Jacques Sivan, Derniertélégramme d’al jack, éditions Dernier Télégramme, col. Longs courriers, 13 p. ISBN : 978-2-917136-07-2, Prix : 5 €.
5 mars 2008
[Livre + chronique] Derniertélégramme d’al jack, de Jacques Sivan
15 septembre 2007
[Vidéo-lecture] JAVA is not dead – lecture de Jacques Sivan avec Cédric Pigot
Troisième vidéo de la soirée JAVA is not dead – JAVA’s music qui s’est déroulée le 10 juin 2007 au Point Ephémère à Paris.
Jacques Sivan et Cédric Pigot ont travaillé pour la première fois lors du performance vidéo et sonore (dans laquelle Philippe Boisnard avait fait la vidéo) qui a eu lieu à la galerie éof en mai 2006 dans le cadre de Leurres, et autre sournoiseries (event organisé par Talkie-Walkie, LO-MOTH et le Tube Opoétique). On peut entendre ici une poursuite de cette rencontre entre l’écriture moléculaire de Sivan et les nappes sonores de Pigot, dont l’intensité poétique et vibratoire a été tout à fait remarquable, l’air était traversé matériellement par les mots et le son, le texte de Sivan résonnait de façon étonnante et neuve, à la fois immergé dans des couches finement modulées du son, et se détachant granulairement tout en éclat et résonance. Il y a vraiment eu une alliance magique entre le travail poétique de Sivan et celui de Pigot, qui se sont poussés l’un et l’autre à explorer la matérialité du langage, qu’il soit sonore ou littéraire. Et il se dégageait une noirceur dans la poésie de Sivan, une noirceur lumineuse qui a toujours été présente chez lui, mais qui a émergé de façon plus prégnante grâce à la musique.
Pour la présentation de l’ensemble de la soirée, lire ici
17 février 2007
[Chronique] Vox-Hôtel
[lire la présentation générale]
Tout d’abord, il faut souligner l’extrême qualité de la réalisation tant éditorale que sonore. Ce qui justifie parfaitement le prix [25 €], qui, il est vrai, ne semble pas d’emblée très bon marché. L’ensemble est très professionnel, et les enregistrements en studio, permettent un rendu très appréciable au niveau de l’écoute.
Néant, nous donne ici tout à la fois à lire et à entendre les pièces sonores. Comme avec Heidsieck, qu’Al dante a permis pour une grande part de redécouvrir, la première exploration, tient bien à une mise en parallèle des deux supports. Si pour certains, l’écart entre les deux médiums est peu important, à savoir n’existe aucune distorsion entre ce qui est écrit et ce qui est entendu, reste que pour d’autres, tels Jean-Michel Espitallier, Jacques Sivan, Vannina Maestri, se pose bien la question du trans-port, voire selon mes termes propres de la trans-action médiumique entre la vue et le son. Leur travail, en effet, aussi bien au niveau de l’écriture que de la composition sonore, étant très exigeant formellement, ne se construit pas selon une simple transposition en lecture accompagnée de guitare comme pour C. Fiat, mais interroge aussi bien la matérialité textuelle en sa composition, que les architectures sonores possibles pour saisir ce qui a lieu au niveau de l’écriture. Et ici, il faut le souligner, avec Jacques Sivan et Jean-Michel Espitallier, non seulement, il y a une réelle découverte textuelle, qui se place dans la continuité de leur travail, mais en plus au niveau du son, il y a une élaboration complexe qui n’est pas seulement au service du texte, mais qui prend forme comme création autonome.
Une fois fait ce constat, il reste à découvrir l’univers poétique de chacun des intervenants. Chaque pièce constituée est assez longue, ce qui signife, qu’elle court pour certaines le risque de l’épuisement de l’auditeur. Et c’est là que le travail de certains des poètes trouve sa force, au sens où certaines de ces créations tiennent parfaitement les 20 minutes sans s’épuiser, entraînant l’écoute dans leur univers aussi bien linguistique que thématique. C’est ainsi que le travail de Jean-Michel Espitallier, qui il est vrai paraît formel au niveau de sa présentation graphique, se découvre comme un univers accidenté par les juxtapositions de couches aussi bien de voix, retravaillées, que de l’insertion de guitare. De même, la création de Jacques Sivan, qui désarçonne graphiquement plus d’un lecteur, trouve, un rythme très singulier, dans la composition, texte, jingle, plan et contre-plan de voix, qui donne une dynamique au texte, insoupçonnable à la lecture.
De même avec Nathalie Quintane, le travail sonore obtient — il me semble — une remarquable plasticité [aussi bien avec Un plateau vide qu’avec l’Entretien inédit avec Antonin Artaud ou Dire bonjour] qui jouant sur le ressort classique de l’insert sonore en contre-point, pourtant crée un univers ludique, qui tout à la fois séduit et met en jeu un va et vient critique enre le dit et le son. Selon une méthode radiophonique, l’organisation textuelle devient l’univers accidenté de brèches sonores qui incisent le sens de ce qui est dit par les ressorts symboliques des sons insérés.
Ces expériences montrent en ce sens certaines voies suivies au niveau de la création sonore. Soulignons aussi, la création de Stéphane Bérard qui fait exception dans l’ensemble, du fait que son texte ne soit pas présent dans le livret et que nous n’ayons que la version sonore de son texte. Sa chanson, parodique, sorte de chanson de geste, qui raconte un parcours en détournant les accents mélodiques d’une musicalité médiévale, se joue d’elle-même, en se sour-jouant dans l’ordre de la mise en voix de la banalité d’un trajet. Là aussi un travail très bien réalisé, qui amusera l’auditeur.
Donc, on l’aura compris, cet ensemble est à découvrir et se pose comme lieu où est interrogé le rapport entre dimension graphiquee et sonore. Le regret que l’on pourrait avoir cependant, c’est que s’il est très bien de retrouver ces poètes que nous apprécions beaucoup, cependant, il est dommage qu’un tel projet n’ait pas accueilli des créateurs qui travaillent spécifiquement en relation avec le son. En effet, s’il y a bien des créations originales, toutefois, au niveau de certains recherches, il y a ici une absence totale, par exemple dans celles qui travaillent dans la relation entre dimension électronique et texte. Alors que des poètes comme Emmanuel Rabu [pour ne parler que de lui] travaille textuellement depuis plus de 10 ans déjà en liaison avec la musique improvisée liée aux granulosités électroniques et selon une dimension minimaliste, il me semble que de telles réalisations devraient justement accueillir ces recherches au sens où si elles existent, elles sont encore trop peu médiatisées et défendues.
18 décembre 2006
[Videopoetry] Koundri /Boisnard + Sivan/ [9 mn]
Koundri [zone intensité] provient d’une idée de Jacques Sivan, proposée à Philippe Boisnard. Le but était de lier deux matières organiques : l’une orale, la voix de Sivan lisant le texte Koundri, l’autre visuelle : le travail vidéo de Boisnard. Lors de la création vidéo, est devenu évident de lier à la lecture de Jacques Sivan, une troisième couche organique : el son de Cédric Pigot. C’est ainsi qu’est née, une version live de Koundri [war intensité], où le son est un mix-live de Cédric Pigot travaillant avec la voix de Jacques Sivan, de même que Philippe Boisnard mélange la captation en temps réel de Sivan et la vidéo Koundri créée pour cette version.
La version ici présentée est celle qui l’a été à Montevideo en octobre, où Jacques Sivan était invité. Le son a été créé à partir de morceaux de Cédric Pigot et remixé par Philippe Boisnard. Elle dure 9 mn.
1 décembre 2006
[Texte] Jacques Sivan, 4 extraits de Smilijake
Quatre extraits de Similijake, travail que poursuit Jacques Sivan et qui pose la question de la narrativité tout à la fois d’un point de vue médiumique [variation des éléments convoqués pour constituer l’écriture] que du point de vue de ce que l’on nomme un schéma narratif, au sens de l’éclatement de la linéarité et de son ouverture en des couches d’écriture qui peuvent se juxtaposer, se croiser, se télescoper. [Pour bien voir les visuels, il faut cliquer dessus, ils apparaîtront distinctement à l’écran grâce à l’option lightbox]
28 octobre 2006
[chronique] Mar/cel Duchamp 2 temps 1 mouvement de Jacques Sivan
>> Introduction à une politique du ready made, à propos du Mar/cel Duchamp de Jacques Sivan.
Pour comprendre pour quelle raison, Michel Giroud a eu tout à fait raison d’éditer ce petit livre de Jacques Sivan sur Duchamp — même s’il n’échappe pas à certaines critiques —, et avant d’en venir à celui qui a signé le ready made dans l’histoire de l’art du XXème siècle, il est nécessaire de faire un détour, car tout est bien dit dans le titre de ce texte : deux temps un mouvement.
Jacques Sivan s’intéresse depuis longtemps à Duchamp, cela apparaissait déjà en fin de sa Machine manifeste , dans le dernier chapitre, appelé Duchamp premier poète plasticien ou l’identité optique de MAR/CEL [repris et approfondi en première partie de Mar/cel Duchamp]. Au-delà de la reprise de cette graphie dans son dernier livre aux presses du réel, ce qu’il est important de situer, c’est que ce rapport à Duchamp s’inscrit dans la question de l’optique que poursuit maintenant depuis 20 ans Jacques Sivan, et ceci en liaison avec une interrogation sur l’identité. C’est en ce sens que nous pouvons rappeler ici quelques uns de ses livres : Album photos (éditions Atelier de l’Agneau) ou bien Grio, village double (ed. Al Dante), ces deux textes articulant la question de la photographie avec celle de l’altérité/identité.
Dans Grio, village double, [et il n’est pas anodin de parler de ce texte, au sens où la partie centrale du livre publié aux Presses du réel, est une création qui renvoie et poursuit d’une certaine manière à Grio…] on suit la question du dédoublement de Jacques devenant JAKE à travers la question de la vision, de la vision comme prisme qui se réfléchit dans un tourbillon : « pui premièr AKSION / monde é JACQUES ki / prinsipunivèr / (…) / pui mintiintournoiman sur luimèm an / vizionkréater ». Jacques Sivan, et ceci il en témoignait déjà dans son texte paru chez JAVA sur Roche, travaille à la compréhension non pas de la saisie du réel [d’où sa différence affichée par rapport aux théories modernes défendues entre autres par Christian Prigent], mais au fait de savoir en quel sens l’univers en tant qu’identité absolue, n’est et ne peut être que selon la relativité des points de vue qui en accomplissent la présence à partir de la confrontation au langage, au point que d’absolu de l’univers et donc du réel, il n’y a pas autrement que dans le texte se dépliant, s’ouvrant comme l’infini différence du même qu’il est lui-même. Jacques n’est Jacques que parce qu’en effet il y a cette différenciation (JAKE) qui en formule tout à la fois la mêmeté et la différence : « sou forme du double / DOUBLE réplike ègzakte / pour pèrmètr a JAKGERMJACQ ».
Les questions de l’optique et de l’identité (donc du rapport de désignation aux/des choses) sont donc centrales dans l’approche de Jacques Sivan, et sont donc les médiations qu’il choisit pour comprendre Marcel Duchamp : 1/ dans son premier texte il s’interroge sur la formation des machines optiques chez Duchamp, et en quel sens elles impliquent une réflexion sur le rapport entre « l’identité imperceptible » (p.9) de ce que pourrait être par exemple les couleurs de La mariée… et leur désignation. 2/ dans son second texte, se focalisant davantage sur la création du ready-made, il en analyse spécifiquement la réalité et ceci en rapport avec l’écriture ready-made de Raymond Roussel, qu’il connaît bien, ayant permis la réédition chez Al dante des Nouvelles impressions d’Afrique.
Ainsi, l’angularité que choisit Sivan est celle de cette mise en tension du rapport entre d’un côté ce que l’on appelle communément le réel et de l’autre la réalité dans laquelle nous sommes phénoménalement immergée, et ceci en suivant une lecture de Duchamp. Il montre ainsi que pour Duchamp, le rapport entre ces deux dimensions n’est pas celui d’un rapport de rupture, autrement dit en terme plutôt lacanien, n’est pas celui du rapport d’une brisure du langage sur l’indicible du réel. Dans son premier texte, il explique parfaitement que pour Duchamp, si « la vraie couleur, elle, ne recouvre pas la surface. Elle est matière énergétique, donc éclairante, de l’élément qu’elle constitue et anime » (p.29), alors « il y a une certaine inopticité » (Duchamp) de celle-ci, amenant que le rapport pur à elle, se fait avec ce qui est la couleur pure pour nous : le mot « la couleur ». « Paradoxe suprême donc, la vraie couleur, la couleur de toutes les couleurs, la couleur naturelle est celle de la langue » (p.31).
Ce qui relie les deux, c’est l’infra mince, qui est le passage de l’un à l’autre, non pas suivant le régime déterminé de la rationalité [ce qui n’est qu’une des polarisations possible dans le possible co-existentiel des deux dimensions], mais en tant que pur lieu des possibilités relationnelles. « Le possible est infra mince » (Duchamp).
La seconde partie théorique approfondit et poursuit ce qui a été ouvert en première partie, en interrogeant la logique de constitution du ready-made et en réfléchissant ce que pourraient être des mots ready-madés. En montrant d’emblée la différence avec la définition de 1934 de Breton (« Objets manufacturés promus à la dignité d’objet d’art par le choix de l’artiste »), Sivan met en évidence de quelle manière le ready-made est une machine optique ontologiquement établie chez Duchamp; même si certaines polarisations sociales ou politiques [tels les identités signifiés des célibataires de La mariée…] viennent exemplifier certaines dimensions intentionnelles liées au monde déterminé. Le ready-made est, par l’inintérêt de l’objet [ou encore l’indifférence intentionnelle qu’implique l’objectalité]. « Le choix de ces ready-mades ne me fut jamais dicté par quelque délectation esthétique. Ce choix était fondé sur une réaction d’indifférence visuelle, assortie au même moment à une absence totale de bon ou de mauvais goût… en fait une anesthétise totale » (Duchamp). Inintérêt qui ouvre au jeu de miroitement indéfinie du langage avec lui-même. Ceci, Sivan l’établit dans la mise en rapport de Brisset, qui avec Roussel étaient les deux écrivains les plus admirés par Duchamp, au sens où ontologiquement les mots ne sont que l’indéfini différenciation du mot en lui-même et par lui-même.
Cette analyse peut nous permettre de comprendre — si on l’approfondit et en tire des implications pragmatiques — l’écart entre les ready-mades actuels ou qui ont succédé à à l’ouverture duchampiennel et l’idée du ready-made de Duchamp. Dans beaucoup de ready-made, ce qui a été oublié c’est la modalité « d’anesthésie » dont fait mention Duchamp, à savoir le choix d’un objet avec lequel nous sommes en relation d’indifférence. Les nombreux ready-made actuels que nous pouvons voir, sont établis selon des modalités et des intensités impactuelles définies et qui correspondent à des situations affectuelles aussi bien politiques, que sociales ou économiques [ils sont donc des exemplifications de déterminations existentielles et symboliques précises]. Alors que Duchamp, en choisissant un objet indifférent, ouvre à la possibilité de sa variation infinie par sa mise en situation, les ready-mades polarisés sur des objets à forte signification, referment le champ des possibles, et établissent des connectivités définies. C’est en ce sens que s’établit des ready-mades qui interrogent des jeux virtuels de sens [ready-mades polarisés], ce qui va déterminer très spécifiquement les choix d’objet; de l’autre le ready-made duchampien est seulement lieu de l’infra mince, de la possibilité de variation infinie des intentionnalités à l’oeuvre dans la rencontre du ready-made. La modalité actuelle des ready-mades est critique, et leur impactualités est réfléchie en tant que devant créer des court-circuits au niveau des relations établies entre les significations sociales, économiques, etc… La modalité ouverte par Duchamp n’est pas critique, mais productrice, constructrice de discours. Et ceci tient à l’ironie du jeu dans lequel il nous entraîne : le choix d’un objet propre au non-choix, ouvrant le langage en lui-même, celui-ci devant enduré le non-choix dans l’indétermination propre au mot qui désigne la chose. Si chez Duchamp, le choix est ouvert infiniment à la discussion entre les prétendants (celle des célibataires face au nu de la femme), au sens où il serait établi sur une esthétique de l’indécidable pour reprendre ici la réflexion de Marc Décimo (Le Duchamp facile, Presses du réel); la perspective de la polarisation est la mise en dispositif seulement d’un ensemble possible de discours, à commencer par celui qui est démonté, mis en critique. Dès lors on peut comprendre que dans la référence généralogique parfois revendiquée à Duchamp, il y aurait sans doute des écarts à définir, des ruptures, voire même je le pense certaines formes d’incompréhension du projet de Duchamp.
Ce qui fait la force de cet essai, tient au fait de l’angularité personnelle choisie par Jacques Sivan, et de là du rapport d’affinité qui anime sa recherche. C’est ce qui apparaît explicitement avec la partie qui sépare les deux analyses, qui est une création revenant sur la question de l’écart entre Jacques et JAKE, au sens où le travail mo(t)léculaire de Jacques Sivan est relié à ce qui a été ouvert par Duhamp ou Roussel : les mots ready-made. Mais cette angularité personnelle on la perçoit aussi par les choix théoriques, les références, et en cela une certaine forme de polarisation sur Duchamp qui n’enveloppe pas, d’autres formes de questionnés. En ce sens, c’est là sans doute sa limite, Jacques Sivan n’en vient pas à une réflexion par exemple politique, comme j’ai essayé de l’initier ici.
Restant au niveau de la seule ontologie du ready-made duchampien, il n’ouvre pas à la question précise de son implication dans le champ concret des institutions symboliques aussi bien artistiques, que politiques ou sociales, ce qui aurait pu être pertinent au regard par exemple de la réflexion ouverte en son temps par Jean-François Lyotard dans Les Transformateurs Duchamp.
[livre] Mar/cel Duchamp 2 temps 1 mouvement, de Jacques Sivan (éditions Les presses du réel)
>> Mar/cel Duchamp 2 temps 1 mouvement de Jacques Sivan, éditions Les presses du réel (collection L’écart absolu), ISBN: 2-84066-153-5, 125 p. 10 €.
4ème de couverture :
L’écart absolu poche publie une série de textes et documents historiques des avant-gardes, depuis la Révolution française jusqu’à Fluxus. Une collection pratique pour donner à lire (à voir les formes de pensée les plus radicales et cnstruire une petite bibliothèque idéale des individus marginalisés, censurés, mis à l’écart, interdits.
A l’opposé de ce qui se dit encore après Breton, le ready-made n’est pas un « objet manufacturé promu à la dignité d’objet d’art par le choix de l’artiste ». Le ready-made n’est même pas, et en dépit des apparences, un objet. Le ready-made nous dit Duchamp, est un « rendez-vous ». Il est le moment critique par lequel l’art (= « Ministère des coïncidences ») se révèle (problème d’optique c’est-à -dire processus de re-co(n)naissance) n’être, à un moment donné, que le réel qu’il est.
L’art (le réel) n’a pas d’identité parce qu’il est fait d’une multiplicité d’identités. A la fois un et multiple, toujours idiotement le même et toujours autre, il est cette mécanique à deux temps (Mar/cel), dont le basculement perpétuel entre l’un et le multiple, le même et son contraire, génère une rencontre (= une identité, un nom : Duchamp) problématiquement évidente, parce que forcément éphémère.
Cette mécanique identitaire est celle de la langue, même. C’est la raison pour laquelle Duchamp a transposé dans le domaine des arts plastiques les dispositifs mis au point par les grands « opérateurs » de la langue que sont Poe, Mallarmé, Roussel mais aussi Maupassant.
6 août 2006
28 juin 2006
Le bazar de l’Hôtel de ville, Jacques Sivan
Jacques Sivan Le bazar de l’hôtel de ville éditions aldante , isbn : 2-84761-131-2, 99 pages, 17 €.
Premières impressions :
Al dante en publiant ce texte de Jacques Sivan mis en page graphiquement par Bruno Mendoça, permet là de découvrir l’un des textes les plus politiques de l’auteur. En effet ce bazar n’est pas seulement une accumulation de biens manufacturés : barbecue, chaise électrique, tringle à rideau, etc, que l’on retrouve en bas de chaque page, mais c’est d’abord et avant tout un manifeste politique sur la question du rapport entre l’organisme et la société moderne : comment se détermine le plaisir ? Quelle résistance rencontre la vie dans son élan ? L’ensemble du texte se déploie comme s’il s’agissait dans l’enchevêtrement matériel, pictural, sonore du BHV de comprendre ce qui anime chaque intensité de vie. Derrière la graphie toujours aussi singulière de Jacques Sivan, se dévoile une nouvelle fois son obsession pour saisir comment la vie se détermine : par pourrissement, glissement, vitesses, excitation, pulsation, fracture, renouvellement.
.PB
[permalien]
[Sivan] [BHV] [Al dante] [Littérature contemporaine] [Libr-critique]
26 janvier 2006
[Création visuelle] Similijake, Jacques Sivan
extrait de Similijake, que Jacques Sivan nous a proposé à l’occasion du festival Généalogi-Z 2.0 qui s’est tenu les 10 & 14 décembre 2005.
Visuel :
voir +
3 janvier 2006
[revue] JAVA n°27-28
JAVA revue n°27-28
60 pages , ISSN : 2-909951-13-6, 18€
pour commander le numéro :JAVA 116 avenue Ledru-Rollin – 75011 Paris
4ème de couverture :
« JAVA’s not DEAD » Gilles Cabut
Premières impressions :
Il semblerait que cela soit le dernier numéro de JAVA, légendaire revue qui a traversé toutes les années 90, sous la direction d’un trio de choc : Jean-Michel Espitallier, Vannina Maestri et Jacques Sivan. Ayant accompagné les dernières annnées du XXème siècle, ils auront permis à de très nombreux auteurs d’apparaître, et de se démarquer de certains hééritages convenus de la modernité. Leur travail sans aucun doute restera comme l’un des plus importants au niveau des revues pour la poésie.
Dans ce dernier numéro : trois dossiers à ne pas manquer : Julien Blaine au superlatif; Joël Hubaut le bonhomme parodie et De la poésie suédoise contemporaine. Ces dossiers entourés tant de textes créatifs (Castellin, Courtoux, Manon, Helissen, Suel, Sivan, Pagès) que de textes théoriques (notamment Christophe Hanna).
Ce numéro s’achèvera sur une énigme, en quelque sorte une private-joke pour les initiés : un texte de Michalski, qui ressemble à s’y méprendre à un texte de Christophe Fiat. Quel est le mystérieux inconnu qui se cache derrière ce nom ? Est-il réel ? est-ce un simulacre ? est-ce une variation génétique de Christophe Fiat, un clône qui aurait mal tourné ? Une invention du professeur Tournesol (K$$Ddi E. Rabu), conçue comme arme poétique de destruction masive (APDM) ? Qui le saura, l’enquête continue, n’hésitez pas à nous contacter pour nous donner vos informations.



