Libr-critique

26 février 2007

[Livre] Philippe Beck, Chants populaires

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beckchants.jpgPhilippe Beck, Chants populaires, Flammarion, 2007, 230 pages, 18 € ISBN : 978-2-0812-0086-9
La quatrième de couverture est constituée d’un extrait capital de l' »Avertissement » :
Les Chants populaires dessèchent des contes, relativement. Ou les humidifient à nouveau. Par un chant objectif. Un conte est de la matière chantée ancienne, intempestive et marquante, à cause d’une généralité. (…) Jacob Grimm disait d’ailleurs à Arnim : « Nous n’avons qu’un souhait : c’est d’encourager des recueils du même genre ». Les ailes du conte brut sont gardées ici, comme des fleurs d’anonymat qui durent. Sur elles « une goutte de rosée retenue au creux d’une feuille étincelle des feux de la première aurore ». En principe. Les morceaux précieux de la poésie d’art ancienne colorent la rosée moderne. Les Chants populaires ou contes lyriques sont des chants impersonnels, non pas des chansons, fondés sur la légende de comportements anciens, dont chacun peut s’inspirer.

25 février 2007

[Livre] Tanger / Marseille, collectif

tanger194.jpgTanger / Marseille, un échange de poésie contemporaine, éditions CIPM, collection IMPORT/EXPORT, ISBN : 2-909097-54-4. 15 €.
[site du CIPM]
Ont participé à ce projet : Yassin Adnan, Mehdi Akhrif, Jean-Michel Espitallier, Emmanuel Hocquard, Claude Royet-Journoud, Abdallah Zrika.
Edition bilingue, en français et en arabe.
Extraits de la préface :
Le principe de ces échanges se veut simple et efficace.
Trois poètes français et trois poètes d’un pays étranger se rencontrent d’une part à Marseille et d’autre part dans une ville du pays concerné afin de traduire et d’être traduit collectivement.
Ce travail de traduction collective donne lieu à une lecture dans chacun des pays à la suite de l’atelier de traduction et à une publication bilingue de l’ensemble des textes en langue originale et en traduction.

Les échanges se déroulent en deux temps :
[+] une première session d’une semaine lors de laquelle les poètes français sont accueillis dans un pays étranger et traduits collectivement par les poètes étrangers avec l’aide d’un technicien de la langue. À Tanger, nous avons été accueillis lors du salon du livre international, en janvier 2003, par l’Institut Français que nous remercions vivement pour son engagement et son soutien.
[+] Une seconde session d’une semaine lors de laquelle les poètes étrangers sont accueillis à Marseille au CIPM et traduits collectivement par les poètes français avec l’aide d’un technicien de la langue. Pour cet échange Tanger/Marseille, la session de Marseille a eu lieu en juin 2003, avec l’aide de Mohammed Hraga. Chacune des sessions se clôt par une lecture publique et bilingue.

À ce propos :
Nous présentons ce travail en document introductif à notre reportage participatif à Tanger pour le 11ème salon international du livre, car non seulement ce travail initié par le CIPM a eu lieu durant ce salon en 2003, et ceci en partenariat avec l’Institut français du Nord, dont nous avons mis en ligne la conférence de presse de son directeur Gustave de Staël, mais en plus cette rencontre croisée pose bien évidemment la question de la langue, de l’étranger dans la langue. En faisant se rencontrer des poètes de langues différentes, et en les conduisant à la traduction, il s’agit bien de poser la question de l’incorporation dans sa langue de l’étrangeté d’une autre langue. Qu’est-ce qui se joue dans sa langue, quand son texte est dit selon une autre grammaire, un autre vocabulaire, voire ici une autre origine, puisque le français étant issu de l’indo-européen comme le grec par exemple, alors que l’arabe est une langue sémite, comme l’hébreu. Qu’est-ce qu’accueillir l’autre dans sa langue, accepter les effets diffractoires de la traduction qui ne son jamais pourtant des essais d’effraction ?
Nous le comprenons, il s’agit de la mise en tension de cet écart, aussi bien géographique pour ces six poètes, que linguistique qui se joue, se noue et dénoue dans ce livre collectif./PB/

17 février 2007

[Livre] Vox Hôtel, collectif, présenté par Jean-Paul Curnier et L’art e vivre

vox-hotel.jpgVox Hôtel, éditions Néant, présenté par Jean-Paul Curnier et L’art de vivre, 157 p. accompagné de 3 CD-audio. ISBN : 2-914655-04-5, 25 €.
4ème de couverture :
9 textes
9 pièces sonores
Neuf auteurs, neuf formes totalement différentes de travail, neuf univers littéraires singuliers où les sonorités, les sculptures opérées dans la langue et dans les mots sont une façon à chaque fois unique et absolument aboutie de faire émerger du sens.

À l’invitation de Jean-Paul Curnier et de l’Art de vivre, Stéphane Bérard, Jean-Michel Espitallier, Christophe Fiat, Suzanne Joubert; Sabine Macher, Vannina Maestri,Nathalie Quintane, Jacques Sivan et Laurence Vielle ont écrit neuf pièces sonores, réalisées à l’Atelier de création de L’Art de vivre dans un esprit d’expérimentation et d’invention adéquate à chaque oeuvre.
C’est l’aboutissement de ce parcours qui est présenté ici sous le nom de Vox Hôtel.

Premières impressions :
[lire la chronique.]

15 janvier 2007

[Livre] Jean-Marc Baillieu, La Bienséance

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La Bienséance de Jean-Marc Baillieu [version augmentée], publié par l’association Autres et pareils, 19. p. ISSN: 2-916252-05-3 // ISSN: 1263-9729, 4 €
[site de l’association]
4 ème de couverture :
« Des heures durant, voire des jours et des nuits, des mois peut-être, ne réfléchir que ces deux citrons et cette orange déposés dans une coupe de fruits sur un sachet en polyuréthane diaphane. »
Jean-Marc Baillieu est l’auteur, entre autres, de Ma résille aux éditions Spectres Familiers/CIPM, collection le refuge [1998] ; L’éparpillement des sites aux éditions Spectres Familiers [2000] ; Poudre de riz sonore ainsi que Gu Wei Jin Yong aux éditions Le Bleu du ciel en 2001 et 2004. En 2007, il publiera L’inconstance aux éditions Spectres Familiers. La Bienséance [augmentée] est le deuxième livre que publie Contre-Pied après ARRAS ou La rectification du Pas-de-Calais en 1999.

Premières impressions :
[lire la chronique]

8 janvier 2007

[Livre] Philippe Charron, Supporters tuilés

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Philippe Charron, Supporters tuilés, Repas alternés d’épreuves, éditions Le Quartanier, 101.p. ISBN : 978-923400-15-0, 12 €
[site du quartanier]
charron163.jpg4ème de couverture :
Du pain et des jeux. Tôt ou tard, faire voeu de continence. Les exercices des porteurs de bols et les empilages de tests articulaires renvoient à des effets ostentatoires, élimination comprise. Le maraudage, lui procède par lobs elliptiques. Sur double des parties inscrites, les fractures sont diligentes. Efficace coups de filets, propres, même s’il n’y a pas partie du siècle. La rumeur veut que l’on gagne des gaminets si l’on mange gros. Que dirait Lord Sandwich de cette régression ? Qu’importe, il aura laissé derrière lui un plat qui est loin de faire manger schématiquement. Sans propriétés, sans être diffus, les conduits avancent, reculent, retournent, puissamment à la carte.

Premières impressions :
Supporters tuilés, fait partie de ces livres qui, lorsqu’on les voit par hasard dans une librairie (de plus en plus une nostalgie pour les défricheurs), attire tout de suite la curiosité. Peut-être qu’une telle attitude arrivera avec internet… Pourquoi ce livre attire ? Une très belle maquette une nouvelle fois réalisée par Le Quartanier, ici en la personne de Christian Bélanger, et d’autre part un titre intriguant, attisant la curiosité, notamment lorsque l’on lit les deux sous-titres : « repas alternés d’épreuves », « tirer transposer tenir joindre mettre déplacer tenir mettre traîner ». Comme j’y reviendrai dans les prochains jours, nulle déception à la lecture de ce texte, très bien construit, qui contient énormément d’humour et qui porte une réelle charge critique sur certains modes occidentaux, car « elle est ici l’arnaque : On stigmatise l’imitation de l’imitation; On quantifie du pareil au même; On formalise le simili ».
Le Quartanier, assurément, par le sérieux de son travail et la qualité des textes choisis, même si tous ne se valent pas, peu à peu apparaît comme une des maisons d’édition importante dans le champ de la poésie contemporaine. /PB/

28 décembre 2006

[Livre] Mylène Lauzon, holeu-lone

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Mylène Lauzon, holeu-lone, éditions Le Quartanier, 93 p., ISBN: 978-2-923400-17-4, 12 €.
[site de l’éditeur]

lauzon151.jpg 4ème de couverture :
J’aurais aimé qu’il soit de ceux qui savent sortir du bruit. Mon intention est que dans le bruit il réussisse à se créer une allée. Que cette allée soit protégée de murs. Que dans ces murs il n’y ait aucun trou. Que le seul trou qui soit soit l’entrée dans l’allée. Qu’il puisse avancer dans le trou d’un bruit qui signifierait vraiment sortir, partir. Pour que je l’en empêche

Premières impressions :

[lire la chronique]

20 décembre 2006

[Livre] S.O.S Albatros de François Vert

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François Vert, S.O.S Albatros, éditions Contre-Pied, 27 p. ISBN : 2-916252-04-5, ISSN : 1263-9729, 4 €.
[site]

vert149.jpg 4ème de couverture :
« je soupe en pantoufles »

« je mange à la va-vite »

« Je me consacre aux roses »

François Vert a publié dans les revues Action Poétique et Java. SOS Albatros est sa première publication séparée.

Premières impressions :
Le titre original de ce petit texte publié par Contre-pied est celui-ci : SOS Albatros, ou trois études en vue d’une réintroductiob de la truite et du saumon dans les eaux de la Seine et de ses affluents. Cela pourrait être étrange pour un petit traité de callistique au niveau des vers, si ce n’était que François Vert joue avec son titre sur un double registre : à la fois au niveau du signifiant et au niveau de ce qui est signifié.
Au niveau du signifiant, le titre est une mise en application approximative de la théorie qu’il développe par la suite, voici : s.O.S albatrOS, ou trois études en vue d’une réinTRoduction de la TRuite et du SAUmon dans leS EAUX de la SEIne et de SES affluents. Certes, cette déclinaison n’a pas la qualité calligène que lui-même insuffle à partir de son traité. Car le but de ce traité est de fournir une nouvelle règle de versification fondée sur la redondance phonétique au niveau des vers. Il s’agit bien alors de sauver le poète, qui tombé dans le monde, ne voit plus comment versifier et trouver de beauté. Baudelaire n’est pas loin, l’albatros non plus.
Sauver par une nouvelle règle de versification : ce traité explique comment donner de la beauté dans un vers :
ex : « Attendant mon éPOUX POUr le désabuser » ou encore « Que le soleil déssèCHE AUX CHAUDS jours de l’été ».
Comme nous le percevons, une réelle harmonie sort de cette versification et donne à contempler la qualité calligène de la redondance phonétique.
On l’aura compris, ce petit traité qui se décompose en plusieurs parties très didactiques [Première étude, épellations primitives, étude n°2 : combinaisons libres, étude n°3 : versification calligène, appendice et manifeste] est empli d’humour et de fantaisie, et il se lit avec beaucoup de facilité tant les jeux entrepris et l’inventivité de cette nouvelle qualité de versification est amusante et justement maladroite quant à ses résutats : ainsi en reprenant Corneille : « D’une atTEINTE IMprévue aussi bien que mortelle », il y a du HerGÉ GÉnéré…. /PB/

16 décembre 2006

[Livre] En tous lieux nulle part ici [une anthologie], Henri Deluy

En tous lieux nulle part ici [une anthologie], de Henri Deluy, éditions Le bleu du ciel, collection biennale internationake des Poètes en Val-de-Marne, 270 p. ISBN: 2-915232-32-6. 22 €.

biennale148.jpg4ème de couverture :
La huitième Biennale des poètes en Val-de-Marne s’est déroulée du 16 au 27 novembre dans de nombreuses villes de ce département de la région parisienne, mais aussi à Paris, à Marseille, à Nantes, à Strasbourg, à Bagnolet (en Seine-Saint Denis).
Nous présentons, dans cette anthologie, des poèmes pour la plupart inédits, de tous les poètes, d’ici et d’ailleurs, de la Russie, à l’Iran, de l’Angleterre à l’Islande, de la Palestine au Pérou, de la Pologne au Vietnam… dans la diversité des personnalités et des écritures, dans la différence des générations et des pratiques de la traduction.
Pour aimer et comprendre.
H.D

Premières Impressions :
C’était la dernière Biennale des Poètes en Val-de-Marne qu’Henri Deluy dirigeait. Il a laissé la main, comme il l’a lui-même dit à Jean-Pierre Balpe, qui a par ailleurs présenté la dernière soirée de lectures, qui étaient consacrée aux nouvelles formes poétiques émergeantes, avec entre autres Laure Limongi, Philippe Boisnard, Emmanuel Rabu, Mathilde Ribaut et Patrick Dubost. Cette biennale comme il ‘explique parfaitement, plus que de seulement montrer et donner à entendre des poètes, réunis pendant quelques jours des poètes du monde entier, et permet entre eux des échanges féconds.
Avec cette publication, il permet aux lecteurs, et à ceux qui n’étaient pas présents pendant cet événement de découvrir, certes sans la voix, les textes de chacun des intervenants.
C’est en ce sens que l’on pourra lire l’étrange texte d’Emmanuel Rabu, extrait de +/-, où s’interpénètre bio-technologie et culture cyberpunk,
ou encore le Bic & Bouc de Charles Pennequin, qui nous plonge immédiatement dans sa langue en apnée à travers la question de notre devenir, de notre devenu, de notre devenir en revenu, de notre devenir sans revenu,
ou bien aussi le texte de Jean-Michel Espitallier, 58 propositions sur la vie et sur la mort, qui travaille comme ce fut le cas avec Logo-mecanicus, l’absurdité rhétorique de séquences logiques en ligne de fuite,
ou bien encore, la surréalité de Tango-Nuit de Patrick Dubost, si imagée, nous tirant dans les dédales temporelles de contes absurdes : « Ce que je va je vais vous dire / maintenant / a été enregistré / demain. / Demain je vous parle / d’une ville dont j’ignore tout. »

14 décembre 2006

[Livre] Christian Prigent, peep-show

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Christian Prigent, Peep-show (roman en vers), Le Bleu du ciel, 124.p, ISBN : 2-915232-21-0, 15 euros.

peepshow147.jpg4ème de couverture:
Sujet : « encyclopédie en farce du rapport (sexuel) raté ».

Peep-Show a d’abord été publié, en 1984, par les éditions Cheval d’Attaque, dans la collection dirigée par le collectif TXT dont faisait partie alors l’auteur.

[Livre] Lucien Suel, Transport visage Découvert

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Transport Visage Découvert de Lucien Suel, éditions Le dernier Télégramme, 14. p, ISBN : 2-9524151-4-5, prix : 5 €.
[site du Dernier Télégramme]
adresse: Le dernier Télégramme /39 rue des Arènes / 87000 Limoges

sueltransport146.jpgExtrait :

Je dis rouge.
J’entends jaune
Je sens bleu.

IMAGE DE LA CARESSE CARESSE DE L’IMAGE IMAGE DU GOÛT.
Les puces prolifèrent colonisent le temps & l’espace. Pour encore oser, Cosmik Galata se laisse glisser à terre au risque d’empoussiérer son pantalon de tergal noir. Depuis le début de l’histoire, deux films se déroulent ensemble comme si l’ordinateur avait ouvert en même temps Real Player (le joueur pour de vrai) et Quick Time (Le Temps vite). Dans cette méditation les microprocesseurs sont perturbés par la folie de l’Histoire.
Sang bleu coulant dans le sable vermillon.
Nu dans l’inter-fréquence, toujours actif, ce mec a vécu 33 ans depuis longtemps jusqu’à ce bon vendredi d’avril à Lille. Pour se contenir, il faut se vider. C’est un imparable paradoxe. Thérèse Davila, on la retrouve, elle caresse sa souris de plastique et cette caresse provoque de temps à autre l’éveil d’un virus endormi. Accrochée au sein des fichiers, une routine mutante met en péril la République.

Premières impressions:
Nous sommes très heureux de parler, tout d’abord, des éditions du Dernier Télégramme dirigé par Fabrice Caravaca, qui développe peu à peu une belle édition de poésie contemporaine liée à la modernité critique, voire politique, comme cela se voit aussi bien par le premier texte publié Action Writing [ici], que par celui de Christophe Manon L’éternité, dont nous parlerons prochainement. Le travail éditorial est de qualité, les textes choisis pertinents, même si, sans réel risque, au sens où tous les auteurs publiés sont déjà reconnus, et ce type de littérature déjà intégré éditorialement. En ce sens, nous espérons, que Fabrice Caravaca s’ouvrira à d’autres perspectives d’écriture.
Ensuite, parlons de ce petit texte de Lucien Suel, qui est publié dans la collection Longs Courriers, qui d’après ce qu’indique le catalogue (avec celui de Charles Pennequin) semble témoigner de textes plutôt un peu manifeste, de textes correspondances. Le texte de Lucien Suel apparaît s’inscrire dans une tradition qu’il connaît bien celle des Beat. Longue prosodie où l’on suit Cosmik Galata, « policier, flicaillon, cop, bourre », prosodie dont on ne peut pas ne pas entendre la voix de Suel lorsqu’il lit seul ou accompagné par Arnaud Mirland, prosodie rythmée de séquences qui viennent comme battre, régulièrement le tempo, marquer un refrain par séquençage. Ce texte est véritablement musical, et il retrace notre temps à travers trois personnages « William Lee (Le Pasteur), Cosmik Galata (Le Vieux Rocker), Thérèse Davila (La Madone des Sleepings Bags) », notre rapport au temps via la tranformation du monde opérée par les technologies, rapport aussi à notre corps, à nos sensations, avec ou sans intermédiations. En bref, un très bon petit livre à découvrir !

12 décembre 2006

[livre] Virgile Novarina, L’aile a dit une chose. C’est vachement important.

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Virgile Novarina, L’aile a dit une chose. C’est vachement important.
postface de Daniel Leuwers
éditions ragage. ISBN : 2-915460-29-9, 164 p. (livre non paginé), 16 €.
[site]
adresse : Ragage éditeur, 90 avenue Charles-de-Gaulle, Neuilly 92200.

novarinavirgil145.jpg4ème de couverture :
La numérotation des écrits et dessins de nuit a commencé en 1995, il y en a aujourd’hui 4200. Ce livre contient tous les écrits et dessins de nuit d’un voyage en Allemagne et en Autriche du 14 juillet au 14 août 2005. Ils n’ont été ni triés ni sélectionnés, ils sont reproduits dans l’ordre où ils ont été faits.

Premières impressions : lire la chronique.

29 novembre 2006

[livre] Christophe Manon, Constellations

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Christophe Manon, Constellations, musiques de motif_r et Yod, Estampes de Pierre Tournier; éditions Ragage, livre + CD, 55 p., ISBN : 2-915460-26-4, 16 €.

Extrait (nous ne donnons à lire que le texte, car l’ensemble du poème est spatialisé, mots en liberté, ou encore concrète-poésie) :

s y m p h o n i e s t e l l a i r e

courbes et droites en nombre infini suspendues dans l’ovoïde couvertureespace outremer
spirales en circulation libre
rayonnement de FORCES à travers molécules et particules

passe un rêve d’étourneaux
montent les silences du coeur du silence
et la contemplation saisit les graminées en plein vol
nappes d’AMOUR sur les seins blancs de la mer indécise

Première impression :
4ème de couverture Dans l’interview que nous avons fait lors du salon light#3, Christophe Manon et Antoine Dufeu, qui travaillent ensembles aux éditions IKKO, parlaient du lyrisme. Lorsque l’on lit cet hymne à l’univers, au cosmos, tout à la fois en équilibre et en mouvement, en bouillonnement, il est certain — et l’extrait ici en témoigne — qu’un certain lyrisme apparaît. Mais loin d’un retour, il est sans doute ici question de la création d’une ligne de fuite de ce que l’on nomme communément le lyrisme, et l’aspect formel, des mots et des graphies semble venir confirmer cette ouverture en perspective d’un nouveau lyrisme./PB/

17 novembre 2006

[livres] Fils de pute, de Eric Pougeau

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 14:44

Fils de pute, de Eric Pougeau, éditions du Professeur, éditions F.L.T.M.S.T.P.C. ISBN : 2-9527305-0-4. 20 euros. Non paginé. 126 p.

Nous avons redécouvert avec joie au Salon Light#3 du Point éphémère à Paris, organisé par le CNEAI le 11 et 12 novembre, une réédition du livre de Eric Pougeau, Fils de pute, que nous avions découvert en 2004 grâce aux éditions du 57, lors des rencontres autour de l’édition indépendante que nous avions organisé avec Trame Ouest au centre Noroit.

int-pougeau-02g.jpgFils de pute est un livre terrible, tout noir, avec juste sur la couverture, une pierre tombale, dans laquelle est gravé « Fils de pute », en quatrième de couverture, la même chose, mais gravée « salope » (pierres véritablement réalisées par Eric Pougeau), il s’ouvre sur la photo d’un enfant, sous-titrée d’une écriture enfantine disant « Ne me cherchez pas, je suis mort ». Cette très belle nouvelle édition faite par les éditions du Professeur et les éditions F.L.T.M.S.T.P.C (dirigées par Stéphane Prigent), édition de luxe par rapport au premier tirage, est divisée en plusieurs chapitres, « Les enfants », « Le docteur », « Eric », « L’école », « La chambre », « Le sang », « Papa », « Maman ». On y trouve des fac-similés de lettres de parents à leurs enfants « Les enfants, nous vous observons. Nous allons vous tuer par surprise. Vous êtes notre chair et notre sang. A plus tard. Papa et maman. », Les enfants, nous allons vous kidnapper et vous donner à nos chiens. Vous êtes notre chair et notre sang. A plus tard. Papa et maman. » ; des ordonnances médicales qui prescrivent dix commandements tel « Tu mutileras. (1 matin, 1 soir) », « Tu lécheras ta mère. (1 matin, 1 soir) », « Tu te branleras face caméra. (1 matin, 1 soir) » ; des conjugaisons qui conjuguent les verbes « torturer », « assassiner », « mutiler » au présent et des prières morbides à Dieu sur des cahiers d’école. Le livre se termine sur une sorte d’anti-morale désespérée : « Mes chéris, quand papa et maman mourront, vous serez seuls puis vous mourrez aussi. À ce soir. Maman. »
int-pougeau-03p.jpg Tel un album de famille, ce livre semble recueillir les secrets, les fantasmes ou les pulsions morbides d’un enfant déjà adulte, travaillé par l’angoisse et la violence, ou d’adultes éternellement enfants, qui jouent à conjuguer la vie et la mort de façon absurde et monstrueuse. Ce livre brut et noir, de par son diagnostic sur la vie et son humour, est une sorte de bréviaire cynique et glacial sur la mort, qui provoque à la fois effroi et hilarité. Traces post-mortem ou fictionnel de sortes de fait divers à la limite de l’impossible, il témoigne, de façon extrême, de la banalité du mal et de notre impossibilité enfantine à le concevoir autrement de façon exacerbé.
Eric Pougeau fait là (mais aussi en galerie, cf interview sur Foutraque.com) un travail artistique politique radical, il provoque, de façon amorale, plus immorale : « Pour moi, la morale est par extension le début du mal. Dès l’instant où il y a une morale, il y a du mal. Toute cette correspondance que j’ai réalisée, des enfants qui reçoivent des lettres de Papa Maman, c’est un travail qui au départ parlait de cette faculté qu’on a tous autant qu’on est, à digérer la violence » dit-il dans une interview sur Paris-art.com
Il interroge la question des normes sociales, de la famille, en ces temps où toucher à la question de l’enfance et de son rapport au sexe et à la mort est très sensible ; mais il fait aussi un travail d’écriture, sur le langage et sa possibilité à dire l’impossible.

Stéphane Prigent, l’éditeur, a aussi participé à une joyeuse performance noise au Point éphémère dont vous pouvez voir la vidéo [ici].

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9 novembre 2006

[livre] Routines de Nicolas Tardy (éd. de l’Attente)

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Routines de Nicolas Tardy, éditions de l’Attente, 116 p. [non paginé],tardy125.jpg ISBN : 2-914688-51-2, 11 €.
[site de l’auteur]
commander le livre : Cuisines de l’Immédiat / Éditions de l’Attente / 248 rue Sainte-Catherine / 33000 Bordeaux. >> c.immediat[at]free.fr
4ème de couverture :
Dans le monde du music-hall, Routines désigne des numéros caractérisés par « leur rapidité et leurs effets grossiers »…

Extrait :

EXISTEZ

centon sous la pluie publicitairee vous ne pouvez vous taire vous savez vous lisez ne soyez pas maniaque vous le savez vous le lisez parfois c’est différent existe aussi en noir soyez manichéen existe aussi en blanc signes dessinent des formes de monde déformez lissez désignez rien ne va plus les jeux sont faits signez les signes qui désignent noir sur blanc

Premières impressions :

Nicolas Tardy, qui travaille aussi avec Véronique Vassiliou au site La revue x, a depuis longtemps montré qu’il aimait construire des montages reposant sur le détournement [par exemple les montages verbi-visuels sur la mode] ou bien sur la parodie. Dans Routines, à partir d’un abcédaire d’ordres [appréhendez … égouttez … poétisez …] qui sont inscrits en gros et gras sur la page de droite, il compose des formes d’invectives, d’explications des ordres, de mise en mouvement de ceux-ci, qui s’adressent à l’impératif au lecteur. Chaque routine, à la fois construit et déconstruit l’ordre, à la fois en densifie le sens et en démonte la logique.

1 novembre 2006

[livre] Le coefficient d’échec, de Véronique Vassiliou (éditions Comp’act)

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Le coefficient d’échec de Véronique Vassiliou, éditions Comp’act, ISBN : 2-87661-392-1, 74 p., prix 16 €.

4ème de couverture :

vassiliou2121.jpgQue racontent les carnets d’Angèle Basile-Royal, mnémographe, partie au pays des sauvages pour en connaître les moeurs, pratiques, coutumes, etc ? Sa descendante, Véronique les a rassemblés avec soin afin de les donner à lire en un livre recueil de carnets, suite de notes, d’observations, de faits dressant le portrait fluctuant d’un peuple méconnu. Ces carnets sont augmentés des lettres de Petit-chêne-à-fleurs bleues, adressées à son frère sauvage, partie quant à elle au Pays-des-non-sauvages, en quête de traces de Sépoié, divinité étrange, inquiétante et, tour à tour, commune et proche. Qui est, où est Sepoié ? On trouvera ainsi dans Le Coefficient d’échec, des séries de cartes, lettres, indices, une bibliographie, un chant, des commentaires et de nombreuses digressions.

N.O., le détournement, Le Coefficient d’échec et Le + et le – de la gravité (trilogie) sont à lire de haut en bas, de droite à gauche et de bas en haut. Enquêtes successives, livrées en kit, elles se faufilent entre les genres.

Véronique Vassiliou, petite-fille de Rose Giovinazzo et Dominique Deiana, de Georges Vassiliou et d’Angèle Caliaros, arrièe petite fille de Grégariou Vassiliou marié à Panoria Engonopoulou, ainsi que Maria Capsis marié à Michel Caliaros, serait l’arrière petite-fille par adoption de Fortena Caliaros. Aurait un lien de parenté étroit avec Angèle Basile-Royal, mnémographe, ainsi qu’Angèle Kalia, physicienne. Est née dans le quartier de Saint-Jean-du-Var à Toulon, in extremis (23h55), le 1er janvier 1962. Collectionne, archive, assemble, observe, aligne, vaque, fabrique, monte…

Premières impressions :

Comment faire tenir en aussi peu de pages autant de logiques d’écriture ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, alors que ce livre est relativement petit, Véronique Vassiliou réussit avec intelligence à multiplier les ruptures, les interstices de notes, de lettres, ceci en créant un système logique autonome et troublant. En effet, proche pour une certaine part des formalisations de la littérature fantastique d’un Poe ou d’un Borgès, ses postulats fictionnels s’établissent sur une ambiguïté d’emblée : puisqu’elle situe ce coefficient d’échec dans l’entrelacement de ses origines réelles (mais ne seraient-elles pas déjà fictionnalisées) qui sont en 4ème de couverture, et de l’arbre généalogique qui débute le livre. Véronique Vassiliou fait partie de ses rares qui conjuguent tout à la fois une réflexion sur la nature des dimensions d’écriture contemporaine (archives, communication liée à la technologie, logique scientifique) et de l’autre un travail d’imagination, de fictionnalisation, c’est en ce sens qu’elle développe une dynamique ambigüe d’écriture, qui (se) joue de ses faux-semblants et des subterfuges qui y sont impliqués.[PB]

26 octobre 2006

[livre] Le + et le – de la gravité, de Véronique Vassiliou (éditions Comp’act)

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>> Le + et le – de la gravité de Véronique Vassiliou, éditions Comp’act, ISBN 2-87661-393-X, 93 p., 16 €.

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4ème de couverture :

vassiliou1120.jpgA la suite de l’attentat perpétré contre les États-Unis, à New-York, en septembre 2001, et pour lutter plus efficacement contre le terrorisme, les services secrets français, allemands, italiens, grecs, espagnols et américains se lancèrent dans une veille du courrier électronique. Cette veille fut organisée avec minutie. Chacun avait son domaine sur la toile, à balayer, ratisser, lire, archiver, analyser. C’est ainsi qu’un cyber flic, Manolo Zanka, qui s’intéessait à Angèle Kalia, physicienne renommée, spécialiste de la gravité, se mit à la surveiller avec une attention toute particulière…

Le + et le – de la gravité est la mise en jeu d’une correspondance par e-mails à lire comme une correspondance classique, parfois légère et anecdotique, comme un dossier sorti de l’oubli, ou comme une suite de poèmes en vers…

N.O., le détournement, Le Coefficient d’échec et Le + et le – de la gravité (trilogie) sont à lire de haut en bas, de droite à gauche et de bas en haut. Enquêtes successives, livrées en kit, elles se faufilent entre les genres.

Véronique Vassiliou, petite-fille de Rose Giovinazzo et Dominique Deiana, de Georges Vassiliou et d’Angèle Caliaros, arrièe petite fille de Grégariou Vassiliou marié à Panoria Engonopoulou, ainsi que Maria Capsis marié à Michel Caliaros, serait l’arrière petite-fille par adoption de Fortena Caliaros. Aurait un lien de parenté étroit avec Angèle Basile-Royal, mnémographe, ainsi qu’Angèle Kalia, physicienne. Est née dans le quartier de Saint-Jean-du-Var à Toulon, in extremis (23h55), le 1er janvier 1962. Collectionne, archive, assemble, observe, aligne, vaque, fabrique, monte…

Premières impressions :
Aurai-je commencer par le bas, pour remonter vers le haut ? Ou bien, est-ce que le haut ne pourrait pas être aussi une forme de souvenir… C’était il y a de cela quelques années, en 2002, au web bar à Paris (RIPE), une lecture qui avait lieu lors du marché de la poésie : une lecture via un échange épistolaire web, entre Nicolas Tardy et Véronique Vassiliou, cela parlait de secrets, de temps, d’une correspondance retrouvée… C’est sans doute pour cela, que des deux livres que je vais chroniquer, j’ai commencé par celui qui se rapproche le plus de ce souvenir. Véronique Vassiliou n’est aucunement inconnue, publiant depuis le début des années 90 [Geste 8 et 5 aux éditions Messidor], elle n’a eu de cesse d’apparaître dans le paysage de la poésie contemporaine, notamment depuis quelques années avec [la revue X], qu’elle anime avec Tardy et Caroline Scherb. Son travail même s’il est visible, cependant n’a jamais eu véritablement l’éclairage qu’il aurait peut-être mérité : celui d’une étude spécifique des objets littéraires qu’elle compose. Peut-être est-ce du à ce qu’elle développe : un croisement de genres (enquête, système épistolaire, réflexion sur le temps et la technologie, détournement), en bref dit plus simplement une réalité littéraire qui s’apparente plus à la post-modernité héritée de Borgès parfois, qu’au travail scrupuleux de la seule langue poétique. Davantage à une réflexion sur certaines dimensions de notre réalité symbolique, que le travail de mise en lumière de la singularité poétosyncrétique de l’individu poète et de son monde. Davantage à une mise en forme à la Lewis Caroll, qu’aux troués idiolectales ouvertes par la modernité. Oui cela tient sans doute à cela. C’est pourquoi à travers la chronique que je ferai de ces deux livres Le + et le – de la gravité et le coefficient d’échec, je vais tenter aussi bien de mettre en avant ce qu’ils enveloppent que l’horizon littéraire dans lequel ils se situent. / PB

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