Libr-critique

16 février 2007

[Entretien] Spécial 22(M)DP : entre(2)tiens avec Franck Doyen

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22mdp179.jpgentre(deux)tiens
exclusif et interactif

avec
franck doyen
Devant le nombre incalculable de questions soulevées par la formidable revue “22(Montée)des Poètes” – “22(M)dP” et l’extraordinaire diversité des ses actions/activités, dans notre absolue mensuétude nous avons décidé de proposer à nos lecteurs chéris (notre lecteur chéri ?) un interview exclusif et interactif avec notre Rédacteur en Chef adoré et vénéré, Franck Doyen.
Dans cet entre(deux)tien exclusif, vous pourrez, non seulement choisir vos questions posées à Franck Doyen mais, de plus, choisir les réponses de celui-ci. Votre tendance idéologique, politique, poétique ou sexuelle n’importe guère, faîtes dire à Franck Doyen ce qui plaira le plus à vos lecteurs, à votre directeur, à votre boulangère.

Amorce (soulignez votre choix) :
Après de longues tractations et plusieurs jours de marche nous avons enfin pénétré en territoire…
…rural / rebelle / d’outre-Grosne / poétique / viticole / sportif. Nous sommes arrivés…
…dans une forêt / une vallée / au bord d’une rivière / au lieu-dit La tuilerie d’Ouroux / dans un bar / une clairière / une cave / sur un terrain de tennis.
Là, nous avons trouvé…
…un poète / un emmerdeur / un coureur de fond / un buveur de café / de vin rouge / Franck Doyen.
En plus de mesurer 1,74 m au garrot, Franck Doyen est un homme… …blanc / noir / gris / marron / jaune / rouge / bleu / vert. Il est imberbe comme papa / il a peu de barbe comme papa / il est très barbu comme papa / il a une barbe éparse comme papa, ses yeux sont…
…noirs / marrons / verts / bleus / rouges / jaunes. Il se verse un café / un verre de Chirouble / de Morgon / de Brouilly / un Rhum-coco-gingembre en s’asseyant sur…
…un trône / une chaise / une cuvette de WC / une balançoire / le sol / un canapé
en moleskine / un tabouret de bar / un fauteuil de direction et après avoir…
…salué / menacé / embrassé / demandé l’heure / fait payer l’interview / proféré un chapelet d’injures / idem, mais avec d’autres insultes / baillé,

nous avons commencé l’entretien :
Journaliste (mettez vos initiales ou le nom complet ou celui de quelqu’un d’autre) : Franck Doyen, quelle est votre opinion sur Cuba ?
Franck Doyen : C’est…
…un paradis / une dictature / le ciel / l’enfer / les quatres choses à la fois / aucune de ces choses-là.

(initiales ou non) : Et quelle est votre opinion sur la poésie actuelle ?
F.D. : …mêmes réponses possibles.

(initiales ou non : ça y est vous commencez à comprendre, c’est bien) : Franck doyen, vous dirigez la revue “22(M)dP”, comment avez-vous choisi son nom ?
F.D. : par hasard / par erreur / en hommage à la Section 22 d’Oaxaca / un 22 septembre / j’ai toujours adoré la page 22 (particulièrement à Barjols) / Benoit XVI, c’était déjà pris.

( ) : Depuis quand existe le “22(M)dP” / “IdP éditeur” / depuis quand existez-vous ?
F.D. : Depuis toujours / Depuis le 19 mars 1970 / le 22 septembre 1998 / le 1er avril dernier / le 1er janvier 1994, à l’aube / à l’heure où blanchit la campagne.
( ) : A l’heure du numérique, vous tenez une revue papier. Pourquoi ?
F.D. : J’aime le papier / Je déteste les forêts / C’est quoi le numérique ? / Parce que le papier est un lieu (voir plus loin) / Parce que.

( ) : Franck Doyen, comment rencontrez-vous vos auteurs ?
F.D. : Au bar / au bordel / sur le net
(www.publiezmoisilvousplait.com, ndlr) / dans les grands magasins / dans les salons parisiens / dans les bouchons lyonnais / dans la jungle lacandone / dans les vestiaires / sous la douche.

( ) : Que pensez-vous de la recrudescence des festivals, foires et autres salons ?
F.D. : Il est grand temps que notre société devienne vraiment une société de spectacle / Il est grand temps que notre société devienne vraiment une société de vente / Il est grand temps que notre société devienne vraiment une société de tourisme / Il est grand temps que notre société devienne vraiment une société / une S.A. / une S.A.R.L.

( ) : Que pensez-vous plus particulièrement des nombreuses lectures publiques d’auteurs de poésies contemporaines ?
F.D. : C’est chouette, on se marre bien / une vaste bouffonnerie / une manière agréable d’allier mégalomanie, égocentrisme et onanisme / une nécessité dans la volonté de faire connaître les travaux actuels / une idée tellement contemporaine (et spectaculaire!!) / je préfère de loin les lectes et ures !

( ) : Franck Doyen, selon vous, quel est le support primordial de tout travail de poésie / de poésie sonore / de poésie lyrique / de poésie blanche / de poésie concrète / de poésie révolutionnaire / de poésie numérique / de poésie totale / de poésie totalement totale ?
F.D. : le livre / le disque / l’écran / l’exposition / la situation / la performance / la scène / le tiroir / la poubelle / les chiottes dames / les chiottes messieurs / le support total / le support totalement total.

( ) : Mais vous même et autour de la revue, vous organisez…
…des lectes et ures / des couscous géants / des dégustations de spiruline / des projections vidéo / bals folks / des tournois de tennis / des matchs de water-polo. Pourquoi ?
F.D. : Pour affirmer l’expérience humaine de la spacialité / Pour affirmer l’expérience humaine de la temporalité / pour la prolifération de l’hétérogène / afin d’endiguer la destruction des lieux en tant que lieux (trait pourtant fondamental de l’expérience humaine) / pour me faire des amis / pour me faire des ennemis / pour me faire bien voir / pour me faire inviter à mon tour / pour (re)créer une communauté virtuelle / invisible / temporaire / communautaire.

( ) : Comment parvenez-vous à faire venir des auteurs / rauteurs / mauteurs / plauteurs / etc… aussi talentueux / beaux / intelligents / modestes / souples sur jambes ?
F.D. : Je leur promets d’être publiés / Ils viennent parce qu’ils m’aiment (et je les comprends) / parce que je les paie grassement / par gentillesse / parce que la bouffe est bonne / pour boire un coup (ou plusieurs).

( ) : D’ailleurs, Franck Doyen, en tant qu’auteur / rauteur / etc…, vous courez aussi après les cachets / les filles / les garçons / les engagements / les dégagements / les ballons ronds / les ballons ovales / les petites baballes jaunes fluo…
F.D. : Je tiens à dire pour ma défense (pas chassés + orientation du buste + prise western de coup droit = passing-shot court, croisé et lifté) que j’ai des enfants à nourir / une femme à satisfaire / un chien à battre / et inversement.

( ) : Franck Doyen, après avoir dit les pires choses sur… …le C.N.L. / l’ARALD et la Région Rhône-Alpes / Thierry Renard / les organismes culturels dans leur ensemble, cela certainement par…
…sentiment de supériorité / par aigreur/ par inadvertance, voilà t’y pas que l’association éditrice recommence à… …démarcher ces organismes / faire des dossiers auprès du C.N.L. / traîner du côté de la Maison du Passage à Lyon / toucher des aides grâce à l’ARALD. Est-ce par schizophrénie / opportunisme / par mercantilisme / par erreur ?
F.D. : Je n’ai qu’un mot à dire / que deux mots à dire : merci / merci beaucoup.

( ) : Quels sont les projets du “22(M)dP” pour cette année 2007 ?
Franck Doyen : un site internet / une ligne de lingerie fine / une manifestation d’écritures et d’art contemporains en zone rurale / des lectes et ures à tous les étages / l’isolation du grenier / conduire un entrainement régulier en vue du semi-Marathon du Lac des Sapins / un Marché de la Poésie à Lyon / des parutions régulières (enfin : ndlr).

PS en forme de communiqué aux journaux du monde entier : ceux qui ont (encore) une culture internationaliste ne seront pas surpris d’apprendre que j’ai pompé l’idée de cet entre(deux)tiens interactif, et même une ou deux questions-réponses, à un certain Raphael Sebastiàn Guillén.

[revue] Revue Le Quartanier n°6

revue06_c1c4_710.jpg Le n°06 de la revue Le Quartanier est sorti à l’automne 2006, nous en parlerons dans une chronique…
144 pages – ISSN 1708-248X – 12,95 $ / 10 €
Le Quartanier – 4418, rue Messier – Montréal (Québec) H2H 2H9 – Canada
+ Le Quartanier France – 21, rue de la République -13002 Marseille
[site]

Sommaire:
POÉSIE ET FICTIONS :
Antoine Brea, Benoit Caudoux, Hervé Bouchard, André Gache, Julien de Kerviler, Arno Calleja, Samuel Lequette, Christian Zorka, Mathieu Larnaudie, Gilles Toog, Ludovic Bablon
QUARTIER CRITIQUE :
Xavier Person, Steve Savage, Nathalie Stephens, Hélène Frédérick, Daniel Canty, Anne Malaprade [sur Emmanuelle Pireyre, Francis Catalano, Eva Sjödin, Arno Schmidt, Eugène Savitzkaya, Aïcha Liviana Messina, John Cassavetes] // Revue des revues : Guillaume Fayard
DESSINS :
Mélanie Baillairgé
COUVERTURE :
Christian Bélanger

30 janvier 2007

[News] WAH! le journal du monde qui va bien

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 21:33

Les éditions ère et mycroft ont lancé depuis hier une aventure éditoriale trés intéressante en lançant WAH!, un journal « quotidien, souple, et gratuit », sous forme de feuille A3 recto verso distribué tous les soirs du 29 janvier au 2 février au commerçants parisiens, à la sortie du métro Parmentier, Oberkampf et en téléchargements en pdf sur le blog WAH !

WAH! le journal du monde qui va bien publie « les bonnes nouvelles du jour », dénichées « du flux de futilités artefactualisantes du quotidien informationnel », par des « Ã©crivants » comme Chloé Delaume, Baron, Patricia Duez, Bernard Joisten, Jérôme Mullot, Florent Ruppert, Frédéric Dumond, Emily King, Hugues Jallon, Dominiq Jenvrey, Jean-Charles Massera, Jean Perrier, Philippe Vasset, Eric Arlix & Mycroft. Ces rédacteurs font une relecture de l’actualité bien réelle sous un angle à la fois critique, humoristique et créatif. Entre détournement et questionnement des événements de ces derniers jours, leur vision se veut positive et enthousiaste, optimisme qui cependant ne cache pas une déconstruction ironique plutôt hilarante de l’information, en témoigne les articles trés fins et drôles de Chloé Delaume sur le renouveau du culte de Zeus à Athènes, celui de Dominiq Jenvrey sur la possibilité de créer des chimères, ou encore celui plus coléreux de Fréféric Dumond sur la fermeture d’une usine dans le Nord …
Mais ce n’est pas seulement dans le contenu que réside la pertinence de cette « expérience anti-presse », mais dans l’adéquation entre contenu et support, d’où son mode de parution et de diffusion, presque similaire à celui des journaux gratuits qui inondent désormais quotidiennement les rues et les métros des grandes villes de France. Tiré à mille exemplaires, et diffusé dans la rue, action littéraire concrète à saluer, en ces temps où beaucoup de monde parle de performativité de la littérature et du discours en général, il constitue un geste politique qui, on l’espère, produira quelques petits effets … on imagine ce que ce serait si ère avait plus de moyens et que WAH! était tiré à 50 000 mille exemplaires comme 20min ou Métro …

Initiative à suivre donc cette semaine, pour les Parisiens, et les internautes … et merci à l’équipe de Eric Arlix pour toutes ces bonnes nouvelles !

29 janvier 2007

[Revue] n°47-48 22 (MdP) : poésieencours

22mdp179.jpgComme nous l’avions dit, au mois d’aout [ici], le festival de Lodève, en 2006, a vu une très belle expérience se faire : le off organisé par 22 (Montée) des poètes et la galerie art en cours, à savoir respectivement Franck Doyen et Sofia Burns/Karim Blanc. Pour marquer ce moment, Franck Doyen vient de consacrer un double numérode 22 (M)DP poésieencours, qui témoigne de cette semaine de lectures quotidiennes dans cette galerie de Lodève, devenue pour cette occasion un véritable laboratoire de poésies contemporaines, où de très nombreuses rencontres entre auteurs ont eu lieu.
Ce numéro de 22 (M)DP, n’est pas seulement la réunion de textes, mais il redonne aussi la joie créatrice qui caractérisa ces instants. C’est pourquoi ce numéro est vraiment incontournable.
22 (Montée) des Poètes, n°47/48 : poésieencours, 126 pages en deux livrets accompagnés d’un DVD de Claude Yvroud, ISSN: 0292-0794. 10 €
commande : Franck Doyen / la tuilerie, 69860 Ouroux / revue.22mdp[@]wanadoo.fr

Sommaire :
Livret 1 : Editoto de Franck Doyen, Questions pour un poète de Claude Yvroud, Combinations d’Hortense Gauthier, Coupe Gorge et À l’orée des villes de Sébastien Lespinasse, Barnaba [extrait] de Marie Delvigne, Bouche cousue d’Edith Azam, Corpus Delicti de Claude Favre et le DVD « Lodève 2006 » de Claude Yvroud.
Livret 2 : Entre(2)tiens avec Franck Doyen, Capital-Hôpital de Christian Malaurie, Ultimatum de A_K_S [Agence_Konflict_SysTM], Humaine et corrigée de Rachel Defay-Liautard, Ma vie d’après (chantier) d’André Gache, Wasschwing maschwing et zoofolies (air pariétal) de Stéphane Deloy.

12 janvier 2007

[Revue] Carbone

Revue Carbone n°1 [thème : Esclave], éditée par la maison d’éditions Le-mort-qui-trompe, 125 p. ISSN : en cours. [site de la maison d’éditions]. prix : 8 €.
carbone152.jpgSommaire :
Entretien avec Juan Asensio par Laurent Shang.
Récits :
Lucien Suel : Le collectionneur d’esclaves.
Jean-Mac Agrati : Le retour de Joséphine de Beaumarchais.
Helena de Angelis : Mea Culpa.
Andy Verol : Histoire des derniers Cow-boys français.
Jean-Claude Tardif : Connaissez-vous Montgomery.
Critique :
Jean-Paul Gavard Perret : Artaud le mécréateur.
Axele Felgine : La théorie du bétail humain chez Sozo Numa.
Valérian Lallement : Pierre Guyotat : autopsie de la machine.
Mohammed Chaouki Zine : Servitude et finitude dans l’herméneutique d’Ibn ‘Arabi.
Philippe Di Folco : Magic box
Otom Didier Manuel : Paysages imaginaires des enfants de la cté monstre dans le Japon contemporain.

Premières impressions :
Il s’agit là d’une nouvelle revue, fondée par Valérian Lallement et Axelle Felgine, deux ex-membres des Hermaphrodites, avec qui ils sont restés en lien étroit, du fait qu’ils aient fondé ensembles une maison de diffusion : Le cartel. En cela ce premier numéro évite de nombreuses erreurs que font beaucoup de nouveaux créateurs de revue : ce numéro sur « esclave » d’emblée est mature, très bien mis en page, original dans la conception du traitement du thème : trois sections distinctes, qui apportent trois angularités qui se répondent. Car le choix des textes a été exigent.
Assez rapidement, on retiendra au niveau critique, et en ce qui concerne spécifiquement les centres d’intérêt de libr-critique : Jean-Paul Gavard Perret, qui réfléchit sur un Artaud qui se tient dans une position paradoxale : « puisqu’il est à la fois prisonnier de lui-même et hors de son être », ce qui le conduit à la recherche d’une forme de libération qui en passe, comme Françoise Bonardel l’avait magnifiquement analysé dans son Artaud : par une transfiguration, lui permettant de rompre avec l’aliénation qui le vampirise, et ceci notamment lors de sa quête chez es Tarahumaras au Mexique. L’analyse de JP Gavard Perret est très bien référencée et à partir du thème de l’esclave, montre parfaitement la force du langage d’Artaud. De même le texte de Valérian Lallement sur Guyotat est trs bien établi, par un réel connaisseur de cette oeuvre, car en effet, V. Lallement a étabi l’édition critique des Carnets de bord de Pierre Guyotat [Lignes Manifeste en 2005]. Son article interroge la langue de la prostitution, de l’esclavage et de la soumission en tant que condition de possibilité de la liberté, car tel qe l’écrit P. Guyotat : « Vous hommes libres, vous aimez boire le sang, et recevoir la semence des esclaves; alors pénétrés jusqu’au fond de l’âme, par un feu ancien : la liberté par soumission aux forces du ciel. » Et pour finir avec les articles théoriques, mentionnons le très bel essai de Philippe di Folco, qui à partir d’une réflexion sur notre hypermodernité et ces processus de fictionalisation de l’existence, pose les affects, inquantifiables, en tant que vectorialités performatives qui se jouent en rapport avec la Memory-box. Derrière son texte, au style assez percutant, outre une analyse de Brazil de T. Gilliam, se dessine une réflexion sr la boîte-carnet magique telle qu’elle a été pensée dans les derniers textes de Freud : cet espace où cela s’écrit et s’efface simultanément. Au niveau des fictions, outre le texte très critique de Lucien Suel, qui entre en écho avec ces derniers livres publiés, il faut aussi découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas, l’un des nouvellistes qui nous semblent parmi les plus importants actuellement : Jean-Marc Agrati, don nous reparlerons en mars pour la sortie de son troisième recueil de nouvelles aux éditions Hermaphrodite : Ils m’ont mis une nouvelle bouche. Son petit texte une nouvelle fois avoisine l’hallucination éveillée : avec une écriture à la Bukowski, il décrit une scène sacrificielle selon une trajectoire totalement fantastique et absurde.
Au vue de la qualité de l’ensemble et du prix de la revue, nous ne pouvons que recommander celle-ci, en attendant son numéro 2 portant sur le thème de la « fin »

16 décembre 2006

[Revue] Conflits actuels

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , , — rédaction @ 17:28

Conflits actuels, n° 17 : « Controverses », 192 p., 16 euros, ISSN 1283-1255.
[site]
Premières impressions

controverses.gifLe numéro 17 de Conflits actuels, revue d’étude politique fondée en 1998 et dirigée par Arnaud Hurel, s’attache au paradoxe suivant : en cette ère de la communication triomphante, qui entretient le fantasme de TOUT-DIRE, le politiquement-correct et les censures diverses nuisent à la libre expression critique, à la controverse.
Parmi les sept contributions, on retiendra celles de Frédéric Guillaud (« Y a-t-il une vie intellectuelle en France ? ») et de Pierre Jourde (« La controverse littéraire introuvable »).

Nous y reviendrons très bientôt dans un dossier sur la « crise » des intellectuels en France./FT/

3 décembre 2006

[revue] Il Particolare 12-13-14

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 11:09

Il Particolare, Art, Littérature et critique, n°12-13-14, 303 p., 31 €. ISBN- 2-87-720266-6
ilparticolare118.jpg Ce dernier numéro, qui en réunit 3, a surtout le mérite de présenter Arno Schmidt, qui s’il est indéniablement connu, voire mythique au niveau de la poésie contemporaine, n’en reste pas moins peu lu, peu découvert. En témoigne d’emblée la présentation de Marjorie Carveribère et de Jean-Pierre Cometti : « Arno Schmidt est au nombre des écrivains dont le succès d’estime dépasse de beaucoup le nombre de ses lecteurs. […] Le nombre extrêmement restreint de textes ou d’ouvrages critiques consacrés à Schmidt, en particulier en France, en dit long sur les réticences que ses livres ont suscitées et sur la nature des certitudes qui nous servent aisément de viatique ». Le cahier interne qui lui est consacré permet ainsi d’ouvrir le lecteur à une oeuvre que chaque intervenant présente comme celle d’une exigence absolue, de l’opération de calculs singulier de et dans l’écriture.

Ce dossier se compose à la fois d’un texte d’Arno Schmidt, d’une bibliographie sommaire et de textes d’analyse ou de présentation de Eric Chevillard, Marjorie Caveribère, d’Eric Bullot, de Stéphane Zékian, de Pierre Senges ou de Thomas Keller.
Pour saisir l’enjeu littéraire dans lequel nous situe l’écriture schmidtienne, d’emblée il faut en exposer la particularité : Arno Schmidt pose l’écriture dans le jeu turbulent d’une conscience qui comme prisme diffracte par sa perception le donné continu perceptuel pour produire des fragments tout à la fois discontinus et qui pourtant se suivent dans la forme d’un continuum où l’hétérogénéité domine, où l’accidentalité phénoméno-linguistique brise toute linéarité. « Une succession d’instantanés scintillants en vrac » écrit Schmidt, que Erik Bullot définit en tant que mode « d’écriture discontinu, proche de notre perception, excessivement poreuse, qui ne retient que les aspérités de l’expérience ». L’écriture de Schmidt est indéniablement phénoménologique au sens strict du terme : expérience du donné dans l’axe de composition/décomposition, fragmentation/dialation spécifique à la donnée littéraire. S’il y a grossissement du donné, c’est par le speculum spécifique de la conscience qui agit en tant qu’appareil optique. La vue ne tire pas sa consistance d’abord et avant tout de l’extérieur, mais se tient dans l’entrelacs de la masse inchoative du donné indicible et de la perception-langage qui décompose l’unité en présence dans le dicible de la représentation. Travail de loupe donc. « Une loupe grossissante comme celle-là, voilà ce qu’il me faudrait, voilà ce qu’il me faudrait : 15 centimètres de diamètre. » (Scènes de la vie d’un faune, p.163). Ce travail spécifique de l’écriture tel que l’explique très bien Marjorie Carveribière tient à un calcul libre de l’appareil de perception de Schmidt : « La liberté de Schmidt va jusqu’à séparer des possibilités sémantiques minimales au sein du même mot. En le divisant, il multiplie ses possibilités d’interférences puisque c’est autant cette unité sémantique qui est invoquée que les parties qui la composent ». Travail d’hyper-littéralité, où le jeu n’est pas seulement dans la composition entre des unités sémiotiques, mais dans la prolifération qui peut résulter de l’opération d’écriture qui introduit une nouvelle indicialité de relations au niveau syntagmatique.

Ce travail de langue, toutefois ne se boucle pas sur lui-même, mais s’ouvre dans des récits. Thomas Keller l’explique parfaitement en revenant sur « Paysage lacustre avec Pocahontas » publié en 1955 dans la revue Texte und Zeichen. Derrière une histoire simple, celle d’un amour d’été, celui de Joachim Bomann et de Selma Wientge, Arno Schmidt, en fait, développe non seulement une critique de l’Allemagne et des conventions qui règlent les rapports humains, mais en plus inverse les déterminations onto-théologiques de la religion, pour libérer la relation sexuelle entre ses deux protagonistes. Tel que Thomas Keller l’explique, en décrivant l’acte de baptême opéré par Bomann : il « ne transforme pas l’indien en chrétien, c’est l’inverse qui se produit : il libère du pêché originel les amants qui peuvent se donner au plaisir et à la jouissance ». L’écriture de Schmidt ne s’enferme alors dans aucun formalisme, mais il libère l’opération linguistique dans des possibilités non seulement narratives mais aussi critiques. Scruter par la langue, c’est aussi déconstruire tout un ordre de liaisons et de relations établies par la langue aplanie, celle de la carte qui est seulement vu macroscopiquement. La cartographie ouverte par Arno Schmidt est en ce sens un acte opératoire des liaisons préétablies, acte opératoire qui met au jour des ordres déterminants qu’il fait voler en éclat.

1 décembre 2006

[revues] La revue Boudoir & autres

Lors du salon des Revues, nous avons découvert les deux numéros de la revue Boudoirs & autres, arts et littérature contemporains, dirigée par Matthieu Nuss, et publiée par les éditions Ragage.

N°1 : Virgile Novarina, Christian Hubin, Valérie-Catherine Richez, Petr Kràl, Serge Gavronsky, Jean-Luc Sarré, Emmanuel Laugier, Cécile Mainardi, Ariane Chottin, David Mus, Philippe Beck, Mathieu Nuss, Christophe Manon, Sonia Jeuland, Jean-Luc Parant, Antoine Dufeu, Jude Stéfan, Gérard Pesson, Pierre Chappuis, Michel Deguy.
146 pages. Prix : 16 euros. ISBN : 2-915460-19-1
N°2 : Georges Ball, Jean-Patrice Courtois, Carole Darricarrère, Christian Désagulier, Antoine Dufeu, Claude Favre, Franck André Jamme, Jean-Paul Michel, Sandra Moussempés, David Mus, Mathieu Nuss, Pierre Ouellet, Gérard Pesson, Pierre-Etienne Schmit, Ester Tellermann
156 pages. Prix : 16 euros. ISBN : 2-915460-20-5

30 novembre 2006

[revues] La revue Action Restreinte

Action Restreinte, théories & expériences de la fiction, revue menée par Mathias Lavin, Aurélie Soulatges et Isabelle Zribi, sort son huitième numéro, autour du thème « en tenir à l’impossible ». 104 pages. Prix : 12,5 euros. ISSN 1638-7473. Adresse : Action Restreinte – 25, rue de la demi-lune – 93100 Montreuil. actionrestreinte(at)hotmail.com

actionrestrb132.jpgSommaire n°8 : Dominique Quélen, Savine Dosda, Fernand Combet, Arno Calleja, Arélie Soutlages, Isabelle Garron, Isabelle Zribi, Robert Musil, Amélie Lavin, Ralph Böhlke, Valérie Meyer, Florence Pazzotu, Mathias Lavin, Maria Gabriela Llansol, Eric Arlix, Guida Marqués.

[revues] La revue Livraison

Livraison, revue d’art contamporain. 192 pages. Prix : 13 euros. ISSN : 1631-218X ISBN : 2-913803-22-9. Rhinocéros – 18 rue de Stosswhir – 67100 Strasbourg.
livraison133.jpgLa revue Livraison, publié par Rhinoceros, et diffusée par r-diffusion, structures que dirige Nicolas Moulin, est basée à Strasbourg. Nous avons découvert, lors du salon des Revues à Paris en octobre, son numéro 7, coordonnée par Manuel Daull, et dont le thème est « bribes / ratures / fragments ».
Au sommaire : Olivier Létang / Emmanuel Adely / Miguel Angel Molina / Frédéric Dumont / Sylvette Babin / Mathieu Renard / Xavier Chevalier / Jean-Baptiste Farkas / Edouard Levé / Christophe Fourvel / Adèle Gaucher / Sabine Delcour / Vivien Philizot / Stéphan Girard / Jean-Louis Py / Franck Guêné / Mathieu Husser / Thierry Géhin / Manuel Daull / Frédéric Weigel / Charles Mazé / Philippe Szechter / Anne Vauclair / Kasper T. Toeplitz / Hervé Roelants / Hugo Pernet / Mespoulet Papers / Christophe Grossi / Matthieu Messagier / Pierre Yerro.

24 novembre 2006

[revues] La revue MU

Nous avons découvert au Point éphémère lors du salon Light#3, la revue MU, dirigée par Yann Poncelet, qui a mu2.jpgdéjà sorti deux numéros. Revue d’écriture et d’art, elle a au sommaire de son 1er numéro : Edouard Levé / Frédéric Dumond / Patrick Bouvet / Victor Okil / Jérôme Mauche / P.N.A. Handschin / Alex Pou. Prix : 10 euros. ISBN : 2-9523222-0-1.

Le sommaire du numéro 2 : Jean-François Chermann / Ricardo Balli / Ulises Carrion / Charles Pennequin / Jacques Jouet et Aurélie Loiseleur / Fabien Vallos / Eric Suchère / Jean-Clair Bonnel / Alex Pou. Ce dernier est aussi le graphiste de la revue. Prix : 10 euros. ISBN : 2-9523222-1-x
La revue est distribuée par R-diffusion.

20 octobre 2006

[Revue] DOC(K)S POESIE(S)/THEORIE(S)

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , — Philippe Boisnard @ 18:20

>> Revue DOC(K)S, Quatrième série, n°1/2/3/4, Poésie(s), théorie(s) + Film (DVD rom)[entre 2 siècles]

[site]

450 pages, 50 €

docks_theorie115.jpgPlutôt que de mettre un extrait, et avant de faire une chronique — travail qui raisonnablement sera impossible et qui demandera de choisir des lignes spécifiques — je préfère d’emblée marquer l’importance historique de ce numéro de DOC(K)S, sans doute, l’un des plus importants depuis sa création.
Il n’échappera à personne, qu’une nouvelle série commence, Julien Blaine revient de son long voyage à travers la performance (bye bye la perf), et voilà DOC(K)S qui se retrouve avec son créateur historique entouré des deux acolytes qui l’ont recueilli et amener à traverser les années 90 et le début du siècle. Si ce numéro a de l’importance, ce n’est cependant aucunement pour cela. Si une nouvelle série peut commencer, cela n’a je crois que peu de rapport avec ce retour, retour de Blaine, qui de fait n’a jamais quitté DOC(K)S son nom y étant attaché, aussi bien que celui de Jean Torregrosa et de Philippe Castellin maintenant.

Si une quatrième série peut commencer, c’est parce que DOC(K)S propose une réponse historique à un certain nombre de questions historiques sur la poésie. Réponse historique qui n’est pas donnée seulement par ses créateurs [thèse], mais qui fait intervenir l’ensemble des participants de la réalité qui fonde la poésie et la littérature contemmporaine. Qu’on lise les noms : Balpe, Blaine, Bootz, Burgaud, Boxon, Castellin, Christoffel, Darras, Dreyfus, Fontana, Frontier, Game, Garnier, Garvard Perret, Giroud, Hanna, Hémion, Hubaut, Kostelanetz, Lebel, Leibovici, Limongi, Malbreil… Qu’on lise et relise les noms, qu’on les poursuive : Maraux, Menoud, Meyer, Minarelli, Molinié, Pey, Prigent, Tanabé, Simon, Sivan… et j’en oublie… Ce numéro est historique, car il pose un répons possible à la mise en question théorique des pratiques poétiques, et ceci aussi bien, par des pratiques, ce qui rejoint en quelque sorte le travail qu’a effectué cette année Denis Ferdinande dans TheoRire actes (essai) en tant que suspension de réponse face à l’injonction prigentienne de Salut les modernes, que par des ouvertures théoriques. Ce répons n’est pas celui d’une école, n’est pas celui confiné d’une édition qui s’auto-promeut, mais il est celui entrecroisé d’une véritable anthologie critique, qui n’avait pas encore été faite en France, amenant — comme j’y reviendrai dans ma chronique — de véritables affrontements non seulement sur la question de la définition de la poésie, mais aussi plus largement sur des questions ontologiques portant aussi bien sur le sujet humain que l’espace politique. Seule une revue comme DOC(K)S pouvait accomplir un tel pari, et ceci du fait que DOC(K)S est une revue de croisement, non pas lieu de fixation idéologique sur la poésie, mais lieu d’ouverture(s) des pratiques.
Le dialogue ainsi ouvert par ce numéro, pris dans la dynamique d’une juxtaposition qui ne suit pas l’ordre alphabétique, met en jeu, en tension chacune des interventions. Un choix de trajectoire a été choisi, il y a un sens à cette édition. Ceci est redoublé par le DVD, véritable film, [Entre 2 siècles], où se croisent les interventions d’Akenaton, Blaine, Giroud, Menoud, Serge Pey … autour d’une ligne de structure qui est celle de trois interventions de Paul Virilio qui de fait met en question ce qui est dit dans ces différentes interviews ou créations.

Certes toutes les interventions ne sont pas de même qualité, mais la préciosité historique de ce numéro tient justement aussi à ces déséquilibres, aux lignes de fracture, qui séparent ces paroles, ou bien ces écrits. Les qualités varient : questionnement, affirmation, cynisme, copinage, errance, impertinence, egocentrique, publicitaire, décalée, à côté, ….

Ce numéro ainsi est historique car il propose, non pas un panorama de pratiques, mais le faisceau théorico-pratique qui détermine les formes de la poésie à partir de ceux qui se situe sur ces lignes généalogiques, et ceci depuis les futuristes (Les idées futuristes après la fin des futuristes, Giovani Lista) ou Dada (Théorie DADA, Michel Giroud), jusqu’à l’usage des micro-ordinateurs (Panorama de la poésie numérique : Vers une écriture verbi-voco-visuelle, Jacques Donguy).

14 septembre 2006

[Revue] Fusées n°10

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Revue Fusées, éditions Carte-Blanche, ISBN : 2-905045-46-9, 252 p. 27 € 50 [éditions carte-blanche]

Sommaire du numéro :
1. Charles Pennequin
2. Jean-Luc et François Poivret
3. Raymond Federman et Mathias Pérez
4. Romain Nicoleau
5. Alain KIRILI et le Jazz
6. Jazz Poetry
7. Voilà les EX/TXT
8. Travaux en cours
9. Partis-Pris

voir chronique

15 août 2006

[revue] revue QQ n°1

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Revue QQ n°1 94 pages (revue non paginée), 5 €.
Commande : 16 boulevard de Belfort 59 000 Lille.

4ème de couverture :
Prétention d’édition effectuée le mardi six juin deux mille six de neuf heures à dix heures trente minutes par Ariane Bart, avec des textes écrits par Ariane Bart, Antoine Boute, Lucille Calmel et Charles Pennequin sur la liste de diffusion « cu_cu_clan »

Impressions :
Cela travaillait cette liste de diffusion. Depuis un certain temps se posait la question de la publication de la textualité immanente de cette liste où se déversent aussi bien les retours-détour-retors réflexifs de Lucille Calmel, les injonctions énervées de Charles Pennequin, les délires post-lettristes d’Ariane Bart ou les textualités réticulaires d’Antoine Boute. Voilà, c’est publié.
Que peut-on lire dans cette copieuse revue ?
Tout d’abord, un type de relations linguistiques qui est permis par le net et qui s’est ouvert par son biais. Même s’il est vrai que le texte de Thth publié par Camera Animales rend davantage cette dynamique réactive, du fait de l’inventivité idiolectale constante qui est la sienne et de la conjonction permanente à une actualité dans laquelle il est immergé. De fait, la revue QQ, peut paraître décevante de ce point de vue, même si apparaissent des passages complets d’échange web.
Ensuite, des expériences littéraires reliées à la spécificité de chaque intervenant. C’est en ce sens que nous pouvons y lire la mystérieuse Ariane Bart, dont la textualité n’est pas sans rappeler certains textes d’Antoine Boute dans le numéro 13 de OUSTE. De là à penser qu’ils ne font qu’un, voilà un pas que je suis prêt à franchir. De même que nous pouvons y saisir à la volée les textes précipités de Pennequin.
Dans l’ensemble cette revue, qui se place dans l’auto-dérision et qui avoue sa donation dérisoire, permet de passer un moment amusant.

10 mars 2006

[revue] la revue Ouste, n°14

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 4:44

OUSTE, n°14, Printemps été 2006, 5€, éditions Féroce marquise, Les grandes arcades, rue du Vallon, 24 000 Périgueux.
La revue OUSTE sort ici un numéro très conséquent, plus de 90 pages de poésie (avec en moyenne 2 pages par auteur). On y trouvera tout à la fois de très bons textes et de plus faibles, des expériences visuelles, aussi bien à partir d’éléments concrets que dans l’horizon spatialiste. La revue OUSTE est à l’image du Festival dirigé par son directeur : lieu de croisements et d’échanges, où ce qui est recherché ce n’est pas de défendre telle école poétique ou bien tel courant, mais de montrer la diversité poétique selon des principes de cohérence interne pour chaque poète.

En ce sens, c’est une lecture à conseiller, qui pour le prix n’est vraiment pas cher.

2 février 2006

[revue] Talkie-Walkie n°1, par Franck Doyen

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , , , — franck doyen @ 13:36

Franck Doyen

Editions Trame-Ouest — 2005— 6€
site Talkie-Walkie
partenariat Libr&critique et 22(Montée) des poètes

Alors que sort ces jours-ci, le n°2 de la revue Talkie-Walkie, nous mettons en ligne, suite à la proposition de Franck Doyen, l’article qu’il avait rédigé dans 22 (Montée) des poètes (n°45), à propos du n°1. Découvrez le sommaire du n°2 et les publications on line de T_W [site T_W]

Éditée par les éditions Trame-Ouest de Philippe Boisnard, la toute nouvelle revue Talkie-Walkie vient de tomber dans les bacs et sur les téléscripteurs du paysage multitransdirectionnel et archétypectonique des tentatives revuistes.

C’est Hortense Gauthier et Juliette Decroix qui tiennent la barre et y assurent la direction assez triple. En effet, s’il s’agit bien d’une capsule / bouée / sac / trousse / bouteille / pneumatique / canot de « survie cognitive en milieu hostile » (A_K_S), celle-ci (de survie) reposera sur tois axes : le poétique, le politique et le pop. Tentative donc de mise en convergence et en synergie de la radicalité et du jeu dans le champ poétique. Energies politiques et impacts pop – la réciproque se devant d’être tout autant valable.

De plus dès sa naissance, Talkie-Walkie se veut une « plate-forme multimodale » : à la fois une revue pouvant s’afficher, un site internet, une carte poétique postale, un sticker. Détournant et s’appropriant par là les supports usuellement réservés à la publicité.

Bon alors, vous allez me dire, c’est bien joli tout cela ce sont de bien beaux mots, mais dans le dedans de la trousse, après le zip, mais sous le dessous, après le retournement de la peau, il y a du qui-que-quoi dont-où : et bien Christophe Fiat, Sylvain Courtoux, Philippe Castellin, Vannina Maestri, Joachim Montessuis, Franck Laroze et Philippe Boisnard. Donc, pour ronchonner, on pourrait dire qu’il y a peu de surprise quant au choix des auteurs. Dans quelques numéros, on verrra certainement des apparitions plus étonnantes.

Cependant les travaux sont d’une réelle qualité et tout à fait inédits. Ainsi l’affiche sur papier calque de Philippe Boisnard est particulièrement réussie, dérivant le tryptique regard / visage / écriture (« l’écriture fait partie des traits d’expressio du visage ») ; de même le texte de Sylvain Courtoux, Nihil Inc._3, qui trouve une formidable extension sur le site internet de Talkie-Walkie, fait preuve de l’épaisseur du travail de celui-ci. Le plus pop de cette transmission est au demeurant Franck Laroze avec sa ballade en Préservation – Sécurité – Avenir : ou comment passer d’un « Ensemble de Préservation pour la sécurité de l’avenir » à un « Ensemble d’ignorance pour la venir de la préservation » à un « Ensemble de destruction de la préservation de l’avenir » à l’ « Avenir d’ensemble pour la préservation de l’oubli ».

En dessert, une carte postale de Akenaton en forme de persistance rétinienne et un sticker signé des directrices de publication qui sera du plus bel effet collé sur votre frigo, sur le cul de votre 2CV, ou encore sur le front de votre facteur : « un réseau de communication homogène n’existe pas, les terrains sont toujours accidentés ».

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