Bon, assez ri, il nous faut mettre les choses au point. (more…)
25 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (2)
21 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (1)
Le Maréchal absolu de Pierre Jourde, le premier chapitre en épisodes.
"Le dictateur d’un pays imaginaire est assiégé dans sa capitale, coupée du reste du pays plongé dans l’anarchie, par une armée rebelle. Dans ce morceau de territoire, complots et coups d’état continuent à proliférer. Le Maréchal confie ses soucis à son seul homme de confiance, un vieux domestique qui lui sert également de barbier. En réalité, cette situation n’est que le résultat d’un long cheminement que déroule le reste du récit, à savoir l’occultation progressive du véritable dictateur, et son remplacement par un système de doublures proliférantes" (PJ).
11 juillet 2008
[Texte] Histoire d’Rosni, par CUHEL
Cuhel poursuit son travail de déconstruction des représentations et formes dominantes. Voir son site : http://usinareva.blogspot.com
3 avril 2008
[Texte] Un tel des gens, par CUHEL
un tel dit l’intelligence c’est moi
des gens disent l’intelligence c’est nous
[Miroir suis-je intelligent ?]
23 mars 2008
[TEXTE] Mathieu Brosseau, Dans la nuit d’un seul
Premier de deux textes de Mathieu Brosseau. Cet écrivain dirige le site de création littéraire : plexus-s.net.
11 février 2008
[Texte] Charles Pennequin à propos d’aujourd’hui

Le 11/02/2008 à 11:03:47 charles pennequin pense qu’aujourd’hui la poésie de l’avant garde en France est vue, revue, et donc pensée par les universitaires, les sociologues, les philologues, les pédagogues, les policiers de la culture, les flics.
4 janvier 2008
[Texte] CUHEL, New R kRl (Brave new cultural world)
nous les KaKabedonnés
KaKabidonnés
KaKapitonnés
KaKapitralistes KaKapitréalistes
KaKapipi-à-listes
KaKapipi a-idéalistes
11 décembre 2007
[texte] Extrait de Irritation de Bernard Desportes (en librairie le 8 Janvier)
 [Ayant reçu le Service Presse de Irritation, le prochain livre de Bernard Desportes (le découvrir ici + entretien avec Fabrice Thumerel), qui sortira le 8 janvier 2008 chez Fayard, je ne peux m’empêcher de vous donner à lire un court extrait de ce texte, qui en abyme, pose la question même de la littérature et de la vie, et de la tension qui lie celui qui écrit à cet autre, là , le lecteur qui n’est pas encore défini. Nous reviendrons Fabrice Thumerel et moi-même longuement sur ce livre, au sens où en parallèle sortira les actes du colloque Desportes, publié par l’Université d’Artois]
29 octobre 2007
[Texte-Joyeux Jarryversaire 4] Christian Prigent, UBU CREATOR
[suite de l’anniversaire Jarry, avec ce texte inédit de Christian Prigent]
UBU CREATOR
(genèse aux Promenades) (*)
« Prologue au Ciel »
Adoncques le Père Ubu
Souffla son mirliton.
Zim ! Boum ! Crac canon !
Et hop : la vie fut !
« Première Station »
Un être parut, son nom fut VILLIERS.
Le voici ici, en pierre du pays.
Il délie l’Adam, puis, sans chipoter,
Il pond l’Ève future, en coiffe de granit.
« Deuxième Station »
Pour pas laisser seuls l’homme et sa fumelle,
Les formes se démêlent
De la bouse de terre
Qu’on nomme matière.
Ou bien (c’est tout comme)
L’Père Ub’ touille le bouillon
D’la soupe des protons.
Et voici que « L’HOMME
À LA MOTTE DE BEURRE »
Se dégadouille de la torpeur.
« Troisième Station »
Mais très peu ensuite
(voire sans transition)
On râle, on s’excite,
On se fout des gnons.
Hop ! : on s’extermine,
On crève les bouzines.
Pas de temps à perdre :
Ubu crée l’armerdRe,
C’est la guerre, on fauche :
Salut, MARÉCHAL FOCH !
(*) Texte dit en Choeur, le vendredi 2 novembre 2007, au Parc des Promenades, Ã St
Brieuc, par le public des Journées Jarry. Aux Promenades, on peut voir, successivement : 1, un buste de Villiers de l’Isle-Adam ; 2, une Ève bretonne en pied, en granit et en costume local ; 3, l’allégorie du sculpteur Le Goff : « La Forme se dégageant de la matière » (dite, plus populairement : « L’Homme à la Motte de Beurre ») ; 4, juste à côté : la maison où le Maréchal Foch fit de nombreux séjours.
21 octobre 2007
[Texte-Joyeux Jarryversaire 3] CUHEL, Chanson des cervelles sans âge
les vieux Z’bus
n’parlent plus
i’ comptent
i’ r’comptent
i’ Z’escomptent
i’ comptent sur nous
les grigous les grippe-sous les gris-mous
les pleins-de-sous les pleins-de-soupe
les pleins-de-bouse les barbouzes
qui crottent en Bourse
boursicoteurs sans biscotos
bouffReurs-de-biscocottes
bijouteurs escrotteurs entubeurs
i’ veulent nous en boucher un coin
bouches en CUL & tout-en-anus
Toutentrop
avec ces sagouins
i’ n’est pas loin
l’Grand Trou Noir d’ous qu’on n’revient jamais
i’ veulent nous basCULer à r’CULons
dans l’omnUBU mondialisé
les homobus les hommes-repus les homo rebuts
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
les vieux Z’bus
nous barbent plus
i’ racontent
rats
jaunissent
radotent
capotent
crapotent
vivotent
vovotent
zozotent
les vieus Z’bus
z’ont bu
les vieux zombis
sont plus nantis
sont plus zentils
i’ canulent
i’ crapulent
i’ spatulent
i’ spéculent
la bouche en cul
nous on aime les ors
pas les ordres
pas les désordres
nous on aime les CRS
pas le CNRS
nous les Moumous
on aime les Nounous
on n’aime pas les r’mous
toutes les citrouilles
elles zont la trouille
dès qu’ i’ a du grabuge
vite les refuges !
un p’tit coin d’paradis
pour-ceux-qui-ont des-radis
(car au jour d’aujourd’hui
si t’as pas d’radis
si t’as pas d’pécule
t’es un gros NUL)
qui disent la bouche en CUL
nous on n’en fait qu’à notre tête
nous on chante à tue-tête
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
faut les voir
les vieux BOBOs
mégots-banco-dodo
faut les voir
pour z’y croire
i’ vont nous avoir
les cabots d’bon teint
les saints potins
qui sans potin
se s’couent l’popotin
faut les voir
pour z’y croire
i’ vont nous avoir
les cabots d’bon ton
les Tontons bourlingueurs
vieux flambeurs
vieux frimeurs
vieux taciturnes
qui ronronnent aux Salons
à coups d’urnes
i’ vont nous en foutre
plein les burnes !
les vieux Z’bus
les vieux hurluberlus
i’ sont légions
& i’ marchent
& i’ crèvent plus
i’ rêvent :
voir Honolulu
et ne pas mourir
sarkophage doré
s’faire adorer
s’faire dorer la pilule
agiter les mandibules
s’faire sucer l’pendule
de faux-cul
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
les vieux Z’bus
faut les voir
après leur pèl’rinage
au Mont Viagra
pousser des hourras
des À-ça-ira
faut les voir
les mâche-purin
tirer le voiturin
les rois d’la phynance
plein d’démence
les Père-la-Chance
faut les voir
comme i’ dansent
sur les fonds d’pognon
les vieux trognons
les vieux grognons
faut les voir les échaudés
les échauffés
les réchauffés
échafauder des plans
de tire-au-flanc
de rantanplan
qui nous laissent en plan
comme le monde il est trop grand
i’ n’ont plus l’temps
durs comme fers
i’ nous promettent l’enfer
faut les voir
les ramasse-merdre
chanter à tue-merdre
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieux Z’bus !
✄
faut les voir
quand vient l’soir
débiter leur p’tit’ ziziqu’
leurs pâtr’nôtres cyniques
leur FIFI
LOLO
ZOZO
FI
« Àprès-MOI le déluge ! »
vieux NOÉ
vieux noués
vieux noueux
faut les voir
quand vient l’soir
eux qu’ont peur du noir
débiter leurs CONseils
aux KarmapitRalistes
& aux perd-les-couilles :
pour vous la couler douce
pour rester dans la course
faut s’agiter d’la Bourse
allez les gratte-CUL
fi d’la misère
faut miser l’péCUL
faut pas cacher l’magot
de d’ssous les fagots
ça c’est dingo
allez en avant la zizique
vive les cyniques
tous les jours on nique
tous azimuts
allez droit aux putes !
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Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez les cervell’ chauffer,
Voyez, voyez les Rentiers baver ;
Hourra, cornes-au-cul, vive les vieus Z’bus !
✄
faut voir ces chères trognes
ces chères charognes
ces picrocholes dopés à l’alcool
ces Rentiers sans dentier
faire tourner la machin’
la machin’-à -décerveler
la machin’-à -débiter
les caca
les cacapitaux
et de baver
Hourra cornes-au-cul vive les vieux Z’bus !
faut voir ces obèses
pleins de pèze
de l’oseille plein les oneilles
ces drôles de zigues
qui n’voient pas plus loin qu’bout d’leur bouzigue
faut les voir
chaque soir
fermer leurs armoires
comme autant d’ostensoirs
et dans un noir d’enfer
faire leurs prières :
À la Ste Gudule
que je spécule !
À la St Hercule
à nous l’pécule !
À la Ste Fortune
on n’en rate pas une !
À la Ste Crapule
que je t’encule !
À la Ste Copule
que je t’encule !
À la Ste Nitouche
surtout pas touche !
À la Ste Génuflexion
quelle érection !
À la Ste Putréfaction
beaucoup d’actions !
À la St Ruth
ah quel rut !
À la Ste Bique
que je te nique !
À la Ste Malice
c’est la chaude pisse
À la Ste Réglisse
vive les caprices !
À la St Venceslas
vive les dégueulasses !
À la Ste Mélasse
on fait des crasses !
À la Ste Tignasse
que j’aille à la chiasse !
À la St Marchié
vive les Nuls-Ã -chier !
À la St Purin
une partouze
et tous purin !
À la St Potin
vive les popotins !
À la St Mesquin
ah quel entrain !
À la St Saturnin
le butin aux gredins !
À la St Bordure
vive les ordures !
À la St Poltron
vive les cons !
À la St Pelochon
à nous les p’tits petons !
À la St Cornichon
à nous les gros nichons !
À la St Folichon
on fait les baluchons !
À la Ste Gargouille
on casse les couilles !
À la St Couillon
à nous les fions !
À la St Anal
on tombe dans l’canal
À la Ste Bertille
pas d’pécadille !
À la Ste Marmelade
pas de reCULade !
À la Ste Soupe
à nous les croupes !
À la Ste Viole
qu’est-ce qu’on rigole !
À la Ste Chandelle
des sous à la pelle !
À la St Orteil
on ramasse l’oseille !
À la Ste Bouteille
attention les oneilles !
À la Ste Tirelire
c’est le délire !
À la St Bigoudi
on blanchit les délits
des très vieux débris
À la St Pissenlit
plus de pipi au lit !
À la Ste Pine
vive les rapines !
À la Ste Vermine
on a bonne mine !
À la Ste Bouzine
on se débine !
À la St Morveux
vive les baveux !
À la St Médard
suce-moi le dard !
À la Ste Turne
suce-moi les burnes !
À la Ste Fesse
c’est l’allégresse !
À la St Branleur
vive les tripoteurs !
À la Ste Chandeleur
vive les tripatouilleurs !
À la St Masturbateur
vive les boursicoteurs !
À la St Lucifer
vive les hommes d’enfer !
À la St Nigaud
vive les gogos !
À la St Nabot
vive les bobos !
À la St Chenapan
vive les charlatans !
À la St Argent
faut être dans l’vent !
À la St Antoine
beaucoup d’avoine !
À la Ste Pâte
on fait de l’épate !
À la Ste Dame-des-Choux
on fête tous les ripoux !
À la St Marchandage
vive les tripatouillages !
À la St Dévergondage
on est sans âge
À la Ste Gidouille
on mange de l’andouille
Hourra cornes-au-cul vive les vieux Z’bus !
18 octobre 2007
[Texte-Joyeux Jarryversaire 2] Christian Prigent, Les z’Ubs à la fontaine
Les z’Ubs à la fontaine (air : À la claire fontaine) de Christian Prigent
À la claire fontaine
Bordur’ (le Capitaine),
Qu’est un vrai malotru,
Drague la Mère Ubu :
« Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai !
Quitte le Père Ubou,
Ce coquin, ce grigou,
Il est moche, il est gros,
Moi je suis bien plus beau ! :
Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai ! »
Mais v’là qu’ le Père Ubu
Supplie la Mère Ubette.
(Car ça n’est pas la fête
Quand on vous fait cocu) :
« Il y a longtemps que je t’aime
Jamais je ne t’oublierai ! »
La mère Ub’, elle envoie
Le Père Ub’ aux pelotes
Car Bordur’, c’est un gars
Qu’en a dans la culotte ! :
« Il y a longtemps que je l’aime
Jamais je ne l’oublierai ! »
Ubu est en pétard :
I’ prend l’ sabre à phynances !
I’ va lui trouer l’ lard :
Et bing ! zou ! – dans la panse !
♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬
« Il y a longtemps que tu l’aimais ?
– Va voir en Enfer s’il y est ! »
Puis pan su’ l’ Capitaine :
I’ lui crève la bouzine
(Ça n’en fait eun’ cuisine,
Quand ça vid’ la bedaine !) :
« Il y a longtemps que tu l’aimais ?
-Va voir en Enfer s’elle y est ! »
♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬♬
Variante décente pour la strophe 4 :
La mère Ub’, elle envoie
Le Père Ubu z’aux pommes
Car Bordur’ c’est son homme,
C’est d’lui qu’elle est gaga ! :
« Il y a longtemps que je l’aime
Jamais je ne l’oublierai ! »
11 septembre 2007
[TEXTE] DRUMS & GUNS de Pierre Ménard
SPIELTRIEB
J’ai vécu trop longtemps. Je suis confus, dit le vieillard. Nous vivons et voilà tout. De moins en moins. Tout en plus et pire. Ca va vite, cette parole qui dit tu, de l’un à l’autre. D’une silhouette à l’autre. Qui parle de solitude ? Un travail en amont qui appelle un effacement. C’est comme des copeaux. J’ai beaucoup aimé les copeaux. C’est le lieu du combat qui déchire. Pour ces esprits fatigués de tout, reste alors l’instinct du jeu, l’ultime forme possible de notre existence. Parle parle parle que je contemple ta voix. Rien entre les dents, rien sous la paupière, vers l’intérieur, rien rétine ouverte, rouge arraché. Nous ne sommes pas loin s’en faut. Ne leur donne pas davantage prise, cela se comprend.Dresser la liste de ses ennemis. La vie s’appuie dans les formes. Chaque chose à la lumière du jour se voile à l’idée que la rue, si ce n’est sa présence, est déserte. Quelque chose de pareil et pourtant chaque forme tournée dans un tourment singulier. Vider ses poches. Le lit est gonflé de peluches. La vie s’appuie dans les formes. Jouer c’est provoquer l’inattendu, une affaire de fêlés, et parfois la fêlure donne de sacrées surprises. Penser à un ami à qui on ne pense pas assez. Dessiner des soleils. Ainsi nous naviguions parfois sans le dire.
Un truc simple, intelligible et drôle. Un fond sonore mais pas exactement. Car je n’ai mal que quand je respire, tu vois. Tout est là . Malheureusement chacun d’entre nous n’a pouvoir que de parler son seul langage. A quoi bon vouloir être un autre qui nous fascine par ses mots ? Ce qui est censé se passer, se dérouler, se jouer en nous. Je m’éveille brusquement agrandi ou dans un puits, jeté dans le monde parmi les autres sans le secours de ce qui n’existe. Avec juste ce qu’il faut de clin d’œil au canular pour payer de mine. C’est beaucoup de choses l’émotion, l’émeute, le mauve accentué autour du tilleul. Quelque chose qui fait corps avec notre fragilité essentielle. C’est si beau une page blanche.
LIFE IN CARTOON MOTION
Aujourd’hui on rencontre une réelle frilosité, car on est dans la proximité. Ce qui vient dans ce qui s’en va. Ce qui s’éloigne dans ce qui s’approche. Si nous avions su d’abord que c’était cela que nous étions venus voir, peut-être ne nous serions-nous pas mis en route. Ensuite, la pureté de l’air. Pour nous abandonner à nos seules suppositions, pensées fragmentaires et particularités imaginées ? Sans compter les images qui en dérivent comme celle, à peine voilée, du tumulus de terre. Ne s’y abîmera pas mais c’est rare. Or, paradoxalement, cette part vécue est à l’origine de la part d’invention et d’imaginaire du texte. Tandis que / alors. Comment mieux définir notre angoisse devant cette solitude insupportable, ce silence déchirant ? Une étonnante simultanéité. Comme elle est douce la pierre qu’il a pour oreiller. C’est d’autant mieux que les mouvements et les gestes intriguent. Tout est là , simplement. Et c’est là où je me perds. Depuis longtemps, je n’essaie plus de savoir ce que je cherche.
Le principe du jeu est très simple. L’importance du regard face à l’ordre apparent des choses. Question de point de vue, de découpe, d’échelles, j’en passe et des meilleures. On va trop loin dans cette histoire. Être là -bas en même temps qu’ici. Alluvions de visions, d’illusions et d’allusions. Cherchez l’échelle ! Ici autre chose survient dont il reste trace. Ce que l’on ne peut pas dire, il faut le répéter. Les véritables hallucinogènes ce sont les mots. Un ensemble de sillons et de rainures. Forme et chaos restent distincts. C’est la vitesse, le décalage permanents. Il est là , il faut l’admettre. Je ne sais pas, quand je comprends, mais ça fait passer le présent comme un courant. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier. Un seul élément étrange suffit à faire une bonne histoire.
Les zones de tensions. Tout une exploration. On leur donne un lieu et les images se forment. Avec ou sans personne. On dérive. On cherche quand même encore un instant. Là -bas, à domicile. Sa manière à lui de nous faire embarquer, son approche singulière, faire semblant de ne pas en faire partie. C’est peut-être de lui-même qu’il s’agit, ainsi se construisent les indices, un moteur, pour mieux les voir à nouveau. On leur donne au moins. Rien ne se perd, tout se transforme. Avec ou sans personne. Un courant continu. C’est peut-être quelque chose qu’on attend. Chaque artiste a son approche singulière. Les voir à nouveau, étrange satisfaction. Faire semblant de ne pas en faire partie. Je garde les yeux bandés. Les repères se métamorphosent, se recomposent. Ils prennent la pose, nous tournent le dos. On finit par se perdre dans le pays lointain qui les entoure. Les pistes sont brouillées. On est ailleurs, on cherche quand même, pas bien à leurs places. Et l’histoire continue.
Pierre Ménard
……….. La version sonore de ce texte est à écouter sur Radio Marelle
8 septembre 2007
[Texte] Est-ce pions ? de Nicolas Tardy
Nous mettons en ligne ici un texte de création de Nicolas Tardy, dont nous venons de présenter le livre S.F comme Syndrome fusionnelcliquer sur le lien pour voir la présentation
, publié aux éditions de L’Attente.
EST-CE PIONS ?
Personnages élevés à la puissance haine : complotueurs en complets vestons retournent leurs vestes (seuls leurs échecs sont visibles). Liste des agents doubles double constamment dans une mission désormais classée à ne jamais dévoiler sous peine d’être éliminé où, juste à temps, pion noir devient pion blanc pour renforcer une nouvelle identité, pour défendre une certaine idée où questionnement incessant jamais ne cesse, se déplace, ment et tout rassemblement de plus d’1 individu paraît suspect. Été : surveillance en bermuda d’agents de Cuba; hiver : surveillance en anorak d’agents croates. Comme une image satellite leur présence est une preuve suffisante dans la lutte du bien contre le mal où chacun pense être le bien, où le chef de serre vis galvanise ses hommes, n’hésite pas à en faire des tonnes pour faire passer la pilule. Il a carte blanche; devra montrer patte identique. Il ne révèle pas son identité à homme qui ne lui révèle pas son identité, et lire quelques lignes le met en danger. Membres reliés constituent le corps d’élite (agents fondus dans le décor, disparaissant une fois leur tâche effectuée). Informateur a été retrouvé mort dans les toilettes de l’aéroport (balle est dans son camp; en plein front). Endroit grouille d’espions et d’agents secrets qui prennent des photos et tout ce qui peut servir le service et le propos des pros dans le réseau des maux (avec 1 mal nécessaire : le permis de tuer). Sera neutralisé le pas futé futur tué qui, nouveau dans le sévices, combattait sans répit les ennemis de la liberté, à l’aide d’1 parapluie conçu en Bulgarie. Corps disparaît dans le décor où, pour code à récupérer, agent fut envoyé. Terrain est piégé; agent de terrain aussi. Sur son 31 glissait 1 38 à sa cheville. La vie de l’infiltré ne tenait qu’à 1 fil. Les meilleures couvertures peuvent aisément et rapidement se transformer en coquets linceuls. Agent de renseignement, qui saigne et ment (ment tout le temps), à présent pour toujours dormant a 2 trous rouges au côté droit. N’a pas agit selon les ordres de son gouvernement qui, aux ordres des dirigeants, ment. Est à présent dans son cercueil, prêt à être rapatrié, à passer une frontière bien gardée (évacuation des corps étrangers n’est pas sans danger). Face à pas sages, secrets d’état gèrent la situation, leurres tournent dans les méandres de la narration-camouflage avec une identité de fiction pour perturber l’action des hommes du service du même nom. Ils aiment gravir Echelon par Echelon, localiser les pions, dévoiler l’étendue des ramifications, avaler une fameuse gorgée de poison. Torture par injection entraîne digressions et tout fusionne dans la confusion (vigiepiratedelair). Dès l’aube, à l’heure où l’avion survole l’Ukraine : épier sur Terre des Hommes de bonne volonté. Agents maussades sont dans la panade suite à ordres de missions d’1 beau parleur via 1 haut parleur. Il faudra pratiquer SAS (Séduction Avec Sexe); le vrai, le faux, trier; car mieux vaut prévenir que gémir. Tradition de la torture a la dent dure et décor est planté comme couteau dans le dos. Au nord : 1 corrompu (du cul – comme technique d’approche – s’est avéré efficace); au sud : des SCUD. Armes de destruction massive sont justifications pour nids de vipères de la nation qui reconstruisent des vies (vidéos de contrôle n’enregistrent pas changements de rôles à sang pour sang). CIA – pas de quoi s’en faire – vient de les réduire définitivement au silence. Quand bien même, d’1 coup de pétard sera dessoudé dans son falzar, heureux qui, dans les coulisses, aura bien manipulé. Dans la machinerie : des ratés. Plusieurs affaires sont liées. Demain, sera américain, cubain ou syrien (si papiers sont bien imités). Peu de temps pour les civilités. Seule certitude : 1 haut personnage est impliqué. Dégradation de situation et graduation dans l’action. L’analyste tente de démasquer la taupe, avance en terrain miné. Son gilet, pare balles qui lui étaient destinées. À l’aide de son Walther PPK pas désespéré pourra être réglé sans devoir faire appel à capsule caché dans dent vidée. Devenu persona non grata auprès de la Compagnie, peut se gratter pour sortir du guêpier dans lequel il s’est fourré dans les corridors du pouvoir qui ne dort jamais. Entre leurs mains l’agent de terrain n’est rien; parcourait le monde pour défendre une certaine idée de la démocratie, pour détruire les biens d’autrui. Vient d’être exécutué par aérosol combiné à briquet entre les mains expertes d’espion anglais très très en thé thé (qui finira étranglé au lacet). Imprudent sont démasqués mais sages sont codés. Dans la montée du danger, improviser est de mise (en pli secret, document est envoyé). Cible est verrouillée : agent va dérouiller, tomber sur 1 os ou pour la patrie. Vont tirer les premiers, ces messieurs de Langley. Arsenal est planqué. Maison est encerclée. 1 fusil, 1 agent (tout 2 à lunettes) sont arrivés. L’agent ne fait le bonheur. Nom de la mission : sniper bleu. Avec une balle dans la tête c’est net; pour dévoiler l’identité c’est niet. En raison d’une porte dérobée, démantèlement sera incomplet. Barbouzes sont dans la bouse, recoupent de l’informe (action circule tout le long). Néanmoins tout message est susceptible d’altération et tous les moyens sont bons pour la mission (cercueil à double-fond, soupe de poison…). Dans cette miction, les hommes de la NSA rêvent de jouer les gros bras, se font un devoir de voir ce que les autres ne voient pas. Mais l’ange de la mort passe et l’Agence tasse et l’Agence ment. Dans tous les cas le département des tas d’informations niera avoir eu connaissance de leurres-vagissements. Ce ne serait pas la première fois que la CIA préparerait 1 coup d’état (Cuba ne l’oublie pas). DGSE qui arrive là -bas ?
4 septembre 2007
[TEXTE] Les filles jolies aux bouches savantes d’Isabelle Zribi
Isabelle Zribi est écrivain, elle a publié dernièrement aux éditions verticales Bienvenue à Bathory
aux éditions verticales, elle co-dirige la revue Action Restreinte.
Tout le monde a entendu parler de ces night-clubs particuliers auxquels ne sont admis que des clients triés sur le volet. Une personne non-initiée est immédiatement repérée par mille indices, ne serait-ce que par la manière de tenir son verre, et son embarras dans les occasions qui paraissent aux autres toutes naturelles. Chaque posture, chaque geste, chaque regard, chaque pas de danse, tout est codifié. Dans ces night-clubs, les filles jolies se reconnaissent immédiatement entre elles, et les bouches savantes également. Dès que C. entre dans ce type de boîtes, toutes les filles jolies aux bouches savantes la repèrent sans doute comme une des leurs. Dès son arrivée, tous les spots des yeux des filles jolies aux bouches savantes doivent se braquer sur C., et C. doit améliorer presque sur le champ sa connaissance déjà très au point de la bouche humaine. Dans ces boîtes de nuit réservées aux filles jolies et savantes, les clientes ne se satisfont pas aux w.-c., dans une hygiène déplorable, jetant, en cas de conclusion heureuse, une offrande de pièces de cuivre au petit dieu dépressif Dame pipi. Les toilettes sont libres bien plus souvent qu’ailleurs. Les filles se donnent du plaisir à même la piste de danse, les sièges confortables qui la bordent, ou devant le bar. Alors que dans les autres boîtes, le sexe comporte une forte dose de grotesque et de laideur, dans ces night-clubs particuliers, il se pratique devant tous, éclatant, aussi pur qu’une machinerie bien huilée.
21 octobre 2006
[Texte] Une vidéo, de Fabrice Bothereau
>> [NDLR : dernier ouvrage publié, Pan-Europa, éditions Le Quartanier, lire sa lettre envoyée à Libr-critique.com à propos de la réception critique des livres de poésie]
(Roger Lanzac et le Comte Drakul se tiennent tout près de l’entrée du neuvième cercle. Ils se tournent vers la caméra, et sourient. Ils ouvrent la bouche mais ce qu’on entend ne correspond pas au lipsynchro) :
une vi
déo
deux vies
une video
une je vois monstre !
montre monstre !
coup !
coup de feu !
coup de feu !
feu ! feu !
dans lane
dans lane eije
à la sûre face la neige
en bas du Cho Oyu
sur la pente vers l’Homme Libre
Clac ! Pan ! T’es mort !
Chargeez ! En jouuuue !
Feu !
sur la pente dans le couloir
les bâtonnets tombent
un à un
venez voir
la video je vois monstre !
l’image les images
qui nous monstre
venez voir les images
qui monstrent
une exclusivité de Télé-Drakul
venez voir arrêtez-vous un peu
pour voir
les « gardes chinois en train d’abattre des pèlerins tibétains à la frontière »
dit
ce jour, le …nal
dit ce jour
le lais anal
des puissances fictionnelles
comme il est bon ce lais anal !
tout le monde en veut
tout le monde l’a en tête
tout le monde en tète
cependant
à 7000 kilomètres de sang de lÃ
le caméraman de Télé-Drakul
zoome
sur le garde du huitième cercle
le colonel Kuan-Shu
épaule
et paf dans le lard !
le lais anal dit voir
des « images floues »
mais la « silhouette
semble »
que de poésie dramatique
dans ce « semble
tenir un fu-sil »
c’est lui le héros
le fu sil
21 septembre 2006
[texte] Le Presse-Bananes, Bernard Desportes
Cet extrait d’un roman à paraitre de Bernard Desportes est présenté dans le cadre du colloque Bernard Desportes qui aura lieu à l’Université d’Artois le 5 octobre 2006.
Début de l’extrait:
A la suite de cette attaque cérébrale, légère d’après les médecins du centre Wolfgang-Amadeus, un centre de réputation mondiale m’avait dit Croup, mon vieil ami de plus de trente ans – Croup, depuis trente ans, comment une telle horreur est-elle possible ? m’étais-je dit alors que vautré sur le canapé du Dr Ferdière je contemplais son profil avachi en songeant aux fesses rondes et fermes de Volo, le fils du boucher que j’avais pu voir récemment encore entièrement nu dans les douches de la piscine de la rue de la Jonquière où tapinent tant de jeunes garçons à cet âge où l’on s’offre pour rien ou si peu un repas trois cigarettes tant le corps et l’esprit ne songent encore à s’amputer et s’avilir dans des trafics sordides auxquels tous les pouvoirs ont toujours contraint les gens de ce pays, racket, casses, boulots minables, parqués dans des banlieues de merde et de mort spécialement conçues pour toute une vague population brune mal identifiée avec taudis périphériques pour petits blancs foutus qui croupissent de plan social en plan d’urgence tandis que les gavés se gavent de plus en plus graisseux livides énormes et multiplient leurs calculs sordidement dignes d’un Homais côté en bourse d’un huissier ou d’un juge appointé de remise de peines, quinze ans, l’âge d’or avais-je songé plus d’une fois, tout en débitant au Dr Ferdière les babioles et autres sornettes qui me passaient par la tête ainsi que je le faisais depuis plus de dix ans qu’avait commencé ma cure avec lui,