Libr-critique

30 septembre 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, nos Libr-12 ; mais auparavant, Hommage à Pascale Casanova dans nos Libr-brèves

Libr-brèves

â–º Nous venons d’apprendre avec une grande tristesse – par Jean-Pierre Salgas – la mort de Pascale Casanova (1959-2018), qui avait participé à notre premier volume Manières de critiquer, quelques années avant le lancement de Libr-critique.com : elle représentait un âge d’or de France Culture ; c’était une critique exigeante qui s’inscrivait dans la perspective de la sociologie critique de Pierre Bourdieu.

â–º À découvrir sur le Net : le dossier que Laure Gauthier a lancé sur Remue.net, « Poésie et musique aujourd’hui »

â–º À ne pas manquer le 11 octobre : une ciné-séance Belle Époque, comme si vous y étiez…

Libr-12

En cette période pénible de palmarès et listes de nominés aux prix de novembre, LC vous propose 12 livres qui comptent et que nous vous recommandons vivement.

► Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du Réel/Al dante, été 2018, 96 pages, 10 €.

► Véronique BERGEN, Tous doivent être sauvés ou aucun, éditions ONLIT, septembre 2018, 272 pages, 18 €.

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, été 2018, 86 pages, 10 €.

► Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, été 2018, 192 pages, 17,90 €.

► Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, mai 2018, 162 pages, 14 €.

► Pierre GUYOTAT, Idiotie, Grasset, août 2018, 256 pages, 19 €.

► Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, septembre 2018, 264 pages, 20 €.

► Hans LIMON, Poéticide, Quidam éditeur, paraît en ce début octobre 2018, 96 pages, 13 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube en 2888 kms/vers… l’infini, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

â–º Valère NOVARINA, L’Homme hors de lui, P.O.L, septembre 2018, 160 pages, 14 €.

► Jean-Claude PINSON, Là (L.-A., Loire-Atlantique), Joca séria, été 2018, 280 pages, 19,50 €.

► Jacques SICARD, Suites chromatiques, éditions Tinbad, septembre 2018, 152 pages, 16 €.

28 septembre 2018

[Chronique] Olivier Domerg, En lieu et place, par Guillaume Basquin

Olivier Domerg, En lieu et place, postface de Michael Foucat, L’Atelier contemporain, juin 2018, 142 pages, 20 €, ISBN : 979-10-92444-69-8.

Je lis de moins en moins les pré- ou postfaces ; ce ne sont le plus souvent qu’argument de vente et/ou plus-value marketing, voire « image de marque » (si le préfacier est prestigieux). Ici, dans ce « plus-que-vingtième » livre du poète Olivier Domerg, Michael Foucat va carrément jusqu’au contresens, écrivant : « Pour autant, si cette place n’est pas n’importe laquelle, elle vaut et vaudra pour toutes les autres. Et ce livre, parle et parlera, à travers elle, de toute place. De toutes les places. » Confondrait-il valeur d’usage et valeur marchande ? Que non ! Ce livre, comme quasiment tous ceux de l’auteur, est celui d’un arpenteur dont le beau souci est donc de « mesurer une terre » bien précise : celle-là, et pas une autre (1) ! À l’instar du cinéaste-photographe Christian Lebrat dans ses Rubans photographiques (fig. 1), Domerg semble vouloir rendre un lieu jusqu’à son épuisement (symbolique et illusoire (« Le naufrage d’une telle entreprise dans la durée »)). Autrement dit : faire rendre gorge au réel. Que rien ne leur échappe. Jusqu’à créer une mythographie du lieu (voir les nombreux essais d’Olivier Domerg sur la montage Sainte-Victoire). Rien n’a eu lieu que le lieu, disait le poète ; ainsi chez Domerg :

La Charleville-Mesure
de la place Ducale ;

autant dire, cette RESPIRATION,
qui en est la marque
& la signature

Car oui, ce livre de Domerg est une réponse à une invitation de Julien Knebusch et « ARTIFICE poésie » à écrire autour du paysage des Ardennes en novembre 2013. Fidèle à son habitude/habitus, le poète-arpenteur qui déclare écrire sur ou dans le paysage s’est placé devant la place Ducale de Charleville-Mézières, voire au-devant d’icelle (fig. 2). Cela donne, par exemple, ceci : « La grande respiration visuelle, architecturale et urbaine, que l’on rencontre et ressent ici, sur cette place, à quelque endroit de sa surface où l’on se tienne, dos au côté ou à l’angle le plus proche, se délectant littéralement de cela, pour lequel on s’arrête, en pivotant lentement, très lentement même, pour bien se laisser le temps de s’en pénétrer, de s’en imprégner, tandis qu’on l’embrasse progressivement du regard. » (Toute ressemblance avec l’art et la méthode de Christian Lebrat en ses rubans photographiques qui entourent (embrassent) littéralement le paysage choisi pour l’embaumer (comme une momie) d’une bobine de film Kodak 125, serait totalement fortuit…) Il faut « être lucide et précis en cette affaire » pour « exhausser » la place, voire la « parfaire », et afin de l’ancrer et l’incarner « sensiblement, pour nous, dans la matérialité des jours et du visible ». Les travaux et les jours… Ô vous dont les chants immortalisent !

On n’a pas encore dit que ce livre est composé d’un prologue, de quinze mouvements, et d’un épilogue (ou final) : c’est une symphonie, LA Symphonie d’une grande place : la Ducale de Charleville-Mézières. C’est un « agoratorio », nous dit le poète. « Le tempo de la place, sa mesure, cette construction jazzistique du thème et de ses variations, cette architecture de l’élan et du rythme, ce hymne à l’horizon, à l’improvisation » : Olivier Domerg aurait-il construit (composé) un équivalent écrit à Berlin, Symphonie d’une grande ville, ce film 35mm de 1927 de Walter Ruttmann ? Son texte fait-il image ? Allez-y voir par vous même, si vous ne voulez pas me croire !…

(1) C’est une question de la plus haute importance pour quiconque a vraiment écouté Jean-Luc Godard : « Dans un roman, une maison ou une personne tient entièrement sa signification de l’écrivain ; sa vraie signification est bien plus grande, gigantesque, elle est d’exister ici et maintenant comme aucun personnage d’imagination ne peut exister » (in For Ever Mozart, film 35mm de 1996).

Titre des illustrations :
– fig. 1 : Piazza de Ferrari (Gênes), 1978 © Christian Lebrat
– fig. 2 : Carte postale ancienne de la place Ducale de Charleville © La Cigogne

27 septembre 2018

[Création] CORINNE LOVERA VITALI avec FERNAND FERNANDEZ, PONC,TUER VS EASY CUMMINGS (C’EST LA VALISE #4)

Au commencement, une valise pleine de notes devenues illisibles – et donc poétiques… Et une série : « C’est la valise ».
Cette fois la note de départ s’est retrouvée collée aux farinades de Fernand Fernandez

Après l’épisode #3 de la série « C’est la valise », « Autant-autant » ou comment transcrire une lecture de Thomas Hardy en français-fautif, nous continuons le dialogue avec Corinne Lovera Vitali pour cet épisode #4, en collaboration avec Fernand Fernandez.
Où il sera question de Mickey Donovan : « easy cummings : no capitals no periods any of that shit just papapapa », puis la lettre de farine de Fernand Fernandez, qui parle couramment en langues…
L’interrogation porte toujours sur la difficulté à dire/écrire…

À lire/écouter/voir : ici

23 septembre 2018

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’automne, en UNE : pleins feux sur le dernier volume de la collection « Le Cinéma des poètes » ; puis, vos Libr-événements : soirée AOC et hommage à Christophe Marchand-Kiss à la Maison de la poésie de Paris ; rencontre avec Christophe Hanna pour Argent

UNE : Sébastien Rongier, Duchamp et le cinéma

â–º Sébastien Rongier, Duchamp et le cinéma, Nouvelles Editions Jean-Michel Place, coll. « Le Cinéma des poètes », septembre 2018, 128 pages, 10 €.

Ça vous a peut-être échappé, mais Marcel Duchamp était également acteur et cinéaste : un seul film, et de sept minutes seulement, Anémic cinéma (1926, avec Man Ray et Marc Allégret) – lequel est à rattacher à sa « hantise du cercle » (p. 12), même s’il est ici plutôt question de la spirale. Ses pratiques expérimentales – stéréoscopiques ou anaglyptiques – le conduisent à concevoir un cinéma ready-made. Et aussi à rêver de « rêves de cinéma » (p. 95)… Un parcours passionnant signé par l’auteur de Cinématière. /FT//p>

Libr-événements

► Mardi 25 septembre à la Maison de la poésie Paris, soirée AOC :

► Mercredi 26 septembre à 20h00, Maison de la poésie, Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris) : Hommage à Christophe Marchand-Kiss. Aléas, temps, suite et temps.

Écrivain, poète, traducteur, performeur, critique d’art, Christophe Marchand-Kiss a dirigé la collection « L’Œil du poète » aux Éditions Textuel, et y a traduit et publié de nombreux poètes contemporains. Il est l’auteur de Regard fatigué (Aleph, 1998), Traduire en poésie (collectif, Farrago, 2001), Léo Ferré, la musique avant tout (Textuel, 2004), Gainsbourg, le génie sinon rien (Textuel 2006), Aléas, éditons bleu du ciel, Normal, (Éditions Marie Delabre), CRS, de Charonne à Charlie-Hebdo, (Flammarion), 2018.
Christophe Marchand-Kiss, né en 1964 à Chateaubriant (44) est décédé le 8 juillet 2018.

Cet hommage sera l’occasion de saisir l’intense activité intellectuelle et la curiosité envers les arts de Christophe Marchand-Kiss. Erudit, cultivé, attentif, intense, généreux, amical, sensible, délirant, amoureux…, nous souhaitons restituer l’intelligence et l’intelligibilité de sa personnalité et de son œuvre. Son ivresse, sa rigueur.

Lectures, enregistrements sonores et œuvres vidéo seront proposés par Julien Blaine, Éric Dubois, Jean-Luc Hervé, Dominique Quélen, Chiyoko Slavnicz, Anne Kawala, Colette Tron, Jean-Marc Montera, Natacha Nisic, Véronique Pittolo, Anne Bertrand, Gordon Shrigley, Vanina Maestri, Julia Marchand, Emmanuelle Pelligrini, Marianne Thery, Isabel Violente & autres invités…

â–º Vendredi 28 septembre à 19H30, Librairie Texture, parlons d’un tabou français, surtout dans l’univers artistique : rencontre avec Christophe pour son brillant document poétique, Argent, paru aux éditions Amsterdam…

20 septembre 2018

[Chronique] Paris Algérie et retour (à propos de Guyotat, Idiotie), par Jean-Paul Gavard-Perret

Pierre Guyotat, Idiotie, Grasset, septembre 2018, 256 pages, 19 €, ISBN : 978-2-246-86287-1.

L’idiotie… Celle dont on est frappé devant l’horreur ; celle qu’il faut conquérir par et dans l’écriture.

De retour d’Algérie après la guerre, que reste-t-il d’autre à faire que de vivre par-devers la ruine dans l’attente de la joie que donne le livre ? Celui-ci accompagne l’auteur sur la pente de l’arrivée à Paris puis après la guerre d’Algérie dans la même cité. En jaillit une vraie poésie sans oublier les grillons tapageurs qui sauront gré à l’auteur de cette force laissée au hasard.

Plutôt que de vivre recroquevillé, Guyotat vit alors pour garder quelque chose d’une minute fraternelle par delà les doutes et la contradiction. Son texte dans sa traverse du temps devient l’espace d’un pur instant mais où la « saleté » du monde n’est en rien ignorée.

Un demi-siècle après Tombeau pour cinq cent mille soldats (1967), le corps imprime une fois de plus le livre de celui qui est hanté par la guerre. Son écoulement de 1959 à 1962 charrie la saleté, la misère, le sang de cet anachorète qui se nourrit d’huile et de pain. Il y a là le bruit et la fureur dans l’ivresse et la sidération d’un flux radical et poétique à la force extrême. La littérature atteint une sorte de « pureté » (au sens ou Artaud l’entendait) par le sens de la scission au sein même du voyeurisme.

A partir des phrases inscrites avec ténacité, l’auteur conduit avec puissance une langue qui n’en a jamais fini de ressasser les mêmes questions avec les mêmes mots. Mais ici les filaments noirs sortent des idées confuses comme de la peur hagarde. Ils espèrent pouvoir dire ce que l’auteur n’espérait pas – ou plus. Ce qui persiste tient tête à la vie.

Un extrait

« Je n’ose les regarder, de peur que, penchant la tête, mon crâne, mes cheveux, ne prennent un rai de lune ; le fusil bringuebalant à l’épaule, les mains noircies – du sang sous les ongles, du sang entre les doigts ? – s’appliquent aux deux seins, découverts, la tête du jeune homme frotte celle de la femme, sa bouche prend la sienne, bruit de baiser, de salives mêlées, aspirées… […] qu’il me voie, me tuerait-il, comme il tue des « Arabes », de jour, de nuit : au moins me mettrait-il en joue pour m’éprouver, se prouver que le contingent de métropolitains n’a pas défendu ses semblables, Français d’Algérie ? […] L’enfant, dont la salive de la mère mélangée de la semence du père… où naîtra-t-il, s’il naît ? de ce côté de la mer ou de l’autre ? » (p. 108-109).

17 septembre 2018

[Chronique] Alain Marc, En regard sur Bernard Gabriel Lafabrie, par Carole Darricarrère

Alain Marc, En regard sur Bernard Gabriel Lafabrie, Dumerchez éditeur, été 2018, 52 pages (dont 18 reproductions), 19 €.

Comment « en finir/avec le por/trait » et, dans un même élan, la poésie, si ce n’est par « jeux de pli/ages » ?

Par éreintement, par retenues, par amputations de béquilles, par régression à la lettre, micro-coupures de son et autres incises, par déboîtements de col de hanche, par frustration de mots, par ânonnement de gouttelettes de salive à tâtons de verticalité freins serrés sur une absence de visibilité, veni vidi en visage des haïkus (litho)graphiques de Bernard Gabriel Lafabrie le corps de momie d’une bandelette de mots par soustraction d’éclairs et totems d’aportraits, fil arachnéen du vide tendu sur l’immaculée conception de la poésie en apologie au blanc+blanc=E=mc2, au trou de langue, à l’arte povera de l’inspiration besogne de la langue, par renoncements, par pansements fil à fil, par apnées de retours à la ligne, en regard des abstractions qui engendrent, dépassent, mettent en joue le filet de bave, résinent sur les voyelles, s’envoient en l’air, se fendent la poire sur un fichu de femme, escaladent un jaune une île, citrons verts de son écharpe, broient du noir, s’angularisent, portraits pyramidaux de l’un dans la coupe de l’œil, dissections ailleurs de bruns mystères, rapts de profils, dérélictions de nez, abréviations de bouches, réductions de tête, où le peintre est un arracheur de dents, coupez, couper en deux, en quatre, en mille un cheveu sur la langue ne multiplie pas les petits pains foisons de la palette qui n’en a cure : la peinture en ses abstractions est seule, souverainement seul son timbre d’altérité qui d’altitude ne croise jamais que les sommets, pèlerins silencieux aux pieds desquels à carreaux se tiennent, pieds aux poings liés, pétards mouillés tête-bêche, bouche bée, les poètes.

Échelle de corde du bégaiement le purgatoire des mains. Comment dire, sans passer par elles, comment le dire ce chemin de râpe de l’âne, ses paniers percés, sa cargaison muette de cailloux, son pelage gris d’infortune, ses sacs de larmes, sinon en empruntant le chemin le plus court, celui qui va de la noria à la noria sans passer par le pré, tête à queue des franches coudées du panache ?

De brisées en brisées, de colonne en colonne, de compression de néant en resserrement de vide, de constriction de peaux de chagrin en lambeaux de lettres s’amenuise un visage, un visage derrière le portrait, point nul du je, saignée de frais, substantifique moelle de ses tristes moellons, « mais où est/la face ? » demande le regardeur au lecteur qui en miroir guette le poème : « que reste-t-il de l’image/ » (et du poème) « lorsque l’on plisse les yeux ? ».

C’est en Giacometti de l’écorché-dire et en homme de bouche qui écrit volontiers comme l’on parle qu’Alain Marc ligote de plaquette numérique en livre de matières ses bâtons de vanille en regard des peintres, lyophilisations parcimonieuses de papiers qu’il fait flamber sur scène en laisses d’oralité réhydratées de chair, feux d’artifice exultés du cri de l’en-bouche d’une gestuelle donquichottesque du dit manifesté de l’encre sèche, pattes de mouches du peu en regard d’une verve de paroles si ce n’était que, comme dit le dicton, les paroles s’envolent et les écrits restent. Marionnettiste de papier donc, économe minutieux de la miette, graveur de l’ombre portée des peintres, Rastignac du génie poétique de l’offsight, arpenteur de l’interligne, écorcheur de sons, orpaillant les oeuvres, scrutant les croûtes, faisant jeuner les mots en marge de la scène, brodeur de futaies équarrissant ici l’en-creux de l’entre-deux du moins à la lettre, provided less is more, amor de la mort du sujet, haine de la poésie, délitement vertueux au profit de l’idée que l’on s’en fait (le visage la poésie), langue de bois de la roue versatile de la vue, cône de pure méditation (portrait de l’arracheur de dents en méditant délivrant le visage en autant de haïkus de l’insight).

Visage, quand tu nous tiens tant que tu nous aortes, moine sublime d’un unique trait de pinceau, oscillant sillon des cadavres chauds de l’enfer, ciel impur de la forme abjecte de ses anecdotes, proposition de chair sous le nœud coulant des molles verdures de la lèvre, vu de dos dans l’éther invertébré des peintres, le ciel intérieur de la vitesse d’exécution de cela qui tranche l’élan mauve de la fratrie hoquetant vers sa résolution : visage du sein, visage de la main, visage du pas de cou, tranchée de cendres de la fièvre, chirurgie esthétique de l’ablation, pauvre musique de guingois redressée de l’ange déchu de ses non-dits, portée d’oubli des yeux de l’envers, nenni d’orgueil du masque en déni de luxure, ainsi lesté de ses beaux habits de vers (la poésie le visage).

C‘est sans ses atours et comme à rebours d’une ample criée villonnienne qu’il eût fallu qu’il se laisse encore embrasser loin derrière les barreaux les maux des hommes comme ceux qui les recouvrent, par petits tas de voyelles et de cendres, cédilles de sel et couronnes de regrets dégriffées.

Alain Marc, marc de l’oralité à l’épreuve du marbre de la lecture, en regard d’une galerie synthétique de portraits virils ramassés par défaut dans l’élan minimaliste d’un rouleau silencieux de martre, Alain Marc versus Bernard Gabriel Lafabrie, côte à côte le bel écrin dominical d’un jour de chance, livre blanc de la langue, double détente à effet retard d’un détournement : le visage et son concept, la solitude et le génie.

16 septembre 2018

[News] News du dimanche

« Reprise », dites-vous ? Mais quelle prise avez-vous sur le « Réel » ?
« Rentrée », dites-vous ? Parce que vous étiez partis ? Où cela ? – « Je reviens vers vous », dites-vous…
Ah ces Français, toujours à l’école… De grands enfants, non ?
Et cette « rentrée », vous la voulez « littéraire »… C’est-à-dire conforme aux canons de ce qui est estampillé « littérature », aux modes de ce qui s’appelle « la vie littéraire » – celle qui se ressent sur les plateaux de TV, dans les studios de la radio, en lisant les gros titres rescapés de la presse… Drôle, non ?
Et quel est mon « ressenti littéraire » en cette « rentrée littéraire » : un effet d’étrangeté… ça existe, ça ? /FT/

Agenda de Christian PRIGENT

► Radio Ritournelles a enregistré quelques « TXT » (anciens et nouveaux) invités en juin 2018 au Marché de la poésie de Paris.

â–º Où l’on retrouve le duo de choc Vanda Benes / Christian Prigent le 28 septembre à La Passerelle, scène nationale de St Brieuc

► Écho au n°32 de TXT, RV le 13 octobre à Caen

Libr-événements

â–º Mardi 18 septembre à 19H, L’Arbre à Lettres Bastille (75012) : rencontre avec Jean-Michel Espitallier pour son poignant récit de deuil, La Première Année (Inculte). On y reviendra tout bientôt…

â–º Jeudi 20 septembre à 19h, Galerie Elizabeth Couturier (25 rue Burdeau 69001 Lyon), Exposition – Rencontre avec Nadège Druzkowski et Béatrice Brérot autour de leur livre :
dix mille êtres dedans est un poème, un long poème à lire. C’est aussi un poème symphonique à écouter (sonorisé par l’auteur), un texte radicalement vivant, auto-généré, arborescent, lâché sur les chemins de la pensée et ceux de la Terre.

► Vendredi 21 septembre à 19H, Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004) : lancement de De toutes pièces (Quidam éditeur), signé Cécile Portier. On y reviendra bientôt également.

► À partir de ce dimanche 23 septembre, exposition Albert Aymé

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► Mardi 25 septembre à 19H, Tropismes Librairie à Bruxelles : rencontre avec Véronique Bergen pour son dernier roman, qui ne manque pas de chien, Tous doivent être sauvés ou aucun (ONLIT éditions).

15 septembre 2018

[Texte] Mathias Richard, Je suis devenu la nuit même

Après la soirée Remue.net / Libr-critique à la Maison de la poésie, intitulée « Poésie et performance aujourd’hui », voici un nouvel agencement répétitif de Mathias Richard.

Pendant des années, je vivais la nuit.
Je dormais le jour, je travaillais la nuit.
Le matin c’était le soir, la nuit c’était le jour. J’ai vécu dans une longue nuit. J’aimais la nuit, je me baignais de nuit. Je connaissais des gens, de nuit. Je respirais la nuit. Je, recherchais la nuit. Je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. J’étais dans une longue nuit. Je vivais dans une longue nuit comme dans une cave. Une nuit sans fin, j’ai vécu dans une longue nuit sans fin de plusieurs années. J’aimais la nuit, je n’aimais pas la nuit, mais la nuit était là où je vivais, la nuit était, mon élément, la nuit était mon jour, la nuit, la nuit était, était la vie, la nuit était simplement ce que je pouvais vivre. Voilà, le reste n’existait pas, j’étais la nuit, j’ai vécu dans la nuit, et aujourd’hui je veux que ça s’arrête, je veux vivre dans le jour, je veux vivre dans le soleil. Je, je veux vivre dans la lumière, je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit enfin. Je veux que le jour soit le jour enfin. Je veux vivre le jour, je veux voir le soleil. Je veux, je veux respirer le matin, je veux…

Je sors de la nuit, j’ai vécu dans la nuit, j’ai vécu une longue nuit. Je me réveillais, c’était le soir, et la nuit était mon jour.
Pendant des jours, et des semaines et des mois et des années comme ça, toute ma vie comme ça, la nuit était mon jour, je vivais la nuit, je vis la nuit, je travaille la nuit, je rencontre des gens la nuit, je fais tout la nuit, je me couche quand le soleil vient, et ça pendant plusieurs années, j’ai vécu dans la nuit, la nuit était mon jour, la nuit était ma normalité. Ma peau était nuit, ma peau était nuit, mon cerveau était nuit. Mon sexe était nuit, tout était nuit en moi. Je suis devenu une nuit, je suis devenu une longue nuit, je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. Ma peau de nuit, mes yeux de nuit, mon écriture de nuit, mes mots de nuit, ma bouche de nuit, mon sexe de nuit, mes pieds de nuit, je marchais la nuit, beaucoup je marchais, je sortais, je marchais, j’écrivais, je vivais la nuit, je travaillais la nuit, je travaillais la nuit, je vivais la nuit, je mangeais la nuit, la nuit était très longue, je recherchais les nuits les plus longues, et j’ai vécu dans une nuit longue de plusieurs années, de plusieurs années, je sors, je sors, je ne sais pas si j’arrive à en sortir, d’une nuit, de plusieurs années, mais aujourd’hui je veux, changer, aujourd’hui je veux que, je veux que le jour, soit le jour, enfin, aujourd’hui je veux, que le jour soit, la lumière, enfin, aujourd’hui je veux vivre, dans la lumière, je veux laisser ma peau de nuit, derrière, voilà.

J’étais devenu la nuit même, je suis devenu la nuit même. Je me suis englouti, moi-même. Je me suis englouti moi-même. Aujourd’hui, ma peau, de nuit, est blanche, et je veux… Je sors d’une grotte, je sors d’une longue nuit, de plusieurs années, je veux en sortir aujourd’hui, je veux vivre, dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux voir la lumière sur les feuillages. Je veux voir la lumière sur les feuillages dans le vent. Je veux voir le bleu du ciel. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux vivre comme tout le monde. Je veux vivre avec les humains.

Je veux,
devenir le jour.
Je veux,
devenir le jour même.
Je veux,
vivre dans le jour.
Que le jour soit le jour,
que la nuit soit la nuit,
que le jour soit le jour,
enfin.

12 septembre 2018

[Chronique] Anne Malaprade, Parole, personne, par Christophe Stolowicki

Anne Malaprade, Parole, personne, éditions Isabelle Sauvage, mai 2018, 102 pages, 17 €, ISBN : 978-2-917751-94-7.

Par temps cuistres l’air se charge de particules didactiques, anions, cations que catalysent des spécialistes, hommes de préférence ; dames parfois, d’échec & mat.

De « formules toutes faites et formules à faire » : la langue une arme dont le double tranchant s’est émoussé, le fendant simple aiguisé. De « livres, livres, livres à perte, livres à dégueuler, beaux livres, livres oubliés, livres signés, livres trouvés dans les poubelles, livres à ordures. Régulièrement elle fait des courses » – non, des cours. L’or dure en plomb, le magistère, fleuri fané naguère (Bergotte, Merleau-Ponty), a mué en cri de guerre. Les âmes mortes des bêtes qui ont meuglé à bout touchant, matière des matières professionnelle, tourmentent l’âme des éleveurs. Science n’est pas culture mais misère de l’âme.

D’offrande démonstrative (« Touchez et prenez-en tous. Touchez-moi toccata toute ») dont l’art trahit, annonce la technique ; d’écriture opérationnelle, efficiente, usurpant le chant du rhapsode de son boustrophédon, labourant son pré carré, son timbre poste, notre chagrin de peau ; d’autorité non d’auteur mais d’enseignante, de seconde main, d’impolitesse viscérale.

De femme en femme une lignée matricielle, déverbale syncopée où s’inscrit un homme, Paul fils de Pauline la folle – le secret de famille. « Anne année zéro » peut lancer sa fusée. Dans l’autre fresque fondatrice, ni jumelle ni amébée, les hommes par ouï-dire. Dans la résultante série d’enfants où « les sœurs renoncent aux héritages des frères » un autoportrait se dessine où les laisses de prose respirent sur un point-virgule. Bille en tête entête si n’enfièvre pas, rouletabille contre ses calots cale son billot. Mes préventions cèdent.

« L’excellence au pied. // Demain un corps doit parler, expliquer, démontrer, lire et délier, exposer, écrire, demander, interroger, exiger, réciter et faire réciter, demain son corps tient le sens jusqu’aux citations, tenir le temps, tenir l’espace, tenir la chronologie, tenir les grecs, tenir aux grecs, conduire les barbares vers une thrace intérieure […] Demain l’estrade et le tableau […] demain une autre respiration ».

L’enfant veut dire à personne. Plus tard elle découvre Ulysse tapi en elle, déroule celui de langue cyclopéenne comme géhenne, ou simple gêne, ou simple haine. La seconde main passe la main, la main courante, l’amen « des livres allergènes », l’âme 1 court la prétentaine jusqu’à 19 et réitère en vers avers ce qu’en vers de prose elle a milliaire frayé.

Au jour d’ouï, dans ce huis clos avec les livres, un inouï, un inédit, un nain lu, un nain nu chausse ses bottes de non-lieu. De non-profération qui infère dans la plaie (« une nuit pour vieillir et apprivoiser le désastre, une nuit pour un visage irrespirable ») extraits l’enracinement au carré, la puissance cube d’arrachement. Rien au-delà, toutes opérations d’algèbre rhétorique suspendues, les mâles équations au septième degré de foudre ; le corps suinte en ses humeurs coupables ; la langue prise en ses rets enserrée d’un lacis féminin pluriel, d’une sangle de femelléité.

Elle m’envoûterait si voûtes étaient plancher.

« Je dormirai dans la cave à contre-corps. Tout encore s’y fait langue morte. »

De « maladie d’une âme sous-exposée », sous-stimulée, « tourn[ant] en creux » – surgie dans le surplis, le plissé suzette, le suze & ruse, les montagnes russes, les poupons gigogne ; dont le corps pets cache, à pis coûtant, engage sa mue comptant ; du tunnel de son « éconduite » sort en sifflant le train de mots, en soufflant son panache de fois deux fois dix-neuf.

Maintenant à rebours. À « sauts dans le contre-être » qu’une rigueur assèche. À « contre-vie ». D’un mal des ardents les charbons.

Palimpseste de nuit se gardant braise, la couverture d’Isabelle Sauvage toujours aussi belle.

7 septembre 2018

[Chronique] James Sacré : prolégomènes à une consistante défaite, par Jean-Paul Gavard-Perret

James Sacré, Une main seconde, dessins de Jacques Clauzel, Fario éditions, été 2018, 36 pages, 13,50 €, ISBN : 979-10-91902-45-8.

Grâce aux « gribouillis » de Jacques Clauzel, James Sacré comprend non seulement l’archéologie et l’art mais la généalogie de sa propre écriture. Chaque brouillon devient une poulette près du mur de l’œuvre à construire. Père dur, mère oubliée elle picore des graines comme sterne pique. Et il y a de quoi soudain ou peu à peu envisager autant la question de la sexualité primordiale que l’agencement du poème où Déesse et Dieu sont parfois dans un même lit comme pécheresse et coquin.

Les dessins de Clauzel servent donc au poème de beaux draps à sa propre propédeutique. Et Sacré cultive le mérite de la proposer non en début (où l’on ne sait rien ou si peu) qu’en fin de parcours. Cela permet d’éviter d’enculer des mouches poétiques et même de se passer des trous à joie que les tailleurs de pierre se plaisaient à enfiler, après les avoir farcis de suif de bÅ“uf tiède au XIIème siècle et comme il en existe encore dans l’église monolithique d’Aubeterre – la bien nommée. Avec James, le poète n’est plus un pauvre bougre devant une telle guérite, mais un monstre tel de Clauzel pour sa part a appris à dessiner et scénariser.

A priori le poète n’a pas choisi d’être là. Il aurait préféré aller au cinéma ou se faire masser chez une bougresse. Il y aura été parfois comme les premiers héros de l’artiste. C’est pour le poète comme pour de tels personnages une manière de faire abstraction de l’œil du Dieu qu’on dit bon. C’est aussi la preuve qu’en art comme en poésie que ce qui commande n’est pas l’être suprême. Par leurs « brouillons » les créateurs construisent leur propre autel ou hôtel de passe.
Les Å“uvres préparatoires, pour peu qu’elles ne soient pas raides comme des piquets, traquent les alentours de nulle part – et de traiter ce qui sort des entrailles de l’inconscient. « L’âme à tiers » chère à Lacan devient dessin ou texte qui permet non d’attendre la suite mais d’aller voir ailleurs et de se fiancer avec l’impossible, l’invisible, le non dit.

Platon sort ainsi de sa caverne. L’artiste pense avec sa main, le poète avec son cœur pour entrer dans les parenthèses et les greniers du silence. Souffle et esprits délavés, « sac à moi » troué, plus besoin d’ascenseur pour s’envoyer en l’air. Tout est affaire de travail afin que, les consistantes apprises défaites et leurs dentelles relevées, le créateur entre dans un autre monde que l’abstinence. Sa tête dans le ciel tourne comme une bétonnière et son moteur.

Bref, par les gribouillis premiers, le monde est ramassé, déplacé, inventé, retourné (au besoin), égaré loin de toute frugalité, pour peu que l’artiste ou le poète soit un garnement qui possède de l’habileté lorsqu’il agite sa crécelle et qu’il sache de quoi le plaisir comme la douleur est fait. Peu à peu l’œuvre picturale ou poétique ne ménage rien : elle s’approprie le monde pour un feu d’artifices aux multiples spirales. Lacets défaits, l’art et la poésie permettent de connaître l’animal jusque là étranger. Ce n’est pas mal pour une première approche que les brouillons induisent, mais peu à peu avec reprises, repentirs et ouvertures du passé empiété naît ce que ni Sacré ni Clauzel avait imaginé ainsi.

5 septembre 2018

[Recherche] Cerisy Novarina : les quatre sens de l’écriture 1/2 (11-13 août 2018)

Voici un aperçu des trois premières journées (11-13 août 2018), photos et enregistrements audios à l’appui. [Lire l’ouverture]

Dans une brillante et très drôle « ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien », Francis Cohen invite les Valéro-Novariniens à se faire anthropopodulologues afin d’étudier les peuples et les langues qui traversent le Novarimonde…

Cette ouverture singulière fait place à des communications qui ont pour point commun de traiter les notions de « kénose » et de « catharsis » dans des perspectives théologiques, philosophiques et esthétiques : à Constantin Bobas qui y voit une connotation médicale s’oppose la philosophe Marie-José Mondzain, pour qui, par exemple, clarifier n’est pas purger ; si Jean-Luc Steinmetz s’intéresse à la part de vide qui traverse l’homme antédiluvien, Thierry Maré et Enikö Sepsi enrichissent le débat en le plaçant sur la scène orientale (sont évoqués le nô, le vide taoïste et chinois).

Enikö Sepsi et Inhye Hong, qui, pour aborder ces concepts, n’en ont pas moins privilégié la dimension esthétique, sont relayées par Annie Gay, Christine Ramat et Marie Garré-Nicoarã, qui développent pleinement l’aspect dramaturgique : la première, en montrant ce que l’auteur doit aux acteurs, qui lui ont permis de faire passer la rampe à l’impossible du langage ; la deuxième, en se focalisant sur le carnavalesque et la dernière sur les dispositifs marionnettiques, avec à l’appui une riche iconographie. Entretemps, la table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998) a mis en lumière les divergences entre les approches française et hongroise du théâtre.

Dès cette première partie du colloque, des quatre sens de/dans l’écriture – dans toutes les acceptions du terme -, prévalent le sens anagogique (« sursens ») ; l’ouïe et la vue ; l’ouest et l’est (Europe de l’est et Orient).

© : Valère Novarina, Les Filles de Loth (1983) ; photos de Ludovic Perchot (respectivement : Marie-José Mondzain, Claude Buchvald, Enikö Sepsi et Zsófia Rideg).

Synopsis

Première séance : Généalogies
â–º Francis Cohen : « Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien » ;
â–º Constantin Bobas : « Hypothèses pour une écriture synesthésique d’origine lointaine ».

Deuxième séance : Horizons orientaux
â–º Thierry Maré : « Valère Novarina, avec et sans Japon »
â–º Enikö Sepsi : « Le Rituel kénotique dans les écrits et spectacles de Novarina ».

â–º Lecture de Valère Novarina : un extrait de L’Homme hors de lui, à paraître chez P.O.L en ce mois de septembre 2018

Troisième séance : Origines
â–º Annie Gay : « Entrée dans l’impossible « avec l’acteur comme objet de désir » » ;

â–º Jean-Luc Steinmetz : « L’Antédiluvien ».

Quatrième séance : Table ronde sur L’Opérette imaginaire (1998)
Avec Valère Novarina ; Claude Buchvald et Claude Merlin ; Enikö Sepsi et Zsófia Rideg.

â–º Dialogue avec une langue inconnue (soirée musicale à partir d’Une langue inconnue, parue en 2012 aux éditions Zoé) : Valère Novarina (voix) ; Mathias Lévy (violon).

Cinquième séance : Du carnavalesque
â–º Christine Ramat : « Les Bouffonneries macabres sur la scène novarinienne : un comique rédempteur » ;
â–º Marie Garré-Nicoarã : « Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina ».

Sixième séance : De la colère à la catharsis
â–º Marie-José Mondzain : « Scènes de colère » ;

â–º Inhye Hong : « « Sentiment inconnu » : la porte ouverte sur les catharsis ».

2 septembre 2018

[News] News du dimanche

En cette reprise de septembre, les premiers RV à ne pas manquer : 2e édition du Festival EXTRA ! au Centre Pompidou… Autres RV : avec la revue AOC, avec Manon/Casas, Kéryna/Steurer… le festival « Littéraire, Puissance, etc. »… et NOVARINA…

► Du 5 au 9 septembre 2018 : au Centre Pompidou, 2e édition du Festival Extra ! (Quand la littérature sort du livre), avec Chloé Delaume, Jérôme Game, Cécile Mainardi, Tracie Morris, Benoît Toqué
Et ne manquez pas l’exposition conçue par Gilles Bonnet, Enika Fülöp et Gaëlle Théval : Littéra-Tube

â–º Jeudi 6 septembre 2018 à 19H30 : Les liens d’écriture #1, première rencontre organisée par Christophe Manon dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).
Un cycle de six rendez-vous de septembre 2018 à juin 2019 intitulé « Les liens d’écriture » inauguré par Benoît Casas, auteur, traducteur, éditeur, photographe.
Quels rapports un auteur entretient-ils avec la lecture ? En quoi sa pratique personnelle entre-t-elle en résonance avec d’autres pratiques ? Quelle conversation intime et parfois souterraines poursuit-il avec d’autres écrivains, qu’ils soient vivants ou disparus depuis longtemps ?
À chaque rencontre un auteur contemporain est invité à venir partager avec le public son goût pour une œuvre dont la lecture a été déterminante pour lui.

► Vendredi 7 septembre, 19H au Palais de Tokyo à Paris, débat organisé par la revue AOC :
NOUS NE SOMMES PAS DES ENFANTS !

Avec Michel Agier, anthropologue, Eric Baudelaire, artiste, Patrick Boucheron, historien, Françoise Cahen, professeure de lettres, Bertrand Naivin, critique, Yoann Gourmel et Sandra Adam-Couralet, commissaires de l’exposition « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » du Palais de Tokyo.
Débat lancé par Sylvain Bourmeau.

« Il suffit d’ouvrir un journal d’il y a vingt ans pour que cela saute aux yeux : l’infantilisation a triomphé. Partout on nous parle bébé et on nous prend par la main. On écrit gros et façon Oui-Oui, des textes de plus en plus courts. Bientôt on entendra la clochette, signe qu’il faudra tourner la page. Au-delà du seul cas des médias, le philosophe Ben Barber a brillamment pointé, il y a quelques années déjà, comment ce processus généralisé d’infantilisation pouvait s’analyser comme l’un des effets les plus marquants du capitalisme à l’ère du marketing. C’est parce que nous ne sommes pas des enfants que nous avons lancé le quotidien d’idées AOC et c’est avec des adultes que nous vous proposons de venir réfléchir et réagir ensemble à l’infantilisation du monde ».

► Vendredi 14 septembre à 19H : lecture de Sarah Kéryna et de Sacha Steurer à Zoème (8, rue Vian 13006 Marseille).

â–º Du 15 septembre au 21 octobre, festival organisé par Littérature, etc dans les Hauts de France : « Littérature, puissance, etc. »

🌳 du 15 au 17 sept. × Sud Artois : Ateliers, rencontre, lecture de Louise Desbrusses

🔥 du 21 au 23 sept. × Pays du Ternois
→ Ateliers, rencontres, lectures de Dominique Sigaud

🌪 du 3 au 5 oct. × Flandre Intérieur
→ Ateliers, rencontres, lectures de Marina Skalova

💥 du 9 au 11 oct. × Terre des 2 Caps et Pays d’Opale

→ Ateliers, rencontres, lectures d’Arno Bertina

💫 du 19 au 21 oct × Lille, dans l’église désacralisée Marie – Madeleine (dans l’ordre d’apparition)
🔜 Vendredi, samedi, dimanche
→ Cabines de puissance de la collection Sorcières de Cambourakis
→ Séances de désenvoûtements de Chloé Delaume
→ Exposition Tiens ils ont repeint d’Yves Pagès
→ Librairie éphémère Librairie Dialogues Théâtre
→ Bar – Restaurant vegan le Liquium

🔜 Vendredi 19 octobre
→ Lecture des 2 textes lauréats de Concours d’écriture Littérature, etc.
→ Performance de Tracie Morris, suivie d’une rencontre avec Abigail Lang et Olivier Brossard (en partenariat avec D’un pays l’autre)

🔜 Samedi 20 octobre
→ Atelier d’écriture par Samira El Ayachi et Sandrine Becquet (sur inscription)

🖍 Atelier jeunesse avec Anthony Huchette et l’association Perluette (sur inscription)
→ Lectures – Rencontres avec Arno Bertina, accompagné de Chloé André
→ Lectures – Rencontres avec Marina Skalova, accompagnée de Marjorie Efther
→ Lectures – Rencontres avec Dominique Sigaud
→ Lectures – Rencontres avec Nathalie Quintane
→ Performances d’Yves Pagès et de D’ de Kabal
→ Projection de courts-métrages avec Eileen Myles, Rosa Luxemburg, Sappho, Virginia Woolf…

🔜 Dimanche 21 octobre
→ Atelier écriture mouvement avec Milady Renoir et Louise Desbrusses

â–º Les 21 et 22 septembre, juste après la parution chez P.O.L de L’Homme hors de lui, RV avec Valère NOVARINA et Dominique Pinon au Théâtre Municipal de Vienne.

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