Libr-critique

18 janvier 2007

[NEWS] « Poetry is sound / sound is poetry » sur Radio Campus Lille : écouter l’émission

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Hortense Gauthier présentait le 17 janvier sur Radio-Campus Lille
dans l’émission de René Lavergne la soirée « Poetry is sound / sound is poetry ».

Programme de la soirée :
# Michel Giroud El Coyote + Philippe Boisnard – sonnerie électronique [trompette + laptop]
# Yvan Etienne & Brice Jeannin – elecronic live
# Franck Laroze – polemikx [vidéo-lecture // réalisation vidéo Philippe Boisnard]
# HP Process [Hortense Gauthier + AKS] – bod#1 [vidéo performance]
# La femelle du Requin – poésie d’ascenseur
# The Cut’up Conspiracy [Sylvain Courtoux & Jérôme Bertin] – punk noise post-digital
# Charles Pennequin + HP Process – poésie sonore
# Antoine Boute & Hughes Warin – viande au plancher
# Electronic_Elephant [Valentin Duhamel + AKS] – guitare improvisée + laptop
# Cédric Pigot [lo moth] – live sound

23 novembre 2006

[audio] Sylvain Courtoux, Cut-Up Piano basse manifeste 1

Cut-up piano basse manifeste 1
auton124.jpgfut enregistré au Manor of Hate, studios à Limoges, mi-août 2006.
piano, guitare, voix, dictaphones, bandes, bordel noise, mix : sylvain courtoux
+ voix : lise etcheverry /
+ voix : emmanuel rabu /
+ voix : jérôme bertin.

ce morceau est dédicacé à Violaine S.

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23 septembre 2006

Sylvain Courtoux : Putain d’ego

Filed under: audiocast poétique — Étiquettes : , — rédaction @ 16:25

ego.jpg« Putain d’Ego / (mal) écrit, (mal) joué, (mal) chanté et (très mal) enregistré par Sylvain Courtoux au Manor of Hate à Limoges, le 13 septembre 2006 / extrait de l’opéra rock en cours : Vie et mort d’un poète de (Merde) / dédicacé à tous les égoïstes , prétentieux et autres sûrs d’eux de la planète poésie, je ne m’oublie (surtout) pas ».

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14 septembre 2006

[chronique] News de la blogosphère#1 : Confusion is text

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 12:04
post-digital-music-for

Jean-Michel Espitallier, dans Caisse à outils, loin de s’appesantir sur la seule poésie textuelle, réduite souvent au seul livre, met en évidence, de quelle manière, si la poésie a longtemps été réfractaire au rock — mais aussi à d’autres expériences telle l’utilisation de dispositifs électroniques — elle a rencontré peu à peu le rock, et nous pouvons le souligner plus largement les expérimentations musicales électroniques (Jacques Donguy) ou liées aux samples (Olivier Quintyn). Non pas au sens de l’illustration, comme cela peut être vu dans de nombreux endroits, non pas seulement au sens d’un texte mis en musique en tant que cela traduirait une primauté de la poésie, mais en tant qu’écriture hybride, nécessité créatrice de l’hybridation entre densité linguistique et vibration instrumentale. C’est ainsi que Jean-Michel Espitallier explicite quelques expérimentations, de Heidsieck aux « performances allumées de Joël Hubaut ou de Julien Blaine« , de Lucien Suel ayant créé des groupes free-rock noïse, à Manuel Joseph, « en poète punk qui déchiquète la langue« . Cependant des poètes explicitement rock, il écrit, laissant le doute d’une interrogation, qu’il n’y aurait que Christophe Fiat, alliant tout à la fois posture existentielle et énergie, lisant ses poésies à l’aide de sa légendaire guitare à une corde.
Si l’analyse de Jean-Michel Espitallier permet de saisir les enjeux de cette liaison entre rock, musique et poésie, cependant, il m’apparaît qu’il y a quelques oublis, oublis qu’un nouveau blog permet de combler : le blog de Sylvain Courtoux et d’Emmanuel Rabu, Confusion is text, qui présente non pas seulement quelques expériences musicalo-poétiques comme cela fleurit par moment dans la blogosphère, mais qui donne à entendre 10 ans d’expérimentation sonore, accomplies tout à la fois séparément par les deux créateurs, chacun étant relié à des réseaux distincts, puisque Sylvain Courtoux est de Limoges et Emmanuel Rabu de Nantes, et en commun depuis leur rencontre faite en 2000.
Sylvain Courtoux représente une culture post-punk-situationniste irriguée par Burroughs, Guyotat, Roche et tant d’autres qui ont marqué la modernité. Punk-rock attitude hybridée par la new-wave de Duran Duran à Depeche mode, ses créations sonores si elles montrent une certaine forme de désespoir époqual face au monde [proche par moment de certaines litanies de Costes], cependant en biaise le jeu par une forme ludique d’auto-critique et de mise en crise du milieu littéraire lui-même. Alors que littérairement ses textes publiés sont travaillés comme des cut exigeant, l’écriture musicale qu’il entreprend, seul ou accompagné de Jérome Bertin, se propage comme parole directe, déchirée par l’affect, objectivement donnée à entendre. Parole crue, pop, parfois chantonnée parfois criée. Ces dernières créations manifestent cet horizon, tel la vie est pop, où Courtoux se jouant de lui-même, met en dérision le milieu littéraire parisien.
Emmanuel Rabu, issu des milieux expérimentaux de Nantes, explore davantage les dimensions électroniques, passant des recherches concrètes aux dimensions minimalistes [avant d’arriver à Nantes, il était dans groupe La Disjonction de Freddy, où il travaillait à l’aide de perceuses]. Cette recherche musicale est reliée à son travail de langues qui se structure sur des micro-agencements, des glissements dans l’inframince des signifiants. Il a développé ses perspectives aussi bien seul, à partir d’agencements et de remixages de samples que par des rencontres qui ont abouties à des compositions communes avec par exemple Basile Ferriot (percussions, objets), Emmanuel Leduc (sampler, machines) ou Phil Tremble (synthétiseurs analogiques, effets). Le travail qu’il a ainsi créé avec Ev Zone, texte publié à Derrière la salle de bain, montre en quel sens ce type de création, loin de surgir d’une seule énergie, se compose par le croisement d’impulsions qui donnent la matérialité/texture même de l’événement sonore : un accident de la matière et du langage.
À partir de ces deux directions hétérogènes s’est ainsi composé un travail dans le temps, passant par la création en 2001 de post-digital music for post-digital people [dans lequel on peut entendre le très drôle parce que le schtroumpf est bleu] allant jusqu’au cut-up piano manifeste de 2006 dans lequel participe aussi Lise Etchevery et Jérome Bertin.

12 mars 2006

[chronique] Action-Writing de Sylvain Courtoux, par Philippe Boisnard (V.2)

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , — Philippe Boisnard @ 6:21

Tout d’abord, saluons la naissance d’une nouvelle petite maison d’édition, initiée par Fabrice Caravaca. On le sait en France, s’il y a bien une poésie vivante, c’est au coeur de ces initiatives, et non pas dans les grosses maisons, qui trop souvent ne défendent plus que ce qui est déjà reconnu, voire qui ne défendent qu’un patrimoine mort-né, aux langues empâtées dans un classicisme ringard, qui est tant vanté lors d’événements comme le Printemps des poètes.
Ensuite, est donné à lire, enfin dans son intégralité cet Action-Writing de Courtoux (datant originellement de 2001-2002), qui sort la même année qu’un autre Action-Writing, celui consacré à Kerouac par Michael Hrebeniak (Southern Illinois University Press). Car de fait, cette expression Action-Writing n’est pas nouvelle comme le laisserait penser Prigent dans son texte, mais elle a une histoire qui rencontre Burroughs et Kerouac.
Avec ce texte, le lecteur rencontrera un travail au plus près de la langue et de ses coutures, de ses découpages, montages, démontages, provocations. Et ceci au rythme d’un flux insurrectionnel qui attaque l’ensemble de la société occidentale. Courtoux, comme c’est encore le cas dans son dernier petit opuscule publié chez IKKO, travaille la langue à partir d’effets rythmiques, de boucles/samples, comme s’il s’agissait de mixer des pistes de son, à part qu’au niveau littéraire, ces pistes sont des citations (cut) qu’il alterne, densifie, travestit parfois, insère et désinsére au rythme de son en(r/g)agement. Littérature qui se conçoit en tant que trajet qui réfléchit la modernité (Burroughs, Denis Roche et tant d’autres), qui la reprend pour soi, dans langagement d’une critique socio-politique.

Et c’est là ce qui pour ma part me pousse à avoir une certaine réticence : ce qui est défendu au fond par ce texte : une critique problématique de la société et de certaines valeurs qui en appelle avec le plus grand sérieux à la révolution. Réticence que je nuancerai cependant, du fait qu’il est vrai que par ce texte, il serait possible de penser certains effets d’annulation des énoncés, par leu croisement entre d’un côté la position du « dit-il » et de l’autre la position du « dit-elle ».
Toutefois, alors que les « avant-gardes » (terme un peu creux si on n’y fait aucune distinction) se sont déterminées contre des entreprises de totalitarisme en des époques précises, ici ce qui est attaqué serait de l’ordre du totalitarisme de la démocratie et de la société contemporaine, non pas dans ce qu’elle porterait de terreurs, mais en tant qu’elle porterait certaines valeurs d’égalité, de tolérance, de neutralisation de la terreur.
Dès lors, ce qui ressort apparaît comme un mimétisme de posture avant-gardiste, qui se concrétisant en cette époque, viserait à provoquer une certaine terreur. Fantasme rouge-brun à certains moments (au moins au niveau des énoncés), puisqu’il s’agit bien d’abattre des gens, de poser des bombes, d’éliminer les médiocres, de poser l’homme autrement qu’il est, d’invoquer une vérité qui serait voilée par la société et qui pourrait surgir par l’ordre d’une violence. Il s’agit de mettre en critique tout autre posture existentielle des individus, accusés d’être « petits-bourgeois », pseudo-artistes, faux poètes, insignifiant par rapport à la vérité (mais laquelle ?) posée en ellipse par l’auteur de ce texte.
Si le réel dont parle Prigent tient à cela, il est fort à parier, que nous devions nous méfier, et nous ne pouvons qu’être surpris que celui qui est revenu sur ses engagements révolutionnaires dans Ne me faîtes pas dire ce que je n’écris pas, puisse ici sans signe de prudence ou de recul sans explication pour éclaircir davantage ce texte, saluer ce qui se tient dans ce texte. Nostalgie peut-être d’un autre temps, mais paradoxalement lui-même écrivait à propos de celle-ci : « il va de soi que cette résistance ne peut se contenter d’une nostalgie du temps des avant-gardes (…) Ce qui veut dire, pour ce qui me concerne, qu’une bonne part de ce que j’ai pensé et écrit dans les années où j’ai commencé à intervenir publiquement, je le lis aujourd’hui comme naïveté fourvoyée« .

Ainsi, au fil des pages se découvre surtout une vision assez convenue de la modernité, un peu naïve du monde, qui exalte les fantasmes révolutionnaires, d’une critique sociale établie surtout sur les a priori d’une pensée qui ne se confronte pas assez aux mécanismes complexes aussi bien au niveau économique, que politique ou social.

10 mars 2006

[Livre] Action-Writing de Sylvain Courtoux

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 5:12
courtoux

Action-Writing (manuel), Sylvain Courtoux, éditions -Dernier Télégramme-, ISBN : 2-9524151-0-2, prix 10 €.

4ème de couverture :
« Les « avant-gardes » (modèle XXème siècle), sont mortes. Oui. Est-ce que ça a tué ce qui fit qu’il y eut des avant-gardes ? Non. Rien ne tue en art, la passion de l’inouï. Qu’est-ce que l’inouï ? Ce qui détruit les représentations mortes. Quelles représentations ? Celles du monde. La littérature est posée face au réel — dont la violence insensée la défie. Réel ? Rien à voir avec la « réalité » — qui n’est que le réseau des représentations codées, l’articulation du possible (l’idéologie). Rien n’y répond de l’expérience que nous faisons du monde. Tout y vide cette expérience de sens, la mortifie. Tout nous y voue à l’assentiment stupide du lieu commun. De quoi est fait ce réseau ? Des langues qui chaque jour socialement nous parlent. Elles sont médiatiques, politiques, publicitaires, pornographiques, mercantiles, psychiatriques. C’est même plus qu’un réseau : c’est un mur. Il faut le traverser, sauf à ne jamais rien toucher du réel. Traverser est une action. Une action d’écriture : action writing, comme on a dit action painting. C’est donc un geste (une performance), d’abord intransitif. Il s’identifie à sa propre énergie négative : couper, cut-uper, monter, sampler, rythmer au fil de cette passion destructrice des discours de l’idéologie. Mais il est aussi transitif (critique) : il fonde en acte son refus du monde tel qu’il est et de la réalité qui nous programme bêtes de somme des procès d’aliénation. Et il dessine, en creux, un autre réel, irreprésentable — mais identifiable à l’innommable énergie qui impulse la traversée du mur. Voilà ce que tente Sylvain Courtoux. Salut à son formidable effort. Salut à sa rage d’expression. »
Christian Prigent.

26 janvier 2006

[Entretien] Charles Pennequin par Sylvain Courtoux

Filed under: entretiens — Étiquettes : , , — rédaction @ 18:33

Long et passionnant entretien de Charles Pennequin par Sylvain Courtoux. [extrait 1ère question] : "1. Charles, pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Je suis né à Cambrai dans le Nord en 1965. J’écris des textes qui ressemblent parfois à ceux publiés par P.O.L (bibi) ou par Al Dante (Dedans). Il m’arrive d’écrire des poèmes en vers (Bine, chez le Corridor Bleu, ou Le père ce matin, chez Carte Blanche). Beaucoup disent qu’ils ont du mal à lire mes poèmes. Cela m’étonne, parce que pour moi c’est comme ça que je vois l’écriture. Je pense qu’il faut lire Céline, les proses de Beckett, le journal de Nijinski, la graphomanie de Parant, le verbe de Novarina, et on comprendra peut-être un peu mieux après. Mais il faut faire ce travail là, cette traversée (Rabelais ! Proust ! – que j’ai pas encore lu cela dit !), et on ne peut guère la faire pour lui (le lecteur). Faudrait-il lire ce que j’ai lu pour me lire (les écrits bruts, un peu d’Ernst Jandl, de Maurice Roche, du Corbière, beaucoup de Prigent, une pincée de Gertrude Stein…), ce qui m’a intrigué, attiré, repoussé, laissé sur le carreau (l’effet Cadiot, époque « Art poétic’ », l’épaisseur feuilletée d’un Hubert Lucot, la beauté complexe d’un vers de Philippe Beck, le cut-up de Burroughs…) ? Et comment lire ça ? Comment j’ai touché ça de la vue ? Comment j’ai senti physiquement le corps écrit d’Artaud, par exemple ? Qu’est-ce qu’on fait comme expérience, quand on découvre tout ce petit monde ?" Lire la suite

[Livre] NIHIL, INC._7, Sylvain Courtoux

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:42

Nihil, Inc._7 de Sylvain Courtoux,
éditions IKKO
adresse de commande : IKKO, 25, rue Jacques Louvel-Tessier, 75010 Paris
24 pages , ISBN : 2-916911-02-1, 3€

extrait (début) :
« NIHIL, INC._7

Plusieurs ont exploité vos mondes — TOUS LES CODES TRAQUÉS ONT ÉTÉ COMPROMIS — La révolution sera complète quand le langage sera parfait dit-elle — TOUS LES CODES TRAQUÉS ONT ÉTÉ COMPROMIS — Ils feront certainement exploser l’endroit derrière eux quand leurs préparatifs seront terminés dit-elle — La révolution sera complète quand le langage sera parfait — TOUS LES CODES TRAQUÉS ONT ÉTÉ COMPROMIS — Nous nous obstinons toujours à ne pas vouloir lire les signes d’une catastrophe future dit-elle —Nous connaissons leurs méthodes ce sont les nôtres »

Premières impressions : Extrait d’un travail en cours, que Sylvain Courtoux publie comme un single. Car, à lire les premières lignes, ce qui se révèle dans cette prose, c’est bien évidemment qu’elle travaille à partir de samples, de boucles, de rythmes phrasés qui viennent ponctuer le flux qui se déverse [TU PEUX FOUTRE ÇA EN BOUCLE]. Livre qui se rapproche au niveau de la thématique critique de celui de Jérôme Bertin, même si son rapport est davantage spéculatif, et métacritique. On retrouve ici la hargne et la violence face au monde occidental dominé par les techniques, telle qu’elle a initié fin des années 90 les relations qui se tissèrent dans Poésie-express.

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