Opération Libr-mai (carte blanche aux libr-écrivains) : merci à tous ceux qui nous ont envoyé des messages de sympathie et/ou des contributions textuelles ou sonores… Après Cuhel et Berrnard Desportes, nous mettrons en ligne Yves Justamante, Nicolas Richard, Serge Martin/Ritman… N’hésitez pas : continuez vos envois à libr.critik@yahoo.fr. [Pour les SP : Philippe BOISNARD, 100 rue de Gond 16 000 Angoulême ; Fabrice THUMEREL, 40 rue du 1er mai 59113 Seclin].
Cette semaine, encore des livres et beaucoup d’événements à ne pas manquer ! Nous inaugurons en outre une rubrique consacrée à Publie.net.
10 mai 2009
[News] News du Dimanche
13 septembre 2007
[chronique] L’IDIEU de Christophe Manon
Tout commence par l’exergue, de Giordano Bruno, connu pour avoir été brûlé sur le Campo Di Fiori suite à sa condamnation pour hérésie et son emprisonnement de 10 ans. Giordano Bruno, qui dans ses textes, énonçait que l’homme non seulement n’était pas sur une terre centrale dans l’Univers, mais que dans l’Univers, il y avait aussi d’autres terres, lointaines, avec d’autres créatures, elles-mêmes regardant vers l’infini, en direction des autres planètes, et dès lors vers notre terre.
Tout commence par cela, l’Univers peuplé, généreux, qui se donne dans la joie de la matière et de son infini :
« C’est donc vers l’air que je déploie mes ailes confiantes
Ne craignant nul obstacle, ni de cristal, ni de verre,
Je fends les cieux et m’érige à l’infini,
Et tandis que de ce globe je m’élève vers d’autres globes
Et pénètre au-delà par le champ éthéré,
Je laisse derrière moi ce que d’autres voient de loin. » (Giordano Bruno, épitaphe que l’on peut retrouver dans sa lettre de 1597 à son éditeur)
Christophe Manon pose son texte à partir de cette présence de l’homme sur terre, « solitude : noir au-dessus : des fonds : sans fin. » Phrase qui ouvre et clôt aussi le livre, dans un mouvement en spirale, tout comme le texte se déroule, toute en répétitions circulaires qui enflent et se referment pour repartir dans une ouverture infinie. On retrouve ici la langue de Christophe Manon, celle de Totems intérieurs de Ruminations (publiés tous les deux aux éditions Ateliers de l’Agneau). Cette langue haletante, emportée, dans un bégaiement qui recrée une nouvelle syntaxe, à la musicalité morcelée, et nous fait entendre les mots de façon différente, ne se compose non pas d’abord linguistiquement, mais à partir d’une conception ontologique de l’Univers très spécifique. En effet, cette situation de solitude, quasi existentielle, que pose Manon dés les premières pages de son livre, s’ouvre immédiatement par une explosion et une fusion de matières, par une multiplication des sens et des sensations.
D’emblée, on retrouve une ontologie proche de la mystique, chaque être, chaque élément du monde s’interpénètre, et l’homme dans son immense solitude est aussi grand que l’Univers et l’Univers est à sa taille, mesure et démesure . Croisant ainsi Pascal ou encore Angélus Silésius, l’ontologie de Manon, héritée en quelque sorte de PlotinDans ses Ennéades, Plotin montre que la voie du Simple n’est pas celle privilégiée de la réflexion et de l’intellect, mais qu’au contraire, c’est bien la sensation de co-appartenance qui permet de vibrer à l’unisson de l’Un. C’est pourquoi, la plante touche et est touchée immédiatement, et non pas médiatement comme par l’esprit, par le Simple. On retrouvera cette voie mystique chez Porphyre et son Hymne à Dieu., s’ouvre comme la co-appartenance de chaque chose au même, au simple.
La poésie de Christophe Manon ainsi ne s’inscrit ni dans une forme de réflexion sur la langue communicationnelle, ni à partir d’un fond anthropologique, mais elle se donne comme un hymne à l’être, au-delà du jugement humain. La grandeur du sujet qui s’exprime dans le poème est de toucher les propriétés de l’Univers, en étant touché par elles, que cela soit sa beauté absolue, son éternité autant que sa dévastation. Sa grandeur est de se laisser traverser par les forces de vie et les forces d’altérations, et de savoir écouter et ressentir aussi bien la force de son corps irrigué de tous « les flux des passions » que les « petites pulsations du possible » qui sont « des trous de vers » « dans la toile du temps », ou la mort, présence permanente, au coeur même de la vie, elle est une énergie aussi forte que celle-ci, car la décomposition, la pourriture, est aussi le ferment de la vie, ce qui ouvre au recommencement.
Manon développe donc un au-delà du nihilisme afin de montrer comment se constitue un regard de l’homme sur le monde, en quel sens ce sentiment de co-appartenance de l’homme à l’Univers, est une force, celle de la vie qui déborde, du « coeur [qui] cogne et [qui] veut: s’envoler« . Ce regard de l’homme, s’il est celui du guerrier, est aussi un regard empli d’amour : on comprend dès lors la nature de cette langue lyrique de Manon, une langue de l’emportement, du débordement, et de la déclaration, pour dire le bonheur ravageur que lui procure la vie. Cet amour et ce bonheur ne sont pas, bien évidemment, dans ce contexte, psychologiques, mais sont insufflés par l’Univers lui-même. Toutefois, même si c’est l’amour qui irrigue chaque mot, si le sujet est pris dans une illumination, il ne peut être aveugle face au monde, face à sa poussée et ses dévastations : l’assombrissement de la terre. Et le rythme qui s’exprime au coeur du poème est aussi celui de la décomposition des choses et des êtres, pour en arriver à leur disparition dans le noir « des fonds ».
« La terre s’aplatit pour être : moins visible. La nuit aux yeux nombreux jette : ses premiers feux. (…) La mer n’existe plus. La ruine a envahi : la Terre : c’est fait. Un poisson crevé plane : jusqu’au centre du globe ».
« un sac noir l’univers et la lune devient comme: du sang et les étoiles du ciel tombent sur: la Terre ainsi: des fruits trop murs »
C’est par ces traits que se révèle la signification de l’idieu. « Idieu / idieu je suis un: idieu positivement : idieu. Je suis issu du croisement d’un: idiot et d’un dieu ».
L’idiot c’est celui qui justement, en propre, est singulier, vit singulièrement son sentiment d’être au monde. C’est celui qui s’étonne et qui s’élance, qui sait recevoir l’immédiateté des choses, c’est celui qui n’est pas dans la duplicité, trop simple pour être double, tête de Janus. L’idiot est en ce sens archaïque : proche des fonds. Et l’idiot est aussi un dieu, car le monde est à sa mesure, il en est le maître et le serviteur. « je suis: un petit animal apprivoisé » + « je suis sur: toute la surface de mes vêtements et bien au-delà et je sais que: c’est encore moi tout autour de moi ».
A la croisée des mystiques de cette histoire parallèle de l’Occident, mais aussi d’Antonin Artaud dont on peut entendre les échos glossolaliques, ce texte de Christophe Manon, hymne à la béatitude d’être, est véritablement d’une beauté exceptionnelle.
10 septembre 2007
[Livre] Christophe Manon, L’IDIEU
Christophe Manon, L’IDIEU, éditions IKKO, 60 p.
ISBN : 978-2-916011-11-0, 12 €. [site]
4ème de couverture :
Je travaille à : l’avènement hasardeux et précaire de possibles insoupçonnés à : l’émergence de possibilités inouïes. Toutes les vieilles connaissances je les chiffonne en : une boule de papier mâché. Il m’arrive même de penser que d’une manière générale là où il y a : un et encore : un il y a aussi : trois et cinq et sept et l’infini. Ma joie est : grande. En marchant à mes côté elle bouscule : les imbéciles et leur saisit : le cou par : les narines. Et dire que récemment j’étais très fier : de mon crâne humainen le comparant : à l’arête ossifiée et : aux dents féroces : d’un gorille.
Premières impressions
Avec ce livre, Christophe Manon approfondit l’ontologie qui était apparue dès ses premiers textes, Totems Intérieurs ou encore Ruminations. D’allure tout à la fois mystérieux, débordant d’énergie, et avec un certain lyrisme, L’IDIEU se présente comme un hymne à la vie : « J’aspire: la vie/j’avale: lavie/je l’absorbe/je la dévore » (p.14). Ce livre met s’il met en critique le rythme humain du monde, « La terre s’aplatit pour être : moins visible (…) La ruine a envahi : la Terre : c’est fait » (p.32), il dépasse néanmoins le constat du nihilisme par sa langue vibrante et son hymne à l’infini qui brille, obscur, dans le corps de l’homme.
Comme je le montrerai dans ma critique (13 septembre), ce trajet poétique de Christophe Manon croise la route des mystiques de Plotin à Angélus Silésius en passant par Giordano Bruno qui signe l’exergue de son livre./PB/
5 septembre 2007
[NEWS] Mort de Michel Valprémy
C’est par un mail des éditions Ateliers de l’Agneau, que j’ai appris douloureusement hier soir la mort de Michel Valprémy. Je ne le connaissais que très peu, seulement croisé quelques fois, quelques mots échangés, un souvenir de douceur me reste. Je mets avec cette triste nouvelle l’article que j’avais consacré en 2004 à La Mamort qu’il avait co-écrit avec Christophe Manon, publié par Les Ateliers de l’Agneau. Pour en savoir plus sur ses oeuvres, il est possible de consulter la page consacré à lui par l’arpel ou de se reporter au site Poésie élémentaire de Didier Moulinier [ici].
La Mamort
Christophe Manon et Michel valprémy
Lorsque dans les années 1925-1927, Heidegger constitue son analyse existentiale du Dasein, il explique que de la mort, du mourir, seul l’homme singulier peut en parler, possède cette puissance propre par rapport à lui-même. Car la mort est toujours la mienne, ma ma-mort, cette mienneté qui à la fois est horizon et rien (Epicure), à la fois l’extrême des possibles de l’existence et simultanément l’abîme de tout possible pour elle.
C’est ainsi, que non sans une certaine surprise, au titre de La Mamort, de ce rapport à cette fin-mienne, nous pouvons voir, dans l’une des dernières parutions des éditions Atelier de l’Agneau, non pas un auteur, mais deux, deux langues et écritures qui se lient dans cette question de la mienneté de la mort, du rapport que l’on a face à ce qui toujours présent sous la forme du revenant, cependant ne se présente jamais à soi autrement que par la distance d’un temps qui n’a de cesse de différer.
La Mamort, est écrit par Christophe Manon et Michel Valprémy. Chez le premier, que pour ma part je lis assidûment depuis quelques années, de ses premières parutions à l’Atelier de l’Agneau ou dans des revues comme Le jardin ouvrier, il est évident que la question de la mort, est prégnante. Dès Totems intérieurs, cette énigme creuse la langue, car « la nuit oui la nuit frémit dans le creux de sa bouche et dans ses artères étouffe le fluide des anges morts ». Du second, que je connais moins, ayant moins fréquenté ses textes, il est aussi certain, que cette nébuleuse du langage, de même le poursuit, peut-être avec moins de hargne dans la langue, mais non pas moins d’intensité. Il explique ainsi que c’est cette part d’ombre qui hoquette en nous face à la mort des autres. « La mort encore clignote la mort est vert acide » (Cadastre du clair/obscur, ed. Atelier de l’agneau). Deux auteurs, de générations différentes, qui en viennent à partager l’impartageable. Et c’est là le défi de ce livre la question de partager dans la langue ce qui même pour soi s’échappe et se retire, se défile face au temps, face aux traits de l’écriture.
En fait, ce qu’ils en viennent à partager n’est pas de l’ordre justement de la mort, qui est l’irréalisable pour la langue, puisque c’est justement son inter-dit, mais plus précisément, le reflet de nous-même face à la mort, ou pour reprendre davantage Blanchot que Bataille, non pas la mort, mais en quel sens l’existence se ressent dans le mourir, se constitue matérielle et vibrante dans la spectralité de ce syntagme qui la hante. « Mamort m’enrôle / Au balcon, au miroir / Cadavre pend. »
Et c’est justement là , que non seulement le dialogue est possible, mais qu’il est nécessaire, en tant que lieu même de la possibilité de poser par l’autre, mais aussi pour lui, ce que c’est que le témoignage de l’inexorable de notre propre finitude. Car c’est bien de là que partent les deux auteurs, qui se croisent d’une page à l’autre dans l’anonymat des paragraphes, oui, c’est bien de cette finitude de soi, et de la signature de celle-ci par la Mamort, que tout commence, cette présence de l’absente trouant et abrasant la langue, au point de la soumettre à ses propres extrémités au niveau de son dire : « Le corps tiré à quatre épingles, j’embrase mes solitudes, je fouille mes crépuscules. Mes ornières, je les gratte, je les respire. Des tessons grouillent dans mes silences, j’enrage ».
Le silence à cette présence d’absence de la mort, ne sont autre que ce mal-confort de la langue elle-même, irrémédiablement attirée vers le dire, et qui pourtant sans pouvoir réfréner cet appel, ne peut faire autrement que de sentir l’acidité du trou de présence qui vient éroder, laminer et soumettre à l’illusion, toute prétention d’en tenir un dire, car « Mamort se barbouille le visage de suie, remplit ses orifices de poivre, de girofle, de salpêtre et de boue ». Elle attise et démange le dire tout en le privant de sa possibilité de tenir en lui ce qu’elle est. Pour les deux auteurs, se questionner sur la Mamort, ainsi devient l’exploration du reflet de soi, de sa propre opacité d’être en liaison avec celle-ci. Se découvre alors pour eux, et ceci selon une certaine forme de nécessité à laquelle nous a sensibilisé depuis 30 ans Christian Prigent, que la Mamort loin d’être gouffre du discours (son échec), par cette étrangeté de sa présence en tant qu’absence est « mamelle » du dire, ouverture sereine du dire à ce qui se dérobe de lui tout en en étant la source scellée. Mamort, matrice, mater et amante de la langue, la langue toujours hantée par son point final, le clou qui la fixera à un terme à jamais indésirable.
De cette nécessité, Valprémy et Manon, ouvrent alors l’idiolectal d’un rapport à soi, où toute dichotomie entre soi et le monde s’effondre. Car la Mamort tire ses visages des traces de ce qu’elle a traversé sans plus y être, de ce qui pourrait être et qui ne sera jamais.
La Mamort est ouverture aux possibles qui peuvent se réaliser ou pas, aux virtualités qui pourraient s’actualiser ou pas. La Mamort est ce reflet de soi, non pas au présent, mais à venir, en réserve d’un temps à naître dans le périr. « Est-elle nuée d’abeilles au doux bourdonnement ou coquille d’huître becquetée par la poule aux aguets ? (…) est-elle charogne pourrissante où naissent des milliers d’asticots et de frelons ? ».
La Mamort n’est plus alors la seule image de moi, de cette possibilité de mes morts, ou de la mort d’autrui (comment ne pas penser à Michaux ici), mais elle s’inscrit en moi à travers les mille détails du périr qui régit la nature, de ce périr duquel je ne peux m’abstraire qui se déverse en moi par les baies éventrées d’un regard qui ne peut trouver de sommeil absolu autrement que d’accepter la Mamort. C’est pourquoi, « je tends mes ligaments au-dessus des nausées, mes pupilles, je les relie aux sommeils des larves, aux camisoles, aux effrois des troènes », c’est pourquoi par la spectralité de ma Mamort, Valprémy et Manon insistent sur le fait que nous ne faisons pas tant face aux autres morts, qu’au chant inouï de la Mamort qui nous guette et nous tenaille, forme et grêle les image au cœur de nos êtres, « dans mon crâne fleurissent les transmutations / de la crasse en varech et du fiel en joie ». Et que c’est de là que nous tirons notre vie, nos souffles.
« Non, Mamort, peste porcine, ma scarlatine, tu n’es pas une machine à broyer les atomes et tu as beau proliférer en moi comme des métastases, tu ne peux rien contre mes ferveurs car je brûle d’un feu plus ardent que le tien »
Comme nous le constatons, loin du discours actuelle sur la mort, de ce refus du mourir (donc du vieillissement, de l’accidentalité essentielle à l’existence), loin de la sacralisation de l’immortalité sous perfusion et ordonnance, Manon et Valprémy nous ouvrent à la condition ontologique de notre humaine finitude. Leur langue, croisée, peut-être mêlée, car jamais cela n’est dit (même si une analyse stylistique quand on connaît les deux auteurs peut permettre de voir les passages écrits soit par l’un, soit par l’autre), proche de celle d’un Savitzkaya, ne tient pas alors de la peur, mais de cette angoisse féconde dont parlait Heidegger en analysant cette charnière de la mort au niveau de l’intentionnalité. Langue qui est alors déliée de la promesse aux langages communicationnels, mais qui a du accomplir une transvaluation du dire et de ses régimes symboliques pour exprimer ce qui là , au non-lieu d’une impossible ostension, a lieu. Langue organique, aux variations animalières ou végétales, langue de la matière et de la vie et non pas de l’ascèse en retrait des concepts. Langue pour dire que par la Mamort, se donne aussi l’amour, le désir, l’intensité, les tempêtes qui ravagent contrées et vie pullulante, langue qui par son abîme trouve la générosité du dire.
C’est ainsi que se révèle, cette étrange lettre ou adresse qui apparaît vers la fin du livre (pp.43-46), adresse tout à la fois douloureuse et radieuse d’amour pour celui-là qui est mort, mort-né, frère avorté, frère décimé à l’origine par la Mamort. En effet, dans ces pages, sensibles sans jamais de pathétique, sans jamais de beaux sentiments comme l’époque aime à nous les vendre, l’écriture parle de celui qui jamais ne vit le jour, qui jamais ne pu partager la vie avec celui qui écrit. Et loin de toute plainte, c’est un vrai hymne à la vie qui se tisse, Mamort, reflet des possibles de soi, qui n’auront pas eu lieu, mais « maintenant je suis calme. (…) J’ai l’amour aussi épais qu’un goitre, aussi profond qu’une grotte de houille. Petit frère, maintenant je bois à grandes gorgées le bouillon de mes vies ».
La Mamort de Christophe Manon et Michel Valprémy, est ainsi beaucoup plus qu’un simple livre de poésie, il est l’ouverture urgente à une pensée de la vie qui a réussie à quitter les illusions ontologiques de la pensée époquale de la mort. Nous aimons énormément Les ateliers de l’Agneau lorsqu’il nous donne à lire de tel livre.
[+] Voir aussi le bel hommage de Ronald Klapka sur remue.net
29 novembre 2006
[livre] Christophe Manon, Constellations
Christophe Manon, Constellations, musiques de motif_r et Yod, Estampes de Pierre Tournier; éditions Ragage, livre + CD, 55 p., ISBN : 2-915460-26-4, 16 €.
Extrait (nous ne donnons à lire que le texte, car l’ensemble du poème est spatialisé, mots en liberté, ou encore concrète-poésie) :
courbes et droites en nombre infini suspendues dans l’ovoïde
espace outremer
spirales en circulation libre
rayonnement de FORCES à travers molécules et particules
passe un rêve d’étourneaux
montent les silences du coeur du silence
et la contemplation saisit les graminées en plein vol
nappes d’AMOUR sur les seins blancs de la mer indécise
Première impression :
Dans l’interview que nous avons fait lors du salon light#3, Christophe Manon et Antoine Dufeu, qui travaillent ensembles aux éditions IKKO, parlaient du lyrisme. Lorsque l’on lit cet hymne à l’univers, au cosmos, tout à la fois en équilibre et en mouvement, en bouillonnement, il est certain — et l’extrait ici en témoigne — qu’un certain lyrisme apparaît. Mais loin d’un retour, il est sans doute ici question de la création d’une ligne de fuite de ce que l’on nomme communément le lyrisme, et l’aspect formel, des mots et des graphies semble venir confirmer cette ouverture en perspective d’un nouveau lyrisme./PB/
12 novembre 2006
[vlog] Interview d’Antoine Dufeu et de Christophe Manon, responsables des éditions IKKO
[en quasi-direct du salon Light#3 organisé par le CNEAI, un premier interview fait le 11 novembre au soir avec Antoine Dufeu et Christophe Manon. Cet interview permet de revenir sur la création de IKKO et les particularités de ces éditions, qui pubient aussi bien de la poésie que des petits textes politiques ou bien d’épistémologie. Cet interview présente aussi la future revue de ces éditions. durée 11 mn]
3 juin 2006
[livre] Grande Beuverie de poètes au ciel, Christophe Manon
Christophe Manon Grande Beuverie de poètes au ciel, éditions Le clou dans le fer , isbn : 2-9526347-1-8, 8 pages en affiche, 4 €.
Extrait :
En chemin on croise Andreï Biély.
Il agite les bras furieusement.
À croire que le soleil a cogné, cogné,
cogné sur son crâne en lévitation.
« Il y a des livres, dit-il, des livres qui réduisent au maximum
l’écart entre les CORDES DE LA LANGUE et L’AXE DA LA VIE.
Ils sont composés d’éléments divers et variés :
de sève et de sang, de vents et d’os, d’air et de chair.
Ils sont bleus, rouges, jaunes, verts, mauves, mauves, mauves.
Ils multiplient par -1 le rapport fondamental de la vie et du
vide et sont semblables à des points d’interrogation (????). »
Et le voilà qui nous entraîne bras dessus bras dessous
vers le Glossolalie, son troquet favori.
Premières impressions :
Cela m’a fait plaisir de recevoir cette petite publication. En effet, elle reprend le texte que j’avais commandé à Christophe Manon pour l’enquête sur la lecture que je menais pour la revue Fusées. Comme quoi ce texte a circulé, et a trouvé un lieu pour apparaître dans toute sa force. Belle initiative de la part du Clou dans le fer, même si, certains trouveront un peu cher ce A3 couleur recto-verso.