En ce deuxième dimanche printanier, et à l’orée d’une semaine qui va nous conduire à notre Rencontre-débat sur les formes narratives actuelles via les entrées sur Mathieu Brosseau, La Confusion de Faust, Frédéric Valabrègue, Le Candidat et Richard Millet, L’Enfer du roman, passons en revue trois des nombreux livres reçus ces dernières semaines : Annie ERNAUX, L’Autre Fille ; Pierre JOURDE, C’est la culture qu’on assassine ; Daniel POZNER, La Danse. /FT/
27 mars 2011
[News] News du dimanche
26 mars 2011
[Manières de critiquer] Le roman contemporain : trajectoires et territoires. Rencontre sur les poétiques critiques d’aujourd’hui
LES RENCONTRES DE LA BIBLIOTHÈQUE MARGUERITE AUDOUX (10, rue Portefoin 75003) : SAMEDI 2 AVRIL 2011, DE 14H À 16H. LE RENOUVEAU ROMANESQUE. POÉTIQUES NARRATIVES CONTEMPORAINES : FORMES CRITIQUES. Une rencontre inédite proposée par LIBR-CRITIQUE, animée par Fabrice THUMEREL (en collaboration avec Mathieu BROSSEAU). Invités : Bernard DESPORTES, Pierre JOURDE, Mathieu LARNAUDIE et Christian PRIGENT. Débat agrémenté par la lecture d’extraits d’œuvres majeures.
Suite à l’annulation de ce même événement inédit le 30 octobre dernier pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous avons le plaisir de vous convier samedi prochain à cette rencontre-débat que nous avons eu le temps d’enrichir encore. Vu qu’elle s’inscrit dans notre work in progress sur les nouvelles cartographies romanesques, il ne s’agira nullement d’un énième débat sur "le roman", mais d’une interrogation sur les formes critiques que prennent aujourd’hui les poétiques romanesques.
6 mars 2011
[News] News du dimanche
En vue de notre événement LIBR-CRITIQUE (rencontre sur le renouveau romanesque, 2 avril à Paris), nous mettrons l’accent en ce mois de mars sur diverses poétiques narratives ("POL romanesque" ; Annie Ernaux, L’Autre Fille ; "L’antimoderne Richard Millet et la postlittérature"…). En outre, quelques Libr-événements : MANIFESTEN. NOUVELLES CARTOGRAPHIES POÉTIQUES à Limoges ; rencontre Alphabetville avec JP. Fourmentraux et Anne Laforet ; soirée Ce qui secret.
Rappel : pour toute correspondance et envois de contributions = libr.critik@yahoo.fr.
5 novembre 2010
[Chronique] Valère NOVARINA, Devant la parole
Valère NOVARINA, Devant la parole, P.O.L, réédition poche, été 2010 (édition première, 1999), 184 pages, 7 €, ISBN : 978-2-8180-0491-3.
"Le livre devrait reposer sur quatre pieds, comme une table ou un animal" (p. 72).
"Quatre est le chiffre auquel la parole a été liée : elle a été attachée à l’espace" (p. 105).
Avec comme enseigne-couverture l’un des 2587 personnages du Drame de la vie (dessins de 1983), Jean Vérifice – celui dont la vérité sort de l’orifice rouge par où s’effectue le sacrifice de soi dans le Verbe –, Devant la parole paraît en poche onze ans après sa publication originelle (P.O.L, 1999) : est ainsi mis à la disposition d’un public élargi le deuxième titre de Valère NOVARINA, après l’excellente édition de L’Acte inconnu par les soins de Michel Corvin (Gallimard, "Folio/Théâtre", 2009) – qui arborait en couverture un autre des 2587 dessins du Drame. Pourra donc plus facilement devenir objet d’étude ce tétralogaèdre ("Devant la parole", "Opérette réversible", "Le Débat avec l’espace" et "Demeure fragile") qui vient alimenter la matière en fusion du creuset novarinien, prendre sa place dans ce palais de glaces qu’est l’œuvre.
30 octobre 2010
[News] Fusées automnales…
On commencera, bien sûr, par prendre connaissance du dernier numéro de Fusées, qu’on ne manquera pas de lire. Mais cet automne nous réserve également d’autres fusées artistiques : la dernière pièce de Rodrigo GARCIA, C’est comme ça et me faites pas chier, au Festival d’automne à Paris ; le Festival des Indépendances africaines à Lille ; la 2e édition de Livres en têtes à Paris.
RAPPEL : La Rencontre LIBR-CRITIQUE sur le roman (Desportes, Jourde, Larnaudie, Prigent) qui devait avoir lieu cet après-midi à la Bibliothèque Marguerite Audoux (75003 Paris) a dû être reportée au printemps prochain (2 avril – à confirmer), la bibliothèque étant fermée après avoir été touchée par un incendie.
17 octobre 2010
[News] News du dimanche
Nous avons le regret de vous informer qu’en raison d’un incendie criminel ayant frappé la Bibliothèque Marguerite Audoux, la Rencontre du 30 octobre prochain organisée par LIBR-CRITIQUE autour de Bernard Desportes, Pierre Jourde, Mathieu Larnaudie et Christian Prigent, sera reportée au tout début du printemps. Merci à tous ceux qui nous ont manifesté leur sympathie et assuré de leur présence. C’est avec plaisir que nous vous retrouverons dans quelques mois.
Dans l’immédiat, l’actualité de la semaine : Wahiba KHIARI, Claude LOUIS-COMBET et Christian PRIGENT.
3 octobre 2010
[News] News du dimanche
En ce premier dimanche d’octobre, nous avons le plaisir de vous convier au premier événement LIBR-CRITIQUE de la saison, qui aura lieu le samedi 30 octobre à la Bibliothèque Marguerite AUDOUX de 14H à 16H : POÉTIQUES NARRATIVES CONTEMPORAINES – FORMES CRITIQUES (Desportes, Jourde, Larnaudie, Prigent). À l’occasion de cette rencontre inédite qui s’annonce comme exceptionnelle, nous espérons retrouver de nombreux Libr-lecteurs (vous pouvez laisser vos messages à la suite de cette entrée). Suivra la rubriques consacrée aux deux auteurs de la semaine (Nathalie QUINTANE et Patrick BOUVET).
1 octobre 2010
[Chronique] De la « rentrée littéraire »…
Une exposition suivie de la publication d’un livre, fruit de la collaboration entre le photographe Ulf ANDERSEN et l’écrivain-critique Pierre JOURDE, ainsi que les 20 posts de la revue TINA sur la "Rentrée 2010", sont l’occasion de revenir sur ce phénomène typiquement français qu’est le rituel de la "Rentrée littéraire".
â–º 40 ans de rentrée littéraire, photographies d’Ulf ANDERSEN et textes de Pierre JOURDE, éditions Anabet, parution prévue mi-octobre 2010, 192 pages, 29 €, ISBN : 978-2-35266-076-7. Exposition à la Galerie Basia Embiricos (14, rue des Jardins Saint-Paul 75004), du 26 octobre au 14 novembre 2010 (vernissage le 26 à partir de 18H).
â–º "La Rentré littéraire par TINA", éditions è®e, 20 posts.
21 août 2008
[Texte] Pierre Jourde, Le Maréchal absolu (1)
Le Maréchal absolu de Pierre Jourde, le premier chapitre en épisodes.
"Le dictateur d’un pays imaginaire est assiégé dans sa capitale, coupée du reste du pays plongé dans l’anarchie, par une armée rebelle. Dans ce morceau de territoire, complots et coups d’état continuent à proliférer. Le Maréchal confie ses soucis à son seul homme de confiance, un vieux domestique qui lui sert également de barbier. En réalité, cette situation n’est que le résultat d’un long cheminement que déroule le reste du récit, à savoir l’occultation progressive du véritable dictateur, et son remplacement par un système de doublures proliférantes" (PJ).
16 juin 2008
[Chronique] Le critique et son double (2), par Pierre Jourde
Voici la seconde partie de l’article, qui précède un entretien avec Pierre Jourde. [Voir la première partie, du 17/03/08]
17 avril 2008
[Livre + chronique] Pierre Jourde, La Cantatrice avariée
Pierre Jourde, La Cantatrice avariée. Roman avec accompagnement d’orchestre. L’Esprit des péninsules, 2008, 261 pages, 19,90 € ISBN : 978-2-35315-035-9
17 mars 2008
[Chronique] Le critique et son double (1), par Pierre Jourde
En avant-première, nous publions un chapitre entier du prochain essai de Pierre Jourde, intitulé La Forme et le Feu, qui paraîtra en fin d’année à L’Esprit des péninsules.
25 février 2008
[News] Renaissance éditoriale : Balland/L’Esprit des péninsules
Une bonne nouvelle, cette fois, dans la sphère éditoriale du pôle autonome : L’Esprit des péninsules renaît, dans de meilleures conditions selon Éric Naulleau joint par téléphone.
29 janvier 2008
[Livre + chronique] Pierre Jourde, Le Tibet sans peine
Pierre Jourde, Le Tibet sans peine, Gallimard, "Nrf", 2008, 119 pages, 11,90 € ISBN : 978-2-07-011976-9
4 juin 2007
[Chronique] Pierre Jourde, Portrait des mouches
Pierre Jourde, Portrait des mouches.Sur Les Songes drolatiques de Pantagruel, L’Archange Minotaure, 2007, 206 pages, 16,50 €
ISBN : 978-2-35463-000-3
À une époque où triomphent le politiquement correct ainsi que l’imagerie médiatique et informatique, Pierre Jourde a raison de souligner à quel point peut paraître exotique et fascinante l' »Ã©poque-monstre » que constituent la Renaissance et le Baroque, où, comme « il existait encore ce que l’on appelle corps et ce que l’on appelle peuple », on se repaissait autant de crotesques et de drolleries que « d’une érudition brute, énorme, indigeste », on « ne craignait pas d’être de mauvais goût », « la langue conservait ses bigarrures et ses aberrations », « le peuple et le corps n’étaient pas exclus du texte » (20-21).
Aussi faut-il saluer le projet de L’Archange Minotaure : donner à voir Les Songes drolatiques de Pantagruel dans la première édition, établie en 1565 par Richard Breton, et donner à lire en même temps les subtils commentaires de Pierre Jourde. Lequel refuse de réduire ces « 120 gravures étranges et monstrueuses » faussement attribuées à Rabelais, et dont l’auteur reste donc anonyme, à un décodage systématique selon les clés politiques et religieuses : « La politique et la religion ne sont pas absentes (…) des Songes drolatiques, mais il faut se forcer pour y voir des allégories transparentes, un système de signes bien déchiffrable. Leur présence tient plutôt de l’allusion, du jeu, de l’accessoire. La fantaisie, ici, excède de très loin les besoins d’une éventuelle satire, et c’est elle qui frappe et réjouit d’abord. Le plaisir vient de cette gratuité. Ces créatures ne paraissent pas obéir à un sens contraint. Elles sont issues d’un inépuisable réservoir des formes. Leur insignifiance fait leur force » (28-29). Et le critique de mettre d’emblée l’accent sur l’ambivalence de ces formes tératographiques : ayant pour emblème le couple antinomique Eros / Thanatos, elles célèbrent la puissance, la surabondance vitale, tout en faisant ressortir notre part de monstruosité.
D’où leur impact sur l’art de cette « époque-monstre » (Callot par exemple), mais également, ce que ne mentionne pas Pierre Jourde, sur l’art moderne. Il est dommage en effet que ne soient pas évoquées les vingt-cinq illustrations de ces Songes que réalise, entre 1971 et 1973, le peintre surréaliste qui déclare : « toute illumination en moi naît et se propage à travers les viscères » ; ces oeuvres fantasmagoriques proviennent de ce que Dali appelait « les images du pré-sommeil », « l’onirisme expérimental », « les images de l’irrationalité concrète » (on pourra comparer ici la gravure L et le « Phallus familier » de Dali).
Mais de quoi est-il question exactement dans ce Portrait des mouches ? De ces « bêtes microscopiques » associées à la pourriture dont la généalogie remonte à Pantagruel. Dans ces mouches qui, issues d’une double tradition, à la fois savante et populaire, font songer à Bosch et Breughel, Pierre Jourde voit une représentation symbolique de la parole originelle et parodique de la mélancolie. Notre fascination est celle de l’enfant pour toute collection, notre passion semblable au « rêve enfantin de la consistance ontologique » (46). Cette tentation d’être en-soi-pour-soi est liée au mode d’être de ces figures innommables qui ressortissent et au pâteux et au bidule, puisque oscillant « entre les pôles de l’insignifiant et de l’inouï » (47). En fait, les Songes nous plongent dans un enfer où « le bien est l’autre face du mal, le vide de la plénitude, la truculence de l’angoisse » (64). Ce lieu où s’opère la réversibilité des contraires est précisément celui de la monstruosité : lieu de tensions entre dedans et dehors, surface et profondeur, décoratif et représentatif, sens et non-sens, forme et informe, humanité et animalité, charnel et spirituel, matière indifférenciée et singularité ontologique. Rien d’étonnant à cela, dans la mesure où, comme l’a démontré Murielle Gagnebin dans Fascination de la laideur. L’en-deçà psychanalytique du laid (Champ Vallon, 1994) – que Pierre Jourde ne cite pas -, l’hybridité est l’essence même du monstre et du monstrueux.
S’il y a « cuisine carnavalesque » et présence des quatre éléments fondamentaux du corps grotesque (bouche, ventre, phallus et cul), nous sommes bel et bien dans le monstrueux car, loin de partager la générosité et l’ouverture de l’humanité rabelaisienne ou breughélienne, ces horribles créatures vivent en circuit clos, dans l’autoconsommation et l’autojouissance. Faut-il pour autant emboîter indirectement le pas à Bakhtine en constatant l’impossibilité du grotesque aujourd’hui du fait même de l’individualisme moderne, de la « collusion profonde », dans la littérature et l’art contemporains, entre « complaisance excrémentielle » et « obsession bureaucratique de l’ordre, de la propreté » (72) ? Certes, depuis l’épuration classique, la France a tourné le dos au carnavalesque et « un créateur chez qui le rire serait indissociable d’une recherche artistique est devenu presque incompréhensible » (p. 74). Mais n’y a-t-il absolument aucun équivalent littéraire actuel des Songes drolatiques de Pantagruel ? Outre le fait que la monstruosité est l’un des thèmes essentiels de Festins secrets, roman que Pierre Jourde lui-même a publié en 2005 aux regrettées éditions L’Esprit des péninsules, l’esthétique décrite comme souhaitable correspond étrangement à celle de Novarina, auquel le critique-écrivain a consacré plusieurs études (1) : « un art à la fois bouffon et inquiétant, tendre et violent, ironique et débridé, mélancolique et truculent, saugrenu et sérieux » (p. 71). Au reste, de Jarry à Novarina, en passant par Prigent ou Durif, le renouveau carnavalesque s’est dépouillé de la foi humaniste pour concentrer sa force régénératrice dans une langue qui dé-figure les formes et les conceptions établies. Enfin, comme j’ai eu l’occasion de l’analyser ici ou ailleurs, la dimension tératographique est présente dans quelques-unes des écritures les plus intéressantes d’aujourd’hui, qu’elles soient carnavalesques ou non : Prigent, Desportes, Boisnard…
(1) Cf. Pierre Jourde, La Littérature sans estomac, L’Esprit des péninsules, 2002, pp. 247-272 ; « La Pantalonnade de Novarina », Europe, n° 880-881, août-septembre 2002, pp. 15-25 ; La Voix de Valère Novarina (dir. ouvrage collectif), L’Harmattan, 2004.
20 avril 2007
[Livre] Pierre Jourde dir., Université : la grande illusion
Pierre Jourde dir., Université : la grande illusion, L’Esprit des péninsules, 2007, 268 pages, 21 € ISBN : 978-2-84636-107-1
Quatrième de couverture
Si les livres abondent sur l’école, ils sont rares sur l’Université, en dépit de la masse croissante des étudiants et de la gravité des problèmes. Le public ignore toute l’étendue de la ruine de l’enseignement supérieur. On refuse de voir à quel point la lassitude et l’écoeurement se sont généralisés parmi les universitaires. On méconnaît l’absurdité du déluge de réformes qui se déverse sans interruption sur l’Université depuis des décennies, le délabrement des locaux, l’absence de débouchés pour les étudiants, le clientélisme croissant qui, sur l’alibi de l’autonomie des établissements, transforme les recrutements en promotions locales. L’Université, en France, n’est plus qu’une façade.
Cet ouvrage réunit quelques vigoureuses réactions d’universitaires face à cette situation. Ils appartiennent à des établissements d’enseignement supérieur divers, et à différentes disciplines, de la littérature à la médecine et du droit aux mathématiques.Sommaire
Avant-propos, par Olivier Beaud et Pierre Jourde
Olivier Beaud, André Guyaux, Philippe Portier, Contre l’instrumentalisation de l’Université
André Guyaux, Eppur si muove
Antoine Compagnon, Pourquoi la France n’a pas d’Université
Pierre Jourde, La destruction organisée du savoir, de l’école à l’Université
Jean-Fabien Spitz, Les trois misères de l’universitaire ordinaire
Jean-Fabien Spitz, 2007 : n’oubliez pas l’Université
Claudia Moatti, Université : cote d’alarme
Grégoire Bigot, La grande pitié des universités françaises
Bernard Kalaora, L’Université malade : l’échec programmé d’une réforme
Claudio Galderisi, Le tiers d’amour ou la « préférence locale » du « darwinisme à l’italienne » au 46-3 à la française
Paolo Tortonese, Contre la professionnalisation des universités
Pierre Schapira, L’Université au coeur de la formation des enseignants
Yvon Houdas, Valeur littéraire des thèses de médecine
Olivier Jouanjan, Le carnet de notes de Sigismond Pnine
Premières impressions
Le chant du cygne que nous adresse L’Esprit des péninsules est conforme à cet esprit frondeur : dissonant ! Le dernier pavé dans la mare qu’il vient de lancer concerne l’Université : la vénérable institution est semblable à l’horrible squelette infirme qui crève la couverture, reproduction de (1894), de Joseph Sattler. Jusqu’au début du siècle, l’espoir dans un hypothétique salut incitait aux thérapies de choc (ARESER, Quelques diagnostics et remèdes urgents pour une Université en péril, Liber, « Raisons d’agir », 1997; Jean-Hervé Lorenzi et Jean-Jacques Payan, L’Université maltraitée. Pour sauver notre enseignement supérieur : universités, grandes écoles et recherche, Plon, 2003) ; aujourd’hui, il suffit de lire les titres des deux derniers livres publiés, Université, une misère française (2006), de Guy Burgel, et celui-ci, sous la direction de Pierre Jourde, dans lequel les intitulés de certaines contributions sont également très révélateurs, pour s’apercevoir que le ton a bien changé…
Même l’apostrophe aux candidats à l’élection présidentielle est désabusée : « Candidats, candidates, encore un effort ! Dites-nous sans barguigner et sans tabou comment vous concevez la formation des générations futures ? » (p. 150).
Si l’on peut regretter que la moitié de ce recueil soit composé d’articles déjà publiés, et parfois déjà anciens (de 1998 à 2006 exactement), la mise en perspective qu’il offre est néanmoins utile et intéressante. N’est en effet négligé aucun des problèmes cruciaux qui se posent avec acuité depuis une dizaine d’années : fonctionnement institutionnel, état matériel, savoirs, examens, statut et recrutement des enseignants-chercheurs, recherche, formation, « obsession de la professionnalisation », vie étudiante, remous politiques…
Avant que d’y revenir dans une chronique spécifique comme dans un article sur Jourde, on méditera sur ce paradoxe : « s’il y a crise, pourquoi les universitaires ne se mobilisent-ils pas ? » /FT/