Alors que certains sont fiers d’annoncer qu’ils découvrent juste la possibilité de mettre de l’audio sur un site littéraire [ce qui prête à sourire après moult réticences qu’ils ont pu avoir]; nous vous proposons la dernière création de Philippe Castellin, en l’honneur de la défaite de l’équipe de France de rugby et de la médiocre saison de ligue pro française de football. Demander le programme : C’est quoi le match ?
31 octobre 2007
[Audio] Philippe Castellin, C’est quoi le match
[Livre + chronique] Sombre Ducasse de Lucien Suel
Lucien Suel, Sombre Ducasse, éditions Le Mort qui trompe, 71 p.
ISBN: 978-2-9165020-3-8. Prix: 8 € 50.
[site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Poète ordinaire né en 1948 à Guarbecq, Lucien Suel a contribué à faire connaître en France les écrivains de la Beat Generation (Ginsberg, Bukowski, Burroughs…) qu’il a traduit et édité dans la revue The Starscrewer, avant de fonder La Moue de veau, magazine dada punk, et d’animer la Station Underground d’Emerveillement Littéraire, sa maison d’édition.
Ses oeuvres poétiques couvrent un large registre : mailing art, cut-up, collage, caviardage, performances scéniques avec le groupe de rock Pötchuck et au sein du duo Cheval23.
Sombre Ducasse regroupe plusieurs textes écrits entre 1958 et 1986 et parus dans différents revues.
Extrait :
Téléphone longue distance appareils télégraphiques télétypes émetteurs de télévision ont cessé de fonctionner. Un million de télégrammes de voeux n’ont pu être transmis. Tornade électrique.
La méthode à contention souple a livré les hernieux à la torture dans des lieux d’aisance. L’athlétisme de guerre a ce privilège de travailler dans les meilleurs atmosphères morales et c’est ici qu’intervient l’un des progrès sans doute le plus fantastique de ce temps.
C’est la guerre. Rien ne nous empêche d’abaisser des barrières qui ne se justifient plus, de faire appel aux sciences humaines qui ont fait leurs preuves en d’autres domaines.
C’est la guerre. C’est la guerre. C’est la guerre.
N.B.C NATIONAL BROADCASTING CORPORATION
Notes de lectures :
Dire tout d’abord que Sombre Ducasse est une réédition du texte publié en 1988 à la Station Underground d’Emerveillement Littéraire, qui était épuisé depuis de nombreuses années.
Ce rassemblement de textes de Lucien Suel n’est pas donné selon un ordre chronologique, car de fait, il ne s’agissait pas pour lui de seulement les réunir, mais bien de créer une forme dynamique textuelle, créant sa propre unité. Commençant par Intromission (1985), enchaînant sur Nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à gagner (1979), immédiatement un sens est esquissé, sens qui va se tisser dans des approches spécifiques, selon le travail littéraire à chaque fois exploré. Certes, mais quel sens ?
Celui d’une forme d’intensité de l’existence venant briser l’ensemble des déterminations qui vient l’oppresser. Ce sens est celui d’une forme de libération qui s’arrache du monde tel qu’il est déterminé par l’économie pour créer sa propre économie : celle des mots, du rythme poétique souvent relié à la versification Beat. Le chapitre 10 témoigne parfaitement de cette lutte contre les pouvoirs hégémoniques qui contrôlent la société. Ces pouvoirs, il les synthétise sous l’expression de C.I.A : Centre International des Agonies, pour qui « il faut que le Pays reste vivant actif et productif », soumis aux valeurs d’égalité : celles qui initient la mécanique de productivité. C.I.A. qui prône en fait cet autre slogan que l’on retrouve au chapitre 12 : « Oui au combat contre la vie Halte à la vie »
Si on trouve une diversité d’expériences littéraires (cut-up, mixage, collage citationnel, etc) reste que de nombreux textes se sourcent dans la poésie qui intéressait Lucien Suel durant les années 70, à savoir celle de la Beat. Langage très rythmé, aux inventions d’image constantes, qui vise souvent à établir par sa truculence verbale une critique de la société en son devenir.
Ce livre est donc appel à la vie, appel certes explicitement formulé, mais appel aussi de par sa langue, de par les effets escomptés par la langue et le rythme. Car, ici, il ne faut pas oublier la proximité de Lucien Suel avec la musique et le rock, comme il le disait lors de l’entretien vidéo que nous avions fait avec lui. La rythmique, voire la musicalité, n’est pas seulement support, mais est aussi le vecteur de cette libération.
Sombre Ducasse se donne à lire en ce sens tout à la fois comme une mise en évidence sombre du monde dans lequel nous existons, mais aussi selon une forme de rire qui s’émancipe de cette chape. Poésie punk rock – car « punk is dead, et ta soeur » ! -, ce geste jubilatoire du poète ordinaire, du poète du jardin ouvrier, en ravira, je le sais, plus d’un à la lecture, tant en cette période, sa parole trouve encore sa place.
30 octobre 2007
[Livre + chronique] Corbière Le crevant, d’Emmanuel Tugny
Emmanuel Tugny, Corbière Le crevant, éditions Léo Scheer, collection Laureli, 111 p.
ISBN : 978-2-7561-0098-2 // Prix : 15 €.
[Présentation de l’auteur sur le site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Emmanuel Tugny parcourt la vie de Tristan Corbière, l’auteur des Amours jaunes, archétype du « poète maudit » dont il fait aussi et surtout un personnage de fiction. Cette figure étrange de la littérature française sert de support à une enquête passionnante, à la fois scientifique et romanesque. L’auteur réinvente Tristan Corbière. Il fait corps avec ce personnage afin de mieux s’interroger sur l’aventure de l’écriture et de la vie.
Ici et là apparaissent des extraits des Amours jaunes comme autant de refrains jalonnant le récit. On chemine au long de la vie tragi-comique d’un fils qui écrit après son père, inventant de nouvelles formes littéraires pour dire son ironie et son désespoir joyeux. Le roman pose entre autres questions celle de l’héritage esthétique, celle du rapport à la matière et à la mort. Qu’estce qui pousse à écrire ? De quelle matière est faite la vie ? Qu’est-ce que mourir lorsqu’on écrit ?
Emmanuel Tugny est écrivain et musicien. Corbière le crevant est son sixième roman.
Notes de lecture :
Laure Limongi, par ce nouveau titre de la collection Laureli, signe une nouvelle fois un choix singulier, qui interroge diagonalement la question de l’écriture. D’Hélène Bessette et d’une certaine forme de post-modernité, à Jérôme Gontier, sans l’expliciter, elle met en question le genre du roman.
Avec Emmanuel Tugny, entre biographie, création, narration, prose poétique, réflexion sur la poésie, de même, loin de rencontrer un livre simple, nous faisons face à un livre qui immédiatement déplie une certaine forme de jeu quant à son genre, ceci étant renforcé par la fréquence régulière des citations tout d’abord de sources multiples, puis seulement issues des Amours jaunes.
Le texte d’Emmanuel Tugny, pourrait, par sa manière de commencer, tromper. Mise en situation, littéralisation du lieu : Morlaix, références érudites, marquées en bas de page.
Mais ce serait être sourd déjà , au grondement de la phrase. Anormalement épaisse, en couches dès la première page :
« Des solidarités de vieux murs serreurs de miches, mur à coup franc et larderasse qu’enfila un viaduc alors que non, cela entier disait non, muré en soi, claque à misère froide que la mer seule donne à qui veut à l’heure louis-philipparde, 1845, où naît Tristan, du père Antoine-Édouard Corbière qu’à Morlaix tout lie, dirait-on, au physique comme au moral : l’amidon absolu, la portée exclusive du regard sur soi et peut-être au-dehors les choses du relatif sous l’averse de coaltar comminatoire au tonnerre radical — « comme ça! » & « saperlipopette ! » — vues du col bleu. »
Langue qui épaissit le lieu, et qui tout au long de ce récit épaissira la relation à Tristan Corbière. Dans son entretien avec Laure Limongi, Emmanuel Tugny le précise : ce qui l’a intéressé, ce n’est pas un genre, mais justement la corrélation entre la vie de ce poète et une forme de dissolution des genres qui s’y opérait.
Nous ne faisons pas face alors à une biographie, mais davantage à un processus d’engendrement réciproque de Tugny et de Corbière : ré-engendrant Tristan Corbière, Emmanuel Tugny s’engendre, se pose la question même de sa propre présence, de sa propre perception du monde, de sa propre écriture. Car ce qui travaille ce livre, c’est bien la question de l’engendrement par l’écriture, l’engendrement de soi, « car les poèmes de Tristan noircissent et embuent les poèmes de Tristan; les poèmes de Tristan sont palimpsestes des poèmes de Tristan comme la vague de la vague, l’amour de l’amour, la mort de la mort ». Cet engendrement est ce qui conduit au dépassement des genres, à leur traversée, en tant que la vie en son dire n’obéit pas à des catégories : biographie, prose poétique, réflexion sur la poésie, roman. Tout à la fois : la vie d’Emmanuel Tugny rencontrant les traces de cette autre vie.
Mais si Tugny semble choisir ce poète — outre qu’il le dit en entretien, il n’apprécie que peu de poètes — c’est que Tristan Corbière apparaît, comme un voyant. C’est là un trait qui traverse tout ce récit : la souffrance de la vue, de percevoir ce qui a lieu autour de soi : que cela soit par la peinture, « son aptitude maligne à repérer sous les sujets qu’il croque la bête immensément désirée », que cela soit par l’écriture où il dévoile non pas selon une « romance » mais « vérité sous-cutanée », son être au monde est celui de la nuit et du chien, celui de « l’oeil du mauvais ange » qui traverse les oripeaux et les surfaces tentures pour faire ressortir l’ossature réelle de ce qui s’exprime dans les corps et la nature.
« Ce n’est pas d’ennui, de nostalgie des grandeurs serviles que crève le crevant : il crève de voir, il crève de connaître dans sa chair la coulée terminale et bonne des formes et d’en être le Tantale »
Ce qui caractérise Tristan Corbière, tout a long de l’écriture d’Emmanuel Tugny, c’est cette acuité sur le monde, sans qu’il ait à se déplacer, à le courir comme le fit son père Edouard. Se révèle là quelque chose de l’écriture, de son frayage, de sa constitution, de son déchiffrage du monde : non pas être le duplique de ce qui est traversé seulement existentiellement, mais fonder le monde parce qu’il tourne en soi, parce qu’il est constitutif de soi et de notre propre pensée.
« Si Tristan meurt ici au voyage, il est très loin de mourir à l’aventure. Un monde sous le monde le tord. (…) La vibration originelle des mondes, la susciter, secouer l’esprit sous la vie, renouer avec les forces, pincer les nerfs du vivant.
Le voyage de Tristan ne se fera pas sur l’onde, mais sur l’onde qui la dessine et la résume »
Et cette onde qui dessine et résume est celle du corps en souffrance, du corps qui vit parce qu’il souffre.
29 octobre 2007
[audio] Sylvain Courtoux, Cut-Up Piano basse manifeste 7
Cut-up piano basse manifeste 7 de Sylvain Courtoux (featuring Emmanuel Rabu).Enregistré, mixé, joué, écrit par Sylvain Courtoux au studio Black-Mesa, à Limoges (Raoul Hausmann city), courant avril 2007. Ce morceau fait partie d’un ensemble en cours d’écriture.
Confusion Is Text (avec Emmanuel Rabu)
Vie et Mort d’Un Poète [2 Merde]
[Texte-Joyeux Jarryversaire 4] Christian Prigent, UBU CREATOR
[suite de l’anniversaire Jarry, avec ce texte inédit de Christian Prigent]
UBU CREATOR
(genèse aux Promenades) (*)
« Prologue au Ciel »
Adoncques le Père Ubu
Souffla son mirliton.
Zim ! Boum ! Crac canon !
Et hop : la vie fut !
« Première Station »
Un être parut, son nom fut VILLIERS.
Le voici ici, en pierre du pays.
Il délie l’Adam, puis, sans chipoter,
Il pond l’Ève future, en coiffe de granit.
« Deuxième Station »
Pour pas laisser seuls l’homme et sa fumelle,
Les formes se démêlent
De la bouse de terre
Qu’on nomme matière.
Ou bien (c’est tout comme)
L’Père Ub’ touille le bouillon
D’la soupe des protons.
Et voici que « L’HOMME
À LA MOTTE DE BEURRE »
Se dégadouille de la torpeur.
« Troisième Station »
Mais très peu ensuite
(voire sans transition)
On râle, on s’excite,
On se fout des gnons.
Hop ! : on s’extermine,
On crève les bouzines.
Pas de temps à perdre :
Ubu crée l’armerdRe,
C’est la guerre, on fauche :
Salut, MARÉCHAL FOCH !
(*) Texte dit en Choeur, le vendredi 2 novembre 2007, au Parc des Promenades, Ã St
Brieuc, par le public des Journées Jarry. Aux Promenades, on peut voir, successivement : 1, un buste de Villiers de l’Isle-Adam ; 2, une Ève bretonne en pied, en granit et en costume local ; 3, l’allégorie du sculpteur Le Goff : « La Forme se dégageant de la matière » (dite, plus populairement : « L’Homme à la Motte de Beurre ») ; 4, juste à côté : la maison où le Maréchal Foch fit de nombreux séjours.
27 octobre 2007
26 octobre 2007
[Livre & chronique] Demeure le corps de Philippe Rahmy
Philippe Rahmy, Demeure le corps, Cheyne éditeur, collection Grand Fonds, 62 p.
ISBN : 978-2-84116-121-8 // Prix : 14€50.
[Découvert tout d’abord par remue.net, Demeure le corps est un livre bouleversant]
4ème de couverture :
Dans ce deuxième livre, Philippe Rahmy reste fidèle à son entreprise d’écrivain : questionner son corps malade dont l’aventure, loin d’être close sur elle-même, n’est pas sans lien avec les tumultes du monde.
Apre et cruel, sont « chant d’exécration », qui renonce à toute espèce de compassion comme aussi bien à toute complaisance à souffrir, atteint ici, tant la parole dit juste depuis sa violence même, à une densité poétique bouleverse et comble le lecteur.
Lisant ce livre, on se dit que si la littérature était toujours aussi libre, autant détachée du souci de paraître, il y aurait moins de raison de désespérer de l’homme et de la souffrance.
J.M B.
Extrait :
Le corps est l’orifice naturel du malheurje n’espère plus quitter cet hôpital, à moins que le soignant qui me chérit le plus ne me brise encore le bassin en me frappant du sien; on ne viole pas deux fois un enfant de verre sans éveiller de soupçons
je choisis la question pour demeure
la joie est condamnée, elle qui ne souffre pas; l’agonie suit une pente folle; sa plainte enfouit au fond de toi la note aigüe de la naissance; et le trèfle recouvre l’espace que tu laisses vacant
le corps voudrait se rendre invisible au crépuscule qui l’entraîne; mais l’heure n’est pas venue; est-ce le sentiment d’avoir remporté une victoire, ou d’avoir eu de la chance, qui me fait alors sourire et lever une paume vers l’ampoule
Notes de lectures :
J’ai découvert Philippe Rahmy par ses textes sur remue.net. Ils m’ont surpris tant par leur violence, que par leur non complaisance vis-à -vis de la violence. Des textes violents, sur le corps, le sexe, il y en a pléthore, toutefois, ce qui caractérise son travail n’est pas la fascination, mais une forme de minutie du phrasé, enveloppant la violence, la décrivant minutieusement, comme s’il s’agissait d’un phénomène déterminé à décomposer. Cette première impression, très positive, ne connaissant pas l’auteur, s’est affirmée à la vue de son travail vidéo qui est visible sur le même site : Demeure le corps, qui est un vidéo-livre de 12 mn.
Le livre publié par Cheyne éditeur, s’il croise ce travail vidéo, en est cependant distinct. La seule voix qui sera entendue est celle de notre lecture, qui est tout à la fois appelée à s’approprier ce qui est dit à la première personne, et en est exclue, radicalement exclue du fait de l’impossible passage, du point de vue du vécu, entre celui qui a écrit je et celui qui lit en revêtant ce je.
Lire, c’est répéter à distance, à la fois pris par l’enchainement des phrases, leur juxtaposition, leur brièveté, et rejeté par celles-ci.
Demeure le corps, s’inscrit dans un double jeu : la demeure du corps est vécue en tant que le corps demeure, insiste dans sa durée, dans sa présence de souffrance.
Ce chant est l’expérience de cette souffrance, expérience du corps et de la langue qui s’affronte à celle-ci. Cette expérience est faite sans pathos. Je me souviens, il y a quelques années, devant modérer une des premières intervention d’Alexandre Jolien en France, de la saine cruauté qui ressortait de ses paroles, lorsqu’il nous parlait du Métier d’homme. Handicapé depuis sa naissance : il portait avec lui, non pas la demande d’un regard de pitié, mais bien la force d’une conscience aiguë sur sa propre monstruosité.
Philippe Rahmy, de même, refusant toute forme de pitié, plonge dans l’inconnaissance de la douleur, pour parler de ce qu’elle apprend comme vie.
« la douleur est un savoir à l’usage du corps »
Ainsi s’il écrit au tout début que « la douleur n’apprend rien », c’est qu’il refuse la connaissance évidente de la douleur : la compassion, la mise à distance, le larmoiement. La douleur est savoir du corps qui se fait langue, de la souffrance qui ne se distingue plus de la langue.
Ce chant — qui est aussi une forme de confession de sa propre intimité — par ce refus de la pitié, affronte le mal avec lucidité, sachant que toute résistance serait vaine. Écrire pour vivre et lutter mais simultanément rejeter la lutte et la plainte comme tromperies de la conscience. C’est que le mal est inguérissable.
Ce chant est témoignage, témoignage de la permanence du corps, à savoir de la maladie. Car en effet, si Canguilhem explique bien dans le Normal et le pathologique que la santé est le silence des organes, Philippe Rahmy s’affrontant au dysfonctionnement total de son organisme du fait de sa maladie, se tient comme l’épicentre d’un brouhaha permanent du corps.
Ici c’est un corps qui se présente, et non pas la représentation d’un corps.
Ici c’est le corps qui écrit, et nous ne sommes pas face au simulacre d’une écriture qui mime les perturbations du corps.
Ces remarques sont très importantes, car elles permettent de mieux saisir son écriture : nulle fioriture, peu métaphorique, plutôt économe, sèche par moment, cruellement lisible en chacun de ses aspects. Il n’y a pas de jeu, car pour jouer il faut être autre par rapport à celui que l’on joue. Philippe Rahmy n’est pas autre, il est ce corps.
[+] Lire aussi la chronique de Jean-Louis Kuffer sur son blog
[poésie] Claude Favre : Encreux
Encreux, texte poétique de Claude Favre. Travail de torsion de la langue autour de motifs liés au corps et à son expression. On peut lire aussi de Claude Favre sur libr-critique : mots de bouche, sur remue.net : Le cadavre c’est désordre, et sur Les cahiers de benjy : je suis une dette.
tigres mots grappes en nous
ventres groupés de la peur il en est
comme de la langue noueuse
incisée d’absences affamée torse
& tueuse à quoi on se demande
chavirés piafs locataires par
suspens & houles de mots
hurleurs noirs ventrés & plus
savoir quoi chavirés noueux &
d’autres parlés noués grimés &
d’effraies & suspens d’échanges
piafs tout un bestiaire sometimes
plus encore & encore & suspens
on est dans la maison des morts
c’est de la langue encore il fait noir
& hurleuse langue encore &
encore ses mots piafs chavirés &
le ciel renoué comme le hasard de
renverse & suspens & noeuds
larcins d’encreux à rien se poser où
coeur cassis d’autres & encore
d’autres & nous noueux dedans
ventrés … ils vont te prendre
petit oiseau sauvage … c’est
d’autant d’océans & sanglots de
virées de crimes nouées bêtes
sommes de combats de nègres &
sometimes pire tellement affamés
& houleux à pas regarder loin Ã
pas voir près ni d’oblique de cécité
paroleuse c’est de la langue encore
& ses houles paradoxes & ses
dettes cassis on est dans la maison
des morts … ils vont te prendre
petit oiseau sauvage … par où
s’échapper nus & liés noués
chavirés par angles morts navrés
& d’irascibles heurts du dedans
de renverse il fait creux &
presque morts déjà & déjà morts
déjà & hurlés on épouse le
mouvement pourtant … ils vont
te prendre petit oiseau sauvage ….
c’est de la langue encore &
comme noeuds il en est tigres &
complicité mémorable
& noeuds il en est tigres comme
affronts & houles & sangs
c’est affaire courante balles sifflent
chair d’effondre & sangs signes
suspens par lunes de travers … te
prendre petit oiseau sauvage …
d’échanges noués grimés hurleurs
navrés & piafs houles &
sanglots … te prendre petit
oiseau … te prendre … ils vont
de crimes hurlés chavirés ventrés
d’absences ils vont groupés & de
la peur ils vont bêtes de sommes
crimes & d’autant … te
prendre petit oiseau … tellement
d’absences & affamés c’est de la
langue encore bestiaire & nègre
& encreuse torse on est dans la
maison des morts … les ventres
petit oiseau sauvage … les houles
voilà pourquoi grappes en nous &
d’effaces crimes par trembles &
silences grimés … toujours
grands les rêves petit l’ oiseau
sauvage … c’est ainsi chaque fois
étrangés piafs par tigres sommes
hébétés tristes sires & chavirés
les rêves sans mentir … on va te
prendre petit oiseau sauvage …
on va d’absences te prendre & te
tuer petit oiseau t’affamer petit
oiseau à rêves t’étrangler & piaf
des nôtres tu seras & grappe &
grimes d’ombres on est dans la
maison des morts … il en est des
plumes comme de la peur la langue
nouée hurlée & qui monte au
cerveau & manège & la houle
des paradoxes … qui vont
t’abattre petit oiseau sauvage …
sans mentir on est plus tigres
qu’un roi on se demande quoi Ã
quoi n’a pas son pareil …
t’embrasser sur bouche petit
oiseau sauvage …
& plein sur la bouche noeuds &
leurs encreux & frondes …
petit te piéger … de baisers te
piéger d’accords leurs encreux c’est
affaire courante & larcins &
c’est la même chose que rien &
lunes on se croit spectateurs on
épouse le mouvement … à pas
penser pas … s’entraîne affamés
on est dans la maison des morts
… tigres d’absences & larcins
… on croise les doigts ça nous
semble beaucoup ce n’est rien on
épouse & par suspens & pas de
pudeurs & langue en noeuds
d’encore tigres … may be petit
oiseau on pourrait … par suspens
sauvage petit oiseau on pourrait
… piafs de rien à regarder loin &
chavirés mémorables … il en est
de la langue comme d’espoirs &
mémoires & d’obliques …
tout se passe dans la maison des
morts on ne voit … quoi on ne
voit rien & qu’Ã lire rien qu’Ã dire
rien ne se laisse pas … rien ne se
résume petit oiseau … rien ça …
malgré tout des plus sombres &
peurs tourbes tourbillons on
épouse & tigres comme &
tigres comme l’espèce & tigres
comme la vie … petit sauvage …
sans mentir toi aussi noeuds &
d’encreux larcins de complicité
mémorable comme si … chavirés
c’est de la langue sauvage … de
l’imprévisible combien ne durera
& ne vieillira mais noueuse de
cris criailleries comme sanglots &
paradoxes … petit oiseau
sauvage toi aussi d’oblique cécité
… affamé & d’effraies pour
deux mots sans suspens vendra les
tiens & ventré noir hurleur …
& d’aplats de langue de mort …
tu trahiras les tiens c’est de la
langue encore & échanges
grimes de peurs nouées de rêves
… t’étrangler petit petit qui houle
tes tigres … il fait noir plein la
bouche plein c’est de la vie encore
& pourtant …
25 octobre 2007
[Chronique] Franges de vie, à propos de Continuez de Jérôme Gontier
Qu’est-ce qu’une expérience de pensée ? Faire face à un vécu, n’est-ce pas traverser toujours déjà les couches, les franges, les plis de formes de pensée qui ont déjà eu lieu ? Continuez de Jérôme Gontier semble ouvrir dans l’espace minimaliste du trajet de son narrateur à ces questions.
Qu’est-ce qu’un vécu de sens de l’existence ? La phénoménologie depuis Husserl jusqu’aux phénoménologues récents tel Marc Richir, tente de saisir cette question, comme question de la chose-même. Derrière le leitmotiv d’Husserl, appelant dès L’idée de Phénoménologie, “aux choses mêmesâ€, ce n’est pas la question de savoir ce que serait une chose en-dehors du champ de conscience, mais comment toute chose se constitue en tant que vécu de sens de la conscience, en tant qu’elle est liée à une signification pour le cogito. Toute extériorité transcendante serait en ce sens, comme il le montre dans ses analyses des Méditations cartésiennes, dans le plan immanent de la conscience, et dès lors constituée par les opérations de représentation de celle-ci.
La conscience, se confrontant à elle-même, prise dans ses limites, ne serait pas d’abord face au flux des choses, mais serait toujours déjà face à elle-même, face à ses propres constructions qui se donnent au niveau du langage.
Consécutivement, dans ces analyses phénoménologiques, ce qui va devenir majeur, c’est l’analyse de la présentification de la conscience, à partir d’horizons de rétention, à savoir de ce qui est retenu, de ce qui est fixé en mémoire en tant qu’expérience. Tout vécu de sens qui se donne en présence, selon une actualité, est lié à des expériences qui ont impacté la mémoire, qui l’ont marquée et qui déterminent comme autant de vecteurs possibles, l’expérience présente.
Mais alors si au lieu d’être aveugle à ce fond constitutif de notre vécu actuel, nous l’ouvrions, qu’est-ce qui apparaîtrait dans l’expérience que nous faisons ? Est-ce que ne se déplierait pas une forme de feuilletage des possibles mais aussi de déjà -vus, de déjà -vécus, c’est-à -dire : est-ce que simultanément à l’expérience faite actuellement, nous ne ferions pas face, comme à des plans d’une réalité parallèle et tout à la fois passée, à la diversité des expériences similaires passées et possibles, toutes conjointes dans celle en présence ?
Jérôme Gontier, dans Continuez, semble ouvrir une telle perspective, une vie qui se donnerait en franges (les franges sont parallèles structurent un même tissu et pourtant sont des filages distincts), et simultanément une vie en présence qui impliquerait la multiplicité des vécus de sens déjà traversés, à savoir du sens expérimenté par la pensée en tant qu’elle fait l’expérience d’elle-même.
Continuez peut être lu comme une forme de roman. Certes minimaliste quant à l’action. Minimaliste au sens où nous pourrions résumer par les titres de ses chapitres son déroulement : Dehors, Dehors-dedans, Dedans, dedans-dehors, dehors. Action mince, infime, le parcours d’un homme qui va chez son analyste, et qui en sort. Le tout durant à peine quelques heures, circulation comprise, montée et descente d’escalier comprises. Trame qui paraît mince, si nous considérons que ce qui a lieu ne serait que ce parcours, régulier, d’un homme qui paraît de fait peu combatif, résigné à l’habitude de son trajet.
Cependant, et c’est là toute l’inventivité du travail de Jérôme Gontier, loin de travailler à l’action extérieure, ce qu’il met en place c’est une aventure intérieure qui explore la construction de soi, la construction du je [n’oublions qu’il a auparavant écrit ergo sum publié aux éditions al dante]. Par conséquent, s’il écrit que “je est une convention, une manière trouble de s’entendre†[p.34], alors il doit mettre en évidence comment ce “jeâ€, cet ego se constitue.
Au contraire des approches poétiques ou littéraires plutôt traditionnelles qui en appellent au corps, à des forces intérieures, à une multiplicité d’affects (d’Artaud à Michaux), Jérôme Gontier va constituer ce “je†selon une déconstruction phénoménologique et analytique des mécanismes qui le constituent. Ce qui lui importe c’est de saisir en quel sens il est possible de dire que “mon ouvrage à moi, c’est moi et je suis mon ouvrage†[p.39]
Littérature qui met en lumière des structures formelles de la pensée et non pas forcément les contenus de la pensée. Alors que chez des auteurs comme Hubert Lucot entre autres, ce qui domine, est l’expansion, la dilatation mémorielle, l’annotation précise, le labyrinthe de souvenirs parfois, avec Jérôme Gontier, le contenu est réduit à sa plus simple formulation [processus d’abstraction], pour tenter de saisir bien plus le mécanisme de pensée qui à chaque fois est en mouvement dans une situation. C’est ce que j’appelle feuilletage, et c’est ce qui constitue la numérotation de chaque fragment [il y en a 887 qui détermine chaque moment du parcours].
Ce feuilletage se détermine par des franges. Chaque situation, chaque moment s’ouvre non pas dans une événementialité en présence et donc en relation à des rebondissements d’action, mais c’est le retour des possibles au-dedans de la pensée, possibles qui forment les boucles narratives, les lignes que nous suivons à travers chacune des notes, et ceci avec une certaine forme de distanciation qui crée tout l’humour de ce processus.
Jérôme Gontier se réfère pour ce feuilletage à des réels qui ont eu lieu, ou bien des potentialités qui auraient pu avoir lieu, aussi bien à la question du pli, que de la frange. Tel qu’il l‘exprime, dès la première partie, comme s’il s’agissait un avertissement inapparent, “le temps de ma parole à venir est frangé de sorte que, de frange en frange, il est malaisé de circonscrire l’air qu’il occupe car on n’y voit pas très clair†[p.21 ]
Ce texte interroge donc la question du temps de la conscience, de la conscience en sa temporalité d’existence. De la conscience qui par le temps se déplie et déplie le monde, bute sur elle-même, sur ce qu’elle a été, mais aussi sur ce qu’elle aurait pu être. Cela apparaît parfaitement quand parlant du travail du temps et de son érosion, Jérôme Gontier pose la question du fil. Est-ce que la conscience suit un fil ? Ou bien un écheveau ? Toute situation ne se dépie-t-elle pas en ses franges en des lignes qui perturbent toute identité du vécu par rapport à lui-même.
“déplions, déplions, que vois-je que sens-je et que vis-je face à ces mots ou dedans tout autour d’euxâ€
Le temps n’est pas une ligne, c’est un plan, c’est un volume, c’est un polyèdre à n dimensions dans laquelle la conscience perd sa stabilité à la mesure des mots qu’elle énonce, des mots qu’elle rencontre, des mots qui ne sont pas murs, mais ouvertures, porosité pour d’autres temps. C’est là , la force certainement de la littérature, non pas vouloir repriser les versants dans la recherche d’une stabilité [postulat freudien de la thérapie], mais faire l’expérience des creux, des doutes, de cette impossible reprise qui dialectiquement efface l’abîme de notre être.
Cette exploration de Jérôme Gontier est proprement linguistique au sens où il s’agit bien d’actes de pensée, d’actes de langue. Et ici, loin de tomber dans une approche psychanalytique de bas étage, pleine de pathos, de symbolisations stériles, il met l’accent sur ce qu’il y a de plus intéressant certainement dans la psychanalyse lacanienne, à savoir la question des jeux de langue, ou encore comment je ne se constitue que dans un rapport aux plis, noeuds, porosités et abîmes que la langue expose et imprime dans cette unité synthétique du je.
Cette pensée intériorisée, monologuant et se confrontant à elle-même, si elle pose la question aussi bien de la nature des expériences, ou bien de la nature relationnelle à autrui, c’est qu’elle pose d’abord et avant tout la question de ce qu’est penser. Sa définition de la question, de ce qu’est se confronter à une question, est ici emblématique : “les questions†faisant “beaucoup de trous†et chaque chose vécue étant lieu de questions, s’agirait-il pour se constituer de “gommer les détail, accentuer les contours, les lignes de force, griser des zones, flécher, souligner, surligner, légender†[p.147]?
Continuez, est en ce sens une exploration de cette sinuosité de la pensée, de ses biffurcations, de sa manière de penser par parenthèse (d’où l’emploi constant de parenthèses, de brèches dans le continuum), par détours.
24 octobre 2007
[Hausmann. Et après ?] In votos de Josée Lapeyrère : installation
Installation de Josée Lapeyrère des In votos, sur le pont Neuf de Limoges. Ecritur libérée à un double flux : celui du vent et celui de l’eau. Cette installation a eu lieu le vendredi 19 octobre.
22 octobre 2007
[Hausmann. Et après ?] Michel Giroud & Joël Hubaut : performances à l’Ecole des Beaux-Arts (part.1)
[Performances de Michel Giroud et de Joël Hubaut du vernissage de l’exposition Joël Hubaut à l’école des Beaux-Arts de Limoges le 18 octobre. Position#1 : a rose is a rose is a rose. Position#2 : Balailuia. Position#3 : Du balais des balais. (durée: 6mn21)]
21 octobre 2007
[Pétition] Les incertitudes du CIPM
[Nous relayons la pétition de soutien au CIPM, diffusée largement sur le net. Il nous semble important que de tels lieux ne disparaissent pas. Pour signer la pétition, allez directement sur le site du CIPM]
Ce jeudi 25 octobre, 11 h 30, à l’Opéra de Marseille va être présenté le projet de candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013.
À l’heure où cette présentation va avoir lieu, et après les incertitudes qui ont pesé ou qui pèsent encore sur le comptoir Toussaint / Victorine et sur le théâtre de la Minoterie, des incertitudes pèsent aussi depuis quelques temps sur le cipM (centre international de poésie Marseille).
La convention d’occupation triennale entre le cipM–créé en 1990 à la demande de la Ville de Marseille– et cette dernière arrive légalement à terme le 6 mai 2008. La DGAC(Direction Générale des Affaires Culturelles) ne souhaite pas renouveler cette convention, aux prétextes de sécurité et de circulations différenciées pour des publics non muséaux.
Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle dure depuis plus de trois ans, mais finit par nous lasser et par nous empêcher de travailler sereinement. Pour mémoire, la même demande, quitter la Vieille Charité, nous avait été faite il y a quelques années nous avons alors prospecté plusieurs locaux, et proposé à la DGAC d’occuper sur la Canebière l’ancienne librairie Flammarion. Après visite et chiffrage, la DGAC demande au cipMde trouver avec ses autres partenaires environ 50% du financement de l’ensemble des travaux d’aménagements. Le cipM les trouve, la DGAC nous fait alors part de notre incompréhension, nous signifiant que les 50% s’appliquent à l’ensemble de l’opération!
Nous ne nous décourageons pas et quelques mois plus tard (assez fiers, il faut le dire), nous annonçons que nous avons trouvé auprès de nos autres partenaires (État, Région, Département) 950000 euro. C’est alors que se fait un assourdissant silence : nous n’aurons jamais de réponse écrite à propos de ce projet de la part de la DGAC.
À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, hors l’injonction de la DGAC de nous faire quitter la Vieille Charité, nous ne savons pas quelles seraient les conditions, notamment financières, d’un relogement. Conditions que nous avons pourtant demandées à plusieurs reprises.
À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, hors l’injonction de la DGAC de nous faire quitter la Vieille Charité aux prétextes de sécurité et de circulations différenciées pour des publics non muséaux (et si la relocalisation du cipMs’annonce trop onéreuse), nous ne savons pas quelles seraient les conditions de sécurité à respecter afin de pouvoir rester à moindre frais sur ce lieu.
À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, nous nous demandons tout simplement si la DGAC a le désir de soutenir le cipM, de lui laisser la possibilité de continuer son travail entamée il y a bientôt dix-huit ans. Travail, action, ténacité, rayonnement que nous avons su donner à ce lieu, cohérence et originalité de notre démarche, mais aussi compréhension, écoute et soutien de nos partenaires et des poètes, qui nous ont valu une reconnaissance nationale et internationale.
À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, nous ne voudrions pas commencer une nouvelle année en ne sachant pas dans quel lieu nous pourrons assurer notre programmation, dans quel lieu se trouveront les quelques 40 000 documents de notre bibliothèque unique en France, dans quel lieu nous pourrons accueillir nos résidents, dans quel lieu nous pourrons montrer nos expositions, dans quel lieu nous pourrons organiser nos lectures et performances, dans quel lieu nous pourrons tout simplement continuer à faire rayonner la poésie.
Pour nous exprimer votre soutien, signez notre pétition!
[Texte-Joyeux Jarryversaire 3] CUHEL, Chanson des cervelles sans âge
les vieux Z’bus
n’parlent plus
i’ comptent
i’ r’comptent
i’ Z’escomptent
i’ comptent sur nous
les grigous les grippe-sous les gris-mous
les pleins-de-sous les pleins-de-soupe
les pleins-de-bouse les barbouzes
qui crottent en Bourse
boursicoteurs sans biscotos
bouffReurs-de-biscocottes
bijouteurs escrotteurs entubeurs
i’ veulent nous en boucher un coin
bouches en CUL & tout-en-anus
Toutentrop
avec ces sagouins
i’ n’est pas loin
l’Grand Trou Noir d’ous qu’on n’revient jamais
i’ veulent nous basCULer à r’CULons
dans l’omnUBU mondialisé
les homobus les hommes-repus les homo rebuts
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
les vieux Z’bus
nous barbent plus
i’ racontent
rats
jaunissent
radotent
capotent
crapotent
vivotent
vovotent
zozotent
les vieus Z’bus
z’ont bu
les vieux zombis
sont plus nantis
sont plus zentils
i’ canulent
i’ crapulent
i’ spatulent
i’ spéculent
la bouche en cul
nous on aime les ors
pas les ordres
pas les désordres
nous on aime les CRS
pas le CNRS
nous les Moumous
on aime les Nounous
on n’aime pas les r’mous
toutes les citrouilles
elles zont la trouille
dès qu’ i’ a du grabuge
vite les refuges !
un p’tit coin d’paradis
pour-ceux-qui-ont des-radis
(car au jour d’aujourd’hui
si t’as pas d’radis
si t’as pas d’pécule
t’es un gros NUL)
qui disent la bouche en CUL
nous on n’en fait qu’à notre tête
nous on chante à tue-tête
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
faut les voir
les vieux BOBOs
mégots-banco-dodo
faut les voir
pour z’y croire
i’ vont nous avoir
les cabots d’bon teint
les saints potins
qui sans potin
se s’couent l’popotin
faut les voir
pour z’y croire
i’ vont nous avoir
les cabots d’bon ton
les Tontons bourlingueurs
vieux flambeurs
vieux frimeurs
vieux taciturnes
qui ronronnent aux Salons
à coups d’urnes
i’ vont nous en foutre
plein les burnes !
les vieux Z’bus
les vieux hurluberlus
i’ sont légions
& i’ marchent
& i’ crèvent plus
i’ rêvent :
voir Honolulu
et ne pas mourir
sarkophage doré
s’faire adorer
s’faire dorer la pilule
agiter les mandibules
s’faire sucer l’pendule
de faux-cul
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
les vieux Z’bus
faut les voir
après leur pèl’rinage
au Mont Viagra
pousser des hourras
des À-ça-ira
faut les voir
les mâche-purin
tirer le voiturin
les rois d’la phynance
plein d’démence
les Père-la-Chance
faut les voir
comme i’ dansent
sur les fonds d’pognon
les vieux trognons
les vieux grognons
faut les voir les échaudés
les échauffés
les réchauffés
échafauder des plans
de tire-au-flanc
de rantanplan
qui nous laissent en plan
comme le monde il est trop grand
i’ n’ont plus l’temps
durs comme fers
i’ nous promettent l’enfer
faut les voir
les ramasse-merdre
chanter à tue-merdre
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
faut les voir
quand vient l’soir
débiter leur p’tit’ ziziqu’
leurs pâtr’nôtres cyniques
leur FIFI
LOLO
ZOZO
FI
« Àprès-MOI le déluge ! »
vieux NOÉ
vieux noués
vieux noueux
faut les voir
quand vient l’soir
eux qu’ont peur du noir
débiter leurs CONseils
aux KarmapitRalistes
& aux perd-les-couilles :
pour vous la couler douce
pour rester dans la course
faut s’agiter d’la Bourse
allez les gratte-CUL
fi d’la misère
faut miser l’péCUL
faut pas cacher l’magot
de d’ssous les fagots
ça c’est dingo
allez en avant la zizique
vive les cyniques
tous les jours on nique
tous azimuts
allez droit aux putes !
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieus Z’bus !
✄
faut voir ces chères trognes
ces chères charognes
ces picrocholes dopés à l’alcool
ces Rentiers sans dentier
faire tourner la machin’
la machin’-à -décerveler
la machin’-à -débiter
les caca
les cacapitaux
et de baver
Hourra cornes-au-cul vive les vieux Z’bus !
faut voir ces obèses
pleins de pèze
de l’oseille plein les oneilles
ces drôles de zigues
qui n’voient pas plus loin qu’bout d’leur bouzigue
faut les voir
chaque soir
fermer leurs armoires
comme autant d’ostensoirs
et dans un noir d’enfer
faire leurs prières :
À la Ste Gudule
que je spécule !
À la St Hercule
à nous l’pécule !
À la Ste Fortune
on n’en rate pas une !
À la Ste Crapule
que je t’encule !
À la Ste Copule
que je t’encule !
À la Ste Nitouche
surtout pas touche !
À la Ste Génuflexion
quelle érection !
À la Ste Putréfaction
beaucoup d’actions !
À la St Ruth
ah quel rut !
À la Ste Bique
que je te nique !
À la Ste Malice
c’est la chaude pisse
À la Ste Réglisse
vive les caprices !
À la St Venceslas
vive les dégueulasses !
À la Ste Mélasse
on fait des crasses !
À la Ste Tignasse
que j’aille à la chiasse !
À la St Marchié
vive les Nuls-Ã -chier !
À la St Purin
une partouze
et tous purin !
À la St Potin
vive les popotins !
À la St Mesquin
ah quel entrain !
À la St Saturnin
le butin aux gredins !
À la St Bordure
vive les ordures !
À la St Poltron
vive les cons !
À la St Pelochon
à nous les p’tits petons !
À la St Cornichon
à nous les gros nichons !
À la St Folichon
on fait les baluchons !
À la Ste Gargouille
on casse les couilles !
À la St Couillon
à nous les fions !
À la St Anal
on tombe dans l’canal
À la Ste Bertille
pas d’pécadille !
À la Ste Marmelade
pas de reCULade !
À la Ste Soupe
à nous les croupes !
À la Ste Viole
qu’est-ce qu’on rigole !
À la Ste Chandelle
des sous à la pelle !
À la St Orteil
on ramasse l’oseille !
À la Ste Bouteille
attention les oneilles !
À la Ste Tirelire
c’est le délire !
À la St Bigoudi
on blanchit les délits
des très vieux débris
À la St Pissenlit
plus de pipi au lit !
À la Ste Pine
vive les rapines !
À la Ste Vermine
on a bonne mine !
À la Ste Bouzine
on se débine !
À la St Morveux
vive les baveux !
À la St Médard
suce-moi le dard !
À la Ste Turne
suce-moi les burnes !
À la Ste Fesse
c’est l’allégresse !
À la St Branleur
vive les tripoteurs !
À la Ste Chandeleur
vive les tripatouilleurs !
À la St Masturbateur
vive les boursicoteurs !
À la St Lucifer
vive les hommes d’enfer !
À la St Nigaud
vive les gogos !
À la St Nabot
vive les bobos !
À la St Chenapan
vive les charlatans !
À la St Argent
faut être dans l’vent !
À la St Antoine
beaucoup d’avoine !
À la Ste Pâte
on fait de l’épate !
À la Ste Dame-des-Choux
on fête tous les ripoux !
À la St Marchandage
vive les tripatouillages !
À la St Dévergondage
on est sans âge
À la Ste Gidouille
on mange de l’andouille
Hourra cornes-au-cul vive les vieux Z’bus !
18 octobre 2007
[Texte-Joyeux Jarryversaire 2] Christian Prigent, Les z’Ubs à la fontaine
Les z’Ubs à la fontaine (air : À la claire fontaine) de Christian Prigent
À la claire fontaine
Bordur’ (le Capitaine),
Qu’est un vrai malotru,
Drague la Mère Ubu :
« Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai !
Quitte le Père Ubou,
Ce coquin, ce grigou,
Il est moche, il est gros,
Moi je suis bien plus beau ! :
Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai ! »
Mais v’là qu’ le Père Ubu
Supplie la Mère Ubette.
(Car ça n’est pas la fête
Quand on vous fait cocu) :
« Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai ! »
La mère Ub’, elle envoie
Le Père Ub’ aux pelotes
Car Bordur’, c’est un gars
Qu’en a dans la culotte ! :
« Il y a longtemps que je l’aime
Jamais je ne l’oublierai ! »
Ubu est en pétard :
I’ prend l’ sabre à phynances !
I’ va lui trouer l’ lard :
Et bing ! zou ! – dans la panse !
♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬
« Il y a longtemps que tu l’aimais ?
– Va voir en Enfer s’il y est ! »
Puis pan su’ l’ Capitaine :
I’ lui crève la bouzine
(Ça n’en fait eun’ cuisine,
Quand ça vid’ la bedaine !) :
« Il y a longtemps que tu l’aimais ?
-Va voir en Enfer s’elle y est ! »
♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬
Variante décente pour la strophe 4 :
La mère Ub’, elle envoie
Le Père Ubu z’aux pommes
Car Bordur’ c’est son homme,
C’est d’lui qu’elle est gaga ! :
« Il y a longtemps que je l’aime
Jamais je ne l’oublierai ! »
[Hausmann. Et après ?] Interview d’Emmanuel Rabu : transgenre et poéticité
Premier soir de la manifestation Raoul Hausmann. Et après ?, mercredi 17 octobre, vernissage de l’exposition de Jean-François Demeure, premier interview : Emmanuel Rabu. Dans ce court entretien, est interrogée la question du transgenre et de la poésie en relation à son livre Tryphon Tournesol et Isidore Isou [durée 7 mn].
[News et chronique] Joyeux Jarryversaire !
 « Alfred Jarry aimait à rappeler qu’il était venu au monde le jour de la Nativité de la Vierge, le 8 septembre 1873 ; il est mort le jour de la Toussaint, avec une grande précision, dirait-il lui-même. C’est une des plus singulières figures de la jeune génération, et l’être le plus contradictoire qui soit. Très intelligent et d’une inclairvoyance rare ; original assurément, et assimilateur jusqu’à la singerie ; nul plus que ce chercheur d’absolu ne fut à la merci du contingent ; extraordinairement compréhensif, il ignora la vie comme personne ; délicat souvent, discret, plein de tact en mainte circonstance, il aimait à prendre des attitudes cyniques.
Il était doué d’ingéniosité plus que d’imagination, et de son esprit géométrique et à déclenchements automatiques surgissait dix fois la même idée sous différents aspects. Volontaire, tenace, hâbleur un peu, il s’illusionnait facilement et toujours dans le sens de l’optimisme – d’où quelques bonnes sottises qui lui furent préjudiciables. Ses désirs furent des impulsions d’enfant : un livre en caractères alors rares en France, un canot, une cabane au bord de la Seine : il les réalisa immédiatement – incontinent eût-il dit – sans souci des possibilités, envers lui-même et contre tous. Il fut charmant, insupportable et sympathique ».
Ainsi commençait l’Hommage que l’autre Alfred, Vallette celui-là , rendit à son jeune poulain échappé – enfant Énormément TERRIBLE s’il en fut – dans le Mercure de France du 16 novembre 1907.
Peu de temps auparavant, dans son Journal (18 janvier 1906), Jules Renard nous donne une image tonitruante de cette figure parmi les plus excentriques des Zutistes :
« On passe, et on entend : pan ! pan ! pan ! C’est Jarry qui, à coups de revolver, tue les araignées ; mais il garde les toiles : ça orne.
Il installe ses cabinets au-dessus de la sonnette de la porte. On tire la corde. La cuvette se vide. Ce mouvement qui était perdu est utilisé.
Ca tombe bien sur le visiteur, mais les cabinets sont toujours propres ».
Et l’on se souvient du double portrait que moins de vingt ans plus tard nous offrent Les Faux-Monnayeurs (3e partie, chap. VIII), le premier par l’écrivain à succès Passavant et le second par le narrateur :
« – C’est Alfred Jarry, l’auteur d’Ubu roi. Les Argonautes lui confèrent du génie, parce que le public vient de siffler sa pièce. C’est tout de même ce qu’on a donné de plus curieux au théâtre depuis longtemps ».
« Vêtu en traditionnel Gugusse d’hippodrome, tout, en Jarry, sentait l’apprêt ; sa façon de parler surtout, qu’imitaient à l’envi plusieurs Argonautes, martelant les syllabes, inventant de bizarres mots, en estropiant bizarrement certains autres ; mais il n’y avait vraiment que Jarry lui-même pour obtenir cette voix sans timbre, sans chaleur, sans intonation, sans relief ».
La crainte de Passavant se confirmant, le Gugusse provoque le scandale :
« Jarry s’était éloigné déjà .Il attendit d’avoir tourné la table et répéta d’une voix de fausset :
« Et maintenant, nous allons tuder le petit Bercail » ; puis, sortit de sa poche un gros pistolet avec lequel les Argonautes l’avaient vu jouer souvent ; et mit en joue.
Jarry s’était fait une réputation de tireur. Des protestations s’élevèrent. On ne savait trop si, dans l’état d’ivresse où il était, il saurait s’en tenir au simulacre ».
Contre l’esprit de sérieux des milieux littéraires, le revolver ; contre l’intellectualisme, le vélo, qui est « un prolongement minéral de notre système osseux ».
Rien d’étonnant à ce que ce soit celui-là , celui qui pédale dur et celui qui revolver, qui réussît à TOUT RÉVOLVER
, pour reprendre une formule de Novarina dans sa Lettre aux acteurs (1974) : en une fin-de-siècle désillusionnée, l’anarchisant Jarry fit voler en éclats tous les -ismes, tous les discours usés, littéraires et idéologiques.
Comme il ne s’agit pas de tomber dans la commémomanie, Libr-critique
entend fêter cela à sa manière : joyeux Jarryversaire, donc !
Avant d’en arriver au coeur du Dossier (poèmes carnavalesques de Prigent et de Cuhel, mon article sur la révolution grotesque de Jarry et le recensement du dernier
ouvrage critique, sous la direction de P. Besnier, Jarry, monstres et merveilles), faisons le point sur les manifestations organisées pour le centenaire-de-la-mort-de-Jarry – dont on lira le détail sur http://www.
alfredjarry2007.fr.
On passera outre la gadgetomania pour signaler, tout d’abord, deux expositions : Ã Reims, Le centenaire de la mort d’Alfred
Jarry, où l’on découvrira, en octobre-novembre, divers livres d’artistes autour de Jarry, les revues de l’infernal écrivain, ou encore les publications du Collège de pataphysique ; à Rennes, La Passion Jarry nous fera revivre, notamment grâce à Patrick Besnier, la vie et l’oeuvre tumultueuses de celui qui reste avant tout le Père d’UBU.
Du côté des spectacles, on retiendra :
– le 31 octobre, au Théâtre de Laval, Monsieuye Jarry met en cage un peu d’éternité (création du Théâtre de l’Échappée) ;
– à Reims, le 9 novembre, à l’Auditorium de la Médiathèque Jean Falala (19h), Ubu sur la table (compagnie de marionnettes québecoise) ;
– à Pontoise, au Dôme place de l’Hôtel de ville, les 9 et 13 novembre, Ubu sur la butte (compagnie le Ricochet Solaire) ;
– le 2 novembre à Saint-Brieuc (à 18h, dans le foyer Louis Guilloux de La Passerelle, scène nationale) et le 9 à Rennes (18h 30, Médiathèque des Champs Libres), Une heure impertinente avec Jarry (Théâtre de Folle Pensée).
Parmi les rencontres et conférences, mentionnons :
– le 24 octobre, à la Bibliothèque Carnégie de Reims (18h 30), Isabelle Krzywkowski (Maître de conférences à l’Université de Reims et secrétaire de la Société des Amis d’Alfred Jarry), « L’Autre Jarry » ;
– le 1er novembre, à Cracovie (Pologne), le Ve séminaire pataphysique de Jan Gondowicz ;
– les 7 et 14 novembre, à 18h 30, les rencontres de la bibliothèque de Rennes, avec P. Besnier et la projection du film de Jean-Christophe Averty sur Jarry dans la collection « Un siècle d’écrivains » (Médiathèque des Champs Libres) ;
– le 9 novembre, à l’Université d’Artois (14h), F. Thumerel, « Ubu roi ou la révolution carnavalesque ».
On n’oubliera pas l’enregistrement public de l’émission Les Papous dans la tête, qui aura lieu le samedi 17 novembre au Théâtre de Laval (diffusion sur France Culture le dimanche, de 12h 45 à 14h).
Insistons enfin sur les manifestations de Saint-Brieuc, organisées les 2 et 3 novembre par l’association « 22 : Jarry 2007 » (02 96 61 57 54), dont le président n’est autre que Christian Prigent : à La Passerelle, à la Maison Louis Guilloux et à la Bibliothèque municipale, on assistera à des lectures de Pennequin, Verheggen, Jouet et Prigent ; à une Table ronde sur « Jarry et le monde celtique », qui réunira Henri Béhar, Patrick Besnier, Jean-Luc Steinmetz et Christian Prigent ; on s’étonnera devant les étranges « machines jarryques » fabriquées par les étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de St Brieuc…
Après une longue interruption, nous refaisons une émission vidéo-live dimanche 28 octobre, à 11 H du matin.