Libr-critique

17 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’été, et avant de présenter d’autres œuvres phares de ces dernières semaines (la tonitruante domestication de l’art signée Laurent CAUWET… d’Abrigeon, Bergen, Rongier, Sivan, Smith, Vargas…), RV avec Sandra MOUSSEMPÈS ; la soirée DADA à la Maison de la poésie Paris ; Daniel Cabanis à Ivry-sur-Seine ; Jérôme Game et les 25 ans des éditions de l’Attente…

â–º Agenda de Sandra MOUSSEMPÈS : avant de rendre compte de son curieux Colloque des télépathes, voici quelques dates :

– le 30 septembre : festival Actoral 17 à Marseille

– le 5 octobre, librairie Texture à Paris, lecture signature

– le 20 octobre : lecture croisée en compagnie d’Antoine Boute à la Maison de la Poésie, Paris

– le 26 octobre : lecture au centre Pompidou dans le cadre de la rétrospective Harmony Korine

â–º Jeudi 21 septembre à 20H : les Instants chavirés à Montreuil

â–º Samedi 23 septembre 2017 à 19H, Maison de la poésie Paris : soirée DADA !

O bouches l’homme est à la recherche d’un nouveau langage
Auquel le grammairien d’aucune langue n’aura rien à dire (Tzara)

On y entendra la voix profonde de Kurt Schwitters, une lecture pneumatique de manifestes DADA, des extraits d’une sonate de sons primitifs, un vidéofilm atypique sur un mode non narratif, des respirations et des ponctuations sonores, de la pensée dans la bouche, des problèmes d’élocution (mais pas plus que les oiseaux).

Avec Isabelle Ewig, Patrick Beurard-Valdoye, Sébastien Lespinasse, Jean-Baptiste Para & Isabelle Vorle.

5 euros / 0 euros (Adhérents)
Réservation conseillée : 01 44 54 53 00

â–º Samedi 23 et dimanche 24 septembre, de 14H à 20H : retrouvez Daniel CABANIS à la Manufacture des œillets (Ivry-sur-Seine) !

â–º Mardi 26 septembre à 19H, Maison de la poésie Paris : Jérôme Game, Salle d’embarquement

Lecture
Jérôme Game – Salle d’embarquement

C’est l’histoire d’un déroutage inopiné dans les interstices de la globalisation, smartphone en main. Pour son travail, Benjamin C. parcourt la planète en avion, chaînes d’hôtels et voitures de location. Témoin en immersion, il absorbe tout ce qu’il voit. Le regard qu’il porte sur le monde d’aujourd’hui, saturé d’images, lui enseigne que le réel est affaire de recadrages comme de contrechamps. Répondre à cet appel, c’est commencer d’agir, ici et maintenant.
Jérôme Game est poète, auteur d’une quinzaine de livres, de plusieurs CD de poésie sonore et a réalisé des installations visuelles et sonores. Ses textes ont été traduits en plusieurs langues et font l’objet d’adaptations scéniques et plastiques. Il vit actuellement entre Paris et New York, où il enseigne le cinéma. Salle d’embarquement est son premier roman.

À lire – Jérôme Game, Salle d’embarquement, éd. de l’Attente, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

â–º Mardi 26 septembre à 20H : les 25 ans des éditions de l’Attente !

Rencontre & lecture
« Les 25 ans des éditions de l’Attente »
Cycle Édition alternative #15
Avec les auteurs Anne Savelli, Philippe Annocque, Marie Borel & les éditeurs Franck Pruja, Françoise Valéry

Soirée animée par Jean-Luc D’Asciano

Créées en 1992 à Bordeaux par Franck Pruja et Françoise Valéry, artistes-éditeurs, les éditions de l’Attente publient une littérature poétique contemporaine (récits poétiques, critiques, philosophiques, œuvres oulipiennes, dessins accompagnés d’écrits d’artistes, etc.), des textes où l’écriture est irriguée de pratiques parallèles : musique, cinéma, arts plastiques ou numériques, architecture… Leurs publications sont souvent supports de performances scéniques par leurs auteurs. Le catalogue de l’Attente compte aujourd’hui près de 170 titres et représente une centaine d’auteurs.
Ce soir, après la lecture de Jérôme Game en préambule, ils invitent quelques auteurs pour des lectures et performances…

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

17 décembre 2016

[Chronique] François Rannou, Poésie et livre électronique : une question d’espaces

Voici le deuxième volet du dossier consacré à François Rannou. Voir le premier : ici.

Le livre électronique (ou livre numérique) est un support neuf qui n’a, jusqu’à présent, pas été beaucoup investi par les poètes. On trouve surtout les livres de poésie numérisés — classiques ou contemporains, dont les fichiers PDF reprennent la forme traditionnelle du livre papier. Il est d’ailleurs à noter que le PDF se justifie souvent par la volonté justement de respecter scrupuleusement la mise en page de l’auteur — faisant ainsi du livre numérisé la simple copie-écran du livre papier[1] sans réfléchir véritablement à la spécificité du nouveau support. C’est à cette différenciation et à ses implications que je m’attacherai tout d’abord. Je tenterai ensuite de montrer ce que le livre électronique, dans ses formes possibles, doit aux recherches des poètes, surtout à partir du 19ème siècle. Enfin, je ferai état de réalisations, de propositions ou projets que je mène actuellement dans le cadre de mon travail d’auteur et éditeur (aux éditions Publie.net[2] et comme directeur de la revue Babel heureuse chez Gwen Catala éditeur).

Livre papier et livre numérique n’offrent pas le même espace, ne s’intègrent pas dans les mêmes dimensions, c’est une évidence.

La page du premier implique un format défini, un équilibre des blancs, une aération, une matière, un toucher, une lisibilité dont se soucient tout particulièrement les poètes pour qui ces éléments jouent un rôle essentiel. Mais c’est par analogie qu’on tourne les pages du livre numérique. En fait, la page a disparu au profit de l’écran, espace multimodal ouvert dont les dimensions s’adaptent aux divers objets qui, quelle que soit leur taille, permettent de lire un ebook (je peux ainsi avoir accès au dernier ouvrage de Virginie Gautier[3] sur mon smartphone, mon Iphone, ma tablette, mon Ipad ou ma liseuse ; sans que la dimension de l’écran restreigne l’apparition du texte).

Alors que le livre papier intériorise l’espace de la parole, le resserre dans un cadre accessible par le recueillement, la concentration — ce n’est qu’à cette condition qu’il peut se déplier chez le sujet-lecteur —, il en va tout autrement pour ce que peut être un livre électronique de poésie qui, lui, extériorise cet espace en l’ouvrant à ce qu’on peut appeler (avec Patrick Beurard-Valdoye) les arts poétiques : vidéo, musique, performances, peinture, danse, etc. En effet, ce nouveau support permet, par sa caractéristique multimédia, d’intégrer des éléments sonores, visuels qui ne doivent pas être considérés comme des suppléments ou des documents venant enrichir, presque de manière décorative ou illustrative, l’ouvrage. Le livre numérique devient ainsi un objet cohérent à la fois clos et ouvert, ayant sa propre autonomie, lisible à tous les sens (ou presque) immédiatement (on est loin de ce que tente[4] le livre papier lorsqu’il est accompagné d’un CD qui n’est trop souvent que la trace mémorielle de ce qui est écrit). Dès lors, il s’appréhende d’un seul tenant, différents temps créant leur jour dans la simultanéité légèrement différée de la lecture. L’ouvrage s’écrit à une ou plusieurs mains, confronté à des nécessités techniques exactement dans l’esprit des collaborations entre musiciens ou artistes et poètes.

Ces derniers d’ailleurs sont, pour ainsi dire, à l’origine de ce qui se dessine plus haut par leurs recherches, le livre numérique les rendant réellement possibles, enfin, dans la variété de leurs intuitions. Il ne s’agit évidemment pas de retracer ici une histoire des avant-gardes, par exemple, mais de montrer comment, avec une constance soutenue et éclairante, certaines personnalités, certains mouvements ont voulu que le livre s’affranchisse de son espace clos afin que le monde, notre réel, la pensée, le langage, le corps, puissent être portés par le lieu ouvert d’un liber[5] aux frontières explorées et renouvelées. Le livre électronique s’avère alors, il suffit de le constater, une possibilité résultant de la coïncidence entre une évolution poétique caractérisée par la richesse, l’inventivité de ses tentatives et expériences, et une évolution technologique à laquelle les poètes, en premier, se sont intéressés parce qu’elle leur permettait d’envisager une autre solution que le livre à leur souci de renouvellement poétique — techniques et machines sont vues d’un œil de bon augure comme des nouveaux moyens d’impression, autrement que mais pas contre le livre traditionnel.

Autrement, oui, car cette recherche d’espace autre (plus vivement présente dès la fin du 19ème siècle et durant tout le 20ème, parallèle, remarquons-le, à l’essor technique, scientifique et aux nouveaux supports qui en découlent) implique la prise en compte de dimensions jusque là mises en réserve : ce sont les dimensions sonore et visuelle.

Que l’oralité soit figurée dans le poème par la ponctuation (chez Corbière[6] par exemple) ; que son rythme soit perçu non plus seulement par le vers libre étendu mais par l’unité nouvelle qu’est, chez le Mallarmé du Coup de dés[7], la double page ; que la lettre même puisse révéler sa sonorité enfouie (du futurisme de Marinetti[8] à la poésie sonore d’Henri Chopin[9] sans oublier les expériences de poésie phonétique, tels le morceau dit par Hugo Ball[10] au Cabaret Voltaire en 1915, la Ursonate de Kurt Schwitters[11] composée entre 1921 et 1932 ou encore la trop oubliée musique verbale de Michel Seuphor[12] dès 1926) ; que la simultanéité des sensations et des traits divers du monde apparaisse audible, voilà ce qu’il faut désormais faire à nouveau entendre — autrement. Que l’aspect visuel voire pictural du poème ait été recherché grâce à l’agencement typographique ou aux collages (de Schwitters encore à Pierre & Ilse Garnier en passant par Cobra pour citer quelques phares seulement), voilà ce qui devrait inspirer l’écriture poétique pour le livre numérique.

On pourra aussi considérer entre autres comme précurseur, en ce qu’il allie dimensions visuelle et sonore, le livre du constructiviste El Lissitzky, Dlia golosa[13], composé par des créations typographiques et des poèmes de Maïakovski à lire à voix haute, les images typographiques guidant l’intonation de la lecture. Ou écouter Apollinaire appeler de ses vœux cette poésie novatrice à l’écoute des arts naissants de l’époque :

« Il eût été étrange qu’à une époque où l’art populaire par excellence, le cinéma, est un livre d’images, les poètes n’eussent pas essayé de composer des images pour les esprits méditatifs et plus raffinés qui ne se contentent point des imaginations grossières des fabricants de films. Ceux-ci se raffineront, et l’on peut prévoir le jour où le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d’impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu’à présent.

Qu’on ne s’étonne point si, avec les seuls moyens dont ils disposent encore, ils s’efforcent de se préparer à cet art nouveau (plus vaste que l’art simple des paroles) où, chefs d’un orchestre d’une étendue inouïe, ils auront à leur disposition : le monde entier, ses rumeurs et ses apparences, la pensée et le langage humain, le chant, la danse, tous les arts (…) »[14]

 

Or, si cet enthousiasme d’il y a 100 ans a permis que des voies nouvelles en poésie soient tracées, on peut observer que chacune d’elles, sans doute en apparence à l’exclusion des autres, en est arrivée à se spécialiser, générant une histoire particulière, séparée, afin d’en manifester la valeur. C’est sans doute ignorer les ponts qui pourraient naturellement s’établir dès l’instant où la recherche poétique en ce sens aujourd’hui ne peut être que plurimodale et multimédia grâce à ce que le livre numérique peut techniquement créer. On n’en est plus au phonographe d’Apollinaire, aux cinémas muets de Pierre Albert-Birot[15] ou Max Jacob, aux bandes magnétiques des premiers magnétophones de Bernard Heidsieck. Cependant, dès 1929, Bob Brown a l’idée d’une machine à lire (Reading machine). Il écrit : « Pour continuer à lire à la vitesse d’aujourd’hui, je dois avoir une machine, une machine de lecture simple que je peux porter ou avec laquelle je peux me déplacer, brancher à n’importe quelle prise électrique »[16]. Mais cette machine qui fut un temps imaginée reste à l’état de projet expérimental. On peut en trouver néanmoins, je crois, des traces actuellement, même lointaines, dans les œuvres de poésie informatique (dont Jean-Pierre Balpe est le représentant emblématique) ou de poésie cinétique dont Julien d’Abrigeon ou Alexandra Saemmer[17] sont parmi les plus intéressants poètes à l’œuvre[18].

En somme, on voit que, loin de tomber d’une autre planète, le livre numérique, dans toutes ses potentialités, est préparé par l’imagination des poètes qui l’ont précédé.

Une fois ces jalons posés, je tâcherai d’effectuer un point sur tous ces enjeux tels qu’ils se posent maintenant en tant qu’éditeur, auteur et collaborateur d’une équipe directrice[19] dont la réflexion et la pratique s’aiguisent au fur et à mesure qu’elle les rend possibles matériellement.

Pour ce faire, je pars d’un constat critique réalisé à partir de mon travail poétique — il faut, entre parenthèses, souligner qu’outre les ouvrages papier à tirage courant, j’ai participé de près à l’architecture de livres en collaboration avec des artistes, prenant des formes diverses liées aux techniques utilisées, notamment un livre-installation avec le plasticien Yves Picquet et le vidéaste Gilbert Louet[20] ; j’ai également organisé des lectures polyphoniques avec mise en espace de voix, des performances-interventions sur la voie publique, des vidéos, des enregistrements sonores. Victor Martinez écrit ceci à propos de Contretemps paradist[21], mais cela peut s’appliquer de manière plus générale à mes autres ouvrages : « Toute écriture ouverte dépossède du sens et engage invariablement dans une varappe de la langue. Chaque mot est une prise et chaque ligne, horizontale ou verticale, conduit à une croisée à la faveur de laquelle le lecteur conventionnel, avec ses appuis culturels, apparaît comme une hypothèse ancienne. Lire est s’immerger à mains rentrées dans la page, dans le littéral, hors du masque des ressemblances et des analogies. Il faut entendre à la lettre Contretemps paradist comme le contre-rythme du contre-dist ou de la contre-langue. La langue poétique dégrammatise la langue prosaïque en puisant au blanc et en faisant appel à un protocole de lecture nouveau, où l’on doit choisir le sens directionnel, sensible et sémantique, de chaque moment de lecture, dont ni le mot (coupé), ni la ligne (tramée et sectionnée), ni la page (volatilisée hors de ses limites) ne constitue une unité »[22].

Ce « protocole de lecture nouveau » m’amène à étendre mon questionnement et ses implications au domaine du livre numérique. Il n’est pas possible, compte tenu des caractéristiques techniques de ce dernier, de vouloir simplement y transposer ce à quoi j’aboutis — temporairement — par le livre papier. Il faut penser l’écriture sur ce support d’une autre manière, en fonction de ses spécificités.

C’est ce qui se dessine, par exemple, déjà en 2011, avec le livre de Jean-Yves Fick il y a le chemin[23] comme l’explique aux lecteurs François Bon : « On reconnaîtra le travail de voix et d’images que Jean-Yves Fick mène depuis Strasbourg sur son site Gammalphabets. Alors, comment rendre ce travail avec les ressources du livre numérique ? Les images n’illustrent pas le texte, elles sont plutôt un voyage, qui s’amorce depuis des points précis du texte, passeront par une mosaïque qui les rassemble toutes, vous permettant de resurgir depuis l’image vers un autre point du texte. Et c’est ici peut-être, que cette poésie à l’épreuve du réel, se minéralisant comme lui, devient ce rêve qui nous emmène sans plus savoir d’où nous voyageons, ente la carte des images (création epub Gwen Català) et l’arborescence des mots ».

Plus proche de ce qui voudrait être atteint par le livre numérique de poésie, la revue D’ici là[24] est présentée par son créateur Pierre Ménard de la façon suivante : « L’idée de cette revue est de jouer la carte d’une lecture écran, et de former (…) un ensemble éditorial où se confrontent l’image, le texte et le son. (…) Des graphistes, dessinateurs, peintres, illustrateurs, photographes, sont (…) invités (…) à envoyer leur travail. La revue est accompagnée d’une bande son qui forme une approche du thème au même titre que les textes et les images ».

C’est tout à fait l’horizon que je cherche à explorer dorénavant. D’une part, lorsque je publie de Virginie Gautier Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire[25] : espace de création pour écran comprenant texte, images fixes, vidéos, fichiers sonores[26]. D’autre part, quand je m’avance dans la réalisation d’un projet d’écriture pensé en ces termes comme un livre d’artiste pour écran réalisé à plusieurs mains. 

Aussi doit-on considérer le livre numérique comme un livre en plus et pas comme un livre contre — le livre traditionnel, s’entend ; cette opposition, exprimée fréquemment, n’ayant plus lieu d’être. Ou alors, si, contre ; mais contre la tendance grandissante à faire du livre numérique un déversoir accéléré de mots aveuglants qui remplissent les poches de diffuseurs hégémoniques obéissant à la seule logique d’un capitalisme de gavage « culturel » anesthésiant toute pensée ou révolte. Car, pour le poète ici encore, il s’agit d’aller là-contre[27], de façonner un espace de ressaisissement du langage qui de notre monde permette de percevoir la vitesse, de comprendre la puissance et la fascination des images qu’il impose ; dans la simultanéité des perceptions, cette saisie crée l’endroit où le corps et l’esprit se tiennent ensemble en des points de tension (qu’elle n’a pas charge d’élucider mais de soutenir) qui permettent au muet, au vif, d’advenir.

Tenter de saisir le furtif (ce que Derrida reconnaît comme la marque du voleur), le prendre de cours, s’inscrire lucidement dans son rythme subliminal qui emporte — et nous fait entendre/voir/lire ce qui a l’opacité du réel dans la langue, dans notre parole comme son fondement ignoré : terre non vue que le poète, seul, tel le Kolomb de Hölderlin, invente.

En surface et en profondeur, d’ici là (couches superposées, sédiments, archéologie des savoirs et du sujet & extensions géographiques et temporelles de notre mémoire à venir), l’espace de découverte se déplie, polyphonique selon un contrepoint où contradiction, juxtaposition, croisement, confluence permettent une parole vivante toujours à naître, à renaître.

Concrètement, ce doit être l’espace que doit conquérir et inventer le livre numérique.



[1] Par souci parfois de diffuser plus largement le livre au-delà de la contrainte financière de l’impression sur papier.

 

[2] On peut découvrir, chez cet éditeur, la collection de poésie L’Inadvertance à l’adresse suivante : https://www.publie.net/categorie-produit/linadvertance/ (parmi les auteurs publiés : Hélène Sanguinetti, Armand Dupuy, Jacques Ancet, Philippe Rahmy, Nathalie Riera, Dominique Quélen entre autres…). Les titres sont la plupart numériques et « papier » (deux mises en page donc…).

 

[3] Virginie Gautier, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire

Publié en septembre 2014 aux éditions Publie.net. En voici la description que j’ai rédigée : « Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, de Virginie Gautier, est le long poème d’une ville traversée qui serait toutes les villes ensemble : métamorphoses d’un monde flottant dont il s’agit de repérer les traces d’ombres. Que le tunnel dont il est question dans le livre soit celui du métro, celui qu’empruntent les « clandestins » pour traverser la Manche, ou la grotte dans laquelle nos « ancêtres » ont dessiné leurs premiers repères, il est surtout le lieu de confluences entre le dessous et le dessus de toute ville. Entre les mémoires accumulées, inscrites, gravées, recouvertes, effacées presque, disparues, retrouvées et l’élan vers ailleurs, vers autre chose à venir qui doit se délester du passé. Lieu mouvant où les déplacements créent une identité toujours fuyante. « On dit je suis d’ici. On est d’un autre temps, qui échappe. Autant dire d’ailleurs, autant dire de plus jamais. » Avec ce titre, se poursuit une nouvelle série de la collection L’Inadvertance, déjà amorcée par Ma mère est lamentable de Julien Boutonnier. Chaque ouvrage comprend un texte, des images fixes, des fichiers sonores et des vidéos courtes ainsi que des liens.

Deux versions disponibles : l’une enrichie, et l’autre interopérable qui comporte des liens vers les morceaux audio et vidéo hébergés sur notre site. »

 

[4] Mais il faut louer ce travail éditorial fait par quelques-uns, je pense notamment aux éditions de l’attente et à Al Dante.

 

[5] Livre en latin…

 

[6] « Lire la poésie de Corbière, c’est entendre un bruissement de voix multiples », déclare Elisabeth Aragon dans « Tristan Corbière et ses voix » (in Jean-Louis Cabanès dir., Voix de l’écrivain : mélanges offerts à Guy Sagnes, Presses Universitaires du Mirail, 1996, p. 179). Et, dans son travail de recherche sur L’Antipoésie dans les œuvres de Tristan Corbière, Alfiya Enikeeva explique : « Corbière souligne cette interaction des voix entendues comme l’opposition d’attitudes et de points de vue par la ponctuation abondante, les interjections, les parenthèses, par les ruptures de syntaxe, l’arythmie, l’usage des blancs » (Mémoire de recherche en littérature dirigé par Monsieur Gerard DESSONS, professeur de l’Université Paris-VIII, et encadré par Monsieur David RAVET, enseignant de littérature au CUF de Moscou, 2015).

 

[7] « Mallarmé a laissé deux brouillons de préface pour le coup de dés (version de Cosmopolis, Pléiade (édition Marchal) I, p. 403) ; et non seulement l’« Observation » finalement publiée ne découle pas de ces brouillons mais elle peut même sembler les contredire. Ces deux très brefs brouillons posent, pour l’essentiel, l’antériorité de l’oralité sur l’écrit : « ainsi, la poésie est d’abord une parole et dans l’éventualité où l’on a besoin de coucher la parole sur le papier, il faut développer des moyens d’adapter l’imagerie d’une poésie orale au medium imprimé », écrit Nicolas Wanlin dans son commentaire au livre de Michel Murat, Le Coup de dés de Mallarmé. Un recommencement de la poésie, Belin, « L’extrême contemporain », 2005 (cf. « Pour revenir sur la "musicalité" du Coup de dés et le récent livre de M. Murat », Acta fabula, vol. 6, n° 2, été 2005).

 

[8] Je pense notamment aux « cinq synthèses radiophoniques » de Marinetti dans son manifeste de 1933 La Radia (Un paysage entendu, Les silences parlent entre eux, Combat de rythmes notamment).

 

[9] « Au milieu des années 1950, Henri Chopin, prenant acte des expériences des musiciens concrets, s’arme d’un micro et d’un magnétophone (suivront table de mixage et amplis) et décide de sortir la poésie de la page. Il travaille avec sa voix, la transforme, libère la phonétique, produit des sons particuliers et donne naissance à Pêche de nuit, l’un de ses premiers enregistrements. Le micro placé sur les lèvres, il suggère et restitue, au-delà des mots, le ressac, le vent et le bruit d’un bateau de pêche faisant route sur zone, initiant là ce qu’il répètera plus tard pour la toundra puis dans bien d’autres lieux explorés d’abord par la voix puis par le corps (vibrant) tout entier », écrit Jacques Josse le 22 février 2008 sur remue.net.

 

[10] « J’ai inventé un nouveau genre de poésie, la « poésie sans mots » ou poésie phonétique » écrit-il.

 

[11] « Dans un rythme libre, les paragraphes et la ponctuation sont utilisés comme dans la langue, pour un rythme rigoureux, les barres de mesure ou les indications de mesure apparaissent par la division proportionnée en sections spatiales égales de l’espace typographique, mais pas de ponctuation. Donc ,. ;!?: ne sont lus que pour la tonalité », écrit Kurt Schwitters dans sa revue Merz n°24. Pour en écouter un fragment lu par Schwitters lui-même, ce lien est disponible : Ursonate lue par Schwitters.

 

[12] « Le biographe de Mondrian, Michel Seuphor, invente, en 1926, la musique verbale qui, au lieu de transmettre un texte, exploite la puissance évocatrice de la voix et du phonème, c’est-à-dire du son en-dehors de tout sens ; quatre ans plus tard, il accompagne sa poésie phonétique avec le Russolophone, instrument inventé par Russolo, une sorte de piano dont les touches actionnent des bruits tous disparates, les uns métalliques les autres obtenus à partir de vaisselle brisée. On pense à ce que seront, plus tard, les pianos préparés de John Cage », précise le Centre Georges Pompidou…

 

[13] Voici quelques liens qui permettent de découvrir ce travail : Lissitzky 1, Lissitzky 2, Lissitzky 3, Lissitzky 4.

 

[14] Guillaume Apollinaire, L’Esprit nouveau et les poètes, in Mercure de France, Paris, n° 491, 1-XII- 1918, p. 385 à 396.

 

[15] Sur Pierre-Albert Birot, Marianne Simon-Oikawa, « La Poésie idéographique de Pierre Albert Birot », in RiLUnE, n. 8, 2008, p. 145-164.

 

[16] D’autres textes publiés dans la rubrique « The Revolution of the Word » privilégient une expérimentation sur la plastique du mot, tels les « Readies » dont Bob Brown, jeune Américain exilé en France, présente le principe dans le numéro 18 de novembre 1929. Le terme est forgé à partir de « talkies » : de même que les « talkies » représentent le cinéma moderne, les « readies » sont la quintessence de la littérature moderne. Partant du principe que le livre est un médium ancien, inadapté au monde moderne, Bob Brown met au point une machine permettant de lire plus vite et dans de meilleures conditions. La « machine à lire » [« reading machine »] permet de faire défiler à la vitesse désirée un texte spécifique (le « readie »), tapé linéairement sur un long ruban. Les avantages liés à cette nouvelle méthode de lecture sont nombreux, selon son inventeur : possibilité d’agrandir le texte grâce à un système de loupe, économie de papier, économie de main d’œuvre (le « readie » ne nécessite pas d’être relié), économie d’encre grâce à la loupe. Comme l’écrit Bob Brown, inscrivant par là même son invention dans le cadre de la « Révolution du Mot » : « Révolutionnez la lecture et la Révolution du Mot se fera sans verser d’encre » (traduit de t19-20, p. 171). Mais le principal avantage de la machine est de permettre une lecture plus rapide : l’œil n’a plus besoin de se déplacer puisque c’est le texte qui défile. Plus que la machine, rapidement abandonnée par son inventeur, c’est le « readie » qui intéresse Bob Brown : « La machine de par son existence même rend nécessaires de nouveaux mots et en efface d’autres trop usés » (traduit de t19-20, p. 171). Il suggère en particulier une condensation de la phrase, réduite à ses composants les plus expressifs, à savoir les noms, verbes et adjectifs. Il s’agit également, pour le jeune exilé, de travailler à un « Art Optique de l’Écriture » (t19-20, p. 167). Contrairement à la « machine à lire », restée à l’état de concept, l’idée du « readie » se concrétise sous la forme de deux anthologies, tirées chacune à trois cents exemplaires, Readies (1930), modeste volume d’une cinquantaine de pages, et Readies for Bob Brown’s Machine (1931), plus imposant avec ses quelque deux cents pages. La typographie joue un rôle décisif dans cet « Art Optique de l’Écriture » que Brown appelle de ses vœux. La linéarisation du texte, en particulier, entraîne des recherches typographiques. Dans l’anthologie de 1931, Laurence Vail utilise des tirets entre les mots, James T. Farrell faisant pour sa part le choix des points de suspension. La contribution de William Carlos Williams, le court poème « Readie Pome », fait également preuve d’originalité dans ce domaine : « Grace – face : hot – pot : lank – spank : meat – eat : hash – cash : sell – well : old – sold : sink – wink : deep – sleep : come – numb : dum – rum : some – bum  21. » Ainsi, sans être directement publiés dans transition, les nombreux « readies » regroupés dans Readies et Readies for Bob Brown’s Machine correspondent à une lecture, médiatisée par Bob Brown, de la « Révolution du Mot ». Les nombreuses coïncidences entre la liste des participants à la seconde anthologie et celle des collaborateurs de transition révèlent d’ailleurs l’étroitesse des liens qui unissent ces deux expériences : sur les trente-huit collaborateurs à Readies for Bob Brown’s Machine, vingt-trois sont publiés par transition », explique remarquablement Céline Mansanti dans son ouvrage La revue transition (1927 – 1938) : le modernisme historique en devenir, Presses Universitaires de Rennes, 2009.

Le lien suivant permet de découvrir cette reading machine

 

[18] Il faut mentionner aussi la poésie animée avec un poète comme Ernesto Manuel de Melo e Castro, fondateur également en 1968 de la vidéopoésie, qui écrit ceci : « La page n’existe plus, pas même en tant que métaphore. L’espace est maintenant équivalent au temps et l’écriture n’est plus une partition mais une réalité de dimension virtuelle ».

 

[19] Je pense particulièrement à Roxane Lecomte, Guillaume Vissac et Philippe Aigrain de Publie.net et à Gwen Catala, devenu éditeur à son compte (gwencatalaediteur ).

 

[21] François Rannou, Contetemps paradist (épuisé).

 

[25] Op.cit.

 

[26] Fichiers accessibles sans recours nécessaire à l’espace extérieur d’internet ou en y ayant accès — pour des raisons de format — dans la version interopérable qui comporte des liens vers les morceaux audio et vidéo hébergés sur le site Publie.net.

 

1 mars 2015

[News] News du dimanche

En ce premier jour de mars, faisons le point sur les Libr-événements du mois : RV cette semaine avec la revue La Tête & les Cornes ; Juliette Mézenc ; Patrick Beurard-Valdoye. Par ailleurs, on ne manquera pas ces deux festivals : Concordan(s)e #9 et Sidération.

 

â–º Jeudi 5 mars 2015 à 18H30, soirée La Tête & les Cornes. En compagnie de Lucie Taïeb, Stéphane Bouquet et Andrea Inglese. Coordonné par Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon, à l’invitation d’André Chabin. [Voir affiche en arrière-plan]

http://la-tete-et-les-cornes.tumblr.com/
http://www.entrevues.org/

À Ent’revues
174 Rue de Rivoli, 75001 Paris (métro : Palais Royal)
Code porche : 9614
Code fond de cour : 8512 (puis 2ème étage).

â–º Suite à la parution de Elles en chambre (éditions de l’Attente), conversation de Juliette Mézenc avec Cécile Viguier à la librairie L’Echappée Belle de Sète le vendredi 6 mars à 18h30.

â–º Vendredi 6 mars à 20H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris), soirée Remue.net : Patrick Beurard-Valdoye, performance, conversation : à ne pas manquer, vraiment.

â–º Festival concordan(s)e #9 du 11 mars au 16 avril 2015 : une rencontre singulière entre un chorégraphe et un écrivain.

Fabrice Lambert (chorégraphe) & Gaëlle Obiegly (écrivain) – L’INCOGNITO
Yann Lheureux (chorégraphe) & François Beaune (écrivain) – BRUTALITY WILL PREVAIL
Julie Desprairies (chorégraphe) & Thomas Clerc (écrivain) – LA PAGE BLANCHE
Jonah Bokaer (chorégraphe) & Antoine Dufeu (écrivain) – MUSEUM OF NOTHING
Anne-Mareike Hess (chorégraphe) & Nathalie Ronvaux (écrivain) – SEULE A SEULE

MARS 2015

Lecture/ performance
Présentation d’un extrait du duo et discussion avec le public
 
Mercredi 11 mars – 18h30  / Librairie de Paris
Julie Desprairies / Thomas Clerc
7 Place de Clichy – 75017 Paris
01 45 22 47 81 / entrée libre
 
Jeudi 12 mars – 20h / Librairie Le comptoir des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
239, rue des Pyrénées – 75020 Paris
01 47 97 65 40 / entrée libre

Vendredi 13 mars – 20h / Librairie l’Atelier
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
2 bis rue Jourdain – 75020 Paris
01 43 58 00 26 / entrée libre
 
dimanche 15 mars – 17h00 – Librairie Le Monte-en-L’air
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare – 75020 Paris
01 40 33 04 54 / entrée libre

Mardi 17 mars – 19h30 / Librairie le Thé des écrivains
Yann Lheureux / François Beaune
16 rue des Minimes 75003 Paris
01 40 29 46 25 / entrée libre

Spectacles
 
Dimanche 15 mars – 15h30 / Parc culturel de Rentilly
Julie Desprairies / Thomas Clerc
1 rue de l’étang 77600 Bussy-saint-Martin
01 60 35 46 72 / entrée libre
 
Vendredi 20 et samedi 21 mars – 20h30/ Théâtre Le Colombier
Anne-Mareike Hess / Nathalie Ronvaux
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Yann Lheureux / François Beaune
20 rue Marie-Anne Colombier – 93 170 Bagnolet
Tél. 01 43 60 72 81 / Tarifs 13€ – 9€ – 8€ – 6€

Dimanche 22 mars – 16h30 / MAC/VAL 
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Place de la libération – 94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 64 20 / Tarifs 5 et 2,5 euros

Mercredi 25 mars – 19h / La Briqueterie – CDC du Val-de-Marne
(en partenariat avec la 18éme biennale de danse du Val-de-Marne)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
17 rue Robert Degert – Vitry-sur-Seine
01 46 58 24 29 / Tarif 5 euros

Jeudi 26 mars – 20h / Le Bal
Julie Desprairies / Thomas Clerc
6 impasse de la Défense 75018 Paris
01 44 70 75 56 / Tarifs 5 et 4 euros

Samedi 28 mars – 16h / Bibliothèque Robert-Desnos
(en partenariat avec le festival Hors limites)
Fabrice Lambert / Gaelle Obiegly
14 boulevard Rouget de l’Isle 93100 Montreuil
01 48 70 69 04 / entrée libre

En Région

Vendredi 13 mars – 19h / Médiathèque Hermeland
Yann Lheureux / François Beaune
rue François Rabelais – 44800 Saint-Herblain
02 28 25 25 25 / entrée libre

Jeudi 19 mars – 20h / Maison de la poésie 
Jonah Bokaer / Antoine Dufeu
Université / pôle Étudiant – chemin de la Censive du Tertre – 44000 Nantes
02 40 69 22 32 / entrée libre

Samedi 28 mars – 16h / Marathon des mots
Julie Desprairies / Thomas Clerc
Pavillon Blanc Médiathèque
4 place Alex Raymond – 31770 Colomiers 
05 61 99 64 01 / entrée libre
 

 
â–º Le festival Sidération met les artistes face à l’Espace. Pour sa cinquième édition consécutive, le festival Sidération, organisé, par l’Observatoire de l’Espace, se tiendra du 19 au 22 mars au siège du CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris). Pendant quatre jours, le public pourra découvrir les créations d’artistes qui se sont confrontés aux « rêves, révoltes et révolutions » engendrés par l’aventure spatiale.

Sidération ouvre cette année ses portes à tous les champs artistiques. Le spectacle vivant est toujours au centre du festival avec trois jours dédiés dans la salle de l’Espace les 20, 21 et 22 mars. Danse, mise en scène, acrobatie, théâtre, musique, performance participative, ciné-concert sont autant de propositions qui contribuent à l’éclectisme et à la richesse du festival. Jeudi 19 mars aura lieu une soirée "arts et essais" avec des films d’artistes, emblématiques chacun d’un moment de rêve, de révolte ou de révolution lié à l’aventure spatiale. En accompagnement de la programmation de la salle de l’Espace, un grand « caravansérail de l’Espace » sera ouvert samedi et dimanche en accès libre et gratuit. Il accueillera des interventions de commissaires d’exposition, d’artistes, d’acteurs du monde spatial, de films, de créations sonores, de récits scientifiques, ou encore de lectures de textes historiques ou littéraires qui s’enchaîneront afin de plonger le public dans les multiples facettes du thème du festival. Les arts visuels seront également à l’honneur : quatre artistes inviteront le public dans" leur atelier " à découvrir leur travail en cours avec l’Observatoire de l’Espace.

Programme

Jeudi 19 mars

20h-minuit
– Art et essai
The Lebanese Rocket Society de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Story Musgrave de Dana Ranga
Notre siècle de Artavazd Pelechian

Vendredi 20 mars

21h-23h
– Scène
Sur un air de Charleston de Gaël Mevel et Jean-Luc Cappozzo sur un film éponyme de Jean Renoir
Nous croire…
de Bruno Meyssat
Des aveugles
de Clyde Chabot
Qui ne dix mots qu’on sonne,
de Xavier Garcia

Samedi 21 mars


14h-21h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

21h-23h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Volia Panic de Alexis Forestier et Itto Mehdaoui
Petites rêveries de Compagnie Manie
Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds de Florent Trochel
L’Intrus-Mental
de D’ de Kabal et Franco Mannara

Dimanche 22 mars

12h-18h

Entrée libre et gratuite
Le Caravansérail de l’Espace et ses Satellites avec le collectif d’artistes associés kom.post David Blair, Marie Quéau, Romaric Tisserand et Anaïs Tondeur, plasticiens

16h-18h – Scène
Accès avec les pass jour ou festival
Le café de l’univers d’ Isabelle Bats
P…que c’est beau ! de Nadège Prugnard
Tout ce qui monte
de Claire Rengade et Cheval de 3
Sun Song remix
de Puce Muse

 

3 juin 2013

[News] Poésie en marche…

Le Marché de la poésie n’existe pas… N’existe que la poésie en Marche. Celle qui se pratique dans l’aller-vers. Tout le reste n’est que lisseting et markéterature. Parcours en zigue & zag des rendez-vous à ne pas manquer…

31e Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (75 006), du jeudi 6 au dimanche 9 juin 2013 : 550 éditeurs et revues de poésie & création littéraire (record battu, of course !) ; invité d’honneur : l’Irlande ; président d’honneur : Serge Pey.

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10 octobre 2012

[News] 22e salon de la Revue

12-14 octobre à Paris (Espace des Blancs-Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple 75004), 22e Salon de la Revue. A cette occasion paraît le 22e et dernier numéro de la revue Fusées ainsi que le n° 48 de la Revue des revues, avec notamment un Hommage à l’ex-doyenne revue de poésie, Action poétique. Dès demain soir, deux rendez-vous à ne pas manquer : avec Europe, qui fête son 1000e numéro, et Ce qui secret.

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7 décembre 2008

[News] News du dimanche

News du dimanche : sur le web : à propos d’Ici-là de publie.net, humeurs à propos de la littérature en format numérique et de la trivialité quantitative des argumentaires.

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8 janvier 2008

[Chronique] Le narré des îles Schwitters, par Florence Trocmé

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 10:47

  [Nous rediffusons sur Libr-critique la chronique écrite par Florence Trocmé pour Poézibao. En effet, non seulement cette chronique est pertinente et définit bien l’objet texte qui est en jeu dans le travail de Patrick Beurard-Valdoye, mais en plus, cela nous permet de parler aussi de l’expérience d’entretien qu’initie Florence Trocmé avec l’auteur de ce Narré.]

Patrick Beurard-Valdoye, Le narré des îles Schwitters, ed. New Al Dante, 336 p., ISBN: 978-2-84957-108-8. Prix :25 €

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27 octobre 2007

[News de la blogosphère] Programme de l’émission du 28 octobre

newsblogo.jpgAprès une longue interruption, nous refaisons une émission vidéo-live dimanche 28 octobre, à 11 H du matin.
Au programme :
[+] Les sites internets : Le site de la mémoire de la librairie contemporaine; Le site de Didier Mouliner, Poésies élémentaires; Erratum le site de Joachim Montessuis et la collection de film qu’il met en ligne; le site d’Alexandra Saemmer : Mandelbrot; l’audio-blog de Arnaud Prudon.
Les livres reçus : Philippe Rahmy, Demeure le corps (Cheyne éditeur); Patrick-Beurard Valdoye, Le narré des îles Schwitters (éditions Al Dante); Claude Chambard, La rencontre dans l’escalier (éditions La porte d’à côté); Charles Reznikoff, Holocauste, (Prétexte éditeur); Cécile Holveck, Imagier (R-Editions); Pierre Ménard, Le spectre des armatures (éditions Le quartanier).
Nous parlerons en dossier du rapport entre corps et poésie à partir du dernier livre e Philippe Rahmy.

15 juin 2007

[Livre] Schwitters en exil à Oslo de Patrick Beurard-Valdoye

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , — Philippe Boisnard @ 6:33

beurard-schwitters.jpgPatrick Beurard-Valdoye, Schwitters à Oslo NARRÉ, éditions Contre-Pied, 34 p., ISBN : 2-916252-06-1 / ISSN : 1263-9729. 4 €.
[site de l’association Autres et Pareils]
4ème de couverture :
Le Narré des îles Schwitters (à paraître), dont sont extraites ces pages, est le cinquième volume du « Cycle des exils », entrepris en 1982, où s’enchevêtrent les strates d’une histoire de l’Europe, et plus particulièrement des rapports franco-allemands » (E. Laugier, Le matricule des Anges) : Allemandes (MEM / Arte Facts, 1985); Diaire (Al Dante, 2000); Mossa (Al Dante, 2002); La Fugue inachevée (Al Dante, 2004).
Patrick Beurard-Valdoye est né dans le Territoire de Belfort et vit à Paris. Lors d’un séjour prolongé à Cork (Irlande) en 1974, il décide de se consacrer aux arts poétiques. Parmi d’autres publications récentes, signalons : Itinerrance (Obsidianne, 2004); Théorie des noms (l’oeil du poète, Textuels, 2006); L’Europe en capsaille (Al Dante, 2006).

Premières impressions :
Le fragment qui nous est donné à lire porte sur la période Norvégienne de l’exil de Kurt Schwitters. Période fragile pour celui-ci, tel que d’emblée Patrick Beurard-Valdoye le fait dire à Reich rencontré par Schwitters et Lehman un soir après la projection du film d’Abel Gance « Un grand amour de Beethoven » : « Vous avez raison Monsieur Schwitters nous devons nous préparer à une invasion de la Norvège par des cohortes de cuirasses d’armures à chenille et tourelles incarcérant cette race de soldats ayons nos valises prêtes ». Phrase annonciatrice de la fin de cet extrait, puisqu’ils seront dans l’obligation de repartir. Ce fragment narré se tient ainsi dans la fragilité d’une situation d’exil où l’incertitude de ce qui a lieu gouverne tout à la fois le destin de Schwitters et la langue de Beurard-Valdoye. La langue narrée est fuite en avant sans ponctuation, exil de tout positionnement, croisée perpétuelle des lieux et du temps, variation toponymique, de même que cette période de vie de Schwitters, qui apparaît dans ce reflet de la narration.
Le monde de Schwitters apparaît ainsi dans le flux de la langue, une forme de nomadisme, et cette langue de Beurard-Valdoye est tout à la fois dans l’invention de son rythme, et dans la déclinaison des saillies des poèmes de Schwitters. Le narré est ponctué des sidérations phoniques issues de l’Ursonate entre autres : LANKE TRRL GGLL, Pii pii pii Züücka Züücka, Fümms bö wö tää zää Uu pögiff. Le narré est un ensemble lignes qui se croisent : biographie, fiction, recherche esthétique, recherche théorique, déclinaison historique, cartographie phonético-toponymique. Le narré de Beurard-Valdoye est à l’image de la manière dont il décrit le monde où vit Schwitters qui se décompose dans la création de son « atelier nomade » : Merzbau 2, qui poursuit la première Merzbau : « le monde est plein, de lignes le monde est un zèbre, mon atelier quant à lui est strié de lattes, sur, ces lignes, il y a, tout un monde écrit, aussi telle une feuille vierge, erre le zèbre dans le monde écrit de gauche à droite ».
La tension qui transparaît dans ce texte est celle qui tient dans l’oscillaton entre le singulier, son oeuvre, son existence affective et un monde de guerre. Ainsi sans cesse toute tentation de réduire le narré à la seule réalité de Schwitters est court-circuitée. /PB/

18 mars 2007

[Salon du livre de Tanger] 5ème jour, interview de Patrick Beurard-Valdoye

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 9:01

image-28.pngInterview de Patrick Beurard-Valdoye lors du 11ème salon international de Tanger [Durée 35 mn]. Beaucoup de thèmes sont abordés, notamment un qui me tient très à coeur : celui de la question de l’écriture d’une histoire de la poésie contemporaine. En effet, qu’est-ce que comprendre et mettre en évidence les liens qui constituent la succession des écritures qui traversent ce siècle ?

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15 juin 2006

[chronique] À propos de la lettre ouverte de P. Beurard-Valdoye à JM. Maulpoix par P. Boisnard

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 4:03

Nous pouvons lire sur sitaudis une lettre ouverte de Patrick Beurard-Valdoye à Jean-Michel Maulpoix, à propos de son troisième tome de « Modernités XIXème-XXème siècle » paru aux éditions PUF. Patrick Beurard-Valdoye souligne, suivant en cela Jean-Pierre Bobillot qui a été le premier dans Action Poétique a mettre en lumière ce que dit Maulpoix, que le directeur de la Maison des Écrivains écrit que la lignée des « diversités formelles », qui a engendrée la poésie sonore « ne semble pas d’ailleurs jamais donné lieu à des oeuvres de premier ordre ».

Etrange jugement ? Au sens où la poésie sonore, si elle n’est certes pas spécifiquement connue du grand public, au même titre que bon nombre de poètes du XXème siècle appartenant selon cette logique de classification à la poésie traditionnelle (non formelle = lyrique donc, se nourrissant du sentiment et non du formalisme), a su définir des horizons de recherche qui débordent largement son petit cercle et qui a maintenant une visibilité large, traversant aussi bien le milieu de la poésie que la musique expérimentale ou bien même des arts plastiques (faut-il rappeler aussi que Bernard Heidsieck a eu un prix au festival de musique électroacoustique de Bourges, et qu’il vient d’être invité entre autres à l’exposition Villepin La Force de l’art). Etrange jugement, que dénonce parfaitement Patrick Beurard-Valdoye, mais qui repose sur une logique qui est pourtant simple, et que la poésie contemporaine peut elle-même transporter : la méconnaissance et la désaffection en tant que critère de vérité au niveau de l’énoncé qui se prétend objectif.

En effet, ce que cache beaucoup de discours universitaires et critiques (et le nôtre y compris si nous n’y prenons pas garde) c’est qu’il repose sur des fondations affectives qui se sont déterminées à partir des impacts esthétiques et cognitifs permis par la donation poétique (qu’elle soit lyrique, moderne ou post-moderne). Le jugement s’il est bien évidemment lié à ce ressenti affectif, il est aussi constitué par des conditions affectuelles qui structurent la réception (conditions qui sont à la fois propres au sujet et qui sont conditionnées aussi par le milieu social et ses institutions symboliques plus ou moins définies et imaginaires).
Il n’y a pas en ce sens de jugement qui porte en soi d’objectivité dès lors que l’on tente de classifier ou hiérarchiser comme le fait Maulpoix ou tant de critiques qui utilisent les superlatifs (ce sont des jugements réfléchissants qui élaborent la réflexivité sur le goût, qui se constituent anté-prédicativement en tant que sentiment qui dépend d’une situation affective). La seule objectivité possible tient à la mise en évidence (comme le fit Alain Frontier avec son livre La poésie) des mécanismes linguistiques qui régissent une poésie, ou bien des conditions sociogénétiques (recherche initiée en France par Fabrice Thumerel). L’objectivité est oeuvre de mécaniciens, de structures, et non de jugements affectifs, de classements, de hiérarchisations, de taxinomies tendant à donner de mauvais points ou de bons points.

Ici, il est nécessaire de le souligner, cet impensé du jugement est à l’oeuvre dans de nombreux énoncés et de nombreuses déclarations. Et ce qu’il faut prendre en vue ce sont les fondations des conditions affectives du jugement : si ainsi pour Maulpoix cela tient tout à la fois à son travail poétique (qui est loin d’appartenir à la modernité ou aux avant-gardes) et à son statut institutionnel, pour un programmateur cela dépendra par exemple de la reconnaissance institutionnelle de ses choix, des modes éditoriales ou de programmation (cf. analogiquement ce que met en lumière Yves Michaud dans La crise de l’art contemporain), et parfois en effet de son propre ressenti (mais il n’y a qu’à voir la banalité de la plupart des programmations institutionnelles pour comprendre que les programmateurs s’arrêtent surtout sur ce qu’il faut (quelle est la légitimité de ce falloir) programmer, et non pas sur ce qqu’il serait possible de programmer). C’est pour cela, par conséquent, que le milieu de la critique comme des lectures obéit à des modes, à la duplication de modes qui ne correspondent souvent qu’à des conditions extérieures à la poésie elle-même. Consécutivement c’est en ce sens que l’on peut voir des auteurs, assez moyens textuellement, occuper stratégiquement un grand nombre de lectures (je devine que vous attendez des noms : vous n’avez qu’à regarder les programmes de lecture de cette année).

Dès lors ce que dénonce Patrick Beurard-Valdoye, si cela vaut pour Maulpoix de sorte que cela implique la question de sa légitimité à être président de la Maison des Ecrivains, cela nous concerne tous quant aux fondations de nos jugements, quant à ce que nous favorisons comme pratique de la poésie, ce que nous occultons, ce que nous jouons comme rôle, lorsque nous construisons nos jugements.

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