Au fond, c’est une expérience de laboratoire. On entasse les rats dans un espace réduit, et on les regarde se cannibaliser. Et c’est ce que nous faisons, nous suivons scrupuleusement leurs plans, n’est-ce pas.
14 septembre 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (6)
8 septembre 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (5)
J’étouffe, Manfred-Célestin, j’étouffe dans mon empire miniature. Parfois je me demande si ce n’est pas une blague, si on ne se paie pas ma tête. Qu’est-ce que tu en penses ? Mais tu ne penses pas, tu opines. Tu oscilles à toutes mes paroles comme un magot chinois.
2 septembre 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (4)
Voilà où nous en sommes. Depuis plus d’un an, ma capitale investie, bloquée par les rebelles, séparée du reste du pays. Et encore, si j’avais toute la ville ! (more…)
28 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (3)
Donc récapitulons, tentons de faire le décompte de nos forces, une dernière fois, avant de lancer l’ultime offensive, le dernier coup de dés. (more…)
25 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (2)
Bon, assez ri, il nous faut mettre les choses au point. (more…)
21 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (1)
Le Maréchal absolu de Pierre Jourde, le premier chapitre en épisodes.
"Le dictateur d’un pays imaginaire est assiégé dans sa capitale, coupée du reste du pays plongé dans l’anarchie, par une armée rebelle. Dans ce morceau de territoire, complots et coups d’état continuent à proliférer. Le Maréchal confie ses soucis à son seul homme de confiance, un vieux domestique qui lui sert également de barbier. En réalité, cette situation n’est que le résultat d’un long cheminement que déroule le reste du récit, à savoir l’occultation progressive du véritable dictateur, et son remplacement par un système de doublures proliférantes" (PJ).
17 avril 2008
[Livre + chronique] Pierre Jourde, La Cantatrice avariée
Pierre Jourde, La Cantatrice avariée. Roman avec accompagnement d’orchestre. L’Esprit des péninsules, 2008, 261 pages, 19,90 € ISBN : 978-2-35315-035-9
8 avril 2008
[Livre] Christian Morzewski dir., Richard Millet : la langue du roman
Christian Morzewski dir., Richard Millet : la langue du roman, Artois Presses Université, 2008, 180 pages, 18 € ISBN : 978-2-84832-080-9
7 janvier 2008
[Livre] Raharimanana, Za
Après Une irritation de Bernard Desportes – sur lequel nous reviendrons -, Libr-critique se réjouit d’être également le premier à recenser comme il se doit un autre livre de cette Rentrée littéraire bis, ô combien livr-critique ! (Cela fait un bon moment que ce rituel-de-janvier ne nous a pas réservé pareille fête…).
Raharimanana, Za, éditions Philippe Rey, 2008, 301 pages, 19 €, ISBN : 978-2-84876-105-3
[site de l’éditeur]
4 janvier 2008
[Manières de critiquer : Bernard Desportes autrement] Francis Marcoin, « Demain, j’écris Paludes… » Sur Une irritation
[À l’occasion de la parution quasi simultanée d’Une irritation (à partir du 7 janvier en librairie), et du volume collectif Bernard Desportes autrement (Artois Presses Université, février 2008), nous proposons comme première pièce d’un Dossier exclusif, une lecture-écriture de Francis Marcoin (Université d’Artois) qui constitue le premier article sur ce que d’aucuns n’hésitent pas à appeler d’ores et déjà le chef-d’oeuvre de Bernard Desportes. (Quoi qu’il en soit, ce dernier récit confirme ce qui devient une évidence pour de nombreux lecteurs avertis : Bernard Desportes fait partie des romanciers français d’aujourd’hui les plus marquants). On appréciera cette démarche qui épouse les méandres de l’écriture comme de la géographie portésiennes.]
18 avril 2007
[Livre] Bienvenue à Bathory, Isabelle Zribi
Isabelle Zribi, Bienvenue à Bathory, Verticales, 177 p. ISBN : 978-2-07-078267-3, 15,5 €.
[site Verticales]
4ème de couverture :
À Bathory, principauté aux confins de l’Europe de l’Est, la différence des sexes a été abolies. Tous les habitants sont des « elles » qui s’habillent, s’épilent et se prénomment au féminin. Rien ne semble trouber la nature édénique de cette société sans classes : climat régulé, architecture inventive, sexualité débridée, règne de la diététique et de l’hygiène de soi, culte de la jouvence perpétuelle…
Certaines voix discordantes s’élèvent pourtant, dévoilant l’envers du décor d’un jardin des délices aseptisé, jusqu’à mettre à nu les moeurs inhumaines de Bathory Erzsebet, la prêtresse new age qui y règne en monstre froid et maîtresse abusive. Cette légendaire parente de Dracula n’a-t-elle pas magnétisé toute l’attention de son peuple pour mieux le soumettre à son bon plaisir et en jouir vampiriquement ?
Isabele Zribi est née en 1974 à Paris. Elle est l’auteur de M.J Faust aux éditions Comp’Act (2003). Elle a également participé aux ouvrages collectifs Autres territoires (Farrago, 2003) et Suspendu au récit. La question du nihilisme (Comp’Act, 2006) ainsi qu’à la fondation de la revue Action Restreinte.
Premières impressions :
Tout commence dans le croisement entre un reportage journalistique hype, d’un Nicolas, devenant par la force des choses une Nico, et un conte, conte historique, conte reprenant et réinventant à partir de la question de la monstruosité et de l’inhumain, l’histoire de la comtesse Erzebet Bathory, qui vécut fin du XVIème siècle et mourut en 1614 emmurée, condamnée pour ses crimes lesbiens et pédophiles. Car en effet, Bienvenue à Bathory est une sorte d’enquête fictionnelle sur la portée immémoriale de cette histoire réelle qui se passa en Transylvanie. Si nous suivons bien une forme d’enquête de la part de Nico, qui passe du reportage tendance, à l’intuition qu’elle serait face à une incroyable serial killer — ce qu’a été réellement E. Bathory — ce qui est davantage mis en perspective ce n’est pas tant la monstruosité du personnage que le monde qui est constitutif de cette perversité : monde de l’apparence, de la surface, d’une liberté de façade, de l’éternelle jeunesse. Isabelle Zribi n’écrit pas ainsi sur l’histoire de cette comtesse, mais donne à lire une analyse fictionnelle, très rythmée par moment au niveau du style, sur les composantes de cette histoire, et sur le rapport avec notre propre société, qui dans ce monde onirique, ne cesse pourtant de hanter, que cela soit selon ses processus internes (par exemple les émissions-jeu de Télé-réalité) ou selon ses problèmes rencontrés face aux dangers exogènes, comme les attentats terroristes (mis en perspective non sans humour par I. Zribi, dans la seconde partie de son livre). Ainsi, l’histoire recontextualisée de E. Bathory est par son caractère déformant, le révélateur de notre propre monde, « où les slogans couvrent l’espace », où le sexe inonde les pensées et la violence paralyse le tout./PB/
10 février 2007
[Livre] Devenirs du roman, collectif,
Devenirs du roman, collectif, éditions Inculte/naïve, 356 p., ISBN : 978-2-35021-078-0, 20 €.
[site Inculte]
4ème de couverture :
Comment penser le roman contemporain ? De quelle(s) façon(s) la littérature contemporaine investit-elle la représentation du réel ? Quels sont les enjeux de l’écriture fictionnelle d’aujourd’hui ? Autour du comité éditorial de la revue Inculte, un ensemble d’écrivains esquisses les possibles et les devenirs du roman, évoquant pratique et théorie de cette forme littéraire multiple, en perpétuelle mutation.
Textes et entretiens :
Emmanuel Adely, Stéphane Audeguy, François >Bégaudeau, Arno Bertin, Étienne Celmare, Éric Chevillard, Claro Louise Desbrusses, Philippe Forest, Jean-Hubert Gailliot, Bastien Gallet, Thierry Hesse, Hubert Lucot, William Marx, Jean-Christophe Millois, Yves Pagès, Pierre Parlant, Emmanuelle Pireyre, Olivier Rohe, Pierre Senges, Olivier de Solminihac, Joy Sorman, Philippe Vasset et Antoine Volodine.
Premières impressions :
La précédente chronique de Fabrice Thumerel, portant sur Qu’est-il arrivé aux écrivains français ? de Jean Bessière, indique avec précision, l’une des parties du débat qui est ici en question, et qui chez Bessière apparaît à partir de la distinction entre d’un côté une littérature autotélique, qui renvoie à elle-même à travers une expérience du sujet [stigmatisée en tant qu’auto-fiction], faisant l’expérience de lui-même et de sa langue, et de l’autre, une littérature ouverte à la fiction, faisant l’économie pour une part de l’auto-réflexivité des modernes, pour construire son objet : le récit.
Tel que le titre l’indique, le parti pris est celui du pluriel. Non pas singulier, ce qui serait réduire afin de n’indiquer qu’un seul sens, mais bien un pluriel au sens où le roman semble prendre à lire les différents intervenants plusieurs directions. Car, contrairement à ce que pense Bessière, le roman ne se tient pas dans une dualité de forme, mais bien au contraire, à lire par exemple Philippe Vasset ou bien Emmanuel Adely, il semblerait davantage que le roman soit, et ait toujours été, dans une certain forme de question par rapport à lui-même, question aussi bien de son rapport au réel et au monde historique, que question par rapport à sa propre poétique [à comprendre dans le sens strict de sa manière d’être construit, produit], impliquant le geste singulier d’une responsabilité d’écriture. En effet, tel qu’ils le disent respectivement : « les alliages dont nos livres sont faits sont trop fragiles et incertains pour que l’on puisse à leur sujet parler d’un quelconque retour des conventions »(P.V), « je pose qu’il existe des dizaines d’écritures de littératures de romans qui se tentent et s’écrivent aujourd’hui » (E.A) et les deux de préciser que cette fragilité qui permet des dizaines d’écriture se construit en rapport à la société, à l’histoire au flux humain historique.
C’est pour cela, que le titre est très bien choisi, car il ne s’établit pas sur le constat symptomatique à l’heure actuelle par rapport à toute chose ou phénomène de la crise, mais il offre cet espace d’un dire spécifique : pour quelle(s) raison(s) le « roman » ou du moins les écritures qui sont rangées sous la catégorie « roman », est(sont) -elle(s) nécessitée(s) pour un certain nombre d’écrivains. /PB/