Libr-critique

14 novembre 2006

[Texte] Poubelle la vie de Charles Pennequin

Filed under: créations,recherches,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:58

rien, car ça aime rien les re-re, je veux dire les gens, tant que parler, parler de rien, et aussi un peu de tout, c’est parler en re-re, car si on veut on peut causer de tout si on veut, mais on veut pas causer, si on veut on peut se taire si on veut, mais on veut pas se taire, si on veut on peut essayer de vouloir si on veut, mais on veut pas vouloir, donc on papote, on discute un brin, et quoi qu’on dit, et quoi qu’on pense, on pense rien, on n’a rien à penser, là tout de suite ? non, j’ai rien à penser là tout de suite, ou alors ça s’emmêle, c’est des flashs, c’est des choses à penser qui flashent dans mon crâne et ça s’emmêle, ça se prend les pieds, ça tombe dans la tête boum, et quand ma tête fait boum, boum plein de choses qui s’agitent et plus savoir quoi, plus savoir ce qui se dit se pense, ça se pense et ça se dit tout pareil là dans mon crâne, c’est comme ça pleut, ça pleut de la pensée là-haut, là dans mon crâne c’est comme des milliards de gouttelettes, et faut passer entre pour pas se faire mouiller, faut passer entre les gouttes sinon on est trempé, ils l’avaient annoncé, ils l’avaient dit pourtant que ça ne passera goutte, ils l’avaient dit qu’il faudra aller plus avant, mais plus avant pas pouvoir, plus avant attendre que pouvoir, car plus avant on sait pas d’où ça crèche, d’où il nous sort de pareilles idées, d’où nous sort tout ce tracas, tracas d’idées pareilles, toutes les idées pareilles, alors pourquoi on se fait du tracas, tracas pareil, alors qu’il fait beau, alors qu’ils ont annoncé le redoux, le rebond, bonbon, alors qu’ils ont annoncé le re quetchose quetpart, alors qu’ils l’ont bien dit qu’il y aurait du re-quetchose quetpart, mais qu’on sait pu où, à d’où qu’ils ont pu annoncer ça d’ailleurs, à d’où qu’ils ont pu dire d’où qu’on y allait, et qu’on allait y revenir, à d’où qu’ils ont pu parler de tout un tas de truc et de machins, à d’où qu’ils ont pu voir ça d’ailleurs, on n’a jamais pu rien voir de ça, on a essayé mais on n’a rien pu voir, on n’a d’ailleurs jamais vu, rien entendu, ils auraient pu au moins faire un peu de bruit, on se serait réveillé, on aurait sursauté, et on aurait enfilé un futal, et on aurait fait la malle, on se serait fait une belle malle avec toutes ces annonces, tous ces communiqués en pagaille, et que pendant tout ce temps-là nouzote on dormait, pendant qu’on nous occupait avec les communiqués, nouzote on était planté là, dans notre pensée, à pas savoir ce qu’on pense.

Est-ce qu’il y a des lieux à investir. Est-ce qu’on investi le lieu de soi-même. Investissement. Retour sur soi. Est-ce qu’on fait encore aujourd’hui le retour sur. Retour sur soi. Retour sur investissement de sa perte. Est-ce que ça a encore un intérêt. Le corps, l’investissement des lieux et du corps, ou l’investissement de la perte. C’est-à-dire de la question. Question investie. Le corps et le vide. Est-ce qu’on a encore envie d’investir le vide.

Je suis mon propre « flop ».

Je travail dans l’ingérable. Je suis pas gérable. Je suis travaillé. On me gère. Qu’est-ce qu’on fait déjà avec soi-même. Q’est-ce qu’on en a à faire de soi dans la voix. Et soi le corps. Qu’est-ce qu’on en a à faire de soi le corps et de soi la voix. Soi dans le bain du social, soi qu’on retrempe à sa sauce, c’est la sauce à soi-même. Soi confronté de quoi. De quoi est on confronté. Quel lieu nous confronte. Quel autre vient en confrontation. La confrontation est déjà en soi-même. La chose confrontée, c’est déjà d’être à l’autre et au lieu, alors qu’on voudrait disparaître. On passe son temps à être porté disparu. Le travail, c’est l’histoire du porté disparu qui réapparaît dans le lieu grâce à l’écrit. L’autre et le lieu ne réapparaîtront pas sinon. Sinon ce n’est que vide. Je n’ai toujours été que dans le vide ignorant du monde.

Vide de soi dans ce lieu vide, vide de l’autre qui est venu me vider. Il faudrait alors avoir son vide autre. Il faudrait alors se vider autrement de soi-même. Soi-même lieu du vide, mais d’un vrai vide cette fois. Vider les lieux de notre fausse présence, et quitter l’autre. L’autre entravé de soi, l’autre grossement travaillé d’entravements. Entravé car ne voyant pas la vie, la vraie vie qu’il pourrait réclamer. L’autre enchaîné depuis la naissance. II n’y a pas de vraie relation, car il n’y a pas de vrai autre. Il n’y a pas un autre en face. Il y a soi. Soi qu’on entrave à tout va, soi l’entravé de tout un tas de tics humains. Tics de

9 Comments »

  1. pourquoi tagguer cela poésie ?

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 18:48

  2. Parce que, il ‘ y a une oscillation enttre le théorique et le poétique, ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques. De plus ce qu’écrit Charles Pennequinconcerne bien la poésie, donc j’ai mis ce tag, j’aurai pu mettre aussi celui de théorie…

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:14

  3. théorie de quoi ? du néant ?

    on trouvera toujours des gens anyway
    pour me traiter de réac quand je leur
    dirai que c’est de la merde.

    Commentaire by str.fka — 23 novembre 2006 @ 19:18

  4. Le problème avec votre type d’intervention, c’est qu’elle ne consttruit rien, ne dit rien, n’énonce rien, ne renvoie à rien, trébuche sur rieen, car elle ne souligne rien, ne semble rien montrer… Si vous n’argumentez pas je vais devoir modérer vos commentaires. Alors strofka ? qu’eest-ce que vous voulez dire ? Est-ce que vous prenez votre subjectivitté comme critère absolu du poétique ? c’est de cela qu’il s’agit en quel sens objectivement pouvez vous expliquer la raison qui vous amène à dire que cela ne renvoie qu’à une théorie du néant ?????

    Commentaire by rédaction — 23 novembre 2006 @ 19:37

  5. pouvez-vous expliquer ce qui vous amène
    à dire qu’il s’agit d’une quelqueconque
    théorie ? [ ou même poésie ]

    Commentaire by str+fka — 27 novembre 2006 @ 19:19

  6. à quoi bon répondre ?
    si c’est pour me faire
    { encore } censurer.

    Commentaire by str. — 28 novembre 2006 @ 14:06

  7. Je tenais à informer les lecteurs que cette poésie est parue pour la première fois dans une revue d’art qui s’apelle GPU. Et lorsque vous lisez un texte de pennequin à côté d’une peinture vous voyez bien alors que la peinture est une peinture et pennequin une poésie.
    bye

    Commentaire by maieux — 28 juin 2007 @ 13:08

  8. J’adore ce que vous faites rédaction said… Je voudrais tous vos disques et ceux de charline pennequine! en vrai!

    Commentaire by Benj B — 8 février 2008 @ 12:59

  9. C’est tellement facile d’appliquer des appellations de type « contemporain », « transmédial », « transversal », « performatif » à ce genre d’artistes dont la pratique est quand même très limitée, rébarbative, puérile et sans portée. Vous dites :  » (…) ici nous sommes je crois dans une forme hybride, où la pratique textuelle rencontre, télescope les enjeux théoriques »… Mais quels enjeux théoriques ? Comme dans les catalogues d’art contemporain où l’on va légitimer, à force de sémantique et d’éléments de langage des objets de vacuité, vous faites l’apologie de ce « poète » débiteur de paroles qui ne s’interdit rien, qui ne pense qu’à son nombril avec son écriture de soi, alors que l’art, s’il avait une mission, ce serait de révéler et de donner à voir le mystère de notre condition. Mais voilà, par exemple, ce que Charles Pennequin écrit et harangue en grand performeur :
    «J’aime ma bite. / C’est central. / C’est le point central. / Et je vois ton cul. / Et je veux que mon point central / aille dans ton cul. / Tu ne veux pas / Tu dis que ça pique./ Ça pique ça pique, tu dis.»
    Quitte à passer par un vieux réactionnaire, je pense qu’on accorde trop d’intérêt à ce monsieur et à ses procédés de malhonnêteté intellectuelle.

    Commentaire by Thomas Lebrun — 12 mai 2020 @ 23:18

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL

Leave a comment

Powered by WordPress