Libr-critique

17 décembre 2009

[Livre-chronique] Suzanne DOPPELT ou l’art géopoétique

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:32

Suzanne DOPPELT, Lazy Suzie, POL, novembre 2009, 80 pages non numérotées, 11,50 €, ISBN : 978-2-84682-369-2.

Avec son Lazy Suzie, titre emblématique puisqu’il renvoie à un objet à la fois réel ("plateau super rotatif") et poétique (IDO : Installation Déréalisante d’Objet), l’auteure nous livre un art poétique baroque qui allie non seulement le repos et le mouvement, le mobile et l’immobile, mais encore l’objectif et le subjectif. Autrement dit, l’effet-Doppelt – sa magie – consiste à conjuguer géométrie, optique et poétique pour mieux parler à nos sens comme à notre esprit : d’une part, nous captive une subtile réflexion sur le VOIR qui opère, entre autres, la confrontation entre peinture et cinéma, nous emmenant d’Aristote à Deleuze en passant par Leibniz et Nietzsche, de Vinci à Antonioni via Dürer, Delaunay, Chirico et Calder, ou encore de Nerval à Michaux via Baudelaire, Tchékhov, Proust, Apollinaire et Büchner ; d’autre part, nous donnent à voir l’infini dans le fini, le cosmos dans les choses, et par là même le tournis, des créations kaléidoscopiques et des effets de miroir qui nous rappellent que la vue est vision et la monstration hallucination.

[Vu l’importance de l’œuvre, nous lui consacrons une étude en deux volets, le second paraissant à la Rentrée de janvier].

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25 décembre 2005

[Livre] Ce qui fait tenir, Christian Prigent

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 4:00

prigent_cequifaittenir.jpgCe qui fait tenir de Christian Prigent
Editions POL, 169 pages , ISBN : 2-84682-111-9, 18€

4ème de couverture :
Soit un effet de cadrage (analyse, théorie); et, en creux dedans, justifié par et le tenant ouvert, l’ironie d’un noir lumineusement opaque (poésie). L’un avec et contre l’autre, indissolublement. Petits mouvements d’écriture dans ce dispositif alterné. Pour voir comment ça marche. Et ce que ça dit du complexe de nommable et d’inommable dit expérience. Scénario : 1) ouverture (peinture et poésie : Daniel Dezeuze et Paul Scarron) — 2) bref acte en vers —3) intermède : Paul Verlaine et les mères — 4) final voix off pour dénouer.

Premières impressions :
Prigent ne nous avait pas habitué à poser ainsi travail poétique et théorique, lui qui, tout au contraire de les tenir juxtaposés dans un seul élan, posait davantage la fusion, l’entrelacement, ou leur écart total (les deux appartenant à deux champs éditoriaux distincts), pouvant même se méfier parfois de travaux interrogeant la juxtaposition des genres. Dans ce livre il offre ainsi à suivre un travail de plans et de déplis qui à première lecture paraît avec difficulté parfois se replier, les langues étant peut-être trop distantes, hétérogènes, ne s’interrogeant pas assez certainement à certains instants. Certes, comme je le montrerai dans un prochain article critique, on retrouve de magnifiques formulations analytiques quant à la modernité (poétique et picturale, qui recoupent les magnifiques analyses de Rien qui porte un nom ), de même que l’on retrouve son élaboration poétique, cependant, malgré le subterfuge programmatique annoncé, il ne semble pas que cette liaison prenne véritablement, comme s’il y avait un artifice de liaison entre chacun des pans, même s’il pose d’emblée que la poésie sera la noirceur venant trouer la lisibilité du théorique.

[lire la chronique]

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