Libr-critique

18 avril 2008

[video] Akenaton + Dock(s) « Le son d’amour – Leçon d’amour »

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   Dans cette interview, Philippe Castellin et Jean Torregrossa nous parlent des motivations et désirs qui les ont animés pour réaliser le numéro de Dock(s) "Le son d’amour – Leçon d’amour", des enjeux qu’il sous-tend, ainsi que de leur travail de performance au sein de Akenaton. (more…)

5 avril 2008

[video] Jean-Marc Montera : SONS DE PLATEAUX et Dock(s)

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   Jean-Marc Montera, musicien, qui dirige aussi le GRIM à Montevideo (Marseille) a réalisé le dernier numéro de Dock(s) "Le son d’amour – leçon d’amour" en collaboration avec Akenaton, le duo de performeur composé de Philippe Castellin et Jean Torregrossa, qui dirige la revue.

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27 mars 2008

[news] Les 10 ans de la revue OUSTE

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   La revue Ouste fête ses 10 ans
le vendredi 28 mars à 19h au local des éditions n’a qu’1 œil

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1 octobre 2007

[Interview] rencontre avec Christophe Bruneel

christophe-bruneel.jpg Petit entretien dans l’atelier de Christophe Bruneel, à Courtrai en Belgique, une des deux oreilles des éditions l’Ane qui butine, qu’il dirige avec Anne Letoré. Faiseur d’objets étranges qui réinventent l’idée et les formes du livre, tailleur de cuirs, sculpteur de pages, poète, il nous parle de son travail d’éditeur, mais aussi de créateur. Nous vous conseillons particulièrement leur dernière collection, Pamphlets, petits livres cousus à la main, à 8 euros, dont la couverture est une linogravure originale de Christoph Bruneel, on retrouve des textes étonnants, de la poésie au manifeste, d’auteurs comme Charles Pennequin, Thierry Rat, Yann Kerninon, Lucien Buel, Jérôme Bertin, Antoine Boute …

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22 septembre 2007

[E-Poetry] Interview de Gérard Giacchi

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bgiacchi.jpgGérard Giacchi est un artiste numérique et un programmeur de génie, qui vit à Marseille, il travaille depuis plus de 10 ans avec les outils numériques afin de créer des oeuvres « pour une vision globale ». Il fait partie des premier à avoir crée en 2001 et 2003 des oeuvres de Google Art.

puits04.jpgEn voulant créer un puits d’images traversant la Terre de Marseille à la Nouvelle-Zélande, Giacchi crée en 2001 un dispositf « le puits » qui permet de communiquer d’une part et d’autre du globe grâce au réseau, de Marseille en se penchant dans le puit, les participants pouvaient y voir des Néo-Zélandais les observer réciproquement. Le projet à évolué pour devenir un puits constitué de téléviseurs sur lesquels on pouvait voir des images alétoires, prises sur internet par des webcams, retransmettant en temps réel des images du monde entier. Un programme aléatoire sélectionnait ces images, les installait sur les écrans, et lorsque de nouvelles images entraient dans le programme, le programme évoluait, jusqu’à exclure et remplacer les images au fur et à mesure.

expo05.jpgEn 2003, à la galerie Claude Dorval à Paris, il a crée un programme aléatoire qui construisait des mosaïques d’images piochées sur le net, selon les mots-clés qui était entrés dans le programme.

L’oeuvre qu’il a présenté à E-Poetry est normalement une installation : Giacchi a crée un avatar qui fonctionne comme une interface de chat, les participants à l’oeuvre, qui l’activent et donc ne sont pas seulement des utilisateurs mais des créateurs, peuvent discuter via le personnage qui prononce ce qu’ils écrivent. En arrière-fond et sur le visage de cet avatar, qui est une sorte d’être humain métisse pouvait tout aussi bien être un Européen, qui Africain, un Asiatique ou un Indien, se succèdent des images de cartographies du monde et des cinq continents, ainsi qu’une cartographie numérique. L’oeuvre relie des images de l’espace mondial à celui du réseau afin de développer « une vision globale » permettant de communiquer au-delà des frontières.

La vidéo ci-dessous montre des images de ce dispositif présenté lors de la soirée de E-Poetry au Cube à Issy-les-Moulineaux, il est présenté comme une projection, des participants du festival avaient leur ordinateur portable à partir duquel ils faisaient parler le personnage.

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On peut avoir un exemple de ce travail
ici mais il vous faut la dernière version de Flash.

2ème vidéo : interview de Gérard Giacchi

Pour voir d’autres vidéos du festival E-Poetry, allez sur le site de Luc Dall’Armellina

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20 septembre 2007

[livre-chronique] éc’rire, au moment où, de Franck Doyen

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — Hortense Gauthier @ 17:07

fdoyen.jpgFranck Doyen, éc’rire, au moment où, éditions Atelier de l’Agneau, 96 p., ISBN 978-2-930188-36-2, 13 euros. Site des éditions : http://at-agneau.fr/

Un deuxième livre de Franck Doyen, poète « travailleur du lalangues » comme il se définit lui-même, animateur de la revue 22(Montée) des Poètes, édité par l’Atelier de l’Agneau dans un format original, à l’italienne, avec des spirales en guise de reliure, un deuxième livre, une suite, un développement de sa Lettre à ma première bosse au éditions PROPOS/2.

C’est un texte poétique, bien plus dense et profond que le précédent qu’il nous livre ici, une sorte de théorie pratique de l’écriture, divisé en quatres « moments » dont le dernier se veut « définitif« , qui développe dans un rire grinçant et affolé la question de l’écriture, de son inutilité et de sa dérisoire nécessité, de la joie et l’excitation qu’elle procure, tout comme de l’effondrement et la faille qu’elle ouvre en soi irrémédiablement en permanence. Mais loin d’être une réflexion autotélique et narcissique sur le travail d’écriture, loin d’être un texte qui se referme sur lui-même, comme le sont de nombreux textes qui parlent avec complaisance et prétention de cette fâcheuse manie de « tripoter la virgule », Franck Doyen se livre à une réflexion poétique furieusement drôle sur la langue, de cette furie du langage qui s’empare du crâne et du corps, transforme la vie et rend plutôt fou. Mais le rire présent dans ce texte est constamment renversé par l’autre face de Janus, au rictus angoissé, et l’on est pris en même temps dans des oscillations joyeuses et désespérées, d’un désespoir tenace, vaillant et acéré. Le rire étant aussi ce qui permet de ne pas tomber dans un pathos, il est ce qui vrille et fait rebondir, ce qui empêche l’épanchement.
« au moment d’écriture le sentier se rappelle à vous comme une vieille douleur longtemps oubliée qui revient maintenant que voulez-vous c’est l’âge mon bon ami et l’écrire n’arrange pas vraiment si vous empêche d’y penser sérieusement malgré tout vous pourriez éviter aux autres vos petites histoires vous lassez l’auditoire vous trafiquerez votre écriture au gré de la stabilité des plaques »

C’est un livre physique, un livre de combat, qui rend compte du combat que l’on mène contre soi-même dans l’écriture, et surtout comment l’on se débat, avec soi-même et avec le langage. Que faire avec tous ces mots, comment en faire quelque chose qui ne soit pas seulement la trace de notre propre désastre, comment ne pas se vautrer dans le déversement de soi-même ? Car une des questions du livre est bien de savoir ce qui permet de se tenir dans l’écriture, d’aller jusqu’à l’os, de se débrasser de sa couenne …
Et c’est par une langue orale et sonore que Franck Doyen répond à cette question, une langue sans ponctuation, rythmée par des ellipses, des sauts, de côté, en avant, des trépignements, des balbutiements, des accélérations … ; langue aussi trés visuelle, dont le traitement graphique marque la multiplicité des voix, leurs intensités et leurs tonalités, l’auteur se dédoublant, se regardant à distance, du coin de l’oeil, et riant de lui-même, de sa psychologie, se moquant de l’état dans lequel le met l’écriture, de l’état dans lequel il doit se mettre pour écrire, …
Cette exploration des méandres de l’écriture, de la spirale dans laquelle elle enferme le sujet, le dépossède de lui-même et du monde, n’est pas une plongée dans les affres de l’écrivain maudit, posture moquée joyeusement, mais au contraire une tentative de se sortir de l’écriture, par l’écriture elle-même pourtant, qui est à la fois désacralisée tout en possédant une importance vitale. L’auteur sait bien que l’écriture ne le sauvera de rien, « au moment d’écrire mettre à plat que l’écrire rend l’écriture inutile et feriez mieux de vous laver les mains de tout cela aucun secours ». « au moment de l’écrire chercher déséspérement l’accroche la prise pas trop friable qui supportera votre poids et son balancement votre mauvaise humeur chronique et dominicale votre goût pour les gâteaux détiétiques au sésame au moment se tenir éveillé plutôt se dire cela oui plutôt se dire cela que se répéter que chercher ce qui vous tient ainsi vous retient dans cet état à croire que »
Alors pourquoi persister ? Parce que l’acte d’écrire, « l’écrire », est à la fois ce qui permet de se tenir debout, dans le monde et les choses, et ce qui crée le désordre, l’instable, la pourriture, et donc la vie.
« Ã©crire jusqu’à écrire pour ne pas trahir ce que vous savez indénaiblement de vous »/ « croire éternellement avoir des choses à dire et qui plus est des mots pour cela alors qu’au fond on pourrait laisser les chaussettes sécher même de l’archi-duchesse écrire jusqu’au moment de rupture d’avec soi-même jusqu’au moment extrême d’incompréhension »

Cependant, chez Franck Doyen, la poésie ne vaut pas plus qu’un bon concert, ou que le jardinage , « n’est pas plus confiture que l’abricot la pêche le melon ou la framboise ». L’écriture est constamment prise au coeur de la vie, recouverte et déterrée par elle, emmêlée dans toutes sortes de faits et gestes quotidiens, et en même temps c’est elle qui semble aussi couper la vie d’elle-même, la séparer en son milieu, elle en est un versant, sur lequel l’auteur ne sait pas s’il doit se laisser tomber, car qui sait s’il pourra ensuite remonter pour repasser sur celui de la vie. La grande question se pose alors : comment être dans l’écriture et dans la vie ?
En étant dans l’instant, et dans le faire, « Ã©crire, ce « moment où ». En effet, il s’agit plutôt dans ce livre de l’acte d’écrire que l’écriture en tant que telle, comme le dit le titre, et comme il est répété tout le long du livre (« au moment d’écrire » est la phrase qui ouvre presque un paragraphe sur deux), dans quel état est-on lorsqu’on écrit, quel est ce geste, qu’est-ce que cela engage-t-il physiquement, dans le corps, dans l’être ? Comment écrire transforme le corps, la chair, les os ? comment cela transforme-t-il notre position dans le monde ?
« au moment d’écriture gratter la surface de la tête enlever délicatement le dessus de la peau du charnier si peu sous vos pieds soulever des pans entiers d’endémies et d’arbres couchés sur l’écriture c’est pour cela que vous continuez »
« au moment d’écriture tout arrêter se dire que le jour succède au jour et que chaque centimètre d’os le sait que chaque centimètre de peau se ressere déjà se replie comme au froid »
L’écriture est ce geste qui vous fait devenir « dromadaire », « pour la bosse qui vous pousse dans le dos à force de repliure au-dessus des feuilles », c’est ce geste qui vous fend, vous altère, vous décompose en morceaux …
Cette exploration du moment de l’écriture, de ce geste constamment répété, comme un geste sportif ou comme le geste du jardinier, qui ne peut se tenir que dans un perpétuel recommencement, ouvre sur la question de l’immanence dans laquelle l’écriture peut nous faire être. L’écriture pour Franck Doyen serait donc ce moment vibrant, en déséquilibre constant, qui nous ferait nous tenir vivant, palpitant au coeur même de la décomposition qu’elle produit en nous, mais la pourriture étant aussi ferment de vie, c’est dans la destruction même que l’écriture produit que l’on survit.
« cela devrait vous suffire cela devrait si l’écrire pouvait apaiser quoique ce soit se saurait écriture et pourriture donc revenir à cela sans détour mais traverser le propos avec des effets de crépi et petits mouchetés verts et petits mouchetés jaunes et petits mouchetés d’un autre vert vous enfoncer dans la perte ».

15 septembre 2007

[Vidéo-lecture] JAVA is not dead – lecture de Jacques Sivan avec Cédric Pigot

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — Hortense Gauthier @ 10:31

sivan_pigot.jpg Troisième vidéo de la soirée JAVA is not dead – JAVA’s music qui s’est déroulée le 10 juin 2007 au Point Ephémère à Paris.

Jacques Sivan et Cédric Pigot ont travaillé pour la première fois lors du performance vidéo et sonore (dans laquelle Philippe Boisnard avait fait la vidéo) qui a eu lieu à la galerie éof en mai 2006 dans le cadre de Leurres, et autre sournoiseries (event organisé par Talkie-Walkie, LO-MOTH et le Tube Opoétique). On peut entendre ici une poursuite de cette rencontre entre l’écriture moléculaire de Sivan et les nappes sonores de Pigot, dont l’intensité poétique et vibratoire a été tout à fait remarquable, l’air était traversé matériellement par les mots et le son, le texte de Sivan résonnait de façon étonnante et neuve, à la fois immergé dans des couches finement modulées du son, et se détachant granulairement tout en éclat et résonance. Il y a vraiment eu une alliance magique entre le travail poétique de Sivan et celui de Pigot, qui se sont poussés l’un et l’autre à explorer la matérialité du langage, qu’il soit sonore ou littéraire. Et il se dégageait une noirceur dans la poésie de Sivan, une noirceur lumineuse qui a toujours été présente chez lui, mais qui a émergé de façon plus prégnante grâce à la musique.
Pour la présentation de l’ensemble de la soirée, lire ici

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12 septembre 2007

[Entretien écrit] Eric Arlix à propos des éditions è®e

Filed under: entretiens,UNE — Étiquettes : , , , — Hortense Gauthier @ 7:20

arlix.gif Eric Arlix est écrivainil a publié [Et Hop] en 2002 et [Mise à jour] en 2003 aux éditions aldante et [le monde jou]en 2005 aux éditions verticales , il dirige les éditions è®e qu’il a créées et la collection Et hop aux éditions IMHO.

[HG] De quoi est né ton désir d’édition, ton désir d’éditeur ? Quelle envie, quel impératif, quelle nécessité t’a poussé à te lancer dans cette aventure ?
[EA] C’est juste contextuel, une sorte d’occasion, une envie et un désir aussi évidemment de voir en librairie les bons livres et pas que les mauvais. Je n’ai pas une vision professionnelle et carriéristes du métier d’auteur ou d’éditeur que j’exerce en ce moment, je suis avant tout artiste, un chercheur qui utilise des outils d’agencements de symboles pour lire, critiquer, découvrir le monde.

[HG] Qu’entends-tu par ce tire ère ? une réflexion sur l’époque, une manière de positionner dans le contemporain et en même temps dans un temps long ?
[EA] Oui c’est ça.

[HG] Le r entouré, est-ce une façon de créer non seulement un titre, mais un label, une marque ? Mais c’est aussi une façon de souligner l‘importance de la question économique, en faisant un clin d’œil à la logique marchande qui est censée fonder toute entreprise commerciale, et éditoriale ?
[EA] Trouver un titre ce n’est pas simple, oui c’est une marque, un label, une entité intellectuelle et commerciale, une manière d’assumer l’aspect commercial mais avec une certaine éthique.

[HG] Comment envisages-tu ce rapport entre l’économie et le littéraire dans le contexte actuel de l’édition, mais aussi de façon plus générale ? Il me semble que tu as trouvé une formule intéressante au niveau des supports de publication, à la fois papier et numérique, à la fois sur CD et DVD, mais aussi sur le net, avec bientôt des podcasts et des mp3 à télécharger sur le site, que représente pour toi ce rapport à l’économie matérielle de la création et des supports de diffusion ?
[EA] La marchandisation de la culture entamée au début des années 1980 est maintenant totalement opérationnelle. Seule l’activité hyper rentable et commerciale est tolérée dans l’édition aujourd’hui. Les gros éditeurs ne font de « l’expé » ou de la « littérature contemporaine critique » que s’ils ont des financements du CNL ou si ces livres ne dépassent pas 1% de leur catalogue. Pour internet ou d’autres supports (matériels ou immatériels) l’édition française est carrément moyen-âgeuse et totalement réactionnaire, les grands éditeurs ne peuvent tolérer plus de 3 lignes d’extraits de leurs livres sur leur site alors des fichiers numériques gratuits ça les faits bondir. Un grand éditeur de « gauche » (d’une certaine gauche) me disait récemment qu’un papier dans Elle est un pur bonheur pour un éditeur, ça en dit long sur le niveau de désenchantement d’une profession qui est passé d’Intellectuel à Épicier. S’intéresser à l’art c’est forcément partager des idées, d’une manière ou d’une autre, et le « payant » et le « gratuit » ne s’oppose pas, ils sont hyper complémentaires, peu de personnes le comprennent actuellement, qu’elles soient grosses ou petites, les communautés artistiques restent sectaires, corporatistes et prétentieuses.

[HG] La question du numérique semble en effet incontournable, quelles en sont les implications, les enjeux à la fois économiques, littéraires et politiques ?
[EA] Sans même parler des enjeux économiques, littéraires et politiques, je dirais qu’il s’agit juste de bon sens, d’une cascade d’évidences, partager des données quoi de plus évident ?

[HG] Comment pourrais-tu définir la ligne éditoriale de è®e ? Tu publies à la fois des écrivains, des universitaires, des chercheurs, des artistes… croiser, confronter des disciplines, des horizons de réflexions hétérogènes, c’est pour toi une façon de s’attaquer au réel par tous ses côtés ?
[EA] Oui. La ligne éditoriale est généraliste mais chaque projet est sélectionné pour son aspect critique ou inattendu ou décalé. Nous nous intéressons par exemple aux révoltes ouvrières mais il n’y avait aucun intérêt à publier le 48eme livre sur les Canuts, par contre il n’existait aucun livre en français sur les Luddites il semblait donc indispensable d’en publier un. Oui è®e à pour ambition d’être un outil au croisement de plusieurs disciplines, d’horizons de réflexions hétérogènes. Outil parce que nous attendons des auteurs qui travaillent avec nous qu’il s’appuie sur è®e pour travailler et non qu’ils attendent de nous une simple commercialisation de leurs projets. C’est pour cela que certaines collaborations s’arrêtent vite alors que d’autres continuent.

[HG] Mais c’est aussi une façon de décloisonner la pensée, et de créer un espace de réflexion ouvert, qui ne se situe pas dans les arènes officielles, médiatiques, universitaires, etc… ?
[EA] Oui.

[HG] Tu as crée une collection « chercheurs d’ère » de recherche en philosophie et en sciences sociales, animée par Vincent BOURDEAU, François JARRIGE et Julien VINCENT, que signifie pour toi le fait de s’emparer de ce champ, ou de pénétrer dans ce champ de la recherche, bien trop confinée à des spécialistes, à des cénacles ? Pourrais-tu nous présenter ces trois animateurs ?
[EA] Des milliers de livres passionnant en sciences humaines et sociales sont publiés chaque année à travers le monde et la France est un pays totalement à la ramasse incapable de traduire ce flux, juste les quelques stars incontournables. Ces trois jeunes chercheurs (histoire et philosophie politique) lisent ces livres, voyagent, collaborent et vont « profiter de l’outil è®e » pour publier de 2 à 4 livres par an et une bulletin numérique assurant un travail de veille en sciences humaines et sociales.

[HG] Les genres et les formats sont variés, fictions, essais, narration collective, revue, projets multimédias, et cinématographiques, DVD, créations sonores, è®e est à la fois dans une dynamique transdisciplinaire, tout en étant très pointue dans ses choix, comment parviens-tu à être dans cette ouverture en même temps que dans cette exigence ? Comment sélectionnes-tu les travaux ? Qu’est-ce qui fait le lien pour toi entre tous les créateurs, penseurs, écrivains que tu soutiens ?
[EA] Il n’y a pas de « casting » ou de plan précis mais une situation générale de la marchandisation de la culture qui exclue les projets les plus critiques ou atypiques des circuits de diffusion et de commercialisation. Dans ce contexte improbable et « totalitaire » ou les « marques » dictent leurs lois mieux vaut savoir ce que l’on fait vraiment. Pour è®e il n’y a pas pour l’instant de « manifeste », de lignes clairement définies, juste l’envie de maintenir un outil critique en état de marche au milieu des ruines (de l’art, du monde). Un outil qui se perfectionne et dont les utilisateurs amènent de nouveaux schémas à redéployer.

[HG] Une œuvre d’art, un texte littéraire, un texte philosophique ou de sciences humaines sont tous au même titre des vecteurs d’investigation du réel qu’il faut rassembler, confronter pour pouvoir être vraiment en prise avec l’époque ?
[EA] Oui

11 septembre 2007

[vidéo-concert] JAVA is not dead – lecture Espitallier + Prexley?

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — Hortense Gauthier @ 13:57

prexley-concert.jpg Deuxième vidéo de la soirée JAVA is not dead – JAVA’s music qui s’est déroulée le 10 juin 2007 au Point Ephémère à Paris.

Lecture du poète-batteur Jean-Michel Espitallier avec Prexley?, groupe qui reprend des morceaux d’Elvis pour les rejouer à la sauce punk-parodique, mené par un Laurent Prexl au sex-appeal délirant. Ce groupe a travaillé avec Arnaud Label-Rojoux à travers un livre-CD __ ou comment une liste poétique absurde d’Espitallier devient une véritable loop rock’n’roll pour se poursuivre dans une reprise punk décalée de Blue moon.
Pour une présentation de l’ensemble de la soirée, voir l’article précédent.

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10 septembre 2007

[Vidéo-lecture] JAVA is not dead – lecture de Jean-Michel Espitallier

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — Hortense Gauthier @ 12:57

espitallier-point.jpg La revue JAVA est terminée, vive JAVA ! La soirée JAVA is not dead – JAVA’s music qui s’est déroulée le 10 juin 2007 au Point Ephémère à Paris dans le cadre des Périphéries du Marché de la Poésie prouve bien cette assertion.

Car ce n’est pas parce la revue s’est achevée en 2005 que ses trois animateurs Espitallier/Maestri/Sivan en ont terminé avec la poésie. Au contraire, ils sont bien vivants, et continuent à développer leur travail poétique si singulier et exigeant, à travers livres et lectures, ou en croisant leur pratique d’écriture avec des artistes, et des musiciens. Cette soirée fait partie pour moi des plus belles soirées de lecture/performance que j’ai pu voir (et de surcroît à Paris!), et une des plus convaincantes quant à la relation entre poésie et musique. Elle a rassemblé sur scène, outre les trois de JAVA, le groupe Prexley?, dans lequel Espitallier joue de la batterie, Cédric Pigot, et Kasper T. Toeplitz. Et elle fut véritablement une lecture-performance-concert, formant un ensemble trés cohérent, bien rythmé, d’une durée de plus de deux heures, mais il n’y eut pas une seconde d’ennui ou de lassitude, car l’enchainement des différentes prestations, toutes excellentes, s’est faite toute en glissement et en alternance, lecture et musique s’interpénétrant, passant du rock parodique de Prexley?, aux listes absurdes d’Espitallier, du cut’up scizophrène de Maestri aux nappes bruitistes de Pigot, le son et le texte ayant la même valeur, et devenant indispensable l’un à l’autre.
En effet, alors qu’il semblerait y avoir une certaine mode depuis quelque temps à croiser son/musique et littérature, et alors que les trois JAVA sont avant tout des poètes, qui, même si on les dit « sonores » du fait de leur pratique de lecture, ne travaillaient pas en relation avec le son (contrairement à des gens comme Emmanuel Rabu, ou d’autres, qui ont dés le début de leur travail imbriqué son et poésie), cette soirée a développé ce qui me semble être un véritable travail poétique réfléchissant sur la dimension sonore, musicale qu’il pouvait avoir, et un véritable travail musical, réfléchissant à ce qu’un texte pouvait impliquer dans le son, à ce qu’est créer une écriture sonore ; on était donc loin d’une juxtaposition entre musique et lecture, ou d’un habillage sonore pour un texte, comme c’est souvent le cas, le son n’était pas un artifice, ni un élément décoratif, ou un faire-valoir du texte. Ce n’était donc plus une lecture « amplifiée » ou une performance musicale, mais autre chose. Espitallier, Sivan et Maestri ont déjà travaillé avec du son et des musiciens, mais je n’avais jamais trouvé trés convaincants les résultats de ces expériences, leurs textes se suffisant à eux-mêmes, étant assez riches, complexes pour ne pas avoir besoin d’un son n’apportant finalement pas grand chose de plus. Le son pouvait même parfois opacifier le texte, lui enlevant ou atténuant la force qu’il avait seul. Mais durant cette soirée, le son a opéré dans le travail de ces trois écrivains une véritable révélation, les poussant jusqu’au bout de ce qu’ils pouvaient être, accentuant des dimensions du texte, étant comme un révélateur (photographique) du sens et des potentialités de leur poésie, faisaient apparaître et entendre de façon étonnante les reliefs de leur écriture.

Vous pourrez donc voir des extraits de cette soirée dans plusieurs vidéos, la qualité du son n’étant hélas pas la même que celle dans la salle (l’enregistrement ne s’est aps fait à la source), vous en aurez cependant un aperçu. Et pour commencer, cette première vidéo d’une lecture de Jean-Michel Espitallier.
Nous parlerons plus précisément du travail de Vannina Maestri avec Florent Nicolas, et de celui de Jacques Sivan avec Cédric Pigot, dans les prochains vidéo-podcasts.

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29 juin 2007

[Expoésie] vernissage de l’exposition de Robert Combas

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — Hortense Gauthier @ 12:52

expoesie.jpgJeudi 28 juin, à 17h30, au musée du Périgord, s’est ouverte l’exposition de Robert Combas, qui se tiendra jusqu’à fin septembre. De grands tableaux remplis de strates d’écritures de couleurs sont exposés, ainsi que de nombreux livre de cet artiste de la « figuration libre ». Les tableaux sont en quelque sortes des poèmes visuels, et pas seulement des peintures, on peut ainsi découvrir les liens entre le travail de cet artiste et les recherches poétiques des avant-gardes et de la poésie contemporaine.

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Sur les murs du cloitre du musée du Périgord, parmi les vestiges et les sculptures de l’Antiquité, du Moyen-Age, et de la Renaissance, on peut lire des inscriptions à la craie, qui sont des poèmes des écrivains et artistes qui ont été invité à Périgueux, cf. photos suivantes de gauche à droite (cliquez dessus: Joël Hubaut, Jacques Villeglé, Julien Blaine, Ben, Jean-Luc Parant, Dr Courbe.

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14 juin 2007

[E-Poetry] Interview de Joerg Piringer

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — Hortense Gauthier @ 5:18

Rencontre avec Joerg Piringer, poète sonore, musicien et performer autrichien, qui a participé à la soirée d’ouverture du festival E-Poetry (voir la vidéo sur le site de Luc Dall’Armellina).
Joerg Piringer développe un univers typographique dynamique et abstrait, qui poursuit l’exploration du langage initié par Dada, le Futurisme et le Lettrisme, ainsi que par des poètes sonores comme Henri Chopin, ou François Dufrêne. Il crée ses propres programmes et ses propres instruments pour jouer ses poèmes visuels animés en live, où le son bruitiste déclenche et génère le mouvement des lettres à l’image. Il a fait aussi de nombreuses pièces sonores, des poèmes interactifs sur le net, des poèmes visuels, et il est aussi à l’aise dans la création que dans la programmation d’outils numériques et de software.
Pour découvrir son travail, allez visiter son trés beau site : joerg.piringer.net/

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13 juin 2007

[E-Poetry] Interview de Patrick Burgaud

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — Hortense Gauthier @ 10:55

Patrick Burgaud est un des organisateurs du festival E-Poetry avec Philippe Bootz, Loss Glazier, Alexandre Ghebran. Depuis le Point Ephémère le 2ème jour du festival, il nous parle du site de E-Poetry, ainsi que de sa vision de la poésie numérique.

On peut voir son travail sur aquoisarime.net

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Pour voir d’autres vidéos du festival E-Poetry, allez sur le site de Luc Dall’Armellina

[E-Poetry] Interview de Marc Veyrat

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — Hortense Gauthier @ 6:54

Durant le festival E-Poetry, petite rencontre avec Marc Veyrat, artiste multimédia, qui travaille sur l’interaction homme/machine, et qui développe un travail numérique interrogeant les supports de communication et la notion d’information. Il a réalisé une partie de l’interface du site de E-Poetry : www.epoetry.net

1ère vidéo : explication de l’interface web crée pour E-Poetry, en compagnie de Patrick Burgaud, co-organisateur du festival et poète numérique.

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2ème vidéo : interview de Marc Veyrat, qui parle de son travail, de sa dimension politique, et des moyens que nous donnent les nouvelles technologies pour réfléchir et agir dans un monde d’informations …

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coin-locker-babe-i.jpgMarc Veyrat a participé au numéro 3 de la revue Talkie-Walkie à travers un PiM’s, une animation crée à partir de formes naïves et pop et de divers signes qui sont des micro-concepts informationnels et critique, et un stickers, qu’il appelle coin locker babe i, logo-insigne crée à partir de lettres et signes linguistiques qui fonctionnent comme des lettrines ou enseignes et qui sont destinés à se répandre sur divers supports et dans divers espaces.
cbox_glace.jpg Il développe actuellement avec Carol Brandon et Hélène Lallier le projet ©box (Protosite), espace de travail et d’exposition d’oeuvres permanentes ou éphémères sur le web, où on l’on peut venir déposer son travail, et le laisser être modifié par d’autres intervenants du site, l’interface ©box est donc un espace en perpétuel renouvellement et transformation, qui se constitue par les divers dépôts et extractions des intervenants. Ainsi comme il est écrit dans la charte du projet, « l’espace virtuel du site, invente non pas une unité (un original) mais des séries ©box en écho, qui dessinent par “®­Makes” de nouveaux paysages. »

On peut aussi suivre Marc Veyrat sur Panoplie.org à travers le projet Instants, à l’initiative de Annie Abrahams, où tous les jours pendant un mois il peut envoyer des textes sur le site, qui sont visibles simultanément, et qui formeront à la fin du mois un InstantPortrait.

7 juin 2007

[News] Soirée « JAVA is not DEAD »

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 7:53

java_snotnotdead-5.jpgDans le cadre des Périphéries du 25e Marché de la Poésie à Paris, une soirée à ne pas rater : JAVA is not dead, au Point Ephémère à 18h le dimanche 10 juin – entrée libre.
La revue Java s’est arrêté l’année dernière, mais pas le trio qui la dirigeait. Jean-Michel Espitallier, Vannina Maestri et Jacques Sivan continuent leur exploration des formes poétiques, aussi bien à travers le livre, la lecture, la performance, que le son ou la vidéo. L’après JAVA se fait en musique, rock, electro, expérimental, textes et sons, Petit Robert et grosse caisse, cordes vocales et électricité. En programmant des musiciens venus d’horizons différents et en mêlant leurs voix aux voix de l’électricité, du rythme, des riffs, les trois poètes vont déplacer une nouvelle fois les territoires de la création poétique.
On pourra voir des performances de Jean-Michel Espitallier et Vanina Maestri , écouter Prexley, groupe punk rock et alentours, crée par Laurent Prexl, et dans lequel Espitallier joue de la batterie, ainsi que Kasper Toeplitz, l’excellent compositeur et bassiste, qui oscille entre rock et musique contemporaine. On pourra aussi découvrir le travail de Jacques Sivan et Cédric Pigot, musicien de la scène expérimantale qui développe une ambiant bruitiste et des paysages sonores envoûtants, ils s’étaient rencontrés autour de la création de Koundri [Jacques Sivan, vidéo Philippe Boisnard, son Cédric Pigot] lors de la soirée Leurres, SourNoiseries et autres Stratégies, organisée par la revue Talkie-Walkie et LO Moth à éof en mai 2006. La poésie moléculaire de Sivan a rencontré la musique granulaire et vibrante de Pigot, pour créer une poésie sonore mouvante, sombre et palpitante de toute beauté.

15 mai 2007

[video] Hommage à Frank Valdor chez l’Âne qui butine

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — Hortense Gauthier @ 12:05

Le samedi 28 avril, à Mouscron, en Belgique, petite ville à la frontière, s’est tenue une drôle de soirée joyeusement dadaïste au 28, rue du Chemin de fer, havre de folie et de création des éditions l’Âne qui butine, dirigées par Anne Letoré et Christoph Bruneel. L’une française, travaillant dans le papier, et l’autre flamand, relieur de profession, mais aussi poète, dessinateur, peintre, performer, ils éditent de trés beaux livres d’art et de littérature, inventent des livres-objets, à tirages limités mais à l’imagination sans limites, et ils organisent régulièrement des expositions et des lectures chez eux lors de soirées à la fantaisie débridée et chaleureuse comme seuls les Belges savent le faire (et aussi les gens du Nord contaminés par la belgitude).

Le samedi 28 avril à Mouscron, chez l’Âne qui butine, la Duvel et l’Orval ont coulé à flot, dans une chaleur torride pour la Wallonie (28 degré fin avril!), le soleil faisait rougeoyer la brique rouge, les fleurs étaient de toutes les couleurs, et le buffet était « orange et plastique » car la soirée était sous le signe de Frank Valdor, crooneur disco des années 1960, qui a sorti 200 vinyles en 8 ans. Une grande partie de ces vinyles a été retrouvée par Anne et Christoph, chineurs redoutables, chez un disquaire d’occasion flamand. Sauvant ces pépites des années 60 d’une destruction certaine et de l’oubli, ils décidèrent de rendre hommage à un tel chanteur en plaçant le vernissage de l’exposition de dessins faits à quatre mains par Christoph Bruneel et Bruno Groensteen sous ses auspices.

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Le samedi 28 avril à Mouscron, chez l’Âne qui butine, chaque invité à la soirée est donc entré dans la maison, annoncé par Peter Arthur Caesens, le crieur de Courtrai, et sa cloche, avec un objet que Franck Valdor aurait aimé. Après avoir bu une bière fraîche et mangé un hot-dog, chaque invité a pu découvrir les dessins de Christoph Bruneel et Bruno Groensteen, exposés sous les yeux attentifs du crocodile, du tapir, du lapin et des grenouilles empaillés. Christoph Bruneel et Peter Arthur Caesens lurent ensuite un poème écrit par Christoph en l’honneur de Frank Valdor, poème sonore en quatre langues dans ligne directe de Dada et Schwitters.
Le samedi 28 avril à Mouscron, chez l’Âne qui butine, il y avait des Français, des Flamands et des Wallons, il y avait des poètes qui écrivent en français, en flamand, en anglais et en allemand, il y avait un crieur qui annonçait la création de l’Eurodistrict, zone transfrontalière entre la France et la Belgique où l’on pourrait parler la ou les langue(s) que l’on veut,… il est très rare en Belgique (hormis à Bruxelles, mais les Belges vont diront que Bruxelles n’est pas la Belgique) de trouver des lieux où se mélangent les langues, où se mêlent flamands et wallons, où s’écrit une autre langue que celle des nations, des régions, des « peuples »… Ce soir là, en France, on était entre les deux tours, et en Belgique, on était bien, il faisait chaud, il y avait de la bière dorée et beaucoup de rires, de la simplicité et plein de délires, et de la poésie vivante.
Français, à l’heure qu’il est, vive les Belges, vive l’Eurodisctrict et fuck la République !

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