À un mois de Noël, voici une première série de livres qui, pour avoir marqué ces dernières années de leur empreinte, méritent que l’on s’en souvienne au moment d’offrir des invitations au voyage littéraires… N’oubliez pas d’envoyer vos propres suggestions pour LIBR-FÊTES : libr.critik@yahoo.fr. Mais auparavant, pleins feux sur le dernier livre d’Emmanuel HOCQUARD et sur deux événements (HUBAUT à Dijon et 4e Fête du Livre de Lille). /FT/
29 novembre 2009
[News] News du dimanche
8 juillet 2009
[Texte] Stéphane Korvin, la règle # 2
Stéphane Korvin est né en 1981. Il vit et travaille à Paris. Avec le geste photographique, il saisit les intersections entre espaces réels et imaginaires. Il a travaillé notamment sur des textes d’Aimé Césaire et de Marguerite Duras. Avec les mots il approche, questionne le contour et le lien. Ses travaux sont publiés dans des revues (A verse, ARPA, Pyro, N4728, etc.).
Nous sommes heureux de vous faire découvrir un premier texte de ce jeune poète prometteur, travail critique à coups de cut-up, de télescopages ou d’homophonies, avec en regard photographique une ouverture sur son site.
3 juillet 2009
[Livre] Guy Raivitz/Shimon Adaf, Back yard
Back yard, photographies de Guy Raivitz et nouvelle de Shimon Adaf, Biro éditeur, collection "KB", 2009, 48 pages, 32 illustrations en couleur, 16,5 x 19,5 cm, 15 €, ISBN : 978-2-35119-058-6.
On se laissera perdre dans le jeu de miroirs que nous offre ce diptyque israélien de l’entre-deux…
18 mai 2009
[Texte] L’image commentaire, par Pierre Vinclair
Dans le cadre de l’opération Libr-mai, le jeune écrivain Pierre Vinclair (27 ans), auteur d’un premier roman (L’Armée des chenilles, Gallimard, 2007) qui vient d’achever un recueil de poésie à paraître chez Flammarion à l’automne prochain, nous a fait parvenir ce court texte sur poésie et photographie extrait d’un ensemble plus large intitulé Suites grammaticales.
31 mars 2009
[Livre-chronique] Maccheroni/Jourde, La Quadrature du sexe

La Quadrature du sexe, photomontages de Henri Maccheroni et texte de Pierre Jourde, Voix d’encre, 2009, 64 pages (non numérotées), 16 euros, ISBN : 978-2-35128-048-5.
Depuis L’Origine du monde de Courbet, et en cette époque où triomphe la marchandisation spectaculaire – époque qui, panoptique puisque anomique, conjugue donc consumérisme et voyeurisme –, que dire/montrer encore de la chose ? Telle est l’ambition de cet objet né de la rencontre entre deux planètes esthétiques, celles du peintre-photographe Henri Maccheroni et de l’écrivain-critique Pierre Jourde : dépasser et déplacer les frontières étroites des représentations conventionnelles.
28 janvier 2009
[Livre-chronique] L’Europe des revues (1880-1920), par E. Stead & H. Védrine (dir.)
Évanghélia Stead & Hélène Védrine (dir.), L’Europe des revues (1880-1920). Estampes, photographies, illustrations, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2008, 608 pages, 32 € , ISBN : 978-2-84050-592-1.
Parue fin 2008, voici LA somme qu’il faudrait mettre dans les mains aussi bien des spécialistes que de tous les acteurs du champ actuel des revues : une approche pluridimensionnelle de la Belle Époque des revues en Europe, dans toute son ampleur spectaculaire (interactions entre texte, image et arts de la scène) et dans toutes ses facettes, le parti pris consistant à ne pas établir de distinction axiologique entre presse et revues d’avant-garde.
16 septembre 2008
[création] EDVIGE à VICHY (introduction à la biotopsie et exemples) [1]
[NDLR — En parallèle de son exploration des schéma-esthético cognitifs, l’AKS, nous propose de découvrir son nouveau travail de déconstruction du terrain-médiatique : la biotopsie]
La biotopsie est une tentative de synthèse tout à la fois de l’étude des biotopes humains contemporains et de la tentative d’autopsie des photographies engendrées par la fascination de l’image.
28 décembre 2007
[Chronique] Suzanne Doppelt, Le Monde est beau, il est rond
Suzanne Doppelt, Le Monde est beau, il est rond, 12 créations prévues pour le printemps 2008, inventaire-invention.com ; sortie en volume aux éditions Inventaire/Invention : septembre 2008.
23 novembre 2007
[Dossier] Annie Ernaux : une oeuvre de l’entre-deux (3)

Voici le troisième volet du Dossier faisant suite à la réédition du volume Annie Ernaux : une oeuvre de l’entre-deux (cf. 05 et 06/09). [bon de commande] ☛ Isabelle ROUSSEL-GILLET, L’Usage de la photo , de Annie Ernaux et Marc Marie. Échos et écarts avec Sophie Calle : quand il n’y a pas photo… au montage. (more…)
5 mai 2007
[création visuelle] « En finir » d’Aurélie Soulatges
[Dans le n°8 d’Action Restreinte, Aurélie Soulatges publiait une série de photographies, décrivant une micro-narration. Très intrigué par cette série, j’ai réalisé, que la force de cette micro-narration sans mot, tenait certes à l’esthétique de cette poupée et de son geste, mais aussi à la la narration qui s’effectuait par le regardeur. En effet, loin d’être sans mots, une série ainsi montée appelle de la part de celui qui regarde un sens qui est construit par la conscience. De même la radicalité de ce qui a lieu n’a de cesse d’imposer une forme de mise en question, sur la signification et les raisons d’un tel geste de la part de la poupée. C’est en ce sens que nous avons proposé à Aurélie Soulatges de publier cette série. Cliquer sur les photographies pour les voir en grand format]
24 février 2007
[Chronique] Vienne le ciel de Jérôme Bonnetto
Je profite de la sortie du nouveau livre de Jérôme Bonnetto coécrit avec Claire Legendre, Photobiographies, aux éditions Hors-Commerce, pour mettre en ligne la chronique portant sur son précédent livre Vienne le ciel, publié aux éditions L’Amourier.
Vienne le ciel est un roman. La compréhension première devrait donc porter sur son histoire. Toutefois, ce serait passer à côté de son montage, ou plus précisément d’un travail de développement du récit, lié à la photographie, celle-ci posée tout à la fois comme saisie et comme développement littéral du texte.
Ce qui est au coeur du récit de Vienne le ciel tient à un double regard, qui se croisent à partir de la photographie. Deux regards aimant, aimant la même femme, les aimant aussi tous les deux, à la fois amante et mère, amante pour l’un, mère pour l’autre. Le récit de J. Bonnetto s’articule dans ce croisement, met en jeu ce croisement dans la juxtaposition des paragraphes.
Ainsi, on suit, sans trop le savoir pendant un certain temps, ceci troublant avec justesse la perception de l’histoire, à la fois la relation d’amante d’Ada Krocinova avant la naissance de son fils jusqu’à son accouchement et la relation du fils à sa mère et ceci jusqu’aux derniers instants de vie de celle-ci, jusqu’à cette mort qu’elle lui demande de donner, celle-ci ne pouvant être véritablement sa mère, préférant être femme passionnée demandant la mort à celui qu’elle aime, né de sa chair. Récit qui croise sans le dire deux temporalités disjointes, dont la première est cause de la seconde, disjointes mais qui se rencontrent, comme recto et verso d’une seule existence, celle d’Ada.
Mais derrière l’histoire de cette double passion, celle de deux hommes distincts pour une même femme, selon deux modalités séparées, ce qui se joue c’est davantage la rencontre du regard de ces deux hommes : le premier, l’amant qui photographie, le second, le fils qui regarde les photographies. Le premier “ la cadrant, la visant d’amourâ€, le second, oubliant, parfois, “ l’espace d’un instant qu’il était son filsâ€, ouvrant la boîte de Pandore de ces photographies que l’autre a prises d’elle, sentant alors “à l’intérieur de son ventre les premiers effets de cette bile indélogeable qui lui pourrissait les entrailles et alimentait fiévreusement les limbes infinis de sa solitudeâ€.
Les deux hommes sont unis autour de la photographie, deux regards opposés, l’un saisissant la femme dans sa jeunesse, l’autre observant cette saisie une fois l’histoire achevée, une fois la femme, devenue mère et précipitée dans la mort du fait de la pierre qu’il a lui-même jeté sur elle.
C’est donc bien la question de la photographie qui est ici en jeu dans ce récit, photographie qui porte sur la passion de l’altérité, non pas celle seulement du corps, mais celle aussi du temps. Ce roman donnant alors à lire ce qui anime J. Bonnetto, qui loin de seulement écrire sur la photographie, la pratique lui-même, comme nous pouvons le voir sur son site.
La photographie n’est donc pas seulement un prétexte de l’histoire, mais est la médiation poétique de la construction du texte. Toute la force de ce roman comme je vais maintenant l’expliquer tient à sa structure, qui si elle paraît éclatée, cependant est d’une remarquable maîtrise, d’autant plus que le texte est condensé, se développant sur peu de pages.
Le parti pris de J. Bonnetto est d’interroger le regard sur la photographie et la différance qu’il y a entre d’un côté celui qui photographie et de l’autre celui qui regarde la photographie, qui se laisse hanter par son insistante mémoire, sans pouvoir s’y refuser. Une telle perspective supposant alors de lier ces deux regards par un affect intensifant la relation à chaque fois singulière.
Le premier affect, celui de l’amant, est lié à l’emprise sur une femme. Ce premier, “sans nomâ€, que l’on ne connaît que par l’épreuve sensible d’Ada, est celui qui saisit, qui fixe, qui hypnotise la femme par l’objectif, qui n’a de relation que photographique, disparaissant derrière elle, au sens où Ada si elle l’aime, ne dépeint surtout que cette entreprise répétée de captation d’elle-même, la photographie devenant le seuil initiatique à leurs étreintes. Le second, Alexandre, fils, aimé et aimant, est lié à la mère par un désir que J. Bonnetto décrit comme antérieur à l’inceste. Il ne souffre pas “d’un traumatisme bien connu, d’une pathologie classique mis en lumière par Dr Untelâ€. Leur relation n’est pas oedipienne, elle serait davantage de l’ordre de la surdimension bataillienne du désir. Désir qui, dans le souvenir de sa mère morte apparaissant vivante dans la fixité de la photographie et de la mémoire, le lie au seul passé, à sa répétition : lui-même devient photographe et répète inlassablement une même photographie, toujours au même lieu, avec des femmes qui en ignorent les motifs : saisir ce fantôme diaphane de la mère sous la muraille où elle mourut. Alexandre est “juste un espace et un temps†écrit J. Bonnetto “mais un espace et un temps piégés, retenus et dilués dans un autre espace et un autre temps qui à la fois le précèdent et l’avalentâ€.
La photographie est ainsi le révélateur où l’histoire apparaît, se construit, se découpe, comme les ombres et les lumières apparaissent dans le bain de développement. Et le montage textuel, est ce moment où les différences de lumière dues à l’exposition se dessinent.
Cette logique du développement est redoublé par les fragments de l’histoire de la photographie qui viennent s’insérer tout au long du double récit et qui viennent en ponctuer les intensités par des jeux de miroir. C’est selon ce principe qu’est révélée — il me semble — une des clés de l’écriture. Ainsi on peut lire :
“ L’obturateur focal ou obturateur à rideau est monté sur la chambre photographique aussi près que possible de la surface sensible ; il se compose de deux rideaux en tissu noir opaque ou de lamelles métalliques, formant une fente de largeur réglable, qui se déplace à une vitesse constante devant l’émulsion, pendant la prise de vue. Cette vitesse de défilement est réglée, selon les types d’obturateurs, par un mécanisme approprié ou par un mécanisme asservi à un système électronique de régulation. Les vitesses d’obturation dépendent de la largeur de la fente de l’obturateur et s’échelonnent de plusieurs secondes à 1/4000 de secondeâ€(p.31)
Clé de lecture, car clé des fragments, chaque fragment étant en quelque sorte comme la saisie d’un temps de pause de ce qui là , à ce moment là , se déroule. Ainsi, si l’ensemble structuré est à considérer comme un seul et unique tirage, toutefois, ce tirage se déplie lui-même comme un jeu de prises de vue.
Ici cela rejoint les travaux photographiques que fait J. Bonnetto. Lui-même insistant sur la question de la vitesse d’obturation de chaque prise, comme cela peut se voir exemplairement dans au point.
Vienne le ciel est ainsi — je crois au sens strict — un roman photographique posant la question de la mémoire, de l’image qui hante l’esprit tout en étant de nouveau jouée selon l’artifice de la narration.
5 février 2007
[livre] Vienne le ciel, Jérôme Bonnetto
Jérôme Bonnetto, Vienne le ciel [roman], éditions L’Amourier, collection Toth, 96 p., ISBN:978-2-915120-28-8, 12 €.
4ème de couverture:
Qu’une mère soit le cadavre d’une femme amoureuse, cela peut-il se dire ?
Cela peut s’écrire.
Mêlant de nombreuses voix narratives, comme autant de tesselles pour une mosaïque, c’est ce que réussit à faire Jérôme Bonnetto dans ce récit à la construction parfaitement maîtrisée. On y suit les pérégrinations d’un photographe et de celle qu’il prétend aimer au travers de l’objectif impitoyable de son appareil à capturer reflets et postures.
Il faudra bien des voyages de Prague à Prague en passant par le Japon, bien des clichés souvent arrachés au cours des jours pour qu’apparaisse, toute douceur et toute fureur — femme, mère, amour — celle qui fait trembler la lumière, Ada. Ada qu’on ne peut qu’aimer. Sans preuve.
Jérôme Bonnetto
Né en 1977 à Nice. Des études de sciences, puis de lettres modernes qu’il enseigne actuellement. Il navigue entre écriture, photographie et musique quand il ne mêle pas les trois. De nombreux voyages à Prague, à Vienne, à Rome. Il a pubié deux recueils de poèmes Le livre de Brouillon, et Passerelle (co-écrit avec Claire Legendre).
Premières impressions :
En toute franchise, rien ne destinait Libr-critique à parler de Jérôme Bonnetto, dont la langue comme en témoigne aussi bien ses premières poésies que celle de Vienne le ciel, appartient aux horizons de la littérature davantage lyrique, ancrée aux tensions affectives, émotionnelles du récit, qu’aux recherches contemporaines de la poésie et de la littérature, liées aux avant-gardes, aux recherches formelles, aboutissant souvent à une posture critique et politique face au monde. Toutefois, avec la publication dans les cahiers de Benjy d’un texte fondamentalement plus proche de la modernité, je fus surpris de cette ouverture, de cette rupture avec ses écrits passés. Jérôme Bonnetto, comme il a bien voulu me le dire, suite à des questions que je lui ai posées en recevant le SP de son livre, en effet découvre depuis seulement quelques temps, les recherches contemporaines et en ce sens les interrogations qui initient ses langues, ses architectures spécifiques. Est-ce là un tournant net et radical, posant deux versants hétérogènes dans son travail ? Ou bien y aurait-il déjà , dans des textes comme Vienne le ciel, les traces de certaines recherches modernes sur la langue, et dans la construction de son récit ? La chronique que je vais donner à lire montrera que derrière l’apparent classicisme de la langue [métaphores, emphase affective, psychologisation du réel] de Vienne le ciel, déjà s’esquisse certaines recherches d’écriture qui échappent aux contrées lyriques, pour se poser dans une modernité qui reste cependant encore à découvrir et à approfondir.
7 décembre 2006
[chronique] Etrangement seuls de Jean-Pascal Princiaux
Les éditions PPT publient des livres d’une grande qualité et y apportent un soin méticuleux. Etrangement seuls de Jean-Pascal Princiaux ne dément pas cette réputation : croisement entre des travaux photographiques réalisés avec soins, et une forme de récit entre des protagonistes improbables, dont chaque parole mêle tout à la fois théorie du réel et rencontre humaine.
Pour comprendre ce livre, il est nécessaire tout d’abord d’expliquer le travail de Jean-Pascal Princiaux : ses réalisations photographiques se composent d’images qui sont abstraites de séries b, ou bien de films, qu’il se réapproprie et qu’il retravaille numériquement. Ses installations, dont celles constitutives de ce livre [Galerie éof, exposition « JPPPPT », Paris, avril 2004 et « CostumeGris – pièces à conviction » galerie michèle chomette, Paris, janvier-avril 2004], sont des assemblages d’éléments hétérogènes : ici d’une manière explicitée par la 4ème de couverture, nous sommes dans le croisement de la réflexion de la construction/déconstruction du réel à partir du philosophe Clément Rosset [Le réel et son double, ed. de Minuit] et de la grammaire propre à la fiction liée aux fictions cinématographiques ou bien de séries.
Jean-Pascal Princiaux interroge en effet, depuis pas mal d’années les genres et notamment les rythmes et les stratégies de construction de l’image selon certaines formes de représentation. Lors du festival d’animation d’Annecy de 2002, il avait ainsi suscité une certaine surprise avec son film Iceberg club, de 31 minutes. Mettant en image, selon un contre-point absolu : le point de vue de l’iceberg, la fin du Titanic, loin de ne faire qu’un simple détournement, il expliquait lui-même les axes critiques par rapport à la logique de construction rythmique de l’image : « En fait c’est une remise en cause de notre rapport à l’image : dans les films à grand spectacle ou les séries TV, nous sommes sans cesse sollicités, voire agressés, par une activité extrêmement intense. Iceberg club est tout le contraire : nous pouvons vaquer à nos propres occupations mentales pendant le film, flâner, et d’une certaine manière être plus actifs face à l’image Lors de la projection du film, certains spectateurs sont montés sur la scène pour mimer une nage… Pourquoi pas ? ».
Avec Etrangement seuls, à partir d’un travail photographique s’établissant sur deux logiques : 1/ l’opacification totale de la scène, et donc la disparition de l’éclat; 2/ la mise en lumière/éclat d’un seul détail, voire d’un visage, Jean-Pascal Princiaux établit une fiction où des personnages analysent leur présence, leur rapport au réel selon les conditions de l’effacement de celui-ci par leur inclusion dans une logique de fiction. Ces analyses, reprises de Clément Rosset, qui combinent aussi bien théorie libidinale [construction du sentiment et de la part irréductible du mal] que réflexion dialectique sur la circularité de la représentation et de l’effacement de la présence, se construisent à partir d’une mise en situation sexuelle des protagonistes, au sens où ce qui excède la représentation semble bien tenir dans l’acte même de jouissance spontanée. Toutefois, comme le fait remarquer l’un des personnages, l’ingénieur, « toute force, toute parole libérée, est un tour de plus dans la spirale du pouvoir! ».
Ainsi le réel des personnages, de la fictionnalisation, n’est que le résultat d’une construction mentale d’une réalité, qui par oubli de son propre processus, se substitue à ce que pourrait être le réel, à savoir n’est autre que son double, parvenant à devenir l’original, en évinçant l’original, en le remisant dans le seul jeu d’un possible expulsé de toute représentation. Loin d’un simple travail esthétique de la photographie, nous l’aurons compris, Princiaux invite à une réflexion tout à la fois philosophique et politique sur le rapport à l’autre. Et c’est dans cette perspective que doivent être compris les enjeux du titre.
Quand on lit le texte, une chose étrange apparaît, tout à la fois nous faisons face à une continuité dialoguée et d’autre part, semblerait-il, seulement à une juxtaposition de monologues, comme si les paroles des protagonistes étaient totalement désajointées les unes des autres, comme s’ils répétaient un texte ne pouvant entrer en contact avec celui des autres, comme s’ils étaient enfermés dans leur crâne, tout monde commun implosant dans la seule représentation autistique en quelque sorte qu’ils s’en font. C’est bien ce qu’énonce d’ailleurs le médecin :
« Disons qu’il existe deux univers, expliqua le médecin. Le premier se trouve à l’intérieur de nos crânes… Une sorte de monde unique… Le second est ce que l’on nomme « univers phénoménologique ». Mais il n’est en fait que la somme consensuelle de tous les univers privés, augmentée à la rigueur des relevés objectifs des machines de tout poil. En conclusion, l’univers consensuel — parfois qualifié de « réel » — n’est lui aussi qu’un produit de la conscience. »
Et c’est ce dernier univers qui est atrophié par les liaisons entre les protagonistes, malgré la liaison à l’autre, Blanche, qui a lieu par la sexualité : éclat de réel immédiat et qui s’affranchit de toute reprise, étant immédiatement dialectisé dans un jeu de pouvoir et de représentation.
L’ensemble des photographies vient dès lors renforcer cette solitude de chaque protagoniste, ceux-ci étant isolés dans l’ensemble de scènes floutées, irréductiblement disparues. Les photographies montrent à quel point le réel n’est à considérer qu’en tant que « trace sur un écran ».
Ce livre paru en 2004, est indéniablement à redécouvrir, et à mettre en perspective avec l’ensemble des questions qui se posent actuellement quant à la représentation médiatique et à la construction de la réalité. De même il s’agit d’une invitation à redécouvrir Clément Rosset, dont les analyses n’ont aucunement perdu leur pertinence.
[livre] Jean-Pascal Princiaux, Etrangements seuls
Jean-Pascal Princiaux, Etrangement seuls, roman-photos [19 photographies couleurs], éditions PPT, 64 p. ISBN : 2-9517606-2-0, prix 12 €.
[site ppt] // Diffusion Éditions Sept [site]
4ème de couverture :
« On annonce un matin, à la radio, que Monsieur le Président est au plus mal; annoncée dans la soirée, la mort du président surprend [c’était donc bien cela A était donc bien A] »
Clément Rosset, Le réel et son double.
« Mélangez le bien et le mal, et votre intelligence vous permettra de survivre. »
Lt. Spock.
4 décembre 2006
[revues] La revue Livraison
Malgré son ambiance plutôt morne et son ronron poussiéreux (triste absence de Al Dante, Boxon estropié, car Gilles Cabut était grippé et Georges Hassoméris absent, résurrection de Nioques cadavre plutôt fantomatique que phénix, nouvelles jeunes revues déjà vieilles et peu sexy…heureusement qu’il y avait la joyeuse folie d’un Franck doyen et de 22(M)dp, ainsi que l’enthousiasme de Giney Aime et d’Incidences), nous avons découvert lors du Salon des revues trois revues stimulantes, qui existent déjà depuis quelque temps mais mieux vaut les découvrir tard que jamais : MU, Action Restreinte et Livraison. Nous parlerons tout d’abord de cette dernière, publiée par Rhinocéros, dirigée par Nicolas Simonin, (qui dirige aussi la structure de diffusion R-diffusion), et plus particulièrement du dernier numéro, le n°7, coordonnée par Manuel Daull et Chloé Tercé.
Livraison, revue d’art contemporain, n’est pas une revue littéraire, mais une revue d’art et d’écritures, de très belle facture, couverture glacée, 190 pages, sans être un objet lourd, mais au contraire souple, à l’intérieur en couleur, au graphisme épuré, efficace, et tout est bilingue anglais-français. Chaque numéro de la revue est thématique, et ce numéro 7 parle de « bribes / ratures / fragments ».
« « Notre situation postmoderne est caractérisée par la fragmentation ».
On peut regretter la fin des certitudes produites par des grands récits, des identités stables, des formes totales. On peut aussi faire le pari inverse : lâcher les gros mots et les métathéories globales — parce qu’elles sont inadéquates — et utiliser les fragments comme lieux pour des bribes de sens, pour de modestes tentatives d’empêcher la reconstruction des tentations totalitaires. »
Voilà comment débute cette revue. En effet, pas de défense d’une théorie unifiée et unifiante ni d’une pratique, ni d’une école chez Livraison, mais véritablement exploration transmédia d’un thème et confrontation des différentes pratiques de créations actuelles. On retrouve donc à l’intérieur artistes plasticiens, architectes, écrivains, musiciens, graphistes, photographes, ainsi qu’une pluralité de pratiques et de créations. Chaque participant a peu de pages, les travaux sont assez courts, et semblent fonctionner comme des fragments, des traces des œuvres des participants. Malgré les différences importantes entre les médias utilisés et les réalisations, cette multiplicité de pratiques est pourtant très cohérente, le thème est exploré de toute part, jamais de façon démonstrative ou illustrative, mais bien problématique ; et il est intéressant de voir les convergences et les divergences sur le sujet entre les artistes. Le rapport aux médias est intéressant, car il y a un véritable brouillage des genres et des appartenances, la question ne se pose alors plus, et l’exploration de la thématique en sort renforcer. Des architectes font de la photo, des plasticiens de l’écriture, des écrivains des oeuvres visuelles…
Le thème donne donc lieu à des travaux d’écriture sans pour autant être strictement littéraires, et à des travaux plastiques qui questionnent l’écriture. Le texte de Frédéric Dumont, « Condensations pour n décimales de PI [fragment.1.] », est en fait plusieurs blocs de chiffres dans lesquels on distingue à l’intérieur des fragments de phrases. Langage émergeant de l’informulée abstraction, suite de nombres elle-même fragment d’une suite infinie, qui est pris dans ce magma numéraire, pour un faire un matériau poétique au même titre que les lettres. Questionnement du rapport entre structure du langage, de l’écriture et celle du monde, de l’espace, de la matière, que l’on retrouve dans son petit livre Monde. On pense alors au travail d’Espitallier dans son Théorème. Le texte de Manuel Daull, dans une veine/verve proche de celle de Pennequin dans la première partie, est très différent dans la seconde, il crée une déstructuration du prénom John (renvoyant à Steinbeck, Cassavetes, Cage…), par une fragmentation rythmique du texte, comme ayant subi un bug informatique ou ayant été scandé mécaniquement pour en faire une sorte de partition qui appellerait une expérience sonore.
On trouve ensuite encore deux autres textes qui puisent chez les poètes contemporains, celui d’Emmanuel Adely, qui fait un agenda de ses achats avec prix, dates, lieux, dans une logique très proche de celle de Anne-James Chaton, et celui de Jean-Louis Py, qui entoure et barre des phrases dans un texte préexistant, technique du cut bien connue, que pratique notamment de la même façon depuis longtemps Lucien Suel dans ses « poèmes express ». Hugo Pernet donne un texte sibyllin, seuls quelques mots et traits sur des pages d’autant plus blanches et silencieuses, travail énigmatique, qu’il faudrait développer pour en comprendre la cohérence. Seul le texte de Christophe Grossi, poème assez lyrique et narratif sur le corps, se détache des autres travaux littéraires par son classicisme.
Moins littéraires, et plus tournés vers l’interrogation de l’écriture, il y a le texte de Christophe Fourvel qui fait un « portrait de femme magnifique », celui de « Magdalena, dans la Dolce Vita », description romanesque de cette femme fascinante selon une formule assez facile, alors que le texte de Vivien Philizot, « Iconographie de Steven Seagal », lui aussi dans l’écart-rapport entre littérature et cinéma, est plus drôle et intéressant. Il y a aussi des fac similés de listes de courses de Hervé Roelants, ready made du quotidien, jolie visuellement, illustrant bien le thème, mais que dire d’autre ? et les écritures-dessins de Matthieu Messagier sur la notion de rature, sujet mieux exploré chez Charles Mazé, qui nous montre des extraits, des fragments de ses « exTraits », tracés produits par des machines qu’il a lui-même conçu pour produire des dessins aléatoires en grands formats, sorte de sismographies, presque musicale dans leur mouvement, qui semblent retranscrire de multiples vibrations ou intensités, on pense à Michaux mais à un Michaux mécanisé.
Pour les travaux plus plastiques ou autres, il faut souligner les « captures » de Toeplitz, partition pour ses créations sonores et chorégraphiques qui sont de véritables poèmes visuels, graphiques, dommage que les reproductions soient si petites. Ou encore la très belle suite photographique de Thierry Genin, qui a photographié toujours de la même façon les activités de jardinage sur son balcon de son voisin d’en face, durant toute une saison, ce qui produit une sorte de BD muette, mais dans laquelle on peut lire toute une histoire…
Ainsi, si les travaux littéraires ne sont pas très étonnants, ils n’en sont pas moins de qualité, et l’ensemble de la revue est vraiment très bien élaboré et intéressant ; les pratiques plastiques, littéraires, visuelles, se répondent, s’interrogent, et on en arrive presque à se dire qu’il y a plus de littérature dans certaines propositions plastiques ou visuelles que dans des travaux poétiques de certains revues littéraires.
Livraison est véritablement une revue transdisciplinaire, qui relie et confronte de façon très stimulante des travaux hétérogènes sans être dans la dispersion ou la juxtaposition, ou comment la différence et le fragmentaire crée néanmoins de la cohérence et du continu.
NB sur Rhinoceros :
En cette période de reconfiguration des structures éditoriales et des espaces de production artistique, il nous paraît intéressant de parler de la structure Rhinoceros, basée à Strasbourg, association artistique qui organise, met en relation, diffuse des travaux et pratiques d’arts contemporains, mais qui est aussi ouverte aux nouvelles écritures.
Leurs activités, qui ont débuté en 1996 par des expositions dans un atelier, sont l’organisation d’events, de rencontres, de conférence, d’expositions, mais aussi l’édition. Ils publient la revue Livraison, ainsi que des livres et ouvrages d’art, des catalogues réfléchis d’expositions, comme Trouée, perforations, laps de Dominique De Beir + Eric Suchère (2004), des badges créer par des artistes (projet PIN-UP~badges by artists). On peut noter chez eux ce souci de trouver pour chaque œuvre, objet, idée un vecteur spécifique de présentation, d’exposition, de diffusion et « de créer à chaque fois une économie nécessaire à [nos] actions » disent-ils dans un entretien pour le Matricule des Anges.
Comme il est écrit sur leur site, « il n’y a pas d’artistes labellisés rhinoceros, aucune écurie de galerie stable, pas de galerie d’artistes, juste une histoire de réactions en chaîne – que des praticiens ou des acteurs, ou des amateurs du monde de l’art, de passage en quelque sorte, dans un temps et une rencontre donnés. Il n’y a pas de définition possible de rhinoceros si ce n’est la liste des gens qui y participent d’une manière ou d’une autre de façon durable ou pas, même si l’on peut parler de structure d’art associative qui cherche à adapter constamment ses réflexions et ses supports d’apparition en fonction d’un propos – qui crée chaque fois l’économie nécessaire à ses actions autant que leur diffusion, une structure qui cherche à être d’utilité publique, je crois, indéfinie tout simplement »
Cette structure ouverte qui privilégie l’hétérogénéité des croisements à la défense d’une ligne nous semble intéressante ici car elle met en relation la littérature, avec d’autres formes d’écritures, plastiques, vidéos, etc… qui viennent des arts contemporains, et car elle réfléchit à l’économie particulière qu’il faut développer pour défendre de façon pertinente et efficace tel ou tel type d’objet dans l’état actuel
Nous parlerons aussi bientôt des éditions ère et PPT, qui nous semble être dans cette même dynamique de création et de réflexion sur la littérature/l’art, ses supports, et ses vecteurs de diffusion et de circulation.
9 octobre 2006
[Chronique] L’Angélique et l’obscène de Hervé Castanet par Philippe Boisnard
[+ présentation du livre de Hervé Castanet]
Joël-Peter Witkin nous pose face à une incongruence. L’enfant abeille de 1981, nous y confronte. Incongruence de la symétrie, incongruence du sujet dont il est question là : enfant-adulte, au sexe visible, masqué, tronc dépourvu de bras, aux seuls membres constitués de cercles concentriques, asymétriques. Et si les photographies de Joël-Peter Witkin travaillaient en cette fêlure de la symétrie, dans l’écart entre ces deux circularités? Et si les oeuvres de Witkin avant d’être interrogées au niveau de la visée de leur auteur étaient à penser d’abord et avant tout à partir de l’effet qu’elles accomplissent sur notre regard? Non plus à partir de leur fondement mais selon l’incongruence entre celui qui voit et ce qui est vu, l’incongruence peut-être en définitive posée dans la photographie, provoquant dès lors une forme de pensée incongrue, voire scandaleuse dans celui qui regarde ?
Hervé Castanet écrivant sur Witkin, commence d’emblée par poser les conditions épistémologiques et psychanalitiques du rapport que l’on peut avoir à son oeuvre. Non pas psychanalyse appliquée à l’oeuvre, devant tirer les fondements inconscients de l’auteur à travers l’oeuvre, mais davantage psychanalyse impliquée, qui « oblige à une rigoureuse politique des conséquences — soit que les artifices des semblants et les constructions de simulacres ne peuvent faire l’économie d’un réel à l’oeuvre » (p.8). De quoi s’agit-il donc ? Au lieu de focaliser sur l’artiste, il s’agit de saisir en quoi elles font effet, dès lors de saisir dans le regard même de celui qui regarde ce qui s’y passe, et en ce sens pour un psychanalyste non pas d’appliquer le speculum sur la photographie, mais de l’impliquer dans l’effet que la photographie accomplit pour celui qui la regarde. Non plus extériorité, mais conjugaison et relation. Hervé Castanet développe cette approche à partir de celle que Freud eut, lorsqu’il décrit sa relation au Moïse de Michel-Ange : « je voulais les appréhender à ma manière, c’est-à -dire me rendre compte de ce par quoi elles font effet » (p.11).
Il s’agit donc de saisir un effet et non pas une cause inconsciente. Donc de se détourner de ce qui est revendiqué en tant que démarche propre, explicitée par le photographe, ou de ce qui est projeté en tant qu’étant sa démarche. Ange ou démon, en ce sens peu importe, car il ne s’agit pas de saisir cela. Mais tout au contraire, comme le précise par la suite Hervé Castanet, de comprendre la photographie en tant qu’écriture, qui si elle a sa littéralité, cependant dans ses marges visibles, implique une densité littorale pour reprendre ici le vocable de Lacan : n’est pas seulement pensé l’automaton de l’oeuvre, sa présence articulée, mais est pris en vue ce qui la borde mais qui reste invisible, ce qui la borde : ratures, cassures, silences. En bref en un sens lacanien, le réel sur lequel se brise le langage, le réel qui ne saurait être repris (dialectique) dans la positivité de la représentation. « Est litttoral ce qui dessine les traces silencieuses de cette cassure… au bord du trou » (p.15).
C’est pourquoi, voulant inscrire dans son essai cette littoralité qui en lisière d’oeuvre sous-tend la littéralité des photographies de Witkin, Hervé Castanet travaille à des approches très précises de deux oeuvres surtout : 1/ Le prince impérial, et 2/ Homme au chien.
Ce qu’analyse Castanet, c’est en quel sens, Witkin, voulant dépasser la construction de la représentation sociale du corps, qui véhicule en elle des normes et cela selon le pouvoir propre de ses instituants symboliques, au lieu de tendre vers le désoeuvrement d’un réel violent qui romprait avec toute logique de construction (immanentisme corporel des avant-gardes) justement sur-détermine par sa photographie ce qui était de l’ordre social dans des mises en scène ultra-sophistiquées, qui exigent pour lui de plus le geste d’une réécriture à même la photographie. « La dénonciation des semblants passe par d’autres semblants théâtralisés » (p.27) [et selon une telle perspective on pourrait compreendre l’intérêt problématique qui lie Castanet à l’oeuvre de Prigent, qui scripturalement me paraît tenir du même ressort que celle de Witkin] . Le fait de montrer qu’il y a une négativité à l’oeuvre dans la représentation sociale, ne tient pas au dévoilement de cette négativité, mais au fait de laisser se produire non pas seulement une nouvelle construction, mais aussi tous les effets littoraux de cette négativité. Et ceci en direction de quoi ? En direction d’une esthétisation de la création de Dieu — ce que revendique Witkin lui-même — en tant qu’elle nous impose une pensée incongruente : la monstruosité dévoilée en sa beauté, car ce n’est pas tant la construction humaine qu’il s’agit de voir [ce qu’il déconstruit dans ses tableaux, reprenant certaines oeuvres et les transgressant par la déconstruction de leurs logique signifiante], et donc ses limites posées comme lois de représentation, mais « que la réalité de la chair vivante ou morte est une création de Dieu » (Witkin). Ce qui signifie que la photographie présentant une hyper-esthétisation déplace l’enjeu de toute reprise du corps : non pas le neutraliser dans les stratégies représentationnelles, mais permettre par ses stratégies de re-trouver ce qui est perdu dans toute représentation. Et c’est en ce sens que la photographie de Witkin tente la conquête d’une fondamentale incongruence pour le regardeur : un déplacement des acquis de la représentation. Mais c’est aussi en ce sens, tel que le montre in fine Hervé Castanet, que Witkin ne peut s’affranchir du jeu de l’obscène dans l’avènement d’une identité qui en viendrait nier la réalité incongruente, tel qu’il l’explique à partir des photographies du trans-sexuel opéré Maria Harrow. Si le modèle de l’Homme au chien est pré-opératoire, et impose au regard cette instabilité de ce qui est vu, Maria Harrow justement transcende par le sexe qui creuse l’ancienne place du pénis l’oscillation de son genre en réalisant la nouvelle identité de son être, venant ainsi rompre une certaine forme d’inquiétude de ce qui là est vu.
Ainsi Witkin pour Castanet ouvre à une théologie de Dieu dont la création loin de renvoyer au cosmos, à la perfection éternelle, est celle du mal. « Il montre à Dieu ce que ses propres créatures peuvent faire d’ans l’horreur, l’abject (…) Il offre à Dieu les formes (=le mal) de sa création ».





