Libr-critique

31 octobre 2014

[News] La révolution selon Burroughs (Alphabetville/Aix-en-Provence)

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À partir de mardi prochain, et pendant une dizaine de jours, cap sur Burroughs à Aix-en-Provence, avec Alphabetville.

 

William Seward Burroughs 100 #2 : La révolution selon W.S Burroughs

 

Le centenaire de la naissance de William Seward Burroughs est l’occasion de proposer un regard vivant sur l’œuvre étonnante, dérangeante ou encore hallucinante, de l’écrivain.
 
Alphabetville propose pour cette année une programmation en deux parties.
 
Après « Parages de W.S Burroughs », se situant autour de sa vie et son œuvre, le programme de cet automne se formule par « La révolution selon W.S Burroughs ».
 
Conférences, rencontres, projections, écoutes, auront lieu à Aix-en-Provence.
Un programme en collaboration avec Seconde Nature, scène numérique, et l’Ecole supérieure d’art.
 
 
« Dans la Révolution Electronique j’avance la théorie qu’un virus EST une très petite unité de mot et d’image. J’ai suggéré alors que de telles unités pouvaient être activées biologiquement pour agir comme des tensions virales communicables. »
 
Cette proposition consiste à revenir sur les éléments artistiques et théoriques de cette « révolution » à effet symbolique, mais aussi d’entrevoir leurs infiltrations dans les pratiques, les techniques et les medias actuels.

Programme

Du 04 novembre au 06 décembre
Projections de l’intégrale
The cut-ups, films de William Burroughs et Anthony Balch
À Seconde Nature
Horaires : du mercredi au samedi de 14h00 à 18h00
Dans le cadre de l’exposition Matière Cinéma, une exposition collective en 2 volets à Aix et Marseille sous le commissariat de Mathieu Vabre, avec les œuvres de W.S Burroughs, Wim Janssen, Davor Sanvincenti, Sam Burford, Julien Maire, Nicolas Maigret, Emilie Brout & Maxime Marion, Yannick Vallet, Alain Josseau.
 
Plus d’informations : ici
Entrée libre – Tout public
 
Vernissage de l’exposition le 4 novembre à partir de 19h00

 
Mercredi 12 novembre 2014 à partir de 17h00
Mini-colloque, écoutes, projections
La révolution selon WS Burroughs, sous la direction de Colette Tron
 
Plus d’informations : ici
 
 
Vendredi 14 novembre à 21h00
Reading club
Performances de lecture/écriture dirigée par Annie Abrahams et Emmanuel Guez
Session Hors série à partir de « La révolution électronique » de William S Burroughs
Lecteurs et lectrices : Colette Tron, Frédérique Vargoz et Emmanuel Vergès
Connectez-vous le 14 novembre à 21h.

 
Télécharger les programme complet : ici
 
Informations, contact : 
04 95 04 96 23 / Alphabetville, Friche Belle de Mai, 41 rue Jobin 13003 Marseille 



Les lieux 

:
Ecole supérieure d’art 
rue Emile Tavan 
13100 Aix-en-Provence 
04 42 91 88 70 

 
Seconde Nature 
27bis, rue du 11 novembre 
13100 Aix-en-Provence 
04 42 64 61 01
 

30 octobre 2014

[Livre] Jean-Paul Gavard-Perret, Le Soleil noir dans la queue de comète du surréalisme (entretien F. Di Dio et Ph. di Folco)

Les éditions Derrière la salle de bains nous permettent de revenir sur une aventure éditoriale marquante, en publiant l’entretien entre Philippe di Folco et François Di Dio.

 

Le Soleil Noir, entretien entre François Di Dio et Philippe di Folco, Editions Derrière la Salle de Bains, Rouen, 2014, 20 €.

 

Après avoir créé les « Presses du livre français » où il publia entre autres Jean Paulhan et Franz Kafka (illustrés par Wols), marqué par l’exposition internationale du surréalisme de 1947 (Maeght) et par sa rencontre avec André Breton, il retient à la lecture d’  « Arcane 17 » une phrase d’Éliphas Lévi : « Osiris est un dieu noir, la parole énigmatique que l’on jette à l’oreille de l’initié ». De cette phrase il tire l’idée de création d’une collection d’art et de littérature,  « Le Soleil noir ». Il y publie la « coda » et le gotha de la mouvance surréaliste, dont  des textes de Ghérasim illustrés par Jacques Hérold, ceux de Jean-Pierre Duprey, Camille Bryen illustrés par Jean Arp. Il édite aussi et sans dépôt légal (pour éviter la censure) la Justine de D.A.F. de Sade préfacée par Georges Bataille avec une gravure de Hans Bellmer. Il publiera au total 156 livres sous la référence « Soleil noir » et presque autant comme éditeur-conseil (chez Pauvert, Georges Falll, Christian Bourgois, José Corti entre autres).

François di Dio est considéré comme un architecte du livre. Il est reconnu pour ses maquettes comme pour ses choix littéraires et artistiques. Il cultiva aussi le concept de « livre-objet » multiple repris mais modifié suite aux expériences d’ouvrages à un seul exemplaire de Georges Hugnet. « Le Soleil noir » a cessé officiellement ses activités en avril 1983. Mais les éditions restent un modèle. Elles ont fait l’objet de plusieurs expositions et l’éditrice Marie-Laure Dagoit, après sa rencontre avec Di Dio (via Claude Pélieu), fonde en 1995 les éditions Derrière la salle de bains, dont la philosophie reste proche de l’esprit de révolte, de liberté, de provocation propre au Soleil Noir.

L’éditrice lui rend hommage en publiant les entretiens du créateur avec Philippe di Folco. S’y découvre la face cachée et renouvelée du Surréalisme. On voit comment, bien au-delà d’Eluard et de Breton, « l’école » tant en France qu’aux Etats-Unis, eut dans les années 60-70 plus que de beaux restes. Dans ce livre la trace, l’écho du Soleil Noir s’agrandit et monte. Du métal premier de la fournaise surréaliste  surgissent grâce à l’éditeur des incurvations inattendues. L’encre s’y fait musique selon divers systèmes de ruptures. Preuve que le surréalisme vieillissant  était souvent plus vivant que le premier. D’autant que l’éditeur a su atteindre des corps littéraires ou artistiques qui touchaient le corps en profondeur. Si bien que Breton  et ses émules semblant d’aimables dilettantes un rien romantiques.

François Di Dio se livre ici tel qu’il est : hors égo, curieux et ouvert à tous les mondes ; porteur de fleurs vénéneuses qu’il sut mettre en bouquets. Chacun de ses livres reste chargé de grains charnels où des furieux et des furies activaient des fouets et des torches ardentes. En conséquence, la queue de la comète surréaliste revit d’un  feu  parfait. Il crée des brûlures dans le ventre des lecteurs des deux sexes, pour qui les livres de l’éditeur restent les cartes et territoires vivants. Preuve que le Soleil Noir demeure une arme blanche. Elle ouvrit la nuit et ne cesse d’augmenter le monde en ouvrant l’écartement des jambes pour que l’âme y souffle ardemment – ce que les surréalistes classiques avaient occulté. Chez ceux que Di Dio a défendus et mis en scène gicle sa morsure à fond de sang et  grandit sa faim à coup de hanches. Et si elle quitte parfois l’âpreté du corps c’est pour rejoindre un ciel particulier. Celui où  brille ce fameux soleil noir plus ou moins mystique : il n’est pas celui de la mélancolie mais de l’attente.

29 octobre 2014

[Livre-chronique] David Giannoni, Contes de Nod, par Périne Pichon

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Une fois n’est pas coutume, LC vous donne à lire un conte : Périne Pichon nous montre comment David Giannoni – avec l’appui de Sylvie Leroy – a su renouveler la magie du conte.

David Giannoni, Contes de Nod, mis en images par Sylvie Leroy, éditions Maelström, coll. "RéEvolution", été 2014, 128 pages, 13 €, ISBN : 978-2-87505-173-8.

 

La roue, invention mythique perdue quelque part, entre l’histoire et la préhistoire, à faire rêver les mobylettes. Mais avant la roue, le cercle a dû naître, à en croire les géomètres ; figure lisse et sans fin, vouée à tourner éternellement. L’infini a d’ailleurs pour symbole mathématique un 8 renversé, soit deux cercles jumelés. Ce « o », on le trouve aussi qui roule dans le « mot ». On le trouve dans les Contes de Nod.

 

Nod, l’épigraphe le rappelle, c’est le pays de l’errance, là où tourne en rond (toujours cette roue qui ne finit pas sa course…). Caïn exilé après le meurtre d’Abel. Il est marqué au front d’un signe qu’on ne connaît pas – peut-être encore un disque énigmatique, comme la « coda », titre du dernier des Contes de Nod. Visuellement, la coda tient du cercle et du NOeuD, musicalement aussi, puisqu’elle fait exercer à la mélodie un retour en arrière, la répétition d’un thème qui peut être infini.

 

Aussi, les Contes de Nod suivent cette organisation musicale, thème repris et coda, et invitent à considérer l’acte de conter comme toujours à recommencer dans une nouvelle modulation. Cette dynamique cyclique n’a rien de cloisonnant, elle invite à transmettre voire à continuer le mouvement : « et une parabole, vous le savez n’est jamais fermée ». En témoignent plusieurs variations autour du motif du maître et de l’élève, dans le recueil : la musique comme le conte se partagent. Mais ce motif du don et de la transmission est aussi motif d’évolution – donc de révolution – selon la dynamique circulaire choisie : le savoir passe et évolue, l’élève peut devenir maître à son tour, et transmettre ce qu’il a acquis.

Pendant des années, il avait travaillé seul, le cordonnier. Jamais il n’avait eu d’apprenti. Il ne se sentait pas encore l’âge. Mais le temps passait, et la conscience de devoir préparer l’après augmentait.

Lui-même avait appris son métier d’un plus vieux cordonnier, au pays, qui peu à peu l’avait introduit dans les moindres méandres du secret.

 

La langue de Nod suggère l’oralité, elle raccroche le conte à la voix et au souffle. Elle recherche l’expression directe, un rythme de mots et de sons pour ancrer le récit dans la mémoire, pour qu’il soit raconté ou donne l’impression d’avoir été raconté par une voix. Mais si les mots s’ancrent, le sens parfois vacille, on devine et pourtant on le cherche encore ; c’est un sens qui échappe mais qui raisonne. On se trouve sur un seuil mais on reste dehors, dans une oscillation évoquant l’errance. Enfin, les dessins de Sylvie Leroy illustrent cette tension entre la présence formelle, par le son et la vue, et l’impalpable. Il faut revenir au conte, boucler la boucle, conter à son tour pour s’approprier un peu de ce sens.

 

 

 

 

27 octobre 2014

[Texte] Daniel Cabanis, Un alibi

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Merci à Daniel Cabanis pour cette fiction tangente au débat d’hier soir, "L’art n’est-il qu’un objet de luxe ?"

 

 

UN ALIBI

 

 

Certes j’ai la gueule du coupable idéal mais, voyez-vous, mon corps est innocent.

 

Le samedi 16 mars, en début d’après-midi, comme j’avais des projets de bricolage (les étagères du cagibi, en attente depuis plus d’un an), je suis allé au BHV pour acheter perceuse, vis et autres bricoles. Je pense que j’ai manqué de conviction car je n’ai rien acheté. Rue de Rivoli, je suis tombé sur Adam Lorgelay (un ami, écrivain et critique d’art) venu s’assurer que son dernier essai, L’Art en sommeil, était en bonne place au rayon librairie du BHV. On est allé voir ensemble. Le livre d’Adam ne s’y trouvait pas. Il en a été contrarié, et a réclamé sur un ton sec des explications à la responsable. Ah, elle a dit, ici cher monsieur L’Art en sommeil n’intéresse personne, les gens préfèrent l’art vivant, disons réveillé. J’ai trouvé assez piquante l’insolence de cette libraire, mais je ne m’en suis pas mêlé. Adam est resté coi, incapable de répliquer. Il était furieux. Je l’ai tiré par la manche et Allons boire un coup, j’ai dit. On a traîné au bistrot pendant deux heures et une dizaine de bières. Tu comprends, le marketing et la finance ont planté l’art, m’a dit Adam ; c’est un désastre, les artistes sont à poil maintenant. Et après ? j’ai dit (car pour moi, nus ou emmitouflés, qu’ils crèvent les artistes !). Adam a développé son point de vue. Tandis qu’il déblatérait, je pensais trous chevilles étagères ; je me reprochais d’avoir abandonné mon bricolage. Finalement il m’a proposé de faire un tour dans les galeries du Marais. On y est allé. Fatigant. Vers dix-neuf heures, on a échoué galerie Plon, dans le vernissage des Pastels récents de Jeg Falotta. Un artiste bidon, petit faiseur narcissique, m’a soufflé Adam, mais il est coté. Il y avait du monde en effet. Adam connaissait des gens et m’a planté là. J’en ai profité pour filer. Je suis retourné au BHV, au rayon livres. La libraire était encore là. J’ai demandé conseil, pour un roman. Elle a éludé, puis m’a vendu Fatrasie mineure. Oui, de la poésie ! Tout ça est vérifiable.

26 octobre 2014

[News] News du dimanche

Cette fin d’octobre est marquée par la polémique qui clive le champ artistique : art/argent, art/pouvoirs, création/fondations (Vuitton, Cartier, Ricard, etc.), liberté créatrice/sponsoring… Après un billet en UNE qui pose quelques questions et analyses, nos Libr-événements : exposition "Présents" à Bordeaux ; RV Asile 404 à Marseille ; HP process à La Rochelle ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; 4e édition de la Zone d’Autonomie Littéraire à Montpellier.

 

UNE : L’art n’est-il qu’un produit de luxe ? [voir la pétition]

Suite à la pétition initialement parue sur Mediapart et relayée par Sitaudis – pétition qu’ont signée plusieurs auteurs liés, entre autres, à Libr-critique -, la polémique enfle sur les réseaux sociaux, bon nombre d’artistes et de poètes se sentant visés… Et de contre-attaquer : en un temps de cynisme et d’opportunisme, à bas les moralistes ! d’ailleurs, n’y a-t-il pas des brebis galeuses parmi les signataires ? des sans-gêne qui profitent des subsides de l’état ! vive l’autonomie sacrée de ces sans-grade que sont les artistes ! vive leur mission sacrée de combat, quel que soit le lieu… Cette polémique qui rappelle celle qui avait opposé Christian Prigent aux poètes de la nouvelle génération groupés autour de Java est vive pour des raisons éclatantes : elle touche aux nouvelles pratiques du milieu, aux rapports à l’argent, aux pouvoirs…

Le débat porte en fait sur les actuelles contradictions du champ artistique tout entier comme du sous-champ poétique en particulier.

L’inauguration en grande pompe de la fondation Louis Vuitton ne fait que mettre en évidence le rôle que joue désormais le mécénat privé dans un champ qui, subissant par ailleurs l’emprise des médias, est en voie d’hétéronomisation – comme le soulignait Pierre Bourdieu dès les années 90. En cette période de crise où, pour les artistes et les poètes qui ne peuvent bénéficier d’un emploi sécurisé et d’un salaire suffisant, les subventions et les sources de revenus se font plus rares, assurément la seule planche de salut semble être celle que lui tendent des fondations comme Vuitton, Cartier ou Ricard. There is no alternative – paraît-il…

Toutefois, cette option n’est pas sans poser problème : non seulement un tel soutien influe indirectement sur la production artistique, mais surtout il obéit à une stratégie visant à subordonner l’art au champ du pouvoir économique. (Dépendre des institutions n’a plus le même impact aujourd’hui : le propre de la démocratie n’est-il pas de favoriser la pluralité artistique ?). Si la contradiction a toujours caractérisé la position des artistes, écrivains et intellectuels, il en est une qui n’est pas tenable aujourd’hui : peut-on se prétendre subversif quand on est recyclé/digéré par le Marché ? peut-on se prétendre d’extrême-gauche/révolté/rebelle quand on est de fait au service des dominants ? À cet égard, sont emblématiques les prises de position de Christophe Fiat, qui oppose l’écrivain libéral à l’écrivain subventionné, valorisant le premier selon une logique révolutionnaire-conservatrice reniant les conquêtes de la modernité. Mais faisons fi des certitudes pour nous poser une question essentielle, à laquelle il y a sans doute de multiples réponses : quel artiste/poète réussit vraiment à subvertir les canaux "offerts" par les puissances d’argent ?

Fabrice Thumerel

 Libr-événements

â–º L’exposition "Présents" a lieu à Rezdechaussée jusqu’au 23 novembre (Bordeaux) : elle accueille les pièces d’une vingtaine d’artistes. Réflexion sur l’œuvre et ses filiations, les interférences en art. Cette proposition fait écho à un quartier historique de Bordeaux ouvert sur les échanges et de tradition antiquaire, aujourd’hui en pleine mutation.
Le temps de quelques semaines, l’espace de Rezdechaussée organise une pluralité de pièces hétérogènes, en privilégiant l’éclectisme, l’accumulation et l’équivoque. De la « mise en réserve » à la « libération » des pièces, de petits arrangements témoigneront des relations poétiques, narratives, fétichistes, quelquefois humoristiques que nous entretenons avec les objets.
 
Avec les pièces de William Acin /Emmanuel Aragon / Bruno Baratier / Lucie Bayens / Cécile Bobinnec / Thomas Déjeammes / Virginie Delannoy / Patrice de Santa Coloma / Patrick Hospital / Judit Kurtág / Véronique Lamare /Emmanuelle Leblanc / Christophe Massé / Bruce Milpied / Franck Noël / Krunoslav Ptičar / Nathalie Ranson / Michèle Rossignol/ Stéphanie Tréma / Vincent Vallade.
Avec la participation des antiquaires de la rue Notre-Dame à Bordeaux, Pol Hervé Guirriec, Le Village Notre-Dame, Antiquités Pipat, et de la Librairie La Machine à Lire, place du Parlement à Bordeaux.

Installation sonore de Kraums Notho : samedi 15 novembre à 17h30 et 18h 30
Ouvert du mercredi au dimanche, de 13 à 19 h
Nocturnes tous les jeudis , vendredi 14 et samedi 15 jusqu’à 21 h
Rezdechaussée,
Lieu d’intention artistique, 66 rue Notre-Dame Bordeaux
en savoir plus : ici 

â–º Mardi 28 octobre à 20h30, Asile 404 (135, rue d’Aubagne à Marseille – 13006) : MAKHNO (rock psyké éléctique) et Mathias Richard.

â–º Du 4 au 15 novembre 2014 à La Rochelle (10 bis rue Amelot) : TRANSLATION. À travers une installation interactive et des photographies numériques, HP Process développe un projet intermédia sur la vitesse, l’espace-temps et les effets de la mobilité sur la perception.

Des dizaines de travellings de paysages filmés lors de voyages sont agencés dans une scénographie immersive, telle une spirale aux dimensions mouvantes, où la géographie est éclatée en de multiples calques. C’est par sa dérive, ses mouvements et son immobilité de l’espace que le spectateur va générer aussi bien le son que les mouvements des vidéos. Celles-ci se transforment et se dégradent selon des logiques de dilatation, d’expansion, de compression des couleurs et des pixels, de fourmillements de lignes et de points. Le spectateur interagit aussi avec des données liées aux transports (horaires, distances, gares, aéroports…) et recompose une poésie mobile des flux contemporains. L’installation est ainsi une plongée dans les vibrations de la vitesse et dans les diffractions temporelles et spatiales produites par les déplacements, les connexions, les translations. Elle invite à inventer de nouvelles trajectoires et met en relief les paradoxes de l’hyper-mobilité contemporaine.

Les photographies sont des images capturées dans le flux numérique de la vidéo générative. Les paysages ainsi saisis déploient leur épaisseur, donnant à voir la matière spatiale et temporelle de l’instant diffracté et compacté par la mémoire. Chaque photographie est unique car produite par les variations infinies du programme.

TRANSLATION, projet de "live cinema" infini, tente de traduire l’empreinte visuelle et sonore que laissent les voyages dans la rétine et la mémoire, en explorant la matérialité du numérique. A travers un jeu sur la lumière, les pixels et les couleurs, l’œuvre tend vers une déconstruction et une abstraction de la géographie, selon une esthétique hallucinatoire et hypnotique. C’est une expérience cinétique et sensible du paysage, qui devient un espace mental où territoires, mémoire et données s’agencent pour ouvrir à de nouvelles perceptions.

Ce projet a bénéficié d’une bourse de création de la DRAC Poitou-Charentes et du soutien de AADN (Lyon), dans le cadre des résidences VIDEOPHONIC.

……………………..……………………..…..

HP PROCESS est un duo composé de Philippe Boisnard & Hortense Gauthier. Depuis 2006, ils développent des créations intermédias, performances poétiques numériques, installations interactives, vidéos, photos, créations sonores. La poésie, dans ses dimensions textuelles et numériques, mais aussi visuelles et sonores, est au coeur de leur démarche. Entre déconstruction du langage, jeux typographiques et récupération de données, ils inventent des dispositifs d’écriture interactifs, participatifs ou performatifs, qui mettent en jeu réseau, technologies mobiles et territoires. Ils définissent leur démarche par le concept PAN (POÉSIE ACTION NUMÉRIQUE), à travers lequel ils interrogent le rapport entre corps, langage, espaces et technologie.

Présents pendant la durée de l’exposition, des visites de groupes, enrichies de rencontres/conférences seront mises en place avec eux.

http://www.carre-amelot.net/expositions/index.php?fract=translation

 â–º Vendredi 7 novembre à 11H : Thomas Déjeammes expose sous la tente (lieu indépendant pour l’art : 28, rue Bouquière à Bordeaux).

Introduction à l’exposition de Thomas Déjeammes.

Un jour j’ai aperçu quelques morceaux de photographies déchirées. Ici à Bordeaux nous sommes dans un petit monde et chacun possède son petit monde aussi. Les choses qui s’amoncèlent et celles qui se volatilisent. Un jour j’ai trouvé dans un tiroir des bouts de moi par dizaines, coupés des autres bouts du monde. Je me suis pensé qu’un jour il devrait se trouver un temps pour rassembler ce temps: celui qui était perdu, ma vie, et celui qui devait faire greffe pour qu’elle se passe avec d’autres vies. Le temps a passé. J’ai rassemblé toutes autres choses que des photographies. Il devait y avoir de la chair, de la passion, des rêves et quelques autres fragments de cellules poreuses à accompagner vers l’exit ou le révélateur.

Et puis un jour j’ai aperçu des photographies de Thomas Déjeammes et je me suis pensé tout de suite qu’elles ressemblaient forcément à mes rêves. Pas aux beaux que je ne fais pas, mais à ceux qui sont la Tentative. Alors j’ai aimé ce travail violemment, comme si je me mettais à nu. Dans ce que nous pouvons tous lire pour comprendre nos vies d’un coup, il y a des bouts des uns et des autres. Je crois que c’était cela. La Vie. La mienne.
Je vais aller plus loin si je peux dans cette déchirure apercevoir la découpe sur sa tranche et vous parler plus tard de ce Travail.
Christophe Massé.

â–º 22 novembre 2014, salle Pétrarque à Montpellier, de 14H30 à 23H, 4e édition Zone d’Activité Littéraire ; contact : 06 61 11 05 05 (R. Vischi) / asso.squeeze@gmail.com

INTERVENTIONS SCÉNIQUES :                                   IMPLANTATION LITTÉRAIRE :



TEXTE EN COURS – Retour sur soi                                       Librairie SCRUPULE

LA RAFFINERIE – Lecture échographique                             Éditions AL DANTE

JORDI CARDONER – Contes déjantés                                   Éditions LUNATIQUE

JÉRÔME BERTIN – Lecture                                                    Éditions CAMERAS ANIMALES

SYLVAIN COURTOUX – Lecture sonore                               Éditions L’ARACHNOÏDE

PAUL SUNDERLAND – Lecture undercroûte                        Revue NAWAK

MICHEL CLOUP – Concert solo                                             Série Z existentielle – C. SIÉBERT

MATHIAS RICHARD – Poésie performance                          Galerie LE MAT

BLEU SILEX – Blues urbain

OLIVIER BKZ – Automne amoureux à Pandémonium

RITTA BADDOURA – Poésie performance

ORION SCOHY – Contre-performance littéraire

ZISSIS THE BEAST – Punkab névro-poésie

25 octobre 2014

[Livre] Valère Novarina, Observez les logaèdres !

Le dernier Novarina réunit la version pour la scène du Vrai sang (3e version du texte depuis 2006) et trois essais : "Une pierre vide", "Le Déséquilibre spirituel" et "Mercredi des cendres".

Valère NOVARINA, Observez les logaèdres !, P.O.L, 2014, 320 pages, 14,50 €, ISBN : 978-2-8180-2085-2.

 

VN : Valère Novarina / Voie Négative – "La passion est une voie négative : je dois passer par la défaite de tout le théâtre humain. Toutes nos idoles sont mises têtes en bas" (p. 110). Pour l’écrivain comme pour le comédien, cette Voie Négative est une ascèse : "Je est le contraire du moi. Je réclame le vide" (42). À méditer en ce temps d’individualisme et d’identitarismes…

En plus de la version pour la scène du Vrai sang, ce volume propose ainsi un prolongement aux précédents essais poétiques (Devant la parole, Lumières du corps, L’Envers de l’esprit, La Quatrième Personne du singulier) : une réflexion critique sur le langage, la poésie et le théâtre ; une méditation philosophique et théologique ; un (r)appel à l’insoumission… À tous les communicants avides de spectacle : "Mettez fin-enfin ! tout-de-suite ! au dévidage et à la déclinaison de l’homme en chapelets d’humanoïdes stabulés, quantifiés un à un, anthropo-prototypisés de fond en comble ! Cessez de nous sur-et-sous-définir et comptabiliso-quantifico-périmétrer, mensurer, sous tous les angles !" (14). Si nous voulons demeurer vivants, suivons ces consignes : "la ménagerie humaine, la fuir. Les sigles, signes, étiquettes, le fléchage humain, l’effacer" ; "nous défaire de toutes les singeries humaines, les détisser patiemment. Voir autre. Penser l’homme en marionnette morte et animal pas là" (p. 14-15).

Observez les logaèdres ! nous rappelle que le théâtre n’est pas un lieu de spectacle, mais un réceptacle spirituel qui fait advenir le sujet, un lieu où se défait la figure humaine et d’où l’on voit la matière vive du langage : "Les logaèdres sont les cellules du langage – phrases, lettres, mots, séquences d’un raisonnement, scènes de la pensée – qui, assemblées et désassemblées sous nos yeux, en font un organisme vivant" 89).

© Arrière-plan : photo du Vrai sang à l’Odéon par Alain Fonteray (2011).

23 octobre 2014

[News] Sortie du film Bernard Heidsieck, la poésie en action

Un événement que la sortie du film sur Bernard Heidsieck, que vous pouvez voir en avant-première ce samedi 25 octobre au Grand Palais…

 

AVANT PREMIERE DU FILM 

BERNARD HEIDSIECK, LA POESIE EN ACTION
Samedi 25 octobre 2014 à 18H30  – Auditorium du Grand Palais, Paris
Programme Hors les Murs de la FIAC 2014 [en voir un montage de 11 mn]
 
A l’occasion de la FIAC 2014, le film documentaire Bernard Heidsieck, la poésie en action sera projeté pour la première fois dans l’Auditorium du Grand Palais le samedi 25 octobre à 18h sur une proposition de la galerie Natalie Seroussi, accompagné de la présentation du livre-DVD La poésie-action, variations sur Bernard Heidsieck co-édité par le CNAP et a.p.r.e.s éditions.
 
Bernard Heidsieck, la poésie en action, 2014, 55 mn. 
Un film documentaire d’Anne-Laure Chamboissier et Philippe Franck, en collaboration avec Gilles Coudert. 
Une co-production, a.p.r.e.s production, CHAM Projects, Solang Production Paris Brussels, Transcultures, avec l’aide de la commission Image Mouvement du CNAP et le soutien de la galerie Natalie Seroussi.
 
Ce film documentaire avec Bernard Heidsieck, pionnier à partir de 1955 de la “poésie sonore” et fondateur dès 1962 de la “poésie action”, dresse un portrait intime de l’artiste et de son œuvre via une série de dix nouveaux entretiens originaux et d’archives audiovisuelles de ses performances sonores, pour la plupart inédites. A travers sa parole, le film est un voyage dans son œuvre, sa « double vie » d’artiste et de banquier, et un témoignage extrêmement vivant sur la poésie sonore, à la fois historiquement et dans son développement actuel. Ces conversations avec lui sont enrichies d’entretiens avec d’autres figures majeures de la poésie sonore, de l’édition ou de la performance : Jean-Pierre Bobillot, Olivier Cadiot, Laurent Cauwet, Anne-James Chaton, Paul-Armand Gette, John Giorno, Bernard Heidsieck, Françoise Janicot, Arnaud Labelle-Rojoux et Jean-Jacques Lebel, complétés par des documents d’archives rares.
Différentes strates se croisent et se superposent à la fois au niveau du montage, de la bande sonore, de l’écoute des archives, de la parole de Bernard Heidsieck et des réactions des différents intervenants. Avec un souci de lisibilité, ce film tente d’aller au cœur de ce sujet aux ramifications multiples afin de mettre en évidence ses principaux enjeux.
 
Accès libre dans la limite des places disponibles
 
Adresse : Grand Palais, entrée par la Rotonde Alexandre III, 75008 Paris

21 octobre 2014

[Création] Corinne Lovera Vitali, RE MA VIE

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Après "Au tout", voici une nouvelle création de Corinne Lovera Vitali, cette fois en collaboration avec son site.

 

 

Lire/voir "RE MA VIE" sur le site de Corinne Lovera Vitali : ici.

19 octobre 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, nos livres reçus vont vous faire passer de longues et riches soirées d’automne (Sivan/Pennequin, Fuente/Lahontâa, Filhol, Salzarulo). Ensuite, nos Libr-brèves variées : Collège international de philosophie, Prigent, Quintane, Novarina, Delaume/Grell…

 

Libr-livres reçus /FT/

â–º Jacques Sivan / Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme, Al dante, été 2014, 104 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-734-4.

 "Tout n’est désormais que gestion de stocks turnover petits business et grandes détresses" (p. 15).

Cette jacquerie d’un temps et d’un genre nouveaux est d’une inventivité verbale et iconographique assez rare : ce montage critique qui ressortit aussi bien à l’univers des jeux vidéos qu’aux poésies du dispositif ou aux dessins satiriques nous plonge dans un monde violent labellisé SF, une dystopie qui nous rappelle notre réalité mondialisée, ne serait-ce qu’au travers des financiers de la Goldman’s Sack

 

â–º Laurence de la Fuente & Bruno Lahontâa, Performances éthologiques de Font, préface de Arnaud Labelle-Rojoux, éditions de l’Attente, septembre 2014, 100 pages, 19 €, ISBN : 978-2-36242-051-1.

Ces performances éthologiques d’un drôle d’artiste – Font ! – sont des plus singulières : entre poésie loufoque et théâtre burlesque, elles nous invitent à observer la comédie humaine du point de vue animal. On découvrira donc de curieuses notions : "cinèse", "cleptobiose", "cronisme", "effet Coolidge", "mimicrie", "(nécro)phorésie"… Un passage irrésistible : "J’ai remarqué depuis peu que le port d’une tête de cheval lors de mon footing quotidien induit chez moi une accélération de cadence mais provoque malheureusement des changements de direction inopinés potentiellement dangereux" (38)…

 

â–º Élisabeth Filhol, Bois II, P.O.L, septembre 2014, 264 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-2045-6.

"Il y a bien longtemps qu’un personnel n’est plus une ressource que l’on cultive" (p. 82).

Bois II, ou la liquidation d’une entreprise familiale sur fond de mondialisation – OPA et autres manœuvres… L’âge du profit immédiat n’est rien d’autre que la négation de quelque 465 millions d’histoire – ce qui explique le tableau géologique inaugural. C’est dire que la réalité économique s’impose au détriment de tout autre aspect (géologique, sociologique, humaniste…). Doit-on se résigner face à ce fatum posé comme inexorable ? L’auteure de La Centrale accompagne la résistance d’une communauté organisée autour du comité d’entreprise : la force d’un "nous", la rotation des points de vue et l’intensité dramatique mettent efficacement en scène l’aventure d’un collectif qui enfreint la loi en occupant l’entreprise et en retenant contre son gré le responsable de la débâcle.

â–º Piero Salzarulo, En attendant Hypnos, Passage d’encres, coll. "Trait court", automne 2014, 20 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-104-5.

Si ce grand insomniaque qu’était André Gide redoutait la veille imposée, en revanche Louis-Ferdinand Céline lâche cette confidence dans Mort à crédit : "si j’avais bien dormi toujours j’aurais jamais écrit une ligne"…
On gagnera à lire les courts opus de cette collection stimulante dans l’ensemble.

 

Libr-brèves

â–º Merci de signer et de faire circuler la pétition pour sauver le Collège international de philosophie.

â–º Christian PRIGENT – Le premier volet des "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" est en ligne sur le blog Autour de Christian Prigent. Quant à la mise en ligne des numéros entiers de la revue TXT, le blog Cantos Propaganda en est au n° 3/4.

â–º Nathalie QUINTANE – Le numéro 157 du Matricule des Anges qui vient de paraître comporte un dossier sur Nathalie Quintane : "Son oeuvre défait les tiroirs et les rangements à idées. Sous le désordre apparent des choses, la vie retrouve une intensité joyeuse. Et combative. Nouveau livre à paraître : Les Années 10". / Écouter Nathalie Quintane sur La Vie manifeste : "Réinjecter de la politique dans la littérature".

â–º Jusqu’au 2 novembre 2014, exposition d’Ann Loubert et de Clémentine Margheriti. Samedi 25 octobre à 16H, lectures de Christophe Grossi, Jacques Moulin et Valère Novarina : halle St Pierre à Paris (2, rue Ronsard 75018). (Vient de paraître : Portique, poème de Jacques Moulin ; dessins d’Ann Loubert).

â–º Conférence lecture Chloé Delaume / Isabelle Grell, vendredi 14 novembre 2014 à 20H, Médiathèque François Mitterrand à Tours (2, esplanade Mitterrand : 02 47 54 30 46 – ou 30 42).

16 octobre 2014

[News] Annie Ernaux : en soi et hors de soi (3/4)

Ce troisième volet de notre dossier présente tout d’abord les Actes du colloque de Cerisy, Annie Ernaux : le temps et la mémoire, avant le prochain, qui se tiendra à l’Université de Cergy-Pontoise les 19 et 20 novembre 2014 (troisième colloque international en trois ans : "En soi et hors de soi : l’écriture d’Annie Ernaux comme engagement"). [Lire le 2e volet]

 

Actes du colloque de Cerisy – Annie Ernaux : le temps et la mémoire

Annie Ernaux : le temps et la mémoire, Francine Best, Bruno Blanckeman et Francine Dugast-Portes (dir.), avec la participation d’Annie Ernaux, actes du colloque de Cerisy (juillet 2012), éd Stock, automne 2014, 486 p., 23 euros, ISBN : 978-2-234-07821-5.

Quatrième de couverture. Cet ouvrage est issu du colloque de Cerisy qui s’est déroulé autour d’Annie Ernaux en 2012 et a rassemblé des chercheurs internationaux issus de divers champs disciplinaires. Chaque article est suivi d’un texte de l’auteure et d’une discussion critique, ce qui donne à l’ensemble l’allure d’une libre conversation.

Le temps et la mémoire constituent les deux fils conducteurs de l’ouvrage. Ils sont abordés selon plusieurs problématiques : les évolutions des groupes sociaux, la question de l’humiliation et les problèmes de hiérarchies culturelles, ou encore la constitution d’une mémoire des femmes. Écrire, pour Annie Ernaux, c’est tenter de saisir les multiples dimensions du réel en conjuguant la pression de l’Histoire et la puissance de la mémoire dans la restitution de la vie collective, comme dans celle de la vie intime.

Renouvelant l’approche de l’oeuvre par une attention apportée au travail de l’écriture, parfois occulté au profit de la seule dimension sociologique, ce livre permet d’en mesurer toute la richesse et la puissance.

Sommaire. Les quatre parties sont encadrées par une préface et les notices bio-bibliographiques. [Pour la présentation des travaux, on se reportera à notre chronique post-Cerisy : ici]

I. L’Œuvre en son temps, le temps de l’œuvre (D. Viart, "Annie Ernaux, historicité d’une œuvre" ; É. Hugueny-Léger, "Annie Ernaux : une écriture palimpseste ? Inscriptions, effacements et possibilités de réinvention dans son œuvre" ; A. Adler, "Les Années, livre-somme retissant les fils de l’œuvre" ; F. Bouchy, "Expérience et mémoire du quotidien" ; M. Touret, « Les Lieux dans les romans d’Annie Ernaux ou "Sauver sa circonstance (ce qui a toujours été autour d’elle, continuellement) » ; P.-L. Fort, "Pulsations de la ville nouvelle : le temps des espaces marchands").

II. Mémoire/Histoire/Trajectoires (J. Lyon-Caen, "Le Temps qui vient, qui passe – et ce qu’il en reste dans Les Années" ; Y. Inizan, "Les Années : entre mémoire et histoire, genèse d’une forme" ; "F. Best, "La Guerre d’Algérie, le silence et l’oubli" ; J. Lecarme, "Voix des humbles, fierté des humiliés" ; L. Thomas, « La "mémoire humiliée" et sa narration : Annie Ernaux et la communauté internationale des transfuges de classe » ; F. Thumerel, "Les Années, ou les Mémoires du dehors" ; C. Baudelot, "Annie Ernaux, sociologue de son temps").

III. L’intime, entre évidences et réticences (A. Schaffner, "Le temps et la passion dans Passion simple et Se perdre" ; N. Froloff, "Se perdre : un roman russe ?" ; R. I. Kahn, « "Anatomies de la mélancolie" : Les Armoires vides d’Annie Ernaux et Les Exclus d’Elfriede Jelinek » ; F. Simonet-Tenat, « L’Autre Fille : "Tu es morte pour que j’écrive…" » ; B. Havercroft, "Le tombeau de la sœur : récit et réconciliation dans L’Autre Fille" ; T. Samoyault, "Création, procréation dans l’œuvre d’Annie Ernaux").

IV. Résonances et médiations (Th. Hunkeler, "Bien vu, mal dit : la littérature selon Annie Ernaux" ; E. Bouju, « "Une phrase pour soi" : mémoire anaphorique et autorité pronominale (dans Les Années d’Annie Ernaux) » ; J.-M. Zakhartchouk, "Ce que l’œuvre d’Annie Ernaux peut apporter pour la réflexion sur l’école aujourd’hui" ; I. Roussel-Gillet, " De Birthday au photojournal, l’expérience des images pour remonter la mémoire" ; B. Blanckeman, "La chanson, les chansons" ; F. Dugast-Portes, "Voix croisées autour d’Annie Ernaux (2008-2012)").

© Dorothea Tanning, Birthday (1942), Philadelphia Museum of Art.

 

 Colloque international de Cergy-Pontoise : "En soi et hors de soi : l’écriture d’Annie Ernaux comme engagement"

Présentation

A une époque où la littérature engagée apparaît souvent comme suspecte, Annie Ernaux insistait dans « Littérature et politique » (1989) sur le caractère inévitable de l’engagement par l’écriture :

« L’écriture, quoi qu’on fasse, « engage », véhiculant, de manière très complexe, au travers de la fiction, une vision consentant ou non à l’ordre social ou au contraire le dénonçant. Si l’écrivain et ses lecteurs n’en ont pas conscience, la postérité ne s’y trompe pas. Il n’y a pas d’apolitisme au regard de l’histoire littéraire. »

De fait, qu’il s’agisse de relater son avortement clandestin, de restituer son histoire d’émigrée de l’intérieur, d’interroger son existence de femme, de rédiger un « journal du dehors » de sa vie à Cergy ou, plus fondamentalement, d’« écrire la vie », le souci permanent d’Annie Ernaux, via un je « transpersonnel » et des textes dont l’auteur revendique la  démarche parfois plus sociologique que littéraire (des « ethnotextes », des « auto-socio-biographies »), est de se confronter au réel, d’interroger l’ordre du monde : «  ce lien entre exercice de l’écriture et injustice du monde, je n’ai jamais cessé de le ressentir et je crois que la littérature peut contribuer à modifier la société ».

Que ce soit au niveau de l’intime, du social ou du politique, l’écriture d’Annie Ernaux déplace les frontières et « engage »  le sujet, celui de la mémoire, celui du rapport au temps et à l’époque, celui de la relation aux autres et à soi :

« Je ne peux pas concevoir de faire des livres qui ne mettent pas en cause ce que l’on vit, qui ne soient pas des interrogations, des observations de la réalité telle qu’il m’est donné de la voir, de l’entendre ou de la vivre, ou de m’en souvenir. Une littérature qui m’engage et qui engage le lecteur. » Annie Ernaux participe finalement elle-même de ce que des auteurs comme Beauvoir (« sur la condition des femmes ») ou  Bourdieu (« sur la structure du monde social ») lui ont permis de ressentir : « l’irruption d’une prise de conscience sans retour ».

Ce colloque visera ainsi à saisir une œuvre qui refuse les clivages traditionnels entre littéraire/non littéraire et ne cesse d’innover formellement et intellectuellement. Des chercheurs d’horizons divers (littéraires bien sûr, mais aussi sociologues, historiens et linguistes) examineront l’écriture d’Annie Ernaux dans la perspective de  « l’engagement ». Quelle est la nature de l’engagement de l’auteur ? Quelle(s) forme(s) cet engagement prend-il chez Annie Ernaux ? A-t-il évolué au cours du temps, dans ses propos et dans son œuvre ? Peut-on redéfinir l’engagement littéraire au XXIe siècle à la lumière de cette œuvre ?

 

Programme

MERCREDI 19 NOVEMBRE 2014 

10 h15.  Accueil

10h30-10h45. Ouverture du colloque

10h45 – 12H00. Quel engagement de l’écrivain dans le débat public ?

·      Isabelle Roussel-Gillet : Annie Ernaux, à corps ou l’impossible désengagement

·      Aurélie Adler : Une communauté de désirs

·      Véronique Montémont : Avorter, scandale

12h00-12h20. Discussion

* Après-midi

14h – 15h15. Féminin, féminisme : au-delà des évidences

·      Michèle Bacholle-Bošković : Annie Ernaux le « premier homme »

·      Marie-Laure Rossi : Une intellectuelle au féminin ? De Beauvoir à Ernaux

·      Barbara Havercroft : Lorsque le sujet féminin devient agent.

15h15 – 15h35. Discussion

15h35-16h00. Pause

16h -16h50.  La domination en question

·      Pierre Bras : Politesse, bon goût et bonne conduite : la résistance aux codes sociaux dans l’œuvre d’Annie Ernaux

·      Anne Coudreuse : La honte comme « vérité sensible » de la domination

16h 50 – 17h10. Discussion

17h15 fin.

18h00 : Représentation d’une adaptation théâtrale des Années par la troupe Zon’art au Théâtre 95

 

JEUDI 20 NOVEMBRE 2014

            *Matin

9 h 15 – 10h30. Identité et altérité 

·      Fabrice Thumerel : Passage(s) Ernaux

·      Yvon Inizan : Apparition et disparition du témoin : « l’autobiographie vide »

·      Violaine Houdart-Merot : L’engagement comme altérité : soi-même comme un autre

10h35-10h55 Discussion

10h55- 11h10 Pause

11h15 – 12H05. Histoire et sociologie : manières d’engagement

·      Elise Hugueny Léger : Retours sur une socioanalyse : Annie Ernaux et Didier Eribon

·      Nathalie Froloff : Formes et enjeux de l’Histoire dans l’œuvre d’Annie Ernaux

*Après-midi

14h -14h50. L’engagement du lecteur 

·      Francine Dugast : La mise en œuvre de formes brèves comme implication de l’écrivain et du lecteur

·      Lyn Thomas : « Regarde l’auteure mon amour » : engagement et célébrité.

14h50 – 15h05. Discussion

15h05-15h25. Pause

15h30 -16h20.  L’engagement, une notion en débat 

·      Bruno Blanckeman : Une écriture impliquée : Annie Ernaux, témoin de « l’ordinaire » 

·      Catherine Douzou : L’engagement côté corps

16h20 – 16h 40. Discussion

17h00. Clôture du colloque.

18h. Cérémonie de remise du doctorat d’honneur à Annie Ernaux, suivie d’un cocktail.

15 octobre 2014

[Création] Emmanuèle Jawad, Faire le mur (un montage)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 20:17

La poésie doit faire le mur… pour mieux voir – dans la mesure et la démesure. On appréciera ce montage d’Emmanuèle Jawad.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FAIRE LE MUR

(un montage)

 

 

Proche infrarouge irradie poche de roches que rapproche Cadix îlot Persil fenouil de mer

radars l’éclairage arrache aux abords hagards migrants au mur

 

lames sur grilles base tranchante balisent les quartiers ceintures de brique acier

rangées aux limites des interfaces barricades hautes

 

dans le marquage lignes ferrées de 25 pieds mesurent

les 99 murs de Belfast

 

prises de vue sanglent l’étendue au reste lac calme pleine frontière d’eau

écumée par gardes moteurs

 

 

 

 

 

 

 

sol inoculé de capteurs captures de bruits et de mouvements

haute barrière frontale partition ligne où se prolonge le territoire s’interrompent

 

(les circulations libres)

 

topographie de barbelés l’ossature d’un mur pigments purs à l’allure

rupestre rues de roches couvertes ciel acrylique

frottis clairs des fresques aux façades outre sol émerge

des berges de la Lagan boues ouvrières

 

à l’embouchure brique un mur baie picturale

suture les pans peinture murale

mur campé de Gaza à l’arrache fragments épars de Berlin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

flux giratoire d’épaule rosie long travelling en rotonde chair longe

la ronde de béton détourée dans la perforation d’un mur abattu

 

sol ligné terre rase rampe d’acier frais

le remblai prolonge l’avancée des miradors

rambarde sur désert garde-corps

desserte d’un écart lieu voies des postes de garde

qu’entre les grilles on véhicule mal

masquant dit-on les chutes d’hommes

couture la frontière au front d’un mur opercule cutané

sous mitraille plans rapprochés taille niveau haut d’épaule

 

recouvre l’épigraphe ronde chair ombrée au pan défait

soustrait les signes à l’aérographe dans la rature du mur l’effondre

ment assemble les teintes ouïes vives

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ligne de rideau verte un mur côté nord, trame de barbelés béton fossés tours que mines encerclent, le passage est partition, la hauteur contrôle, la zone tampon, à Nicosie,

la ligne Attila est verte, la zone bleue où la ville se dédouble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un système multicouches le mur coupe un champ

terminaisons outre – frontière des appareils d’enregistrement bruine

en crue lumière infrarouge volume calorifère flux de températures

 

épouvante danse d’éboulis long tracé des Etats borne-ligne sur la longueur

 

plan pied puis glissant à hauteur de l’arme de garde plan américain

5 miradors sur 6 sections de murs

 

des sables la frontière s’y fond fonte recluse emmurée

hors-sol aux passages évincés de la cartographie voies d’air transfrontalières

 

 

 

 


 

12 octobre 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, tout d’abord, gros plan sur un livre à dévorer : faites le point sur l’autofiction avec Isabelle Grell ! Suivent quelques libr-événements (RV à Lille pour des rencontres autour de littérature et animalité ; RV à Paris – à la Librairie Charybde).

 

UNE

Isabelle Grell, L’Autofiction, Armand Colin, automne 2014, 128 pages, ISBN : 978-2-200-28973-7.

C’est à ce jour la synthèse la plus complète et la plus stimulante sur le sujet : genèse du concept, définition et enjeux, influence de la psychanalyse, raisons du succès, critiques, apport des travaux génétiques, spectre des auteurs cités, regards sur d’autres horizons (l’autofiction dans les arts du spectacle et dans d’autres littératures)…

Tout juste pourra-t-on regretter l’absence d’index, quelques redondances, une certaine disparité entre les chapitres. Et, avant que d’y revenir plus longuement très bientôt, posons cette question : pourquoi à tout prix vouloir annexer Annie Ernaux, qui arbore un pacte autobiographique en bonne et due forme, tout en refusant tout traitement fictionnel et tout signe extérieur de style littéraire ? /FT/

 

Libr-événements

â–º RV à L’Hybride (18, rue Gosselet à Lille) du jeudi 16 (19H) jusqu’au samedi 18 octobre, minuit : RENCONTRES, LECTURES / l’élevage, les mutations animales et le retour à l’état sauvage.

En compagnie (entre autres) de : Olivia Rosenthal, Jocelyne Porcher, Jacques Rebotier, Nathalie Constans, Antoine Boute, Madely Schott, Katrine Dupérou, Sophie Quetteville, Francois Annycke.

Le programme tout bien détaillé tout comme il faut : www.litterature-etc.com

â–º Vendredi 17 octobre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Patrick Bouvet, Mathilde Janin et Olivier Martinelli.

â–º Samedi 18 octobre à L’Écart (26, rue Jeanne d’Arc à Lille), 21H-01H : MyMetro en partenariat avec Littérature, etc. pour son édition Littérature, Faunes, etc. vous propose son AFTER PARTY ANIMALE.

– SELECTOR AKOIBON vs DJ NOORDZEE
– PERFORMANCE ANIMAL BIGBANG de Antoine Boute & Madely Schott
– WE ARE ENFANT TERRIBLE Djs

10 octobre 2014

[Chronique] Passage Ernaux [Annie Ernaux : en soi et hors de soi 2/4]

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 6:21

Qu’on ne se laisse pas abuser par le titre – malicieusement ambigu -, tiré d’une phrase rapportée à la page 40 (celle d’une jeune maman à sa fillette) : il s’agit évidemment, non pas d’une bluette, mais d’un journal dont l’intérêt réside dans la tension qui l’anime entre regard critique et regard contemplatif lié à un fantasme d’indistinction. À un mois du troisième colloque international en trois ans sur l’œuvre, examinons de près l’avant-dernier livre d’Annie Ernaux.

Annie ERNAUX, Regarde les lumières mon amour, Seuil, "Raconter la vie", printemps 2014, 78 pages, 5,90 €, ISBN : 978-2-37021-037-1. [Lire un montage d’extraits]

 

"Du landau à la tombe, la vie se déroule de plus en plus entre le centre commercial et la télévision" (La Vie extérieure, Gallimard, 2000, p. 82).

 

La vie hors de soi

"Je ne peins pas l’être. Je peins le passage" (Montaigne, Essais, III).

 Dans son avant-propos au volume Écrire la vie, expliquant le titre choisi pour rendre compte de son projet littéraire, Annie Ernaux précise :

Je n’ai pas cherché à m’écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d’elle, des événements, généralement ordinaires, qui l’ont traversée, des situations et des sentiments qu’il m’a été donné de connaître, comme d’une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l’ordre d’une vérité sensible. J’ai toujours écrit à la fois de moi et hors de moi, le « je » qui circule de livre en livre n’est pas assignable à une identité fixe et sa voix est traversée par les autres voix, parentales, sociales, qui nous habitent (Gallimard, "Quarto", 2011, p. 7).

Rien n’est plus étranger à Annie Ernaux que la notion d’ "identité" : cette déclassée par le haut qui ne se sent à sa place nulle part apparaît dans l’œuvre sous la forme d’un être-en-mouvement qui affectionne les lieux de passage (ville nouvelle, supermarchés, RER…) et se perçoit comme un lieu de passage (du social, du temps, des générations, de l’Histoire) – et ce parfois de façon extrême : "Je suis traversée par les gens, leur existence, comme une putain" (Journal du dehors, Gallimard, 1993, p. 69).

 

Proust n’étant pas sa tasse de thé, ce n’est pas dans ladite tasse "qu’est déposée [son] existence passée" (ibid., 106), mais "au-dehors, dans les passagers du métro ou du R.E.R., les gens qui empruntent l’escalator des Galeries Lafayette et d’Auchan" ; pour elle, exister c’est se perdre/se trouver dans les autres, dans la foule : "Sans doute suis-je moi-même, dans la foule des rues et des magasins, porteuse de la vie des autres" (107). C’est en ce sens que le centre commercial des Trois-Fontaines, dans cette ancienne ville nouvelle – et toujours cité de passage et de brassage – qu’elle habite depuis une quarantaine d’années, constitue "comme une extension de [son] univers intime" (Regarde…, p. 44).

 

 Un ethnotexte : Annie Ernaux peintre de la vie moderne

 

Vincent Van Gogh, dans une lettre, "je cherche à exprimer le passage désespérément rapide des choses de la vie moderne" (La Vie extérieure, p. 81).

 

Cet ethnotexte s’inscrit dans le prolongement de Journal du dehors (1993) et de La Vie extérieure (2000) : "Pas d’enquête ni d’exploration systématiques donc, mais un journal, forme qui correspond le plus à mon tempérament, porté à la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d’observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là" (p. 15-16). Cette "capture impressionniste des choses et des gens", cette écriture de la légèreté est celle qui convient pour évoquer ce lieu de passage qu’est l’hypermarché. Et l’auteure de refuser, pour le qualifier, la notion de "non-lieu" mise au point par Marc Augé : parce que aussi incontournable que l’église autrefois, révélateur des habitudes sociales et générateur de micro-récits, le centre commercial est à la fois un lieu de vie, un lieu d’observation et un objet littéraire. Et pour être un lieu de spectacle, il n’en est pas pour autant un prétexte à donner dans la diatribe debordienne, ni du reste dans le moralisme intellectualiste. Sans doute pour cette raison précise : Qu’on le veuille ou non, nous constituons ici une communauté de désirs" (38). Et celle qui a horreur des positions de survol n’hésite pas à avouer l’inavouable : "Je ressentais une excitation secrète d’être au cœur même d’une hypermodernité dont ce lieu me paraissait l’emblème fascinant. C’était comme une promotion existentielle" (52) ; "Je suis rendue à ma convoitise d’enfant et, durant quelques secondes, emplie du ravissement qu’un tel lieu de profusion existe" (63)… Cette confidence n’est pas sans rappeler ce passage de La Vie extérieure : "Je suis au bord de l’Eden, premier matin du monde. Et TOUT SE MANGE, ou presque" (27).

 

Fascinant, ce lieu hors du temps suscite néanmoins l’interrogation : "Est-ce que venir dans le centre n’est pas une façon d’être admis au spectacle de la fête, de baigner réellement – non au travers d’un écran de télé – dans les lumières et l’abondance. De valoir autant que les choses" (53). Et il ne saurait échapper à toute critique de la société de consommation : "Dans le monde de l’hypermarché et de l’économie libérale, aimer les enfants, c’est leur acheter le plus de choses possible" (28) ; "Les lieux de consommation sont décidément conçus comme ceux du travail, avec pause minimale pour un rendement optimal" (32) ; "C’est la grande distribution qui fait la loi dans nos envies" (41)…

 

Plus généralement, l’examen critique passe en revue le marketing ethnique, les "règles implicites d’un civisme consommateur", les avertissements adressés aux nouvelles populations dangereuses, les stratégies d’incitation consumériste (promotions, carte de fidélité, culte de la nouveauté, atmosphère festive…) ; la temporalité particulière de cet univers commercial : "Les instances commerciales raccourcissent l’avenir et font tomber le passé de la semaine dernière aux oubliettes" (55) ; la façon dont se joue la reproduction sociale au rayon jouets pour filles ou le conditionnement sexiste : "Rien n’a changé depuis Le Bonheur des Dames, les femmes sont toujours la première cible – consentante – du commerce" (63)…

 

Cet esprit critique permet d’éviter la bien-pensance : « donner ici aux gens, dans ce journal, la même présence et la même place qu’ils occupent dans la vie de l’hypermarché. Non pas faire un manifeste en faveur de la diversité ethnique, seulement donner à ceux qui hantent le même espace que moi l’existence et la visibilité auxquelles ils ont droit. Donc j’écrirai "une femme noire", "un homme asiatique", "des ados arabes" quand bon me semblera » (22). Ou encore de dégager une loi sociale : "Le début de la richesse – de la légèreté de la richesse – peut se mesurer à ceci : se servir dans un rayon de produits alimentaires sans regarder le prix avant" (32).

9 octobre 2014

[Création] Daniel Cabanis, Faces & Profils des postes vacants (3/3)

Tandis qu’il prépare son exposition à Ivry sur Seine ("Bêtes noires et autres", signalée dans les NEWS), Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série, "une cruauté sur le chômage ambiant". [lire/voir la deuxième livraison] [lire/voir "Écrivains chez l’habitant"]

 

Offres 9 & 10

 

Le factotum bisexuel court vite. Il est sportif, va à droite, à gauche, fait des pieds et des mains ; il a le feu. Pour l’attraper, faut lui lancer son nom propre à la figure et pan ! Jouss, Maizoudon, Bolloni, Streff sont efficaces. Le type s’arrête net. Son nom l’assomme. Il y perd. Ça tangue. Il se floute. Dès qu’il a repris ses esprits il est jugé apte au travail. Par ici, ça commence. Il y a des colis à livrer, un livre à recoller, du grain à moudre et du vrac à trier. Quand il en a fini avec ça, la liste des choses à faire se renouvelle automatiquement et le factotum bi doit encore bricoler ici et là pendant des heures. Il n’a donc jamais un temps mort à lui (pas une minute pour penser à son suicide). Sauf la nuit. Et encore ! Car la nuit, le bougre est d’astreinte érotique : si son âme s’amenuise, son corps lui est corvéable. Il l’est dans sa totalité, comme dans ses parties (qu’elles soient pleines ou creuses, lisses ou rugueuses) : son dos tordu de fatigue n’a qu’à bien se tenir, et sa molle se raidir. On le sonne, il y va. Adieu au sommeil. C’est la fête : mais pas pour lui qui épuise ses forces, s’use les nerfs, bave et dilapide son capital-foutre. Le lendemain, il fait jour.

 

La doublure de proximité est au mieux un sosie, parfois une ressemblance frappante. Sinon, un simple air de famille fait l’affaire : les gens ne sont pas si physionomistes. Ah, vous êtes Mme Toller (ou Jaki, Rouma, Popino etc.), désolé, je vous avais pas reconnue ; asseyez-vous, la réunion va commencer. Et l’ennui dure des plombes. La doublure de proximité souffre et se sacrifie, là pour ça. Elle assiste aux enterrements, premières, vernissages, réceptions, va aux repas de famille, mariages, anniversaires, barbecues, soirées et autres chienlits entre amis ; elle est de toutes les corvées. Le métier est assez ingrat, sûr : il n’y faut pas trop d’ego. Il y a quelquefois des compensations. Quand la doublure fait des rencontres (écrivains, artistes, fous, ministres) : elle peut briller, plaire. Si elle veut elle couche. Elle boit du champagne ; on lui donne des drogues. Voyons Mme Bich (ou Frin, Jotti, Vida etc.), la cocaïne se met dans le pif, pas dans l’œil. Ah, il arrive aussi qu’elle voyage. Ces à-côtés ne sont pas rien. Ce qui rend amer le métier, ce sont les autres doublures : elles pullulent ! Avec ça, va savoir si tu côtoies quelqu’un ou son faux-semblant.

 

 

Offres 11 & 12

 

La femme sans histoire est écrivain. Elle écrit peu, court et léger disent ses détracteurs. Mes besoins est un livre de 80 pages, Le sursaut va jusqu’à 100. Cette relative brièveté est-elle une élégance ? Oui. Et non : ne rien écrire du tout est de fait plus élégant. Bref, outre le mérite d’écrire peu elle a aussi la réputation de ne pas se mêler des affaires d’autrui. Ainsi, double paraît chez la femme sans histoire l’idéal de discrétion, mais ce n’est qu’une façade. En réalité, elle écrit sous divers pseudonymes (Paul Granovitch ou Sandra Dhil, entre autres) des polars, des biographies cucus de Tartempions ou Pionnes à la mode et des romans lestes assez neuneus. Ces sous-livres alimentaires lui font honte, et aussi l’accaparent : il ne lui reste que miettes pour écrire autre chose, qu’elle puisse signer de son nom propre. Or, quand le temps manque l’énergie se dégrade, les idées sèchent. Si ses Besoins et son Sursaut avaient été des succès (tirés à 100 000, traduits en 25), elle n’en serait pas là. Faut-il qu’elle essaie une troisième fois ? Non. Publier un nouvel écrit de 60 pages intitulé J’y renonce n’apporterait rien. Femme sans histoire doit rester sans.

 

Le préposé aux poses est un employé de maison (un planqué, si on veut). Il se tient toujours prêt à intervenir. S’il n’est pas sollicité, il médite (il glande, disent les petites langues) ou entretient sa forme avec des gymnastiques zen. Son nom est court, monosyllabique (Ray, Bo, Kha, Fuz ou Py, par exemple) afin que son appel semble plus impérieux et partant que soit plus prompte la réaction du préposé. Kha au travail ! Vite ! Et M. Kha de surgir et de poser immédiatement là où on le lui dit papier peint, moquette, linoléum, parquet, carrelage, lambris, rideaux, plinthes, faux plafonds, vitres, serrures etc., et si besoin des pièges dans le jardin. En matière d’ameublement, il n’y a jamais urgence mais faire comme si plaît au préposé qui aime éprouver quant à son travail un sentiment de nécessité vitale. Et si la décoration était plus souvent regardée (disons-le) comme question de vie ou de mort, il y aurait moins de faute de goût. Le week-end, le préposé vaque. Il va au café ou à la patinoire ; il drague : ses loisirs. Si on le lui demande gentiment, il accepte de poser nu pour des peintres du dimanche homosexuels ; un aimable jeu exhibitionniste.

7 octobre 2014

[Livre] Les monstresses (à propos de Alice Roland, À l’oeil nu), par Jean-Paul Gavard-Perret

À l’Œil nu, c’était le nom d’un sex-show… À l’œil nu du lecteur-voyeur s’offre ce peep-show particulier… Et comme "le monde s’est ouvert par le cul", au travail, hypocrite lecteur, mon frère ! [La chronique ci-dessous de Jean-Paul Gavard-Perret a été publiée initialement sur le site de Pierre Le Pillouër, Sitaudis]

Alice Roland, À l’Œil nu, P.O.L, octobre 2014, 368 pages, 17,90 €, ISBN : 978-2-8180-2079-1.

 

Alice Roland reste une polymorphe lucide en abordant celles qu’on nomme travailleuses du sexe et leurs clients. Faisant dans le détail et moins dans l’angoisse que dans la joie, elle arpente des réalités qui, pour certains, sont des paradis terrestres, et d’autres des bouges infâmes. L’ensemble permet des métamorphoses, sinon anthropologiques, du moins des idées reçues. Les narratrices évoquent comment se pompe la chaleur humaine dans leur, s entrailles et leur viscosité hors mesures. Jamais vulgaires ou platement obscènes, les évocations plurivoques possèdent  des articulations parfois mathématiquement impossibles, ce qui ne les empêche pas de fêter la joie du bikini ou du porte-jarretelle.

L’auteure, aux mutilations complices, aux traces d’ADN étrangères préfère proposer des positions (de principe) pouvant heurter la sensibilité. Le voyeur (lecteur ou client) n’est jamais au bout de ses surprises. Les choix que le vulgum pecum  estime catastrophiques se révèlent  des opportunités. Soudain les évocations parfois drôles et toujours impertinentes traversent les corps en rafales. Ils  deviennent des projectiles. Ils se localisent allusivement vers les seins, le sexe ou le rire. Il s’agit déjà de la référence absolue. Le déclencher passe justement par l’incartade. La hauteur dite d’homme est tout simplement indexée à la nudité (de ce rire).

Alice Roland fait des travailleuses du sexe des stars d’un genre inédit, sauvées (in extremis ?) car elles ne sont plus muettes. Elles deviennent les narratrices sans chercher  une reconnaissance littéraire. Mais pour l’auteure comme pour elles, le moment est toujours mal choisi de bâcler le travail. Quoique pressées, elles savent elles aussi jouir – mais de l’aube ou du crépuscule. Dans le livre, l’espace compris entre la vie et la mort est intérieur, il se retourne  comme un gant. C’est une histoire d’os en quelque sorte. L’ensemble des signes manifestes de l‘existence ne fait que renforcer sa propriété réversible. Les fragments du livre, son « Grand Guignol », permettent d’entendre des bruits de craquements de miroirs, des sons de bubble-gum, de fermetures Eclair, de salive qu’on échange. L’espérance de la petite  mort peut assurément renvoyer le scintillement du sens dans les extensions de la vie. Alice Roland illustre comment se répète indéfiniment l’opération loin de la société de l’industrie du luxe pour certains et de la pauvreté morale pour la plupart. Vampire du libéralisme, grande joie des amateurs, qu’importe. Alice Roland ose un détournement. Elle évite scrupuleusement de fixer les images admises. Donnant la parole aux muettes elle crée un langage autre, foudroyant, parfait à l’allumage du désir dans des libidos à tiroirs et doubles fonds. C’est une expansion sophistiquée et semi-clandestine loin d’exactions platement machistes.

L’auteure cultive une beauté étrange, ni par excès ni par défaut. Cette pratique révèle des archétypes de type volontairement « déceptifs ». Cette méthode et son discours comportent une légère perversion inaperçue qui en fait tout le charme. Une conquête à peine démêlée, une autre embrouille se dessinent pour venir à bout du corps. Alice Roland demeure une solitaire qui fabrique des êtres forcément doubles et ambigus. Rôdent des monstres embryonnaires aux beautés  paradoxales. Pour calfeutrer leur pubis le dos de ses égéries offre parfois une colonne d’air aux fantasmes. La féminité qui était jusque là dans les nattes part dans les colonnes vertébrales.  Il y a là un certain suivi physique, sauf qu’on ne tresse pas les colonnes vertébrales et qu’il n’y existe pas de hernie capillaire.

 

5 octobre 2014

[News] News du dimanche

Plusieurs RV majeurs vous attendent cette semaine (Libr-événements) : MIDI MINUIT POÉSIE#14 à Nantes ; 24e salon de la revue à Paris ; rencontre avec Alain Badiou à Marseille. Mais tout d’abord : pleins feux sur Christian Prigent !

 

 Pleins feux sur Christian Prigent

En plus de l’actualité de l’écrivain, signalons que le blog Cantos Propaganda met à votre disposition les deux premiers numéros de TXT entièrement reproduits.

— Christian Prigent à Berlin. Le samedi 27 Novembre 2014, 20h. A propos de la traduction en allemand de L’Âme (POL, 2000), lecture et discussion. A «lettretage», Mehringdamm 61, D-10965-BERLIN. Contact : Katharina Deloglu, 0151-59 17 26 50. Voir http://comment.lettretage.de/category/christian-prigent

— Christian Prigent à Nantes. Le mardi 16 Décembre, 20 h 30. Grand-mère Quéquette, Demain je meurs, Les Enfances Chino. Lecture-rencontre organisée par le CAP (Culture, Art, Psychanalyse). Salle Vasse, 18 rue Colbert, 44000-Nantes. Contact : CAP Nantes, 06 10 28 64 88.

 

Libr-événements

â–º Mercredi 8 octobre 2014, Marseille, au Toursky à 19h. Théâtre/poésie/philosophie. Alain Badiou et Quentin Meillassoux. La première des six rencontres avec le philosophe Alain Badiou du 8 au 12 octobre 2014 dans plusieurs lieux de Marseille. Le programme complet ici : http://www.altravoce-marseille.com/#!a-venir/c9vr

 

â–º MIDI MINUIT POÉSIE#14, Quartie Decré à Nantes (plus d’infos : Maison de la poésie à Nantes).

Jeudi 9 octobre
15h30 | café-librairie les Bien-aimés.
Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
De 16h30 à 19h30 | Cité des Voyageurs.
Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée. (gratuit)
19h30 | Cité des Voyageurs.
Projection du film Berliner Trio pour stations et traversées d’Isabelle Vorle, sur une lecture performée en live de Patrick Beurard-Valdoye et une musique de Jean-Jacques Benaily, suivie d’un entretien avec les invités, animé par Guénaël Boutouillet, et de la projection du film Tous se terrent, sur un texte de Patrick Dubost.
(Entrée : 3€ / Abonnés, étudiants, demandeurs d’emploi : gratuit)

Vendredi 10 octobre
De 11h30 à 14h30 | Cité des Voyageurs.
Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée. (gratuit)
De 15h à 18h | Passage Sainte-Croix
"Les cabines phoniques", installation-atelier pour les enfants. (Gratuit)
18h30 | café-librairie les Bien-aimés.
Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
21h00 | galerie de l’école des Beaux-Arts.
Approches de la poésie actuelle : trois éditeurs présentent leurs travaux, et un auteur de leur catalogue pour une lecture. Avec les éditions Héros-Limite et Christophe Rey, les éditions La Barque et Ossip Mandelstam, les éditions Plaine Page et Ritta Baddoura. Animé par Alain Girard-Daudon.
(Entrée : 3€ / Abonnés, étudiants, demandeurs d’emploi : gratuit)

Samedi 11 octobre | de midi à minuit | gratuit

11h00 | Les Bien-aimés. Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
12h00 | Place Sainte-Croix. Inauguration.
12h30 | Place Sainte-Croix. Lecture-concert de Claude Favre et François Corneloup
14h00 | Le Cercle rouge. Performance d’Anne-Laure Pigache.
14h45 | Passage Sainte-Croix. Lecture de Marie Borel.
15h30 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Lecture-projection de François Matton.
16h15 | Place Sainte-Croix. Performance sonore de Charles Robinson.
17h00 | Le Cercle rouge. Performance de Mathias Richard.
17h45 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Projection commentée de Alphabet, de et avec Philippe Jaffeux.
18h30 | Passage Sainte-Croix. Performance poétique de Patrick Beurard Valdoye.
19h15 | Place Sainte-Croix. Performance musicale d’Anne Waldman et Will Guthrie.
20h00 | Les Bien-aimés. Entretien avec Jacques Sicard.
21h00 | Cité des Voyageurs. Lecture bilingue de Yu Jian (salle d’exposition).
21h45 | Place Sainte-Croix. Lecture-concert de Samuel Rochery et Cyril Secq.
22h30 | Passage Sainte-Croix. Lecture de Fabienne Raphoz.
23h15 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Stéphane Batsal : projection de vidéos et lecture par Fabienne Rocher et Véronique Rengeard (comédiennes).
00h00 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Bœuf poétique et musical, rencontres impromptues
Et aussi
De midi à minuit | Émission en direct sur JetFM 91.2
De 11h à 22h | Les Bien-aimés. Présentation et vente de livres des éditions La Barque.
De 12h à 22h | Cité des Voyageurs. Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée.
De 15h à 18h | Passage Sainte-Croix. Présence des éditions Plaine Page : livres et "Cabines phoniques", installation-atelier pour les enfants.
De 14h à 18h | La Maison de la Poésie ouvre les portes de sa bibliothèque.

Dimanche 12 octobre
15h00 | au Cinématographe
Projection du film Gare de Jade, de Yu Jian, et entretien avec l’auteur, Li Jinjia (traducteur) et Claude Mouchard, animé par Alain Nicolas.
(Entrée : 5€ / Abonnés, étudiants, enfants, demandeurs d’emploi, Carts, Carte blanche : 3€)

Du 3 au 12 octobre : Création textes et dessins de François Matton dans l’espace public et aux Galeries Lafayette.

 

â–º Du 10 au 12 octobre 2014, 24e salon de la revue, Espace d’animation des Blancs Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris) les 10, 11, 12 octobre 2014 : le vendredi 10 de 20h00 à 22h00 ; samedi 11 de 10h00 à 20h00 ; et dimanche de 10h00 à 19h30.

Pour vous en donner la couleur : Éditorial.

Retrouvez : – les revues présentes – ou la liste par éditeurs exposants. LC vous recommande les stands d’Al dante, les revues Attaques Cassandre/Horschamp Chimères Espace(s) L’Étrangère Faire part La Femelle du Requin Grumeaux, Gruppen, Il particolare K.O.S.H.K.O.N.O.N.G Nu(e)

Et voici le programme complet des 27 rendez-vous qui rythmeront le Salon : ANIMATIONS.

Quelques RV :

Le vendredi 10 octobre à 20H, salle J. Risset : Chevillard est de la revue.

Le samedi 11 octobre, à 17h30, lectures à l’occasion de la parution du n° 4 de la revue Grumeaux (avec Typhaine Garnier, Jacques Demarcq et Luc Benazet).

Dimanche 12 octobre de 15h30 à 16h30, salle Jacqueline Risset.

« poésie, philosophie – réel » : Une réflexion proposée par la revue il particolare. Le nouage poésie/philosophie peut être de circonstance, construit artificiellement pour les besoins d’un débat. Les deux se nouent de façon lâche voire molle. Ce nouage-là ne nous intéresse pas. Choisissons, en revanche, un et « dur », comme disent les épistémologues, entre ces deux termes : poésie-philosophie. Ce nouage dur, un troisième terme le fonde : réel. Donnons-lui sa définition lacanienne : il est « l’exclu du sens » « le réel est, il faut bien le dire, sans loi. Le vrai réel implique labsence de loi ».

Posons alors cette question : que nous apporte cette confrontation/nouage/articulation entre poésie et philosophie pour traiter ce vrai réel nouveau ? À la logique universelle du « pour tous » s’opposent les usages et traitements pragmatiques du « cas par cas ».

Avec Éric Clémens et Jean-Patrice Courtois. Débat animé par Hervé Castanet et Françoise Santon.

 

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