Libr-critique

25 mars 2014

[Texte] Corinne Lovera Vitali, But for now you can exit

Ce n’est pas un hasard si une partie de la poésie contemporaine interroge les relations entre communication, idiolecte, plurilinguisme et galimatias. On appréciera cet agencement répétitif en français fautif qui ressortit à ce que l’on pourrait nommer le mailing-art – et on ne manquera pas de visiter le site de Corinne Lovera Vitali.

 

From: farawayslut

To: manathome

Sent: Monday, October 31, 2011 3:24 PM

Subject: Traduisez en quelques phrases concises ce que vous avez compris de la proposition épistolaire

Mon bureau est une personne, vous pouvez à mon avis là samedi et dimanche, avec un acte résolument dans la relation, qui peut être fixée. Vendredi parce qu’alors je ne dormirai pas bien, peut-être vous devrez commencer au même ami et ensuite été assis dans moi et le soleil ?

Ma chambre simple, vous pouvez pour moi le samedi et le dimanche, avec un tapis qui peut être fixe. Vendredi parce que je ne dors pas bien, alors peut-être vous pouvez arriver à cela et puis à mon ami sam et dim ?

Ma chambre est unipersonnelle, tu peux ce que moi concerne le samedi et le dimanche, avec un matelas que car alors je veux rattraper un manque de sommeil bien, peut-être tu peux donc d’abord qui l’ami et lors de moi et du soleil ivre ne peut pas être le soleil fixe ?

Ma chambre est unique, vous pouvez aussi je crains il samedi et dimanche, y compris un tapis, qui peuvent être fixés. Non pas parce que je veux dormir bien, vendredi que vous pourraient dans un premier temps si cet ami et ensuite à moi le samedi et le dimanche ?

Ma chambre est unipersonnelle, tu peux en ce qui me concerne le samedi et le dimanche, avec un lit que peut à titre définitif bien. Le vendredi car alors je veux rattraper un manque de sommeil bien, non-peut-être tu peux donc d’abord qui l’ami et lors de moi et du soleil ivre ?

Ma chambre simple, tu peux être pour moi le samedi et le dimanche, avec un tapis qui peut être fixé si. Le vendredi non pas parce que je veux bien dormir, alors peut-être que tu peux être à cet ami, puis à moi samedi et dimanche ?

 

From: slutathome

To: farawayslut

Sent: Monday, April 9, 2013 12:17 PM

Subject: Imaginez une brève réponse à l’épistolière

 

Pauvre de vous. Je vous conseille de ne jamais. Parce que j’ai de samouraï une ceinture et de ne pas sauter et ancré mon périnée se situe entre les cieux et la terre, me fait bondir sur ma proie et les pincements réatterrir qui touchent directement les yeux bandés. Le périnée samouraï, qui pourrait supprimer l’acclamation vice articles pour la nourriture à jeter les crabes.

Pauvre de vous. Je vous conseille de ne jamais. Parce que j’ai une ceinture de samouraï et de ne pas sauter et ancré mon périnée est entre le ciel et la terre, me fait bondir sur ma proie et presser reatterrir affectent directement les yeux bandés. Le samouraï du périnée qui était l’acclamation vice pour retirer les aliments de jeter les crabes.

Pauvre de vous. Je vous conseille de ne jamais. Parce que j’ai une ceinture de samouraï et de ne pas sauter et ancré mon périnée est entre le ciel et la terre, il me fait craquer sur ma proie et presser reatterrir affectent directement les yeux bandés. Le périnée samouraï était acclamation vice crabe pour enlever la nourriture de lancer.

Pauvre de vous. Je vous conseille de ne jamais. Parce que je suis la courroie de samouraï et de ne sauter est ancré mon périnée qui s’étend entre le ciel et la terre, me fait bondir sur ma proie et reatterrir douceur que directement connecté. Je samouraï périnée, son adjoint pourrait vous arracher à la racine de la nourriture à jeter les crabes.

Pauvre vous. Je vous conseille de ne jamais. Parce que j’ai la ceinture de samouraï et fait sauter et ancré mon périnée de tronçons entre ciel et terre, me fait bondir sur ma proie et réatterrir en douceur que la droite bandée. J’ai samouraï périnée, ce qui pourrait déchirer son vice vôtre à la racine pour la nourriture à jeter des crabes.

Pauvre femme de vous. Je vous recommande de ne pas jamais. Parce que j’ai du samouraï la ceinture qui le fait et s’est levé d’un bond et a jeté l’ancre, l’étendue mon périnée entre la terre et le ciel, me faire se lever d’un bond sur ma proie et reterrain sans conflit, plus que le droit, bandé. J’ai du samouraï le périnée, qui pourrait sans doute aucun de son étau d’établi déchirer le vôtre à la racine pour le lancer dans la nourriture aux crabes.

 

From: perineum

To: man

Sent: Monday, April 9, 2013 12:17 PM

Subject: Dites

 

My darling poupou not ti preoccupare, has fa per me at the mi bene, molto. La rabbia mia come tu tendini le braccia must be. Giurare per l’orecchio della goddess of true love must be too. Per bisogno del juice del mio dolore to spray out così sto vivendo spugna. I wait tuo ritorno by day and by night. And ti at the manco tanto a mi.

11 décembre 2013

[Texte] Romain le GéoGrave, – la pièce – [Libr-@ction – 14]

À déclamer partout… cet extraordinaire agencement répétitif  – libre & critique… En cet avant-fête de dindes, faites vôtre cette Libr-@ction… [Lire Libr-@ction 13]

 

dans une pièce sans fenêtre

des mecs enfermés attendent des pièces

ce n’est pas une pièce sans fenêtre c’est la rue

mais le décor dans leur tête c’est sans fenêtre

parce que de toutes façons ils ne peuvent pas tirer le rideau pas de décor pas de jeu pas de pièce de théâtre

le théâtre n’est pas jeu n’est pas virtuel ou alors ils sont bons acteurs ces mecs leurs yeux ne sont plus des fenêtres

des yeux qui ne regardent pas par la fenêtre

des yeux fermés comme leur poing sur la petite pièce mais

fermé le poing n’accueille pas la petite pièce ils se renferment alors un peu les poings au fond des poches

vides parce que trouées le

vide remplit alors ils attendent les yeux dans le

vide qu’une bonne mère de famille passe mais aujourd’hui il n’y aura pas l’enchantement de la maman qui aime tout le monde

il n’y aura que désabusé et compagnie tristes sires la cravate au vent qui passent rapidement presque

ils marchent presque

ils sont presque

tout est presque

ils foulent le macadam mais le macadam bouge le macadam remue mais le macadam n’est pas macadam c’est un macchabée non une sorte de fusion entre l’être et le bitume

pas encore il faut pour que le macadam devienne macchabée la douce alchimie politique de l’hiver

pas l’hiver le temps le froid la bise la météo les feuilles l’humide non l’hiver des cabinets feutrés des chauds bureaux

il fait bon être dans ces cabinets les costumés pensent à leur panse mais un peu aussi à celle des mecs qui sont dehors qui se macadamisent

ceux qui n’ont plus de fenêtre dans leur tête pour s’évader et pour eux il n’y a guère que la fenêtre ouverte sur la pils

et donc ces braves gens heureux se soulèvent de leur siège pour se resservir un café avant de négocier avant de parlementer

parce que parlementaire ça parlemente avant de faire un bras de fer parce qu’il y a des enjeux et que les enjeux ça n’attend pas

et là les petites pièces elles tombent plus vite que les feuilles en automne et là il faut absolument que le fric sorte des poches

et là les poings ne sont pas fermés les mains s’ouvrent

et là les petites pièces sont plutôt grosses

et là les mains se referment plus vite que les fenêtres qui claquent dans la tête des mecs

et là plus question de récupérer son fric de taper un coup de grole dans la sébile

et là finalement le poing refermé demande encore du fric parce qu’il ne fait pas assez chaud dans ce bureau

parce que même s’il fait froid dehors et bah les mecs dehors ils s’en tapent qu’il fasse encore plus chaud dans les bureaux

parce que de toutes façons ces mecs laissent les fenêtres ouvertes alors pourquoi se plaindre parce qu’en plus ces mecs ils sont les machinistes les preneurs de son et les cadreurs de cette pièce audiovisuelle qu’ils ne savent même pas qu’ils jouent

parce qu’en fait on les baise ces mecs et ces mecs se faire baiser ça leur est finalement bien égal tout dépend de qui les baise et pour quel service après tout

parce que les poches vides les poings fermés les fenêtres qui claquent les vitres qui volent en éclat tout ça c’est de la littérature et on sait bien que la littérature ne nourrit pas ces mecs

 

ASSEZ ! je vais gueuler sinon ! je vais me mettre entre parenthèses (plantons-le ce putain de décor ! alors voilà ! c’est simple on prend des parvenus des vulgaires des irrespectueux des avides de pouvoir des poufiasses en blond des camés au pouvoir des abrutis du social ! on mélange mes amis on mélange ! et on concasse et on filtre ! et malheureusement il n’y a que de la bouillie d’anus qui en sort ! de la merde ! bref l’enchantement poétique c’est pas pour demain ! et on négochie on négochie on chie des convenchions ! à la pelle à merde qu’on en sort ! et tout ça se déroule dans une pièce pleine de fenêtres ! alors là pour le coup des fenêtres ! on voit on se voit on s’entrevoit on se revoit on fait plus que s’apercevoir ! on revient vers et on repart dans ! des poings aussi ! sur la gueule que les mecs pourraient les voir mais c’est sur la table qu’ils reposent ! en paix ! en paix bien fermés sur la petite pièce ici la pièce c’est du chèque en barre c’est pas du sang provision ! ici dans cette pièce à fenêtre les provisions avec le chèque on peut en faire pendant dix ans ! mais ce fric c’est pas du tout pour ça ! pour aider les qui ! les macadamisés les vieux les pauvres les pauvres vieux ! avec leur gueule de faux Christ abusés ! là maintenant juste maintenant il faut cesser les mots ! tous les mots ! les mots qui se disent dans les bureaux ! et ceux qui ne se disent surtout pas sur le macadam ! les mots ne sont plus nécessaires ! maintenant ! juste maintenant ! ils doivent disparaître progressivement ! les mots ! plus de mots pour dire ! de mots pour dire de mots pour dire ! les mots sont pourris ! les mots sont hâves ! les mots sont mal rasés ! les mots puent des pieds ! les mots sentent le picrate de derrière les fagots ! les mots princes de la mendicité ! les mots sont gelés ! les mots survivent sous les couvertures ! les mots c’est la queue à la soupe populaire ! les mots sont assuétude ! les mots tox ! les mots sans-papiers ! les mots mange-merde ! les mots parlent polak ! les mots sont des bougnoules et des niaks ! les mots squattent la langue ! les mots ont des projets ! les mots ironisent les situations ! les mots ne demandent plus rien ! les mots veulent tout ! les mots sont tout ce que ne sont pas ces mecs ! les mots les font disparaître dans des définitions des classements des recensements ! les mots sont enfumés ! les mots sont quotidiens ! les mots emmerdent tout le monde ! mot à mot les mots n’ont plus de sens alors voilà)

 

et maintenant que je sors de la gare et que je piétine sur le macad’homme, je me rends compte que je me fonds moi-même dans le bitume. je ne m’en fais pas, il fait froid mais je suis couvert. je ne crains rien à ce moment. j’observe, comme à mon habitude, les conditions de vie des mecs. je pourrais faire partie de ce groupe de mecs, puisque les mots peuvent le dire, alors je peux le faire. tu peux le faire, espèce d’esclave. au moment où je suis prêt de m’effondrer, une main me rattrape. cette même main a un bras et au bout du bras un mec. le mec me tient par la main. c’est bien la main d’un mec, d’un mec qui s’est macadamisé, d’un mec solide tout de même je sens sa poigne ferme presque douloureuse dans mon avant-bras. le mec a une voix, la voix me dit de me barrer de là, que je n’ai rien à foutre ici. pour une fois, je le prends au mot. si c’est un mec qui le dit, il faut le croire, il y a des moments où les mots vous sortent de la merde, vous ramènent chez vous. je sors de mes songes et je repars vers la gare. il y a belle lurette que je ne me rends plus compte de l’espace qui me sépare du macadam. cette fois encore je suis tiré d’affaire. par un mec. l’un d’eux.

23 novembre 2013

[Texte] Edith Msika, tous ces trains tous ces rails [Libr-@ction – 13]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:30

En lisant cette curieuse contribution d’Edith Msika, attention à ne pas dérailler… [Lire Libr-@ction 12]

 

tous ces trains tous ces rails

 

se remettre dans le temps, lorsque la vue de ce temps ridiculise absolument, définitivement, qui on a été dans ce qu‘on a été : n’est pas qui dans le nihil, est qui dans un ce que, dans le temps de ce que, dans ce ce que qui traverse ordinairement les qui

 

***

 

Les rails se dissolvent dans leurs trajectoires mêlées. Les rails font éprouver le fading de la trajectoire ; pour que les trains puissent circuler, les rails doivent s’évanouir dans d’autres rails. Le parallélisme des rails s’évapore parfois, mourant comme l’ombre d’un dessin, dans d’autres.

              Dans un taxi. Dans le métro. Devant des rails. Devant des trains à nouveau.

De la neige sur les rails. Plein soleil. Lentement un train entre en gare. Bercement des trains, freins crissant. L’absence de nécessité irradie le moment.

Des trains se croisent. Bruits métalliques. Un pont de chemin de fer. Et, depuis des quais de trains, de métro, un regard se pose sur les rails. La vue sur les rails accentue l’illusion de la cohérence.

Le train de Picardie, une nuit. Le train de Picardie fonce dans la nuit, il n’y a que le train de Picardie à rouler aussi vite. Le train de Picardie semble toujours pressé de rentrer chez lui.

De petites locomotives rouges circulent, jamais perdues, à vitesse constante, sur les rails refaits.

Mer de rails, mer de bruits, inlassablement de bruits attrapés, de bruits composés, mer au loin vue, mer de bruits chuintant avec voix affaiblies par la distance.

Ce qui s’écrit à côté des fruits jaunes n’ébruite rien du train qui passe, des coups de marteaux répétés sur des objets métalliques, des coups métalliques sur des objets minéraux, du béton, du ciment.

Les trains se croisent sur les traverses du temps.

 

***

le temps suspendu enclôt le temps revenu, le temps lorsqu’il a cessé d’être suspendu : le temps quand il revient du suspens, parce qu’il revient, qu’il a été suspendu, dans le souffle d’un ouragan net, d’une catastrophe, de quelque chose qui suspend aux portes du temps – le temps suspendu est le temps qu’il revienne, le temps qu’il revienne, on ne sait pas combien ça dure -,

le temps est revenu, après des jours des mois des années de suspens, la certitude arrive, le temps revenu comme il revient à lui après une absence, est le temps après une absence, le temps que prend le temps après sa propre absence, le temps ne disparaît pas mais s’absente, on ne le sait que parce qu’il revient, on ne sait pas quand, mais un jour il y a : le temps revenu,

le temps revenu apporte avec lui sa propre couleur, sa propre temporalité : le temps revient, mais autrement, il ne revient pas le même, ne revient pas au même,

le temps revenu serait le temps du possible, après le temps suspendu,

le temps revient de son suspens

 

 

 

 

 

22 octobre 2013

[Texte] Marc Perrin, Ernesto 22 octobre 2013

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:30

Spinoza in China ? fragments Spinoza ? Ernesto…

 

ERNESTO 22 OCTOBRE 2013

 

il y a quelques mois tu m’as demandé ce que je pensais de tout ça aujourd’hui je vais de te répondre il y a

 

quoi derrière ces fenêtres et quelles informations transmises ou reçues par ces paraboles sont des

 

questions qui me passent par la tête quand je marche dans le quartier au pied des immeubles faut pas

 

filmer ici ne filmez pas là ça va encore mais derrière la barre d’immeuble c’est le quartier qui commence

 

vous faites quoi ici ne me filmez pas ne me filmez pas je me demandais si opriéla accepterait d’être

 

filmée cependant je crains de n’avoir pas l’occasion de lui poser la question car depuis quelques semaines

 

je ne la vois plus sur le parking devant le supermarché de la rue félix thomas opriéla n’est pas la bienvenue

 

sur le parking devant le supermarché de la rue félix thomas je pense aux larmes d’opriéla quand elle m’a

 

raconté comment le type qui manage le supermarché de la rue félix thomas l’a jeté viré humilié je me

 

demande où ce type habite est-ce qu’il habite dans une des ces maisons devant lesquels je passe en

 

marchant depuis le quartier de la bottière à nantes jusqu’à la rue alexandre gosselin je me demande où

 

habite ce type qui a jeté les affaires d’opriéla sur le trottoir sur la chaussée c’était il y a un mois je sais

 

qu’opriéla habite dans une caravane quelque part à carquefou je me dis qu’opriéla et le type qui manage le

 

supermarché de la rue félix thomas partageaient le même lieu de travail opriéla aurait bien voulu mais le

 

type qui manage le supermarché de la rue félix thomas lui ne veut pas opriéla pleure en me racontant

 

elle dit égoïste et raciste en pleurant c’est les deux mots qu’elle emploie pour parler du type qui manage le

 

supermarché de la rue félix thomas c’est quoi le travail de ce type et toi c’est quoi ton travail et où est-ce

 

que tu habites et quelle distance entre le lieu où tu dors et le lieu où tu travailles et d’ailleurs as-tu un lieu

 

pour dormir as-tu un lieu pour travailler où est-ce que tu travailles où est-ce que tu dors avec qui tu dors avec qui tu travailles est-ce que tu habites ici et tu es là pour combien de temps moi je vis entre nantes et

 

stuttgart en ce moment je peux travailler n’importe où là où je suis je peux travailler opriéla s’assoit où

 

elle veut et demande de l’argent aux gens qui passent elle s’assoit où elle veut si on la laisse faire opriéla

 

s’assoit pas où elle veut si elle croise l’existence du type qui manage le supermarché de la rue félix thomas

 

ou d’un représentant de l’état qui applique la loi si tu as l’argent et que tu veux le garder c’est super tu as 2

 

bonnes bases pour développer mauvaise conscience et honte et si honte et mauvaise conscience te lattent

 

un peu trop violemment tu peux réagir et foutre en l’air les affaires d’opriéla et ensuite aller te défouler en

 

humiliant tes employés c’est possible tu les payes tu peux aussi réagir en expulsant les femmes et les

 

hommes adultes ou enfants en situation irrégulière c’est légal et mais si la loi est injuste la justice passe

 

avant la loi voilà chère essa quelques unes des pensées aujourd’hui tandis que je marche entre le quartier

 

de la bottière à nantes et la rue alexandre gosselin où nous allons vivre avec angela à partir du printemps

 

prochain voilà chère essa quelques unes des pensées aujourd’hui tandis que je marche entre la rue

 

alexandre gosselin à nantes et la rue félix thomas et entre la rue félix thomas et le château solitude à

 

stuttgart et entre le château solitude et les caravanes à carquefou et entre les caravanes à carquefou et la

 

roumanie je t’écris aujourd’hui depuis nantes oui c’est en france et toi là où tu es comment vont les choses

 

amicalement → ernesto

11 octobre 2013

[Texte – 8 et fin] Claude Favre, A.R.N._ Agencement Répétitif Névralgique_ voyou [Dossier : Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois]

Voici la fin de ce long poème inédit : avec Claude Favre, cueillez "les phrases dans leur remuement balancé"… [Lire la 7e livraison]

 

Elle dit c’est un nom d’absence au monde, heurtée, comme syncope et prodromes de quoi, tu vivras vite elle dit plus commentaires in petto, tombe peinte, comment je pourrai écrire son nom, pour la reconnaître et son nom étranger comment, pour mémoire, l’oubliée, hélice force motrice c’est-à-dire la vie pousse succombe, implosive, preuve de l’inexistence de dieux, réveils longs en sursauts, boucans, douleurs, ne me, que, la Syrie, où, dit-elle, en est-on

 

Elle dit le réel n’a pas de régimes régiments de vérité, c’est comme la grammaire ça échappe, toujours, à l’œuvre la faim, elle dit d’autres mots ce sont toujours d’autres mots, pour qui ne pleure pas

 

Sombre plainte de sa bouche/Je veux, elle dit, respirer, tout beau tout simple pas rien, tendre l’oreille ma parole, je veux elle dit, cueillir les phrases dans leur remuement balancé, écouter à l’envers l’expérience bisque rage apaisée, oui, dire la vie, la mort c’est encore trop pour moi je veux, elle dit répète la mort c’est encore trop pour moi, je veux je serai mon cheval devenir un cavalier

 

 

 

Ni d’ici ni d’ailleurs, elle dit la grammaire ça vous sauve la peau, d’arrache, fouette les sangs, c’est de l’air dans les poumons, descente dans les veines, quand la tête se dissocie du corps, les nuances elle dit foutues grinces, vieux guingois, intempestif galop de langues, on ne revient de certaines nuits, avant c’est aussi après l’entrée dans certaines nuits, effiler des tissus les réduire en charpies toujours c’est un verbe d’aujourd’hui, advenir elle dit, veux commencer c’est un verbe rêvant, l’évocation des morts vieille lune, parce que, revenir reviens, commencer est un verbe pour les cendres jetées du haut de la falaise, pour se jeter à l’eau

 

Comme on fait le difficile, dire, tout de même dire été trop un petit peu voyou

 

 

5 octobre 2013

[Création – série] Dreamdrum 11, Thomas Déjeammes / Claude favre

Avant même que de mettre en ligne la dernière partie du long poème inédit "A.R.N. _ Agencement Répétitif Névralgique_ voyou", parallèlement au Dossier Claude Favre, donc, voici la seconde collaboration entre l’auteure et Thomas Déjeammes [lire la première], qui a lancé le projet Dreamdrum en mars dernier. Sa photo grattée est accompagnée ici d’un texte à fleur de mots qui nous dit quelque chose d’essentiel : "trop près du corps mal à parler"… /FT/

 

vieille affaire & toujours des mots ne sont pas notre

langue n’est s’ils font bricoles flottent affaires de peu

qu’importe le panache pourvu qu’on soit gagnant

dents & or & nous contents on s’en remet à eux ad

libitum qui tournent dans les bouches tristes

anxieux tout de même de peu être si peu à querelle

on sent parfois qu’il y aurait à dire à n’être que trop

près du corps mal à parler & cette langue finissante

qui n’en jamais à toujours vieille affaire

de mots plaqués à nos peurs cousues de lettres pas

assez mortes mots jusqu’au sang creusés collés raidis

aux parois pharynx palais gorge larynx fortunes

& passages obligés pour quoi lèvres tuméfiées

mots poisseux aux entournures de quelle folie

nôtre se déguiser ainsi couler couture s’arracher la

pour qu’elle aille bon vent langue adieu qui n’est

pas notre langue de quoi adieu baveuses bouches

couvées des mots toujours de toi à moi même

m’aime pareil ça amer & parfois ça démange à

lacérer toutes coutures au vent de l’air entre les

mots de l’air la langue n’existe pas plus n’existe que

peau à la fin peau qu’à jeter en dépit du bon sens

arracher peau des mots jusqu’au sang pour

mots entournures de mal phrases & emboucher

vives langues grenues comme légères & souples de

très jeunes filles qui pressent le pas & riant

27 septembre 2013

[Texte – 7] Claude Favre, A.R.N._ Agencement Répétitif Névralgique_ voyou [Dossier : Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois]

Voici l’avant-dernière livraison de ce long et fascinant agencement répétitif de Claude Favre, premier volet en huit extraits d’un dossier important. [Lire le 6e extrait]

 

Boîte à magie c’est merveilles, après tel trou noir tombe tombe ce serait soleil, noir, mais ruade, reins, d’insolence, paroles guingois, pas vraiment muette et avec des tas de moyens, bazar chambard et toutim tintouin, chaos, tantinet sauvage elle dit, et un rien veilles, un brin nanotechnologie, foutue boite à magie, théâtre de, mésécritures crincrin, le chemin sans retour, à dead lines, je trace elle dit me récite moteur c’est peut-être pas une question de temps, Ah ! je ne suis pas métaphysique, moi

 

Précipité départ, narrations suspensions, tête à rien corps bas l’inverse, elle dit je retiens mise à mort ma parole, me demande se quitter, verbe réflexif est-ce, donner le repos à, le voudrai simplement, me donner ma mort c’est à moi, ça plan précis violemment, je, voudrais dire, retour case ne suis, pas, que, traversée crans craintes que, par folie que, des autres, elle dit j’insiste, les mots ici et maintenant sont d’origine obscure, déceptive, brutale

 

 

 

Elle dit, la faim c’est aussi quand d’autres et se gavent et se plaignent, l’homme tout passe par la bouche, couleuvres, alouettes et mistigris, mors contre dents, piaffe et bave, à renâcles, la mort c’est quand les mots sont morts dans la bouche, quand les mots braqués étouffent à, étreignent et cognent dans le ventre, elle dit alors il est question de crispes, crampes, nœuds

 

Elle dit un mois et demi disparu de mon calendrier, bonjour février et bonne année, fouillis des parenthèses, quel chaos boîte pandore, crans à questions, jours Bosch qu’Arcimboldo, on devrait être plus que toujours seul à certains moments, elle dit je dis, dire est un verbe qui bouge, elle dit ma tête tombe peinte au sang, elle dit certains jours certaines nuits dire est un verbe macabre, elle dit certains réveils sourds à, chercher, à, en mourir, sont traversés comme des révolutions, indicibles, elle dit, indicibles

 

Elle dit dormir n’est pas toujours de tout repos, chaos, boîte à crans, dommagée par rupture, celle que fait la vie cassant, sens dessus dessous, mais vous dire ce que j’y ai entendu, elle dit, voudrais-je pourrais-je, ou l’inverse, outre tempête fracas noir de bruits boucan, il y aurait aussi à dire le silence, quel pourrait être le mot pour dire le silence, compte tenu des nœuds, la sortie de la nuit

17 septembre 2013

[Texte – 6] Claude Favre, A.R.N._ agencement répétitif névralgique_ voyou [Dossier : Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois]

Voici la sixième livraison sur huit de ce long agencement répétitif névralgique. [Lire la cinquième]

 

D’entre souvenir et sourire la trivialité est refusée, de l’énervement mots exhumés excavés, traque, la beauté, un mot se lance, ou se retient, un mot c’est matière et sang qui frappent mémoire, répétition contre incertitude, elle dit, doute, doute par défi, parle défie, revenir sur les lieux du crime parler c’est dire, elle dit se souvenir larcins

 

 

 

 

 

 

 

Elle dit un corps c’est un verbe qui parle travers ça au mieux gazouille merdouille, usé d’indignation râle, des fois ça rigole des fois disparaît des fois entre les mots qu’on dit, pas de quartier, un corps sera exécuté, des fois long générique, un corps horde des fois, espèce sauvage, qui résiste même la mort, un deux trois trou, un corps quand il a faim, n’a des mots que silence, ça fait du bruit un corps pour vivre a des verbes, elle voudrait dire, des pratiques de déterrement

 

Revers de paroles, c’est toujours elle dit un corps qui flanche, n’imagine pas assez la mort, un corps soumis à la pression cogne parois, craque, c’est ça qui, sans la parole il ne peut, il ne, jusque, ni juste, là aller, jusque là, elle dit les nazis obligèrent à dire des morts, hommes, qu’ils n’étaient eux, rien, marionettes poupées rien, aussi parler quand nous sommes pour, nous qui ne, pour eux, comment parler, mais, pour eux

 

Comment, pies tombes, un corps quand il dit, je ne, se souviens de, rien des mots laminés ça dégâts, nous, d’imagines, on jette sciures cendres, bois jetés, clous, on dit c’est le présent, dit-on le présent, pas dit entre la mort moi la traque, la beauté trou c’est pas dit pas dit elle dit, un corps c’est le vôtre, on a quelques problèmes mémoire, de contusions en confusions, mort encore trop pas assez celle des autres, ça on l’oublie, on dit désolé mot démotivé rien d’une désolation j’ai des soucis, pour dire je ne suis pas là, pas agir c’est difficile, les mots font-ils ce qu’ils disent toujours je n’en, suis revenue, que, parce que, fermés les yeux la mort joue juste

 

 

 

 

Elle dit pas rien la boîte crincrin, du fin fond kaléidoscope, science participative, déploiement quand maintenant n’est plus qu’après, somme toute vie commune, pas qu’un peu crâne d’où l’on vient, c’est qu’après, on a des mots bouches et oh la la des bouches abattoirs, on a des mots silences on n’a, n’imagine pas ce qu’un corps oublie, mélange, paralyse, il y a à, apprendre, vivre est un verbe d’écart, on n’imagine ce qu’un corps mémoire, c’est un peu curieux parfois, à déjà et plus jamais, et puis on sait plus, j’étais un corps, qu’est-ce qu’il, vous disiez

 

28 août 2013

[Texte – 5] Claude Favre, A.R.N._ Agencement Répétitif Névralgique_ Voyou [Dossier Claude favre ou la poésie comme langues de guingois]

Avant de poursuivre ce Dossier avec une biobibliographie et deux analyses critiques, nous reprenons la publication de ce long poème inédit dont les agencements chaotiques d’affects vous empoignent. [Lire la 4e livraison]

(more…)

21 juillet 2013

[Revues] Libr-revues de poésie : trois nouvelles venues

Profitez de cette vacance pour découvrir trois nouvelles revues de poésie : K.O.S.H.K.O.N.O.N.G (Jean Daive) ; AKA (Stéphane Korvin) ; Larevue* (Mathieu Nuss).

(more…)

18 juillet 2013

[Création – série] Dreamdrum 9, Thomas Déjeammes /Laura Vazquez, Un coup qui donne la mort

Pour cette dernière livraison de Dreamdrum avant la pause estivale, trouvez l’erreur… Mystérieux texte de Laura Vazquez convoqué par le MISTAKE de Thomas Déjeammes… [Lire Dreamdrum 8]

(more…)

16 juillet 2013

[Création] Didier Calléja, Je dors [Libr-@ction – 4]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 18:08

 

En ce jour où commence la Prise de la Belleville (Libr-@ction – 3), on lira/écoutera (et quelle mise en voix !) ce texte fort de Didier calléja qui, après Georges Perec et à sa manière, nous invite à méditer sur le pouvoir subversif du sommeil : contre la catastrophe de la vie, je dors… et si c’était le meilleur moyen d’être acteur dans ce monde de productivité/efficacité/rentabilité ?

(more…)

11 juillet 2013

[Texte – 4] Claude Favre, A.R.N._ Agencement Répétitif Névralgique_ Voyou [Dossier : Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois]

La parution en juin de Vrac conversations (Editions de l’Attente), Métiers de bouche, ijkl (Ink), sans oublier ses contributions à la revue Aka et à divers sites, marque le lancement du grand dossier consacré à celle qui est tombée en langues de guingois – vlang ! Jusqu’à l’automne prochain, seront publiés une notice biobliographique, des analyses sur l’œuvre et, par fragments, un long inédit dont le titre commence par A.R.N. (Agencement Répétitif Névralgique) pour offrir un clin d’œil à l’auteur de cette appellation (Fabrice Thumerel). [Lire la troisième livraison]

(more…)

6 juillet 2013

[Création – série] Dreamdrum 8, Thomas Déjeammes/Frédérique Soumagne

Pour entrer en résonance avec la huitième photo grattée de Thomas Déjeammes, la fascinante ritournelle de Frédérique Soumagne… [Lire/voir Dreamdrum 7]

(more…)

28 juin 2013

[Texte – 3] Claude Favre, A.R.N._ Agencement Répétitif Névralgique_ Voyou [Dossier : Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois]

La parution en juin de Vrac conversations (Editions de l’Attente), Métiers de bouche, ijkl (Ink), sans oublier ses contributions à la revue Aka et à divers sites, marque le lancement du grand dossier consacré à celle qui est tombée en langues de guingois – vlang ! Jusqu’à l’automne prochain, seront publiés une notice biobliographique, des analyses sur l’œuvre et, par fragments, un long inédit dont le titre commence par A.R.N. (Agencement Répétitif Névralgique) pour offrir un clin d’œil à l’auteur de cette appellation (Fabrice Thumerel). [Lire la deuxième livraison]

(more…)

25 juin 2013

[Texte – série] Daniel Bourrion, Cantiques de la bienséance #15 & 16

Par l’auteur du Cantique de la paranoïa, les cantiques de la bienséance 15 & 16 : avec son ironique agencement répétitif, cette série s’avère tout aussi décapante. [Lire la précédente livraison]

(more…)

« Newer PostsOlder Posts »

Powered by WordPress