Libr-critique

6 mai 2011

[Série – création] Marc Perrin, Avoir lieu 2011 : un projet en cours…

Avant même de publier la fin de la longue entrée "21H46", voici la présentation du projet en cours qu’a bien voulu nous donner l’auteur. Dans la lignée des écritures du cut-up – et en particulier du travail de Patrick Bouvet –, ce type de montage critique contribue à renouveler le romanesque contemporain.

Avoir lieu. Un livre paru en novembre 2010 [éditions Dernier télégramme]. Aujourd’hui : la suite, provisoirement titrée "Avoir lieu 2011", avec deux branches principales, pour l’instant. "Avoir lieu 2011, I", et "Avoir lieu 2011, II". /FT/

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25 mars 2011

[Série – création] Marc Perrin, Avoir lieu 2011 – I, 10H17

En cette société spectaculaire où "ont lieu" de nombreux événements et manifestations, en fait rien n’advient… Car n’advient que ce qui s’ouvre vers l’infini des possibles (l’infini de l’Histoire, de l’amour, de la folie, etc.) – et c’est au poète de nous aider à y accéder… Telle est la problématique qui se dégage de Avoir lieu, livre paru en novembre dernier aux éditions Dernier Télégramme et prolongé par un long et exigeant travail sur le site de l’auteur comme dans une Série en cours qui retraite poétiquement le ressassement médiatique : chaque texte-phrases est associé à l’heure de post d’une dépêche AFP… Nous vous proposons d’ouvrir cette série par le montage critique d’actualité-fiction lié à la dépêche de 10H17… Un grand merci à Marc Perrin de s’être engagé dans une telle contribution régulière à LIBR-CRITIQUE ! /FT/

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12 juillet 2010

[Dossier] Manuel Joseph, La Tête au carré (2/3)

Vue sur ZAT…

Par Sylvain Courtoux

Cette Tête au carré, comme agencement expérimental unique, est une véritable Zone (pirate, donc subversive) d’Autonomie Temporaire livresque. Et en ce sens, il est le puissant manifeste de la poésie (vécue) comme seule vraie forme de Résistance…

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29 avril 2010

[Chronique-interview] Mathieu LARNAUDIE, Les Effondrés (2/2)

Mathieu LARNAUDIE, Les Effondrés, Actes Sud, avril 2010, 188 pages, 18 €, ISBN : 978-2-7427-9010-4.

Notre seconde livraison (lire la première) commence par la dernière partie de la chronique ("Le Crépuscule des Idoles ou comment on (d)écrit/e à coups de marteau"), qui débouche sur la discussion avec l’auteur.

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22 avril 2010

[Chronique-interview] Mathieu LARNAUDIE, Les Effondrés (1/2)

Mathieu LARNAUDIE, Les Effondrés, Actes Sud, 2010, 182 pages, 18 €, ISBN : 978-2-7427-9010-4.

Qui a dit que la littérature française est nombriliste ? Il fallait être aussi ambitieux qu’audacieux pour s’attaquer à un tel sujet : la crise financière qui a frappé autrement que les attentats du 11 septembre 2001 un espace mondialisé dans lequel le capitalisme était devenu l’ordre naturel des choses, provoquant le déclin de l’ère post-historique. Après Une livre de chair de Pia Petersen en février dernier, Actes Sud publie un texte d’une tout autre facture avec ces Effondrés d’un jeune romancier de 33 ans déjà connu pour Strangulation (Gallimard, 2008), sa revue Inculte et la collection qu’il dirige aux éditions Burozoïque, "Le Répertoire des îles". (On peut, du reste, retrouver ces deux auteurs dans un reportage d’Arte sur les écrivains et la crise économique).

Voici les deux premières parties d’un article qui sera suivi d’une courte discussion avec l’auteur : "Très riches heures de dépit…" ; "Post-Histoire et histoires…"

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29 juin 2009

[Texte] François Bon, « Carnets de travail » (3/3), L’Incendie du Hilton

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 9:10

Voici le troisième et dernier extrait (lire le deuxième) des "Carnets de travail" qui vont être regroupés à la fin du prochain livre de François Bon, L’Incendie du Hilton, à paraître en septembre chez Albin Michel (les premiers ont paru sur le site de l’écrivain, Le Tiers Livre).

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8 décembre 2008

[CD-livre + chronique] Patrick Bouvet et Eddie Ladoire, recherche + corps

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 7:55

Patrick Bouvet et Eddie Ladoire, recherche + corps, Le Bleu du ciel, 2008, 1 CD-audio 40 mn, livret 48 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-915232-553-0.

Après le Naufrage du litanic, de Christian Prigent, le ciel littéraire est toujours au bleu avec cette déflagrante rencontre entre cut-up poétique et musique électronique. Le Bleu du ciel resplendira d’autant plus que nous reconnaîtrons et soutiendrons ses efforts titanesques pour défendre une littérature jouissivement exigeante.

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18 décembre 2006

[Chronique] Nouvel âge, de Patrick Bouvet

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , — Fabrice Thumerel @ 8:24

Patrick Bouvet, Nouvel âge, revue en ligne inventaire-invention, 12 décembre, 24 p.

Génération beat

La revue en ligne inventaire-invention, front avancé du pôle (multimédia) de création littéraire dirigé par Patrick Cahuzac, nous invite à découvrir la dernière « installation » de Patrick Bouvet, Nouvel âge (12 décembre, 24 p.), qui fait suite à quatre publications par ce site éditorial dont la spécificité est de faire paraître des textes de la revue sous la forme de petits volumes au prix modique (cinq euros, en l’occurrence ici) : Client à l’envers (2000), Expérience (2001), Client zéro (2002) et Flashes (2005).

Entré en littérature deux ans avant sa collaboration avec Inventaire/Invention (In situ et Shot, L’Olivier, 1999 et 2000), ce musicien né en 1962, qui importe dans l’écriture sa technique du prélèvement (sampling), s’inscrit de fait en droite ligne des poètes surfaciaux qui se sont imposés dans le champ en cette dernière décennie du XXe siècle par leur réinvestigation du cut-up que la beat generation (Gysin, Burroughs…) a expérimenté au tout début des années soixante et leurs apports théoriques et pratiques relatifs au montage et à l’échantillonnage (sampling). Dans leur sillage, celui qui, pour se situer dans un entre-deux, ne se considère pas comme poète, n’hésite pas à sortir du style, à refuser les « belles phrases » pour être attentif à la langue pauvre, « redonner une valeur aux mots jetables », pour se mettre à l’écoute des langages imposés et les déconstruire au moyen de coupes qui font entendre autre chose. Par delà l’apparente simplicité, l’originalité créatrice de cet écrivain qui accorde une grande importance aux lectures publiques réside dans le fait de « construire un livre comme une installation » : afin de donner à voir, si ce n’est à entendre, la scansion des discours participant de la saturation médiatique, il combine typographie poétique, art narratif et sociographie.

Agencements discursifs neutralisants (ADN)

Ses textes constituent ainsi des agencements discursifs neutralisants (ADN) : sur fond de page vide défile un flux de paroles jetables qui permet de neutraliser tout effet de style, autrement dit de privilégier un style « neutre »; et dans le même temps, la charge idéologique de ce langage ambiant est neutralisée par un court-circuitage déréalisant mais décapant. Ce sont des montages critiques qui traversent les univers sociaux, les transpercent en s’attaquant à leurs sociolectes.

Arrêtons-nous un moment sur les récents Flashes (2005, 29 p.). Il s’agit d’un kaléidoscope juxtaposant épiphanies sociologiques, épopée mythocritique dont le titre est un mot-valise détonant (« americalibre ») et courts portraits satiriques pour stigmatiser le monde made in USA et la mondialisation de l’american way of live, à savoir un melting pot de techno-capitalisme, de religiosité, de violence et de discours sécuritaire…Le plus intéressant est qu’il n’y a rien là de mécanique ni d’abstrait. En témoignent ces deux portraits-révélateurs :

« Michel
48 ans

rejeté par le techno-capitalisme

s’éclate
dans les soirées karaoké ».

« Serge
29 ans

oppressé par
la paranoïa ambiante

accumule
les produits culturels
dans son salon ».

4 décembre 2006

[revues] La revue Livraison

Malgré son ambiance plutôt morne et son ronron poussiéreux (triste absence de Al Dante, Boxon estropié, car Gilles Cabut était grippé et Georges Hassoméris absent, résurrection de Nioques cadavre plutôt fantomatique que phénix, nouvelles jeunes revues déjà vieilles et peu sexy…heureusement qu’il y avait la joyeuse folie d’un Franck doyen et de 22(M)dp, ainsi que l’enthousiasme de Giney Aime et d’Incidences), nous avons découvert lors du Salon des revues trois revues stimulantes, qui existent déjà depuis quelque temps mais mieux vaut les découvrir tard que jamais : MU, Action Restreinte et Livraison. Nous parlerons tout d’abord de cette dernière, publiée par Rhinocéros, dirigée par Nicolas Simonin, (qui dirige aussi la structure de diffusion R-diffusion), et plus particulièrement du dernier numéro, le n°7, coordonnée par Manuel Daull et Chloé Tercé.

Livraison, revue d’art contemporain, n’est pas une revue littéraire, mais une revue d’art et d’écritures, de très belle facture, couverture glacée, 190 pages, sans être un objet lourd, mais au contraire souple, à l’intérieur en couleur, au graphisme épuré, efficace, et tout est bilingue anglais-français. Chaque numéro de la revue est thématique, et ce numéro 7 parle de « bribes / ratures / fragments ».
« « Notre situation postmoderne est caractérisée par la fragmentation ».
On peut regretter la fin des certitudes produites par des grands récits, des identités stables, des formes totales. On peut aussi faire le pari inverse : lâcher les gros mots et les métathéories globales — parce qu’elles sont inadéquates — et utiliser les fragments comme lieux pour des bribes de sens, pour de modestes tentatives d’empêcher la reconstruction des tentations totalitaires. »
Voilà comment débute cette revue. En effet, pas de défense d’une théorie unifiée et unifiante ni d’une pratique, ni d’une école chez Livraison, mais véritablement exploration transmédia d’un thème et confrontation des différentes pratiques de créations actuelles. On retrouve donc à l’intérieur artistes plasticiens, architectes, écrivains, musiciens, graphistes, photographes, ainsi qu’une pluralité de pratiques et de créations. Chaque participant a peu de pages, les travaux sont assez courts, et semblent fonctionner comme des fragments, des traces des œuvres des participants. Malgré les différences importantes entre les médias utilisés et les réalisations, cette multiplicité de pratiques est pourtant très cohérente, le thème est exploré de toute part, jamais de façon démonstrative ou illustrative, mais bien problématique ; et il est intéressant de voir les convergences et les divergences sur le sujet entre les artistes. Le rapport aux médias est intéressant, car il y a un véritable brouillage des genres et des appartenances, la question ne se pose alors plus, et l’exploration de la thématique en sort renforcer. Des architectes font de la photo, des plasticiens de l’écriture, des écrivains des oeuvres visuelles…
Le thème donne donc lieu à des travaux d’écriture sans pour autant être strictement littéraires, et à des travaux plastiques qui questionnent l’écriture. Le texte de Frédéric Dumont, « Condensations pour n décimales de PI [fragment.1.] », est en fait plusieurs blocs de chiffres dans lesquels on distingue à l’intérieur des fragments de phrases. Langage émergeant de l’informulée abstraction, suite de nombres elle-même fragment d’une suite infinie, qui est pris dans ce magma numéraire, pour un faire un matériau poétique au même titre que les lettres. Questionnement du rapport entre structure du langage, de l’écriture et celle du monde, de l’espace, de la matière, que l’on retrouve dans son petit livre Monde. On pense alors au travail d’Espitallier dans son Théorème. Le texte de Manuel Daull, dans une veine/verve proche de celle de Pennequin dans la première partie, est très différent dans la seconde, il crée une déstructuration du prénom John (renvoyant à Steinbeck, Cassavetes, Cage…), par une fragmentation rythmique du texte, comme ayant subi un bug informatique ou ayant été scandé mécaniquement pour en faire une sorte de partition qui appellerait une expérience sonore.
On trouve ensuite encore deux autres textes qui puisent chez les poètes contemporains, celui d’Emmanuel Adely, qui fait un agenda de ses achats avec prix, dates, lieux, dans une logique très proche de celle de Anne-James Chaton, et celui de Jean-Louis Py, qui entoure et barre des phrases dans un texte préexistant, technique du cut bien connue, que pratique notamment de la même façon depuis longtemps Lucien Suel dans ses « poèmes express ». Hugo Pernet donne un texte sibyllin, seuls quelques mots et traits sur des pages d’autant plus blanches et silencieuses, travail énigmatique, qu’il faudrait développer pour en comprendre la cohérence. Seul le texte de Christophe Grossi, poème assez lyrique et narratif sur le corps, se détache des autres travaux littéraires par son classicisme.
Moins littéraires, et plus tournés vers l’interrogation de l’écriture, il y a le texte de Christophe Fourvel qui fait un « portrait de femme magnifique », celui de « Magdalena, dans la Dolce Vita », description romanesque de cette femme fascinante selon une formule assez facile, alors que le texte de Vivien Philizot, « Iconographie de Steven Seagal », lui aussi dans l’écart-rapport entre littérature et cinéma, est plus drôle et intéressant. Il y a aussi des fac similés de listes de courses de Hervé Roelants, ready made du quotidien, jolie visuellement, illustrant bien le thème, mais que dire d’autre ? et les écritures-dessins de Matthieu Messagier sur la notion de rature, sujet mieux exploré chez Charles Mazé, qui nous montre des extraits, des fragments de ses « exTraits », tracés produits par des machines qu’il a lui-même conçu pour produire des dessins aléatoires en grands formats, sorte de sismographies, presque musicale dans leur mouvement, qui semblent retranscrire de multiples vibrations ou intensités, on pense à Michaux mais à un Michaux mécanisé.
Pour les travaux plus plastiques ou autres, il faut souligner les « captures » de Toeplitz, partition pour ses créations sonores et chorégraphiques qui sont de véritables poèmes visuels, graphiques, dommage que les reproductions soient si petites. Ou encore la très belle suite photographique de Thierry Genin, qui a photographié toujours de la même façon les activités de jardinage sur son balcon de son voisin d’en face, durant toute une saison, ce qui produit une sorte de BD muette, mais dans laquelle on peut lire toute une histoire…

Ainsi, si les travaux littéraires ne sont pas très étonnants, ils n’en sont pas moins de qualité, et l’ensemble de la revue est vraiment très bien élaboré et intéressant ; les pratiques plastiques, littéraires, visuelles, se répondent, s’interrogent, et on en arrive presque à se dire qu’il y a plus de littérature dans certaines propositions plastiques ou visuelles que dans des travaux poétiques de certains revues littéraires.
Livraison est véritablement une revue transdisciplinaire, qui relie et confronte de façon très stimulante des travaux hétérogènes sans être dans la dispersion ou la juxtaposition, ou comment la différence et le fragmentaire crée néanmoins de la cohérence et du continu.

NB sur Rhinoceros :

En cette période de reconfiguration des structures éditoriales et des espaces de production artistique, il nous paraît intéressant de parler de la structure Rhinoceros, basée à Strasbourg, association artistique qui organise, met en relation, diffuse des travaux et pratiques d’arts contemporains, mais qui est aussi ouverte aux nouvelles écritures.
Leurs activités, qui ont débuté en 1996 par des expositions dans un atelier, sont l’organisation d’events, de rencontres, de conférence, d’expositions, mais aussi l’édition. Ils publient la revue Livraison, ainsi que des livres et ouvrages d’art, des catalogues réfléchis d’expositions, comme Trouée, perforations, laps de Dominique De Beir + Eric Suchère (2004), des badges créer par des artistes (projet PIN-UP~badges by artists). On peut noter chez eux ce souci de trouver pour chaque œuvre, objet, idée un vecteur spécifique de présentation, d’exposition, de diffusion et « de créer à chaque fois une économie nécessaire à [nos] actions » disent-ils dans un entretien pour le Matricule des Anges.
Comme il est écrit sur leur site, « il n’y a pas d’artistes labellisés rhinoceros, aucune écurie de galerie stable, pas de galerie d’artistes, juste une histoire de réactions en chaîne – que des praticiens ou des acteurs, ou des amateurs du monde de l’art, de passage en quelque sorte, dans un temps et une rencontre donnés. Il n’y a pas de définition possible de rhinoceros si ce n’est la liste des gens qui y participent d’une manière ou d’une autre de façon durable ou pas, même si l’on peut parler de structure d’art associative qui cherche à adapter constamment ses réflexions et ses supports d’apparition en fonction d’un propos – qui crée chaque fois l’économie nécessaire à ses actions autant que leur diffusion, une structure qui cherche à être d’utilité publique, je crois, indéfinie tout simplement »
Cette structure ouverte qui privilégie l’hétérogénéité des croisements à la défense d’une ligne nous semble intéressante ici car elle met en relation la littérature, avec d’autres formes d’écritures, plastiques, vidéos, etc… qui viennent des arts contemporains, et car elle réfléchit à l’économie particulière qu’il faut développer pour défendre de façon pertinente et efficace tel ou tel type d’objet dans l’état actuel

Nous parlerons aussi bientôt des éditions ère et PPT, qui nous semble être dans cette même dynamique de création et de réflexion sur la littérature/l’art, ses supports, et ses vecteurs de diffusion et de circulation.

23 novembre 2006

[audio] Sylvain Courtoux, Cut-Up Piano basse manifeste 1

Cut-up piano basse manifeste 1
auton124.jpgfut enregistré au Manor of Hate, studios à Limoges, mi-août 2006.
piano, guitare, voix, dictaphones, bandes, bordel noise, mix : sylvain courtoux
+ voix : lise etcheverry /
+ voix : emmanuel rabu /
+ voix : jérôme bertin.

ce morceau est dédicacé à Violaine S.

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