Libr-critique

16 mars 2007

[création] Positiv’s spot de Cuhel

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 14:17

Job attitude

Vous voulez un travail dans le cul
turel
avec le sourire que du bonheur !
que du bon temps à distribuer des SPAC (Supports publicitaires attrape-cerveaux) !
Se décerveler un max pour squatter un maximum de cerveaux disponibles c’est
trop top !
trop fun !
trop géant !
N’oubliez pas : Job attitude !

Positive attitude

Qui vous dit que vous êtes «caissière», alors que, hôtesse d’accueil, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «balayeur», alors que, technicien de surface, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «célibataire», alors que, homme ou femme disponible, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «chômeur», alors que, chercheur d’emploi, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «déclassé», «délocalisé», alors que, reclassé, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «squatteur», alors que, accédant à la propriété, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «en fin de vie», alors que, senior, tout vous est encore possible ?
Qui vous dit que vous êtes «mort», alors que, donneur d’organes, tout ne fait que commencer ?

Avec Positive attitude, voyez la vie en must !

Creative attitude

Vous êtes caissière, balayeur … votre vie n’a pas d’avenir

CRÉÉÉEEEZ VOTRE ENTREPRISE

Vous venez d’être licencié

CRÉÉÉEEEZ VOTRE ENTREPRISE

de-recherche-d’-emploi
Vous venez d’être divorcé

CRÉÉÉEEEZ VOTRE ENTREPRISE

de-recherche-de-partenaire

Vous venez d’être décédé
CRÉÉÉEEEZ VOTRE ENTREPRISE

de-recherche-en-responsabilité-de-mortalité

image-21.png

Votre enfant

fait ses premiers grammes
faites-en un obèse de génie !

Votre enfant

fait ses premières galipettes
faites-en un sportif de génie !

Votre enfant

fait ses premiers mots
faites-en un écrivain de génie !

Votre enfant

fait ses premiers pas
faites-en un explorateur de génie !

Votre enfant

fait ses premières chutes
faites-en un cascadeur de génie !

Votre enfant

fait ses premières gammes
faites-en un musicien de génie !

Votre enfant

fait ses premiers clics
faites-en un informaticien de génie !

Votre enfant

fait ses premiers mensonges
faites-en un politicien de génie !

Votre enfant

fait ses premiers jeux de déconstruction
faites-en un entrepreneur de génie !

Votre enfant

fait ses premières erreurs de calcul
faites-en un spéculateur de génie !
image-22.png

envies de fête fête des envies faites-vous envie faites vos envies désirs de fête fête des désirs faites vos délires cassez votre tirelire sans modération faites-vous plaisir parce que vous le valez bien parce que vous le voulez bien fête des plaisirs faites la fête fête des délires plaisirs de fête faites pas la tête mais faites la fête fête des envies envies de fête délires de fête fête des délires délits d’ennui des lie-de-vin défits de fête désirs de délires désirs de désirs délires de désirs désirs de fête défits d’envies défaites de tête des fêtes de fête défaites vos ennuis et tout ce qui vous nuit nuit de fête fête de nuit défit de nuit désir de nuit délire de nuit plaisir de nuit ne nuit pas nuit de délire cassez votre tirelire parce que vous le valez bien parce que vous le voulez bien décidez-vous soyez pas triste soyez pas lisse soyez Alice entrez en lice et en malice faites-vous délice faites vos délices faites vos délires déliez-vous délurez-vous délivrez-vous enivrez-vous envie de nuit envie de vie vie d’envies soyez envie l’envie ça vous ennuie la vie sans ennui ça se fête perd pas la fête mais perd la tête faites pas la tête mais faites la fête casse ta tirelire et tire la lyre nuit de dé-lyre délire de fête pas de casse-tête pas de prizdetête délire-toi et baisse la tête pour faire la fête fais pas la tête adonf la teuf teufteufteufteufteufteufteufteufteufte

mare des prizdetête ?
faites la fête
faites-vous plaisir avec
FUN prizdepèzemare des blabla ?
soyez sympa
faites-vous plaisir avec
FUN plusdebaisemare des prêchi-prêcha ?
mare des rabat-joie ?
soyez sympa
voyez la vie sans hic
profitez
du réchauffement climatiqueAvec POSITIVE ATTITUDE, voyez la vie en must !

mare des croque-morts ?
n’ayez pas tort
profitez
de votre mort

Avec POSITIVE ATTITUDE, voyez la vie en must !Avec CRÉATIVE ATTITUDE, voyez la vie en job !Avec POSITIVE ATTITUDE, voyez la vie en joke !Avec CRÉATIVE ATTITUDE, mustez-vous la vie !

Avec POSITIVE ATTITUDE, osons être créatif !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, osons oser !

Avec POSITIVE ATTITUDE, pour vous rien d’impossible !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, profitez de vos entreprises !

Avec POSITIVE ATTITUDE, entreprenez d’être entreprenant !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, ne vous gênez plus !
Avec POSITIVE ATTITUDE, osez plus !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, jamais deux sans plus !

Avec POSITIVE ATTITUDE, bougez-vous !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, vous bouillez !

Avec POSITIVE ATTITUDE, mouillez-vous !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, ne vous encroûtez plus !

Avec POSITIVE ATTITUDE, écoutez-vous plus !

Avec CRÉATIVE ATTITUDE, toujours plus !

Avec POSITIVE ATTITUDE, toujours plus !

15 mars 2007

[vidéo] exposition LO MOTH – Alors parmi cette armée baisera le nécrophorus

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — Hortense Gauthier @ 7:36

alors.jpgJusqu’au 3 mars 2007, à la galerie Chappe (4, rue André Barsacq à Paris – 18e), empressez-vous d’aller découvrir une partie du trés beau et étrange travail de Magali Daniaux et Cédric Pigot ou LO MOTH ou Timothy Schulz et Bruno Leary, artistes au-delà des genres et des disciplines, qui développent depuis 2002 le projet « Drohobycz », une fiction enigmatique et expérimentale, au sens où elle se veut être une véritable expèrience et expérimentation mentale, sensorielle, mystique. Cet univers narratif et poétique, entre « ExistenZ », Bilal, Tarkoski, ou Bruno Schulz, est un espace matériel et immatériel, ouvert et mouvant, qui se déploie à travers le dessin, le son, la sculpture, l’installation, la vidéo, le web (Lo Moth), la poésie (cf. texte-supplément dans la revue Talkie-Walkie) …
« Alors parmi cette armée baisera le nécrophorus », derrrière cette sentence bizarre, on découvre tout d’abord un oppressant « murmure » (nom de l’insatallation) : une pièce remplie de 300 monochromes noirs de 20 x 20 cm, sur chacun, des petites incisions régulières qui semblent établir un code, former une sorte d’écriture au sens caché. Qu’est-ce que ces incisions, dont la rythmique a été tirée aux dés par les auteurs, dessinent-elles sur cette surface murale en jeu d’échec ? Ont-elles une signification ésotérique, ou ne sont-elles que des interstices de lumière, perçant l’opacité noire, qui laisseraient à peine échapper un souffle ? Les interprétations peuvent être nombreuses, et ce travail radical et austère, qui pourrait sembler proche de l’art conceptuel, excite l’imagination, procure un intense ressenti, un inquiétant effet vibratoire se dégage de cet ensemble noir et produit même une sorte de malaise, sensations rares en art contemporain, qui considère trop souvent avec défiance ce qui touche à l’imaginaire et à l’émotionnel. En effet, il y a dans les pièces de Pigot et Daniaux une prégnance de la matière, et un jeu sur l’ambiguité et avec le spectateur, entre envoûtement et répulsion, immersion et étrangeté, ils nous poussent à des seuils-limites de la perception et de la compréhension rationnelle. Surtout lorsque l’on rentre dans la seconde pièce et qu’au milieu d’une odeur doucereuse et animale (parfum crée par les artistes), on trouve plantées dans un bloc cristal de sel des chaînes et deux poignets de cuir, bijou-sculpture pour une torture jouissive ? rocher de Sysiphe pour un érotisme du supplice ? là encore un magnétisme puissant empli l’atmosphère, habité par sept dessins de Cédric Pigot, indescriptible magma organique et machinique, et que je ne définirais pas plus, il faut aller les voir …

Mais au-delà de la force plastique de ces travaux, c’est la façon dont Pigot et Daniaux construisent et décontruisent cet espace fictionnel « Drohobyzc » qui est fascinant, comment ils réunissent, en archéologues du futur, indices et hypothèses de cette histoire utopique et cauchemardesque. Ils nous en présentent ici seulement des traces, des fragments, et nous invitent à participer en construisant aussi nous-mêmes ce que pourrait être une expérience …
Lire le texte de présentation de l’exposition, écrit par Philippe Boisnard

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14 mars 2007

[News] Lignes renaît de ses cendres.

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 18:05

baniere2_04.gifNous l’avions indiqué, fin 2006, Lignes était en crise suite à une forme de recomposition stratégique de Léo Scheer [on connaît le bonhomme], et voici la bonne nouvelle découverte, aujourd’hui sur le site La littérature : Lignes recommence sous la forme d’éditions autonomes, Lignes n’est pas segments, mais bien rhizome qu’il est dur à déraciner, à tuer !
La revue existe maintenant depuis 20 ans. La qualité des livres publiés de même n’est plus à démontrer, aussi bien littérairement qu’au niveau philosophique.

Toutefois, l’économie mise en place exige de chacun un petit effort, car si « Les démarches entreprises auprès des maisons existantes n’ont pas abouti » — et on comprend pourquoi au vue de l’autonomie éditoriale et politique revendiquée — elle se fonde 1/ sur une forme associative de soutien; 2/ sur la possibilité d’équilibre financier lié à ses productions.
Pour soutenir Lignes : on peut devenir membre de l’association [30 €] ou membre bienfaiteur [150 €] ou on peut s’abonner à la revue. Télécharger le bulletin [ici].
Nous souhaitons que cette aventure se poursuive, et nous n’hésiterons pas à en reparler sur Libr-critique.

[Livre] Asile de Saints de Friederike Mayröcker

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 7:40

mayrocker197.jpgFriedericke Mayröcker, Asile de Saints, éditions Atelier de l’agneau, 91 p., ISBN 13 : 978-2-930188-34-8, 15 €.
titre original : Heiligenanstalt, Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main, 1978, traduction Bernard Collignon.
4ème de couverture :
Chopin ses adorations haletantes, ses angoisses, la douloureuse clairvoyance de Schumann, la lucidité effarée de sa femme Clara – la roublardise de Brahms; les empêtrements douloureux, l’immense humilité du grand Bruckner, Schubert et sa pathétique légèreté, voilà ce que propose Friederike Mayröcker dans ce condensé palpitant, où les abrègements effarés de l’expression ménagent de tels espaces intérieurs, de si belles fulgurances émotionnelles, des fusions compassionnelles d’une si profonde justesse, que tous les mélomanes et autres obstinés romantiques y décèleront sans peine l’accès le plus direct aux intimités de leurs héros, révélés et saisis dans leurs éblouissements les plus sensuels, et leur quotidienneté la plus touchante.

Friederike Mayröcker, née en 1924, vit à Vienne. Les lecteurs tant en allemand qu’en français, du fait de l’intimité de l’oeuvre ont tissé un lien souvent passionné pour cette écriture dont Jean-René Lassalle avec l’atelier de l’agneau ont fait découvrir le premier livre en France : Métaux voisins.

Premières impressions :
Tout s’agence dans ce livre par touches épistolaires, par bribes, comme fragments de mélodies, jouées à plusieurs mains, de Chopin à Wojciehowski, de Brahms à Clara, de Schumann à Clara ou Brahms, fragments aussi de notes écrites de Schubert se donnant comme des climats… Écritures de fragments, faites d’inventions, de citations, de collages, de montages, comme si des croisements entres ces compositeurs, devait se composer une seule partition. Le travail de F. Mayröcker se situe dans une certaine forme de fragilité des mots, sans toutefois se départir de la violence du sens. Plus qu’un livre mettant en scène des écrivains, ce travail est celui d’une friction avec l’univers personnel donnant lieu à la musique, et ceci non pas selon une approche exégétique, mais selon le double sens d’Hermès, tout à la fois dans une herméneutique et une hermétique, faisant que toute phrases écrite, soit simultanément ouverture de sens et renfermement du sens. Alors que se joue-t-il dans dans ce texte, dans cet entrelacs ? « Superpositions de plusieurs vagues, plis sur plis », où ce sont des corps vivants, animés de passions et de doutes, de souffrances qui donnent naissance à la musique./PB/

13 mars 2007

[Chronique] Patrick Bouvet, Canons

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , — Fabrice Thumerel @ 6:57

Peu après Nouvel âge, sa dernière installation sur inventaire-invention, dont on a rendu compte le 18 décembre 2006 [ici], avec Canons, Patrick Bouvet livre un dispositif plus ample qui nous propose une dizaine de variations autour de trois figures féminines des plus actuelles que le texte entrecroise très habilement.

La première est une femme obscure et complexée, lectrice égarée qui subit le discours injonctif de la presse féminine. Le travail de cut-up et de boucle fait déboucher le mélange de psychologisme et de conseils pratiques – notamment en matière de relaxation – dont regorgent les magazines féminins sur des suggestions à caractère ouvertement sexuel :
« vous n’êtes pas
consciente
des possibilités
des signes
votre entourage va
succomber
à votre charme
vous allez prendre
tout le monde
debout
jambes écartées
en appui sur un meuble
ou une chaise
réceptive
aux expériences
réceptive
au monde
poussez
les genoux sur le côté » (p. 69).

Dans un décor sordide évoqué par une série de notations brèves, surgit une performeuse survoltée au beau milieu d’une faune marginale décrite de la même façon, à coups de phrases nominales. S’ensuit une performance trash. Cette fois, le texte progresse par contamination de diverses isotopies : du corps – malmené, charcuté ou grotesque -, de la violence, du capitalisme, de la psychanalyse et de la psychiatrie, de la prostitution, de l’exhibition et du voyeurisme, de l’érotisme, de la toxicomanie, de l’art, de la politique…

Enfin, on retrouve les techniques du cut-up et de la boucle pour esquisser le portrait d’une jeune actrice qui souhaite échapper à la superficialité de son image et préserver son intimité, mais dont le discours est miné par la facticité. Après le vous et le elle, la personne utilisée est la première. Loin d’être gratuit, ce jeu sur les pronoms permet un va-et-vient entre extériorité et intériorité, l’appréhension multifocale et polymodale d’un monde aliénant, déshumanisant : comment (sur)vivre dans un monde dominé par l’argent et la violence, y compris envers soi-même ? dans un espace et un temps saturés ? comment être dans un univers hypermédiatisé ? comment (sur)vivre au milieu des canons, y compris média-esthétiques ?

12 mars 2007

[livre] Pan Cake de Philippe Boisnard

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 8:19

pancake_demo-2.jpgPan Cake de Philippe Boisnard, éditions Hermaphrodites, 168 p., publié avec l’aide du CNL. ISBN : 978-2-9519565-7-5 Prix : 16 €
[site de l’auteur]
[le commander sur Rezolibre]
4ème de couverture :
Pancake
Déf. 1 : Gâteau anglais, très apprécié en Amérique du Nord et ressemblant à une crêpe épaisse ou à une galette.
Déf. 2 : Fiction poétique hypnotique qui mêle le fantastique et l’oralité en décrivant le vertige fascinant d’un homme avec un trou dans le ventre qui ne cesse de s’agrandir.
« Un trou, une fois qu’on a enlevé les contours, c’est ce qui ne peut plus être enlevé ». Livré à un monde cannibale qui n’a de cesse de le dévorer, le narrateur vit en mode macro ce déchirement prométhéen. Tour à tour, à travers son viol, son divorce, les tentatives avortées pour travailler, la décision de devenir le cannibale de lui-même puis de faire manger aux autres ce que son corps ne cesse de reconstituer, jusqu’à l’exportation planétaire de ses organes en plats cuisinés, se dessine l’irréductible enfermement d’un homme dans lui-même et la perte de tout rapport réel aux autres humains.
Pan cake est en ce sens très proche d’une chanson de geste, remaniée à la sauce technoïde, car il s’agit bien de suivre l’exploit d’une survie, d’un effort absolu contre une altération irrémédiable et absurde. Un songe paranoïaque qui mènera le lecteur jusqu’aux profondeurs insondables de l’existence dans un big bang crunch du plus bel effet.

Premières impressions :
Chloé Delaume [source Cloedelaume.net] :
« Dans la série si un manuscrit vaut le coup, la patience finit par payer, je demande Pan cake de Philippe Boisnard. La première version de ce texte, je l’ai eue dans les pattes en hiver 2001. J’ai tenté ci et là de le caser en vain, j’y tenais assez, ça me frustrais. Je trouvais ça injuste, aussi, de voir un tas de conneries qui se faisaient éditer et qu’on me dise toujours non, trop formel, trop bizarre, trop difficile, voire oui ok c’est bien mais on va en vendre cent on ne peut pas se le permettre. Les éditions Hermaphrodite viennent de sortir ce roman expé, ça me fait vraiment plaisir. Quand j’ai vu l’objet sur le stand, c’est con, mais je crois que j’étais émue. »
Critique de Romaric Sangars dans Chronic’art #33 mars 2007 :
« Après avoir sévi comme activiste poétique et performer du web, Philippe Boisnard livre un premier roman, Pan Cake, qui se révèle être une charmante mixture kafkaïenne excitée de délires formels. Un homme se fait violer par d’autres un 25 décembre sur une aire d’autoroute. Commence alors une longue descente aux enfers corrélative à l’élargissement incessant d’un trou qui perce son ventre. Fantastique, trash mais sans fausse provocation, Pan Cake met en scène un personnage aux prises avec son délitement intérieur, paranoïaque, se désadaptant au monde, foré par le vide, dans un style haché et accéléré dont l’urgence et l’oralité portent les expérimentations syntaxiques ou typographiques transversales. Un texte convaincant qui, parfois, fait songer à la performance d’un actionniste viennois. »

[Livre] Patrick Bouvet, Canons

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 6:31

bouvcan.jpgPatrick Bouvet, Canons, Editions de l’Olivier, 2007, 94 pages, 12 € ISBN : 978-2-87929-571-8
Quatrième de couverture
Une lectrice de magazines, une jeune starlette et une performeuse féministe : trois femmes aux prises avec les canons de la beauté. Comment s’y prendre pour exister ? Soumises ou rebelles, elles savent que l’apparence a toujours le dernier mot.

Patrick Bouvet aime les télescopages, il aime explorer les mythologies modernes, puiser dans notre fonds commun. Depuis les années 90, il a étendu à l’écriture son travail sur le sampling et le collage musical. En quatre livres (In situ, 1999; Shot, 2000; Direct, 2002; Chaos Boy, 2004), des textes poétiques, incisifs et subversifs, il s’est imposé comme l’un des « Ã©crivains-plasticiens » les plus marquants de sa génération.

11 mars 2007

[Livre] Pierre Jourde, Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:50

jourdezoulou.jpgPierre Jourde, Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu, Gallimard, 2007, 109 pages, 7 € ISBN : 978-2-07-078386-1
Quatrième de couverture
La Nubie est une vieille république d’Afrique, de tradition musulmane, mais convertie depuis longtemps à la laïcité. Une forte proportion de Nubiens est issue de l’immigration belge, venue des plaines misérables de Flandre ou de Wallonie. Or, la Nubie peine à intégrer cette population, notamment les jeunes. Les fortes traditions catholiques des Belges se heurtent à la laïcité. Dans les banlieues, on croise de plus en plus de grandes femmes blondes empaquetées dans des jupes plissées grises et des lodens bleu marine. Des bandes de jeunes Belges font régner l’insécurité dans les faubourgs des grandes villes, mettent les chansons d’Annie Cordy à plein volume sur leurs autoradios, attaquent les pompiers et la police. L’antisémitisme progresse dangereusement parmi eux. Heureusement, ce n’est pas en France que de telles choses pourraient se produire.

[Chronique] Edith Azam, en passant à côté de la folie

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:37

[lire la présentation générale du livre]
D’emblée le dire, et très certainement devoir le justifier : je ne fais pas partie de ceux qui sont enthousiastes face aux textes d’Édith Azam. Si j’apprécie beaucoup — comme je l’avais dit — les deux lectures que j’ai pu voir d’elle lors du festival de Lodève, au sens où elle incarne bien un caractère pathologique propre à ses textes, je ne vois rien qui dans ses textes soit réellement remarquable… Face à l’engouement qui la suit, je me prends à réfléchir et je crois devoir justifier mon jugement. Le texte Letika klinik, dont le titre est pourtant je trouve assez remarquable au niveau sonore, en reste à une forme très classique de prose versifiée, proche de l’oralité, travaillée par certaines boucles et décrivant un état psychiatrique qui est loin de nous plonger hors du sens, mais qui se rapproche davantage d’un lyrisme de la folie, jouant sur la fragilité du « je ». La question psycho-pathologique en poésie n’est pas rare, elle est même liée à une poésie de l’intime, de l’implosion ou de l’explosion du sujet, et trop souvent elle tourne autour de caractères assez adolescents, liés à la forme de détresse de ce moment fragile et momentané de la construction de soi.

Le hors-sens psycho-pathologique on le retrouve bien évidemment chez Henri Michaux, qui même s’il aborde aussi bien la folie que la drogue dans des formes linguistiques parfois peu idiolectales, cependant témoigne d’une inventivité cérébrale désarçonnante, qui conduit dans certaines contrées inquiétantes… Connaissance par les gouffres, où « la chute de l’homme est notre histoire » au sens où pour lui il faut se débrouiller « dans la foule en mouvement » qui fissure nos êtres, de sorte que « tout progrès, toute nouvelle observation, toute pensée, toute création, semble créer (avec une lumière) une zone d’ombre ».
Tout autrement, cette folie d’Artaud, tant copiée et glosée, n’est pas celle d’un sens s’accomplissant, mais tient toujours à cette impossible saisie de soi (« il manque une concordance entre la minute de mes états et mes mots »), le conduisant dans les cahiers de Rodez à explorer les voies aussi bien glossolaliques que du dessin. Artaud, de par la vérité qu’il cherche sur lui-même, (s’)expose tragiquement le texte en tant qu’il est sans cesse habité, hanté, par un hors-sens, conduisant jusqu’à l’échec de son écriture. C’est parce qu’il s’affronte à l’innommable, que son écriture, sa voix singulière, obtient cette acuité caractéristique sur son propre état. C’est parce que dans le texte l’imprésentable est à l’oeuvre que loin de tout lyrisme, nous ne faisons face qu’à la présentation crue d’un être en souffrance dans les mots.
Avec le texte d’Édith Azam, tout à la fois, nous faisons face à une langue simple, aux associations un peu convenues parfois, car Perrier c’est fou avec ces bulles et c’est bien évident que la folie c’est avoir un petit vélo dans la tête au point de pédaler à vide dans le crâne, et d’autre part à une description sans réelle amplification, pour être une oeuvre qui décloisonne le sens. Or, ou bien la folie s’immisce dans la textualité, devient ruminante, entraînant dans un par-delà des variations psychologiques classiques (comme c’est le cas dans les premières oeuvres de Pennequin, telle Dedans qui conduit à un étouffement) et la langue alors dévaste toute appréhension dans des circularités, dans des boucles qui obnubilent toute prétention à la saisie, ou bien la folie est représentée, narrée, imagée, et alors on a à faire à tentative de construction de la folie, qui dans bien des cas, recouvre la puissance des dérives psychopathologiques. Cette dernière approche conduit la plupart du temps à une forme de lyrisme, où le caractère pathologique est réduit à l’image. Édith Azam me paraît appartenir à la deuxième dimension : une représentation de soi, plus qu’une présentation, dont les motifs d’écriture, sont assez peu originaux, dès lors qu’il ne s’agit que d’un rapport obsessionnel à l’amour lié à un internement,
Et là… Et là sur ce vieux cahier d’écriture
Sur ce vieux cahier qu’est pour toi :
Je pleure.
Je ne sais pas quoi d’autre faire,
Faire quoi d’autre que : écrire…
Et comment faire alors,
Comment pour que ces trucs-là,
Ces trucs, ces hoquète-coeurs,
Comment faire pour qu’ils s’arrachent

Alors la question qui reste : pour quelles raisons un tel engouement ? Certainement, et ici il faut le souligner, du fait qu’Édith Azam soit une très bonne lectrice de ses textes, leur donnant l’épaisseur qu’ à la seule lecture il ne me semble pas avoir ?

[livre] Édith Azam, Létika klinik

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:25

azam196.jpgÉdith Azam, Létika Klinik, précédé d’une préface de Claude Chambard, éditions le Dernier Télégramme, 46 p., ISBN : 2-9524151-6-1, prix 10 €.
[site de l’éditeur]
[présentation de l’auteur sur Poézibao]

Extraits :
C’est un vieux cahier d’écriture
Je le reprends pour toi.
Souvent dans ma tête : ton prénom.
Il tourne en boucle,
C’est joli,
Et le perrier, ça fait des bulles

Il y a des écureuils dans le parc,
Des écureuils,
Le temps…
J’écris,
Je lis des poèmes et…

J’essaie de réfléchir au propre.
Je réfléchis : c’est déjà ça.

Alors ce vieux cahier d’écriture,
Ces choses que je veux près de toi.
Moi j’ai la marque sur le poignet,
Ça fait comme un léger sourire.

À table personne ne parle,
À table, on ne parle pas.
Les repas à table sont glauques,
Et puis… c’est plus profond que ça –
C’est la façon de machouiller huit minutes
La boulette de viande;
C’est la tête qui tremble et puis,
Le corps entier;
C’est celui qui bégaie,
C’est l’autre qui se moque;
C’est moi… qui n’ai plus faim.
Je repars lire alors –

Je t’aime –

Les médicaments, les médicaments…
Les médicaments j’ai peur de les prendre,
Les médicaments, ça me cailloute le ventre :
Et puis pareil quand je técris : me répéter 100 fois
Ça me cailloute encore :
Le Perrier sur la table
Clic-clac qu’elles font les bulles

Premières impressions :
[lire la chronique]

9 mars 2007

[Salon du livre de Tanger] 5ème jour, interview de Christian Prigent

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 11:43

image-17.pngInvité au Salon international du livre de Tanger, Christian Prigent a bien voulu répondre à quelques questions le matin même de son intervention. Notre entretien porte sur la question de la transmission des questions poétiques, et sur ce qui anime la poésie, pour finir sur la sortie en février 2007 de Demain je meurs aux éditions POL.

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[Vlog] en parallèle du Salon de Tanger, rencontre avec Emmanuel Ponsart, directeur du CIPM

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:46

image-18.pngAu Salon International du Livre du Tanger, il y a les invités, et tous ceux qui se déplacent pour suivre cet événement. Nous y avons rencontré ainsi Emmanuel Ponsart, qui depuis 1999 a participé plusieurs fois au salon. Notre interview revient sur les créations du CIPM par rapport à Tanger, notamment la collection Import/export, mais aussi sur le lien profond qui relie E. Ponsart au Maroc.

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6 mars 2007

[News] Talkie-Walkie sur France Culture au Mardi littéraire

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 19:40

couv4tw2.gifLa revue Talkie-Walkie, dirigée par Hortense Gauthier, était présentée rapidement aujourd’hui dans l’émission de France Culture. L’émission avait pour invités Christian Prigent pour Demain je meurs et Suzanne Doppelt pour le pré est vénéreux, à la fin de l’émission Xavier Person a présenté brièvement T-W.
[site Talkie-Walkie]

5 mars 2007

[Salon du livre de Tanger] 4ème jour, interview de Jean-Luc Nancy

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 19:38

image-13.pngInterview de Jean-Luc Nancy, nous mettons sur libr-critique.com seulement la première partie. Vous pouvez trouver sur vlog-trotter.org la seconde et la troisième partie. Cet entretien a duré une heure, et JL Nancy revient sur la question du langage, de la poésie, et de l’altérité de l’autre.
2nde partie : [voir +]
3ème partie : [voir +]

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3 mars 2007

[Salon du livre de Tanger] 3ème jour, interview d’Abdelwahab Meddeb

Filed under: entretiens,UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 11:21

image-10.pngSuite à la discussion entre Jean-Luc Nancy et Abdelwahab Meddeb, nous avons réalisé une interview de ce dernier. Nous donnons ici un extrait de 18 mn des 40 mn que cet entretien a duré. Celui-ci revient sur la question de la poésie comme ce qui s’ouvre infiniment au sens. Il revient sur son parcours d’écrivain, qui après avoir interrogé certaines marges de la poésie liée aux avant-gardes et à une certaine forme de carnavalesque, a poursuivi un travail d’écriture, qui s’il est moins formel, toutefois interroge toujours aussi profondément la question de l’infini du sens. Peu à peu dans cette interview se dessine une éthique de l’écoute liée au devenir de sa propre langue en tant que lieu d’ouverture de l’altérité. Nous le remercions encore du temps qu’il nous a consacré.

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[Salon du livre de Tanger] 3ème jour, lecture de Chorus par Abdelwahab Meddeb

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , — rédaction @ 11:09

image-10.pngAbdelwahab Meddeb, s’il est connu pour ses émissions sur France Culture, est d’abord et avant tout écrivain et essayiste. Nous mettons tout d’abord la lecture de Chorus, texte qui a inauguré son dialogue avec Jean-Luc Nancy. Suivra un extrait de l’entretien que nous avons fait avec lui. Bio-bibliographie rapide [pour en savoir plus].

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