Libr-critique

14 novembre 2006

[Texte] Poubelle la vie de Charles Pennequin

Filed under: créations,recherches,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:58

une toute petite moquette à moquer grand, une bonne moquette à moquetter et à moucher son nez, un petit mou moqué en toi, voilà ce que je serai, je serai mouché par toi, et je serai moquette, ton moi tout mou, ton moi tout michetonné mie de pain, la molle baguette, ou dure, comme tu veux, comme ça te plaira, je banderai dur, mais la mie dedans sera molle, dans tout le dur de la quéquette il y aura le mou de moi, mon petit mou travailleur, ravageur, ravalé moqué, ton petit mou bout de toi, ton petit chez toi qui retombe en sucette, tu me suceras, tu mangeras, tu téteras, tu goûteras la bonne chair qui bande dur, très très dur, qui ira en toi très dur, qui te donnera l’ossature, qui sera ta colonne, une colonne bien bandée pour remuer tes abattis, je t’abattrai, je te ferai battue, comme des œufs, je serai ton batteur, tu n’auras plus besoin de chercher un musicien, il sera en toi, il te chantera la mélopée, il te fera la chansonnette, tu auras des chansonnettes toute la journée dans ta tête, et nous ferons l’amour une dernière fois, et nous flairons fleurons, et nous fleurirons d’amour avant de nous dire adieu, et comme si c’était la dernière fois, et puis fleurons encore l’amour mon amour, oh mon amour mon amour, et quand je rêve c’est de toi, oh mon fleurons ma femme, oh ma flammelle, mon amour où est passée la bohème, où sont passés les beaux jours, et les souvenirs des je t’aime, et puis toutes les chansons enflammées, et la tristesse de nos amours, la douce tristesse belle et molle, tout ça en toi, tous nos amours tristes et mous de nous deux, de moi aussi, moi qui suis rien j’aurais aussi la tristesse, je t’apporterai tout ça sur un plateau, la tristesse et la viande, la chansonnette et les os, tout je te ferai toute, et tu pourras enfin être, et tu pourras enfin avoir des idées, des phrases tu pourras enfin te dire, me voilà, je suis là et j’existe, je pense toute seule, je me dresse, j’avance dans la journée, j’avance je fais des trucs, il faut que je pense à faire des trucs.

L’écrivain est l’ennemi intime des travailleurs. C’est l’ennemi des chômeurs aussi. L’ennemi de tous. Et surtout : l’ennemi de lui-même.

L’écrivain est l’ennemi intime de l’Auteur qui l’habite.
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J’avance et j’ai des phrases, c’est les miennes, comment ça se fait que je suis mienne, maintenant je pense, ça me va bien, maintenant j’avance et je sais quoi penser, quoi dire, quoi être, maintenant j’ai mes phrases et je sais quoi savoir, et dans le savoir une petite boule, dans le savoir une petite bulle boule, un beau boulot, comme une baballe, dans le savoir la bonne baballe, attrape ! attrape ! mais la bouche attrape pas, la bouche veut pas attraper du savoir, la bouche sort tout et n’importe comment, et comment n’importe quoi, n’importe quoi de comment et de quoi, la bouche sort la bouche, la bouche sort et la pensée dedans, la pensée meurt dedans, dans l’œuf de la pensée toute pourrie, la pensée meurt en pourri, la pensée balle, la petite baballe, le savoir, le savoir veut pas descendre, donne la baballe ! allez ! donne vite ! sale chienne ! saloperie de chienne de merde, saloperie donne-moi ta pensée, pensée pute, pensée salope descend ! allez vient, lâche cette baballe ! allez lâche ça, salope !

Oui maintenant les gens avancent, maintenant les gens discutent, belle journée pour discuter maintenant les gens, maintenant les gens vont leur train-train, train-train parle, train-train fait les discussions, maintenant il fait beau demain ça se gâte, maintenant qu’il est gâté ils annoncent quoi, ils annoncent un renouveau, un maintenant moins gâté, un redoux, un re-re, maintenant les gens re-re, sont très re-re, ça veut dire que ça parle, re-re ça aime, re-re aimer parler, re-re ça peut parler de tout et de rien, et surtout de

9 Comments »

  1. pourquoi tagguer cela poésie ?

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 18:48

  2. Parce que, il ‘ y a une oscillation enttre le théorique et le poétique, ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques. De plus ce qu’écrit Charles Pennequinconcerne bien la poésie, donc j’ai mis ce tag, j’aurai pu mettre aussi celui de théorie…

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:14

  3. théorie de quoi ? du néant ?

    on trouvera toujours des gens anyway
    pour me traiter de réac quand je leur
    dirai que c’est de la merde.

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 19:18

  4. Le problème avec votre type d’intervention, c’est qu’elle ne consttruit rien, ne dit rien, n’énonce rien, ne renvoie à rien, trébuche sur rieen, car elle ne souligne rien, ne semble rien montrer… Si vous n’argumentez pas je vais devoir modérer vos commentaires. Alors strofka ? qu’eest-ce que vous voulez dire ? Est-ce que vous prenez votre subjectivitté comme critère absolu du poétique ? c’est de cela qu’il s’agit en quel sens objectivement pouvez vous expliquer la raison qui vous amène à dire que cela ne renvoie qu’à une théorie du néant ?????

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:37

  5. pouvez-vous expliquer ce qui vous amène
    à dire qu’il s’agit d’une quelqueconque
    théorie ? [ ou même poésie ]

    Commentaire by str+fka — 27 novembre 2006 @ 19:19

  6. à quoi bon répondre ?
    si c’est pour me faire
    { encore } censurer.

    Commentaire by str. — 28 novembre 2006 @ 14:06

  7. Je tenais à informer les lecteurs que cette poésie est parue pour la première fois dans une revue d’art qui s’apelle GPU. Et lorsque vous lisez un texte de pennequin à côté d’une peinture vous voyez bien alors que la peinture est une peinture et pennequin une poésie.
    bye

    Commentaire by maieux — 28 juin 2007 @ 13:08

  8. J’adore ce que vous faites rédaction said… Je voudrais tous vos disques et ceux de charline pennequine! en vrai!

    Commentaire by Benj B — 8 février 2008 @ 12:59

  9. C’est tellement facile d’appliquer des appellations de type « contemporain », « transmédial », « transversal », « performatif » à ce genre d’artistes dont la pratique est quand même très limitée, rébarbative, puérile et sans portée. Vous dites :  » (…) ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques »… Mais quels enjeux théoriques ? Comme dans les catalogues d’art contemporain où l’on va légitimer, à force de sémantique et d’éléments de langage des objets de vacuité, vous faites l’apologie de ce « poète » débiteur de paroles qui ne s’interdit rien, qui ne pense qu’à son nombril avec son écriture de soi, alors que l’art, s’il avait une mission, ce serait de révéler et de donner à voir le mystère de notre condition. Mais voilà, par exemple, ce que Charles Pennequin écrit et harangue en grand performeur :
    «J’aime ma bite. / C’est central. / C’est le point central. / Et je vois ton cul. / Et je veux que mon point central / aille dans ton cul. / Tu ne veux pas / Tu dis que ça pique./ Ça pique ça pique, tu dis.»
    Quitte à passer par un vieux réactionnaire, je pense qu’on accorde trop d’intérêt à ce monsieur et à ses procédés de malhonnêteté intellectuelle.

    Commentaire by Thomas Lebrun — 12 mai 2020 @ 23:18

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