Libr-critique

2 septembre 2010

[Chronique] Olivier Cadiot, Un mage en été

Olivier Cadiot, Un mage en été, P.O.L, août 2010, 156 pages, 19,50 €, ISBN : 978-2-8180-0478-4.

Après avoir donné matière à un spectacle salué à Avignon – dont on pourra lire la présentation et en découvrir un extrait de trois minutes sur le site de Télérama –, le texte d’Olivier Cadiot est en librairie depuis jeudi dernier. On y retrouve Robinson, figure centrale de son œuvre ayant survécu au triptyque qui lui a été consacré (Futur, ancien, fugitif, 1993 ; Le Colonel des Zouaves, 1997 ; Retour définitif et durable de l’être aimé, 2002) puisque toujours présent dans Fairy Queen (2002) et Un nid pour quoi faire (2007). Sur le site de l’éditeur,  on ne manquera pas d’écouter la lecture de l’auteur et de s’informer sur la tournée d’un spectacle ressortissant au "théâtre sonore". [Lire sur Libr-critique "Olivier Cadiot au Festival d’Avignon"]

(more…)

12 juillet 2010

[Dossier] Manuel Joseph, La Tête au carré (2/3)

Vue sur ZAT…

Par Sylvain Courtoux

Cette Tête au carré, comme agencement expérimental unique, est une véritable Zone (pirate, donc subversive) d’Autonomie Temporaire livresque. Et en ce sens, il est le puissant manifeste de la poésie (vécue) comme seule vraie forme de Résistance…

(more…)

11 juillet 2010

[News] News du dimanche

Question de saison/de raison (aussi brûlante que la météo). Dans une démocratie, qu’est-ce qui est le plus inquiétant : la déroute d’une bande de mercenaires-qui-ne-connaissent-pas-la-crise-économique ou la collusion entre les sphères de la politique et de la finance – qui ne connaissent pas cette crise non plus ? À quoi faut-il réagir d’urgence ? Quand de concert les dominants crient haro sur la presse numérique, une conclusion évidente s’impose : si nous voulons encore une presse indépendante, soutenons MÉDIAPART – par nos paroles, nos actes et nos abonnements.

Avant la pause estivale (de la semaine prochaine jusqu’à la seconde quinzaine d’août), votre programme LIBR-CRITIQUE : diptyque sur Tête au carré de Manuel JOSEPH (présentation de Fabrice Thumerel et article de Sylvain Courtoux) ; Opération Libr-vacance (sont attendues demain soir au plus tard les dernières réponses à cette petite enquête : Que prévoyez-vous de lire/voir/écouter durant ces vacances ?) ; Journée spéciale Revues.

Pour ce soir : Olivier CADIOT au Festival d’Avignon 2010, Libr-brèves d’Avignon et LIBR-VACANCE (LC a reçu, est en train de lire et recommande : Boutibonnes, collectif en hommage à Michel Deguy et Novarina)… /FT/

(more…)

30 juin 2007

[Expoésie] Lecture intégrale d’Olivier Cadiot

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 13:30

olivier cadiotOlivier Cadiot est né en 1956 à Paris. Il est considéré comme une figure emblématique de la poésie contemporaine. En 1988, il publie aux éditions P.O.L un premier livre de poésie, L’Art poétic’. En 1993, paraît le premier tome d’une série, Futur, ancien, fugitif, suivi du Colonel des Zouaves, de Retour définitif et durable de l’être aimé et de Fairy queen en 2002 (éditions P.O.L). Il participe à La Nouvelle Traduction de la Bible, publiée en 2001.

Il a été plusieurs fois adapté au théâtre, pour lequel il a également écrit. Il collabore régulièrement avec des musiciens, comme Georges Aperghis, Gilles Grand, le pianiste Benoît Delbecq, le groupe Katonoma et Rodolphe Burger.
Son dernier roman, Un nid pour quoi faire, a paru en 2007 chez P.O.L.
Olivier Cadiot exprime particulièrement bien sur scène l’énergie et l’humour qui parcourent ses fictions et ses poèmes.

Download Link

25 janvier 2007

[chronique] Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 21:18

Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire, P.O.L, 343 p., 19 € ISBN 978-2-84682-171-1

A B Cadiot

nidcadiot.jpgAnnonce. La quatrième de couverture nous donne le fil directeur de cette polyphonie comique : « Cour royale en exil à la montagne cherche conseiller image, chambre tt cft dans chalet atypique, artistes s’abstenir, envoyer prétentions ». Tout est dans cette petite annonce. Le ton : ironie et fantaisie. La forme aussi : l’intégration dans ce récit multipistes de micro-matériaux hétérogènes.

« Formalisme réaliste ». Alors que Christian Prigent parle de « réalisme négatif », dans la mesure où l’oeuvre engage « comiquement (…) l’insensé de la monstruosité présente dans le dés-assemblage des formes disparates de l’écrit » (Une erreur de la nature, P.O.L, 1996, p.168), Anna Boschetti adapte à cette même oeuvre la formule de Bourdieu dans Les Règles de l’art (1992) : il s’agit d’un « exemple réussi de « formalisme réaliste », car par son travail sur la forme elle parvient à exprimer un point de vue sur le monde qui interroge nos habitudes de pensée et notre représentation du réel » (« Le « Formalisme réaliste » d’Olivier Cadiot », dans Eveline Pinto dir., L’Écrivain, le Savant et le Philosophe, Publications de la Sorbonne, 2003, p. 238).
Dans cette perspective, à l’interrogation de Futur, ancien, fugitif (P.O.L, 1993) : « Comment représenter le lever du jour et sa fraîcheur le bleu pur imprimé avec le chant strident des oiseaux en vol le vert profond des haies circulant haut en spirale ff-fff ? », fait sans doute écho cette vision de Pauline : « (…) il y a des descriptions, ça vient se coller entre les phrases et les sons, comme un ciel bleu suit impeccablement les contours d’un immeuble » (338).
Mais surtout, affublé d’un conseiller en « réalité augmentée » (Goethe !), égaré dans le palais des glaces que constitue une société du Tout-communication dont se montre digne la « bande de zigotos » qui l’entoure, le roi cherche d’autant plus « un conseiller en réel » que, pour être un terme à la mode, le « Réel » n’a jamais été aussi inaccessible : « le Réel, on dit ça, c’est le terme, quand on dit ça on a tout dit, à tout bout de champ, c’est-à-dire, une sensation de réel, la joie du C’est maintenant, c’est une légende, je suis en train de l’embrasser » (232).
Ainsi Un nid pour quoi faire est-il un roman critique, au sens où l’entend Sartre dans ce passage de Situations, IX : « L’homme vit entouré de ses images. La littérature lui donne l’image critique de lui-même » (Gallimard, 1972, p.31).

Goethe. Conforme à son illustre prédécesseur, Goethe – de son vrai nom, Goth – est à la fois réactionnaire et progressiste. Mais c’est surtout le personnage qui nous renvoie l’image la plus critique de l’ultralibéral : voulant « appliquer Darwin à nos sensations » (34), il est en quête de recrues « encyclopédiques, mais marketing » et d' »autodidactes arrivistes » (190)…

Moderne. Aujourd’hui, plus que jamais, il-faut-être- moderne ! Tel est le leitmotiv dont se fait l’écho ce roman critique. Mais en quoi notre société est-elle « moderne » ? Elle l’est par son obsession de la mondialisation, de la compétitivité, de l’hypersurveillance sécuritaire, de la « traçabilité impeccable »…de la psychomédicalisation : « Ah, j’ai une sensation de culpabilité avec un retour sur investissement sur la mère déviée par la projection du roman familial, implique mal au coeur + idées noires, c’est la molécule 567B12, ah c’est ça ? » (211)…Par son anti-intellectualisme, son goût du bouddhisme, du sensationalisme, ou encore du métissage – un métissage que le surnommé « Raspoutine » pousse jusqu’à l’absurde en proposant « une nouvelle race post-mélange, pure par croisements », le rêve fou d’un « travailleur transgénique », et en développant métaphoriquement son délire : « il faut passer les représentations sociales au robot, vroum, faut remélanger nos idées à celle du prolétariat, planter nos idées dans le champ du voisin, mélanger nos habitus, le sang bleu et l’OS, et voir ce que devient la nouvelle plante sociale » (17-18).
Notre monde est encore « moderne » du fait qu’il impose une ontologie somatique oscillant entre obésité et anorexie, annexe la poésie à la sphère communicationnelle (d’où l’apparition, dans ce microcosme fantomatique de la Cour, d' »un conseiller en poésie » appelé Bossuet !), et met la prose au pinacle parce que « Ã§a nous remet dans le monde » (188)…

« Newer Posts

Powered by WordPress