Libr-critique

5 septembre 2007

[Interview vidéo] Lucien Suel

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suel3.gif Interview de Lucien Suel, réalisée le 15 juin 2007, à La Tirmande, dans le Pas-de-Calais. Dans cet entretien, Lucien Suel explique tout à la fois son travail d’écriture et ses références, qu’elles soient littéraires ou musicales. Lucien Suel fait partie des explorateurs de langue, et ceci non pas seulement selon son propre travail, qui s’accomplit depuis plus de 30 ans, mais aussi selon son rapport aux autres : que cela soit sa réception des écrivains de la Beat, ou que cela soit par exemple la publication au milieu des années 90 du Train de Christophe Tarkos. [durée 20 mn]

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2 septembre 2007

[NEWS de la blogosphère#8] Auteurs.contemporains.info + page 48 + Live libr-critique

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blogosphere.gif [+] Comme l’a annoncé le 25 aout François Bon sur son site, un nouveau site de référencement canadien d’études critiques vient de voir le jour : auteurs.contemporains.info. Ce site vise à rassembler les références des études consacrées à des auteurs contemporains. L’équipe est dirigée par René Audet. Si pour l’instant, hormis quelques écrivains, la plupart sont plutôt des écrivains aux langues traditionnelles, il est à espérer que des contributions viendront ouvrir ce travail de référencement à des écrivains plus modernes ou expérimentaux.

[+] J’indique ici une belle initiative de Pierre Ménard découverte grâce au lien donné par Laure Limongi lors du blogday sur le blog des éditions Léo Scheer. Il s’agit de Page 48. Pierre Ménard propose de mettre en ligne des lectures de textes issus de la page 48 de livres qu’il a choisi. On y trouve de très nombreuses contributions. S’il est dommage que l’interface ne permette pas d’avoir un accès direct à l’index des auteurs lus ou bien des lecteurs, reste que l’exploration permet de découvrir de nombreux horizons littéraires. Actuellement, il y a une liste d’auteurs à lire, tels Claude Simon, Kôbô Âbé, Malcolm Lowry, William Faulkner ou encore Pierre Alferi.

[+] Aujourd’hui, inauguration d’une émission en direct sur libr-critique, à 11 H ce matin. C’est un test devant permettre une forme d’inter-action entre nous qui présenterons et ceux qui regarderont, via un chat. Nous parlerons de la revue Livraison#8, qui a pour thème traduction/translating, des blogs de Lucien Suel et de Pierre Ménard [Liminaire], notamment page 48.
Pour livraison#8, nous parlerons notamment du travail de Stephen Gill, qui par son travail des Billboards series, interroge l’envers de l’espace publicitaire urbain, ce qui se cache derrière les panneaux publicitaires. Ceci nous faisant penser au dernier livre de Philippe Vasset dont parle aussi bien Dominiq Jenvrey sur remue.net que François Bon sur le tiers-livre.
Nous parlerons aussi de Vuc Cosic, l’un des pionniers du net art, qui a participé à ce numéro de Livraison [voir +] sur Rhizome.org.

Le principe que nous adopterons dés la semaine prochaine, ce sera celui d’un direct avec participation lié à un différé qui sera mis en ligne durant la semaine avec les éléments du chat et l’ensemble des liens qui ont été mentionnés.
Pour cette première émission en direct, Hortense Gauthier et moi-même n’avons pas prévu de durer précise.

12 janvier 2007

[Revue] Carbone

Revue Carbone n°1 [thème : Esclave], éditée par la maison d’éditions Le-mort-qui-trompe, 125 p. ISSN : en cours. [site de la maison d’éditions]. prix : 8 €.
carbone152.jpgSommaire :
Entretien avec Juan Asensio par Laurent Shang.
Récits :
Lucien Suel : Le collectionneur d’esclaves.
Jean-Mac Agrati : Le retour de Joséphine de Beaumarchais.
Helena de Angelis : Mea Culpa.
Andy Verol : Histoire des derniers Cow-boys français.
Jean-Claude Tardif : Connaissez-vous Montgomery.
Critique :
Jean-Paul Gavard Perret : Artaud le mécréateur.
Axele Felgine : La théorie du bétail humain chez Sozo Numa.
Valérian Lallement : Pierre Guyotat : autopsie de la machine.
Mohammed Chaouki Zine : Servitude et finitude dans l’herméneutique d’Ibn ‘Arabi.
Philippe Di Folco : Magic box
Otom Didier Manuel : Paysages imaginaires des enfants de la cté monstre dans le Japon contemporain.

Premières impressions :
Il s’agit là d’une nouvelle revue, fondée par Valérian Lallement et Axelle Felgine, deux ex-membres des Hermaphrodites, avec qui ils sont restés en lien étroit, du fait qu’ils aient fondé ensembles une maison de diffusion : Le cartel. En cela ce premier numéro évite de nombreuses erreurs que font beaucoup de nouveaux créateurs de revue : ce numéro sur « esclave » d’emblée est mature, très bien mis en page, original dans la conception du traitement du thème : trois sections distinctes, qui apportent trois angularités qui se répondent. Car le choix des textes a été exigent.
Assez rapidement, on retiendra au niveau critique, et en ce qui concerne spécifiquement les centres d’intérêt de libr-critique : Jean-Paul Gavard Perret, qui réfléchit sur un Artaud qui se tient dans une position paradoxale : « puisqu’il est à la fois prisonnier de lui-même et hors de son être », ce qui le conduit à la recherche d’une forme de libération qui en passe, comme Françoise Bonardel l’avait magnifiquement analysé dans son Artaud : par une transfiguration, lui permettant de rompre avec l’aliénation qui le vampirise, et ceci notamment lors de sa quête chez es Tarahumaras au Mexique. L’analyse de JP Gavard Perret est très bien référencée et à partir du thème de l’esclave, montre parfaitement la force du langage d’Artaud. De même le texte de Valérian Lallement sur Guyotat est trs bien établi, par un réel connaisseur de cette oeuvre, car en effet, V. Lallement a étabi l’édition critique des Carnets de bord de Pierre Guyotat [Lignes Manifeste en 2005]. Son article interroge la langue de la prostitution, de l’esclavage et de la soumission en tant que condition de possibilité de la liberté, car tel qe l’écrit P. Guyotat : « Vous hommes libres, vous aimez boire le sang, et recevoir la semence des esclaves; alors pénétrés jusqu’au fond de l’âme, par un feu ancien : la liberté par soumission aux forces du ciel. » Et pour finir avec les articles théoriques, mentionnons le très bel essai de Philippe di Folco, qui à partir d’une réflexion sur notre hypermodernité et ces processus de fictionalisation de l’existence, pose les affects, inquantifiables, en tant que vectorialités performatives qui se jouent en rapport avec la Memory-box. Derrière son texte, au style assez percutant, outre une analyse de Brazil de T. Gilliam, se dessine une réflexion sr la boîte-carnet magique telle qu’elle a été pensée dans les derniers textes de Freud : cet espace où cela s’écrit et s’efface simultanément. Au niveau des fictions, outre le texte très critique de Lucien Suel, qui entre en écho avec ces derniers livres publiés, il faut aussi découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas, l’un des nouvellistes qui nous semblent parmi les plus importants actuellement : Jean-Marc Agrati, don nous reparlerons en mars pour la sortie de son troisième recueil de nouvelles aux éditions Hermaphrodite : Ils m’ont mis une nouvelle bouche. Son petit texte une nouvelle fois avoisine l’hallucination éveillée : avec une écriture à la Bukowski, il décrit une scène sacrificielle selon une trajectoire totalement fantastique et absurde.
Au vue de la qualité de l’ensemble et du prix de la revue, nous ne pouvons que recommander celle-ci, en attendant son numéro 2 portant sur le thème de la « fin »

14 décembre 2006

[Livre] Lucien Suel, Transport visage Découvert

Filed under: Livres reçus,News — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 6:02

Transport Visage Découvert de Lucien Suel, éditions Le dernier Télégramme, 14. p, ISBN : 2-9524151-4-5, prix : 5 €.
[site du Dernier Télégramme]
adresse: Le dernier Télégramme /39 rue des Arènes / 87000 Limoges

sueltransport146.jpgExtrait :

Je dis rouge.
J’entends jaune
Je sens bleu.

IMAGE DE LA CARESSE CARESSE DE L’IMAGE IMAGE DU GOÛT.
Les puces prolifèrent colonisent le temps & l’espace. Pour encore oser, Cosmik Galata se laisse glisser à terre au risque d’empoussiérer son pantalon de tergal noir. Depuis le début de l’histoire, deux films se déroulent ensemble comme si l’ordinateur avait ouvert en même temps Real Player (le joueur pour de vrai) et Quick Time (Le Temps vite). Dans cette méditation les microprocesseurs sont perturbés par la folie de l’Histoire.
Sang bleu coulant dans le sable vermillon.
Nu dans l’inter-fréquence, toujours actif, ce mec a vécu 33 ans depuis longtemps jusqu’à ce bon vendredi d’avril à Lille. Pour se contenir, il faut se vider. C’est un imparable paradoxe. Thérèse Davila, on la retrouve, elle caresse sa souris de plastique et cette caresse provoque de temps à autre l’éveil d’un virus endormi. Accrochée au sein des fichiers, une routine mutante met en péril la République.

Premières impressions:
Nous sommes très heureux de parler, tout d’abord, des éditions du Dernier Télégramme dirigé par Fabrice Caravaca, qui développe peu à peu une belle édition de poésie contemporaine liée à la modernité critique, voire politique, comme cela se voit aussi bien par le premier texte publié Action Writing [ici], que par celui de Christophe Manon L’éternité, dont nous parlerons prochainement. Le travail éditorial est de qualité, les textes choisis pertinents, même si, sans réel risque, au sens où tous les auteurs publiés sont déjà reconnus, et ce type de littérature déjà intégré éditorialement. En ce sens, nous espérons, que Fabrice Caravaca s’ouvrira à d’autres perspectives d’écriture.
Ensuite, parlons de ce petit texte de Lucien Suel, qui est publié dans la collection Longs Courriers, qui d’après ce qu’indique le catalogue (avec celui de Charles Pennequin) semble témoigner de textes plutôt un peu manifeste, de textes correspondances. Le texte de Lucien Suel apparaît s’inscrire dans une tradition qu’il connaît bien celle des Beat. Longue prosodie où l’on suit Cosmik Galata, « policier, flicaillon, cop, bourre », prosodie dont on ne peut pas ne pas entendre la voix de Suel lorsqu’il lit seul ou accompagné par Arnaud Mirland, prosodie rythmée de séquences qui viennent comme battre, régulièrement le tempo, marquer un refrain par séquençage. Ce texte est véritablement musical, et il retrace notre temps à travers trois personnages « William Lee (Le Pasteur), Cosmik Galata (Le Vieux Rocker), Thérèse Davila (La Madone des Sleepings Bags) », notre rapport au temps via la tranformation du monde opérée par les technologies, rapport aussi à notre corps, à nos sensations, avec ou sans intermédiations. En bref, un très bon petit livre à découvrir !

10 octobre 2006

[Livre] La Formule, de Stéphane Benault et Lucien Suel

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 5:53

[Ce petit livre fait partie de la présentation de livre rare que nous souhaitons faire connaître. Pour voir en grand les images du livre, cliquer dessus]

cliquer sur l'imageLa Formule est un livre d’artiste dont les textes sont de Lucien Suel et la mise en page et les dessins de Stéphane Benault. Il a été tiré à 100 exemplaires signés par les auteurs et 10 exemplaires Hors-Commerce numérotés de 1 à 10.

Tout d’abord soulignons le travail remarquable de composition du livre : il se construit à partir aussi bien de calques et de transparence, d’une carte postale imprimée blanc sur blanc, d’impessions vernies. La plastique du livre est ainsi surprenante à chaque page. Chaque double page est ainsi d’abord l’ouverture plastique de la relation entre les deux auteurs.

cliquer sur l'imageEnsuite La formule est cette ouverture physique et mathématique aux transformations de matière. Alchimie des mutations, des variations organiques et analogiques. La formule est ce qui relie les êtres et les choses dans un mouvement constant de liaison :

« 2 + 1 + 1 + 1 + 3 = 1 »

C’est ce qui fait apparaître la formule l’individuation des choses et des êtres :

« La formule individu brillait magnifiquement dans le noir »

cliQUER SUR L'IMAGE La formule : 23 € port compris. A commander aux éditions Hubert-Berline Vortex : hubeps[at]hotmail.com. Mais aussi à la Station Underground d’Emerveillement littéraire : 7 place de la Tiremande, 62960, Ligny Lez Aire. Ou encore ainsi que les autres livres de Lucien Suel à la Galerie « L’espace du dedans » : 28 rue de Gand, Lille.

16 septembre 2006

Un trou dans le monde de Lucien Suel, par P. Boisnard

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 19:27

Lucien Suel, comme Ch’vavar, fait partie de ces poètes de la terre, de celle du nord et de la Picardie, de cette tradition de la pensée/corps qui s’imbrique au monde, au sol, aux éléments, à leur lourdeur : « mon âme chavire nue dans le courant permanent de la viande », et cette viande est celle qui gravite en aplat de campagne, se dresse à hauteur de terrils, traverse jardins ouvriers, car Suel, tout à la fois écrivain et jardinier le dit dans les Visions d’un jardin ordinaire (éditions du marais, 2000) réalisé en collaboration avec sa femme Josiane, photographe : « quotidiennement, longuement, souvent, le jardinier a pissé sur le compost ».

Ce trou dans le monde, cette présence trouante de soi dans le monde, est celle d’un témoignage d’être, de cette simplicité d’une existence qui loin de produire comme « les robots transformateurs en plastique, goldoraks de pacotille » devine à travers les éléments et le corps qui s’y mêle que « la vraie condition de notre existence est que l’univers soit en expansion ». Expansion qui se fait à partir d’un néant originaire, expansion qui se fait au travers de ces trouées de vie qui déchirent les vides : « au commencement était le trou dans le trou. Le vagin du néant ». Ce livre de Suel, reprend le même principe d’écriture que celui de Canal mémoire (édition Marais du Livre, 2004) : mélange, échange, tissage entre une prose riche en mots et rythmées et une poésie arithmogrammatique. D’ailleurs, les textes qui les constituent se croisent sur une même période de la fin des années 80 jusqu’à 2004, et répondent d’une même nécessité que celle marquée en 4ème de couverture de Canal Mémoire : « les textes proposés ici vont du récit personnel au pamphlet visant différents aspects de notre modernité ». Et déjà dans ce livre de 2004, la pensée du trou habitait l’écriture : « toute la douleur à venir s’entasse au fond des trous noirs ». Ainsi, Un trou dans le monde, explore la modernité, mais loin de tomber dans le nihilisme, qui est cependant mis en perspective, ce trou ouvre justement au-delà, dans le rapport entre ciel et terre qui s’effectue par le corps. L’une des particularités justement des poètes du nord, des poètes qui ont pu être défendus par Ivar Ch’vavar dans la revue Le jardin ouvrier, tient à une forme de transcendance qui s’effectue non pas à partir de l’envolée lyrique, légère, qui recherche l’élévation et les grands sentiments, mais une transcendance dans l’intime matière souffrante et qui jubile de sa finitude d’être : « dans la pénombre, embusqué derrière un sac de glandes prélevées dans la viande mammifère, le rescapé de mes suaves tentations veille pieusement les reliques dont je suis l’humoral tabernacle, Saint d’où sort le gras suint. L’angle de mes cuisses happe les phalanges des ordres sacrés. La vertèbre arrondit le dos. Le ventre ouvre la voie. Le boyau noir parle ». Le sacré n’est pas nié, il est posé à même l’existence et ses turpitudes : aussi bien folie, douleur, simplicité d’être mortel sur cette terre. »Chair se fait verbe en moi, entre nourriture et pourriture. »

[Livre] Un trou dans le monde de Lucien Suel

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:25

Lucien Suel Un trou dans le monde, éditions Pierre Mainard, ISBN : 2-913751-27-X, 38 p. 8 €
adresse de l’éditeur : Pierre Mainard, 14, place Saint-Nicolas, 47600 Nérac

extrait :
Sous la pâle peau des paupières, des cuisses, des reins, se boursoufle une incroyable larvée germination noire et labyrinthique.

Les idées s’extirpent masquées par le style scriptural de la bête pharmaceutique jamais lasse d’engouffrer la manne interstitielle.

Il arrive que les doigts s’enfoncent doucement de crainte de blesser chair comme boyau d’évacuation d’où sortent les tristes loups anoures et pansus.

À l’avant du bateau, dans une gerbe surf d’écume noirâtre, se campe l’énorme dure carcasse d’officier mangé de scorbut, pétrifié de goudron et piqueté de saumure.

Le sirocco publicitaire tourbillonne dans les méandres méningés avant d’être aspiré goulûment par la myéline optique.

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