Libr-critique

22 octobre 2006

[livre] Les doigts, de Charles Pennequin (éditions Ragage)

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 8:14

>> Les doigts de Charles Pennequin, éditions Ragage, collection Écrin, ISBN : 2-915460-27-2, 44 p. 10 €.
[site éditeur] / adresse de commande : Ragage éditeur, 12, rue Chartran, Neuilly, 92200.

Extrait :

Chant du 1

je n’ai pas de doigts. le doigt est la pensée. je n’ai pas la pensée du doigt. le doigt en moi pense autrement. il pense à l’autrement moi. autrement que le moi qui pense sans ses doigts. le moi autrement doigt pense aussi sans eux. ou alors il pense, mais il pense contre. il est contre les doigts qui ont voulu pousser de la pensée dedans, qui ont voulu faire de moi un entassé de première main. un moi moignon de lui et de sa pensée autrement main.

Premières impressions :

Nous découvrons avec plaisir un nouvel éditeur. Hortense Gauthier reviendra plus longuement sur ces éditions, en parlannt aussi bien de leur revue, que du livre de Christophe Manon qui vient d’être publié [Constellations]. Les premiers titres contemporains sont alléchants, en effet, on y retrouve Anne van der Linden aussi en livre d’art.

pennequin_doigts116.jpgCe petit livre de Charles Pennequin se tient dans la continuité de sa recherche : exploration de la construction de soi du point de vue organico-psychologique, et ceci selon la question de l’inchoativité de la pensée et de sa mise en jeu comme trou temporel. Dès lors, si tel que le déclarait Aristote, dans son Traité des parties des animaux, « ce n’est pas parce que l’homme a une main qu’il est intelligent, mais c’est parce qu’il est le plus intelligent des animaux qu’il a une main » et si notre intelligence est ce résultat d’un dialogue intérieur sourd, lourd, empêtré du poids du passé, alors devient évident que les doigts sont les bouts extrêmes de ce dialogue, ces bouts d’où les morts en dialogue en nous parlent, d’où les morts se donnent à penser par l’acte de mouvement des doigts.

« ce n’est pas moi les doigts sont les morts tout au bout qui m’écrivent » (p.9)
« (ce sont les morts qui écrivent / dans mes doigts… » (p.38)

Ce livre est comme une approche obsédante de ces appendices qui tentaculaires, nous lient à l’espace, à l’air, aux être et aux choses. Les doigts sont le seuil où se croisent pour l’homme l’intérieur et l’extérieur, et ceci du fait d’une tuchè, bien plus intensivement que par les yeux très souvent :

« les doigts sont les trous où passent l’être »

Les doigts, ainsi, sont une nouvelle angularité de cette symptomatologie que Pennequin a commencé depuis des années, symptomatologie d’une vie née à la mort, d’une vie qui endure tout à la fois son élan irréversible de vie, de sortie du trou, et qui irrémédiablement est aspirée par la pensée du dedans du trou, pensée du dedans, du trou, qui ne laisse pas la vie à la vie, mais qui la noud sans cesse au pourrissement de sa donation.

18 octobre 2006

[livre] Trajets de Pascale Gustin (éditions stations MIR)

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 16:51

>> Trajets de Pascal Gustin, éditions Stations Mire, 45 p. 8€50

Commande directement à la Station MIR :

124 rue André Vermeulen / 14200 Herouville St Clair
pour tout renseignement : [ site ] & mir[at]noos.fr
pascalgustin112.jpgExtrait :
Test prix
ABANDON TICKET
Remise de 5%
Annulation
Ticket
Remise de 25 %
Entrée Total Espèces CB
Femmes hommes attirés par un centre invisible

Homme, veste blanche, revue ouverte, Homme, veste en daim, se penche, mains dans les poches, Bruits des marteaux-piqueurs, bruit de papier, froissements, Femme, magazine contre la poitrine, serré. Homme, femme, homme, homme, homme, homme, femme, hommes entrent, les uns à la suite. Quatre personnes de dos, lisent des magazines people ; jeune fille, sur la tête, casquette à visière, torse penché sur le coté gauche, sac à main, forme allongée, anse passée sur l’avant-bras droit, tout près du coude. On entend les marteaux-piqueurs, vagues sonores => la radio. Jeune femme, sac à l’épaule, mains dans les poches du blouson court ; jambe gauche pliée en équilibre, poids du corps sur la jambe droite.

Premières impressions :

[lire la chronique]

11 octobre 2006

[Livre] La blondeur, de Cécile Mainardi (Les petits matins)

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 14:44

La Blondeur de Cécile Mainardi, postface de Stéphane Bouquet, (non paginé) 140 p., ISBN : 2-915879-21-4, prix : 12 €4ème de couverture :

mainardi113.jpgCécile Mainardi est au Negresco avec deux hommes. L’un est nettement brun, l’autre châtain gris. ils boivent tous les trois un cosmopolitan (vodka, Cointreau, citron et jus de cranberry).
(Nice, le 7 juin, 0h20)

Premières impressions :

Qu’est-ce qui se cache sous la couverture-chevelure de ce livre des Petits Matins (et dans cette chevelure des pages, car il faut bien souligner que les éditions des Petits matins et leur Design Labomatics, n’ont pas peur d’être too much!). Quelle blondeur ? Vers où nous conduit cette recherche de la blondeur, du souvenir de la blondeur, du dire de la blondeur, du voir de la blondeur, du devenir de la fausse-blondeur…. etc… En attendant de lire la chronique d’Hortense Gauthier, un livre que nous recommandons chaudement du fait de « la blondeur couleur fond d’aquarium de restaurant thaïlandais », car très bie élaboré par ses parties, à l’écriture très maîtrisée et à l’humour incisif. PB

10 octobre 2006

[Livre] La Formule, de Stéphane Benault et Lucien Suel

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 5:53

[Ce petit livre fait partie de la présentation de livre rare que nous souhaitons faire connaître. Pour voir en grand les images du livre, cliquer dessus]

cliquer sur l'imageLa Formule est un livre d’artiste dont les textes sont de Lucien Suel et la mise en page et les dessins de Stéphane Benault. Il a été tiré à 100 exemplaires signés par les auteurs et 10 exemplaires Hors-Commerce numérotés de 1 à 10.

Tout d’abord soulignons le travail remarquable de composition du livre : il se construit à partir aussi bien de calques et de transparence, d’une carte postale imprimée blanc sur blanc, d’impessions vernies. La plastique du livre est ainsi surprenante à chaque page. Chaque double page est ainsi d’abord l’ouverture plastique de la relation entre les deux auteurs.

cliquer sur l'imageEnsuite La formule est cette ouverture physique et mathématique aux transformations de matière. Alchimie des mutations, des variations organiques et analogiques. La formule est ce qui relie les êtres et les choses dans un mouvement constant de liaison :

« 2 + 1 + 1 + 1 + 3 = 1 »

C’est ce qui fait apparaître la formule l’individuation des choses et des êtres :

« La formule individu brillait magnifiquement dans le noir »

cliQUER SUR L'IMAGE La formule : 23 € port compris. A commander aux éditions Hubert-Berline Vortex : hubeps[at]hotmail.com. Mais aussi à la Station Underground d’Emerveillement littéraire : 7 place de la Tiremande, 62960, Ligny Lez Aire. Ou encore ainsi que les autres livres de Lucien Suel à la Galerie « L’espace du dedans » : 28 rue de Gand, Lille.

1 octobre 2006

[Livre] Flacons de Nicolas Rollet

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 11:57

petitmatin1080.jpgFlacons Particules : Les quatre roues du Jockey (par) J. Kikomeko, de Nicolas Rollet, éditions Les petits matins, 94 p., ISBN : 2-915879-20-6, 12 €.

[site]

4ème de couverture :

« Mon corps, objet destiné à mouvoir des objets, est donc un centre d’action; il ne saurait faire naître une représentation. »
Bergson, Matière et Mémoire.

Particules et volubiles sont unités d’un récit en train-de-se-faire et amenées à se combiner. Elles ont pour moteurs et prétextes heureux des lieux traversés, des protagonistes, des modes descriptifs — en prise avec leur processus de construction.

C’est donc l’histoire d’un type.

Joseph Kikomeko est l’artefact littéraire de Nicolas Rollet, né en 1977. Doctorant en anthropologie linguistique d’inspiration éthnométhodologique, il travaille sur le jazz et la question du doing being a band ordinarily.

Postface de Jude Stefan, poète et prosateur.

[lire la chronique]

16 septembre 2006

[Livre] Un trou dans le monde de Lucien Suel

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:25

Lucien Suel Un trou dans le monde, éditions Pierre Mainard, ISBN : 2-913751-27-X, 38 p. 8 €
adresse de l’éditeur : Pierre Mainard, 14, place Saint-Nicolas, 47600 Nérac

extrait :
Sous la pâle peau des paupières, des cuisses, des reins, se boursoufle une incroyable larvée germination noire et labyrinthique.

Les idées s’extirpent masquées par le style scriptural de la bête pharmaceutique jamais lasse d’engouffrer la manne interstitielle.

Il arrive que les doigts s’enfoncent doucement de crainte de blesser chair comme boyau d’évacuation d’où sortent les tristes loups anoures et pansus.

À l’avant du bateau, dans une gerbe surf d’écume noirâtre, se campe l’énorme dure carcasse d’officier mangé de scorbut, pétrifié de goudron et piqueté de saumure.

Le sirocco publicitaire tourbillonne dans les méandres méningés avant d’être aspiré goulûment par la myéline optique.

voir chronique

4 septembre 2006

[Livre] Arrête arrête continue continue, si tu veux de Claude Yvroud

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 7:29

Claude Yvroud Arrête arrête continue continue, si tu veux, éditions PROPOS/2, ISBN : 2-912144-40-X, 58 p., 9 € [www.propos2editions.net]

4ème de couverture :
« Voilà ce que nous épuisons désespérant avec les jours plus ou moins comme ceci ou comme cela ce qui ressemble à quoi on se met là mettez vous là assis non pas debout non non pas de presque d’approximatif rien retournez-vous je saute nue! au repos et dans le champ ! en mouvement très acide ! très mais dans le champ on pourrait décrire on pourrait déclencher qu’elle on pourrait une habitude de la vision oeuvrant vous nue une copie plus ou moins exacte au repos ! »

Premières impressions :
Quatrième de couverture, comme couverture (qui est une photographie de Claude Yvroud), l’ensemble du livre se pose en liaison à la pose, à cette pause demandée par le photographe afin de saisir ce qui fait face à l’objectif : femme, monde, espace quasi-insituable. Objectif de vue et de saisie : ici le livre-photographe. En une longue prosodie monologuée, hachée, aux exclamations nombreuses, nous suivons cette opération de la photographie, les interrogations qu’elle implique (« n’oublie jamais que l’écran a trois dimensions déchirées entre !« ), et ses fins : « l’univers où la beauté s’affirme en nécessité absolue !« . Selon un rythme trépidant de la phrase, qui se bouscule, se bouleverse, s’effondre pour se reprendre, peu à peu, cette beauté du monde dont parle Yvroud, se révèle être non pas le plan général d’un monde harmonieux, mais le détail focalisé : « notre préférence va vers ce qui est très rapproché ! c’est à dire y est déjà la bouche contre ! » qui de plan photographique en plan photographique varie temporellement et infiniment. Plus qu’une simple prosodie, Claude Yvroud, qui travaille aussi beaucoup la photographie et la vidéo, explique son rapport à cette captation et le met en liaison avec le travail de la langue. PB

26 août 2006

[Livre] SIEGES, Urbs flammis delebatur, Christian Zorka (Le Quartannier)

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 10:21

zonka.jpgChristian Zorka SIEGES / Urbs flammis delebatur, Le Quartanier , isbn : 2-923400-10-0, 31 pages, 7 €.

Quatrième de couverture :
Cela pourrait se passer dans une salle d’opéra ou de ballet, entre une saillie de princesse et la survenue de bergers. Une annonce diffusée par les haut-parleurs interrompt la pièce : le roi qui faisait la guerre chez les voisins pour leur voler des dragées, a été assassiné. Bref, c’est le désordre, mais aussi le retour de l’ordre. Les spectateurs, affolés, montent sur scène et renversent les comédiens pour gagner les cintres et voir la rue par un oeil de boeuf.

voir la chronique

22 août 2006

[Livre] théoriRe, actes (essai), Denis Ferdinande

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , , — rédaction @ 18:02

Denis Ferdinande théoriRe, actes (essai), Atelier de l’agneau , isbn : 2-930188-85-5, 101 pages, accompagné du DVD :  » Dolly ou les oies sauvages » 15 €.

4ème de couverture :
« … la voix, telle voix comme il est plus que susceptible d’en passer dans l’air du temps, de qui passe et pense : « Où en est-on (où en êtes-vous, littérateurs) avec cela qui s’appelle « littérature » ? Que s’y passe-t-il encore ? Y a-t-il une justification (un sens) à cet « encore » de la littérature ? Qui peuvent bien être les acteurs d’un tel « encore » à l’heure où se pose la question de sa justification (de son sens) ? Quelle heure est-il d’ailleurs, ou alors : … de quand date-elle, cette heure ? Sauraient-ils — fût-ce un seul d’entre vous ces acteurs — se dérober à la question, voire : sauraient-ils s’y dérober si la question leur était posée de sorte qu’ils ne puissent s’y dérober ? Si oui, qu’advient-il ? Et qu’advient-il de la question si rien n’advient ? À l’inverse, qu’advient-il si aucun ne s’y dérobe ? »

Un essai — voire « essai d’essai » — essai de réponse, réponse si possible, en fait : façon (singulière) de réponse, à la demande — hier formulée par nombre d’aînés, non des moindres, à l’adresse des jeunes auteurs — de s’atteler à quelque chose comme la théorie-en-littérature… Théorire, donc : il y aura eu de toute évidence malentendu de ma part, ou alors aurais-je initialement souhaité répondre de façon stricte, avant la survenue de tel incident, fâcheux : l’auriculaire dérapant sur le clavier, faisant intervenir dans le mot « théorie » la lettre dont la chance voulait qu’elle ne fût pas complètement méconnue… Pas méconnue, en effet, depuis A. Jarry qui au début du XXème siècle » l’introduisit, puis reprise à bon compte par C. Prigent (Ceux qui merdRent) et J.-P. Bobillot (la FaRce cRachée de la pRoésie au XXème siècle). — Vous avez dit (et rit) « filiation » ? ThéoriRe, donc : ou un certain sens du toucher, au sens exactement mallarméen du terme (traduisez :  » on a touché… à la théorie en littérature ! »). Toucher de prime abord irrecevable — est-ce à dire sacrilège ? — qu’il s’agira de maintenir comme tel afin d’explorer ou plutôt exposer, en tant que fable, le socle ou le principe de toute recevabilité en la matière. Est-ce à dire de façon toute théorique ? Ne serait-ce pas là précisément le risque, risque d’aporie ? Pour autant…

Denis Ferdinande est né en 1978 à Lille et vit actuellement à Montpellier. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Critère du cratère (collection architextes), et anime la revue littéraire et critique Marge 707.

Premières impressions :
Ce texte, accompagné d’un DVD, se présente bien en effet comme un essai sur l’essai. Essai, non pas à comprendre en tant qu’objet intellectuel, formaté universitairement, mais essai compris dynamiquement, en tant que tentative. Ce livre se présente comme un essai : il regroupe par fragments, par grappes de remarques, par colonnades, par chapitres qui se juxtaposent, par textes qui sont biffés, ordonnés, un ensemble de remarques, d’injonctions, de détails, concernant cette question de la possibilité d’une pensée théorique concernant la langue, la poésie. Essai qui dès lors se découvre théorire : à savoir qui en chacun de ses instants vient nier le sérieux de ce qui est énoncé, le travestit, le parodie, en montre les mécanismes, les logiques, les stratégies et ceci par le glissement constant tout aussi bien de la langue que de ses argumentations.
D’emblée, le livre de Denis Ferdinande, frappe par sa qualité et sa maturité critique. De même le DVD, « Dolly ou les oies sauvages », film documentaire fictionné sur la possibilité de faire un film, de raconter cette histoire là dont il sera question, témoigne d’un travail très maîtrisé, entre Godard et Léo Carax.
À n’en point douter je reviendrai sur ce très bon livre de Denis Ferdinande en chronique. PB

10 août 2006

[livre] DHead, Xki Zone

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:45
dhead

Xki Zone DHead, éditions Le Quartanier , 32 pages, ISBN : 2-923400-11-9, 7 €.

4ème de couverture :
Et vox in tabula rasa, échos, symptômes, et vox en coulée gargouille, vous dit, vous dit, tout ce que le skull-être vomit de dB, de pathos, de délires, en dolby technicolor. Et le gore ne suffit pas, ni le stupre, ni la haine de soi, in vitro pourriture de l’ego gâchis, vous dit, vous dit, tout ce que les trépans ont foré, profond de profundis dans les tranchées nerveuses, jusqu’au bulbe en extinction, jusqu’aux neurones en friture, alors on comprend mieux le sens de cette mort cérébrale, dégorgée et scénarisée ici sous le nom de code DHead.

6 juillet 2006

[livre] COUPLES etc (BOUTS D'AMOUR), Vincent Tholomé

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 12:44

Vincent Tholomé COUPLES etc (BRUITS D’AMOUR), éditions Le Clou dans le fer , isbn : 2-9521854-0-9, 41 pages, 10 €.

extrait :
la matrice

la matrice
nous restons à la matrice
nous restons attachés à la matrice
il y a pour toujours un reste de nous
un bout de nous reste attaché à la matrice
comme un bouton est boutonné
nous sommes le bouton de la matrice
la matrice nous boutonne le bout
le petit bout de nous resté fixé à la matrice
un petit bout de nous resté fixé à la matrice
nous nous fixons toujours à la matrice

Première impression :
c’est avec joie que nous avons rencontré au marché de la poésie, les 2 animateurs de cette maison d’éditions, aux livres très soignés et à la mise en page originale (le Tholomé par exemple est imprimé sur des doubles pages qui se déplient). Le stand du clou dans le fer était avec celui de IKKO, et de MIX, et les trois éditions animaient le milieu de l’allée où ils étaient présents.

28 juin 2006

[Livre] Sombre Les détails, Guillaume Fayard

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 13:54

Guillaume Fayard Sombre Les détails éditions Le Quartanier , isbn : 2-923400-06-2, 31 pages, 7 €.

Extrait du texte :
Et trop près le détail Trop proche le détail ombre
Près le détail déborde Les objets prennent
Du lieu Regard Prennent lieu Les coagule
Un prisme-ballast Saisissent
Et le non-pertinent S’installe Dans l’inégalité
du nombre, d’une Marches, escaliers Pas N’avancent
à rien Qu’à Le passage des Heures, l’effacement d’un

Premières impressions :
Nous avons reçu trois jolis petits livres de la collection Phacochère des éditions Le Quartanier. Sombre Les détails de Guillaume Fayard, Sièges de Christian Zorka et DHead de Xki Zone. Collection graphiquement très réussie qui réunit de courts textes poétiques qui à première vue sont hétérogènes et hétéromorphes quant au travail de la langue. Le livre de Guillaume Fayard se présente comme une expérience de débordement de la langue au cours de pérégrinations dans une ville [on se doute que c’est Marseille au vue de la récurrence des hippocampes] où se mélangent et se se disjoignent des impressions visuelles, charnelles, sonores.
.PB / HG

Le bazar de l’Hôtel de ville, Jacques Sivan

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 10:58

Jacques Sivan Le bazar de l’hôtel de ville éditions aldante , isbn : 2-84761-131-2, 99 pages, 17 €.

Premières impressions :
Al dante en publiant ce texte de Jacques Sivan mis en page graphiquement par Bruno Mendoça, permet là de découvrir l’un des textes les plus politiques de l’auteur. En effet ce bazar n’est pas seulement une accumulation de biens manufacturés : barbecue, chaise électrique, tringle à rideau, etc, que l’on retrouve en bas de chaque page, mais c’est d’abord et avant tout un manifeste politique sur la question du rapport entre l’organisme et la société moderne : comment se détermine le plaisir ? Quelle résistance rencontre la vie dans son élan ? L’ensemble du texte se déploie comme s’il s’agissait dans l’enchevêtrement matériel, pictural, sonore du BHV de comprendre ce qui anime chaque intensité de vie. Derrière la graphie toujours aussi singulière de Jacques Sivan, se dévoile une nouvelle fois son obsession pour saisir comment la vie se détermine : par pourrissement, glissement, vitesses, excitation, pulsation, fracture, renouvellement.
.PB

[permalien]

20 juin 2006

[livre] Tractatus logo mecanicus de Jean-Michel Espitallier

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:37

Jean-Michel Espitallier Tractatus logo mecanicus éditions aldante , isbn : 2-84761-124-X, 60 pages, 12 €.

4ème de couverture :
Étant donné que ce qui est pensé comme impensable est pensable,
l’impensable sera tout ce qui n’a pas accès à la pensée.
Et donc l’impensable n’existe pas. Sauf si on ne le pense pas.

Premières impressions :
Dimanche 18 juin, fin du marché de la poésie, Al dante fête ses 10 ans. Lecture de Jean-Michel Espitallier, d’un extrait de son Tractatus logo mecanicus. Langue qui tourne en rond, mais autrement que celle de Christophe Fiat qui ce soir là lit, avec sa guitare à une corde le texte Tracy Lord de 1998. Si pour ce dernier la langue qui tourne en rond, se construit par agrégation et accumulation progressive des compléments, celle de Jean-Michel Espitallier fait tourner en rond la pensée dans la langue, la pensée ne pouvant se penser que si la langue en donne l’énoncé. Car ce Traité établit selon la logique des grands rhétoriqueurs le rapport de la pensée à elle-même, comment la pensée pour penser doit toujours se devancer dans une certaine pensée de sa pensée. Avec son habituelle tonalité de lecture, Jean-Michel Espitallier égraine ses lignes, fait sentir dans les circularités et les apories qu’il établit le jeu de la pensée qui se pense dans l’enjeu de sa puissance de pensée.

articles ayant un rapport à cet article : [Caisse à outils, de Jean-Michel Espitallier]
[permalien]

7 juin 2006

[Livre] Bye-Bye la perf de Julien Blaine

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 3:53

Julien Blaine Bye Bye La perf, éditions aldante , isbn : 2-84761-129-0, 252 pages quadri + 1 CD + 1 DVD, 42 €.

4ème de couverture :
« Militant, prêcheur, représentant, depuis 1962 j’ai dit et remué ma poésie tout autour du monde, j’ai agi devant des foules et des déserts.
Je voulais convaincre par la confrontation avec eux, avec elles, avec tous. Les mettre en face de la poésie en chair& en os et à cor @ à cri.
Mais le monde est large, long, épais, dispersé; trop traversé, trop desservi.
Et le monde qui m’écoute, qui me voit n’a que deux oreilles mais mille langues : je renonce.
Julien Blaine »

Premières impressions :
Dans le dernier numéro de JAVA (n°27-28), dans le dossier qui lui est consacré, Julien Blaine donne à lire des notes sur la question de son écriture et sur la performance :
« C’est un corps
dans un espace
et c’est un son
dans un corps.
ce son est celui de mon corps
ou celui de cet espace,
c’est un son de nature :
voix, viande, &c.
ou un son d’artifice :
musiques, bruits, &c. »
La performance, poésie action, poésie vivante, en chair & en os, n’est pas spectacle, n’est pas représentation. Mais chez Blaine elle se présente comme écriture immanente du corps sur le livre du monde. Car en effet, la performance est un acte d’inscription, qui trace sur le tissu de la nature des signes, qui doivent entrer en écho avec les signes de la nature et du monde. L’acte poétique tient à cette mise en relation à partir de l »Ã©lan de soi, entre signes de soi et signes du contexte. Donc la performance pour Blaine est cet événement qui vient présenter une rencontre, et qui par cette rencontre signifie, inaugure du sens.
L’ensemble de bye bye la perf, compose par fragments tout à la fois l’année de ce bye bye, et la genèse des 40 ans qu’il a traversé avec ses performances.
Découvrir ce livre n’est pas avoir dans les mains seulement un récapitulatif, mais c’est entrer dans l’univers d’écriture de Julien Blaine, sur son travail de composition, dans son espace d’interrogation de l’écriture. Car la nature étant pour lui le lieu d’une écriture totale (les mots étant aussi des productions de la nature), tout élément perçu par son oeil, devient signes dans l’espace d’écritures (l’oeil/feuille), signe à recevoir (oeil/vulve), à réécrire (oeil/plume), à laisser être, à déplacer, etc….
De cet univers d’écriture, s’il nous permet de découvrir l’origine de certaines performances, les fac similé des projets, il nous ouvre aussi ce qui a été abandonné, des pièces non réalisées, non écrites par le corps.
Ce livre est en ce sens indispensable, aussi bien pour percevoir le parcours de Julien Blaine, que pour comprendre les enjeux qui ont motivé cette démarche d’écriture singulière.

2 morceaux du CD sont dans l’audiocastpoétique.

articles ayant un rapport à cet article : [Traces de langage, à propos de Julien Blaine et des cahiers de la 5ème feuille]

http://homepage.mac.com/philemon1/trameouest/textelibrecritik/blaine_boisnard.html

3 juin 2006

[livre] Grande Beuverie de poètes au ciel, Christophe Manon

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 7:10

Christophe Manon Grande Beuverie de poètes au ciel, éditions Le clou dans le fer , isbn : 2-9526347-1-8, 8 pages en affiche, 4 €.

Extrait :
En chemin on croise Andreï Biély.
Il agite les bras furieusement.
À croire que le soleil a cogné, cogné,
cogné sur son crâne en lévitation.
« Il y a des livres, dit-il, des livres qui réduisent au maximum
l’écart entre les CORDES DE LA LANGUE et L’AXE DA LA VIE.
Ils sont composés d’éléments divers et variés :
de sève et de sang, de vents et d’os, d’air et de chair.
Ils sont bleus, rouges, jaunes, verts, mauves, mauves, mauves.
Ils multiplient par -1 le rapport fondamental de la vie et du
vide et sont semblables à des points d’interrogation (????). »
Et le voilà qui nous entraîne bras dessus bras dessous
vers le Glossolalie, son troquet favori.

Premières impressions :
Cela m’a fait plaisir de recevoir cette petite publication. En effet, elle reprend le texte que j’avais commandé à Christophe Manon pour l’enquête sur la lecture que je menais pour la revue Fusées. Comme quoi ce texte a circulé, et a trouvé un lieu pour apparaître dans toute sa force. Belle initiative de la part du Clou dans le fer, même si, certains trouveront un peu cher ce A3 couleur recto-verso.

« Newer PostsOlder Posts »

Powered by WordPress