Libr-critique

14 novembre 2020

[Texte] Christophe Stolowicki, J’aime le gouleyant de l’intériorité

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Je suis amoureux de la beauté dont la joliesse est la performance paradoxale. Je tiens le sommeil paradoxal pour la performance dont mon intériorité sortira grandie. J’aime Oscar Wilde, le Prince paradoxe, pour la supériorité intellectuelle dont ses bons mots sont la performance subtilement cinglante. J’aime Ghérasim Luca pour son intériorité rejaillie en performances de fond de langue. J’aime l’intériorité savamment virtuose de Thelonious Monk interprétant les performances swinguées de Duke Ellington (Monk Plays Duke Ellington, 1955). Aux concours de performances que sont les jam-sessions, je préfère le travail en studio, et l’écrit à l’oral. Je pratique l’oral intériorisé.

Parmi mes vins préférés sont les Pomerols qui à l’intériorité à rebonds du bordeaux marient le gouleyant du bourgogne. Je ne bois pas de champagne dont les bulles font plouf.

13 novembre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidemiK (19)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:55

Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dix-huitième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

… (infiltration d’épidémie, suite ) ……………………………………….… collabo marron de la guerre d’Algérie du tiercé avec cuisine intégrée frigo-verrou camouflé derrière fausse porte de commode verrou grosse bagnole de merde marron de merde coupes de championnat de pétanque de belote de foot de papa du trou autoritaire musée-verrou de la langue-verrou mensonge-accélérateur bière et pinard collège-verrou papa peureux-musée-chiotte de visa citroën crachant l’alpha-merde papa gamma sur le plateau télévision en sous-couche du plateau-musée supérieur bourré à mort de merde enrichie de sur-merde de langage télévision-maman-langue-babouin rayon x prof auto-chenille marron déflagrant les mots-rafales gachette dans la trachée pour tasser la vomissure de lycée des rayons électriques par plateaux successifs dans la trachée administrative du langage télévision accéléré par la matrice-musée enfoncée au manche de pioche matraque para-militaire du chargeur fonctionnaire-syndicaliste gris obtus spécial-vacances normales avec la crosse enfoncée dans le cul-télévision l’animateur normal se sodomisant avec l’antenne du pouvoir normal anti-érotique la langue des structures destructurées ensanglantée arrachée à la langue contre-structure et l’esclave chantant les mots dispersés multi-color dans le canapé-télévision-cercueil-musée marron verrou contre-désir avec la salive raciste normale grise en chantant des chansons normales gala-galeuses-top eurovision réactionnaire contre les chansons polychromées d’une grande conceptualité extrêmement impure et improvisée dans la langue onomatopée multi-palette neuve magique extra-bruitiste nouvelle audacieuse expérimentée mixée critiquée repensée déconstruite décalée déchargée en dégueuligraphik par la centrale dictature-lettres modernes verrou de veau télévisé dans le tombeau Léon Zitrone comme gros rat vache Gaulliste pur porc interville avec le mur de Berlin
…….. Joël Hubaut 1976 ………………………………………………….

Portrait épidémik de W.S. Burroughs, série peinture grise exposé en 1975 à la galerie noire Paris (acrylique sur toile ), Joël Hubaut, 1975.

4 novembre 2020

[Texte] Sébastien Ecorce, Fossilisée tombe sur un…

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 21:46

Revoici Sébastien Ecorce – professeur de Neurobio à ICM, Salpètrière, écrivain-poète -, que nous remercions pour ce deuxième extrait d’un travail en cours. [Lire son dernier texte sur LIBR-CRITIQUE]

 

Fossilisée tombe sur un

               -Os-

L’esprit

               Ou

Paysage dans la cervelle

               (Ultrasonique)

 

Effraction sans repos

 

Et le poids des linéations

Economie surfacielle

 

     Les laminations

 

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Phallus sans aurore

     Couilles de morts

Phalanstère à l’hymen

     Des gestes barrière

Le milieu n’est pas le

     (Juste milieu)

 

L’anacrouse avant

               la bouche

 

L’esprit refait le chien et va

        Coller

 

Ses mots son cri et son silence

 

 

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        Sont tenus.

        Du

        Ciel s’estompant.

 

        Comme étranger à

               (Considérer)

 

Le corps. Tiens. Qui vient

Sous peuplier rapproché

 

 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 

 

 

Bouche vierge plastronne ouverte

Socle trogne ligature hyper-glosse

Incarnation pathétique forme douce et perte

Se faire claquer à mains nues rosses.

 

 

Regard d’errance pour invention d’un paysage

Dressant de tout inachevé greffe le destin

Les eaux vives vaste monde géographies hors d’Age

Le toucher mouvant prurits sacristains.

 

 

(…)

 

 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 

 

 

Souffle.

 

 

 

C’est ph’syque……. ça sonne…….tractionne

Ou phtisique……et toc………v’là l’roque

      Cloaque,

A chacun son

      Styx.

 

 

Souffle, souffle,

 

 

A quoi sert

Tourner dans le vide

 

 

Souffle, souffle

 

 

Tailler dans le vif

Le nerf griffure

 

 

Souffle, souffle

 

 

Y-a d’l’os à poudre

Répandre en queue

 

 

 

Souffle, souffle

 

 

De foutre

Bête-à-immonde

 

 

Souffle, souffle,

 

 

Obsidienne

Eruptive

Ou génuflexion

De la vision

Ferrée, manque

Diagonale suc

Sans excès

Du toujours

Comme ça.

 

 

Souffle, souffle,

Au bord

Du noyau

Ex-fente.

 

 

Singe en…sub…linguale

Ou phratrie

Ça tire lasse

Sauf par faire

Le point d’orgue.

 

 

Souffle, souffle,

A fantasié

La cervelle

Phasme.

 

 

Kami

Kaze

Naze

Me tanne

Fort.

 

 

 

Ne rien voir du chemin.

La nuit des clartés boréales ne tissent plus le fluide.

 

La vie est l’organe opiacé du destin.

La nuit est cette bouche décille qui a perdu cette lèvre.

 

Ne pas retenir l’air qui passe.

Ou le soupçon d’un battement d’aile.

 

Peu ou prou sortir de la vérité.

Il y a du faux dans la légende.

 

L’amour est une légende

On s’y perd, l’existence,

« Les enfants », est une légende.

 

 

 

                                      Reliure, 

               A reluquer, 

                                                    A traque, 

                                Gulf-stream, 

                 Structure-machine, 

                                                             Océan, 

                                   Passage, 

                                                 Entre-glace, 

                       Frontière, 

                             Ephémère, 

Retour, 

 

 

 

Dégaine-canaille,

Défouraille,

Ton trope

A jouir.

 

« Quand les cÅ“urs sont là, ils aveuglent ».

 

S’aveuglent.

 

Souffle, souffle.

 

(…)

Tableau de Cecily Brown

27 octobre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (18)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:24

Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dix-septième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

(infiltration d’épidémie, suite ) … et les mégalithes et les robots avec les ovules de parole chiant les étrons-télévision marron de mots modèle matraque-pâtée-bouillon de culture télévision matraque vermine grises astiquant les asticots véreux avec grouillement des gênes infectés dans la bassine émotive télévision marron-musée chagrin-nostalgie avec la truelle-truie baffrant l’apprentissage hallucinogène dans la boue du journal télévisé marron ocre poutre au plafond couleur merde rustique scout pierre grise apparente de maison de merde de bourges de matraque de ploucs pantoufles verrous cadenas racistes fausse information électroniquée bouse marron de campagne de maison à retaper avec poutre apparente hideuse avec torchis de merde avec verrou-toit de chaume rustico-légal conservateur-pouvoir gerbant le fond de cuvette télévision marron meuble de merde verrou contaminant en chêne gros pouf marron pouffiasse d’armoire normande de merde marron affreuse à vomir dans le salon marron merde avec tapis marron verrou papier peint à fleurs marron verrou avec peinture marron paysage infecté portrait de merde verrou à se suicider avec routine-patin sur plancher ciré marron et chiasse marron vomissement purée de marron dans la cuvette verrou de bibelots-souvenirs proliférants de saloperies kitschs de merde de Lourdes de Rocamadour du Mont Saint-Michel de Montmartre de Lisieux de merde de chien loup chasseur français anti-arabe de verrou pancarte attention chien méchant marron molosse patriotique de merde de drapeau-verrou de merde avec crucifix-verrou dans les chiottes marron et la vierge-verrou vérolée phosphorescente suçant le nain de jardin-verrou dans la salle à manger verrou-marron avec la télévision-verrou de merde du juste milieu de la messe de merde du dimanche…
… Joël Hubaut, 1976 …

Visuel « EPIDEMIK – SPRECHSTUNDE » multiple à 47 ex. co-production Michel Sohier / Joël Hubaut 1977

17 octobre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (17)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:03

Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le seizième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

Infiltration d’épidémie caméléon camouflée en marron dans zone morale d’épidémie marron…
La peau de la langue enfle et gonfle sous la peau empotée avec les pupilles romantiques dilatées dans les gouttes au ralenti bourrant les amas à la pelle dans les fosses…..
et la queue de la langue est comme une queue coulant sous la langue perforée par les boulons marron de l’université de la police judiciaire le trou qui révèle la poche de ganglions ornés de scarifications orange dans la viande de la langue les croix arrachées comprimant le sternum la pression violente plaquant les spirales bleues dans les embouts qui agissent sur le moteur avec les courroies hypertrophiées en attraction dans l’image rouge de la peau de la langue retournée dans la patte transportée dans les cuves de la maladie bleue où agissent les diaphragmes électriques qui découpent les peaux de langues arrachées en lamelles courbes nouées dans l’orbite rose tendresse éternelle excitée par des cônes de bois qui s’enfoncent dans la chair de la langue-fac-administration éclatant les tissus police-secours démembrés bloquant les conduits excréteurs de tous virus alphabétiques extra-terrestres verts jaillissant du trou de la bouche pourrie avec le mix de la douleur extrême de la parole post-ultra lettriste argentée contaminée par la langue pieuvre cosmique infra-rouge en gelée dans la langue baveuse du langage épidémique ultra-violet des croupions universitaires gris malaxés aux mollusques intoxiqués de syntaxe-cafard coulant dans l’épiglotte du claquement psychanalytique blanc des portières la plaie-langue bouchant la cavité-parole atrophiée par les tentacules glosso-pharingiennes orange comme des psycho-huîtres/moules/vagins/ rouges crevant la pseudo-cramouille rose bornée de morale-sanitaire la langue saucisse mixée aux plaquettes-infirmerie croix-rouge avec la langue greffée rose proliférant dans les canalisations glossolaliques du jus d’hygiène sémio-juge fasciste gris marron noir dans les toilettes catholiques grises marrons-moines comme une langue gestapo noir imposant la langue plate grise marron ségrégation soumise aux injections dans les pare-brises célestes transparents encastrés dans le nerf lingual du bulbe de soumission des masses marron engloutis dans la routine grise des vulves contaminées par une normalité marron-maman-langue-bite CRS capo gris bleu noir-assurance maladie marron banque de France perforant le nombril télévision gris marron dans la langue baveuse fouinant les pores dans les crevasses de la peau pastille crème de peau morte de pus dégoulinant marron dans les languettes du langage matraque de l’écran borné gris du crédit agricole…
Joël Hubaut 1976 …………………………………………………………………………

Visuel Action épidémik dans les rues de Sarlat avec Alain Suel ( frère de Lucien Suel ) Joël Hubaut 77

5 octobre 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (6/6)

Le dernier post de cette série l’avant-veille de la soirée « Poésie et humour », où vous aurez l’occasion de voir-écouter l’incorrigible Daniel Cabanis… [Lire/voir le cinquième volet de la série]

Exposé / 6

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : MLU23T).

L’exposition des Grandes Fourmilières de Teg Droussa à la galerie Deborson remonte à quelques six mois. Dick est un fin connaisseur de la psychologie des collectionneurs (peur, frime, analité, jalousie, conformisme) : il savait qu’il ne leur vendrait rien cette fois-là mais que ces mous du genou reviendraient plus tard vers lui avec un fort sentiment de culpabilité et qu’ils se montreraient alors prêts à payer au prix fort n’importe quelle fourmilière. La stratégie de la patience convient au marchand (Dick a d’autres revenus, opaques ; d’ailleurs, sa galerie est également réputée comme blanchisserie), l’artiste, lui, n’a pas ce confort-là et tandis qu’il attend d’hypothétiques ventes, il a le sentiment de faire les frais de la patience tranquille du galeriste. Et il n’a pas tort : on sait bien lequel est le parasite de l’autre. C’est dit. Voyons la suite des événements. À dix jours de la fin de l’expo, la galerie Deborson a été cambriolée. Oui ! Par des pros. La porte a été e-décodée, alarmes et détecteurs de présence neutralisés. Toutes les fourmilières ont été volées. Et rien qu’elles ! Bizarre. Inquiétant. Dick, sonné, répète en boucle Je comprends pas, je comprends pas. Nell, son assistante, elle est aussi déboussolée. Faut être un malade pour voler une fourmilière ! dit-elle. Un grand malade, sûrement. Je suppose qu’un acheteur cash lui aurait paru plus raisonnable (ce qui se discute). Il y a dépôt de plainte, enquête, expertise ; tout le tralala. Et Teg Droussa joue au con avec la police. Ce vol est une aubaine, dit-il ; je vais être dédommagé ! Une arnaque aux assurances ? Non. Je connais bien Teg : un artiste intéressant (si l’on veut), mais il n’a pas le profil d’un cerveau. Bon. Un mois après le vol, Dick reçoit la lettre de revendication d’un mystérieux Collectif de Lutte contre les Violences faites aux Fourmis. Des rigolos ! dit la police. Teg jubile.

27 septembre 2020

[Texte] Guillaume Basquin, L’Histoire splendide, extrait du premier chapitre (inédit)

lecture & écriture simultanées — en duplex — dans un espace courbe : roue carrée pour excès de langage — milieu d’échanges renversants & de réversibilités où nous sommes enfin du même côté que notre langage intérieur — je prends toutes les tangentes qui à moi s’offrent
toute œuvre réussie est un carré
tous les plans basculent
now strike a line like Laurence Sterne in his Tristram Shandy—repose you now lecturer
——————————————————————————————————————————————
me revoici ! hommage au lecteur ! révérence !
ce n’est pas une petite affaire mes lecteurs que de s’élancer devant un cercle comme le vôtre — accoutumés à tout ce que les belles lettres produisent de plus fin & de plus délicat comment pourriez-vous supporter le récit informe de la vie & des opinions de Guillaume L. Basquin gentilhomme si je n’y mettais pas le plus grand piquant ?
je prétends ma foi à vos éloges & poursuis en toute humilité :
j’écris ce poème tel un Skardanelli & non dupe je le signe ainsi : Ich heisse Skardanelli
le lendemain je suis l’Aleph : soit l’un des points qui contient tous les points — raison pour laquelle je me passerai dans ce volume de tout point — final ou pas — car le point en se dérobant met le volume textuel en marche vers l’infini : j’ai un faible pour les gros livres qui abondent
le surlendemain je suis un pédagogue de lycée
palimpseste de citations & d’images : ici : 666 Fifth Avenue de Robert Rauschenberg
à partir d’une certaine accumulation la citation devient abstraction — écheveau de strates
plongée séculaire dans les archives littéraires du passé qui n’est même pas passé
lancer céleste
chant inusité
parole saoule
trille du vent
toucher au vol
grain de sénévé
tracés aléatoires
joyeux tropisme
poésie simultanéiste
cantate de mots camés
labyrintoile avec une tarentoile au milieu
delldale
babelivre (tous les mots du dictionnaire s’y trouvent — j’ai multiplié les mots comme le sable de la mer)
tournelivre
globe hiéroglyphique
textevoyage vers la Voie Lactée
texte en expansion comme l’espace lui-même
les lignes commencent à s’agiter — elles sortent de la page

mertexte

scène de naufrage
rouleau du Temps — megalogue

polyhedron of scripture

mandala-texte
charade antiphonique
combinaisons phoniques
poésie parallélogrammatique — multifacétée — rimes des choses & du temps — instant traversé traversant — enjambements métamorphoses & glissements circulaires pour circumnavigation sur l’externet
adages de Guillaume L. fils de Marc :
se hâter de vivre se hâter de sentir & laisser derrière soi toute la littéordure — quoi d’autre ?
vitesse spermatique — ah ! voler dans la poussière des chevaux de poste ! piquer droit dans l’Verbe ! la syllabe ! néoplasticisme !
instant novel!
c’est le reversement des pesanteurs — chaque chose se change aucune ne s’anéantit
ce volume s’adresse à l’intelligence du lecteur qui met les choses en rythme elle-même
j’ai vu une terre nouvelle : dans les années 60-70 le cinéaste allemand Werner Nekes invente la notion de kinème : un kinème — équivalent du phonème en linguistique — est une addition de photogrammes — 3 ou 4 — dont la friction ou l’addition forme un film dont le sens résidera toujours entre cette suite de kinèmes — il illustre superbement cette hypothèse théorique dans son film de 38’ tourné en 16mm couleur de 1974 : Makimono — par ma construction syntaxique en incises j’applique sa méthode pour ce livre à propos de toutrien qui est bien parti pour être un worstseller (j’en distille un sang d’encre)

Guillaume BASQUIN,
extrait du premier chapitre de L’Histoire splendide, « Au commencement »

18 septembre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (16)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:48

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le quinzième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

Les signaux se répandent par un jeu/geste/travail récitatif, germes inondés qui frappent le blindage horaire, ses parois enduites d’images raisonnables que les signaux vont ensevelir, étouffer – Epidémie de signes – empreintes proliférant par le dessin, le son, l’odeur, etc… petits chromosomes en grains ou en bâtonnets – les plus longs en forme de filaments et fléchettes, croix et cercles marqués sur tous les supports puis redessinés – certaines espèces de mouches ont dans leurs glandes salivaires des cellules à chromosomes géants, ces chromosomes résultent d’un clivage longitudinal répété un grand nombre de fois donnant 4, 8, 16… 256 etc… filaments associés en un faisceau épais dont je reprends le principe d’une façon sonore en utilisant le clairon, la guitare électrique où le tube de caoutchouc et graphique sur tous les supports traditionnels tels que carton – papier – toile – peau – terre – végétaux – minéraux – eau – ciel – etc… les sons où les traces ainsi agglomérés prolifèrent dans l’espace créant une épidémie émotionnelle que favorise l’angoisse et l’obsession. Angoisse de l’uniformité pollutive et de tout le processus envahissant qui chaque jour obscurcit nos possibilités d’individualité. L’épidémie graphique ou sonore peut résulter d’un exorcisme (maladie – mode – pollution – religion – politique) qui strangule par son progrès nos initiatives de connaissances et de créativité – Epidémie picturale par l’ accident – les mouches – la culture, par l’eczéma et par la poésie – pestilence répétitive dont le cerveau vomisseur active le geste perpétuel – les cils vibratiles de notre fontanelle en sont les moteurs essentiels, peindre les teignes sur les toiles déjà couvertes de cellulite puis modeler les menhirs incubés de notre futur jusqu’à l’implosion (épidémie de sens et épidermie)…..
Joël Hubaut 1977… texte paru en 1977 dans la plaquette-catalogue « galerie le fil – Cherbourg »
à l’occasion d’une exposition de groupe ( Audouard- Gwezenneg- Hubaut- Louveau )

Visuel = « EPIDEMIK-BOX » (mission spatiale épidémik) co-production Michel Sohier / Joël Hubaut 1977

13 septembre 2020

[Texte] Jean-Paul Gavard-Perret, La truite et le méphisto fait d’elle

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 18:10

Fils – probable – de Gêne au Long et – plus sûrement – d’Emma Parroud, dits Le Foué et la Fouèse des Maisons, je suis vieux frelon ou baudet de Vacheresse. Nègre blanc – du moins jaune pâle – configurant l’impasse des genêts. Pour l’heure je continuue de me faire vieux en terres savoyardes où les torrents rigolent et où mon corps cliquète. Dans le lit des premiers et pour la cuisse légère des petites truites aux écailles filantes je lance ma carcasse en assauts d’accros baths. L’ invente ce phénomène cosmique où se niche l’éther vague et où sévit l’expérience de la vie. Je mêle ma ligne de vie au ventre doux des fuyardes histoire de me faire la main. Mais devenant truite la femme est tout sauf un pantin. Je ronronne en ses écailles adorables. Elle se fait toute ouïe au milieu des remugles impétueux des cascades et parfois jusque dans les marais du lac du Bourget. Je glisse encore je glisse ma main jusqu’à l’euthanasie des vagues du plaisir. Et me voici le e muet de telle truite, le réel en haillon, le Chambérien, Le clandestin, le quai des brunes ou argentées auxquelles je fais danser un tango argent teint. Me voici grand-père OK et ce qu’on a dit de moi ou ce que tout le monde pense. Sorti des restes de lugubres tourments de l’enfance, je suis le dé passé, le Jean Gibet, le Jean Giboyeux, le sans voix parmi les voies sinon celui des rivières. Je suis l’halluciné, le cyclope, Le mille pâtes, le pont de la Balme et celui de l’Abîme, l’absolument pas, le zéro de conduite, le chauve à l’intérieur de la tête, le go élan, le nyctalope, le fennec rieur. Celui que la mère a tout fait pour ne pas l’avoir – tout sauf le nécessaire ? Je suis celui qui finit pas arriver avant les autres à la gouille aux truites tant je prends de l’avance pour les saisir à leur sommeil. Bref je suis le rogaton mais qui ne se contente d’un menu fretin en seuls destins d’ablettes. Et sachez que ma truite je la bichonne. Pour cela il me faut la souquer (ferme), la drapuler, zébrer, composter, philtrer et filter, queurir, plantagener, saliver le point G, H, I, J jusqu’à X. Mais aussi la conjuguer (parfois au conditionnel, au subjectif mais aussi à l’indicatif). Au besoin je l’enfarine, la boulange et l’opercule quitte à la grougir, l’accroupir voire la citronner. Admirez, admirez, Princesse des ruisseaux et mordez encore ma fesse pour savoir si je rêve. Qu’est en effet notre corps si ce n’est une immense réserve aquatique ? On n’est rien, à personne, personne n’est rien sinon à la truite. C’est d’elle d’où l’on vient et vers laquelle on retourne au sein de nos galeries intérieures. Les plis du coeur, les déchirures de l’âme, notre paquet de nerfs ne sont qu’une rivière sauvage et sans retour où elle demeure tapie. Ses trajets font chemin en nous dans le jeu de nos miroirs. Pour nous en défendre nos avons inventé le religieux. Il est devenu le sens de notre moindre. Mais en dieu l’esprit est aussi aveugle que bestial – preuve qu’il n’est lui-même qu‘invention pour cacher la truite qui nous guide sans faire le moindre bruit. L’écriture se doit de l’exposer. Nos viscères sont autant de canyons qui offrent les fissures où elle se cache. Elle seule différencie le travail du deuil de celui de la mélancolie. Elle permet de reconnaître ce qui a été perdu et là où le sujet se creuse. Elle doit opérer la coagulation non de nos fantasmes mais de nos fantômes. Bref, la truite nous affecte sous le mode de l’incompréhension sidérante. Préférons sa rivière à la caserne de notre prétendue pureté. Au besoin elle monte sur un pont suspendu au dessus de notre vide. Elle renvoie à l’affolement dont elle sort. Bref, tout être humain ne peut compter que sur sa truite et son innommable. Il devient Pierrot d’amour qui se couche dans les hautes herbes de la berge d’un ruisseau pour la cueillir. Mais elle n’a pas besoin de sa pitié, elle veut le manger cru. Car elle n’espère rien des hommes. Elle renvoie à une frontière entre deux chaos : celui des eaux, celui des vastes étendues continentales. Mais grâce à elle nous sommes en territoire – conquis (et non pas en territoire conquis). L’écriture elle-même devient truite. Dans sa matière argentée tout est miroir. Et iI y a aussi tout ce qui ne se voit pas encore : ceci est notre corps dont la langue n’est que le lapsus. Mais la truite en accouche la chimère et montre les mensonges de ses brames amoureux. A l’horizontalité de la terre répond l’affolement dont nous sortons : à savoir des régions aqueuses. Ce n’est peut-être pas beaucoup mais ça suffit largement. On se serait contenté de moins. Pêcheurs ou non, la truite nous rappelle que penser n’apprend pas à vivre et vivre n’apprend pas à penser. On reprochera un jour à l’homme d’avoir sali sa rivière – sans demander à ces dernières où sa charité s’arrêta. Mais nos vraies pensées sont donc poissinnières. La truite parle à travers elles. Même si, comme les indiens, elle se tient en réserve. Et plus le temps passe moins on ne peut la cacher dans des rochers qu’on voudrait translucides. Elle ne cesse de nous aiguillonner pour accentuer notre museau et nos griffes. Et son rat d’eau elle le méduse. Elle reste notre manteau de vision.

5 septembre 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (15)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 13:04

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le quatorzième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

… La moisissure grise se propage par tous les outils moussant, gonflant le long des stylos et des porte-plumes qui crachent les ovules, piquant chaque matière nouvelle, les bulles s’ordonnent par flaque cancérigène altérant les images de l’histoire de l’art par tous les orifices du papier, la langue du pinceau qui lape aussi la toile pleine de membranes grises culturelles tranchées par des flocons épidémiques, ces signes qui vont encore grêler, crépiter à la limite des paupières du cadre, infecter le lobe, s’accoître par toute la mémoire contractant la tumeur qui va exploser comme un blockhaus intérieur répandant les champignons croix, triangles, cercles, flèches, etc… au-delà de l’image, ces signes jaillissent par la lave acrylique, enterrant les clichés d’école, de style, de mouvement, linge en naufrage contenu dans la crampe de l’humanité, l’épidémie à flot éjacule vers l’horizon, ses dents épluchées fixant dans son parcours expansif des traces de syncope, graines, virgules, ongles, signaux languissant dans l’oppressante étendue du temps et du vide, germes valsant au-delà des stations-horaires avec la force de l’obsession puis par tout l’engrenage du besoin de faire, de fabriquer, de vivre, le foutre graphique entre en collision avec d’autres hormones venues des enclos de la tête, des balles ou des tétons mutants qui vont rayer la sciure du cerveau, chaque gouttelette de passion collant aux tentacules, toutes les traces d’épidémie, tous les grumeaux faits à la main dans l’attente de nouveaux symptômes libérateurs qui vont déborder vers la banquise, suinter, fermenter entre les rats et les anges d’un dessin à crever les yeux – dessin d’essaim par la crème d’une écriture-spirite – black and white spirite …
Poème paru dans la plaquette du musée des Beaux arts de Coutances en 1977.

Visuel de la plaquette du Musée des Beaux arts de Coutances dans le cadre de l’expo collective « Audouard, Hubaut, Janladrou, l’Hermitte», Joël Hubaut, 1977.

27 août 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (14)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:56

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le treizième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

… l’épidémie expulse les graines par le chargeur glissant le long du porte-bagages les bactéries sursautent proliférant entre les fesses dans le foin dans les barbelés collant les épluchures sur la toile avec les traces épidémikes fixées dans le gras recouvrant les mailles du soutien-gorge avec la bite qui décharge l’épidémie mord la bite dans le bonnet avec les tétons qui se répandent les grains de beauté en forme de croix cercle flèche triangle etc. bloqués dans la peau avec la prolifération l’épidémie écorchant les mamelles claquant la portière puis se faufile dans le moteur s’échappe par les gaz stabilisés s’effritant dans l’herbe recrache les signes dans les tiges les orties se tordant qui font éclater aussitôt le germe qui se répand par les orifices entre les mottes les paquets agglutinés dans les terriers le gargouillis d’entre les fleurs les pétales mordus par flocons signaux comme des copeaux une pluie de formes multicolores flottant dans l’air neige épidémike fouillant les sillons s’injecte dans les pommes de terre la purée épidémike atteinte les chancres qui vont éclore aussi dans la bouillie par les globules aspirent les signaux toutes les sortes de formes comme des insectes accrochés à la peinture la boue en rondelles dessinées toutes les notes les bulles épidémikes assaisonnent l’espace à fiel ouvert les prières en alvéoles lâchées du cerveau jusqu’aux allumettes des cheveux qui s’enflamment enfumant l’égout mental puis se bloquent dans le siphon qui distribue l’épidémie dans le réseau universel par tous les pipelines avec la rosée et lèche la toile en longeant les burins du crâne même la flaque grise grouillante de vermine qui s’enroule indéfiniment l’épidémie en rotation permanente qui prolifère dans le lavabo terrestre stratifie les caillots de sang en forme de triangle cercles flèches croix bâtons etc.
Grande maladie d’épidémie de mémoire pour s’éclater dans les cristaux des yeux les tubercules rougeâtres gorge vague haletant comme le pinceau cahote les reflets le bourgeonnement répandu fouette et toute la jungle épidémike par l’écriture-méduse s’imbibant dans les pores de la toile l’ongle du crayon griffant aussi le papier par signes épidémiks la lumière entre les formes goutte à goutte toutes les couleurs comme des baisers sur fond gris poussière en lave dessinée sur l’écran des minutes de gouffres la cendre au niveau des lignes chair – signes de ride des traces quotidiennes sur le corps des étoiles qui flottent dans la piscine en grumeaux boue maladie de crotale dans la pâte la houle noire des doigts à brosse en lame absorption des plantes le ciel dans sa fuite aussi par le vent de mouche jeter les épines dans l’espace pleuvant les hoquets marqués avec les gélules gaze-frange dévorant le cervelet par les hublots la crème à la gaine du fusil par grappe crâne citerne d’épidémie les cônes des signes comme des becs mêler les convulsions les araignées acryliques avec la bouche qui crache mon épidémie qui explore la lumière par éjection d’ovules des jets de signes comme des algues qui pourrissent le cadre s’étendent dans l’aube noyée sur fond négatif des milliers de miettes d’épidémie par le trou du souffleur dérivant vers les extra-terrestres empilant les gerbes de formes les molécules colorées qui dégoulinent dans le vagin du sablier s’écoulent comme des poissons vidant la mémoire une végétation de pistil sous la peau émeutes de têtards par la galaxie la toile couverte de perles torturant la raison l’épidémie alors pulvérise l’espace avec les étiquettes de l’électrocardiogramme l’épidémie se répand avec encore plus de passion entre les feuilles bulles sanglantes se précipite dans la brèche le sang qui afflue à l’extrémité du tube les globules dans l’orifice du toboggan hurlement avec l’haleine entre les sondes en forme de fourchettes à escargots le coeur par rafale collant au papier avec le hache-oignon anti-larmes les signes crevant la lumière en spirale l’épidémie comme des morpions jusqu’au fond de la plaque chauffante les sirènes tue-tête insectes et globules dévorant le papier les formes augmentent dans la matière du cerveau compressé par la densité du jet alternatif avec l’albumine épidémike pinceau-caméra prostré sur l’infini allume éteint le pare-brise à tendresse des traces de respiration collées par fureur forment une super-mosaïque sur la toile universelle l’odeur du piétinement continuel qui donne l’orgasme permanent fait vibrer les intestins sur le tamis des origines secoué sans relâche le corps en vibration constante s’enfonce par devant puis par derrière glissant au ralenti dans la cervelle qui s’épure presque immobile comme une huître avec ce moteur à fond qu’on dirait au point mort ou qui sommeille exécutant le dénouement intemporel puis pompe les torsions raclant les images dans le pot jusqu’à les rendre visqueuses avec des équerres des règles des compas dont la rigueur reste en relation immédiate avec le pouls qui bat dans le congélateur gèle les signes et les moignons épidémiks avec la langue l’éruption de déchet tous les signaux la rage d’empreinte sur la bande de liane vidéo jusque dans la soudure de l’éternité collant les pièces de la fourmilière au-dessus du sol les signes d’oiseaux-nuages à zéro pépites accumulées par la main emplir les bidons d’épidémie avec une couche de pellicule noire tache de rousseur jusqu’au volcan qui crache la peinture dans les pattes de scarabées les chewing-gums enregistrés avec le séisme des nerfs étendus sur le papier empli de traces brosses au rythme des tempes rongeant l’image détecteur de quotidien l’épidémie de lentes panne secrète du temps des larmes comme des quenelles au bord de l’âme la poche de rêve brune les crocs longeant la couture jusqu’au corset lèche la pelle les gencives sous les draps lueur de lavis opaque sous les os la pulpe et le beurre nu collant à la tenture des boutons-prépuces éjectés du goulot l’épidémie entre les jambes le silence des sigles bègues qui mouille l’océan du coma le nerf respiratoire rempli de pollen épidémik avec le blues des formes triangles croix cercle flèche carré appel céleste – Dessin d’astre ébloui – avec les couleurs de détresse l’ombre en position de drame par inflammation des traces saupoudrées la peinture enceinte qui se coagule et les bêtes timides qui hurlent échappées des prototypes avec les crinières barrant le crâne empli de vers de furoncles sous les plumes l’épidémie en débris sur l’ordure avec les ciseaux vaporisés dans l’horizon l’espace épidémique comme un flot proliférant une saga obstinée qui décape le cosmos puis pose les tessons d’écriture dans les vitres de l’eau-de-là corrigeant les reliquaires poncés dans les météorites des peaux mortes collées dans le vide confettis moisis englués dans les cahiers de l’art ornés du temps obscur en répétition le plein noir inextricable d’un voyage permanent de voltige balançoire épidémique entre les ronces avec les bourdons les guêpes les puces contagieuses et les tensions qui restent en survie dans les mousses poreuses des pluies du coeur par où s’échappe le fracas de tendresse éclaté par concentration lumineuse échouant dans le silence mutant l’épidémie verbale branchée sur l’univers d’où jaillissent mille formes projetées magiques vaporisées dans les transes jusqu’à la cassette avec l’épidémie mentale à thermostat récitatif qui cogne dans les murs éclate dans l’éponge qui étrangle le miroir avec les caillots rouges en charpie qui dansent dans la page où se noie un désir d’expansion permanente en polaroïd plein feu puis s’écoule dans les larmes comme une potion gonflée de paroles gémissantes qui reflète l’insomnie éternelle puis s’agrippe à la chair mord. etc. etc. etc…

« Epidémie d’infection émotive », poème paru dans la revue L’oeil lisant
(à côté de ce que vous êtes en train de lire), mars 1977, édition B & J. Froidefond.

Visuel et poème paru dans la revue L’oeil Lisant en 1977. Joël Hubaut

15 août 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (13 : 1e partie)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 11:23

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le douzième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

L’épidémie répand lentement sa pellicule les balles ricochant par séquence avec les hannetons d’encre de chine dévore aussi la poussière en agitant le sous-sol gonfle comme une ampoule le meurtre des signes mêlant l’intérieur des culasses graphiques puis s’empare de la brume des blancs d’oeil accumulant les dessins aux crochets de couleur salle d’attente monochrome triturant l’espace gris que des insectes messianiques pétrifient avec les épissures purulentes et la musique des traces systématiques qui grouillent dans la cuvette engorgeant aussi la trajectoire de la ponte par où les graines provoquent l’orgasme de coïncidence sombre qui modifie l’intervalle du temps calque aussi l’embolie de l’air et les betteraves du sang d’où se forment les granulés épidémiques maintenus par une bretelle mentale mûrit aussi dans les zones émotives parmi les grêlons claquant les millions d’orteils indépendants qui se faufilent sur la surface magnétique électrocutant les rangées de dents cariées d’entre les fleurs mauves qui s’échappent des lèvres et des mottes creuse les organes en répétition avec les signaux qui s’ouvrent dans la moelle des mannequins brutes l’intense odeur de leucocytes horaires détachée du purin par fragment qui colle aux carreaux la viande hachée en lambeaux s’éclatant sur la toile serrant les pores formant des ornements qui prolifèrent explose aussi dans l’excrément bouchant les trous et les seaux avec les signes mêlés au duvet les hameçons aussi dessinés à la sueur bouclant le fouillis dardé de trace se répand sur le mur grimpant aussi les colonnes doriques s’échappe par les meurtrières envahissant l’herbe le foin les pierres régurgite par les fissures contamine le paysage en rubéole acrylique fixée à la tête qui convulse et les griffes optiques subsistent dans les célébrations d’épidémie par éblouissement mental des papiers marqués qui se crèvent les traces léchant la lumière des soleils qui creusent lentement le globe oculaire avant de s’endormir dans les formes spécialisées des ventouses palpite dans l’espace pétant les verges qui s’expulsent comme des guêpes se mélange à la poudre à la sueur au sable comme du liquide battant la couche avec les tétons éclabousse toutes les parties d’étron en tapissant les supports avec les sigles épidémiques de l’eau-de-là des âges respiratoires et l’épidémie d’OVNI équipée en glissière de dépression provoque une tempête des sens criblant la planète de pustules brodées rampe avec les crachats par-dessus les racines se heurtant aux champignons aux serpents aux sabots du bétail également contaminé jusqu’au lait dont la peau dérive comme une iguane se cramponne avec les pattes du pinceau jusqu’à peindre l’angine du corps par respiration à distance les fils reliés à l’amplificateur acrylique la vanne d’épidémie ouverte les branchies vibrant avec la végétation les taches qui se propagent les alvéoles dilatées sur la chair l’écume qui se répand avec les copeaux épidémiques enflamme la viande brisant les stries qui rayent l’enveloppe avec les kystes qui se multiplient dans la paroi les tranchées imprimées en profondeur de la membrane bulbes fibres veines ouate de caoutchouc giclant dans le trou avec l’hémorragie épidémique par transparence le duvet collé à la bouche les triangles et les croix qui gonflent se fourrent dans les cercles remontent avec la vapeur qui croupit dans la brume l’épidémie reprend aussitôt son invasion lave molle géométrike traînant dans la tête avec les pétales récitatifs qui trempent dans la lumière folie d’épidémie avec réverbération dans le ciel décharge le sperme-graphique par le canal de sortie originel les pédalos fibreux glissant à contre-courant dans les sardines les organes rayés par les écailles et le bancs de mots échoués dans la vase horaire l’épidémie dissolvée oscillant dans la nuque et la bave méningée qui bouillonne dans l’autre dimension par soubresauts rituels répétitifs les sentiments moulés dans les sigles proliférant dans les langues des trous aussi pour injecter les traces la pression des gélules de l’épidémie son orgasme sa douleur la vulve pleine de boutons qui explosent se dispersant dans l’espace avec les hormones épidémiques le cerveau bandant comme gonflé par les microbes avec le prépuce encéphalique projetant les rafales vers l’infini universel l’horizon aussi qui ne laisse plus qu’un câble impalpable d’où jaillissent de nouveaux signes volcaniques inoculant le vide et toute la brèche de la vie les traces filantes dilatées dans les nuages la buée se bouclant avec les virus l’épidémie saignant percute la canette divine les formes incrustées qui gonflent la ceinture qui se révèle avec le noir lumineux la fourrure de poux cachant les spectres puis se plante dans l’anus des anges avec la peinture électrochoc fixant les images d’embruns par les tuyaux épidémiques entartrage du support jusqu’à perforation visuelle des signes sacrés fourrant dans la crasse l’alphabet céleste épidémik mâche plissant les signaux avec la respiration puis éclate en ondulant hors de l’horaire se répand dans les boyaux avec les tentacules obsessionnels abdomen marqué au fer rouge épidémik tressaillant avec les empreintes de l’épidémie lèpre mentale issue des muscles du cerveau qui remontent vers le balai des oreilles tétant la chevelure tondue en épidémie d’où s’échappent les baobabs dilatés glissant dans la gouttière avec les boutons qui explosent entre les vis roule dans le couloir l’écume qui se retire vers le lit forgé en épidémie avec les taches de l’alphabet céleste urine et menstrues répandues en forme de croix triangle cercle marquant les draps par touffes puis se déploient sur le plancher clapotant entre les rainures puis sécrètent les fourmis vautrées entre les aisselles les boules dans les poils dégoulinant dans les moules épidémiks puis autour des reins avec la serpillère imprimée en épidémie gonflant la cuisse le pubis et les couilles avec les cicatrices à l’aine en croix triangle bâtonnet etc…
« Ã‰pidémie d’infection émotive », 1ère partie du poème paru dans la revue L’oeil Lisant,
mars 1977, édition B & J. Froidefond.

Couverture de L’OEIL LISANT, « Lapin épidémik ». Joël Hubaut, 1976.

31 juillet 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (12)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:14

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le onzième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

…L’épidémie grimpante, en rangée, coulant dans le cou, qui creuse comme une taupe à peindre, prend la forme de fourmillière, entre énervée dans les oignons, giclant, posée, blanche, cunéiforme sur la croupe de la surface, s’aggripe, dévore, même bétail mental que la névrose d’un couvercle, vivant dans l’intestin du crâne, une épidémie de traces et d’empreintes sortant de la gueule, mouille, croque, dépeçant l’horaire à coups de cornes, signes qui étranglent avec leurs pattes, jutant, cillant, des bosses de rats qui prolifèrent dans le tunnel horaire, frappent le gland quotidien, insectes de dessins dispersés avec les morts par mouvement d’oeufs, d’asticots dans la tête-art.
L’épidémie poilue propulse les poussins acryliques, les membranes qui collent le serre-veau fourré avec des croix, des bâtons, des cercles gonflant dans la saillie, détruit aussi les légumes avec la mine du crayon, une mauvaise mine surtout – les cris gris, la ponte jusqu’au cadre, emplit la feuille, explose, plante l’épidémie malléable autour des porcs avec les monstres horaires, toutes les souris qui tiennent chaud à la tête, me scient la respiration, marquant les arbres, le ciel, l’eau, le gaz comme un deuil d’oeil. Peindre raz les branchies à coup de braille avec mon crayon à canon court. Vivre engoulé dans les signaux en barbouillant des palourdes. Faire du crayon-cross vroum ! En branchant mon aspirateur
Peindre à la tétine comme on tète dans le coma, perché sur le trapèze avec les perroquets, pinceau planté dans les veines. Se chouter au poil de martre, transformer l’espace en épidémie jusqu’a saturation, dérouler l’épidémie pour la satelliser, relier la main à la fontanelle avec des vérins et des câbles et marquer goutte à goutte chaque seconde d’existence jusqu’à obtenir un quotidien à petits pois – poil à poil, progressant à la vitesse du pouls – épidémie de piranhas qui crissent sous les dents.
Obtenir aussi un trompe-langue complémentaire au trompe-l’oeil, puis répéter inlassablement les croix-triangles-bâtons etc. … jusqu’à s’engourdir dans l’épidémie-eczéma et téter la vie. Epidémie de pain…
[Ce poème est paru en 1976 dans le catalogue de la galerie « La Tache » d’Aix-en-en-Provence, avec une préface de Charles Dreyfus, dans le cadre d’une exposition solo.]

« Epidémie de table »- cuvée épidémik- édition-production galerie de l’ancienne poste dirigée par Michel Sohier, Calais.

26 juillet 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (11)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:32

À la fin de cet été 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dixième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

…l’épidémie sonore contourne les frontières d’impédance, bruit des mâchoires chamaniques dans les culasses, embrasement des clito infectés, tourniquets fous des foules sourdes, peintures de propagations en volume, toux, crachats, toux toux toux, crachats, toux toux, larsen-toux pour l’immunité de groupe jusqu’au rectum, images-pesticides de débauche de l’entassement dans les souillures de consommation, moules farcies contagieuses, imitation, débandade de tout, décadence dilatée des mufles exclusifs vautrés dans l’abondance, dégoût du gâchis de tout, spéculation de tout, le déluge des petits peintres-robots conformistes intensifie la multitude de médiocrité ruisselante dans les valves du pourrissement planétaire, prosaïsme imitation des posters de merde, flaque insipide, goût de chiotte et sous-produit plouc, le simili-monde moulé à la louche est un palliatif, l’épidémie de résistance combat l’épidémie de domination sérielle du mimétisme obligatoire dans le pullulement de masse des profusions standards, épidémie d’exploitations, culture de contrôle, diktat, la résistance épidémike est une arme d’excitation orgasmique anti-épidémie anti-contrôle dans l’épidémie invisible du contrôle, épidémie de saturation totale expansionniste, alors l’épidémie épidémike lutte contre l’épidémie de la multiplication des petits peintres collabo dans la contamination massive des masses contaminées à l’esclavage de soumission sous contrôle avec les hélicoptères CKKE et les mouchards couche-culotte de propagande des normes imposées dans l’infection purulente des contagions, l’épidémie épidémike est une rafale de rayon x qui rayonne pour détruire les cellules folles des contagions de manipulations de masse, Centre Kultur Kontrol Epidémia à fond dans la bouillasse, l’épidémie anti-épidémie est une langue de lumière intense qui brille dans l’embrasement des étincelles et même dans les halos, l’épidémie-vaccin des langues démultipliées est une illumination…

Action Pré-histart épidémik. Captage Alain Letort ………….. Joël Hubaut, 1976.

19 juillet 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (10)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:39

À la fin de cet été 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le neuvième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

… l’épidémie anti-corps ébranle les carcans obscurs de domination, brouillard du flou des vapeurs sans grillage, embruns magiques braqués dans les trajectoires astrophysiques du café bouillant de l’Afrique exploitée, décollage speed, poème-crachin incantatoire pour le respect africain, tambour, tambour, les étoiles brillent pour tous, faisceaux solaires en plein phare, cocote minute sous pression, l’épidémie est une projection hallucinogène, maintenant, faut péter les pipe lines de servitude de l’évaporation noire pour fabriquer les drapeaux noirs intemporels des révoltes, balais de pelleteuses fluo pour la construction des reflets essentiels des transes, désert, forêt, montagnes, mer, incendie, inondation, tremblement de terre, cubisme mort, jazz-blues volés, les ombres forniquent les ombres de la réalité, grand manitou partout, ici est toujours ailleurs, là-bas, c’ est là ! Ici, Caen-boucan, tambour, tambour, épidémie du souffle tellurique, lave baveuse de bave de lave, Caen Toucan, toco toco, hurlement des signes du contexte de proximité dans l’univers, toco toco, chaque mot dilaté est re-dessiné en acoustique, chaque mot cinétique danse et chante, couilles disséminées dans l’espace colonisé à fric, Picasso-Buffalo Bill-potlach-totem, goulag de la pensée dans les savanes urbaines, guetto toco toco, amplification des cercles, triangles, croix, flèches, carrés, zigzags métis, serpentins indiens dessinés simultanément dans la diffusion, épidémie rouge à lèvres, épidémie romantique en boucle, explosion interne anti-mirador, résistance pieds nickelés pim pam poum, virus-gros nounours, contagion-sorcellerie, bonne nuit les petits, debout ! debout ! Pas dormir pas dormir pas dormir, Mickey-KKK, épidémie d’éveil permanent, massacre, chacun est toujours le virus-guetto-CKK de l’autre dans l’abrutissement de l’endormissement euphorique des contaminations épidémikes…

Action épidémike avec mon chien-saucisse. Volcan-Ville. Joël Hubaut 76

 

15 juillet 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (9)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:11

À la fin de cet été 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le huitième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

…on recombine les émissions en pompant la chiasse, on pompe les nodules de re-génération pour ratatouiller les conservateurs, stimulation kystique pulpant les coulées-pulpe extra-terrestre, prolifération, transmission galactique contaminant le quotidien, l’épidémie tracte les ovules de révolte, gorge rembobinée dans la morve Blec le Roc, détonation nucléique, fréquence libre homme-femme, femme-homme, l’épidémie inonde la chaudière des constellations de jupes électro-aimantées, elle voltige entre les capsules des braguettes chauves, peinture buccale coagulée, peinture de venin et d’orbites, arc-en-ciel en terrine anti-croûtes, les vers luisants qui creusent la housse éphémère par faisceaux ultra-violet, échos, échos, pulsion des injections automatiques dans le ventre, nombrils décuplés, rage plein l’bide, gavage de l’idéologie scout Rusty-Rintintin dans la télé d’internement, asservissement-dépendance, miettes militaro-mythiques en salade d’idolâtrie, mythes de merde, les cillements de la peinture copule dans l’image-cellule-virus-dévotion, dialyse des icônes contaminées ondulantes, peinture de guerre en marge, choc des enragés, pow wow de renaissance, l’épidémie bouillonne le magma décalqué pour sortir du cadre et s’affranchir, l’épidémie franchit ce putain de mur est-ouest, elle le traverse à l’aise comme un miroir, le mur de la honte est une contamination pornographique, l’épidémie épidémike contamine les supporters du KGB-CIA-club, match nul avec Jésus, contamination, contamination… /1976/

« Zone épidémie », sérigraphie (50 x 65 cm ), édition/ production galerie de l’ancienne poste, Calais, Joël Hubaut 1975.

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