Libr-critique

7 septembre 2006

[Livre] L’EXP. TOT. de Dominiq Jenvrey

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Dominiq Jenvrey L’EXP. TOT, éditions è®e, ISBN : 2-915453-32-2, 89 p. 11 € [éditions è®e]

4ème de couverture :
L’EXP. TOT (contraction de L’EXPÉRIENCE TOTALE) est une fiction théorique où s’expérimente une écriture du monde. Dominiq Jenvrey y explore les notions de volonté collective et de logique d’ensemble, impliquant à chaque ligne le lecteur, l’amenant à s’interroger sur la notion même d’action. C’est une dissection du monde, littéraire, poétique et ontologique qui se joue ici, passée au scalpel d’une langue singulière, radicale, tranchante jusqu’à la syntaxe. Il faut « bégayer son verbe » pour que la pensée se libère. Parce que l’expérience est totale, on croisera dan ce livre des extra-terrestres, la voix et le corps de Pierre Guyotat, mais aussi une méthode pour prendre le pouvoir et anéantir le capitalisme.
« C’est une pensée de l’action, de la volonté, matérialiste, qui cherche à modifier les actions, à contraindre par la pensée l’action. Pour cela il faut nuire aux représentations dominantes, avec la langue, la langue qui est compromise dans ces représentations auxquelles il faut nuire, la langue va être un enjeu alors. L’expérience est totale parce que tout s’implique, qu’il n’y a pas d’enjeux autonomes, que la langue est politique parce qu’elle est engagée dans le fonctionnement du monde. Et puisque la langue est un enjeu, ce dernier ne peut être porté que par la littérature » D. J

Premières impressions :
Éric Arlix, et les éditions è®e poursuivent leur exploration des formes radicales de la critique sociale et politique. Ainsi après l’excellente publication de Les Luddites/Bris de machines, économie politique et histoire, de Vincent Bourdeau, François Jarrige et Julien Vincent, qui a permis de revenir sur la question de la désinflation relationnelle à la technique et ouvert le débat par exemple dans un très bon dossier de Chronicart, la publication du texte de Jenvrey poursuit cette exploration des possibles formes critiques. Ceci n’est pas surprenant quand on connaît un peu le travail de Arlix et ses propres recherches menées, tout d’abord dans Mise à jour et Et hop aux éditions Al dante, puis Le monde jou aux éditions verticales.
Le texte de Dominiq Jenvrey développe le rapport de polémos — et ceci au coeur d’une langue travaillée par la modernité — entre la raison et l’exp. tot qui se signifie selon l’excroissance psychologique de la logiq d’ensemble. La raison, comme le souligne ce texte est l’abstraction d’éléments qui dès lors sont disjoints et posés en séparation. Tout au contraire, l’action, pour être, ne peut se détacher de la logiq d’ensemble, à savoir de la totalité Dumonde, au sens où « l’être n’existe pas indépendamment Dumonde« . L’action, si elle est celle de corps dans l’espace et le temps, se donne alors pour Dominiq Jenvrey, et en cela il croise Progénitures de Guyotat, dans la littérature, qui est exp. tot Dumonde en tant qu’une « langue fabrique Unmonde« .
Avec cette publication, les éditions è®e montre en quel sens, il est possible de se tenir encore dans l’ouverture de l’horizon moderne de la critique, sans retomber dans les attraits parfois usés justement de certaines formes de formulations qui prétendent à la révolution. PB

[video] Hermaphrodites : 100 raisons de déchirer ma carte électorale

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Pour bien débuter cette année 2007, année électorale : une lecture des hermaphrodites 100 raisons de déchirer ma carte électorale. Elle a eu lieu au Centre Noroit (RIPE) à l’invitation de l’association Trame-Ouest. [durée 10 mn]voir :

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4 septembre 2006

[audio] Sébastien Lespinasse, A l’orée des villes

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Sébastien Lespinasse _ A l’orée des villes
Lecture extraite du CD-audio R. Cette découverte de Sébastien Lespinasse se poursuivra avec un deuxième enregistrement issu de son CD : une des interprétations de R. Download Link

[texte] Demain je meurs, Christian Prigent

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Ce texte est un extrait de DEMAIN JE MEURS, à paraître aux éditions POL, en janvier 2007. Christian Prigent nous a fait l’amitié de nous en donner le début. Il avait lu, lors de la manifestation Généalogi-Z 2.0 en décembre 2005 un autre extrait [prochainement en vidéo].

« Aïe zut, djà la rouscaille : ça grommelle ronchon derrière du papier peint. En gros c’est comme d’hab : jour démarre grincheux côté parentèle. D’où : crispation des masticatoires et régurgité de goût dégueulasse dans les glandes de bouche. Question : la geinte vient des placards ou du lieu d’aisance ? Cherche pas à savoir : ça mettrait du noir dans l’aube qu’était claire au saut de ton lit, toi qui prévoyais randonnée cycliste parmi la nature avec la trempette en iode chez les crabes au bout du parcours. Puis la sieste en long parmi les galets et le tressauté des puces de sable pour cuire les boutons qui te grattent le lard et bronzer ta couenne. »[lire la suite] .

[texte] Cracher dans la soupe, Antoine Boute

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Cracher dans la soupe [extrait] Antoine Boute

cracher la cruauté le sein de mes amies est à arracher ventre à terre

croûtes à l’affût de barbituriques à l’aisselle le sang menstruel participe 
de violences à famines tout le long du sursis la cruauté même de dire 
oui de dire oui je vais boire ça le liquide pâte même où je crache

processus de déssalinisation de la langue à l’œil oui mais le fric 
dans l’aine de mes amies les filles les filles putes ont pris possession de ça

la cervelle et l’œil le ventre la peau de mon nez j’ai une pute au cerveau

et dans l’oeil également la gorge s’en mêle dédales de viande parcourir 
des plaines et des plaines en compagnie d’amazones sein arraché 
à boire leur sang dans des coupes je crache au liquide bois le liquide

et je dis tiens coupe ta paume regarde-moi et laisse-moi te couper la 
paume et elle également qui me coupe la paume la cuisse du sang essaie

sida qui te prend à être faible tout faible et entier pâle l’aorte gambade

le sexuel timide se met à bouger frotter les berges les berges les corps 
des autres affine la coupe durcie attends-toi pas à ce que pour toi 
le sang coagule gangrène imminente du pénis c’est triste de voir ça 
je suis explosé de cruel débile nage à la manière de pissées viandes et 
couches d’orties constamment constamment la défonce du cèdre 
au cerveau cavaler aux plaines cavaler cavaler aux plaines abdiquer

la violence fait se barbouiller la face jusque loin tu vois la résistance 
de l’os là au fond du corps bouffi de l’autre où tu plonges toi là ta fête à toi

la fête c’est la fête la fête toute vraie moi je dis et la pisse à l’œil pisse

c’est quoi de plus cruel macaque que de se pisser rire dévorer blanc

s’arque alors vas-y arque arque-toi le dos vas-y arque-toi le dos on voit

comment les corps se mettent en cascade les palourdes à l’étron le menu 
frotti-frotta mes amies sont toutes guêpes des guêpes à les cuisses le 
sanguin s’infecte je te dis de bouffer alors bouffe je crache nous crachons 
à la bouche lèvre ou bien l’œil de l’autre l’autrui de la gorge duquel

gorge duquel mettre se mettre rancart rendez-vous technique sablé 
avec orties cruelles ta gueule cruelle la défroque est tordue à nos peaux 
la défroque maintient l’aine elle bien basse je te jure ces filles tordent

elles brassent l’obscénité même avec entendement l’agir sang j’aime sang 
j’aime c’est quoi le pli entre menstrues guêpes les orties et cette paume là

l’eau déchargée de douleur ou l’autre d’entre elles l’eau monte ici

le charisme en chemin se faire foutre de lumière le feu roucoule 
ou croupit au ventre le feu décharge aux culs chacun sa lessive je bouffe 
les draps les viandes je mange avale j’affectionne de mâcher les entrailles

l’odeur de l’autre pet destruction l’œil cadavre chargé de plaire je plais 
je fais plaire mes amies plaisent et bouffent se font bouffer ça suffit 
non ça suffit pas c’est pas non c’est pas assez c’est pas assez elles pissent 
le rire est aveugle sarclé haut bicoque triviale à se mettre là nez 
groin à l’os de l’autre en tant qu’autre diction de viande en bouche 
j’ai mis la farce à faisander ton pli de peaux là vulve qui parle frotte

les filles et la guerre filles et la gorge la peste et l’occident le citron tord

je mords aux lèvres qui se mettent à parler je frotte ma technique à la 
glaise souches molles de la débandade calculée des coups à prendre des 
avals de liquide le pus se forme à nos paumes que tu coupes nous 
coupons les plissures il s’agit de savoir tendre le ventre la cuisse écarte

et le fric écarte le fric écarte il y a vilaine et fureur à pisser c’est doux 
là contre toi ma peau ta peau tiède mi-tiède ton odeur graisse l’air

la graisse de l’air n’est pas ce qui sèche le pli le pli ne sèche pas crache 
toi là contre aine et bordels tics occasionnels à se foutre par terre en bas 
grosse tache de sang menstrues asséchées ça y est les amazones au pays

[Livre] Arrête arrête continue continue, si tu veux de Claude Yvroud

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Claude Yvroud Arrête arrête continue continue, si tu veux, éditions PROPOS/2, ISBN : 2-912144-40-X, 58 p., 9 € [www.propos2editions.net]

4ème de couverture :
« Voilà ce que nous épuisons désespérant avec les jours plus ou moins comme ceci ou comme cela ce qui ressemble à quoi on se met là mettez vous là assis non pas debout non non pas de presque d’approximatif rien retournez-vous je saute nue! au repos et dans le champ ! en mouvement très acide ! très mais dans le champ on pourrait décrire on pourrait déclencher qu’elle on pourrait une habitude de la vision oeuvrant vous nue une copie plus ou moins exacte au repos ! »

Premières impressions :
Quatrième de couverture, comme couverture (qui est une photographie de Claude Yvroud), l’ensemble du livre se pose en liaison à la pose, à cette pause demandée par le photographe afin de saisir ce qui fait face à l’objectif : femme, monde, espace quasi-insituable. Objectif de vue et de saisie : ici le livre-photographe. En une longue prosodie monologuée, hachée, aux exclamations nombreuses, nous suivons cette opération de la photographie, les interrogations qu’elle implique (« n’oublie jamais que l’écran a trois dimensions déchirées entre !« ), et ses fins : « l’univers où la beauté s’affirme en nécessité absolue !« . Selon un rythme trépidant de la phrase, qui se bouscule, se bouleverse, s’effondre pour se reprendre, peu à peu, cette beauté du monde dont parle Yvroud, se révèle être non pas le plan général d’un monde harmonieux, mais le détail focalisé : « notre préférence va vers ce qui est très rapproché ! c’est à dire y est déjà la bouche contre ! » qui de plan photographique en plan photographique varie temporellement et infiniment. Plus qu’une simple prosodie, Claude Yvroud, qui travaille aussi beaucoup la photographie et la vidéo, explique son rapport à cette captation et le met en liaison avec le travail de la langue. PB

2 septembre 2006

Eaux fortes, Loïc Robin [CD-ROM]

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , — rédaction @ 8:28
robin062

Loïc Robin Eaux fortes, CD-rom, 15 € [contact pour les commandes : robin.loic@free.fr]

Présentation de libr-critique.com :
Eaux fortes se présente comme une élaboration cartographiée du rapport entre la langue et la surpuissance des éléments : ici la mer et son rapport à la terre. Tel que Loïc Robin l’exprime dans un entretien que nous faisons actuellement : « le sentiment esthétique (ici les bords de mer) est tellement puissant qu’il rend la langue muette« . Au lieu de tenir la langue dans la profusion phénoménologique du réel, la langue se rétracte, se refuse quasi à sa donation, pour ne plus se rencontrer que dans des traces d’elle-même. Non pas langue de l’auteur, mais trace de la langue humaine, trace d’écrits en bordure de mer (affiche, panneaux de commerces) qui sont resitués dans le contexte de cette présence maritime. En quelque sorte, le travail de Loïc Robin prend le contre-pied de la tentation de reconstruction du fourmillement du réel, pour ne donner à voir que d’infimes détails de la langue humaine qui s’est installée sur les bords de mer. Proche en cela de la poésie concrète, de la poésie visive ou élémentaire au sens de Blaine, il travaille sur des déplacements de motifs linguistiques essaimés et les recontextualise par collage et selon des variations permises à partir de la programmation en flash. PB

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