Libr-critique

14 janvier 2014

[Agenda] Deux incontournables de janvier

En ce premier mois de 2014, on ne manquera pas le lancement du Festival POEMA et le RV autour de l’ œuvre de Stanislas Rodanski.

 

â–º Demain, mercredi 15 janvier 2014, à 19H, aura lieu l’inauguration du Festival POEMA – écritures contemporaines.

À 20H30, conférence d’Isabelle Krzywkowski : "Poésie, première moitié du XXe siècle – Les avant-gardes ou l’irruption du corps".

De janvier à juin 2014, parmi les écrivains invités : Edith Azam, Sebastian Dicenaire, Patrick Dubost, Anne Kawala, Sébastien Lespinasse, Cécile Mainardi, Christophe Manon, Bernard Noël, Charles Pennequin, Christian Prigent (avec Vanda Benes), Valérie Rouzeau, Franck Smith, Lucien Suel…

Programme complet : ici.


â–º STANISLAS RODANSKI FLAMBE LE 29 AU BAL DES ARDENTS !

Après sa chronique sur Substance 13, Jean-Nicolas Clamanges vous recommande ce rendez-vous du mercredi 29 janvier

Librairie « Le Bal des Ardents »

17 rue Neuve à Lyon

à partir de 19h

Rencontre avec François-René Simon

éditeur de Requiem for me et de Substance 13 (Éditions des cendres)

et de Je suis parfois cet homme (Gallimard)

 

« Fanal de Maldoror, brûle toute la nuit pour moi, afin qu’une dévorante ardeur me tienne toujours au bord des flammes, en révolte ! » (S. Rodanski, Je suis parfois cet homme).

28 décembre 2013

[Chronique] Stanislas Rodanski, Substance 13, par Jean-Nicolas Clamanges

Stanislas Rodanski est de retour. J’avais chroniqué ici, l’an passé, la splendide exposition dont cet écrivain avait fait l’objet à la bibliothèque de Lyon Part-Dieu, en révélant l’ampleur et le potentiel d’une œuvre qui pour l’essentiel nous précède, s’il est vrai que « la route est encore longue pour qui est loin devant » (Tomas Tranströmer) : qui se trouve intéressé n’a qu’à cliquer pour y retrouver les éléments bio-bibliographiques utiles, ainsi que le lien vers le site remarquable de l’Association Stanislas Rodanski.

Si Rodanski (1927-1981) a d’emblée été reconnu comme poète, ce qui émerge depuis quelques années c’est l’importance de ses écrits narratifs : La Victoire à l’ombre des ailes, édité au Soleil noir et préfacé par Gracq (1975) puis repris chez Bourgois, a très vite été un roman culte ; mais on connaît maintenant son journal et on découvre ses autres fictions narratives. Ainsi, après avoir édité Requiem for me aux « Éditions des cendres » (en liaison avec la Bibliothèque Jacques Doucet où est conservé le fonds Rodanski), François-René Simon récidive cette année avec ce Substance 13 – dont l’établissement du texte avait une allure de ‘mission impossible’ on va le voir –, en publiant parallèlement, cette fois chez Gallimard, un important volume de poèmes largement inédits : Je suis parfois cet homme.

Stanislas RODANSKI, Substance 13, éditions des cendres, 2013, 187 pages, 24 €, ISBN : 978-2-86742-214-0.

Parcours fléché

C’est de Substance 13 qu’il s’agira ici. Ce sont trois cahiers manuscrits (peut-être un quatrième s’est-il perdu ?), laissés à Julien Gracq par Rodanski en mai 1951, au cours de son internement psychiatrique à Villejuif (1950-1952), et qu’il n’a jamais relus ensuite. Ils sont écrits comme un chemin de ronde qui commencerait à n’importe quelle page pour revenir sans cesse au même, mais ailleurs, en d’autres pages, d’autres cahiers – ce qui a fort compliqué la tâche de leur scrupuleux éditeur, qui présente ainsi le premier cahier :

« La page de garde porte le titre, encadré : substance 13. La suite est un véritable parcours fléché. Le texte principal commence … p. 49, connaît une dizaine de renvois éparpillés dans le cahier et bien indiqués par Rodanski, comme s’il reprenait sa rédaction en ouvrant chaque fois son cahier au hasard : suite page 33, et au milieu de ladite page 33, suite de la page 19 ; au bas de la page 137, suite page 73 ; page 22, suite de la page 46 ; page 138, on est suite de la page 73, mais au milieu on se retrouve suite de la page 87. Ne multiplions pas les exemples : ils donnent des sueurs froides. » (‘Avant propos’, p. 8)

 

En outre, les cahiers intègrent des fragments variés : poèmes, lettres, graphismes… « comme des notes impérieuses » au fil des pages, écrit F.-R. Simon, que l’on trouvera rassemblés en annexe mais dont le texte imprimé ne rend pas le côté proliférant, comme on peut s’en aviser dans le fragment ci-joint : « Le rayon invisible », qu’on retrouvera transcrit ‘en clair’ à la page 179. Avec des œuvres de cette nature, l’édition devient un sport extrême !

Tout se passe comme si Rodanski s’était trouvé à tel point possédé par son film mental qu’il pouvait le reprendre et le poursuivre à son gré dans tous les sens. Il n’est pas le premier écrivain à se trouver dans ce cas : Nabokov ne composait pas autrement (il n’écrivait qu’après avoir tout imaginé dans le plus grand détail), et Thomas d’Aquin pouvait dicter en alternance plusieurs traités à ses secrétaires: ces têtes-là savaient travailler sans les livres en toutes circonstances. Or à l’époque où s’écrit Substance 13, les circonstances externes et internes sont absolument chaotiques pour Rodanski ; mais s’il semble lui aussi avoir su par cœur sa bibliothèque virtuelle, ce fut pour la déranger de fond en comble sous l’exigence d’une esthétique supérieure de composition des faits :

« il est vrai que l’on compare une certaine forme de trouble mental à un livre aux cahiers mêlés comme les cartes d’un jeu, quoiqu’il soit correctement rédigé, que rien ne manque, on a perdu le fil. […] Qu’on se représente un roman qui ne serait pas fait pour

être

mais relier les faits entre eux. »

Requiem for me, (rédaction en 1950-1952) éditions des cendres, 2009, p. 27-28.

 

Écrire par gros temps

Rodanski mène en effet ses tentatives narratives comme des romans d’enquête où il joue sa peau à déchiffrer certaines situations dramatiques où il est impliqué avec d’autres, en les recomposant selon d’autres grilles que celles de la logique ordinaire. Il applique là une méthode ‘analogique’ pratiquée par Breton dans Poisson soluble (1924) et L’Amour fou (1937), mais sur un tout autre matériel puisque les faits en question ressortissent au domaine relevant de la presse criminelle et de ce qu’on appelle à l’époque le « roman-détective ». Subissant, à cette période de sa vie, de violentes crises hallucinatoires (elles sont précisément décrites dans Requiem for me, p. 44-51), il écrit par gros temps dans l’urgence, quand la vitesse de la jeunesse (il n’a pas vingt-cinq ans) prend de court les neuroleptiques, s’aidant des techniques de l’improvisation moderne où il est passé maître (ce grand plagiaire ducassien imite tout ce qu’il veut), sans craindre l’ellipse ni la redite: c’est un peu comme si Nadja avait réécrit Nadja en court-circuitant la prose classique de Breton par les procédés du roman policier, du montage cut et de la surimpression – avec Tandis que j’agonise en arrière-plan pour les transferts d’identité et le monologue intérieur, et peut-être un côté Molly Bloom pour certaines pages au féminin. À quoi s’ajoute l’art du détournement, notamment ces « Textes Tout Prêts » qu’il prélevait dans la presse courante pour leur affreuse beauté.

Rodanski pensait pourtant que son état psychique lui avait fait commettre « quelques erreurs de principe » sur le plan de l’esthétique littéraire, comme il l’écrivit au peintre Jacques Hérold (‘Avant-propos’ de l’éditeur, p. 12). Mais il se jugeait avec les critères de son époque où la fragmentation, le mélange des genres et la composition sérielle sont encore rarissimes dans le roman français. Ce qu’il tente dans Substance 13 (y compris par défaut puisque l’œuvre l’intéresse moins que l’écriture dans l’œil du cyclone), s’inscrirait aujourd’hui assez naturellement dans le champ esthétique des écritures de montage, voire de cut-up à la Burrough (The Naked Lunch sort en 1959). Du coup, une fois révélée par le remarquable travail éditorial de François-René Simon, la construction cyclique et parfois aléatoire du récit n’est finalement pas plus déroutante pour le lecteur actuel qu’une intrigue moderne sciemment déconstruite à la Robbe-Grillet (La Reprise) ou à la Roubaud (Le grand incendie de Londres) ; et si l’on s’y perdait quelquefois (on peut aimer se perdre …), cette braise de lave ranimée par le génie du dépaysement des clichés qu’est la langue de Rodanski ramène de toute façon au vif du sujet : tellement que la brève approche du propos qui suit sera composée à partir de fragments du texte où le récit se présente en abyme, remontés et liés d’une certaine façon pour que l’on entende un peu de quoi il retourne.

 

Un polar narcoleptique

Il s’agit d’une histoire « où se modifient les faits en cours dans l’esprit » et « dont l’auteur n’existe pas » car le scénario en est rédigé par un comité d’inconnus (les Treize) après la projection d’un film éclairant une mentalité de tueur. C’est « une sorte de reportage narcoleptique » refondu en polar par anticipation, qui aurait été filmé par Léos Carax à l’époque où il était encore à naître, et rendant compte de faits égarés entre la Place Blanche, la rue du Dragon, la tour Saint-Jacques et les Halles, Saint-Nazaire, le Vercors de la Résistance et une fameuse station de sports d’hiver; ce qui donne un long métrage en boucles aléatoires sur la sexualité criminelle en milieux mêlés: comme dans M. le Maudit ou Jack l’éventreur, quelqu’un assassine (ou risque de le faire) dans l’absence à soi, par pulsion ou peut-être par impuissance ; et comme dans Les Trois couronnes du matelot de Ruiz, les marins ont des doubles de par le monde, qu’ils doivent tuer ou sinon les fiancer à une dame de pique qui les perdra.

Le premier rôle masculin est joué par Jacques Vaché, alias Stan, un tueur à gages spécialiste du calibre 45 et du cran d’arrêt homologué par l’armée d’Indochine : un déserteur. À son insu, le gang de l’existentialisme l’utilise, dans le cadre d’un chantage aux sentiment troubles de certains hommes pour certaines femmes, afin de rectifier une ou deux pointures d’État ; celui des surréalistes, emmené par un psychiatre sans clientèle, suit l’affaire de près au point de vue de l’humour noir. Il s’agit d’élucider là un « concours de circonstances » qui sonne comme un accord de quarte augmentée (alias triton, alias diabolus in musica) : c’est le ton be-bop des années cinquante et ça finit en sirène d’alarme car « l’époque est démentielle », Lafcadio planque son danger derrière des lunettes noires, les sombres dimanches poussent au suicide et les Tractions épousent les arbres. Si Stan n’était pas l’absent en personne, il serait la synthèse prémonitoire de Bob et Alain (pour ainsi dire fondus au pire) dans Les Tricheurs : voyez les pages sur le jeu de la vérité dans Requiem for me. La blonde Anik « aux yeux de steppe immense » est sa principale partenaire affolante quand il s’appelle Tristan, et les sorcières de la lande sont le septénaire étoilé de ses amantes saphiques, autrement dites Anges des ténèbres et belles liseuses aux jambes gainées Scandale sur les moleskines de Saint-Germain des Prés. Stan mène ce bal à la vitesse d’une 16 mm gonflée au cyanure caché dans le soutien-gorge de Flore – qui en meurt à la place d’un autre.

 

L’énigme des signes

« … quelque chose de pareil à ces cercles du purgatoire de Dante immobilisés dans un seul souvenir, et où se refont dans un centre plus étroit les actes de la vie passée. »

Gérard de Nerval, Promenades et souvenirs

 

Comme dans la plupart des fictions de Rodanski, l’attente de Tristan au rochers de Penmarc’h s’inscrit au détour d’une page où une rame abandonnée et une aile sanglante sur une plage bretonne sont saisis comme l’intersigne d’une élection énigmatique, éperdument scrutée en d’autres signes affleurant dans la prose de l’existence commune ; une élection au pire aussi bien, par inversion des signes ; à cet égard, Gracq a bien vu qu’il s’agit là d’ « une des aventures les plus chargées d’enjeu qui aient été poursuivies dans la lumière du surréalisme, une des très rares qui n’aient pas reculé devant la traversée de ses paysages dangereux et qui en aient affronté les derniers risques » (préface à La Victoire à l’ombre des ailes). En effet, si l’amour électif s’exalte comme « explosante fixe » chez Breton, il s’inscrit dans Substance 13 en étoile sanglante sur un drap d’hôtel  : tel est le jeu du destin pour un héros piégé dans un nœud de faits aux allures de manipulation concertée : « quelqu’un s’était silencieusement emparé de son ombre ».

Le récit essaie d’en dénouer les fils, en déchiffrant de mémoire une partition en clef de treize, enroulée sur elle-même comme les cercles de l’enfer, et dont les portées cryptées décalquent celles des Nuits d’octobre et des Chimères  : une rose de boucherie est la rose au cœur violet du sonnet d’Artémis pour signifier peut-être un meurtre sibyllin, la treizième revient en rêve pour la première envolée à l’éther quand le temps est « triste à n’en plus finir », la mort passe pour une morte parfumée Shalimar qui « se voit au passé » dans la rue, et la fin file le recommencement de quelques redites fastueuses indéfiniment modulées. Telle est la spirale éperdue d’une mémoire à perte de vue, dans une chambre sans numéro où un miroir dans un miroir dessine une silhouette mitraillée en surimpression de la Madeleine La Tour, tandis que Stan et Béatrice se rencontrent au square Saint-Jacques pour un rendez-vous du soir « chez Nicolas Flamel ».

Un rendez-vous élégamment subversif : à Paris, alors que la rumeur d’une émeute monte dans l’aube, un type vêtu d’un imperméable de cheval ou d’une veste de marin américain rôde d’un pas de rêve dans les rues, cherchant la bagarre aux bouchers des Halles ou aux dockers, en une sorte de rituel fantastique dont le scénario semble écrit d’avance pour une danse des morts post-moderne : il recherche la treizième syllabe à certain sonnet qui est la clef en double de tout ce qui manque à cette histoire pour être un roman de gare. À proximité, une fillette assez zazou graffite sa dévotion À LULU qui se souvient des oratoires et du temps des amies, sur une passerelle du temps entre Shangri-la et l’Hôtel Terminus où papillonne un sphinx auprès d’une fine sandale de daim. Sur la Place Blanche, qui est le point de fuite de toute l’affaire, quelqu’un téléphone à l’inconnu dans la nuit, alors que la neige tombe de plus en plus belle : « il semble que la durée qui emmène les êtres ait craqué quelque part ». Quant à la jeunesse « qui s’ignore dans les villes », Rodanski lui propose « l’aventure comme une morale hautaine » – tellement qu’elle s’avère à l’évidence impossible ; c’est son côté « annihiliste »:

« Lentement la brume était retombée et le cargo qui avait pour un instant resplendi, avec ses multiples mâts, sa coque basse et trapue, s’était évanoui où la brume s’était refermée. À peine si l’on voyait le numéro d’immatriculation du remorqueur qui se dandinait à l’entrée du port, assombrissant le cafard d’un torrent de fumée noire, il revenait pour rien au quai où Anik et Stan, appuyés à une grue, le regardaient. Le temps s’était un peu levé sur la mer, mais à nouveau la brume avait rebouché le port où de grands oiseaux blancs tombaient des nues trop hautes dessinant le noir des mâts. » (p. 101).

Dans le genre looser, Jarmusch ou Manchette n’ont sans doute jamais fait mieux (Rodanski est aussi l’auteur d’un Club des ratés de l’aventure) ; certains dialogues ont d’ailleurs l’air de sortir d’À bout de souffle ou de Pierrot le fou.

Well. Lectrice ou lecteur, voici un beau ciné-roman d’amour et de mort (ou d’amour à mort ?) pour écran déchiré ; le grand public ne le verra jamais (même si Polanski, Carax ou Lynch voulaient tenter le coup), mais possibilité t’est offerte de le projeter en ta chambre obscure, au risque (ou est-ce ta chance ?) d’y voir ta propre image te tenter au miroir.

 

Extrait

Très loin sur la route du retour, la voiture a percuté le rond-point. Un projecteur braqué sur le ciel n’éclaire rien. Le faisceau d’ambre dans le brouillard se meurt de solitude. La voiture a volé en éclats et s’éparpille sur le gravier qui entoure le faisceau immobile où deux silhouettes paraissent monstrueusement grandir et se confondre en une seule ombre, l’archangélique. Le château tombe en poussière et le faisceau glacé d’un coup se dissout en neige dans la nuit. Les personnages se dispersent. Anik, le cœur serré, suit ses amis. Stan s’éloigne dans l’inquiétude pour attendre l’aube du énième jour. Pâlir. Voir se lever un linge au linteau du malheur. Vider la nuit de sa substance et connaître dans l’absence le pur néant de la douleur où se dissolvent les ombres en un seul rayon : le désir étendu dans le matin hâve où le soleil fond un glaçon pour s’en aller dans la brume. Un linceul. Le temps de s’aimer en dépit du jour grâce à la pluie, décevoir l’aveu du matin en souvenir de l’altitude scintillante où volent les aigles par fragments de génie. Violence libératrice d’un meurtre, une lance au viol de la pensée perce l’angoisse par la grâce du meurtre. La solitude atteinte par le criminel, là où se figent les larmes pour iriser la lance enluminée comme les dix mois de la nuit rouge.

Stanislas Rodanski, Substance 13,  p. 61

 

 

 

 

 

 

 

 

18 décembre 2013

[Chronique] Franck Jedrzejewski, L’Ombre des mots, par Emmanuèle Jawad

L’Ombre des mots de Franck Jedrzejewski étudie, dans un travail minutieux d’enquête et d’analyse érudite, la question du sens dans les écritures expérimentales, restituant une mine d’informations, d’outils de réflexion et d’éclairages sur l’écriture poétique et les opérations à laquelle elle procède sur la langue et ce, dans une approche transversale, linguistique et historique.

Franck Jedrzejewski, L’Ombre des mots. Le sens dans les écritures expérimentales, Champion éditeur, 2013, 336 pages, 28 €, ISBN : 978-2-7453-2469-6.

L’analyse proposée s’attelle aux mots dans leur traitement (mutation, métamorphose), aux dérèglements de la langue, à sa déconstruction, ses processus d’hybridation et de télescopage (mots, sons), d’invention verbale.

Le sens ne saurait être confondu avec la signification, leur écart marquant la distinction fondamentale à tenir. La signification amoindrie, jusqu’à la perte d’un référent tangible, n’altère le sens constitué dans les démarches et les traitements réalisés sur la langue, les « combinaisons rythmiques et phoniques ». Le sens s’exerce, en une définition topologique, dans le rapport du mot et de sa place, en lien avec les sons, dans les liaisons de mots, les associations, la mise en espace des sons.

Le discours s’appuie sur de larges citations permettant d’en déceler les articulations et facilitant l’exploration linguistique à laquelle nous conduit l’auteur dans les fabriques littéraires et poétiques, historiques, de Rabelais jusqu’aux mouvements d’expérimentation les plus récents (avec une prédominance pour le XXème siècle), dressant ainsi, en même temps qu’un répertoire passionnant des figures de style et de leurs opérations sur la langue, un panorama, une anthologie des écritures sous l’angle de leurs expérimentations.

La construction du sens s’opère à l’écart des rapports sémantiques (dadaïstes, surréalistes), dans des détournements ou dans la production de sons, de timbres (Schwitters, P. Albert-Birot, Audiberti, I.Isou…), des effets rythmiques ou encore dans la construction d’une langue, glossolalie, d’une langue inventée, poèmes phonétiques, poèmes bruitistes dans lesquels l’abandon de la signification s’accompagne d’une production de sens, dans la voix, le son, le rythme.

Les dislocations du langage (dans le surgissement de l’onomatopée, d’un bégaiement…) ainsi que les détournements de la syntaxe lient le sens à la déconstruction, sens produit également par l’engagement dans l’espace, l’agencement textuel, la mise en espace des mots. Le sens est objet de recombinaisons, dans la fabrique de mots (création lexicale, néologismes, emprunts, mots-valises, dérivations…), dans des manipulations combinatoires, contraignantes (Oulipo), questionnées, redéfinies en retrait d’un sens sémantique et esthétique (poésie concrète)… L’auteur examine encore le cryptage du sens, les textes multilingues, le déplacement du sens dans le geste (poésie sonore).

Franck Jedrzejewski répertorie les procédés, processus de déconstruction, détournements, analyse les « déportations de sens », dans un relevé référencié minutieux mettant en évidence les différentes formes d’effraction vis à vis des structures de la langue, restituant leurs expérimentations (grammaticales, lexicales, rythmiques, typographiques).

L’Ombre des mots, dans une lecture continue ou ciblée et réitérée, invite à parcourir, dans un foisonnement d’analyses et de références, un ensemble de mouvements littéraires, poétiques, jalonné par l’apport de figures majeures dans la création des écritures expérimentales et la réflexion qu’elles suscitent, et ce, dans un questionnement du sens libéré, rapporté au travail même de l’expérience.

9 novembre 2013

[Agenda] Christian Prigent

Passez de 2013 à 2014 avec Christian Prigent, de Saint-Brieuc à Lille, via Paris et Valenciennes.

â–º Lundi 18 novembre 2013, 19h à 21h30, à Saint-Brieuc
 : Rencontre avec Christian Prigent et Vanda Benes, Villa Carmélie
 (55 rue Pinot Duclos à Saint-Brieuc
). Entrée gratuite
. Réservation souhaitable (mais pas obligatoire) au 02 96 33 62 41.

À l’occasion de la parution, en mars 2013, chez POL, de son roman Les Enfances Chino, Christian Prigent ouvrira la boîte à outils de l’écrivain. Il partagera avec nous le matériau d’où part l’écriture (photos, peintures, tableaux, gravure, chansons d’operette…). Il dira comment ce matériau surgit à mesure que le parcours s’invente, comment il devient coloration, tonalité, littérature.

Soirée en trois parties : La fabrique Chino. Guest star : Philippe Boutibonnes, microbiologiste, peintre, dessinateur, écrivain, philosophe, cycliste.

Lectures à une et deux voix (Vanda Benes et Christian Prigent). Chansons (Vanda Benes accompagnée au piano par des élèves du Conservatoire de Saint-Brieuc). Projections commentées (Christian Prigent et Philippe Boutibonnes).

â–º Samedi 23 novembre 2013, dans le cadre de Citéphilo 2013.

 

14h30 > 16h30 : Projection de La belle journée (1h07, coul., 2010)
en présence de la réalisatrice :
Ginette Lavigne, réalisatrice, monteuse
A également réalisé : La nuit du coup d’Etat, Lisbonne, avril 1974 (2001), Un voyage en Israël (2008), Jean-Louis Comolli, filmer pour voir ! (2013)
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Jacques Lemière, Institut de sociologie et d’anthropologie, CLERSE (UMR 8019 CNRS), Université Lille 1
Monteuse (notamment des films de Jean-Louis Comolli, L’Affaire Sofri, la série des films sur Marseille, et beaucoup d’autres), Ginette Lavigne est aussi réalisatrice. Dans La Belle Journée, elle se met au défi de la réalisation du film sur et avec un poète, Christian Prigent, sur son monde et sur son œuvre, à partir (texte et chansons du film) d’extraits de quatre ouvrages de l’écrivain : Commencement (1989), Une phrase pour ma mère (1996), Grand-mère Quéquette (2003), Demain je meurs (2007), tous parus chez POL. Rigoureux et inventif travail cinématographique, qui sera reçu en tant que tel, et aussi, parfaite introduction à la rencontre-lecture avec Christian Prigent, qui suivra, deux heures plus tard, à la Médiathèque Jean Levy de Lille.

 

 
Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille
 
18h30 > 20h30 : Christian Prigent ou l’acte poétique
En partenariat avec les médiathèques de Lille
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Gérard Briche, professeur de philosophie à l’Ecole Supérieure d’Art de Tourcoing
L’homme qui parle scande les phrases, éclate les mots, triture la langue. Cet homme, c’est Christian Prigent, et il dit de la poésie. Mais cette poésie passe par le corps – littéralement. Car c’est dans l’acte que la poésie, la vraie, advient. Dans cet acte, dans cette performance, c’est toute la réalité matérielle qui passe, et d’abord la réalité biographique du poète. Ainsi la poésie est-elle pétrie de toute la matière de la vie, et jusqu’à ses aspects les plus triviaux, mais les plus rigolos aussi. Christian Prigent : la poésie, c’est d’abord ce qu’on imagine être le plus étranger à la poésie.
 
Médiathèque Jean Lévy – 32/34 rue Edouard Delesalle – Lille

â–º Trois jours avec Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris, du 28 au 30 novembre 2013 : voir le programme.

â–º Lecture/conférence de Christian Prigent : "Martial, grande brute !" (quelle traduction contemporaine de l’obscène latin ?).

" Rapide, vacharde, pittoresque, rigolote, souvent obscène, toujours à la fois savante et désinvolte, la poésie épigrammatique de Martial s’inscrit dans la tradition, mineure mais vivace, d’une poésie non idéaliste qui « sent l’homme » quotidien. Du coup, elle tente l’effort de traduction des « modernes » de toutes les époques. Les 650 textes que j’ai essayé de « recycler » dans une forme méticuleusement métrée et travaillée par la distance des anachronismes paraîtront chez POL en avril 2014." (C. Prigent)

Dans le cadre du séminaire de MASTER 1 & 2 "L’obscénité en perspective : antiquité/ modernité", le jeudi 12 décembre 2013 de 11H à 13H – Université de Valenciennes , Site du Mont Houy, Bâtiment Matisse, Salle 208 -, B. Gorrillot invitera Christian Prigent, l’un des grands poètes français actuels, à l’occasion de la publication prochaine de sa traduction de DCL épigrammes de Martial (Paris, P.O.L, 2014). Cours ouvert à tous.

â–º Début 2014, les éditions P.O.L mettront en ligne sur leur site une sélection d’essais et d’entretiens de Christian Prigent – parmi lesquels les quatre que nous avons réalisés ensemble entre 2001 et 2013.

En plus de "Passage des avant-gardes à TXT" (dans Francis Marcoin et Fabrice Thumerel dir., Manières de critiquer, Artois Presses Université, 2001, p), trois entretiens publiés sur Libr-critique :

* "L’Incontenable Avant-Garde", 6 décembre 2006 ;

* "De TXT à Fusées", 16 mai 2008 ;

* "Christian Prigent, un ôteur réeliste", 14 mars 2013.

â–º Du lundi 30 juin (19H) au lundi 7 juillet 2014, premier colloque international de Cerisy sur l’œuvre de Christian PRIGENT : "Christian Prigent : tou(v)er sa langue", sous la direction de Bénédicte Gorrillot, Sylvain Santi et Fabrice Thumerel. [Lire la présentation détaillée et le programme complet]

Argumentaire. Comme ancien directeur de la revue d’avant-garde TXT (1969-1993) autant que par l’ampleur et la diversité de son œuvre personnelle, Christian Prigent (né en 1945) fait l’objet, depuis 10 ans, de multiples publications, rencontres, journées d’étude, enregistrements, mises en scène et films. D’où l’opportunité d’organiser un colloque international qui permette d’établir un premier bilan des réflexions proposées sur cet écrivain et d’ouvrir d’autres perspectives de lecture.

Le réel est ce que l’écrivain affronte, face auquel il essaie de trouver sa langue. Or ce réel est pour lui, comme pour Lacan, ce qui "commence là où le sens s’arrête". C’est encore le réel pulsionnel du corps qui défait les voix, comme chez Artaud ou Bataille. Marqué par la négativité de la Modernité, Prigent ne cesse donc de trouer la langue, les représentations admises aussi bien que l’histoire littéraire. Et il problématise violemment la légitimité du geste créateur. Mais il invite aussi à un salut du poétique inattendu en ce début de siècle qui continue volontiers à liquider, avec les avant-gardes, les genres millénaires, les engagements politiques et les utopies esthétiques. Les livres de Christian Prigent proposent ainsi une "trouée", au sens de la promesse d’une embellie. Car s’y opère peut-être le miracle d’avoir forcé l’expression juste du réel, voire de soi ?

13 juin 2013

[Entretien] Résister en langue, entretien avec Alain Jugnon (Christian Prigent, les aventures de l’écriture 7/7)

Nous remercions Christian Prigent d’avoir bien voulu nous donner en addendum au Dossier cet extrait d’un entretien avec Alain Jugnon sur Les Enfances Chino (à paraître en 2014 dans le numéro 1 des Cahiers Contre-Attaque).

(more…)

4 avril 2013

[Chronique] Christian Prigent, L’archive e(s)t l’oeuvre e(s)t l’archive (Christian Prigent, les aventures de l’écriture 5/6)

Christian Prigent, L’Archive e(s)t l’œuvre e(s)t l’archive, Supplément à la Lettre de l’IMEC, coll. "Le Lieu de l’archive", hiver 2012, 32 pages.

A l’occasion du dépôt de ses archives à l’Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine (IMEC), Christian Prigent a écrit cet opuscule qui permet de faire le point sur sa fabrique scripturale comme sur son rapport à la Bibliothèque et à la critique génétique : après le volume Christian Prigent, quatre temps, voici donc le deuxième volet de la réouverture pour inventaire. De quoi s’agit-il ? Celui qui n’a jamais fait part du moindre intérêt pour la question des archives distingue trois types de documents : un dossier lacunaire comprenant brouillons et états divers de ses manuscrits ; les archives dites "familiales" (photos d’enfance et lettres essentiellement) ; des archives sonores et textuelles concernant les avant-gardes et les écritures expérimentales depuis les années 70 (cassettes audio, revues, affiches et programmes de multiples manifestations et colloques…), auxquelles s’ajoutent un ensemble étiqueté "socio-politique", qui témoigne du contexte des années 50-60 et des activités paternelles au sein du PC. Nous attend une surprise de taille : celui qui a fait son entrée dans le champ littéraire en un temps qui proclamait la mort de l’auteur n’est pas prêt à renoncer aux privilèges de l’auctor.

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14 mars 2013

[Entretien] Christian Prigent, un ôteur réeliste (Christian Prigent, les aventures d’une écriture 2/6)

En ce jour même où paraît en librairie Les Enfances Chino (P.O.L, 576 pages, 23 €), entretien avec cet ôteur dont le réelisme repose sur une négativité toute moderne. [Avec en toute fin une superbe reproduction du Carnet Goya choisie par l’auteur]

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1 mars 2013

[Chronique] Ilse et Pierre Garnier, Poésie spatiale. Une anthologie

Ilse & Pierre GARNIER, Poésie spatiale. Une anthologie, préface d’Isabelle Maunet-Saillet, éditions Al dante, hiver 2012-2013, 656 pages, 32 €, ISBN : 978-2-84761-840-2.

"Le mot n’existe qu’à l’état sauvage. La phrase est l’état de civilisation des mots" ("Manifeste pour une poésie nouvelle, visuelle et phonique", 1962, p. 73).

"L’activité du poète rejoint celle du savant et de l’astronaute dans la découverte d’une esthétique linguistique et d’un langage commun à toute l’humanité" (p. 195).

Après la publication du tome 3 des Œuvres poétiques (1979-2002) de Pierre Garnier (éditions des Vanneaux, 2012) et aux deux volumes que l’on doit à Philippe Blondeau (Ilse Garnier, Jazz pour les yeux, anthologie 1962-2009, L’Herbe qui tremble, 2011 ; La Poésie au carrefour des langues, Actes du colloque international sous la direction de Ph. Blondeau, Artois Presses Université, 2010), voici "une anthologie étoilée", rien moins que la somme incontournable que tout amateur de poésie doit avoir dans sa bibliothèque – et ce pour un prix abordable. Pensez donc, la seule préface d’Isabelle Maunet-Saillet compte une soixantaine de pages ; suivent la totalité des textes programmatiques (manifestes et plans-pilote) signés par Pierre Garnier seul (né en 1928) ou avec Ilse (née en 1927), et un ensemble important de poèmes publiés entre 1962 et 2012 (cinquante ans de vie poétique pour le couple !).

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24 février 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de février, ces NEWS commencent par un Spécial poésie spaciale, suite à la publication chez Al dante de la remarquable anthologie des GARNIER préfacée par Isabelle Maunet-Saillet. Suivront un Pleins feux sur l’actualité de Christophe FIAT, un RV avec Christophe MANON au Taps Scala de Strasbourg pour la mise en scène de son Qui vive (Dernier Télégramme, 2010) et un aperçu du prochain livre de Mathieu BROSSEAU, Ici dans ça (extrait publié dans La Vie manifeste). /FT/

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8 décembre 2012

[Dossier – 2/4] L’ami Prévert, enfant du paradis…

Suite au premier volet de ce Dossier, qui présentait les quatre parutions dont Carole Aurouet est le maître d’œuvre, nous la remercions vivement de nous avoir accordé cet entretien très complet sur "l’ami Prévert" – et son pré toujours aussi vert… Les deux prochains volets seront consacrés à l’héritage Prévert.

Cet après-midi à 16H, on ne manquera pas la Rencontre avec Carole Aurouet à la Librairie de la Cinémathèque française (51, rue de Bercy 75012 Paris).

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28 juillet 2012

[News] Libr-vacance…

Dans l’attente d’une Reprise qu’on vous promet haute en couleur dans un mois (avec, sur et autour de Al dante, Mustapha Benfodil, François Bon, CUHEL, Bernard Desportes, Claude Favre, Pierre Jourde, Mathieu Larnaudie, Sandra Moussempès, Marc Perrin, Mathias Richard, Romain le GéoGrave, Vincent Tholomé, Jacques Sivan…), nous vous invitons à découvrir les posts que vous avez manqués ou à explorer l’ensemble d’un site qui a maintenant six ans… Mais auparavant, voici quelques pistes de Libr-vacance : Jacques SIVAN, Des vies sur deuil polaire ; Vincent THOLOMÉ, Cavalcade ; Jean-François BORY/revue L’Humidité ; Ernst JANDL ; la Littérature hors les livres. /FT/

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20 juin 2012

[Entretien] La poésie pour « quoi faire », entretien de Liliane Giraudon avec Sylvain Courtoux

Comme premier volet du diptyque consacré à Liliane Giraudon, voici l’entretien qu’a mené à bien un poète de la génération suivante dont il a déjà été beaucoup question sur Libr-critique : Sylvain Courtoux. Le second portera sur son dernier livre, Les Pénétrables – qui est du reste évoqué dans cette discussion passionnante.

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16 mars 2012

[Manières de critiquer] L’écriture au présent : tensions et irritations. Lettre ouverte à Bernard Desportes à propos de Le Présent illégitime

Bernard Desportes, Le Présent illégitime. Réflexions sur une écriture de l’impossible, éditions La Lettre volée, Bruxelles, 2012, 112 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-87317-381-4.

Cher Bernard,

« Comment nous attarder à des livres auxquels,
sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ? »
(Georges Bataille, Le Bleu du Ciel).

Je tiens tout d’abord à te dire tout le plaisir que j’ai eu à lire cet essai stimulant dont le titre résonne comme un insolent (r)appel – et dont, en 2009, j’avais publié en avant-première le troisième chapitre, « Écriture et liberté. » J’y retrouve les échos de nos discussions autour de lectures et d’interrogations communes – débats passionnés, tant sont vifs chez toi l’attrait pour le théorique et le sens de l’hospitalité critique (très vite, j’ai compris que tu fais partie des rares écrivains pluridimensionnels/polygraphes : plume acérée, pensée subtile, critique engagée). Interpellé par la dédicace, j’ai voulu poursuivre un dialogue amorcé en 1999 lors d’un colloque organisé avec Francis Marcoin à l’Université d’Artois (Manières de critiquer, APU, 2001) et poursuivi lors de nombreuses rencontres, publiques ou privées, de la Journée d’études que j’ai coordonnée en 2006 (Bernard Desportes autrement, APU, 2008), ou encore du long entretien paru sur le site sous le titre de « Roman (et) critique » (2008). Ainsi impliqué, à la chronique j’ai préféré la lettre ouverte, du seul fait qu’elle correspond à la nature d’échanges placés sous le signe d’une amitié qui fait prévaloir la connivence critique sur la complaisance.

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19 février 2012

[News] News du dimanche

Après un premier post consacré à ce qui ressortit et à l’actualité la plus brûlante et à la nécessaire réflexion sur un clivage régissant le champ éditorial, dans ces NEWS pleins feux sur l’essai fondamental de Bernard Desportes, Le Présent illégitime ; puis, nous retrouvons notre rubrique satirique Libr-campagne

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19 novembre 2011

[Dossier Mutantisme] Mathias Richard et alii, Manifeste mutantiste 1.1

Mathias Richard et alii, Manifeste mutantiste 1.1, Caméras animales, automne 2011, 252 pages, 14 €, ISBN : 978-2-9520493-9-9.

Plutôt que de subir les mutations ambiantes, mieux vaut les maîtriser : tel est le principe d’un mouvement mutantiste qui explore la multiplicité. Au carrefour des sciences 

expérimentales comme de la science-fiction, des écritures à contraintes comme des arts électroniques, le mutantisme invente des machines qui produisent ce que l’on peut appeler des Agencements par Démultiplications Novatrices afin de rendre "palpable (au-delà de représentations de notre époque) le processus même, immuable, de mutation permanente de la représentation, la stase des métamorphoses, du dépassement animal-robot, vie-mort, lucidité-inconscience" (p. 36).

Suite aux syntextes de Mathias Richard publiés au cours du premier semestre (Aminatemp), nous proposons un Dossier qui, avant de vous plonger dans la chronique sur le manifeste même, vous fait découvrir deux machines en théorie et une en pratique – sans compter tous les liens indispensables : outre le site de l’éditeur – dont le lien actif figure ci-dessus -, consulter absolument mutantisme.free.fr, mathias.richard.free.fr, unvidation.blogspot.com, iv.invidation.net, www.fuckmyhead.net/dualc0re (sur le schéma cognitif tel que l’entend Philippe Boisnard, "géographie mentale entre concept, mot et image", voir "Révolution" ; un exemple de "surscénario délirant", publié dans son intégralité dans le manifeste, fait partie de Brrr ! Polars expérimentaux d’Antoine Boute – dont on a rendu compte sur Libr-critique). /FT/

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2 novembre 2011

[News-revue] DOC(K)S, 4e série, numéro 13/14/15/16 : spécial Joël Hubaut

DOC(K)S, édition AKENATON, 4e série, numéro 13/14/15/16, 432 pages + DVD, 50 € le volume ; 80 € l’abonnement (4 numéros).

â–º Offre spéciale aux lecteurs de LIBR-CRITIQUE = 48 € + frais de port gratuits pour toute commande avant la fin de l’année à l’adresse suivante : DOC(K)S, édition AKENATON, 7 rue Campbell 20 000 Ajaccio (akenaton.docks2A@gmail.com).

Il y aura de cela bientôt un siècle – dans l’entre-deux guerres, donc –, Jean Prévost n’était pas le seul à estimer que le nombre de lettrés en France ne dépassait pas cinq cents… Et aujourd’hui, en matière d’écriture expérimentale, combien d’amateurs éclairés ? de vrais passionnés ? – au point, par exemple, de faire une petite folie en s’abonnant à une revue qui, soucieuse de son indépendance, ne prétend pas exister uniquement grâce à des subventions ; ou en acquérant un dernier numéro qui, centré sur la figure haute en couleurs de Joël HUBAUT, est évidemment à rattacher à notre dossier sur la subversion…

Revue de chantier, avant entretien avec Philippe Castellin…

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