Voici le premier volet de la réflexion théorique qui ouvrira un volume à paraître sur cette démarche transdisciplinaire à laquelle se rattachent mes recherches comme une partie de mes articles sur Libr-critique.
La sociogénétique a pour objet la sociogenèse, non seulement de la production et de la réception des œuvres, mais encore des différentes modalités d’intervention dans le champ. Ainsi le processus de communication littéraire est-il envisagé d’un double point de vue : en amont, il s’agit, grâce à l’étude d’un dossier génétique, de saisir le positionnement initial de l’auteur dans l’espace des possibles ; en aval, d’appréhender la réception de l’œuvre comme un système de relations entre trajectoire et champ. Mais l’intérêt de la sociogénétique ne s’arrête pas là, puisqu’elle vise également à rendre compte de formes et de postures (auctoriales, collégiales ou éditoriales) diversement singulières, ou encore de labels, de problématiques ou de polémiques qui, à un moment donné, représentent des enjeux cruciaux, sans oublier ces institutions que constituent les écritures codées, les revues prestigieuses, les académies ou les jurys. (À la suite d’Alain Viala, par institutions on entend les « instances qui élèvent des pratiques du rang d’usages à celui de valeurs par un effet de pérennisation (et qui, ce faisant, s’érigent elles-mêmes en autorités), et les valeurs ainsi établies » – 1990, p. 120).
Autrement dit, il s’agit d’une démarche explicative et compréhensive qui, dans le prolongement du structuralisme génétique de Pierre Bourdieu et de la sociopoétique d’Alain Viala ou de Jérôme Meizoz, s’appuie sur l’histoire individuelle et collective pour rendre compte du fait littéraire même, à savoir du fonctionnement institutionnel comme de la production et de la réception d’œuvres dont les caractéristiques formelles et éthologiques font l’objet d’une description immanente. Cette objectivation par relativisation historicisante s’impose d’autant plus que perdure une doxa littéraire toujours prompte à hypostasier écrivain et écriture. Aussi, avant tout discours de la méthode, commencera-t-on par s’interroger sur l’écriture / la valeur littéraire.
Après avoir obtenu l’accord de plusieurs auteurs, et en espérant susciter l’adhésion de nombreux critiques – qu’ils soient chercheurs, professeurs, écrivains ou autres –, Libr-critique poursuit en 2010 un work in progress sur le roman contemporain lancé en janvier dernier.
Peu avant que ne paraissent sur
Suite à notre 
Ce premier manifeste, ou anti-manifeste, puisque toute action poétique y compris numérique, déborde le texte, le resitue dans un cadre de présentation plus large que la page, entre en écho avec un ensemble d’interventions performatives et explicatives mené depuis un an. Il s’agit ici de spécifier dans la lignée de Heidsieck, de Blaine, ou encore de Chopin, en quel sens la poésie action est réélaborée par le numérique et en quel sens le numérique ouvre des potentialités qui ne pouvaient avoir lieu dans la seule poésie action telle qu’elle est constituée.
Cet article présente à la fois la version 1.0 du logiciel poetry::S::quanti::K::: que j’ai programmé avec pure data, et une réflexion sur le rapport entre texte et potentialité numérique. Alors que domine au niveau de la représentation, le fait que le texte numérique soit une transposition simple du texte d’un support à l’autre, il m’apparaît que les recherches de poésie numérique, ou e-poetry, inaugurées dès la fin des années 70, soient occultées. Par le bais de cette présentation, j’aimerai donner à réfléchir justement, en quel sens il y a des possibilités proprement liées au numérique qui interroge véritablement la nature mêem de la textualité, de la lecture, de la représentation.
[Deuxième partie de la publication de Meccano, sans mode d’emploi. La première version de ce texte a été publié initialement dans Fusées n°7, 2003.]
Ce qui travaille l’oeuvre de Chloé Delaume, lorsque l’on considère ses textes et ceci depuis Le cri du sablier jusqu’à Dans ma maison sous terre, c’est le fait qu’elle dévoile la scène d’une hantologie. Hantée par une scène de passé, vis-à-vis de laquelle elle se détourne et ceci jusque dans l’usage de son nom.
Dans la rubrique
En complément au texte de
Pierre Jourde a bien voulu nous autoriser à publier son texte libre & critique qui circule sur l’état de la recherche en France – réponse cinglante aux discours du pouvoir en place. On pourra poursuivre la réflexion en se rendant sur le site de 
Ces derniers mois, un dossier (