Libr-critique

22 janvier 2007

[Livre] « Pour moi dit-il, hélas j’écris avec des ciseaux » Via di levare, entretiens de Michaël Sebban avec Jean-Paul Michel

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 20:24

« Pour moi dit-il, hélas j’écris avec des ciseaux » Via di levare, entretiens de Michaël Sebban avec Jean-Paul Michel [sur trois livres] Du dépeçage comme l’un des Beaux-Arts, 1976, Le Fils apprête, à la mort, son chant, 1981, Beau Front pour une vilaine âme, 1988.
Éditions William Blake & CO., 128 p. sur papier kraft. ISBN : 2-84103-155-1. 25 €.

4ème de couverture :
« La poésie pour Jean-Paul Michel, est un vigoureux geste intérieur, bataillant au plus fort de l’inquiétude et trouvant « l’or » d’une existence crue dans la turbulence même. « l’ordre et le désordre » de l’énergie créatrice, au-dedans et au-dehors. La poésie, loin d’un affaissement en quelque impuissance assumée, des modes résiduels de la crainte et de la mélancolie, affirme de cette manière son audace, reconnaît sa puissance, donne pouvoir à sa capacité de saluer, n’hésite pas devant la libre, l’honnête, la réjouissante folie de renommer. Affirmation, amour peuvent permettre un élèvement, une accession au « tout de l’être en sa fraîche présence », un embrassement lyrique, de la consciemment et viscéralement choisie profusion des manières « contraires » de ce qui est : « nous naviguons sur un vaisseau superbe et / nous pleurons ». Voici notre erreur : un refus intellectualisé de reconnaître et d’admettre dans nos équations ontologiques les splendeurs de l’existence, mêlées comme elles peuvent l’être aux énergies violentes de la beauté de ce qui est. « Manquer à la joie », écrit Michel, « c’est manquer à l’être ». Notre première fin demeure donc de restaurer en nous-même notre capacité de défi et de confiance dans la célébration, rendant de cette manière aux choses simples leur rayonnement intrinsèque. L’oeuvre de poésie suffirait à cela si elle parvenait à « ca/dencet tant/de splendeur hors tout sens. »
[…] La célébration (poétique et quotidienne, gestuelle) de ce qui est — tout, chaque chose, avec toutes ses paradoxes manières « contraires » — n’est pas tant un « calcul » strictement rationnel ou rationnalisant qu’une brûlure selon les termes même de Michel : une passion, les fammes d’un désir, une intensité, une aveuglante, instinctive consomption d’être — laquelle, pensée au-delà de toute « signification », produit un profond sens émotionnel et ontologique. Aimer est, ainsi, le seul geste « nécessaire », donnant valeur, faisant face à tout « mal » que nous pouvons sentir « mordre » en nous. […]
Il faut lire Michel. On exulte. »

Michael Bishop
World Literature Today, 77:2, July-September 2003.

Premières impressions :
[en savoir plus sur Jean-Paul Michel sur Poezibao]
[article sur remue.net tiré de Sud-Ouest, publié pour les 30 ans de la maison William Blake & CO.]

[Vlog] HP Process [bod-code project] // Festival MuzziX #7 [2]

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 8:48

Le 19 Janvier 2007 a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée « sound is poetry / poetry is music » organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Deuxième performance de la soirée : HP Process présente [bod-code project]. Texte et voix d’Hortense Gauthier, vidéo et amplification sonore par Philippe Boisnard au laptop.

21 janvier 2007

[Vlog] Michel Giroud + Philippe Boisnard // Festival Muzzix #7 [1]

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 23:31

Le 19 Janvier a eu lieu à La Malterie [Lille] la soirée « sound is poetry / poetry is music » organisée par l’association Trame Ouest dans le cadre du festival Muzzix #7. Nous allons mettre en ligne toutes les interventions sonores. Première de la soirée : Michel Giroud. Trompette amplifiée par Philippe Boisnard au laptop.

Download Link

18 janvier 2007

[NEWS] « Poetry is sound / sound is poetry » sur Radio Campus Lille : écouter l’émission

Download Link
Hortense Gauthier présentait le 17 janvier sur Radio-Campus Lille
dans l’émission de René Lavergne la soirée « Poetry is sound / sound is poetry ».

Programme de la soirée :
# Michel Giroud El Coyote + Philippe Boisnard – sonnerie électronique [trompette + laptop]
# Yvan Etienne & Brice Jeannin – elecronic live
# Franck Laroze – polemikx [vidéo-lecture // réalisation vidéo Philippe Boisnard]
# HP Process [Hortense Gauthier + AKS] – bod#1 [vidéo performance]
# La femelle du Requin – poésie d’ascenseur
# The Cut’up Conspiracy [Sylvain Courtoux & Jérôme Bertin] – punk noise post-digital
# Charles Pennequin + HP Process – poésie sonore
# Antoine Boute & Hughes Warin – viande au plancher
# Electronic_Elephant [Valentin Duhamel + AKS] – guitare improvisée + laptop
# Cédric Pigot [lo moth] – live sound

17 janvier 2007

[Chronique] Terrasse de la Kasbah d’Emmanuel Hocquard

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — Philippe Boisnard @ 17:41

Comme nous y reviendrons à plusieurs reprises, Tanger est un lieu de croisements, pas seulement de marchandises dans le port, mais aussi d’écrivains. hocquard.jpgDe Burroughs et des beat [cf. W. S. Burroughs et Brian Gysin, Le Colloque de Tanger, Christian Bourgois, 1976] lors du colloque de Tanger, immortalisés par une superbe photographie où ils sont allongés sur la plage, à Bernard Desportes, le commissaire de ce 11ème Salon du livre de Tanger, tombé sous la magie sauvage de cette ville, Tanger apparaît comme une ville qui appelle l’écriture.

C’est pourquoi nous présentons ce petit texte d’Emmanuel Hocquard ici, alors qu’il ne fait pas partie des invités du salon. Terrasse à la Kasbah est la publication de deux lettres, tapées à la machine à écrire, corrigées à la main. Deux lettres d’Emmanuel Hocquard datées du 3 et du 6 novembre 2006.
Ces lettres destinées à une femme, Elise, raconte l’installation à la Kasbah d’E. Hocquard. D’emblée, il énumère et détaille son nouveau lieu d’habitation, il en approfondit les figures présentes et ceci afin de découvrir ce qui lui avait « Ã©chappé alors ». « Echappé alors », à savoir ce qu’il n’avait pu exprimer, non pas quand au contenu, mais peut-être, et c’est ici que se trouve toute la force de ses deux lettres, davantage au niveau de la manière de s’exprimer, de la grammaire propre au langage, lorsqu’il y était auparavant, avant ce retour. S’installer à la Kasbah, lui semble devoir être nécessaire pour faire ce retour, pour trouver cela qui ne fut pas rencontré. Pour quelle raison ?

Du fait que la ville de Tanger implique non pas seulemet des images, ce qui serait parler de Tanger, tomber dans la représentation, mais impulse dans la langue même, sa propre dimension. Et dès lors il s’agit de parler Tanger, d’entendre parler Tanger dans la langue. En effet, comme il l’explique dans la première lettre : il ne pouvait pas retrouver ce qui lui avait échappé « Ã  distance, entouré par les vaches et les brebis des verts paturages de Mérolheu (Hautes Pyrénées). » Pour exprimer cela, il insiste sur le fait que pour voir et créer — et ceci en référence à Deleuze et Guattari — il faut entrer dans une certaine forme d’habitude, d’habiter, de penser qui se construit dans le mouvement même de son habitation. Heidegger exprime par exemple parfaitement cela dans la conférence Bâtir, habiter, penser : habiter ne se fait que si la pensée investit le lieu, se fait transpassible à ce qui survient de lui, à travers nous et la pensée. Lorsque l’on est passif par rapport au lieu : on ne fait que loger, y passer sa vie, oui on ne faut qu’y passer. Tel que l’exprime Hocquard : « au fil des années durant lesquelles j’ai habité Tanger — et même au-delà — la forme de la ville et de ma pensée ont tendu à ne plus faire qu’une ».

En cela, Tanger pose la question du sujet qui habite le lieu. Il est bien évident que l’on n’habite pas un lieu sans se transformer, sans se poser la question de celui que l’on est dans ce lieu là. Se pose alors, pour Hocquard, cette interrogation sur la manière de s’énoncer en rapport au lieu. On retrouve ici son atachement pour la grammaire. La question porte sur le sujet, celui qui voit, « je », qui en tant que sujet justement grammaticalement est toujours personnel. Et on retrouve ici une nouvelle mention à Deleuze et Guattari, de Mille Plateaux, mais cette fois implicites : « la grammaire donne des ordres, elle ne pose pas de questions ». Pour se laisser emplir par le lieu, pour que Tanger parle dans la langue, et non pas que l’on parle de Tanger, tel qu’il l’exprime, il faudrait grammaticalement un sujet non-personnel, immanent au sein de la langue, et non pas une polarité transcendante qui est le critère permanent de la perception. Ainsi, il l’énonce, ce qu’il est venu « chercher ici, sur place » ce ne sont pas des lieux, des endroits inconnus, mais la possibilité pour lui d’une langue qui parle Tanger et non pas de Tanger : « (…) grammaire de Tanger. Dire grammaire Tanger me paraît plus juste. Qu’est-ce qu’une grammaire Tanger peut bien vouloir dire ? ça pourrait être, non pas habiter à Tanger, mais habiter Tanger. »
Terrasse à la Kasbah, Emmanuel Hocquard, éditions CIPM, 5 €. [site]

[Livre] Emmanuel Hocquard, Terrasse à la Kasbah

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:41

Terrasse à la Kasbah d’Emmanuel Hocquard, éditions Centre international de poésie Marseille, 16 p. ISSN : 1148-652 X, 5 €. [site]

4ème de couvertue :
Qu’est-ce qu’une « grammaire Tanger » peut bien vouloir dire ? Ça pourrait être non pas habiter à Tanger, mais habiter Tanger. Tirer parti d’une habitude Tanger.

[lire la chronique]

[News de la blogosphère#4] Labyrinthe de secrets ? à propos d’un mail de François Bon

Filed under: chroniques,News,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 6:53

Il y a de cela quelques jours, j’ai reçu le mail « jeu des 5 choses » de la part de François Bon. D’emblée, je me suis dit que de toute façon je ne pouvais pas répondre du fait que je n’ai pas réellement de blog personnel. Puis, recevant un second mail de sa part, évoquant une idée de retraçage des généalogies d’envoi, j’ai trouvé l’idée que proposait François Bon était assez séduisante :

« Ce serait intéressant de tenter une cartographie de la dispersion!
F

Ça continue donc :
http://www.vefblog.net/charlespennequin/
http://blog.liminaire.fr/post/2007/01/10/Cinq-choses-peu-connues-a-mon-sujet
http://academie23.blogspot.com/2007/01/cinq-choses-peu-connues-mon-sujet.html
http://journaldoc.canalblog.com/archives/2007/01/07/3617566.html
http://290364.canalblog.com/archives/2007/01/09/3645012.html
http://ruinescirculaires.free.fr/
http://foireatout.canalblog.com/archives/2007/01/08/3637128.html
http://constantincopronyme.hautetfort.com/archive/2007/01/07/five-little-known-things-about-myself.html
http://ornithorynque.hautetfort.com/

Autre lignée :
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2007/01/5_choses_que_vo.html
http://blog.ronez.net/?p=509
http://ecosphere.wordpress.com/2007/01/02/liste-pyramidale-viral-moi/
http://media-tech.blogspot.com/2006/12/5-choses-que-vous-ne-savez-pas-sur-moi.html#links
http://webnews.blogspirit.com/archive/2007/01/02/piegee-par-julien.html »

En effet, par ces 5 petites choses que disent la plupart, se constitue une forme de labyrinthe, une forme de tumulte en quelque sorte pour reprendre le titre du dernier livre de François Bon. Car qu’est-ce qui se trame dans ces traces, comment doit-on ou peut-on passer de l’une à l’autre ? Y a-t-il un sens à penser tenir une carte de ces empreintes personnelles ou impersonnelles ….
Cette propagation est d’abord celle de l’écriture avant d’être celles des individualités qui s’expriment. Propagation du lieu de l’écriture car en invitant l’autre à marquer ces 5 choses cachées, un peu voilées, parfois secrètes, il s’agit de l’ouvrir à une certaine forme d’écriture de soi, ou encore de le penser comme possible lieu d’écriture. La propagation est ainsi dans l’ouverture toujours possible de l’expression. Elle est dans l’instabilité de la réaction de chacun.
Cette multiplicité pourtant quand on la considère selon cette unité de l’écriture est alors celle synthétique d’une seule humanité qui se décline, selon chaque singularité. Cela recoupe ce que peut expliquer Carvalho dans W-psyché, lorsqu’il parle de la schizophrénie : à travers les différents délires se révèle le fond caché de notre humanité en général. De même, à travers cette multiplicité d’empreintes singulières, personnelles, ou bien de circonstance ou de façade, c’est la variation d’une même humanité qui est posée face à la demande de l’écriture de soi.
Au-delà des pratiques egotistes, d’auto-promotion, nous le savons Internet, n’est pas seulement un lieu de présentation analogiquement déterminé par les supports matériels, mais il est le lieu d’autres formes de pratiques de l’écriture et de la lecture. Lire autrement. Comprendre autrement le rapport de chacun à l’écriture et à la lecture.
Ce qui est donné à lire alors, loin d’être réductible aux détails croustillants ou décevants qui concernent quelqu’un, mais se révèle d’un coup selon le principe synthétique d’une représentation possible de l’humanité en général. Par ces 5 petites choses, on ne croise pas des individus mais des traits qui constituent, qui potentiellement sont accordables à notre être : que cela soit dans l’acceptation de répondre ou dans le refus, la dénégation ou bien l’affirmation de soi.
Il est bien évident que si François Bon a été intéressé par cette forme, c’est qu’elle croise toute sa logique d’écriture des fragments du réel et de la représentation qu’il en donne par l’image de la ville comme architecture qui se déplie dans l’infini pli de son intériorité, comme je l’ai énoncé dans ma première chronique.
— Et vous alors ? N’avez-vous rien à nous dire ?
— Vous connaissez mon caractère, je ne suis pas facile. Mais je vais quand même vous en dire des choses, j’en ai déjà dites des choses, je n’arrête pas d’en dire des choses qui ne sont pas connues de moi. Oui, qui ne sont que très peu connues de moi, car à chaque fois que je parle ou écris, je me découvre, je découvre ce qui n’était pas très connu de moi, ce qui m’était voilé…

>> pour voir ce qu’a écrit François Bon [lire +] (attention passage du côté obscur de son site)

Quelques autres nouvelles :
Une nouvelle fois François Bon, qui vient de lancer sa petite librairie en ligne. L’idée est sympathique et à découvrir [voir +].
Stéphane Rouzé, dit Lelem lance un projet participatif assez amusant en relation avec Raymond Federman : [lire le projet]. Il s’agit de la construction d’une vidéo de micro-fragments de lecture d’un texte de Raymond Federman et ceci par une diversité de lecteurs envoyant leur propre vidéo à Stéphane Rouzé.

[NEWS] présentation de la soirée « Poetry is sound / sound is poetry » sur Radio Campus Lille

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 2:51

Aujourd’hui, 17 janvier, à 16h20, sur Radio Campus Lille (106.6), dans le magazine « Quoi de neuf ? » présenté par René Lavergne, Hortense Gauthier présentera la soirée Poetry is sound / sound is poetry qui aura lieu vendredi 19 janvier à La Malterie.

16 janvier 2007

[Chronique] à propos de OOO les puits du désir de Mohamed Rachdi

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , — Philippe Boisnard @ 13:01

[spécial Salon international du livre de Tanger]
[Libr-critique ayant initié le projet vlog-trotter, tout au long de la préparation de ce salon, et lors de celui-ci, nous mettrons de temps à autre des articles de vlog-trotter, qui croisent les centres d’intérêt de Libr-critique. Pour voir tous les articles, vous pouvez regarder le RSS que nous avons mis à droite.]

imagelogo2.gifMohamed Rachdi, lors de ce 11ème Salon, va diriger une table ronde sur « la langue et ses formes ». Mohamed Rachdi est commissaire d’exposition et artiste, chercheur en Art et Sciences de l »Art, enseignant à l’Université de Valenciennes. Il a publié déjà deux livres : Art et mémoire, éditions de l’Harmattan et >>>interférences—références marocaines de l’art contemporain aux éditions le-RARE.
OOO Les puits du désir est son second livre publié aux éditions le-RARE. Il présente une installation qu’il a accompli avec d’autres artistes : 17 artistes femmes (AZ-IN & MO, Élodie Barthélémy, Maryline Beauplet-Dornic, Delphine Bloc, Gaëlle Braun, C. Béatrice, Tatiana Cruz, Claudie Dadu, Claire Dignocourt, Geneviève Guétemme, Agnès Gomez, Nathalie Lamotte, Daphné Le Sergent, Cécile Massart, Laurence Medori, Dominique Rensn, Lynn Scwartz). L’installation a été faite à l’église Notre-Dame de Montataire, en avril-juin 2006.

puits166.jpg Alors que ses précédentes installations Escales et Dunes du désir, s’attachait à la création d’un désert graphique, avec OOO Les puits du désir, Mohamed Rachdi investit l’église de cylindres métalliques, à l’apparence industriel, et invite les artistes à en habiter l’intériorité du O, à en habiter le désir à partir de la constitution de leur propre intériorité. Cette installation semble ainsi animée par eros, par la sensualité plastique des oeuvres. En ce sens, M. Rachdi prend le pari d’une transfiguration de l’espace cultuel, par le surgissement de ces intériorités.

Tel qu’il l’écrit en préface de ce livre :

« Partout l’O circule dans cette oeuvre à trente-six mains, partout des Ouvertures s’y Organisent en échO à l’O de l’Origine – de l’Origine du monde de Gustave Courbet aussi bien, naturellement ! — mais aussi à l’EAU, bien sûr, à ce flux de vie et de régénérescence — de l’Oasis primordiale, en échO à l’O de la circonférence de l’Oeil du puits qui invite le regard du visiteur à plonger à travers l’Orifice de son volume cylindrique (tout à la fois creux et reliefs) ouvrant sur l’abîme sans fond de l’altérité, sur ce qui me hante depuis toujours et me fait agir (…); mais aussi en échO au cri du O du Où en quête permanente de son éternel lieu atopique à travers des étendues utopiques ».

Ici Mohamed Rachdi est bien entre les formes et la langue, l’oeuvre plastique rejoint la poésie. À travers ce qu’il dit, on peut penser, non pas seulement à la poésie arabe et à ses images, mais aussi, et ici singulièrement, à ce qu’a entrepris depuis des dizaines d’années, Julien Blaine à partir du O ou du Q dans la diversité des langues mais aussi des signes produits par la nature et les hommes.

Selon Julien Blaine, le monde est un espace graphique d’écriture, où se joue les signes voilés de la langue originaire. Son travail d’anthropopoïétique le conduit à traverser le monde afin de défricher les espaces de ce livre, à faire apparaître les signes : et ceci en dépassant le langage pour que s’exprime la langue en-deçà du sens que l’on y projette, comme cela est parfaitement exprimé dans la suite des Cahiers de la 5ème feuille. De même Mohamed Rachdi, transforme l’espace cultuel de l’église, non pas d’abord en lieu d’art, mais en lieu d’écriture, où de l’alphabet n’apparaît que la récurrence du O, qui s’ouvre à l’abîme de cette altérité : la femme. Car ce qui relie ces deux démarches distinctes, c’est bien que l’écriture et lié à la forme féminine.

Blaine : feuille, oeil, vulve, plume. Rachdi : O de l’oeil, O de l’Origine, O aussi par la médiation de Courbet de l’intériorité de la femme, de son creux qui traverse son être. Tous, les deux posent ainsi la question du signe à travers Eros.

15 janvier 2007

[Chronique] Jean-Marc Baillieu, La Bienséance

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 22:43

[lire la présentation]
bailleu1.jpg Tout pourrait commencer, par cette phrase extraite du texte : « Les formes en général n’ont de sens pas seulement comme des résultats ou des empreintes de l’action humaine mais plutôt parce qu’elles expriment des processus ». Par cette phrase semble se condenser ce texte de JM. Baillieu.Chaque fragment du texte apparaît comme un micro-moment de notations. Comme des fragments de réel épars, sans autre causalité entre eux que les titres qui les réunissent [Couleurs passés des vieux vêtements d’été, Méthode ? …]. Texte qui est dans un processus, celui de l’existence, du regard, qui dépose dans les mots ce qu’il voit : ce qu’il désigne.

bailleu2.jpg En effet, il s’agit bien dans le travail de JM. Baillieu de désignation. Dans Gu Wei Jin Yong, publié aux éditions Le bleu du ciel, le fragment numéroté 205. exprime parfaitement cela : « Désigner, rien que désigner », et corrélativement de nombreux fragments se tiennent dans cette désignation, l’homme regardant et annotant ce qu’il voit, de sa position, de sous son toit : « Avant tout un grand toit. L’absence de mur préserve la présence de la nature. » JM. Baillieu est un observateur, quelqu’un qui regarde, qui découpe dans la matière observée. Mais non pas selon une angularité statique, mais selon une dynamique, un processus :

Déposer, déposer.
Thé/thé vert, à l’initiative de. Répondre, retrait des économies, midi.
– Combien ?
Retour, bonne affaire, causer/téléphoner
argent liquide / espèces, avoir une idée en
tête, addition, emprunter, mère.

Les micro-traces qu’il décrit, les infimes indices qui se juxtaposent sans ordre apparent, sont de petites dynamiques, décrivant aussi bien des scènes extérieures, que des jugements intérieurs, sorte de petits aphorismes éparpillés :  » — Qu’est-ce qui dans l’éveil, doit devenir connexe ou annexe ? A priori l’activité professionnelle, qui permet de boire, manger, dormir; à accomplir donc avec un détachement pondéré ». Et tel qu’il l’écrit dans Gu WeiJ in Yong : « – J’écris, j’impose un ordre(des choses) à qui me lira ».
C’est bien ici la poésie que propose JM. Baillieu de petites observations,qui semblent être ordonnées comme sur un carnet, des traits d’attention qui surgissent, et qui scrutent la manière dont se réalise les choses, dont s’agencent les gestes. Il témoigne en un certain sens de cela en parlant de l « Esquisses d’arbre : des milliers, mais dessinés sans s’y attarder moins d’une minute en moyenne, juste saisir ». Le monde qui se crée au fil de ses notes est comme lacunaire, fait d’esquisses, de traces infimes, d’empreintes peu appuyées.
Et tel semblerait être interrogativement la méthode qu’il énonce en dernière page de son texte :  » (une sorte de modèle où enfin se reconnaître) non un fruit saisonnier vu sous cet angle à l’instant même, même sous cet angle à l’instant même ». Car ce fruit en cet instant, en cette saisie éphémère est déjà habitée par les milliers d’autres esquisses de perception qui tendent se réalité, qui la volumisent. En ce sens ce qui est vu, l’est du fait de la possibilité de la conscience de s’ouvrir à cela et non pas plutôt à autre chose.

[Livre] Jean-Marc Baillieu, La Bienséance

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , , — rédaction @ 22:39

La Bienséance de Jean-Marc Baillieu [version augmentée], publié par l’association Autres et pareils, 19. p. ISSN: 2-916252-05-3 // ISSN: 1263-9729, 4 €
[site de l’association]
4 ème de couverture :
« Des heures durant, voire des jours et des nuits, des mois peut-être, ne réfléchir que ces deux citrons et cette orange déposés dans une coupe de fruits sur un sachet en polyuréthane diaphane. »
Jean-Marc Baillieu est l’auteur, entre autres, de Ma résille aux éditions Spectres Familiers/CIPM, collection le refuge [1998] ; L’éparpillement des sites aux éditions Spectres Familiers [2000] ; Poudre de riz sonore ainsi que Gu Wei Jin Yong aux éditions Le Bleu du ciel en 2001 et 2004. En 2007, il publiera L’inconstance aux éditions Spectres Familiers. La Bienséance [augmentée] est le deuxième livre que publie Contre-Pied après ARRAS ou La rectification du Pas-de-Calais en 1999.

Premières impressions :
[lire la chronique]

13 janvier 2007

[NEWS] Lancement de Vlog-trotter.org

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — rédaction @ 13:35

Le site Libr-critique vient de lancer une nouvelle plateforme : vlog-trotter.org.
logovlog2.gif Sur ce site, vous pourrez trouver des reportages interactifs, auxquels vous pourrez participer, ou bien que vous pourrez suivre. Le principe est simple : dès qu’un reportage est lancé, en amont, est présenté la perspective suivie, mais aussi le cas échéant les différents interlocuteurs qui seront interrogés. Ceci permettant, aux internautes de poser des questions qui seront dès lors transmises aux personnes interviewées, ou bien qui permettront de diriger notre enquête.
La première expérience que nous menons aura lieu à Tanger durant le salon du Livre International. Une partie de l’équipe de Libr-critique s’y rend : Philippe Boisnard, Hortense Gauthier et Fabrice Thumerel. Durant 6 jours, vous pourrez suivre en quasi temps réel, aussi bien ce qui a lieu là-bas (notamment les interventions de Christian Prigent, Jean-Luc Nancy, Philippe Boisnard ou Fabrice Thumerel), que des interviews que nous mènerons avec des écrivains ou bien des personnalités impliquées dans le milieu de la littérature et de la poésie marocaine.

Sur le site vlog-trotter.org, vous pouvez dores et déjà trouver : un interview du commissaire du salon de livre de Tanger, Bernard Desportes, et un interview d’Helena Printice, qui a été la première a publier au Maroc, non seulement un journal gratuit à destination du peuple, mais aussi et surtout un journal en Darija, à savoir en arabe marocain, alors que jusqu’à présent il n’y avait pas encore de publications dans cette langue.

En souhaitant que vous soyez nombreux à nous suivre dans cette aventure.

[NEWS] Festival MUZZIX #7 : Poetry is music / sound is poetry

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — rédaction @ 8:20

[french // english below]
190107.jpg Le 19 janvier 2007 aura lieu à la Malterie [Lille] la soirée :
« Poetry is music / sound is poetry »
poésie sonique / poésie rock / poésie électronique

Download Link
[Charles Pennequin + HP Process]

Cette soirée est organisée par l’association Trame-Ouest, elle se déroule dans le cadre du festival Muzzix #7 organisé par le Crime et Circum. Cet évènement réunit pour l’une des premières fois, une grande partie des poètes de la génération fin XXème lié aux expériences électroniques et sonores, ainsi que des musiciens comme Cédric Pigot et Yvan Etienne, dont les recherches musicales sont aussi poétiques. En effet comme nous l’avions signaler à l’occasion de la mise en ligne du blog confusion-is-text, il y a eu dans la poésie à la fin des années 90, de réelles expériences liées à la musique, qu’elle soit électronique ou bien rock. Que cela soit Joachim Montessuis (malheureusement absent), Emmanuel Rabu, Sylvain Courtoux ou Philippe Boisnard, selon des voies différentes, tous ont exploré les possibilités poétiques liées au son. Cette soirée permettra de voir à quel point ces explorations sont plus que jamais vivantes, percutantes, et comment elles se poursuivent et se renouvellent.
La Malterie / 42 rue Kulhmann / 5000 Lille / Entrée 5 €

Programme de la soirée :
# Michel Giroud El Coyote + Philippe Boisnard – sonnerie électronique [trompette + laptop]
# Yvan Etienne & Brice Jeannin – elecronic live
# Franck Laroze – polemikx [vidéo-lecture]
# HP Process [Hortense Gauthier + AKS] – bod#1 [vidéo performance]
# La femelle du Requin – poésie d’ascenseur
# The Cut’up Conspiracy [Sylvain Courtoux & Jérôme Bertin] – punk noise post-digital
# Charles Pennequin + HP Process – poésie sonore
# Antoine Boute & Hughes Warin – viande au plancher
# Electronic_Elephant [Valentin Duhamel + AKS] – guitare improvisée + laptop
# Cédric Pigot [lo moth] – live sound

Cette soirée est soutenue par Le Conseil régional du nord pas de calais, la DRAC Nord, La Malterie, le Crime et Circum.
[english]

« Poetry is music / sound is poetry »
poésie sonique / poésie rock / poésie électronique

This event is organized by Trame-Ouest association, during Muzzix #7 festival organized by the Crime and Circum. For one of the first time, this event joins together a great part of the last generation of poets related to the electronic and sound experiments, with musicians like Cédric Pigot et Yvan Etienne, wich musical research are also poetical. Indeed, at the end of the 90’s, there was real experiments between music (electronic or rock’n’roll) and poetry. Artist like Joachim Montessuis (unfortunately absent), Emmanuel Rabu, Sylvain Courtoux or Philippe Boisnard, according to different ways, all one explored the poetic possibilities related to the sound. This event will make it possible to see with which point these explorations are more than ever alive, exciting and how they continue and renew themselves.
La Malterie / 42 rue Kulhmann / 5000 Lille / Entrée 5 €

12 janvier 2007

[Revue] Carbone

Revue Carbone n°1 [thème : Esclave], éditée par la maison d’éditions Le-mort-qui-trompe, 125 p. ISSN : en cours. [site de la maison d’éditions]. prix : 8 €.
carbone152.jpgSommaire :
Entretien avec Juan Asensio par Laurent Shang.
Récits :
Lucien Suel : Le collectionneur d’esclaves.
Jean-Mac Agrati : Le retour de Joséphine de Beaumarchais.
Helena de Angelis : Mea Culpa.
Andy Verol : Histoire des derniers Cow-boys français.
Jean-Claude Tardif : Connaissez-vous Montgomery.
Critique :
Jean-Paul Gavard Perret : Artaud le mécréateur.
Axele Felgine : La théorie du bétail humain chez Sozo Numa.
Valérian Lallement : Pierre Guyotat : autopsie de la machine.
Mohammed Chaouki Zine : Servitude et finitude dans l’herméneutique d’Ibn ‘Arabi.
Philippe Di Folco : Magic box
Otom Didier Manuel : Paysages imaginaires des enfants de la cté monstre dans le Japon contemporain.

Premières impressions :
Il s’agit là d’une nouvelle revue, fondée par Valérian Lallement et Axelle Felgine, deux ex-membres des Hermaphrodites, avec qui ils sont restés en lien étroit, du fait qu’ils aient fondé ensembles une maison de diffusion : Le cartel. En cela ce premier numéro évite de nombreuses erreurs que font beaucoup de nouveaux créateurs de revue : ce numéro sur « esclave » d’emblée est mature, très bien mis en page, original dans la conception du traitement du thème : trois sections distinctes, qui apportent trois angularités qui se répondent. Car le choix des textes a été exigent.
Assez rapidement, on retiendra au niveau critique, et en ce qui concerne spécifiquement les centres d’intérêt de libr-critique : Jean-Paul Gavard Perret, qui réfléchit sur un Artaud qui se tient dans une position paradoxale : « puisqu’il est à la fois prisonnier de lui-même et hors de son être », ce qui le conduit à la recherche d’une forme de libération qui en passe, comme Françoise Bonardel l’avait magnifiquement analysé dans son Artaud : par une transfiguration, lui permettant de rompre avec l’aliénation qui le vampirise, et ceci notamment lors de sa quête chez es Tarahumaras au Mexique. L’analyse de JP Gavard Perret est très bien référencée et à partir du thème de l’esclave, montre parfaitement la force du langage d’Artaud. De même le texte de Valérian Lallement sur Guyotat est trs bien établi, par un réel connaisseur de cette oeuvre, car en effet, V. Lallement a étabi l’édition critique des Carnets de bord de Pierre Guyotat [Lignes Manifeste en 2005]. Son article interroge la langue de la prostitution, de l’esclavage et de la soumission en tant que condition de possibilité de la liberté, car tel qe l’écrit P. Guyotat : « Vous hommes libres, vous aimez boire le sang, et recevoir la semence des esclaves; alors pénétrés jusqu’au fond de l’âme, par un feu ancien : la liberté par soumission aux forces du ciel. » Et pour finir avec les articles théoriques, mentionnons le très bel essai de Philippe di Folco, qui à partir d’une réflexion sur notre hypermodernité et ces processus de fictionalisation de l’existence, pose les affects, inquantifiables, en tant que vectorialités performatives qui se jouent en rapport avec la Memory-box. Derrière son texte, au style assez percutant, outre une analyse de Brazil de T. Gilliam, se dessine une réflexion sr la boîte-carnet magique telle qu’elle a été pensée dans les derniers textes de Freud : cet espace où cela s’écrit et s’efface simultanément. Au niveau des fictions, outre le texte très critique de Lucien Suel, qui entre en écho avec ces derniers livres publiés, il faut aussi découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas, l’un des nouvellistes qui nous semblent parmi les plus importants actuellement : Jean-Marc Agrati, don nous reparlerons en mars pour la sortie de son troisième recueil de nouvelles aux éditions Hermaphrodite : Ils m’ont mis une nouvelle bouche. Son petit texte une nouvelle fois avoisine l’hallucination éveillée : avec une écriture à la Bukowski, il décrit une scène sacrificielle selon une trajectoire totalement fantastique et absurde.
Au vue de la qualité de l’ensemble et du prix de la revue, nous ne pouvons que recommander celle-ci, en attendant son numéro 2 portant sur le thème de la « fin »

10 janvier 2007

[Vlog] Interview de Bernard Desportes à propos du salon international du livre de Tanger

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 7:34

[Bernard Desportes est devenu depuis cette année le directeur du Salon international du livre de Tanger qui aura lieu fin février début mars. Le thème qu’il a posé, pour cette année : l’étranger dans la langue. Le 9 Janvier, nous sommes allés le rencontrer avant sa conférence de presse au Lutétia à Paris. Libr-critique.com sera partenaire de cet évènement qui a lieu au Maroc, en proposant à la fois sur le site et sur un site dédié, à venir, une série d’entretiens et de portraits, du fait qu’une partie de notre équipe est invitée à ce salon pour intervenir, soit Fabrice Thumerel et Philippe Boisnard. Nous allons mettre prochainement en ligne le programme, mais dores et déjà disons qu’à Tanger il y aura cette année, pour les français, des auteurs aussi importants pour nous que Jean-Luc Nancy ou Christian Prigent.]

Download Link

[Texte] Fred Griot, la plui [extrait 3]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 7:17

[c’est suite à la lecture sur remue.net du premier extrait de « la plui » que j’ai découvert ce travail sur le site de Fred Griot. Texte qui est véritablement à découvrir, qui est d’un exigence rythmique et linguistique remarquable. Merci à Fred Griot de nous avoir donné cet extrait inédit. Nous invitons les lecteurs qui ne connaissent pas le site de Fred Griot à le découvrir, de nombreux textes, et une esthétique très belle.]

• je marche la plui presque revenue les cercles autour de ma cabane aujourd’hui sorti encore sorti devant au sud sorti et presque de suite tou de suite la lande cette fois
la lande nue la lande la lande rien la lande tou la lande foudroyante pour moi la lande pour moi la lande nue

• la lande herbe rase la lande violette la lande bruyère la lande plateau la lande collinée la lande sans arbre la lande dégagée la lande où marcher à vue la lande ventée la lande maigre nue l’herbe pauvre

• ma parl maigre nue ma parl pauvre la lande lande à cette image pauvre nue ma parl nue dan le corps pauvre le corps criant le corps calme
là dan le creuse de mon corps cette parl nue de plus en plus nue cette parl qui me hante cette parl qui marche en moi quan je marche cette parl pauvre pauvre maintenant
cette parl de moins en moins de mo
cet échouage de la pense dedan moi quan je marche cet échouage et vagues cet échouage de la pense en même temps qu’elle se fait et pousse
cet échouage de la parl proche de cette pense cet échouage de la parl en dehors cette parl venant de dedan moi vers en dehors venant comme sans moi sans conscience cet échouage en dehors de la conscience
cette parl est dedan dedan cet échouage de parl est dedan dedan
cette parl et conscience autour de ma tête autour comme une mouche seul point commun entre cette parl et cette conscience cette mouche bourdonnant
cet échouage et vagues moi ça me prend ça
me marche au dedan me lope me galope au dedan
ce sont des vagues des vagues au dedan moi

• le corps marche et le corps en dedan le corps marche en dedan et la pense en dedan roule roule déroule vagues peu à peu s’épuise
le corps le corps le corps quoi
le corps est le corps tou

• le corps marchant le corps tou le corps marchant dan la lande et à main droite la mer la mer au loin toujours depuis des jours la mer comme avant comme au début le corps comme avant comme au début la pense dedan comme avant comme au début brute peu à peu plus souple la pense calmée la pense apaisée et marche marche marche marche

• le corps marche et le corps en dedan le corps marche et la pense en dedan sur la lande le corps avec la pense tou le temps en dedan sur la lande

• ici la marche dan la lande la marche dan la lande dan la pense en dedan la marche dan la lande sans la pense au dedan impossible marche sans la pense au dedan marchant toujours avec ma marche dan la lande et la pense au dedan

« Newer PostsOlder Posts »

Powered by WordPress