Libr-critique

30 juin 2007

[Expoésie] Lecture intégrale d’Olivier Cadiot

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olivier cadiotOlivier Cadiot est né en 1956 à Paris. Il est considéré comme une figure emblématique de la poésie contemporaine. En 1988, il publie aux éditions P.O.L un premier livre de poésie, L’Art poétic’. En 1993, paraît le premier tome d’une série, Futur, ancien, fugitif, suivi du Colonel des Zouaves, de Retour définitif et durable de l’être aimé et de Fairy queen en 2002 (éditions P.O.L). Il participe à La Nouvelle Traduction de la Bible, publiée en 2001.

Il a été plusieurs fois adapté au théâtre, pour lequel il a également écrit. Il collabore régulièrement avec des musiciens, comme Georges Aperghis, Gilles Grand, le pianiste Benoît Delbecq, le groupe Katonoma et Rodolphe Burger.
Son dernier roman, Un nid pour quoi faire, a paru en 2007 chez P.O.L.
Olivier Cadiot exprime particulièrement bien sur scène l’énergie et l’humour qui parcourent ses fictions et ses poèmes.

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[Expoésie] Extrait de la performance de Katalin Molnar

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katalin molnarExtrait de la performance de Katalin Molnar, qui explore toujours la question de la langue, de ses déplacements, des possibilités de compréhension liées à l’écriture et à au dire.

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[Expoesie] Extrait de la lecture d’Alain Veinstein

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alain veinsteinPoète et homme de radio, Alain Veinstein a créé en 1978 « Les nuits magnétiques » de France Culture, où il présente actuellement « Du jour au lendemain » et produit « Surpris par la nuit ». Il a reçu le prix Mallarmé pour son livre Tout se passe comme si (Mercure de France, 2002) et le Grand prix de la poésie de l’Académie française en 2003 pour l’ensemble de son œuvre. Son dernier livre, Dancing, a été publié aux éditions du Seuil.

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[Expoésie] expositions d’art plastique

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Durant le festival Expoésie, à Périgueux, on peut voir cinq expositions, si elles sont le fait de plasticiens aux pratiques trés différentes, elles ont toutes pour point commun de travailler, sur, dans, à partir d’une langage, et entre ainsi en résonnance avec les recherches de la poésie, et des poètes et écrivains invités. On peut aussi retrouver des extraits du travail de ces artistes dans la revue Ouste.

La première (cf.vidéo 1), au Centre culturel de la Visitation, est une exposition de Julien Leresteux, un jeune artiste vivant à Bruxelles, qui interroge la structuration d’un espace à travers une installation inter-média, entre dessin, vidéo, sculpture aérienne, et animation numérique. Vous pouvez aussi allez voir son site.

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La seconde exposition (cf.vidéo 2), à la galerie l’Appart, “Maux à mots”, présente le travail d’Emmanuelle Lauer, plasticienne qui utilise la photo, la gravure à l’eau-forte et autres modes d’impressions manuelles, l’animation numérique, le volume et le dessin pour construire une réflexion sur les représentations de la féminité, sur notre rapport aux représentations artisitques du passé, et sur la question des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et cela en interrogeant le langage, les mots et les discours médiatiques. On peut découvrir aussi son travail sur son site www.emmanuellelauer.com
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La troisième exposition (cf.vidéo 3), de Thomas Déjeammes, jeune artiste bordelais, présente un travail entre photo et poésie. Il décrit son travail en ces termes : “ Un mot seul au coin de la rue, une affiche partiellement déchirée par un propriétaire de maison inhabitée, une phrase captée dans une discussion de passants, ou tirée d’un livre, peuvent construire mes écrits.
Utilisant vos mots, je fais d’éclats de paroles des histoires où le son, le graphé et le sens s’accressent ou se dispersent. Je cherche le trouble, la vibration dans le mot, la phrase, afin de provoquer l’ouverture dans l’interprétation et du même coup, questionner la langue, cet inconscient collectif.
”
Présentation de son travail sur le site de Expoésie

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La quatrième exposition (cf.vidéo 4), de Quentin Pérochon, à la galerie l’Art Nôtre, est composée de dessins fait à la machine à écrire, et font penser à des poémes visuels ou concrets.
« Mon travail est iconoclaste. Je réalise des peintures et des photos de ciel. Des photos d’architecture. Des dessins à la machine à écrire. J’écris. Je construis de la musique à partir d’équations mathématiques. Je réalise des vidéos faites de photographies. Je collectionne des documents sur les méduses.
La cohérence de toutes ces approches se situe justement sur le fait qu’elles sont à la limite de leur médium, dans des états intermédiaires, entre deux ou plusieurs disciplines
. »

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La cinquièmes exposition, où l’on peut voir les livres de n’aqu’1 noeil sera visible demain.

[Expoésie] Extrait de la lecture d’Edith Azam

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edith azamNous avions découvert Edith Azam à Lodève, lors du festival 2006. Nous la retrouvons ici et nous vous donnons à voir sa lecture, toujours aussi efficace et sensible. Pour une plus large présentation, vous pouvez voir sa présentation sur Poezibao, ou bien encore, vous pouvez voir sa lecture de Lodève.

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[Expoésie] Extrait de la lecture d’André Paillaugue

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paillaugue1er extrait de la lecture qui a eu lieu le 29 juin 2007.
André Paillaugue est le co-fondateur de l’association et de la revue littéraire Le Pressoir, qui a publié de la littérature contemporaine de 1994 à 1996.
Il est critique littéraire et critique d’art. Il a notamment publié dans La Lettre d’Atlantiques, mensuel du Centre régional des Lettres d’Aquitaine, les revues Le Festin et Le Bord de l’Eau, les Cahiers Art & Science (Éditions Confluences/ Université de Bordeaux 1). Il a traduit de l’américain un texte poétique de Rosmarie Waldrop, Fenêtre d’accélération, dans le n° 160-161 de la revue Action poétique, en octobre 2000.
Il a publié Le Jardin des tirages au sort suivi de La Machexfapapa en 1993, Cut-up Fitzgerald n° 1, amour et mal de mer, Collection Week-end en 1999, Icare & les gratte-ciel, en 2000, et at IJ 19/12/2000 à X en 2003, tous aux éditions de L’Attente.

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29 juin 2007

[Expoésie] interview de Hervé Brunaux

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image-2.jpgDans le cloitre du MAAP, Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, présentation du festival Expoésie par son créateur et directeur, Hervé Brunaux.

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[Expoésie] performance de Michel Giroud aka Caramba El Coyote

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image-1.jpgHervé Brunaux et la conservatrice du musée d’art et d’archéologie du Périgord à Périgueux, ouvrent le vernissage de l’exposition de Robert Combas ; le peintre ne pouvant être présent, c’est Michel Giroud qui a inauguré l’exposition de sa trompette et de son cri, en compagnie d’un cerf, d’un tipi et d’un totem, aprés avoir parlé de la future ouverture du Musée des Muses Amusées en 2008.

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[Expoésie] vernissage de l’exposition de Robert Combas

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — Hortense Gauthier @ 12:52

expoesie.jpgJeudi 28 juin, à 17h30, au musée du Périgord, s’est ouverte l’exposition de Robert Combas, qui se tiendra jusqu’à fin septembre. De grands tableaux remplis de strates d’écritures de couleurs sont exposés, ainsi que de nombreux livre de cet artiste de la « figuration libre ». Les tableaux sont en quelque sortes des poèmes visuels, et pas seulement des peintures, on peut ainsi découvrir les liens entre le travail de cet artiste et les recherches poétiques des avant-gardes et de la poésie contemporaine.

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Sur les murs du cloitre du musée du Périgord, parmi les vestiges et les sculptures de l’Antiquité, du Moyen-Age, et de la Renaissance, on peut lire des inscriptions à la craie, qui sont des poèmes des écrivains et artistes qui ont été invité à Périgueux, cf. photos suivantes de gauche à droite (cliquez dessus: Joël Hubaut, Jacques Villeglé, Julien Blaine, Ben, Jean-Luc Parant, Dr Courbe.

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27 juin 2007

[Expoésie] Programme du festival Expoésie à Périgueux

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 11:12

expoesieLib-critique, présente le programme de la 6ème édition du festival Expoésie, qui aura lieu à Périgueux, du 28 juin au 3 juillet.
Libr-critique fera tout au long du festival une série de vidéos, tout à la fois des lectures, que d’interviews des poètes invités et des organisateurs. Vous pourrez suivre ainsi tous les jours, ce qui a lieu à Périgueux, aussi bien sur votre ordinateur que sur ipod, au sens où les videos seront videopodcastées.

Programme :
festival Expoésie
Périgueux, du 28 juin au 3 juillet 2007
6e édition
Ce festival pluridisciplinaire se donne pour principal objectif d’explorer les affinités entre la poésie actuelle et les autres arts : spectacles, performances, lectures, expositions, ateliers, danse, musique, vidéo, ainsi qu’un salon de la revue de création, pour un rendez-vous unique en France. Plus de 50 poètes et/ou artistes en chair et en voix, une multiplicité de rencontres, un festival de création vivant et en mouvement.

jeudi 28 juin
musée d’Art et d’Archéologie du Périgord
17 h 30

vernissage expo de Robert Combas et performance (expo jusqu’à fin septembre)

vendredi 29 juin
bibliothèque municipale
14 h

atelier : bibliotératologie, par les éditions N’a Qu’1 Œil
galerie À l’Art Nôtre
17 h 30
inauguration du festival
19 h 00
lectures, performances : André Paillaugue, Édith Azam, Kataline Molnár, Alain Veinstein, Olivier Cadiot. Avec Monsieur Chacal et son « jeu à la conque ».
salle du Réservoir
21 h 00

concert : Chloé Mons, Daniel Darc

samedi 30 juin
place Saint-Louis
10 h – 18 h 30

salon de la revue de création : 40 éditeurs francophones performances, lectures : scène off (BoXoN, Club des Hydropathes, Marie Delvigne, Franck Doyen, Rorik Dupuis, Bernard Froidefond, Jean-Luc Lavrille, Joanna Mico, Sylvia Mikaël, Lise N, Quentin Pérochon, Daniel Pozner…) + remise des prix du concours « Expoésie Jeunesse » (11h) + « Pédiluve sympathique », performance interactive de Bruno Guiot (15h30) + « Tout autour des revues », circonférences-action de Michel Giroud avec Caramba El Coyote à la trompette (17h30) + « La Société Mobile », installation-performance de Laurence Denimal + « Pioche poétique » de Jean-Marie Champion
Galerie verbale Le Paradis
19 h

lectures, performances : Marina Mars, Antoine Boute + Hughes Warin, Julien Blaine, Nicola Frangione, Elvira Santamaria. Avec Monsieur Chacal et son « jeu à la conque ».
place de La Vertu, café de La Vertu
22 h30

musique hybride et vidéo + DJ : « Time : Code », DJ Peté Bullé (en partenariat avec Some Produkt).

dimanche 1er juillet
place Saint-Louis
10 h – 17 h 30

salon de la revue de création : 40 éditeurs francophones performances, lectures : suite scène off + mêmes intervenants que samedi
café-guinguette de Barnabé
19 h 30

lecture-performance : David Chiesa et Charles Pennequin

mardi 3 juillet
galerie l’App’art
18 h

dévernissage de l’exposition d’Emmanuelle Lauer durant tout le festival

. expo de Robert Combas au musée d’Art et d’Archéologie du Périgord (jusqu’à fin septembre)

. expo des éditions n’a qu’1 œil à la bibliothèque municipale (du 28 juin au 13 juillet, vernissage le 6 juillet à 18 h)

. expo de Julien Leresteux au centre culturel de La Visitation (jusqu’au 13 juillet, 13 h à 18 h)

. expos de Thomas Déjeammes, Yves Dieulafait, Quentin Pérochon, à la galerie À l’Art Nôtre

. expo de créations « poético-plastiques » réalisées tout au long de l’année par des classes d’arts plastiques en collaboration avec le musée du Périgord, à la galerie À l’Art Nôtre et dans les librairies

. expo-installation d’Emmanuelle Lauer, à la galerie L’App’art (expo jusqu’au 3 juillet, 14 h à 18 h 30)

. installation du groupe Dépanne-Machine, place Saint-Louis

.. installation « Le Bureau » d’Agnès Aubague, place Saint-Louis

. stage de réalisation Jeunesse et Sports Dordogne et Polymages, « Un œil dans le coin »

. reportage internet en direct sur le festival, par Philippe Boisnard et Hortense Gauthier (voir encadré)

Avec la participation amicale de Démosthène Agrafiotis (performance samedi 30, 16 h), un reportage photos de Quentin Pérochon et la couverture exceptionnelle de l’événement par Bagatélé (Hervé Brunaux + Bruno Guiot), « le média qui vous manipule »

samedi 30 juin et dimanche 1er juillet
restaurant Le Saint-Louis
14 h à 18 h

projection de vidéopoésies et de vidéos d’artistes : Laurent Besse, Rorik Dupuis, Gérard Fioretti, Matthias Garrouste et Frédérique Soumagne, Michel Giroud El Coyote, Laurent Mareschal, Antoine Revel-Mouroz, Yeun Suk Shin, Claude Yvroud.

Toutes les manifestations sont gratuites, sauf le concert au Réservoir.
organisation : asso Féroce Marquise, revue Ouste
avec la participation des assos : Some Produkt, Théâtre Grandeur Nature, L’App’art, Les ThéTards, ADAM 24
directeur artistique : Hervé Brunaux
renseignements : 06 72 83 67 74 / feroce.marquise@tiscali.fr

retrouvez les invités du festival sur le site : http://www.perigord.tm.fr/expoesie

[revue/spécial Expoésie] OUSTE n°15 – conspiration 2007

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 10:41

ouste 15OUSTE n°15 – conspiration 2007, ed. Féroce Marquise/Dernier Télégramme, 100 p. ISBN: 978-2-917136-03-4, 10 €.
Présentation :
Ce numéro de Ouste est pour plusieurs raisons remarquables : tout d’abord, Féroce Marquise, l’association d’Hervé Brunaux a travaillé avec Le Dernier Télégramme, dont nous avons présenté sur libr-critique plusieurs titres, dont l’excellent Cargo Culte d’Emmanuel Rabu. Ce partenariat entre deux associations proches régionalement (Limoges et Périgueux) montre une dynamique dont nous nous réjouissons, et se propose aussi certainement comme une possibilité de mobilisation de moyens plus efficaces pour défendre la poésie contemporaine. La revue est donc co-éditée entre ces deux associations, et adopte un nouveau format, plus petit, compact, léger, comme un petit livre de poche à emporter avec soi. La couverture glacée offre un beau collage de Villeglé, et au dos l’affiche de Expoésie réalisée par Combas.

Ce numéro est aussi étonnant de par le nombre d’auteurs qu’il rassemble : 68 ! Il a quelque chose de l’ordre de l’anthologie, et en même temps il y échappe, par son caractère plus léger, plus dynamique. Parmi ces 68 auteurs, on retrouvera de nombreux écrivains invités au festival Expoésie comme Charles Pennequin, Julien Blaine, Antoine Boute, Edith Azam, Olivier Cadiot, Alain Veinstein, Katalin Molnar, ainsi que des poètes et performeurs confirmés et reconnus comme Démosthène Agrafiotis, Nicola Frangione, Esther Ferrer, Jean-Luc Parant, Fernando Aguiar, Elvira Santamaria, Georges Hassoméris, Clemente Padin, Michel Giroud. Cette génération côtoient des écrivains plus jeunes comme Philippe Boisnard, Franck Doyen, Pierre Escot, Laurence Denimal, Laurent Albarracin, Marie Delvigne, ainsi que nouveaux noms, Julien Lereusteux, Rorik Dupuis, Stéphane Riegel, dont on découvre les travaux … La revue est constituée essentiellement de textes trés courts, une à deux pages, tous les textes ne font pas corps, leur qualité est assez inégale, certains auteurs comme Adeline Baldachino, Joana Mico, Guillaume Vivier, ou Amandine Marembert dénotent même un peu, mais l’ensemble reste de bonne facture, ce qui n’était pas a priori un pari évident au vue du nombre de contributions et de leur taille.

Ce qui est intéressant, c’est de voir comment certains travaux se répondent entre eux, les recherches de poètes (Fernando Aguiar, Alain Robinet, Clemente Padin, Bartolomé Ferrando, thierry Thillier, Lucien Suel…) faisant écho à celles de plus jeunes (Hervé Brunaux, Emmanuelle Lauer, Quentin Perrochon,…) pour tisser des résonnances inter-générationnelles, notamment parmi les nombreux travaux visuels, de poésie concrète, de collages et autres fac-similé. On retiendra entre autres l’énergie folle du texte d’Antoine Boute, le trés beau texte d’amour de Kristell Loquet, les exclamations phonétiques de Katalin Molnar, la PTT (la Poésie Totalement Totale) de Michel Giroud, le nouveau travail de Laurence Denimal, qui poursuit la description de son quotidien, codifié comme dans son Joubor, mais de façon plus narrative et plus lisible, ce qui donne une sorte de journal intime tout à fait étonnant dans l’écriture, et trés intéressant.

>Ouste, par sa sortie, est un écho papier et annonce le festival Expoésie, dont nous annonçons dès à présent, qu’il sera en partie retransmis sur internet par nos soins. Cette retransmission en quasi direct aura lieu sur Libr-critique.com, sur Vlog-trotter.org et via iTunes, pourra être suivi en videopodcast sur les iPod.

25 juin 2007

[Chronique] Chloé Delaume ou l’alteregographie

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , — Fabrice Thumerel @ 9:10

L’Espace Delaume chloe delaume par adrian smith En une dizaine d’années, avec pour rampe de lancement la revue EvidenZ, qu’elle a fondée en 1999 avec Adrian Smith et Mehdi Belhaj Kacem (son mari jusqu’en 2002), à 34 ans et treize livres publiés, Chloé Delaume s’est déjà fait une position, notamment après le succès du Cri du sablier (Farrago/Léo Scheer), qui a obtenu le prix Décembre 2001. Elle s’est donc fait un nom par une activité littéraire qu’elle a choisi de placer sous les meilleurs auspices : Nathalie Dalain a en effet emprunté son prénom à l’héroïne de L’Écume des jours et son patronyme à L’Arve et l’Aume d’Antonin Artaud – sans doute pour se recréer par et dans l’écriture après le drame familial : à dix ans, elle assiste à la terrible mort de ses parents, le père tuant la mère avant de se suicider. Et dans l’état actuel du champ, toute place est corrélative d’un espace médiatique – plus ou moins important, plus ou moins visible. De ce point de vue, Chloé Delaume fait partie des privilégiés : reconnue par la critique journalistique, collaborant avec diverses maisons d’édition et avec France Culture (pièces radiophoniques), elle gère en outre le blog de l’émission Arrêt sur image (France 5, Daniel Schneidermann) et son propre site, très prisé, www.chloedelaume.net. Faut-il pour autant, comme le font certains, la rejeter d’emblée dans le pôle commercial ? Ce qui est certain, c’est que, dès son premier succès, celle qui avoue ne pas être incommodée par le dévoilement partiel de son intimité se révèle sans concession pour les productions semi-commerciales, estimant que "la littérature n’est pas faite pour être divertissante" et que l’autofiction à la mode ne relève pas de la littérature, mais "du quotidien version trash mis en forme de façon très cavalière sous prétexte que seul le sujet compte" : "on s’est retrouvé avec un phénomène, créé de toutes pièces par cette "troisième colonne", de livres très bien faits question marketing…D’abord, ils touchent le grand public parce que ce n’est pas difficile à lire, que c’est du "je fais-ci, je fais-ça", qu’il s’agit d’autofiction, de types qui vont dans des boîtes ou des restaurants branchés et citent parfois nommément des personnes qu’on voit à la télé ou qu’on entend à la radio. Ils touchent bien sûr leur propre milieu, et ils touchent l’intelligentsia parce qu’ils expliquent que c’est un nouveau courant littéraire et que c’est là que ça se passe aujourd’hui, avec les médias pour soutenir leurs dires" (www.zone-litteraire.com, 2001). La Passion Delaume delaume2.jpgAvec La Dernière Fille avant la guerre [voir la présentation ici], dont le titre reprend celui d’une chanson d’Indochine(cf. p. 113), le problème est directement lié au sujet : l’addiction au groupe de rock français que subit l’écrivaine et performeuse depuis l’âge de dix ans…D’où quelques effets notoires: "Je ne fonctionnais plus que par analogies […]. J’avais de soudaines pulsions, des tics incontrôlables, un besoin viscéral de citer Indochine à longueur de journée" (81). "J’écoute Indochine pratiquement tous les jours, et cela depuis vingt-trois ans. Il me faut une nuit au casque toutes les trois semaines, sinon je deviens agressive et je me mets à chanter toute seule […]" (84). "[…] nous sommes écho rituel, chouettes hulottes sous hypnose dès qu’il [Nicola Sirkis] prend le micro. Nous scandons également Indochine clap clap clap et cela ad libitum à l’aurore du rideau , puis quand viennent les rappels" (100). "[…] je n’habitais pas mon corps mais la télévision toute l’année 2005" (108). Tels sont les symptômes de celle qui, "suite à un incident biographique majeur" (94), est assignée à demeure dans un territoire particulier, qui comprend des lieux, des chansons et des concerts cultes, mais aussi des fans, parmi lesquels la Communauté de l’Est, créée en 1986 par des inconditionnels, "dissidents du fan-club, dont ils dénonçaient le manque de ferveur" (49). Puisque "la viandasse est conditionnée", toute la difficulté est de se désintoxiquer, de se déterritorialiser quand son propre territoire est un no man’s land: "comment s’amputer la mémoire, […] y compris collective" ? "Il ne s’agit pas de faire un deuil, il s’agit de se dégorger. D’une partie de soi, mais pire encore. De son propre Never Never Land" (105). La narratrice craint d’autant moins d’avouer cette Passion qu’elle emboîte le pas à de prestigieux aînés : Guyotat, par exemple, qui "avoue Balavoine", sans en être "perturbé" (91). On songe également à Annie Ernaux, qui, de Passion simple (1992) à Se perdre (2001), n’hésite pas à évoquer son côté midinette ; attaquée par une partie de la critique, elle réplique en dévoilant le présupposé de leur discours : "il est impossible – ou inadmissible – que je lise l’horoscope et me conduise comme une midinette. "Je" fait honte au lecteur" (Journal du dehors, Gallimard, 1993, p. 19). Au reste, le ton cru et le prénom Anne (le Moi ancien de Chloé) rappellent les premiers textes de l’auteure consacrée. Le motif de la honte également (cf. pp. 75, 89, 101 et 111), et ce genre de remarque, peut-être, sur la différence sexuelle : "Si les femmes éprouvent quatre fois plus souvent le besoin de diminuer de 40 % la sensation de tristesse ou de colère que les hommes, ce n’est pas parce qu’elles représentent 91,2 % des corps violés en France, que l’écart des salaires est de 37 %, ni que les instances marketing du biopouvoir les invitent à utiliser d’urgence des Tampax à la fleur tellement elles daubent les pauvres, mais à cause d’une hormone, la prolactine, qu’elles produisent davantage de que les couillidés" (74). Les pactes Delaume delaume3.jpgCela dit, le trauma qui constitue la tache aveugle de son écriture n’est pas de la même nature : la tragédie familiale – dont la date, 1983, sert de point de départ au corps du texte – n’est ici liée, comme chez l’auteure de La Honte, ni à la disparition d’une soeur aînée qu’il a fallu remplacer, ni à la tentative de meurtre du père sur la mère. Il en va de même pour sa posture autobiographique : il s’agit, non pas de rendre compte du vécu social et familial selon une éthique et une esthétique du neutre seules considérées comme authentiques, une démarche heuristique baptisée "autosociobiographie", mais, au moyen d’une écriture polyphonique et polymodale, d’un état de dépendance psychosomatique (syndrome de la groupie), d’une monomanie individuelle et collective. Pour singulière qu’elle soit, cette auto-analyse n’en a pas moins une fonction thérapeutique : après "le syndrome de déréalisation" et l’échec de la collaboration avec Nicola Sirkis en 2005, la valeur vicariante du chanteur n’a pu en effet que se déplacer dans l’écriture, avec pour mots d’ordre "dérougir mes hontes", "réconcilier les moi qui s’écharpent au-dedans", "donner un sens, une cohérence" aux "volumes de vie" (109). Plus précisément, afin de restaurer son intégrité identitaire, la jeune orpheline contracte un "pacte d’écoute" (99) avec un premier alter ego, le chanteur vedette d’Indochine, puis un contrat autofictif avec un second, interne celui-là, dont la mission est de venger sa vie par la fiction. Ce dernier cas offre un intéressant avatar de la fameuse distinction entre moi social et moi littéraire. Ainsi avons-nous affaire à une double métamorphose : Miss Aphasie devient Miss Paramount, puis Chloé Delaume. La majeure partie de La Dernière Fille avant la guerre repose sur ce dialogue conflictuel entre un "ancien moi du dedans" (13) et un écrivain qui, exproprié pour avoir failli à sa mission, réussit néanmoins à renverser les rôles pour critiquer cette nouvelle parole auctoriale. Ce dédoublement n’est pas nouveau dans l’oeuvre de Chloé Delaume, qui, persuadée qu’"aucun soliloque ne permet d’avancer, d’accoucher de soi" (entretien déjà cité), a donné au Cri du sablier la forme d’un échange entre deux voix, le Moi et son "autopsy". Et bien évidemment ne peut manquer de venir à l’esprit le dispositif mis en place par Nathalie Sarraute dans Enfance (1983). Cependant, comme dans Entre la vie et la mort (1968) et Tu ne t’aimes pas (1989), où il s’agit d’éviter le discours complaisant de ceux qui s’aiment trop, l’alter ego a ici un rôle de témoin, de juge, ou, pour reprendre les catégories de Philippe Lejeune, de contrôle plus que d’écoute et de collaboration. Phénomène remarquable ici, c’est chaque moitié du Moi qui devient tour à tour "lecteur idéal et critique" (propos de Sarraute recueilli dans Roman 20-50, n° 4, décembre 1987, p. 118). C’est ainsi que, d’une part, Anne reproche à Chloé de l’avoir trahie par ses "déjections égotiques" (19) et une "emphase des asticots" (14) qui l’a conduite à lui "ampouler la langue" (33) ; d’autre part, dans de courtes incises en petits caractères, l’écrivaine tourne en dérision, non seulement la naïveté de celle qui, dans ses chansons, tombe dans la "subversion Haribo" (60) et "mylènefarmerise parfois trop" (67), mais encore, lorsqu’elle se fait narratrice, sa tendance au trucage et au mensonge, son abus des métaphores, son pathos et son "lyrisme charcutaille" (39). Ce balancement entre je scriptural et je ancien, prénom d’emprunt et pseudonyme, qui propose au lecteur une double distanciation, est révélateur des tensions inhérentes à toute véritable écriture de soi, que l’on peut condenser en une série d’antinomies : bios / graphein, réalité / fiction, spontanéité / artifice, authenticité / facticité…Ce récit critique met par ailleurs en scène l’antithèse entre ego-littérature et roman du Je, telle que l’entend Philippe Forest dans un essai dont j’ai rendu compte le 14 février dernier pour être exact, Le Roman, le Réel et autres essais : contrairement à ce qui se passe dans une autofiction à la mode devenue tout entière "ego-littérature", il ne s’agit pas de confondre réel et vraisemblable sous le vocable de "vécu", de souscrire à l’illusionnisme naturaliste pour se (ré)conforter dans une prétendue expression de soi (solipsisme narcissique), mais de viser un "impossible réel", celui de tout type de réalisme négatif. Pour qualifier une telle entreprise, le terme le plus adéquat est assurément celui d’alteregographie. L’impact Delaume On peut parler de réalisme négatif pour La Dernière Fille avant la guerre, dans la mesure où ce roman du Je n’a de cesse que de nous perdre dans un jeu de miroirs entre voix et tonalités dissonantes, répétitions et variations, modes et modèles narratifs. Ce récit discontinu est en effet un patchwork où se mêlent double bande textuelle, paroles de chanson, définitions de dictionnaire, lettre et rapport ; registre familier et registre soutenu, hypo- et hypermodalisation, écriture métaphorique et style télégraphique ; lyrisme, pathétique, tragique ("Il était une fois une histoire, celle d’une foutue malédiction"), humour… Cet humour tient parfois du dérapage sémantique : "Indochine est un groupe apparu en 1981 lors de la nouvelle vague française. La nouvelle vague française est apparue après la nouvelle vague anglaise, en raison des courants marins qui dans la Manche peuvent atteindre six noeuds" (84). On aura remarqué ici la syllepse de sens qui nous fait passer de courants musicaux à des courants marins. Arrêtons-nous, pour terminer, sur un chapitre particulièrement détonnant (détonant !), celui intitulé "More…", qui suffirait à caractériser ce que l’on pourrait nommer l’effet Delaume – sa puissance d’impact. Avec le courrier ayant pour destinataire Chloé Delaume et pour destinateur le "Bureau de Gestion de l’incarnation" ("Ministère de l’Extérieur / Somnanbulie Cedex Rien"), suivi d’un rapport transmis par flux mental sur "le Canal 83 des synapses", nous accédons à un sommet loufoque : ce fragment multéiforme, qui pastiche et/ou parodie les discours administratif, juridique, scientifique et médiatique, nous apprend que le personnage de fiction Chloé Delaume ayant atteint le "niveau 8 sur l’échelle de dissipation" et "enfreint les articles 532, 533 et 537 du Code spectral", il est impossible d’intervenir "auprès du Tribunal de Grande Béance", tout en proposant un point de vue externe sur Anne et en raillant l’idôlatrie des fans.

21 juin 2007

[REVUE/chronique] Carbone n°3

carbone-3 [cliquer]Carbone n°3, ed. Le mort qui trompe, 128 p. ISSN : 1953-681X // ISBN : 978-2-916502-04-5, 8 €.
[site de la maison d’éditions]
Sommaire :
Entretien avec Sarah Vajda par Laurent Shang.
Récits : Helena de Angelis, Pascal Torres, Alban Lefranc, Aurélie Champagne et Laurent Schang
Critique : Alain Jugnon, Frédéric Saenen, Andy Verol, Valérian Lallement, Yvan Gradis et Otomo Didier Manuel
Poésie : Patrice Maltaverne
Cahier graphique : agence_konflict_systm.

Présentation :
Le sabotage, comme cela est indiqué d’emblée sur le visuel de couverture réalisé par l’agence_konflict_sysTM, n’est pas d’abord un acte qui s’attaque à une structure, mais une forme « d’entreprise généralisée » du pouvoir s’attaquant à la vie, aux devenirs singuliers des individus. Le saboteur, en tant qu’individu introduisant de l’entropie dans le plan du pouvoir, fait d’abord le constat que le pouvoir vient court-circuiter ses potentialités individuelles. Son geste est la conséquence d’un constat. Le pouvoir et son monopole, par sa force, sclérose les intensités, les fait périr, les anéantit.
Alain Jugnon exprime parfaitement cette idée dans son article : Nous sommes sabotés. À partir d’une relecture de Debord, en passant par Marx et Nietzsche, il met en évidence, en quel sens à partir de la vision monoccidentaliste théiste liée au travail et à l’aliénation biopolitique, il y a eu une forme de court-circuit de la vie des hommes, à savoir de leur devenir intensité. Son article fort intéressant, ainsi propose de « saboter le sabotage » en inversant le « mouvement ontologique qui consistait à faire de nous des « malgré nous » civilisés et au travail » [p.46] et ceci afin de re-prendre « notre pouvoir, de rejeter la dépossession de nous-mêmes » [p.45].
On le comprend, ce nouveau numéro de la revue d’histoire potentielle, aborde la question du sabotage non pas seulement selon l’ordre de l’idéalisation, mais selon une réflexion pragmatique liée à une nécessité critique. Si le sabotage fait histoire, c’est qu’il entre toujours dans un contexte d’intervention qui demande à être réfléchi. C’est en ce sens que la couverture graphique, le schéma X-pensée, met en perspective des dates déterminantes de l’histoire du sabotage depuis le début du XIXème siècle : 1812 : Ned Ludd, et le mouvement des ouvriers contre les machines de la production, 1913, Emile Pouget et son histoire du sabotage, 1943 : Colonel Nicholson et la légendaire résistance des soldats britaniques devant consruire le pont de la rivière Kwai, 1968, les graffitis des enragés, venant perturber l’espace horizontal de la ville.
Cette histoire potentielle mène ainsi jusqu’au XXIème sièce aux dernières expériences de sabotage. Cela apparaît parfaitement avec l’intervention d’Yvan Gradis [découvrir YG ici], militant anti-pub, qui depuis les années 1990, appelle à une forme de sabotage : celui de l’emprise publicitaire agissant sur les consciences urbaines [+ d’infos sur wikipedia]. Dans ce n°3 de Carbone, il donne à lire le texte Pour une solution civque non-violente aux excès de l’affichage publicitaire, ouvrant à la « réappropriation des affiches par le citoyen auquel elles sont destinées » [p.57]. Le sabotage de l’emprise commerciale esthétiquemet établie dans l’espace public est ainsi lié à une reprise et à une reconfiguration de l’objet saboté. Saboter n’est pas détruire, mais produire, inventer, créer.
Ce numéro de Carbone est ainsi tout à la fois retour sur les causes et les possibilités du sabotage comme acte de résistance, mais aussi ouverture à des gestes de sabotage, tels ceux de Baader dont nous reparle Alban Lefranc, ou bien encore ceux de Pierre Guyotat dans et par son écriture, qu’analyse avec précision Valérian Lallement dans son article, écrivant à propos de Quelques procédés du sabotage dans l’oeuvre de Pierre Guyotat, qu’une « langue qui voudrait faire apparaître le refoulé de toute langue ne suppose pas seulement un rejet théorique de la représentation, mais sa mise en oratique à travers une suite de stratégies textuelles que l’écriture met en place pour se saboter elle-même » [p.119].
Ce numéro est assez riche et répond parfaitement à son thème. On y découvrira aussi le texte hilarant de Pascal Torres Baiser, ou bien encore l’article sur Contre-culture et monstruosité d’Otomo Didier-Manuel. De même en son coeur, pourront être découverts les schémas de l’agence_konflict_sysTM, qui tout en thématisant le sabotage, expérimente, une suite de court-circuits de la logique rationnelle du schématisme historico-politique. C’est avec plaisir que nous voyons se répandre ses schémas, que nous avions découvert lors de la publication de l’un d’eux [ici] puis que nous avions redécouvert avec la publication d’Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas.

20 juin 2007

[Chronique] Chair jaune de Federman et sa craduction de Le Pillouër

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 7:53

[Lire la présentation générale de Chair Jaune]
Ce livre n’en est pas un, ou plus précisément, n’étant pas rien, il s’agirait davantage de parler de deux livres, ou bien du parasitage d’un livre, d’une tentative de traduction d’un livre, s’immisçant dans celui-ci, l’original. En effet, alors que l’unité livre définit aussi bien l’original (dans la langue de l’auteur) que sa traduction (diffusion dans une autre langue), ou bien encore une édition bilingue, ici la traduction s’invite à l’entrecroisement du texte original, s’invite avec bruit, au point de briser l’unité du texte de Federman, d’en venir déranger son sens, de le re-indexer à d’autres horizons, d’autres propos. Cette traduction tient davantage d’Hermès que de la rationalité objective, davantage de liaisons post-lacaniennes ou potaches que de l’effort d’adéquation.

Chair jaune de Federman est entrecoupé par la craduction, de Pierre Le Pillouër qui parasite le texte original, se jouant de lui, car, de fait, étant dans une certaine correspondance avec l’intensionnalité littéraire de Federman, aimant à carnavaliser les mots, à les tordre les faisant passer aussi bien au prisme de l’argot que dans les possibilités d’anamorphoses des jeux poétiques, il invente des lignes de compréhension improbables, qui peuvent même parfois interroger le texte d’origine, et non pas seulement se tenir dans une distance.
Qu’est-ce que cela donne à première vue ?
Des montages amusants : ainsi le poème The problem with verbs, devient Le problème avec l’Herb‘, s’ensuit un jeu de reflet phonétique dans lequel Pierre Le Pillouër s’engouffre avec jubilation.
Des montages interprétatifs : Cannibal Love devient Qu’animal gobe :

[Federman]
This morning
I saw two lovers
in a garage
devoring
each other’s mouth

[Le Pillouër]
Qui mord sniffe
l’assaut tout pervers
dans un garage
de deux veaux
se bouffant la bouche

On perçoit à travers cet exemple, en quel sens il y a détournement de ce baiser dévorateur des deux amoureux en une forme de baiser de deux veaux, terme non point laudatif, mais plutôt critique. La craduction est alors à comprendre comme une forme de liaison où la part de l’imaginaire linguistique du craducteur est aussi importante que la part rationnelle et proprement linguistique. Mot valise formé de crader et de traduction. Art de la méta-phore dans la trans-duction. Tout passage d’une langue à l’autre altère selon le prisme de celui qui interprète, qui reli[t/e]. Qu’est-ce qui peut être entendu lorsque l’autre s’exprime ? Il s’agit alors de prendre les textes de Federman, selon Le Pillouër, selon la profusion des possibles permis au niveau de l’instance de la lettre, d’un inconscient de la langue.
Être crade, crader, c’est mettre de la crasse sur quelque chose, c’est introduire une forme d’altération, de corruption. Cela vient de crassus : gras.
Et cette craduction est bien, aussi, grasse. Si certains jeux de mots sont pour le moins subtils, voire productifs de sens, il est certain que d’autres sont davantage graisseux voire même potaches. Alors que pour une part, la craduction obéit à la mobilité en écho indiquée dans le poème Residu A, et s’offre comme possibilité de réinvention phonétique et sémiotique de l’original en langue anglaise, une autre part apparaît comme jeux de mots un peu gratuits, qui feront sûrement rire les amateurs de calembours ou bien d’associations automatiques post-lacaniennes (telle la craduction de Victory en Vis ton risque et ce qui en découle).

Ainsi, deux livres se présentent, qui pourtant sont liés. Cependant se pose la question de savoir si ce travail de Le Pillouër ne vient pas masquer les textes de Federman, devenant plus prégnant que ceux-ci, en en vampirisant la force dans la recréation proposée. Je ne répondrai pas. Chaque lecteur se fera son opinion.

[Livre] Chair Jaune De Raymond Federman, craductions de Pierre Le Pillouër

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 7:40

federman-lepillouer.jpgRaymond Federman, Chair jaune, craductions de Pierre Le Pillouër.
éditions Le Bleu du Ciel, 56 p., ISBN : 978-915232-42-4, 10 Euros.
[site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Souvenez-vous, lecteurs : avant la parution de ce bref volume, les traducteurs les plus éminents suaient sur leurs brouillons des jours durant. La quadrature qui les tenait enfermés n’avait pas encore été résolue par Pierre Le Pillouër. Désormais, on peut à la fois passer, dans une même traduction, sens et son. Prenant à la foi littéralement et (psych)analytiquement les poèmes graves et gais de Raymond Federman, Le Pillouër bouleverse l’acte de traduire sans pour autant dynamiter le traduit. Baltasar Gracian proposait en son temps, un modèle baroque de citation du texte classique : on pouvait résumer, rajouter un mot ou (pourquoi pas) une phrase.
C’est ici un modèle baroque de « craduction » qu’on voit à l’oeuvre.
Un précis d’humour aussi.
Nathalie Quintane.
[Lire la chronique]

[NEWS] Nuit remue.net 2, samedi 23 juin

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:56

Remue.net organise pour la deuxième fois, une soirée poésie lors du marché de la poésie de Paris. Elle aura lieu le 23 juin à partir de 17H au théâtre Ouvert [4 bis Cité Véron, Paris XVIIIème].
Pour voir la présentation synthétique des auteurs : [ici] sur remue.net
Programme :
1ère partie
17h 30 : Dominique Dussidour lira de Béatrice Rilos Enfin, on fera silence, Editions du Seuil, collection Déplacements, avril 2007.
17h 40 : Chantal Anglade, Laurent Grisel et Sereine Berlottier liront de Luc Boltanski, Lieder, extrait (texte inédit).
17h 50 : Patrice Lucotte lira un extrait de Amsterdam de Yun Sun Limet paru aux éditions de l’Olivier.
18h 05 : Cathie Barreau : « Les premières choses mais les oiseaux » (texte inédit).
18h 15 : Caroline Sagot-Duvauroux : Nuit du matin, à paraître chez José Corti novembre 2007.
18h 25 : Sereine Berlottier : Chao Praya, Apogée 2007 et/ou, « passages, installation » (inédit)
18h 35 : Ariane Dreyfus : La durée des plantes (Tarabuste, 2007) ou Iris, c’est votre bleu (Le Castor Astral, 2008).
18 h 45 : Dominique Quélen : Loque (texte inédit)
19h 00 : Jean-François Paillard : « plan masse » (texte inédit), sera lu par le comédien Jean-Marc Hérouin, sur une musique improvisée d’Alex Bourbonnais, membres de « territoire3 », collectif de chanteurs, musiciens et comédiens, crée par Jean-François Paillard en 2002.
19h 10 : Jérôme Gontier : Continuez, à paraître en septembre 2007, éd. Léo Scheer.
19h 20 : Philippe Rahmy : projection video expérimentale : Demeure le corps, chant d’exécration, Cheyne Editeur, coll. Grands Fonds, à paraître août 2007.
19h 30 / 20h 00 : PAUSE
20h 00 : Marie Cosnay : Déplacements, édition Laurence Teper, 2007.
20h15 : Jérôme Mauche : La loi des rendements décroissants, Editions du Seuil, collection Déplacements, octobre 2007
20h 25 : Sébastien Rongier : (la route), extrait (texte inédit)
20h 35 : Gérard Haller : Météoriques, Seghers, 2001
20h 45 : Martine Drai : « De Paris », extraits (texte inédit).
20h 55 : Philippe Boisnard : Sans titre (texte inédit, en cours d’écriture)
21h 05 / 21h 30 : PAUSE
21h 30 : Fred Griot : la plui et cargai#song mer – piste 1 (textes inédits) avec Yann Féry (guitare électrique)
21h 45 : Claude Favre : cargai#song mer – piste 2 écrit avec Fred Griot & « Autopsies » ou texte en cours d’écriture.
21h 55 : Patrick Chatelier : Instin dément (avec la complicité d’Alain Subilia), (texte inédit)
22h 05 : Eric Suchère : « Dans l’atmosphère de » (texte presque inédit)
22h 15 : Dominiq Jenvrey : Performance « L’EXP. TOT. Plan d’attaque », d’après L’EXP. TOT., éditions è®e, 2006.

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