Libr-critique

14 novembre 2006

[Texte] Poubelle la vie de Charles Pennequin

Filed under: créations,recherches,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:58

Moi je ne suis pas mon auteur. Je suis un menotté. Menauteur. Je menotte pas pourtant. J’ai mon auteur. Il sent. Mon auteur sent de partout. Il sort de là. Il sort d’ici, et de partout. Mon auteur mène. Et il m’évite. Il m’évite vite de moi mon hauteur. C’est lui qui m’a mené ici. Il m’a amené au moi d’ici. Moi noté bas. Tout en bas de lui. Comme une note de bas de page. Un renvoi. Un petit rot en moi. Je me mettais à me noter en rond. Je notulais. J’aurais pu me tuer. Car tout en lui qui m’ôtait. Et je suis morte. Je me suis morte au mort. Je mortais moi dedans. Dans le tout bas du bas. Je m’envoyais bouler là-dedans. J’étais comme envoyé spécial. Mon envoyé boulé spécial. Et je m’aimais comme ça. En mortant moi. En ôtant moi. Autant pour moi.

L’inquiétude naît du cadavre. L’inquiétude force le cadavre à naître. C’est un naissant inquiet. L’inquiétude est muette, parce que cadavre.

Ce n’est pas le sexe le cadavre. Le sexe c’est l’histoire. La bonne vieille histoire. Celle qu’on ne refait plus. On ne peut plus refaire l’histoire du sexe maintenant. Depuis qu’il y a le présent. Depuis qu’on vit dans le présent. Car si on vit dans le présent on naît dans l’inquiétude. Et on est un cadavre.

Mais on a raison. On a raison de continuer.

On a raison de vouloir quitter le champ de la physique. On a raison de vouloir s’habituer au cadavre, à sa bouche. A baiser du cadavre la vie durant. On a raison d’être la vie durant plongé dans la bouche d’un cadavre. Parce que c’est inquiétant. Donc on a tort. On aurait tort de s’inquiéter. Outre mesure.

mon présent m’intéresse

le vôtre ne m’intéresse pas

votre présent est inintéressant au possible

Moi j’aimerais être à toi, complètement, totalement, absolument, j’aimerais t’être, te téter et t’être, j’aimerais te donner toi sur un plateau, moi j’aimerais exister que par toi, il y aurait toi et il y aurait rien, il y aurait le rien qui serait moi, et toi qui serais toi, juste à côté de rien moi j’aimerais, et j’aimerais être toi, et moi j’aimerais qu’on s’aime comme ça, que tu me prennes en toi, que tu veuilles bien, que moi je sois ta loque ta petite loque d’amour, ton pain rassis dans toi, car je serai tout rassis, ou comme tu veux, si tu veux pas du rassis tu auras du pain dur, du pain sec et de l’eau, je te nourrirai, si tu veux pas du pain sec ou mou alors il sera croquant, je craquerai pour toi, je serai ton bout craquant, mais c’est toi la croqueuse, tu me grand-croqueras, tu seras grande croqueuse, moqueuse, tu pourras moquer moi, grandement, tu pourras faire de moi ta moquette,

9 Comments »

  1. pourquoi tagguer cela poésie ?

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 18:48

  2. Parce que, il ‘ y a une oscillation enttre le théorique et le poétique, ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques. De plus ce qu’écrit Charles Pennequinconcerne bien la poésie, donc j’ai mis ce tag, j’aurai pu mettre aussi celui de théorie…

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:14

  3. théorie de quoi ? du néant ?

    on trouvera toujours des gens anyway
    pour me traiter de réac quand je leur
    dirai que c’est de la merde.

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 19:18

  4. Le problème avec votre type d’intervention, c’est qu’elle ne consttruit rien, ne dit rien, n’énonce rien, ne renvoie à rien, trébuche sur rieen, car elle ne souligne rien, ne semble rien montrer… Si vous n’argumentez pas je vais devoir modérer vos commentaires. Alors strofka ? qu’eest-ce que vous voulez dire ? Est-ce que vous prenez votre subjectivitté comme critère absolu du poétique ? c’est de cela qu’il s’agit en quel sens objectivement pouvez vous expliquer la raison qui vous amène à dire que cela ne renvoie qu’à une théorie du néant ?????

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:37

  5. pouvez-vous expliquer ce qui vous amène
    à dire qu’il s’agit d’une quelqueconque
    théorie ? [ ou même poésie ]

    Commentaire by str+fka — 27 novembre 2006 @ 19:19

  6. à quoi bon répondre ?
    si c’est pour me faire
    { encore } censurer.

    Commentaire by str. — 28 novembre 2006 @ 14:06

  7. Je tenais à informer les lecteurs que cette poésie est parue pour la première fois dans une revue d’art qui s’apelle GPU. Et lorsque vous lisez un texte de pennequin à côté d’une peinture vous voyez bien alors que la peinture est une peinture et pennequin une poésie.
    bye

    Commentaire by maieux — 28 juin 2007 @ 13:08

  8. J’adore ce que vous faites rédaction said… Je voudrais tous vos disques et ceux de charline pennequine! en vrai!

    Commentaire by Benj B — 8 février 2008 @ 12:59

  9. C’est tellement facile d’appliquer des appellations de type « contemporain », « transmédial », « transversal », « performatif » à ce genre d’artistes dont la pratique est quand même très limitée, rébarbative, puérile et sans portée. Vous dites :  » (…) ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques »… Mais quels enjeux théoriques ? Comme dans les catalogues d’art contemporain où l’on va légitimer, à force de sémantique et d’éléments de langage des objets de vacuité, vous faites l’apologie de ce « poète » débiteur de paroles qui ne s’interdit rien, qui ne pense qu’à son nombril avec son écriture de soi, alors que l’art, s’il avait une mission, ce serait de révéler et de donner à voir le mystère de notre condition. Mais voilà, par exemple, ce que Charles Pennequin écrit et harangue en grand performeur :
    «J’aime ma bite. / C’est central. / C’est le point central. / Et je vois ton cul. / Et je veux que mon point central / aille dans ton cul. / Tu ne veux pas / Tu dis que ça pique./ Ça pique ça pique, tu dis.»
    Quitte à passer par un vieux réactionnaire, je pense qu’on accorde trop d’intérêt à ce monsieur et à ses procédés de malhonnêteté intellectuelle.

    Commentaire by Thomas Lebrun — 12 mai 2020 @ 23:18

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL

Leave a comment

Powered by WordPress