Libr-critique

14 novembre 2006

[Texte] Poubelle la vie de Charles Pennequin

Filed under: créations,recherches,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:58


Les petits garçons sont travaillés par le sexe. Tous les petits garçons travaillés ils sont. Sont petits. Petits sexes. Petit travail. Petit développement mental. Petit humain pas développé. Ou à peine. Mais déjà travaillé. Tous les garçons travaillent. Et ont de la peine. Le sexe ils ne connaissent gouttent. Ils rêvent de croiser. De croisement. De possibilités. D’affleurement. Ils rêvent qu’on les affleure. Ils se voient bien s’approcher. Montrer qu’ils sont beaux. Et que les filles sont belles. Toutes les filles aussi sont travaillées. Elle se cherchent. Elles cherchent leur sexe. Elles ont un sexe partout. Mais elles le cherchent. Elle ne comprennent rien. Elles prennent leur sexe pour un poteau. Et le poteau irait dans le gars. Le gars pense qu’il a un poteau dans la bouche et les yeux. Les garçons voient également des poteaux partout. Les garçons et les filles se rencontrent. S’approchent. Se tendent. Puis se reprennent. Les garçons voient bien des cuisses. Les filles voient également des épaules. Et après ? on fait quoi avec l’épaule ou la cuisse ? qu’est-ce qu’on fait quand on part de là. De ce postulat là. C’est une fille qui a lancé ce mot-là sur la piste. Elle a parlé de postulat. Et puis elle a encore dit connaître des phrases. Et puis qu’elle irait voir le gars. Et puis qu’elle irait voir dedans. Elle irait voir son postulat dedans. Elle a dit j’irai voir ton postulat là. Voir comment il est. Et si manque pas une pièce. Manquerait-il une pièce à son postulat là, pense-t-elle ? Car elle pense ça. Avec ses cuisses ouvertes. Elle pense au postulat perdu du gars qui est resté planté là, en elle, comme un poteau dans sa tête. Elle dit je pourrai pas d’un coup tout prendre de toi. Je prends un tout petit peu chaque jour. Un peu de toi tué chaque jour en moi. Car sinon c’est trop. Si on doit tuer le bonhomme d’un coup, le mental digère pas. Mais si on le tue à petite dose chaque jour ça va. Chaque jour je prends un bout du petit gars et je l’enfourne en moi. Chaque jour petit gars peut venir s’enfourner. Chaque jour petit gars est mentalement admis par moi, dit-elle. Et elle aussi chaque jour elle se farcit des lourdaud. Chaque jour la balourdise du gars l’empêche de respirer. Chaque jour un gars étouffe une fille et en fait des petits tas. Allez savoir pourquoi.

9 Comments »

  1. pourquoi tagguer cela poésie ?

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 18:48

  2. Parce que, il ‘ y a une oscillation enttre le théorique et le poétique, ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques. De plus ce qu’écrit Charles Pennequinconcerne bien la poésie, donc j’ai mis ce tag, j’aurai pu mettre aussi celui de théorie…

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:14

  3. théorie de quoi ? du néant ?

    on trouvera toujours des gens anyway
    pour me traiter de réac quand je leur
    dirai que c’est de la merde.

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 19:18

  4. Le problème avec votre type d’intervention, c’est qu’elle ne consttruit rien, ne dit rien, n’énonce rien, ne renvoie à rien, trébuche sur rieen, car elle ne souligne rien, ne semble rien montrer… Si vous n’argumentez pas je vais devoir modérer vos commentaires. Alors strofka ? qu’eest-ce que vous voulez dire ? Est-ce que vous prenez votre subjectivitté comme critère absolu du poétique ? c’est de cela qu’il s’agit en quel sens objectivement pouvez vous expliquer la raison qui vous amène à dire que cela ne renvoie qu’à une théorie du néant ?????

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:37

  5. pouvez-vous expliquer ce qui vous amène
    à dire qu’il s’agit d’une quelqueconque
    théorie ? [ ou même poésie ]

    Commentaire by str+fka — 27 novembre 2006 @ 19:19

  6. à quoi bon répondre ?
    si c’est pour me faire
    { encore } censurer.

    Commentaire by str. — 28 novembre 2006 @ 14:06

  7. Je tenais à informer les lecteurs que cette poésie est parue pour la première fois dans une revue d’art qui s’apelle GPU. Et lorsque vous lisez un texte de pennequin à côté d’une peinture vous voyez bien alors que la peinture est une peinture et pennequin une poésie.
    bye

    Commentaire by maieux — 28 juin 2007 @ 13:08

  8. J’adore ce que vous faites rédaction said… Je voudrais tous vos disques et ceux de charline pennequine! en vrai!

    Commentaire by Benj B — 8 février 2008 @ 12:59

  9. C’est tellement facile d’appliquer des appellations de type « contemporain », « transmédial », « transversal », « performatif » à ce genre d’artistes dont la pratique est quand même très limitée, rébarbative, puérile et sans portée. Vous dites :  » (…) ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques »… Mais quels enjeux théoriques ? Comme dans les catalogues d’art contemporain où l’on va légitimer, à force de sémantique et d’éléments de langage des objets de vacuité, vous faites l’apologie de ce « poète » débiteur de paroles qui ne s’interdit rien, qui ne pense qu’à son nombril avec son écriture de soi, alors que l’art, s’il avait une mission, ce serait de révéler et de donner à voir le mystère de notre condition. Mais voilà, par exemple, ce que Charles Pennequin écrit et harangue en grand performeur :
    «J’aime ma bite. / C’est central. / C’est le point central. / Et je vois ton cul. / Et je veux que mon point central / aille dans ton cul. / Tu ne veux pas / Tu dis que ça pique./ Ça pique ça pique, tu dis.»
    Quitte à passer par un vieux réactionnaire, je pense qu’on accorde trop d’intérêt à ce monsieur et à ses procédés de malhonnêteté intellectuelle.

    Commentaire by Thomas Lebrun — 12 mai 2020 @ 23:18

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