Libr-critique

21 décembre 2013

[Création] Thomas Déjeammes et Méryl Marchetti [Dreamdrum – 13]

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Pour la treizième, les photos grattées de Thomas Déjeammes sont accompagnées du fantasmagorique flux poétique de Méryl Marchetti… [Dreamdrum 12, création de Déjeammes/Massaut]

 

 

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Rotho a tou Kado ? AH Flubzz, AH Flubzz –za dägadă dic tac topîm, niaouhé yachach patrac taghul ahrar mocem, ac niare zawada gädha, òphé apouherfzweb. Nät, tou drat lachkath, offrim epiromoîhé, nalahébrat tadram, ahsram lacdé roffrim talat tadé, talalt tanquat sinéqoué lada pardrÇ­m. Koùa ou quem abu télépa tiënda nosdro Ratâki lina, g·uamru ediam futor tudul lon elûdret, oden dora ödemorem, calcut hibérn « zwölet gá»›öhll ». Ipitem dan : rorolet tut, relot ut.

 

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Le rayon du phare balaye le ciel, exerçant une puissante et lente accélération vers le sol, s’élargissant jusqu’à nous avant de remonter vers le ciel, s’étendre et s’éloigner en s’étrécissant, comme un projectile qui aurait avalé sa vitesse et s’immobiliserait en l’air, pour retendre de l’autre côté sa basse lumineuse qui prend appui sur l’horizon, et le repousse violemment.

Ce soir je dois sauver ma porte.

 

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Pour le menuisier qui sonde le bois, peu importe que la périphérie soit pourrie : seul le cœur du chêne se débite en bonnes planches.

 

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Les arènes du cirque étaient entièrement remplies, ses flancs s’ouvraient, le chapiteau s’écroule en dedans, se renverse en dehors, selon les câbles qui se tendent ou se relâchent en rythmant poteau après poteau des désastres symétriques sur sa circonférence, entraînant dans leur chute et couvrant de leurs ruines la foule innombrable qui continuait à regarder le spectacle et se pressait à l’entour.

J’étais cerné. Par deux détraqués. D’une part ce chien, qui avançait en chancelant comme si le sable se fut rétracté sous ses pas, de l’autre l’hercule en tablier de peau humaine. Il fallait trouver une stratégie : j’essayais de leur faire peur, et plongeais aussitôt deux doigts dans mon nez tout en tirant mes paupières si haut que j’en révélais l’autre côté, la muqueuse parcourue par des veines fortes gonflant mon front comme deux gros reptiles. Mais les détraqués continuaient à se battre. Roulant rapidement sur le côté pour esquiver la chute d’un projecteur, et d’un geste élégant relever une mèche rebelle, je reprends le contrôle sur la situation. D’autant plus que je ne comprenais pas les mouvements du molosse : ce chien a la peau beaucoup trop large, caché et enveloppé en cent joues monstrueuses de moins en moins interrompues de pattes ou d’épaules à mesure qu’il s’avance, qui tournent sur elles-mêmes et s’entrouvrent sur une gueule qui ne demande qu’à bouffer. Quant à l’hercule avec ses ciseaux, je ne peux pas compter sur lui : chaque fois qu’il coupe une peau dans le clebs il se met lui-même à pisser le sang.

 

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si je stresse je me relaxe, je me relaxe j’ouvre et je ferme la porte, la porte entre mes cuisses. JE FAIS FACE. le bois est possédé. est possédé du désir de faire des enfants, alors, lorsque, alors lorsque je la laisse fermée, fermée la porte frappe, se défonce dangereusement, obstrue le passage de l’air, empêche la voix de sortir. La porte nous préserve, elle demande seulement à ce que je la retourne.

 

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Chaud, craquant et moelleux, si justement sucré sous sa belle croûte dorée, c’est votre compagnon idéal au réveil.

Maintenant, vous pouvez aussi en faire l’ami de votre goûter :

Le Pain au Chocolat.

Rien de plus simple : étalez votre pâte en forme de rectangle, et posez le beurre au milieu. Repliez. Vous renouvelez cette opération sur les deux faces, jusqu’à ce que le beurre ait imprégné toute la pâte. Il suffit alors de glisser la barre de chocolat et d’enrouler la pâte ; enfournez enfin le pain en laissant dorer sa surface au jaune d’œuf sur lequel vous aurez saupoudré un peu de sucre fin.

L’Astuce astucieuse : insérer un ramequin d’eau dans votre four pendant la cuisson pour respecter le taux d’humidité.

 

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Elle avait l’inquiétante silhouette d’une porte dont les gonds étaient trop grands pour elle –et qui plus est, a pris humidité. Ses planches gondolaient comme du carton, on avait dû planter des clous pour les maintenir, et son bois tâché d’une éruption plus que probablement urétique. Ma porte avait été maltraitée.

Ecartées les cartes, la diseuse de bonne aventure avait le buste incliné, ses mains affairées à tripoter son chat sous la table, de sorte qu’il lui fallait lever sur moi ses gros yeux larmoyants pour me parler. Je lui proposais de jouer la porte au bras de fer. Et me voilà le coude à la table et sa main dans ma main. Je m’efforçais de la renverser, mais je ne me faisais guère d’illusion. La vieille était forte, les muscles de son bras ne restent pas immobiles, ils s’enfoncent, tournent sur eux-mêmes, remontent en surface, changent de couleur, voire de forme et de substance. Je tentais de glisser discrètement mon autre main vers mon arme. Mais d’un coup son biceps se détacha de son bras, se dressa en l’air et fila comme de l’huile : une lamproie lança sa ventouse sur ma gorge, et m’aspira violemment en déroulant sa langue jusque dans mon estomac.

Je tirais trois coups de feu, trop tard.

Déjà la boule de cristal se mettait à lancer des éclairs, qui tordaient en travers de la caravane, m’empêchant ainsi d’atteindre la vieille folle qui bondit aussitôt de son fauteuil en menaçant ma porte avec une scie. De dehors j’entendais les pals de l’hélicoptère du groupe d’intervention rapide, et bientôt les câbles au long desquels allaient glisser les barbouzes venus à ma rescousse, mais les parois de la caravane commençaient à se contracter en réponse à la stimulation induite par les éclairs, le véhicule prenant la consistance d’un organe creux et musculaire, d’un système cardiaque pompant dans le vide, s’affolant et se déformant qui empêchait ainsi tout atterrissage de mes alliés sur le toit. Je devais me rendre à l’évidence : je jetais mon pistolet à terre avant que le cœur n’explose, et la sorcière en profita pour se dissiper avec ma porte en un fil de fumée irrattrapable.

 

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A l’âge glaciaire les portes étaient plutôt des portillons aux passages étroits pour ralentir les invasions barbares. On avait l’habitude de bourrer les interstices avec du feutre pour donner une bonne isolation à l’habitat, et surtout les battants en bois étaient cloutés de renforts à grosse tête ou en pointe afin de solidariser les épaisseurs de planches.

Ce n’est qu’à l’âge tropical que quelques expérimentations d’architectes ont été réalisées pour mettre en place des portes fermant alternativement un couloir ou une pièce, et obtenir ainsi une répartition sélective. L’objectif premier consistait à disperser les déferlantes de zombies.

Mais la culture extraterrestre parvint à inventer une danse en rond, sur une combinaison de mouvements alternatifs et circulaires, les uns derrière les autres, capable de déjouer les mouvements tentaculaires de couloirs qui s’accroissent ou se résorbent selon l’avancée de l’intrus.

Aussi revint-on à l’œil fixe des cavernes.

 

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Je suis dans la cage avec lui. C’est la fin. Le cul monumental dansait d’un pied sur l’autre, sans cesser de balancer son énorme sexe qu’il projetait soudain en avant à travers les barreaux pour en tendre un bout aux spectateurs, comme une main suppliante. Il ne semblait guère avoir envie de poupée gonflable, il en cueillit cependant une poignée qu’il roula en bouchon avec son sexe et porta à son anus dans un mouvement de bascule, puis avec tout autant de grâce, il déroula son sexe, sans lâcher les poupées, deux ou trois fois avant de se les mettre.

La cage où l’on exposait la chose au public reconstituait son environnement naturel, une jungle enchevêtrante, avec son humidité, ses lianes, sa mangrove, ses accidents arboricoles, ses sex-shops, le force massive et sculpturale de ses fougères, sa boue féconde, son canapé en peau de léopard, de larges éclats floraux et l’épaississement de leurs attaches, la kitchenette chromée, des ruts en proie aux pires attritions, afin de créer une atmosphère tropicale et suggérer la présence des prédateurs.

L’épouvantable sexe se détourna d’un coup pour fixer avec une fascination avide son urètre flamboyant sur moi, ses fesses se repoussèrent mutuellement pour avancer sur un pont de troncs qui aboutissait directement au tas de terre où l’on m’avait jeté. Je m’efforçais désespérément de me relever mais le sol m’absorbait, je glissais en direction du marais, où la chose n’aurait plus qu’à me cueillir. Je m’enfonçais un certain temps, jusqu’à ce que ma main tombe sur quelque chose d’insubstantiel qui la traverse et ressorte de l’autre côté ; j’essayais de l’attraper encore et cela se dissipa une fois de plus pour se retendre aussitôt. Mon dos heurta le pont, et une fine poussière de cacahuète pleuvait silencieusement de partout comme de la cendre : l’énorme anus s’ouvrait au-dessus de moi.

La petite chose sous mes doigts sembla gagner en vigueur et en réalité ; l’arrachant à la boue, je tendais cette minuscule souris à l’intestin creux et contractile qui apparut au-dessus de ma tête.

Ca avait marché : le cul monumental fit un écart et partit à la renverse enfouir son gland dans des fougères, alors que ses fesses sous l’effet de leur propre masse expansaient son tremblement.

Alors, je me hissais sur le pont et partis rejoindre ma porte. Avec inquiétude je cognais pour la ramener à la vie et, finalement, elle se signa et se releva. Ce faisant sa poignée s’abaissa par hasard, et je m’aperçus qu’elle tenait dans ma main. Nous nous soutînmes à travers la jungle jusqu’à la sortie de la cage –nous étions sauvés.

 

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14 novembre 2013

[Création – série] Dreamdrum 12, Thomas Déjeammes / Dominique Massaut

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La photo grattée de Thomas Déjeammes entre cette fois en résonance avec l’idiolecte de Dominique Massaut. [Lire Dreamdrum 11 : Thomas Déjeammes/Claude Favre]

 

 

Ils aveuent traché des chures, grufons, strives, sous pongles qui escrissent. Et flougés en bouillesse, les glouveurs alors s’ouplient, flessent dans un vésage aux glorizons ambles. Ça vénit par flougner en buages grisbes, de ciels et d’eaux. Et puis ça fleut. Et nos pongles s’alitent, avec nos yeux.

 

Et aussi la petite fille elle faisait de la neige avec ses doigts parce que le paysage qu’on lui avait fabriqué elle trouvait qu’il était trop tiède. Et aussi la petite fille elle faisait de la neige avec ses doigts. Et aussi la petite fille.

 

10 octobre 2013

[Agenda] Festival Le Grain de la Voix à Pau

Du samedi 12 au samedi 19 octobre 2013, se déroulera à Pau le Festival Le Grain de la Voix ; y participent, entre autres, des auteurs que défend LC (dont quelques "dreamdrumistes") : Edith Azam, Sonia Chiambretto, Thomas Déjeammes, Antoine Emaz, Olivier Mellano, Bernard Stiegler, Yannick Torlini, Nicolas Vargas…

 

> SAMEDI 12 OCTOBRE :

13H03 > MUSIQUE INATTENDUE > Place Reine Marguerite

"Urbaphonix" sonorise la ville (Cie décor sonore)

14H34 > THÉÂTRE > Place de la Déportation

Un clown qui s’appelait Socrate (Théâtre du caniveau)

17H02 > FILM & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère

La faute d’orthographe du Front National / Film de Bernard Stiegler & Discussion

Conclusion avec un film poétique de Thomas Déjeammes intitulé Projet 125/20.

21H08 > CONCERT > Bar L’imparfait

Un récital poétique de Nathalie Richard et Olivier Mellano

 

> DIMANCHE 13 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras. (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

18H02 > DINONS-ENSEMBLE > Studio Cie Écrire un mouvement

Danse Buto / Installation / Soupe & Fromage (Quelques instants pour Jacques Dupin)

> LUNDI 14 OCTOBRE

21H06 > LECTURE À VOIX NUE & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un

Extraits de "Caisse Claire" de Antoine Émaz / Poésie Contemporaine ; suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MARDI 15 OCTOBRE

21H04 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MERCREDI 16 OCTOBRE

13H06 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Place Royale

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

14H34 > LECTURE > Chez quelqu’un

"Polices !" de Sonia Chiambretto lu par l’auteur

16H07 > JEUNES PUBLICS & P’TIT GOÛTER > Théâtre Bourbaki

Minifocus / Concert électro blues forain pour bambins / Adultes accompagnés tolérés

18H02  > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Palais des Pyrénées

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H05 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Bar l’Imparfait

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H24 > CONCERT > Bar l’Imparfait

"Les Angles" un Récital Poétique de Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa / Voix & Guitare

> JEUDI 17 OCTOBRE

21H02 > CONCERT > Casino de Pau

ARLT, un récital de chansons d’Éloïse Decazes et Sing-Sing

> VENDREDI 18 OCTOBRE

18H02 > RENCONTRE > Librairie Tonnet

avec Sonia Chiambretto, auteur de Chto

21H07 > LECTURE PRÉPARÉE & CONCERT > Chapelle des Réparatrices

"Chto, Interdit au moins de 15 ans"

Théâtre Contemporain pour deux paires de cordes vocales et une guitare.

Par Fanny Avram, Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa ; suivi de

Winter Family / Un duo franco-israélien entre berceuse minimale et cri politique

> SAMEDI 19 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POÉSIE CONTEMPORAINE > Chez quelqu’un

Textes de Yannick Torlini lu par l’auteur

17H06 > LECTURE & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère.

ATI Éditions présente ses affiches de 4 poètes contemporains ; suivi

d’une lecture performance d’Édith Azam

21H03 > CIRQUE CONTEMPORAIN > La Centrifugeuse

"L’Iceberg" de Florence Caillon (Cie L’Éolienne)



ET DURANT TOUT LE FESTIVAL :

L’ensemble de l’œuvre poétique de JACQUES DUPIN consultable
à la Médiathèque André Labarrère.


LECTURES À LA VOLÉE :
Il s’appelle Fröde et vous pourrez le rencontrer un peu partout dans la ville.
Il viendra peut-être s’asseoir à côté de vous dans le bus ou à la terrasse d’un café,
ou faire quelques pas à vos côtés sur un bout de trottoir…
Il vous proposera de découvrir quelques lignes des auteurs du festival
mais aussi des invités qui n’ont pu se joindre à nous comme :
Charles Juliet, Antoine Émaz, Bernard Stiegler, Fabienne Courtade, Philippe Breton, Sylvain Crépon…
Mais aussi de quelques uns des piliers des mouvements de pensée de ce festival :
Roland Barthes, Antonio Gamoneda, Pierre Bourdieu, Didier-Georges Gabily,
Joël Pommerat, Michel Foucault ou Jean-Luc Godard.
Il sera parfois accompagné des comédiens du groupe Corps 9 ; compagnie étudiante paloise
ou de celles et ceux qui auront répondu à notre appel à participation.

———————

ENTRÉES GRATUITES
LES ADRESSES DES PARTICULIERS SERONT COMMUNIQUÉES SUR RÉSERVATION.
POUR LES AUTRES REPRÉSENTATIONS, LA PLUPART DES JAUGES SONT LIMITÉES, RÉSERVATIONS VIVEMENT CONSEILLÉES.

RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATIONS : 05 59 40 72 93

 

5 octobre 2013

[Création – série] Dreamdrum 11, Thomas Déjeammes / Claude favre

Avant même que de mettre en ligne la dernière partie du long poème inédit "A.R.N. _ Agencement Répétitif Névralgique_ voyou", parallèlement au Dossier Claude Favre, donc, voici la seconde collaboration entre l’auteure et Thomas Déjeammes [lire la première], qui a lancé le projet Dreamdrum en mars dernier. Sa photo grattée est accompagnée ici d’un texte à fleur de mots qui nous dit quelque chose d’essentiel : "trop près du corps mal à parler"… /FT/

 

vieille affaire & toujours des mots ne sont pas notre

langue n’est s’ils font bricoles flottent affaires de peu

qu’importe le panache pourvu qu’on soit gagnant

dents & or & nous contents on s’en remet à eux ad

libitum qui tournent dans les bouches tristes

anxieux tout de même de peu être si peu à querelle

on sent parfois qu’il y aurait à dire à n’être que trop

près du corps mal à parler & cette langue finissante

qui n’en jamais à toujours vieille affaire

de mots plaqués à nos peurs cousues de lettres pas

assez mortes mots jusqu’au sang creusés collés raidis

aux parois pharynx palais gorge larynx fortunes

& passages obligés pour quoi lèvres tuméfiées

mots poisseux aux entournures de quelle folie

nôtre se déguiser ainsi couler couture s’arracher la

pour qu’elle aille bon vent langue adieu qui n’est

pas notre langue de quoi adieu baveuses bouches

couvées des mots toujours de toi à moi même

m’aime pareil ça amer & parfois ça démange à

lacérer toutes coutures au vent de l’air entre les

mots de l’air la langue n’existe pas plus n’existe que

peau à la fin peau qu’à jeter en dépit du bon sens

arracher peau des mots jusqu’au sang pour

mots entournures de mal phrases & emboucher

vives langues grenues comme légères & souples de

très jeunes filles qui pressent le pas & riant

14 septembre 2013

[Création – série] Dreamdrum 10, Thomas Déjeammes / Mathias Richard, amatemp 28

C’est avec plaisir que nous reprenons la magnifique série proposée par Thomas Déjeammes, dont la photo grattée est accompagnée ici par l’un des curieux syntextes de Mathias Richard – l’auteur très prometteur du Manifeste mutantiste et de Machine dans tête. /FT/

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11 septembre 2013

[Texte] Thomas Déjeammes, …le lendemain, presque le même… [Libr-@ction – 7]

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… lendemain… putain de phrase… le monde n’a pas changé le 11 septembre 2001…

Lisez/écoutez… Libr-@gissez avec Thomas Déjeammes – à qui nous devons le projet DREAMDRUM. [Libr-@ction – 6]

[Rejoignez le projet Libr-@ction]

…le lendemain, presque le même…

Avant d’être ce texte mis en forme pour les libr-@ctions, "le lendemain, presque le même" est une performo(t)sonnance réalisée par Kraums Notho ( Krunoslav Pticar à la guitare préparée et moi-même aux textes et à divers bruits) ; vous pouvez l’écouter sur : https://soundcloud.com/kraums-notho

… viens Olga…

… tu sais ce que c’est?…

… tu sais ce que c’est que de descendre tous les jours l’escalier de ton appartement?…

…tu sais toi?…

…tu sais ce que c’est que de descendre et de monter tous les jours l’escalier de ton appartement?…

… tu crois tous les jours…

… tu sais ce que sait?…

robe rouge 99 euros/ broche 47 euros

… chaque… jour…

… je me retiens chaque jour…

… la parole me semble inadmissible…

… et pourtant chaque jour…

… transport en commun… ligne 610…

… et pourtant chaque jour…je descends presque chaque jour…

… les mots nous feraient…

… ce{ux) que je suis…

… sa voix me poursuit… me dit…

… me dit…

… qu’aujourd’hui sa voix me dit…

… viens Olga…

… tu sais ce que c’est…

… tu te le dis chaque jour…

… tu te dis… tu sais ce que sait ?…

… le monde n’a pas changé le 11 septembre 2001 Olga…

… le monde t’a changé chaque jour…

… dans ta répétition… et ta reprise…

… pour toujours beau… pour toujours bleu Olga…

… non…

… ton monde n’a pas changé le 11 septembre Olga…

 

 

 

« … putain ta phrase elle veut dire quoi ta phrase putain ? … putain ta phrase elle veut dire quoi … ta phrase putain hein… là elle veut dire quoi là… là elle veut dire quoi ta phrase là putain hein ?… là… hein ?… merde !… elle veut dire quoi ta phrase là putain ?.. . qu’est ce qu’elle veut dire ta… elle elle… elle veut dire elle… veut dire elle là… veut dire quoi ta phrase là putain !?… »

 

 

 

que voulions nous savoir ?…

que pouvons nous savoir ?…

qu’est ce donc que nous avons voulu savoir ?…

… connaître le vrai nom des choses plutôt que les formules exactes de leurs fabrications

 

 

 

… folie is the true story of corps…

… folie is a true story of corps…

… à l’angle des nations…

… a window in a chair…

… à l’angle des nations…

… a window in a chair…

 

…folie is a true story of corps…

…à l’angle des nations…

…a window in a chaire…

 

…je voulais… répéter… je voulais… pouvoir te voir… je voulais… pouvoir lancer… je pouvais… pouvoir dire… je voulais… essayer… je voulais… être entre… je voulais… être entre autre… je voulais être entre toi… je voulais… être aentre toi… je m’en souviens… je m’en souviens… je me souviens… à peu près… nous étions bleus… nous étions… pas loin… nous étions à peu près… le lendemain… nous étions… à peu près… et je disais… nous étions… à peu près… pas loin d’ici… tu te souviens?… à l’intérieur… confortable…inconfortable… bien rangé… en désordre… à l’intérieur… confortable…inconfortable… bien rangé… en désordre… propre… sale… dégoûtant… poussiéreux… meublé… acheter… vendre… louer…construire… creuser les fondations… pendre la crémaillère… déménager… rester chez soi… faire entrer quelqu’un… frapper à la porte… sonner… claquer la porte… décorer… meubler… tirer les rideaux… allumer un feu… allumer le chauffage… éteindre le chauffage… allumer…éteindre la lumière… posséder… hériter de… appartenir à… à part tenir… à…

…comme pas loin d’ici… comme pas loin d’ici… comme pas loin d’ici…

 

je me rappelais… le vol des grues… la naissance des nanos… voulez-vous un ticket ?… Use first… not use first… use first… not use first… respectez les consignes de sécurité… use first… not use first… respectez les consignes de sécurité… use first… not use first… respectez les consignes de sécurité… use first/not use first… respectez les consignes de sécurité…

18 juillet 2013

[Création – série] Dreamdrum 9, Thomas Déjeammes /Laura Vazquez, Un coup qui donne la mort

Pour cette dernière livraison de Dreamdrum avant la pause estivale, trouvez l’erreur… Mystérieux texte de Laura Vazquez convoqué par le MISTAKE de Thomas Déjeammes… [Lire Dreamdrum 8]

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6 juillet 2013

[Création – série] Dreamdrum 8, Thomas Déjeammes/Frédérique Soumagne

Pour entrer en résonance avec la huitième photo grattée de Thomas Déjeammes, la fascinante ritournelle de Frédérique Soumagne… [Lire/voir Dreamdrum 7]

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17 juin 2013

[Création – série] Dreamdrum 7, Thomas Déjeammes/Démosthène Agrafiotis

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Cette fois, ce sont les algorithmes un peu DADA de Démosthène Agrafiotis qui dialoguent avec la photo grattée de Thomas Déjeammes. [Lire Dreamdrum 6]

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28 mai 2013

[Création – série] Dreamdrum 6, Thomas Déjeammes/Nicolas Vargas

La nouvelle photo grattée de Thomas Déjeammes précède les agencements répétitifs-délibératifs de Nicolas Vargas. [Lire Dreamdrum 5]

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10 mai 2013

[Création – série] Dreamdrum, Thomas Déjeammes / Claude Favre

Avant même que nous ne lancions le Dossier qui lui est consacré, Claude Favre nous livre l’un de ses agencements répétitifs dont elle a le secret pour accompagner la photo grattée de Thomas Déjeammes. [Lire/voir Dreamdrum 3]

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17 avril 2013

[Création – série] Dreamdrum, Thomas Déjeammes / Vincent Tholomé

Le projet dreamdrum est une série de photographies réalisée par l’écrivain et photographe Thomas Déjeammes. A l’aide d’un clou il gratte, criture, traiture à même le papier photographique. Il a ensuite proposé à différents écrivains et/ou poètes de faire un texte à partir de chacune de ses images. Le résultat de cette correspondance image/texte est publié deux à trois fois par mois sur Libr-critique.com. Le troisième texte, signé Vincent Tholomé, suit la photo grattée de Thomas Déjeammes – et c’est bel et bien du Tholomé ! [Lire/voir Dreamdrum 2]

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9 avril 2013

[Création – série] Dreamdrum, Thomas Déjeammes/Yannick Torlini

Le projet dreamdrum est une série de photographies réalisée par l’écrivain et photographe Thomas Déjeammes. A l’aide d’un clou il gratte, criture, traiture à même le papier photographique. Il a ensuite proposé à différents écrivains et/ou poètes de faire un texte à partir de chacune de ses images. Le résultat de cette correspondance image/texte est montré toutes les deux semaines environ sur Libr-critique.com. Le deuxième texte, signé Yannick Torlini, suit la photo grattée de Thomas Déjeammes. [Lire/voir Dreamdrum 1]

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21 mars 2013

[Création – série] Dreamdrum, Thomas Déjeammes / Didier Calléja

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 19:03

Le projet dreamdrum est une série de photographies réalisée par l’écrivain et photographe Thomas Déjeammes. A l’aide d’un clou il gratte, criture, traiture à même le papier photographique. Il a ensuite proposé à différents écrivains et/ou poètes de faire un texte à partir de chacune de ses images. Le résultat de cette correspondance image/texte sera montré toutes les deux semaines environ sur Libr-critique.com. Le premier texte, signé Didier Calléja, suit la photo grattée de Thomas Déjeammes.

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12 octobre 2007

[News] Nouvelles petites éditions : [o]

band-o1.jpg Une nouvelle petite maison d’éditions vient de naître sur Bordeaux : les éditions [o]. Son initiateur, Thomas Déjeammes. Nous avions déjà parlé de lui lors du festival Ex-poésie de Périgueux, pour son exposition.

Photographe de formation, il développe une micro-édition de qualité, où il tente de croiser avec certains de ces titres le travail photographique et le travail d’écriture. C’est le cas entre autre du curieux petit livre à paraître Cent vingt-cinq/soixante de Bénédicte Salzes et de lui-même.

Bénédicte Salzes a pris ces photos à partir d’un Holga 120 S. l’intérêt de cette appareil réside à la fois dans la rigidité des ses capacités ( ouverture fixe, f.11, vitesse, 1/100s.) et par l’irrégularité de ses résultats (flou, mauvaise exposition, couleurs faussées…). La visée par l’œil n’est plus fiable, la prise de vue se fait souvent à bout de bras par placement approximatif et volontaire du corps. La main est l’œil. Ces défauts mettent en question l’image et la perception lisse que notre regard contemporain accepte trop facilement.

Cet attachement à la photographie croise, mais autrement, des pratiques comme celles de Claude Yvroud, Jérôme Bonnetto, ou bien encore François Bon [ici par exemple].

adresse :
les éditions [o], Thomas Déjeammes // 39 rue Saint Rémi // 33000 Bordeaux.

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