans son rapport à l’espace et au temps et déjouant les difficultés de la monstration du caractère graphique dans le récit filmique.
Alors que son Alphabet (O L’AN/ et
Mais là encore la « bizarrerie » orthographique d’un mot pouvant se trouver dans une partie de la phrase surgit en réponse à un autre situé dans une autre segmentation de la même proposition. Un mouvement interne dans l’unité du mot s’opère alors au regard de la phrase.
aussi dans celle de leurs commentateurs.
son lecteur de lien en lien, principalement depuis sa rubrique « Minuit Chicanes » posté chaque soir à 22H, et quelques autres…
" contre les quatre commandements du capitalisme triomphant : la rentabilité la peur l’enfermement l’inexistence
lequel le "je" est embourbé » (p. 94). Consume rouge est un objet poétique total, autonarratif et autoréflexif, qui, transgressant les frontières génériques, tente de se situer dans et hors de la poésie, dans et hors du sujet. Ce qui, comme le souligne l’auteur lui-même, ne va pas de soi : « La grande contradiction de Consume rouge : comment perpétrer, perpétuer une poésie du "virus" sans pouvoir croire par ailleurs à l’efficacité opératoire & à la portée politique de cette opération ? Tu ne crois pas aux perturbations, subversions de l’intérieur vers l’intérieur des systèmes » (p. 77). Par ailleurs, si disparition élocutoire du sujet il y a, elle prend ici une forme particulière et particulièrement paradoxale : d’une part, l’ego-poète s’affiche comme toxico-dépendant, exilé dans notre monde depuis la défenestration de sa mère le 6 août 1987 alors qu’il avait douze ans, comme poète excentré et excentrique ; d’autre part, cet ego se disperse, se diffracte, s’anonyme (anonymous Courtoux) dans l’analyse critique du champ poétique comme dans le kaléidoscope des échantillonnages (technique du sampling qui le rapproche de Kathy Acker, John Oswald ou Guy Debord : "JE EST UNE INTERFACE").
souvent d’étranges tétanies, de phosphorescences parcellaires, de complications (complexions) sémantiques, de glissements batailleurs. De l’annotation, de l’incision, de la partition souveraine de l’enfant roi perdu dans son royaume sans sujet de n’être autre que ce commencement perpétuel, de ces trajets, retours. Car savoir aussi que ce n’est jamais le même retour. Nous avançons à pas. Ou au galop ;
une jouissance qui n’est jamais languide, mais tensive. Ces cruautés adoucies par ce qu’elle lance comme propositions d’erreurs, son fou bestiaire. Ce qui renforcera cette trajectorialité, ces petits scénarios voyous. Se croiser ; se recroiser, tisser et détisser, encore dans ce drôle de mix. Mix qui n’est pas à considérer sur le seul angle du montage, mais d’un atavisme (ou une puissance de dévoration) syncrétique, impossible de la grammaire qui déploie ce corps dans la langue. Se cogner au Réel, comme ce qui n’a pas de régime. Elle dit le réel n’a pas de régime régiments de vérité. Il y aura toujours l’issue possible d’un coup qui foire en cette grammaire vivre, qui fonde les séparations pour mieux les relier, assez de seul pour faire communauté. Cet homme de ne, est. Comme le rythme, c’est de cette division, basée sur ce corps qui confond, s’éloigne, plus loin que les discours, qu’il peut y avoir la concrétude d’un lien.
pré-savoir, où l’impensé d’un savoir dans l’angle aveugle de ces nominations. Rivés à ces suspensions, le fait de défaillir et de se reprendre à terre par le langage. Qu’elle relativise avec cette vue radicale, Les filles ça va pas comme il. Les filles ça toujours ça pire. Les filles pour dé-génériser un langage qui ne peut, au final, qu’accompagner cette chute. Qui accompagne l’opération dévitalisante de ces annexions. Dans l’émeute et la discordance. Des bouches colères. Ce nom de la colère ressassée. Au milieu de ces terres incultes. Est-ce que la chute peut ruiner ce nom de la colère. (« Le monde s’en est allé nous a quitté… » – cf. Celan). La colère ça un genre à tomber. Est une catastrophe qui n’est pas seulement subjective. Elle n’est pas cette fois-ci cet écart, cette ruse ou ce délitement du signifiant. Elle est là. Même si de mauvaise manière. On ne peut pour autant l’assimiler à de la glose qui tombe et qui borderait ainsi le vide. La tombée ou la chute ne fera pas sépulture ni protection d’une mauvaise mort ; la chute qu’elle parvient à polyphoniser, cette chute qui finira par porter, par ces remâches, ces syncopes, qui humanise en retournant celle-ci en parade de colère aggravée. Des dédoublements, des redoublements, des retours secs. Un champ d’honneur qu’elle métabolise avec des circuiteries d’hallucinations. Des rixes et grenailles. Toutes ces filles pas toutes ne relèvent pas du nom vidé ou des effets d’une purge. Deviennent personne par ce qui les rattache à la terre. En cette gravitation. Jamais terrassée, même à terre. Une oscillation entre impuissance et résistance. A terre, le vocabulaire presque à l’envers. Certaines se relèvent. Encore de la place pour de la motricité d’une colère. Que la chute diffracte. La colère est cette présence qui les relie secrètement au péril de la chute. Pas toucher à terre : les corps increvables. Exilé dans le devenir du regard sans altérité de Il qu’elle brise par cette déflagration de tombée, rendue perméable ; qu’une voix ouvre le peu d’espace de transmission. La chute n’est pas immuable. Et résister à la colère. Y fixer non pas un terme, mais un différé. Une trame apparaissante. Et tenter de réécrire l’humanisation du nom : les filles. Face à ces Il d’oubli et d’effroi. Que la chute fait communauté dans la diffraction. Quelles tombent de partout. Qu’il y a bien une forme de commandement ou une injonction au destin que la voix tentera de ralentir. Celles des vivants déjà morts qui savent honorer leur morts et vivants. Pas de saintes. L’errance lourde et légère. La chute ou la tombée faisant figure de topos où peut surgir l’imparlable. Avec des mots tombés, eux aussi, d’où querelle. Comment parler ou faire silence dans ces machineries de désinterprétations des liens, dans la césure entre les vivants. Se ressaisir dans la logique même de la chute à forger les puissances créatrices qui sauvent leurs corps.
conséquence de l’épluchage : cet adverbe « ici » qui ne cesse de s’affirmer. Il creuse, par sa présence incisive, un moule pour le fruit absent mais pourtant « ici » et presque « là ». Transformé en nom, « ici » en vient également à désigner le texte comme un lieu ; dans le mot « citron » se crée alors comme un espace-lettre doté d’une ampleur et d’une profondeur où prennent place des « pépins /comme des ballons ».
train de lire : « Dans cette salle où le poème, parcouru ligne à ligne,/ Est écouté ou lu distraitement,[…] ». Le lecteur se trouve d’ailleurs mis à contribution à plusieurs reprises.
Cette livraison se présente sous la forme d’un objet poétique singulier : quatre dépliants recto/verso sous rabat, signés Marie Cosnay ("le – termite – zéro que – j’ai- inventé"), Stéphane Korvin ("et tu disparaîtrais"), Christophe Manon ("l’animal, ce n’est pas lui") et Marie de Quatrebarbes ("l’animal le plus moche de la terre"). De subtils liens les unissent : lyrisme inventif, interrelations entre humanité et animalité, Eros/Thanatos… Homme : "un individu pourvu d’une touffe de poils sur la tête"… Et cet homme est-il "l’animal le plus moche de la terre" ? Se distinguent, sans doute, l’animalangue de Christophe Manon et l’agencement de Marie de Quatrebarbes, dont les répétitions et translations font termiter le texte dans les galeries du souvenir halluciné. /FT/
tentaculaires, voire universitaires. Et si l’on plonge tête la première jusqu’aux fonds océaniques abyssaux, il n’est pas exclu de se retrouver sitôt au sommet des plus hautes montagnes. On y confond tout ; on ne nous épargne rien. Au lecteur(trice), de vraies fausses questions sont incessamment et spontanément posées. L’auteur – savant naturaliste à la curiosité anxieuse toujours en éveil – brosse des portraits en creux. D’ingénieuses et séduisantes hypothèses sont allègrement lancées par-dessus bord.
poétiques (Al dante, 2007) pour mieux accentuer les différences. Plutôt que de proposer la modélisation d’une nouvelle réalité sociale, de retraiter les représentations médiatiques usées, ce drôle de manuel subvertit les discours dominants : en ce temps d’hypercommunication où le cadre énonciatif suffit à garantir l’énoncé, P.N.A. Handschin – "le seul écrivain dont le pseudonyme est le véritable nom" – introduit un jeu entre la forme objective (333 chapitres qui revêtent quasi exclusivement l’aspect d’un QCM : jeux, tests, enquêtes…) et des développements tout à fait inattendus. Dans cette optique, les deux milliers de notes apparaissent comme autant de métastases provoquées par la cancérisation discursive. S’imposent ainsi des propositions incongrues, des hypothèses farfelues, des paradoxes et paralogismes, des évidences déconcertantes…