Libr-critique

16 octobre 2015

[Chronique] Amandine André, Quelque chose, par Emmanuèle Jawad

Amandine André, Quelque chose, Al dante, Marseille, 2015, 30 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-749-8.

 

Dans un texte giratoire procédant par agencements répétitifs, Quelque chose travaille remarquablement l’étirement du texte dans l’épuisement conjoint de la langue litanique et du corps désirant.

Le titre reprend un segment lancinant du texte, noyau central saisi comme axe de rotation sur lequel s’appuie le texte dans ses déroulements et ses mouvements de spirales, boucles à partir desquelles se constituent les agencements de propositions par décalages et glissements. Dans une langue simple et un lexique pouvant emprunter à un registre familier, les préoccupations formelles se portent sur le développement d’un texte dense dans le flux des mouvements syntaxiques et l’expérience du désir.

Le travail formel se construit dans la mise en circulation de motifs, production de boucles réitérées où l’articulation des segments, déjouée par l’absence de ponctuation, repose sur les nombreuses conjonctions de coordination et la formule impersonnelle (« il y a quelque chose »), leitmotiv coordonnant les énoncés dans la poursuite du texte. La répétition s’effectue dans le redoublement immédiat d’un segment ou dans une proposition redoublée mais inversée symétriquement, (« il y a quelque chose dans ton corps dans ton corps quelque chose », « dans ton corps » faisant alors axe de symétrie). L’avancement dans le texte, sa progression, par réitérations et modifications introduites sur celles-ci, s’établit par la production d’une abondance de subordonnées et de pronoms (première et deuxième personne du singulier) dans des phrases enroulées travaillant inlassablement le rythme.

Dans des propositions de lectures possibles, Quelque chose met en situation des corps multipliant les hypothèses identitaires et les relations interprétatives : un corps d’homme (à la fin du texte, « ton corps semblait s’apprêter pour les femmes de nuit »), un autre corps de femme probablement (s’appropriant toutefois également par contamination de genre certains attributs masculins) ou un homme, un corps d’homme évoqué notamment à la « manière de jeune fille » (« quand je pense que ta manière de jeune fille a cédé à ma bouche », p.17), une singularité qui participe à la force du texte et qui traverse ainsi remarquablement les sexualités. Dans des glissements d’appartenance corporelle ou des effets de contamination, les parties du corps (visage, peau, bras, jambe, nuque, mâchoire, reins, sexe, poumons, dos, ventre, etc.) basculent d’un corps vers l’autre le rejoignant (de « ton bassin » à « mon bassin », « tes reins »/ « mes reins », « mes poumons » / « les tiens ») et ce, conjointement à un flux de glissements phoniques (« que tu m’abaisses »/ tu abuses »/ que tu m’uses ») .

L’écriture en mouvement, dans une vitesse accrue, produit variations et procédures d’accumulation dans la constitution de la matière verbale. La dimension performative inhérente au texte croise ainsi l’oralité qui le traverse dans un développement rythmique et vertigineux.

3 mai 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, suite des RV qui vous attendent : ceux du Bureau d’investigations poétiques, mais aussi l’exposition KALMARS ATTACK et hommage à Maryse Hache. Mais auparavant, en UNE, le dernier livre de Bernard Noël, Monologue du nous.

 

UNE /FT/

Bernard Noël, Monologue du nous, P.O.L, avril 2015, 112 pages, 8,90 €, ISBN : 978-2-8180-3653-2.

Dans un monde où se vident les défilés du Premier-Mai – où se défilent les défilants – ; où le pouvoir "a pour arme efficace le remplacement de la culture par la consommation, ce qui réduit la politique à des traités de libre-échange puisqu’elle est entièrement soumise à l’économie" (p. 48) ; "un monde où la dissolution de tous les repères sociaux se double du perfectionnement continuel des systèmes de surveillance et de répression" (51) ; où "la technologie va permettre de neutraliser toute opposition par une castration mentale généralisée" 75) ;
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister ?
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister en dehors de l’action directe ?

Mais "peut-on traiter le mal par le mal ?"(91)… Ce monologue du nous nous plonge dans les interrogations et les contradictions d’un groupe de militants qui se sentent trahis par les actuels socialistes au pouvoir. Et nous, lecteurs, égarés dans un palais de glaces, ne pouvons nous empêcher de nous demander avec angoisse s’il y a la moindre issue…

Libr-événements

â–º Les RV du bureau d’investigations poétiques :

* Mardi 5 mai à 18h30, Librairie Le Monte-en-l’air, Paris 20e : lancement de l’ouvrage collectif Redrum. A la lettre contre le fascisme (Les impressions nouvelles). Coordination Alain Jugnon. En présence de Pierre Alferi, Amandine André, Philippe Beck, Kiki Picasso & Frank Smith / Lien
 
* Jeudi 7 mai à 19h, La Panacée, Montpellier : Le Film des questions (Projection + discussion publique) / Lien 


* Mercredi 13 mai à 19h, Société des Gens de Lettres, Paris 14e : Le poète et son double / Des éditeurs en dialogue avec leurs auteurs. Avec Max Alhau & Thierry Chauveau (L’Herbe qui tremble), Frank Smith & Catherine Flohic (Argol), Philippe Clerc & Yves di Manno (Poésie / Flammarion) / Lien
 
* Mardi 26 mai à 19h, Libraire Tschann, Paris 6e : lecture / rencontre avec Jean-Marie Gleize. En présence de Vincent Broqua et Frank Smith.

* Mardi 2 juin à 19h, Archives nationales, Pierrette-sur-Seine : La mémoire brûle. Conférence de Georges Didi-Huberman suivie d’une discussion publique. Lien

â–º L’ exposition KALMARS ATTACK se tient jusqu’au 8 mai 2015 à la Chapelle du Quartier Haut à Sète (mais aussi à travers la ville).

Performances, lectures, conférences autour de "KALMARS ATTACK SETE" avec Joël Hubaut, Julien Blaine, Max Horde, Didier Calléja, Didika Kœurspurs, Magali Brien, Régina Blaim, Pierre Joris, Nicole Peyrafitte, Lilie Kitsh, Laurent Rodtz, Pierre Gonzales Izner, Manu Morvan, Thomas Andro, Thomas Pailharey, Alain Robinet, Damien & Roger Anselme.

Rens. : koeurspurs@gmail.com

â–º Ce lundi 4 mai au "Cent" (100 rue de Charenton 75012), 19h00 : hommage à Maryse Hache. Son œuvre est brève au regard de son temps passé parmi nous, et très forte, très inventive, une écriture du bonheur, peut-être, un bonheur lumineux, doux, vif, clair et droit (Laurent Grisel, Remue.net).
Tous les détails pratiques et des liens pour faire connaissance avec ses écrits, avec sa voix, sont disponibles à cette page.

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

♦♦♦♦♦

Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

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9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

17 décembre 2013

[Agenda] Manifestenez-vous !

Filed under: agenda,News,UNE — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 14:50

En cette fin de semaine, deux rendez-vous à ne pas manquer dans le haut lieu al dantesque (MANIFESTEN, 59 rue Thiers à Marseille) : une conférence de Paul Hegarty et une rencontre poétique au féminin avec Nathanaël, Amandine André et Liliane Giraudon. Alors, manifestenez-vous !

â–º Vendredi 20 décembre 2013 à 19H, conférence de Paul Hegarty, "Barrage contre : musiques nouvelles comme prophylaxie, Harsh Noise Wall comme guérison virale" (entrée libre / restauration sur place).

Paul Hegarty, propose ici un axe de réflexion ambitieux de la nouveauté en musique, avec le lien à la rupture, et les concepts esthétiques liés aux forces destructrices qui ont réellement fait exploser les frontières de l’art.

« Vienne continue de nous proposer un modèle d’ores et déjà (et même depuis toujours) révolu de ce qu’est la révolution en musique, mais de manière exemplaire et toujours valable. Le mur érigé en forme de musiques nouvelles (appellation plutôt ironique) se trouve en face de la Harsh Noise Wall « . Paul Hegarty.

Paul Hegarty est un philosophe et maître de conférence en philosophie et donne aussi des cours de « culture visuelle » à l’Université de Cork en Irlande. Ses domaines de prédilection sont la philosophie de la musique et les philosophes du XXe siècle de la « French Theory » (Baudrillard, Deleuze…). Il a publié de nombreux articles sur le sujet dans des revues scientifiques et des magazines spécialisés (comme Wire), ainsi que le livre Noise/Music : A History. Musicien performer, il a créé le label dotdotdotmusic.

Une manifestation inscrite dans le cadre du festival Nuit d’hiver#11.

â–º Samedi 21 décembre 2013, Rencontre poétique à 20H : Lecture et discussions avec NATHANAËL, AMANDINE ANDRÉ, LILIANE GIRAUDON (une rencontre imaginée et organisée par la Revue La Vie Manifeste).

– Nathanaël, canadienne, vit à Chicago. Elle écrit en français et en anglais et est l’auteure d’une quinzaine d’ouvrages dont "The Sorrow and the Fast of It", "L’injure", "Paper City" et l’essai de correspondance "L’absence au lieu" (Claude Cahun et le livre inouvert).
L’œuvre de Nathalie Stephens est un affrontement avec les frontières : celles des nations, des langues et celles des genres, invitant à imaginer des alternatives aux modes de constitution et de diffusion du savoir, et s’ouvrant à la création et à toutes autres formes d’engagement.

– Amandine André : mémoire sur Danielle Collobert. 2005 : création de la web radio "À Bout de Souffle". À partir de 2006 : suit le travail de Bernardo Montet / textes et entretiens sur la danse. 2011 : création et animation de la web revue "La vie manifeste". Diverses publications en revues, papier et net. 2012 : publication de "Cercle des chiens", in "Attaques", Al Dante.

– Liliane Giraudon est une femme de lettre et poétesse française.
Elle est cofondatrice de la revue "Banana Split" et de la revue "If".
Elle a été membre des revues "Action Poétiqu"e, "Impressions du sud", "La Nouvelle B.S". En sus de son travail d’écriture, elle pratique la lecture publique, le théâtre, la traduction…
Dernières publications : "Rafle" (avec Colas Baillieul et Frédérique Guétat-Liviani – Fidel Anthelme X, 2013) ; "Madame Himself" (POL, 2013) et "La sphinge mange cru" (Al Dante, 2013).

Entrée libre. Restauration sur place.

16 octobre 2013

[Agenda] Al dante/ Manifesten

Voici votre agenda Al dante / Manifesten pour l’automne : prochaines rencontres et publications (LC a déjà reçu et apprécié Eric Toussaint, Procès d’un homme exemplaire), en plus des rappels importants.

 

1/ LES PROCHAINES RENCONTRES : – Le 17 octobre à partir de 19h > soirée de soutien à Georges Ibrahim Abdallah, avec Chloée Delaume, Nadir Dendoune, Serge Quadruppani et Jean-Marc Rouillan. Libérable depuis 1999, ce militant communiste est toujours en prison. Il vient d’entamer sa trentième année d’incarcération… – Le 22 octobre à partir de 19h > rendez-vous avec le philosophe-performeur bulgare Boyan Manchev (Ses recherches se concentrent sur les champs de l’ontologie, de la philosophie de l’art et de la philosophie politique.) Il a publié récemment "Logique du politique" (Sofia, 2012), "Miracolo" (Milan, 2011), "L’Altération du monde : pour une esthétique radicale" (Paris, 2009), "La Métamorphose et l’instant – Désorganisation de la vie" (Paris, 2009), "Quel sujet du politique ?" (Paris, 2010, en collaboration avec G. Basterra et R. Ivekovic).

2/ À VENIR : prochain Face A / face B, avec Sylvain Courtoux et Jérôme Bertin (Face A / Face B est un journal-tract produit par laviemanifeste.com, à parution aléatoire et diffusion incontrôlable. Ces publications sauvages sont totalement et uniquement soumises au désir de ces protagonistes). Le premier Face A / Face B réunissait Amandine André et Frédéric Neyrat. Disponible sur simple demande par courrier, il suffit de nous communiquer votre adresse postale.

3/ PROCHAINES PUBLICATIONS AL DANTE :

Procès d’un homme exemplaire d’Eric Toussaint (rappel sur le rôle criminel du FMI et de la banque mondiale, à travers Jacques de Groove, ancien directeur de ces… "institutions"). En librairie à partir du 16 novembre, déjà disponible à Manifesten.

La démocratie d’Alain Brossat (la démocratie : La démocratie, le mot qui fond dans la bouche, le concept qui fond dans la tête…. Ou que devient cette notion dans la bouche de nos dirigeants). A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

La sphinge mange cru de Liliane Giraudon (poésie : À l’origine le sphynx était la sphinge. Mais l’égyptien masculin se substitue au féminin. Il pose le mystère – tandis qu’elle est son propre mystère. Ici, elle a la bouche malade. La parole toujours est à naître d’un mystère à élucider… ) A paraître début novembre. En librairie le 16 novembre.

Première ligne : 105 mesures pour une guerre de Jérôme Bertin (Manifeste poétique pour une guerre à mener… qui n’a jamais cessé…). A paraître fin novembre. En librairie le 16 janvier 2014.

4/ RAPPEL : Sur Radio Manifesten, vous avez accès aux enregistrements de certaines interventions qui ont eu lieu ici : Amandine André, Stéphane Nowak + motif_r, Jérôme Bertin… Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio

5/ RAPPEL SECOND : Si vous désirez participer activement à l’aventure Manifesten, vous pouvez bien entendu adhérer à l’association.

Adresse: Manifesten – 59 rue Thiers – 13001 Marseille – Mail : evenement.manifesten@gmail.com / Radio: https://soundcloud.com/manifesten-radio / Editions al dante: www.al-dante.org

5 septembre 2013

[News] Libr-reprise…

De Rentrée-littéraire en Rentrée-littéraire, de non-événement en non-événement, le sentiment d’étrangeté s’accentue : à quelle réalité rattacher ce monde fantomatique de la "vie littéraire" ?

Pour avoir dès le départ refusé de s’y intégrer, Libr-critique n’en a-t-elle pas pour autant moins de réalité ? En cette Libr-reprise où le site a fait peau neuve, c’est le moment, non pas de réaffirmer une quelconque "identité" – LC existant dans l’errance et la différence, le flux, le fugitif et le fantasmatique -, mais d’expliciter ses lignes de force et de fuite : loin de se borner à proposer uniquement des critiques dites "libres" – mais en réalité dissoutes dans l’insignifiance du marketing généralisé et du Marché triomphant -, LC est un chantier polymorphe qui vise la mise en crise des pratiques et des représentations dominantes, le nomadisme esthétique – c’est-à-dire le perpétuel dépassement/déplacement des frontières normatives -, la perpétuelle quête de lieux autres (lieux livresques ou numériques, espaces improbables), la défense d’expériences résolument libres parce que critiques…

C’est ainsi que ce soir nous commençons à sonder à notre manière la série des livres de "Rentrée" retenus (Jean-Marc Rouillan, Le Tricard ; Antoine Brea, Petites vies d’écrivains du XXIe siècle), tout en clignant du côté de MANIFESTEN – nouveau lieu d’Al dante -, d’Actoral 2013 et d’un nouveau site, Littérature, etc.

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24 novembre 2012

[Revue – news] Al dante / Attaques, n° 1

Attaques, # 1, Al dante, automne 2012, 272 pages, 23 €, ISBN : 978-2-84761-805-1.

Depuis le redémarrage de sa maison d’édition, Laurent Cauwet conduit tambour battant son chantier Al dante (on mesurera le chemin parcouru depuis cet entretien de l’automne dernier). La rencontre de ce soir – à partir de 19H à la Librairie-galerie Le Monte-en-l’Air (71, rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare 75020 Paris ; tél. : 01 40 33 04 54) – permettra d’entendre, outre la lecture par Bernard Desportes de son sublime L’Éternité, la présentation du premier et corrosif numéro d’Attaques (avec, entre autres, une lecture d’Amandine André : boucle des "Cercles de chiens"). Découvrons cette livraison d’une grande densité…

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18 novembre 2012

[News] News du dimanche

Sans ascenseur ni renvoi d’ascenseur, c’est assurément au Monte-en-l’Air que se déroule l’événement parisien de la semaine : notez bien la soirée Al dante de samedi prochain (revue Attaques ; Bernard Desportes, Jérôme Bertin, Amandine André et Oscarine Bosquet). Soirée mondaine ? Vous en jugerez après avoir lu notre UNE.

Vu "la grande bouffonnerie" (J. Bertin) de notre monde comme de notre monde littéraire, nous avons donné carte blanche à Thierry Rat – dont vous pourrez lire bientôt sur Libr-critique un extrait du prochain livre) – dans notre rubrique Libr-commentaire de l’actualité.
Autre Libr-événements de la quinzaine : rencontre avec Mathieu Larnaudie à St Brieuc et, à Paris, soirée des éditions Les Petits Matins et colloque à la Maison de la Poésie sur le poème en prose. /FT/

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