Suite à l’article sur le n°6 de la revue le Quartanier, et à la note sur le travail de Arno Calleja, les réactions furent rapides, énervées, pleines d’injures pour certaines, et de mécompréhension pour d’autres, je vais donc essayer d’éclaircir le propos tenu dans cette chronique. Ce petit article devait être une simple réponse aux commentaires de Antoine Hummel et Ludovic Bablon, mais se faisant au fur et à mesure de son écriture plus longue et plus précise, j’ai pensé qu’il pourrait être publié ici.
Si je peux reconnaître ma critique rapide, et peu argumentée, à propos de Calleja, elle n’est pourtant ni un dédaigneux revers de la main, ni un a priori, ni le signe d’une lecture rapide de cet auteur, elle est plutôt la manifestation d’un certain agacement et même d’une certaine colère face à son travail, que je connais bien le suivant déjà depuis trois ans environ (à travers des textes sur le net, revues, livres, lectures…). Elle se voulait aussi un petit coup de pied alors qu’il est de bon ton de dire les choses entre soi, plutôt que d’affirmer clairement des partis pris, afin d’ouvrir le dialogue, et pourquoi pas la polémique, à propos de ses textes et des questions qu’ils soulèvent, les réactions d’ailleurs n’ont pas tardé. ( y compris de l’intéressé qui m’a écrit une très belle lettre à laquelle j’ai répondu, lettre qui engage un dialogue justement et qui n’est pas simple invective et insulte, contrairement à d’autres mails et commentaires reçus).
Tout d’abord, dans ma chronique du Quartanier n°6, je n’ai jamais parlé ni utilisé les critères de « nouveauté » et de « modernité », qui d’ailleurs n’est pas simplement un vieux concept, mais un concept classique qu’il ne faut cesser d’interroger, et qui n’en finit pas d’être interrogé lui-même par les travaux littéraires en train de s’écrire …
(NB : par ailleurs, oui, quand j’ai découvert Tarkos, je me suis dit que je n’avais jamais entendu ni lu un truc pareil, oui c’était nouveau, et je pense que le travail de Tarkos est vraiment inédit, « jamais dit », je ne trouve rien qui lui ressemble, et cet inédit est tellement fort dans son cas, que le critère de nouveauté peut être un critère, même s’il n’est pas le seul, de qualité.)
Cependant, je ne juge pas Calleja à l’aune de ces concepts, mais je ne peux pas non plus le lire détaché de toute relation dans le champ littéraire, de toute histoire, de toute généalogie, et il se trouve qu’avant lui il y a eu Tarkos, et Pennequin (qui est toujours là lui) __ la proximité avec ces auteurs est flagrante, je ne vois même pas comment cela pourrait être autrement, ne pas le reconnaître serait de la malhonnêteté et de la mauvaise foi. Par contre, je reconnais n’avoir fait qu’affirmer ce fait sans l’argumenter, ce que je vais donc faire :
En effet, Calleja n’est pas un « plagiaire », le terme ne convient pas (je ne l’ai d’ailleurs pas employé), mais la proximité entre Pennequin et Tarkos et lui me semble indéniable, donc de quelle proximité s’agit-il ?
Des travaux qui sont proches de ceux de Pennequin et Tarkos, il y en a beaucoup, poursuivre les pistes, les interrogations, les formes qu’ont lancées ces deux auteurs, pourquoi pas, il peut y avoir des choses intéressantes …
Mais dans le cas de Calleja, une chose me gêne profondément : c’est une proximité qui veut se masquer elle-même, qui ne reconnaît pas la généalogie dans laquelle elle se situe, je ne trouve pas cela correct (aucune morale là -dedans, même si je ne trouve pas d’autre mot), vis-à -vis de Tarkos, qui est mort, et qui ne peut plus rien dire. Je pense que c’est un auteur majeur, dont la reconnaissance n’est pas encore assez solide et établie, il est donc encore facile de le recouvrir par d’autres travaux qui sont dans la reprise et la continuation de son travail. Déjà des gens rencontrés m’ont dit « ah alala que c’est bien Calleja » et ils n’avaient pas lu Tarkos, je trouve ça intolérable, comme si on enterrait une deuxième fois Tarkos, peut-être mon côté historienne que d’être comme ça préoccupée par la mémoire, mais je pense que c’est important …
2ème chose : la proximité d’entretient Calleja avec Tarkos et Pennequin est une proximité qui me semble en deçà des possibilités qu’ont ouvertes Tarkos et Pennequin dans la langue.
Car Calleja est dans la reprise d’une forme, (et oui on peut parler d’une forme, comme on parle de forme en peinture, en cinéma, en musique, etc…toute création est faites d’idée(s), de matière(s) et de forme(s)), d’une mécanique, d’un rythme, d’une construction qui est parfois plus celle de Tarkos, parfois plus celle de Pennequin __ forme qu’il n’arrive pas à renouveler, et dans laquelle, toute la singularité de son écriture, toutes les pistes et idées personnelles qu’il ouvre (car oui il y a des choses intéressantes dans ses textes) ne peuvent véritablement se déployer tellement elles sont prises dans et recouvertes par cette forme. Ainsi tout ce qui pourrait se jouer vraiment dans son texte est déjoué par cette forme, à mon sens.
En effet, les formes, les mécaniques, les logiques respectives de Pennequin et Tarkos sont tellement singulières, tellement définies, dessinées, abouties, qu’il est à mon sens très difficile de les reprendre ; mais elles sont en apparence tellement simples, élémentaires (tout en étant aussi complexes quant aux éléments qu’elles mettent en jeu et dans la manière de les agencer) qu’il peut sembler très facile de se les réapproprier.
La question qui se pose alors est : le travail de Pennequin et Tarkos peut-il trouver des successeurs qui parviennent à le reprendre tout en le renouvelant ? peuvent-ils laisser des enfants qui ne soient pas de mauvais ersatz ? je ne pense pas, mais j’attends que l’on me prouve le contraire, que ce soit de façon théorique ou pratique.
Ainsi, Calleja me semble échouer dans la reprise des langues de ces deux auteurs auxquels il reprend de nombreux éléments et caractéristiques, et n’être que dans une duplication qui rate, en plus, ce qui est en jeu dans le travail de Tarkos, c’est-à -dire cet étirement, cet étalement de la langue, d’où ce mot de facial, sans profondeur, simplement en surface, poésie de l’horizontalité, dont les seules profondeurs ou perspectives sont des jeux de géométrie produits par les agencements particuliers qu’il fait de la grammaire et du sens. Chez Calleja il y a, dans la petite mécanique de syllogismes finement huilés mais trés rhétorique, les profondeurs d’un sujet qui tourne autour de son propre abîme, et qui réintroduit de la verticalité, d’où la mise en échec de la grammaire de son écriture, qui paraît alors d’autant plus comme un emprunt.
Là où la rumination schizophrénique de Pennequin ouvre sur une multiplicité de voix et d’énoncés du monde qui le traverse de toute part, là où sa langue macératrice et ravageuse est un forage qui détruit, déjoue l’ego, Calleja rate ce forage de lui-même (contrairement à ce qu’il écrit – texte « poésie crisique » dans la revue Los flamencos no comen p.48) en maintenant un sujet unifié, enfermé dans une rumination de lui-même, qui ne fait que répandre et déverser sa psychologie dans un fleuve, un ruisseau, un égout, ou dans ce qu’il appelle « une psychidité », de psyché et liquidité (cf. texte dans le pdf Reprise 4 des Cahiers de Benjy).
« je suis en train de me singulariser, je ne parle jamais de moi au pluriel, parce que je n’en suis pas encore là , j’en suis encore au singulier, à chaque fois qu’on dit je c’est toujours singulier, pour plusieurs je, on ne met pas de s à je non plus, bien qu’il s’agisse du pluriel » (Hargne)
« j’me sauve par moi. au trou de moi. le trou c’est moi. c’est moi qui sent pas bon. je sens moi. que j’ai une fuite. ma salive coule à l’égout. à l’ego d’moi-même. j’me sauve au ruisseau. par l’ruisseau d’ego. je coule le moi. dans la salive. pour qu’il se sauve. » (texte sur Inventaire/Invention, Cheval)
Calleja se cogne frontalement au monde, il se pense lui-même face au monde et aux choses, là où Pennequin n’est qu’une éponge traversée de part en part, là où Tarkos est immergé, dissolu dans les éléments du monde et dans le langage.
Là où la poésie de Tarkos est une poésie des choses du monde, une poésie d’objets, bâton, caisse, bidon, merde, terre, oiseau, air, argent, etc … la poésie de Calleja parle seulement de lui, et ce n’est pas parce qu’il prend la voix d’une femme dans plusieurs de ses textes (dans la revue le Qr, ou dans son texte sur remue.net « Légen ») que ce n’est pas toujours lui, ou un sujet … d’ailleurs il le dit « Je suis moi-même mon autre c’est totalement identifié. » Alors que l’on ne me refasse pas le coup de la différence entre l’auteur et le narrateur, on n’est plus à l’école.
Cet affrontement face au monde se traduit par une position peu originale et assez basique dans son expression__ à savoir une critique de la dévastation sociale par le Capital (cf. le texte de la revue Qr, le texte sur remue.net)__ et donc par des figures binaires récurrentes : « légen riches et légen pauvres », la parole libre et la « parole d’esclave », les maîtres et les opprimés (cf. texte sur remue .net) ,
Et cette position a son pendant dans l’écriture : Calleja ne rentre pas dans l’écriture, dans la langue, mais ne cesse de tourner autour, de la poursuivre. Contrairement à ce qu’il dit à la fin d’un texte Hargne : « je suis dans la langue », si il y était peut-être n’aurait-il pas besoin de le dire ? mais accordons-lui le fait qu’il y soit s’il le dit, je dirais alors qu’il n’est non pas dans la langue, mais dans les mots, pris dans les mots, empêtré dedans, à tel point qu’il ne parvient pas à toucher l’écriture. Il poursuit les conditions de possibilités du surgissement de l’écriture (la pauvreté, la maladie, la crise, la vitesse, la lutte contre l’aliénation, ect…), il parle de l’écriture, il est dans un vouloir de l’écriture avec ses « je veux », « il faut » mais il n’est pas dans l’écriture, comme le sont Tarkos ou Pennequin :
cf. texte Cheval, « je veux être dans la vitesse » « je veux que personne n’arrête ma vitesse. je veux pas qu’elle s’arrête la vitesse. on arrête pas la vitesse. tout est vitesse. rien ne s’arrête. dedans rien ne s’arrête. »,
« il y a encore du travail à faire, il faut être, il faut être dans la philosophie, être dans la parole, le soir on continue une parole qui n’est pas la même parole que la parole du jour au travail, le travail est la parole qui ne travaille pas, le travail se fait la journée, la journée c’est esclave que je suis la journée, et le soir je dois trouver une autre parole, une parole qui n’est plus une parole d’esclave, mais qui est une parole du soir, du libre soir de soi, »
On peut se rendre compte de cela dans une lecture de Calleja à Montévidéo en 2006, il parle de la respiration, du souffle, il parle de cela, mais sans y être. Alors que dans une lecture de Tarkos sur le site des éditions Cactus, (cliquer sur CD, expressif le petit bidon, puis sur « le bonhomme de merde »), on entend Tarkos respirer de façon forte et régulière, il respire, il respire, puis il dit « je gonfle », et continue de respirer, respirer …
C’est là toute la différence entre Tarkos et Calleja, le premier n’a pas besoin de dire, de parler de, il est dans le souffle, dans la respiration, alors que le second ne fait que tourner autour en en parlant …
Il faut aussi aller regarder une lecture de Tarkos au CEP à Lyon (surtout la lecture 2, en bas de page) __ et là , on voit bien que Calleja reprend complètement la façon de lire, de dire, entre l’improvisation et l’explication, de Tarkos, tout en reprenant des questions de Pennequin comme par exemple, l’idée selon laquelle c’est pas moi qui parle, c’est la parole qui parle toute seule, c’est la parole qui parle en moi , quand il dit : « je souffle avec des mots dedans » « c’est pas moi qui est mis des mots dans le souffle », « les mots viennent dedans, s’inscrutent », « c’est eux qui ont quelque chose à dire, moi rien ».
On retrouve aussi cette reprise de l’idée de Pennequin notamment (car on pourrait faire encore de très nombreuses comparaisons, entre Pennequin et Calleja, ce ne sont pas exemples qui manquent) dans un texte publié sur le blog Les Cahiers de Benjy, dans le pdf Reprise 1 : « i paraît que j’ai rien à dire. me dit la parole. i paraît que t’as rien à dire. me dit la parole. i paraît que t’as rien à faire. me dit l’être. je dis à la parole que je criture l’être. elle me dit ah bon. je dis à l’être que je me laisse parler. »
« Criture est une nouvelle langue dans le français. Criture s’écoule quand ça lui vient, car criture n’est assujetie a rien. Criture parle pour criture, et pour personne d’autre. Criture n’est assujetie, criture n’est aliénée qu’à elle-même. Criture est à la langue ce que bougnoule est au français. »
Avec son concept assez flou et vague de « criture », qui fait surtout penser à la trace scribouillarde d’un malade de l’écriture, on peut aussi se demander si Calleja n’essaye pas d’inventer un concept opératoire de son travail, comme Tarkos a pu le faire avec « pâte-mot », qui était une idée bien plus complexe et intéressante me semble-t-il.
Car pâte-mot n’était justement pas pour Tarkos une langue différente de la langue commune, il travaillait avec cette pâte-mot commune, à tous, avec cette langue banale que nous partageons, et il y avait là une dimension politique intéressante. La poésie de Tarkos ne s’extrait pas de la langue commune, elle est faite de celle-ci, donc il maintient ce commun, pour en souligner les fonctionnements, les absurdités mais aussi pour nous indiquer tout ce qu’il est possible de faire avec, pour le réanimer autrement, de façon vivante, pour lui donner de nouvelles intensités, dans une lecture que j’ai entendu de lui, il parlait de cette idée « d’intensification du texte».
Alors que la criture de Calleja (cf. citation ci dessus) se pense comme une langue étrangère dans le français, et comme une langue pauvre, une langue du pauvre, une langue pour les pauvres __ mais en fait cette langue n’est qu’un idiome singulier, qui ne vaut que pour lui-même, qui ne peut ni être partagé, ni créer du commun, elle lui appartient trop, et d’ailleurs il le dit lui-même, « Criture parle pour criture, et pour personne d’autre. », il reste donc enfermé dans sa criture, impartageable, incommunicable, sa criture tautologique, qui ne parle qu’à lui, à travers laquelle il se parle à lui-même et non aux autres.
Par ailleurs, on peut encore souligner une proximité avec Tarkos, à travers cette question d’une langue pauvre, simple, “prolétaireâ€, et les implications politiques qu’elle contient. Tarkos et Molnar avaient réfléchi à cela à travers la revue Poézi Prolétèr de façon plus fine et plus intéressante à mon sens que ne le fait Calleja.
Chez Calleja, il y a aussi, derrière une naïveté factice, artificielle, une tentation philosophique, une tentative de faire une poésie philosophante, qui pense et qui se pense elle-même, il élabore une sorte d’art (faussement) brut qui philosophe, il y a déjà là une contradiction __ on retrouve d’ailleurs de nombreuses références à Heidegger, à Aristote … (cf. texte dans le pdf Reprise 1 des Cahiers de Benjy : « l’être et la parole sont un couple divorcé, et moi je suis l’enfant séparé », cela signifierait-il que Calleja ne parvient à être ni dans l’être ni dans la parole en même temps, c’est peut-être pour cela qu’il n’est pas dans l’écriture … ?)
Alors que Tarkos parvient à créer de véritables outils de pensée dans sa poésie, ainsi que des objets de pensée quand il parle d’un bidon, d’une caisse, de l’argent, et en créant des situations cognitives perturbantes, il interroge de façon très vive à mon avis la philosophie, mais sans faire le philosophe, sans être dans une poésie pensante, qui se veut un pensée, il interroge vivement le langage, mais à l’intérieur du langage lui-même, il questionne la parole depuis la parole, c’est pourquoi ses lectures étaient si fortes. Chez Calleja, il y une interrogation de la pensée et du langage de l’extérieur, il tourne autour, s’y frotte, s’y cogne, violemment (et cela peut produire des choses intéressantes) mais il n’y entre jamais véritablement ; on sent ainsi beaucoup trop les lectures philosophiques qui transpirent dans son écriture … Comme le disait si bien Bernard Desportes, il faut apprendre à désapprendre pour pouvoir entrer vraiment dans l’écriture …
Enfin, pour reprendre la distinction entre les trois rapports à la vérité qu’opère C. Hanna dans un article en hommage à Tarkos sur le Web de l’Humanité , on peut vite se rendre compte en relisant le travail de Calleja qu’il est en fait dans un rapport classique à la vérité, celui que C. Hanna appelle “métaphysiqueâ€, et selon lequel la poésie est un outil critique de dévoilement de la vérité du réel, et de celle du sujet face à celui-ci.
C’est à cela que je voulais faire référence en disant « une posture classique de l’écrivain maudit », et non pas “romantiqueâ€, comme l’ont mal lu certains.
La poésie de Calleja repose sur la croyance que les conditions de possibilité d’une poésie vivante, sa poésie, sa langue “prolétaireâ€, c’est la pauvreté (cf. texte dans la revue le Qr), la hargne, la souffrance (la crise, la poésie crisique «c’est dans la crise qu’on travaille. on n’est travaillé par la crise. c’est dans la crise qu’on travaille la parole. »
« la parole crisique fait du corps une chose qui questionne librement. la parole crisique fait du corps une chose libre ».
Ainsi finalement la poésie crisique, la poésie qui se fait dans la crise, a une vertu thérapeutique qui libère le corps et l’esprit de l’aliénation, on est finalement entre l’art brut et l’écriture automatique (car quand Calleja dit qu’il faut laisser la parole parler, se déverser, sans réfléchir, il réhabilite d’une certaine façon un automatisme de l’écriture), et on sait à quelles illusions et impasses à la fois politiques et littéraires mène cette conception de l’écriture. Car la crise, oui la crise, mais n’est pas Artaud qui veut…
Mais peut-être que tout cela n’est pas très important compte tenu de ce que peut écrire Calleja :
« je ne parle pas du résultat je parle du geste ce qui est intéressant c’est le geste, le résultat c’est pas intéressant, le résultat toumonde a des résultats des bons et des mauvais résultats des résultats qui plaisent ou des résultats qui ne plaisent pas mais un geste peu de gens sont dans un geste, un geste est une manière de faire qui est une manière de vivre, un geste de criture fais vivre un texte »
Ainsi, si le résultat n’est pas important, mais que seul compte le geste, alors laissons Calleja faire des gestes de criture, laissons le brasser de l’air et des mots, allons relire Tarkos, et continuons à lire Pennequin .