Libr-critique

31 janvier 2007

[Texte] Spécial 22(M)DP : poésieencours : l’éditoto de Franck Doyen

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , — franck doyen @ 19:48

22mdp179.jpg22 (Montée) des Poètes, n°47/48 : poésieencours, 126 pages en deux livrets accompagnés d’un DVD de Claude Yvroud, ISSN: 0292-0794. 10 € commande : Franck Doyen / la tuilerie, 69860 Ouroux / revue.22mdp[@]wanadoo.fr


éditoto

ou spiruline for ever
Lecteur(s) bien-aimé(s) et néanmoins adoré(s),
Vous l’aurez tout de suite remarqué (votre oeil alerte et votre souplesse neuronale font toujours merveille) : ce numéro de votre revue préférée, le “22 (Montée) des Poètes” – “22(M)dP” pour les intimes dont vous faites dorénavant partie, est bien particulier. Disparu en effet le bel équilibre entre les “In et Dits”, les “Notes de Lecture” et les “Entre(deux)tiens”, ce corps n°47/48 n’est constitué que de travaux textuels. Ces travaux, regroupés sous l’appellation d’origine à peine contrôlée “poésies en cours” sont en fait issus d’une semaine passée chez Sofia Burns et Karim Blanc qui, du 23 au 30 juillet 2006, et en marge du festival “Voix de la Méditerranée”, nous ont accueillis dans leur atelier “L’Art en cours”, au 13 de la rue Noël Munuera à Lodève.

genèse de poésies en cours :
Pour le 22, il s’agissait de profiter honteusement de l’indécision de certains de ses auteurs qui se demandaient s’ils allaient cette année encore venir applaudir et/ou huer leurs petits copains – programmés, eux, officiellement sur le festival. Pour le 22, il s’agissait aussi de profiter de la présence nécessaire sur le Marché de son stand “lalangues en revues” (25 revues et éditeurs de poésies contemporaines) tentant (assez désespérément d’ailleurs) de combler par là un manque de plus en plus cruel et flagrant de ce côté-ci de la poésie autrement appelée poésies.

De profiter donc aussi, inutile de nier, d’un public acquis à la cause poétique le temps du festival, de le détourner de soirées plutôt show-biz censées faire rentrer suffisamment d’argent pour la pérennité des “Voix”, et donc de lui proposer, à ce public chéri, d’autres travaux – d’auteurs de la revue et donc forcément géniaux, beaux, intelligents, talentueux et souples sur jambes. Voilà : ça c’était l’idée de base : proposer un rendez-vous tous les soirs: même lieu, même heure, même combat ou presque : avec des travaux évolutifs, pouvant rebondir d’un soir sur l’autre (des works in week progress, donc et à peu près).

tentatives de définition de poésies en cours :
Le risque était grand évidemment de ne présenter qu’une scène de plus : un genre de truc un peu Off et donc, au bout du compte, assez In – le In et le Off constituant les deux branches du même arbre appelé Spectacle . Or, et vous commencez peut-être à le comprendre, il s’agissait bien d’une tentative d’autre chose. Un autre chose qui éviterait déjà la rectitude (et l’emmerdement qui va avec) de la plupart des lectures de poésies qui fleurissent un peu partout en notre beau pays. D’ailleurs peut-être serait-il souhaitable de se poser sérieusement la question et je vous la pose : Le système spectaculaire (scène / public ou table+bouteilled’eau+micro / rangées de chaises) est-il judicieux en matière poésies ? Si oui, dans quel(s) cas ? Développez, je ramasse les copies à la fin de l’heure.
Enfin, et puisqu’il s’agissait vraiment d’autre chose, mais de ce genre de quelque chose plus difficile à définir après qu’avant, cette semaine assez folle a bien pris les allures d’une semaine de résidence collective. Permettant en actes l’émergence de pratiques d’écritures (écrits et ures, donc) en relation même avec le texte en élaboration, en relation même avec son lieu d’énonciation(s) et avec le public.

22(m)dp + art en cours = poésies en cours :
Ce corps 47 “poésies en cours” est donc constitué des textes qui ont vécu et fait vivre cette semaine. Pas tous les textes – à regret, l’extensibilité de la revue ne le permettant pas – ni tous les auteurs, car il a bien fallu se concentrer sur ceux qui ont traversé de part en part cette semaine et/ou dont le projet d’écriture en a été modifié substanciellement. Alors remercions tout de même tous les auteurs qui nous ont fait confiance et nous ont rejoints dans cette aventure qui laissera de belles séquelles chez tous et dans la revue. Et, bien qu’ils soient absents de ces pages, nous n’oublions pas Wianney Qolltan’, Didier Bourda, Sylvie Nève, Jean Azarel, Béatrice Brérot, Raf Sarfati, Rébéka’s, Châane, François Sion.
A cela et en guise d’étrennes, nous avons inclu à ce numéro déjà dense des travaux vidéos de Claude Yvroud construits à partir de séquences filmées durant cette semaine (dvd “lodève 2006”).

Enfin, tout ce travail d’émergence textuelle (écrits / lectes et ures) n’aurait pas été possible sans l’accueil formidable que nous a réservé “L’Art en cours”. Un type d’accueil qu’on ne croyait plus possible (vous savez, ma bonne dame, de nos jours). D’autant plus que Karim et Sofia ont déjà fédérer et fidéliser autour de leur lieu un public d’une grande qualité de présence et d’écoute (qui n’était pas, contrairement à ce que j’ai laissé entendre plus haut, particulièrement acquis à la cause poésies).
Il y a fort à parier que “L’Art en cours”, qui venait d’ouvrir alors ses portes, va devenir très vite un lieu important dans l’activité culturelle de Lodève et dans la vie quotidienne de ses habitants – et c’est bien tout le mal qu’on leur souhaite. Car il aura certainement fallu beaucoup de patience, d’ouverture, de gentillesse, de café, de rhum et de spiruline à Sofia, Karim, Elodie, Charlotte, Perrine et les autres pour nous supporter du matin au soir – et même parfois du soir au matin. Merci donc à tous et à toutes.

Franck Doyen

[Manifesten] A partir du 1er février : reportages exclusifs de Libr-critique.com

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image-48.pngLe festival Manifesten#1, lancé par Al dante, démarre à partir d’aujourd’hui. Du 31 janvier au dimanche 4 février, pour ceux qui ne peuvent être à Limoges, vous pourrez suivre en exclusivité des reportages, interviews, lectures sur le site Libr-critique. Notre envoyée spéciale, Hortense Gauthier, vient de s’y rendre et nous transmettra tous les jours des vidéos.
En attendant de suivre le Salon International de Tanger, où nous serons, profitez de ce léger différé pour suivre le renouveau d’Al dante : NAD [New Al Dante].

30 janvier 2007

[News] WAH! le journal du monde qui va bien

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 21:33

Les éditions ère et mycroft ont lancé depuis hier une aventure éditoriale trés intéressante en lançant WAH!, un journal « quotidien, souple, et gratuit », sous forme de feuille A3 recto verso distribué tous les soirs du 29 janvier au 2 février au commerçants parisiens, à la sortie du métro Parmentier, Oberkampf et en téléchargements en pdf sur le blog WAH !

WAH! le journal du monde qui va bien publie « les bonnes nouvelles du jour », dénichées « du flux de futilités artefactualisantes du quotidien informationnel », par des « Ã©crivants » comme Chloé Delaume, Baron, Patricia Duez, Bernard Joisten, Jérôme Mullot, Florent Ruppert, Frédéric Dumond, Emily King, Hugues Jallon, Dominiq Jenvrey, Jean-Charles Massera, Jean Perrier, Philippe Vasset, Eric Arlix & Mycroft. Ces rédacteurs font une relecture de l’actualité bien réelle sous un angle à la fois critique, humoristique et créatif. Entre détournement et questionnement des événements de ces derniers jours, leur vision se veut positive et enthousiaste, optimisme qui cependant ne cache pas une déconstruction ironique plutôt hilarante de l’information, en témoigne les articles trés fins et drôles de Chloé Delaume sur le renouveau du culte de Zeus à Athènes, celui de Dominiq Jenvrey sur la possibilité de créer des chimères, ou encore celui plus coléreux de Fréféric Dumond sur la fermeture d’une usine dans le Nord …
Mais ce n’est pas seulement dans le contenu que réside la pertinence de cette « expérience anti-presse », mais dans l’adéquation entre contenu et support, d’où son mode de parution et de diffusion, presque similaire à celui des journaux gratuits qui inondent désormais quotidiennement les rues et les métros des grandes villes de France. Tiré à mille exemplaires, et diffusé dans la rue, action littéraire concrète à saluer, en ces temps où beaucoup de monde parle de performativité de la littérature et du discours en général, il constitue un geste politique qui, on l’espère, produira quelques petits effets … on imagine ce que ce serait si ère avait plus de moyens et que WAH! était tiré à 50 000 mille exemplaires comme 20min ou Métro …

Initiative à suivre donc cette semaine, pour les Parisiens, et les internautes … et merci à l’équipe de Eric Arlix pour toutes ces bonnes nouvelles !

[Vlog] Sylvain Courtoux + Emmanuel Rabu // Festival Muzzix #7 [7]

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Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée “sound is poetry / poetry is music” organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Septième intervention de la soirée : Sylvain Courtoux et Emmanuel Rabu = Vie et mort d’un poète de merde, poésie sonore.

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29 janvier 2007

[Vlog] Cut Up conspiracy [Bertin + Courtoux] // Festival Muzzix #7 [6]

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Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée “sound is poetry / poetry is music” organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Sixième intervention de la soirée : Sylvain Courtoux et Jérôme bertin = Cut-UP Conspiracy, poésie sonore.

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[Revue] n°47-48 22 (MdP) : poésieencours

22mdp179.jpgComme nous l’avions dit, au mois d’aout [ici], le festival de Lodève, en 2006, a vu une très belle expérience se faire : le off organisé par 22 (Montée) des poètes et la galerie art en cours, à savoir respectivement Franck Doyen et Sofia Burns/Karim Blanc. Pour marquer ce moment, Franck Doyen vient de consacrer un double numérode 22 (M)DP poésieencours, qui témoigne de cette semaine de lectures quotidiennes dans cette galerie de Lodève, devenue pour cette occasion un véritable laboratoire de poésies contemporaines, où de très nombreuses rencontres entre auteurs ont eu lieu.
Ce numéro de 22 (M)DP, n’est pas seulement la réunion de textes, mais il redonne aussi la joie créatrice qui caractérisa ces instants. C’est pourquoi ce numéro est vraiment incontournable.
22 (Montée) des Poètes, n°47/48 : poésieencours, 126 pages en deux livrets accompagnés d’un DVD de Claude Yvroud, ISSN: 0292-0794. 10 €
commande : Franck Doyen / la tuilerie, 69860 Ouroux / revue.22mdp[@]wanadoo.fr

Sommaire :
Livret 1 : Editoto de Franck Doyen, Questions pour un poète de Claude Yvroud, Combinations d’Hortense Gauthier, Coupe Gorge et À l’orée des villes de Sébastien Lespinasse, Barnaba [extrait] de Marie Delvigne, Bouche cousue d’Edith Azam, Corpus Delicti de Claude Favre et le DVD « Lodève 2006 » de Claude Yvroud.
Livret 2 : Entre(2)tiens avec Franck Doyen, Capital-Hôpital de Christian Malaurie, Ultimatum de A_K_S [Agence_Konflict_SysTM], Humaine et corrigée de Rachel Defay-Liautard, Ma vie d’après (chantier) d’André Gache, Wasschwing maschwing et zoofolies (air pariétal) de Stéphane Deloy.

27 janvier 2007

[Livre] Christian Prigent, Demain je meurs

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 17:39

prigendemain.jpgChristian Prigent, Demain je meurs, P.O.L, 382 pages, 19,50 € ISBN : 978-2-84682-174-2
En librairie le 8 février.
Quatrième de couverture
« Hier, j’étais né; demain, je meurs », souffle la Voix qui sort du lit d’agonie. Entre cet hier et ce demain : une vie, celle du père. Qui raconte cette vie est qui entendit murmurer la Voix. Scènes, vignettes, tracés d’émotions, poussées d’interprétation, visions en vitesse, conversions bouffonnes. Temps : une demi-heure en gros, à vélo. Espace : deux kilomètres. Décor : Bretagne, années 1950. Fond d’Histoire : la guerre d’Indochine, l’affaire Henri Martin, Budapest 1956, les communistes, André Marty, Thorez, Staline. La Chienne du Monde parle. Le monde aboie fort. On file pas chronique, engrène pas annales en ordre de maillons : on mixe, on bricole, on pétrit sa boule avec du déchet de biomachin ou de chronotruc. Et puis : roule cette boule, enroule les cadences, enchaîne véloce – et va la musique !

Premières impressions

Après Une phrase pour ma mère (1996) et Grand-mère Quéquette (2003), voici Demain je meurs, dont on trouvera sur libr-critique.com l’incipit (ici) et un autre extrait, mais lu par l’auteur [ici]. En 29 sections, ce troisième volet de l’humaine comédie familiale mêle poèmes, encadrés, reproductions, documents et bibliographie à l’histoire d’un père qui croise parfois la grande Histoire. Au rythme du rétropédalage, l’écrivain-poète nous offre des instantanés fulgurants et parfois émouvants : « Première esquisse du héros », « Deux flashes en rétro », « Quelques phrases qui flottent », « Vu d’une falaise », « Adieu »…S’il retrouvera le phrasé et le carnavalesque prigentiens, le lecteur ne manquera pas d’être surpris : c’est au moment où Prigent aboutit à un degré de figuration sans précédent qu’il atteint son plus haut degré de fulguration. FT

[Vlog] Emmanuel Rabu // Festival Muzzix #7 [5]

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 13:09

Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée “sound is poetry / poetry is music” organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Cinquième intervention de la soirée : Emmanuel Rabu, création électronique // poésie sonore.

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26 janvier 2007

[Texte] Autopsies de Claude Favre

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 8:08

[Afin de préserver la cohérence de la mise en page, nous présentons, le texte sous sa forme visuelle. Autopsies est un texte inédit de Claude Favre]

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[News] Manifesten – Rencontres Internationales d’Interventions Poétiques de Limoges

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , — rédaction @ 7:02

16_affiche_cauwet.jpgDe Al Dante à Manifesten … la suite des événements …
L’année commence bien, Laurent Cauwet relance la machine, par lectures, performances, rencontres, conférences, expositions, projections …
Du 31 janvier au 6 mars 2007 à Limoges
manifesten_dossierpresse.pdf [Fichier PDF à télécharger]

Mercredi 31 janvier :

18h00, galerie de L’ENSA : vernissages des expositions :

– Franck Leibovici :
Low intensity conflicts, part. XIV ;

– Mail art : hommage aux fondateurs.

20h00, café du théâtre de l’Union : soirée lectures/performances, avec Édith
Azam, The cut up conspiracy (Sylvain Courtoux & Jérôme Bertin), Julien Blaine et Charles Pennequin.

Suivi, à 22 h 00, d’un concert de musique électronique :
Asymétrie. Organisée par les éditions Dernier Télégramme.

ENSA : 19 avenue martin luther-king. THÉATRE DE L’UNION : 20 rue des
coopérateurs

Jeudi 1er février :

16h00, cinéma : le cinéma expérimental de Henry Hills – en présence de l’artiste
(proposition de Marion Naccache, en partenariat avec l’école d’Art).

18h30, Galeries Olga : vernissage de l’exposition de « La Rédaction »
(représenté par Christophe Hanna) : Nos visages-flash ultimes.

19h30, galerie Lavitrine : vernissage de l’exposition de Julien Blaine,
L’Oraltoire.

À 20h00 : «Déclaraction » de Julien Blaine ; suivi d’une intervention sonore de Olivier Quintyn.

OLGA : 9 rue jeanty sarre. LAVITRINE : 4 rue raspail.

Vendredi 2 février :

10h00, Salle de conférence de la Bfm : Qu’est-ce qu’une écriture poétique
aujourd’hui ?
Performances théoriques 1, avec Alain Frontier, Julien Blaine et
Christophe Hanna

14h30, salle de conférence de la Bfm : Performances théoriques 2, avec Franck Leibovici, Charles Pennequin et Olivier Quintyn.

17h30, auditorium de la Bfm : cinéma expérimental, court-métrages de Miguel Soares, Marisela LaGrave, Ernesto Neto & Marcao, Tom Jarmusch, Harmony Korine, Johan Grimonprez.

BFM : 2 rue Louis Longequeue.

Samedi 3 février :

17h00, galerie Lavitrine : rdv à l’annexe, autour de la Société Mobile.
Présentation de Laurence Denimal.

de 15 heures à 19 heures, du mercredi 31 janvier au samedi 3 février, à
Lavitrine : installation/performance de la Société Mobile (Laurence Denimal).

LAVITRINE : 4 rue raspail.

Mardi 6 mars :

19h00, galerie Lavitrine : lectures/performances de Bernard Heidsieck, Jérôme Game, Jacques Sivan et Vannina Maestri.

21h00 : buffet rock.

LAVITRINE : 4 rue raspail.

Mercredi 14 mars :

15h30, au CRDP : présentation des ouvrages Création poétiques au xxe siècle
(2004 – CDrom – crdp/académie de grenoble) ; et Jalons pour la poésie – de
Ronsard au numérique
( c o – é d i t i o n weblettres/scérén, 2007) par
Caroline D’Atabékian, présidente de l’association weblettres.

CRDP LIMOUSIN : 39f rue camille guérin.

25 janvier 2007

[chronique] Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 21:18

Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire, P.O.L, 343 p., 19 € ISBN 978-2-84682-171-1

A B Cadiot

nidcadiot.jpgAnnonce. La quatrième de couverture nous donne le fil directeur de cette polyphonie comique : « Cour royale en exil à la montagne cherche conseiller image, chambre tt cft dans chalet atypique, artistes s’abstenir, envoyer prétentions ». Tout est dans cette petite annonce. Le ton : ironie et fantaisie. La forme aussi : l’intégration dans ce récit multipistes de micro-matériaux hétérogènes.

« Formalisme réaliste ». Alors que Christian Prigent parle de « réalisme négatif », dans la mesure où l’oeuvre engage « comiquement (…) l’insensé de la monstruosité présente dans le dés-assemblage des formes disparates de l’écrit » (Une erreur de la nature, P.O.L, 1996, p.168), Anna Boschetti adapte à cette même oeuvre la formule de Bourdieu dans Les Règles de l’art (1992) : il s’agit d’un « exemple réussi de « formalisme réaliste », car par son travail sur la forme elle parvient à exprimer un point de vue sur le monde qui interroge nos habitudes de pensée et notre représentation du réel » (« Le « Formalisme réaliste » d’Olivier Cadiot », dans Eveline Pinto dir., L’Écrivain, le Savant et le Philosophe, Publications de la Sorbonne, 2003, p. 238).
Dans cette perspective, à l’interrogation de Futur, ancien, fugitif (P.O.L, 1993) : « Comment représenter le lever du jour et sa fraîcheur le bleu pur imprimé avec le chant strident des oiseaux en vol le vert profond des haies circulant haut en spirale ff-fff ? », fait sans doute écho cette vision de Pauline : « (…) il y a des descriptions, ça vient se coller entre les phrases et les sons, comme un ciel bleu suit impeccablement les contours d’un immeuble » (338).
Mais surtout, affublé d’un conseiller en « réalité augmentée » (Goethe !), égaré dans le palais des glaces que constitue une société du Tout-communication dont se montre digne la « bande de zigotos » qui l’entoure, le roi cherche d’autant plus « un conseiller en réel » que, pour être un terme à la mode, le « Réel » n’a jamais été aussi inaccessible : « le Réel, on dit ça, c’est le terme, quand on dit ça on a tout dit, à tout bout de champ, c’est-à-dire, une sensation de réel, la joie du C’est maintenant, c’est une légende, je suis en train de l’embrasser » (232).
Ainsi Un nid pour quoi faire est-il un roman critique, au sens où l’entend Sartre dans ce passage de Situations, IX : « L’homme vit entouré de ses images. La littérature lui donne l’image critique de lui-même » (Gallimard, 1972, p.31).

Goethe. Conforme à son illustre prédécesseur, Goethe – de son vrai nom, Goth – est à la fois réactionnaire et progressiste. Mais c’est surtout le personnage qui nous renvoie l’image la plus critique de l’ultralibéral : voulant « appliquer Darwin à nos sensations » (34), il est en quête de recrues « encyclopédiques, mais marketing » et d' »autodidactes arrivistes » (190)…

Moderne. Aujourd’hui, plus que jamais, il-faut-être- moderne ! Tel est le leitmotiv dont se fait l’écho ce roman critique. Mais en quoi notre société est-elle « moderne » ? Elle l’est par son obsession de la mondialisation, de la compétitivité, de l’hypersurveillance sécuritaire, de la « traçabilité impeccable »…de la psychomédicalisation : « Ah, j’ai une sensation de culpabilité avec un retour sur investissement sur la mère déviée par la projection du roman familial, implique mal au coeur + idées noires, c’est la molécule 567B12, ah c’est ça ? » (211)…Par son anti-intellectualisme, son goût du bouddhisme, du sensationalisme, ou encore du métissage – un métissage que le surnommé « Raspoutine » pousse jusqu’à l’absurde en proposant « une nouvelle race post-mélange, pure par croisements », le rêve fou d’un « travailleur transgénique », et en développant métaphoriquement son délire : « il faut passer les représentations sociales au robot, vroum, faut remélanger nos idées à celle du prolétariat, planter nos idées dans le champ du voisin, mélanger nos habitus, le sang bleu et l’OS, et voir ce que devient la nouvelle plante sociale » (17-18).
Notre monde est encore « moderne » du fait qu’il impose une ontologie somatique oscillant entre obésité et anorexie, annexe la poésie à la sphère communicationnelle (d’où l’apparition, dans ce microcosme fantomatique de la Cour, d' »un conseiller en poésie » appelé Bossuet !), et met la prose au pinacle parce que « Ã§a nous remet dans le monde » (188)…

[Vlog] Yvan Etienne & Brice Jeannin // Festival Muzzix #7 [4]

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 6:58

Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée « sound is poetry / poetry is music » organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Quatrième intervention de la soirée : Yvan Etienne et Brice Jeannin, création électronique.

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24 janvier 2007

[Chronique] Perspective sur une opération poétique [à propos de JP. Michel]

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — Philippe Boisnard @ 16:08

[présentation du livre d’entretiens de JP. Michel]
jpmichel.jpg S’intéresser ici à Jean-Paul Michel, et à ce livre d’entretiens, c’est non pas revenir sur toute l’oeuvre de cet auteur, connu tout d’abord par son pseudonyme Jean-Michel Michelana, mais c’est bien plutôt mettre en évidence l’opération d’écriture qu’il définit et qui loin de se réduire à ses propres contrées littéraires, en liaison avec le surréalisme initié par sa rencontre très jeune avec Breton, pose des questions très pertinentes sur la question de la construction du poème, notamment et surtout pour le Dépeçage. Le travail de Jean-Paul Michel, tel qu’il le présente dans les entretiens faits avec Michaël Sebban, porte sur la question de l’expérience littéraire : non pas seulement expérience du nouveau, mais expérience de la littérature en tant qu’expérience de soi, endurance de son propre temps comme celui de la bio-graphie des marques de l’existence.
En ce sens plutôt que d’envisager la littérature de JeanPaul Michel, littérature qui se veut salvatrice, qui par son lyrisme, notamment dans Beau front pour une vilaine âme, se noue autour d’une réconciliation post-hölderlinienne au divin, il s’agira plutôt de saisir l’opération poétique que pose JP. Michel lorsqu’il publie Le dépeçage comme l’un des beaux arts. Car si JP. Michel n’appartient pas apriori aux dimensions poétiques que nous explorons habituellement, cependant ce qu’il explique dans ces entretiens n’est pas sans faire écho avec Ecrit au couteau, de Christian Prigent. Ainsi, cet article tentera davantage de voire formellement un certain type d’opération poétique, que de mettre l’accent sur la teneur des poèmes de JP. Michel.

Question de signatures
Jean-Paul Michel, s’il est parfois peu reconnu sous ce nom, ou si l’on pense davantage aux éditions William & CO qu’à son propre travail, c’est qu’il a écrit ses premiers livres, comme il l’explique lui-même, sous le pseudonyme, “Michelena”; l’utilisation du pseudonyme permettant selon lui “une distance expérimentale”.
Se référant à Kierkeggard, qui signa de plusieurs noms ses livres, JP. Michel explique en effet que chaque livre pourrait être signé par un nom différent, au sens où chaque livre est une sorte de fragment condensé d’un état en présence et non pas une unité synchronique rassemblant sous ses termes la diversité possible des êtres de soi constitués. “La permanence d’un nom unique comme “signature” a déjà quelque chose de trompeur, eu égard à la discontinuité réelle qui sépare les ouvrages, les états du sujet, les moments d’une vie”.
Chaque texte est ainsi l’ouverture d’une personnalité, d’une façon de s’ouvrir au monde. Par le texte JP. Michel sait que c’est la totalité du sujet qui se remet en cause, qu’il n’est pas unité transcendante, démiurge voyant la totalité de l’oeuvre dès son amorce, mais bien le réel immanent de l’écriture. L’écriture est le réel de la subjectivité qui se donne à elle-même dans l’acte d’écriture [On retrouve ici ce qu’avançait Breton quant à l’écriture comme espace de déforclosion de soi et d’un ordre plus réel que l’apparence d’ordonnancement donné par la rationalité]. Ainsi la signature en haut du livre, qui signe le texte, ne devrait pas être l‘unité décontextualisée et légale de la propriété, mais toute signature devrait être cet éphémère condensé immanent qui a été en jeu dans l’acte même d’écrire cela et non pas autre chose. “Mon mouvement me porterait très aisément à utiliser un nom nouveau à chaque livre. Cela n’irait pas dans le sens de la continuité de l’affirmation d’un personnage mais plutôt dans la remise en jeu, à chaque fois, de cette fiction d’une permanence”.
Écriture d’emblée envisagée comme empreinte de soi, comme cet espace où l’on peut se saisir, se comprendre, penser un ordre des choses, autrement que les choses nous sont présentées.
En posant cette hétérogénéité de soi en soi, il marque là un trait spécifique de son propre travail d’écriture : la reprise de soi. En effet, et c’est bien là ce qui se signe dans Le dépeçage, l’hétérogénéité de soi est propice à l’affrontement de soi, à sa propre déconstruction critique. La particularité du Dépeçage, comme nous allons le comprendre, tient au fait que ce serait en quelque sorte une étape de solve, de dissolution, où doit se faire la plus grande acuité possible du regard sur soi.

[DVD] text de Frédéric Dumond

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 16:02

dumondi.jpgText, de Frédéric Dumond – DVD – ISBN : 02-916282-01-1
7ème DVD de la collection « le point sur le i », chez Incidences, dirigée par Giney Ayme, Frédéric Dumond, écrivain et plasticien, nous donne ici à voir un très beau travail de poésie numérique.
4ème de couverture :
« Ses travaux, majoritairement traversés par la problématique de l’écriture dont le processus est saisi comme donnée structurelle, suggèrent, par l’activation de leur dispositif, une certaine contingence du sens ». (Aurélie Noury)
Pour commander : Association Incidences – 1, rue St Mathieu – 13002 MARSEILLE – www.incidences.info

23 janvier 2007

[NEWS] Yann Kerninon & Philippe Boisnard [Machine de fuite] le 27 Janvier à Paris

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inconnu.jpgLe samedi 27 janvier 2007 à 20h Art Studio Galerie 38, rue Damrémont – 75018 Paris
MACHINE DE FUITE Vidéo-performance de Philippe Boisnard et Yann Kerninon.
Cette video-performance a lieu dans le cadre de l’exposition Gazio (du 13 janvier au 2 février 2007 – soirée de vernissage le samedi 18 janvier).
Cette performance, vidéo-cyclopé-mélodique a été créée en 2004 et présentée à plusieurs reprises en France et en Allemagne.
[site de l’exposition]

[Vlog] Franck Laroze [polemikx] // Fesival Muzzix #7 [3]

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Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée « sound is poetry / poetry is music » organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Troisième intervention de la soirée : Franck Laroze présente [polemikx]. Texte et voix Franck Laroze, création multimédia de Philippe Boisnard.

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