Libr-critique

26 mai 2016

[Entretien] Valeur du politique, politique des valeurs. Entretien avec Sylvain Courtoux (Critique et création 3, par Emmanuèle Jawad)

C’est avec un immense plaisir que nous publions ce troisième entretien avec Sylvain COURTOUX, qui vient enrichir les précédents grâce à la problématique retenue par Emmanuèle Jawad. [Lire le dernier]

La seule chose dont on est sûr,
c’est que l’on perd toujours à la fin.

Jérôme Bertin

Emmanuèle Jawad : Le travail sur le sample qui prélève des énoncés dans le flux des textes contemporains et les agence dans un montage à la fois serré et fluide semble contenir dans les choix opérés et le montage de ces échantillonnages une dimension critique. La technique des samples ne participe-t-elle pas ainsi au sein du travail de création d’une recherche critique ? Les pratiques d’écritures « inventives » ne se développent-elles pas dans et par le geste critique ?

 

Sylvain Courtoux : Est-ce que l’échantillonnage à lui seul, comme sampler une liste de noms de rues dans un plan, suffit-il à lui seul pour placer un point de vue critique sur le monde ? Je ne suis pas sûr de pouvoir répondre positivement à cette question… Cela dépend de deux choses : ce que l’on échantillonne et comment on le « monte ». Pour moi « sampler », plagier, ne se dépare pas d’un travail de montage… C’est la totalité du geste qui en fait un instrument critique. Plus votre visée discursive. Cela peut sembler paradoxal mais le sample m’intéresse moins pour sa visée plasticienne que pour ce qu’il « m’aide » à (pouvoir) dire… J’ai l’habitude de me dire, d’après Frédéric Lordon, qu’un texte, c’est d’un côté les « structures », et, de l’autre, les « affects » : les structures – ce qu’est ontologiquement un sample (l’Autre qui nous structure, fait de nous ce que l’on est…), les affects – ce qui me pousse à utiliser ce sample-là. Le sample, l’échantillon ne me sert que pour autant qu’il dit mieux mon « je » que "je" ne pourrai jamais le faire… Les pratiques d’aujourd’hui qui m’intéressent le plus ont toutes à faire et à voir avec la théorie ou/et la critique. Je ne peux même pas concevoir, pour n’importe quel type d’écrivain, que l’on puisse ne pas s’intéresser au politique, au social, à la théorie littéraire, etc. L’« art pour l’art », qui, soit dit en passant, est toujours défendu par tout un pan des poésies plutôt lyriques (mais aussi par des « modernes » et des « contemporains »), est, en ce sens, une ineptie… Non seulement une défaite de la pensée, mais une méconnaissance, une in-connaissance sciemment revendiquée des enjeux (culturels, sociaux, politiques, économiques, symboliques) de la pratique scripturale. Les avant-gardes comme Dada, ou plus tard les Lettristes, ou la triade Tel Quel-Change-TXT avaient bien compris cela. La présence de discours « spéculatif » ne vient pas asseoir l’activité créatrice mais en est la concomitance même. Je sais qu’une œuvre « intéressante », de mon point de vue, ne peut se passer de théorie, ne peut pas se passer de réfléchir à la fois sur sa propre pratique, sur celle des autres, et sur le « pourquoi » et le « comment » de ce que nous faisons face au réel. Le « sample » est un marchepied parfait pour le méta-littéraire et la théorie littéraire ou philosophique. C’est parce que je sample que la théorie ne peut que me sauter constamment à la figure (si le sample est du côté de la « structure », qu’est-ce cela qui nous structure, et si nous sommes bien dans un « monde toujours-déjà légendé » comme dit Prigent, et si nous sommes bien façonnés par les multiples discours qui nous entourent, comment on fait pour s’en extirper, qu’est-ce que la « novation », qu’est-ce qu’un « sujet », … Vous voyez ! Les questions théoriques, philosophiques, ne peuvent que s’enchaîner à la vitesse du clavier…). Par ailleurs, il y a une forme de « responsabilité » de l’écrivain à laquelle je crois ; à ajouter au reste. La justesse de l’adresse.

 

EJ : La dimension critique au sein de votre travail de création semble se référer conjointement à la technique donc même du sample (le travail de montage élaboré sur la réappropriation de références) et à un regard politique (porté sur le milieu poétique lui même et dans une position d’avant-garde). La critique prend-elle en charge des affinités ou des liens qui pourraient être à la fois d’ordre individuel, intellectuel et littéraire, ou doit-elle s’en écarter dans une visée descriptive ? La dimension politique de votre travail n’est-elle pas ce qui fait le lien entre critique, théorie et pratique ?

 

SC : Il ne peut jamais y avoir d’analytique pur, tout est axiologique, tout discours, même s’il se veut le plus « neutre » possible, descriptif comme vous dites, est toujours chargé d’affects et de jugements de valeurs. On n’y échappe pas. Il y a toujours du « normatif » quelque part, même quand c’est, dans un livre de sociologie, sous des couches de précautions oratoires ou sur une tentative de désamorçage des problèmes liée au « normatif ». Quand je lis un livre de philosophie ou de sociologie, je préfère toujours quand l’auteur est en accord (même précaire + dissonant) avec ses arrière-pensées. C’est le B.A.ba de la sincérité pour moi. Après, c’est une question de positionnement. Car si la question est la lutte des points de vue et donc des valeurs liées à ces points de vue (comme il y a lutte des classes), c’est le positionnement de votre travail, au sein du champ poétique, positionnement autant artistique qu’esthétique, qui importe. Et ce positionnement est autant choisi que subi, pourrait-on dire. « Subi », car on est tous le jeu d’influences et de ce que notre socialisation a fait de nous (par le biais des capitaux : économiques, culturels, sociaux) ; « choisi » car c’est à partir de cette « donne » de départ que nous mettons en œuvre les valeurs artistiques, esthétiques, philosophiques, que nous mettons en jeu dans nos œuvres. Valeurs et « influences », affects et structures, est ce qui fait le lien entre l’individuel, le littéraire, le socio-politique. Et nous revenons au « tout axiologique » du début… Question de valeurs et donc de positionnement sur un échiquier de luttes. Les valeurs que je défends ne me sont aucunement personnelles : l’autobiographie et la question du champ littéraire, le montage, le travail de sample, l’expérimentation visuelle – c’est sans doute par ce mélange, qu’on pourra dire énergumène, ou en tout cas peu usité dans le champ littéraire (quelques-uns m’ont précédé, d’une façon ou d’une autre, appuyant sur un point ou sur un autre, Michel Leiris, le Michel Vachey de Toil, Manuel Joseph, Jean-Marie Gleize, Kathy Acker, Raymond Federman, le Michel Deguy du Comité, Chloé Delaume) que la dimension politique affleure ou déborde… Ou plutôt disons qu’elle est présente deux fois, l’une à cause de ce mix, l’autre grâce à mon "habitus" de rebelle… Car, certes, le positionnement implique des valeurs (certaines plutôt que d’autres), mais on ne joue ces valeurs au maximum que si on est prêt à se battre contre celles que nous trouvons dangereuses et putassières…

 

EJ : L’émission radio POETES/VESTIAIRES dresse un panorama de la Nouvelle Poésie Française que vous situez entre 1989 et 2004-2008. Vous en formulez ainsi les caractéristiques : travail sur la frontière poésie/ non poésie, réappropriation de la Pop culture (BD, musique, cinéma), plasticité des textes (dimension visuelle/conceptuelle avec rôle des logiciels informatiques dans le travail de création), ancrage performatif, influence de la musique (notamment électronique), filiation avec le cut-up. Si certains travaux poétiques semblent relever transversalement de plusieurs de ces caractéristiques (ainsi votre propre travail, ou celui encore de Sandra Moussempès associant références au cinéma et ancrage performatif notamment, ou le travail de Jérôme Game), comment inscrivez-vous au regard de ces marquages caractéristiques de la Nouvelle Poésie Française les travaux poétiques des années plus récentes (2008-2016) ? Quels axes actuellement privilégiés (performatif, plastique, etc.) dans votre propre travail et dans ce que vous percevez des travaux poétiques d’aujourd’hui ?

 

SC : Nous sommes dans un « trou » qui a dû ressembler pour pas mal d’auteurs expérimentaux des années 70 au « trou » des années 80. C’est ce que je ressens en tout cas. La révolution symbolique de la NPF est passé… Certes, institutionnellement (éditorialement), nous en sentons encore les à-coups, et il y a une grande partie du public qui en est encore à découvrir ses auteurs, mais artistiquement, je trouve qu’il n’y a pas encore de relève, aussi importante symboliquement et démographiquement (puisque c’est aussi bêtement une question démographique)… Nous sommes bien peu en 2016 … Même s’il y a des « jeunes » dont j’aime et dont j’ai envie de suivre le travail futur, comme Marie de Quatrebarbes, Amandine André, Emmanuel Reymond, Caroline Zekri (dans le Nioques 15), Elodie Petit, Justin Delareux, Noémie Lothe (dans le Nioques 15), le travail sonore/musical de Thomas Dejeammes, par exemple. Ce que je vois tout de même, c’est l’arrivée d’un certain paradigme « contemporain » dans les poésies expérimentales. Je dois cette sorte d’« analyse » (un peu sauvage) à Nathalie Heinich (dans Le paradigme de l’art contemporain, Gallimard, 2014) qui, elle, parle d’un paradigme « contemporain » dans le champ des arts plastiques, mais je pense que maintenant il commence à pointer son nez dans les pratiques d’écritures… Paradigme né certes à la faveur de la NPF mais qui re-questionne plus radicalement peut-être le rapport clé de la tradition avant-gardiste : la question art/non-art, dans un jeu constant de subversion de l’acte d’écriture au nom d’une dé-définition de cette acte d’écriture… C’est le sens du travail récent d’un Christophe Hanna, par exemple, qui m’influence beaucoup (même si je reste plus « moderne » que lui)… Mais on trouvait déjà des prémices de ce questionnement chez Vanina Maestri, Manuel Joseph, Jacques-Henri Michot, Nathalie Quintane, ou Jean-Michel Espitallier – tous ceux qui déjà travaillaient sur l’échantillon et dans une certaine envie de dépersonnaliser le sujet de l’écriture… On voit aussi ça dans le renouveau de la thématique du « ready-made » chez Gaëlle Théval, l’arrivée de ce concept de « factographies » créée par Marie-Jeanne Zenetti, comme dans le domaine du roman, la reconnaissance importante dont commence à jouir, chez le grand-public, l’œuvre de Annie Ernaux, ou dans le domaine poétique, l’œuvre de quelqu’un comme Jean-Marie Gleize, le fait (enfin) que le Pragmatisme philosophique (à travers les notions de « document » et d’« enquête ») se fasse de plus en plus commun dans les milieux expérimentaux (remplaçant peu ou prou le « deleuzisme » qui était à la mode à la fin des années 90)… Tout cela est le signe que ça théorise encore, même si par ailleurs nous sommes dans un « trou » qui a des allures de champ de mines … Même si, l’ultime limite (paradoxale) de l’incursion de ce paradigme « contemporain » dans le champ poétique reste le mur de l’« objet-livre » (dans l’art « contemporain », l’œuvre ne réside quasiment plus dans l’objet, alors que dans le cas de l’écriture, impossible de se départir du texte) et reste aussi le mur du « nom de l’auteur »… Tout cela mériterait sans doute d’être détaillé ou d’être, plus avant, analysé, je ne fais ici qu’un rapide état des lieux…

 

EJ : La question du politique présente ou non au sein des pratiques d’écritures, des ouvrages théoriques (vous évoquez J.-M. Gleize …), des lieux également où la poésie se rend visible, la question de l’engagement plus ou moins prégnante selon les périodes, pourrait-elle contribuer d’une façon ou d’une autre à combler cet écart (« trou ») que vous notez présent depuis la Nouvelle Poésie Française des années 1989-2004/2008 ?

 

SC : Vous avez raison de parler de la question de l’engagement… Puisque c’est bien de cela dont il s’agit. Je trouve que le « créer, c’est résister » de Deleuze a fait beaucoup de mal à l’engagement critique explicite. Car si toute œuvre est une résistance, alors pourquoi ne pas bénir directement le plus putassier des romans ou des positionnements artistiques, puisque à ce régime-là, on sera toujours (dans le) politique !? 90% de ce qui se publie sous le nom de poésie aujourd’hui n’a rien à voir avec une critique du monde explicite. Et, à cause de ce « trou », on ne peut plus se permettre de louvoyer avec le système. Il faut explicitement revendiquer nos valeurs. Prenons un poète comme Anne-James Chaton qui appartient de plein fouet au paradigme « contemporain » dont je parlais ci-dessus1 : effacement de la notion d’auteur, renoncement à l’expressivité, écriture qui n’aurait pu exister sans les logiciels de traitement de texte, prédominance du « conceptuel », eh bien je peux dire que c’est parce que son travail a fini par nier toute expression, qu’il peut aujourd’hui frayer, sans que ça lui pose de problèmes de conscience, avec le pire du capitalisme le plus outrancier représenté par LVMH, le « leader mondial des produits de luxe », faisant ainsi (je reprends la critique de Pierre Alféri) de la « poésie contemporaine » un produit de luxe pour dominants. L’assomption de sa « critique » des signes du capitalisme (dans les Evénements) dans un dispositif formel plastique a, avec le temps et la notoriété aidant, tout simplement produit un désengagement face à la question du réel : à force de critique « effacée » ou au « second degré », ne reste évidemment plus qu’un simulacre de critique. Je n’attaque évidemment pas le paradigme « contemporain » en tant que tel puisque je fais partie, par mes « outils », de ce paradigme-là, et qu’à l’inverse des poètes très « contemporains » comme Christophe Hanna, Manuel Joseph, Jacques-Henri Michot, Olivier Quintyn, Emmanuel Rabu, Stéphanie Eligert, Nathalie Quintane, Pierre Alféri, Stéphane Bérard, eux, sont explicitement politiques et n’ont pas peur de dire quelles sont leurs options. Disons que c’est le « formalisme », allié à la dissolution de toute expression et donc de toute sincérité, du paradigme « contemporain », qui est ici le problème : certains auteurs en viennent simplement à oublier qu’ils sont dans un « réel » qui demande in fine de prendre position, surtout si on vient des « marges » de ce réel comme Chaton. Quand je revendique la notion de « post-poésie » dans Consume Rouge, je revendique un expérimentalisme qui n’oublie pas l’expression et la mimesis (c’est ma différence avec la critériologie gleizienne, même si chez moi ça se joue avec les phrases, les propositions, les énoncés plagiés dans le texte des autres). Au moins, le paradigme « contemporain » a eu quelque chose de bon dans sa "volonté" de « dé-subjectivisation » : déplacer le regard des gens non plus seulement sur l’œuvre, mais sur la personne même de l’auteur, dans un genre de paradoxe dont est friand l’histoire de l’art, c’est maintenant l’attitude entière, complète, de l’artiste qui fait œuvre, et non plus uniquement et/ou intrinsèquement l’œuvre en elle-même. Dans un même geste, ça donne, au pire, le triomphe du « nom » de l’artiste sur son œuvre, et tout ce que le show-business médiatique peut impliquer : autour du « nom de l’auteur » comme « marque », mais, au mieux, ça nous permet de nous interroger sur une trajectoire et le positionnement conséquent ou non, « éthique » ou non, cohérent au regard de ce que nous dit l’œuvre ou non, de l’artiste…

 

EJ : Dans un texte intitulé « Actions politiques/actions littéraires »2, Christophe Hanna (se référant au livre de Jacques Sivan Le bazar de l’hôtel de ville, ed. Al Dante, 2006) affirme « Quand j’essaie d’imaginer un autre espace littéraire, qui ne serait plus un lieu replié sur ses valeurs esthétiques, capable d’assujettir toute forme de fonctionnalités qui lui seraient étrangères, me vient l’image d’un BHV textuel-politique, un endroit où de nouveaux objets verbaux seraient proposés à expérimenter pour changer nos façons d’être exposés ou disposés au pouvoir. » Dans quelle mesure vous rapprochez-vous de cette conception d’« un autre espace littéraire » ?

 

SC : 1. La « prophétie » de Christophe Hanna a bien eu lieu ou plutôt on est en plein dedans, du moins dans le versant « expérimentaliste » des poésies. Ça s’appelle le paradigme « contemporain ». Le « contemporain » a tellement joué avec les frontières (entre les différents genres de l’écrit et entre les différents arts) et les cadres d’appréhension & d’appréciation qui leur sont liés, dans une mixité et une dilution, dont, du reste, je me réclame, que je ne suis pas totalement d’accord pour abandonner in fine toute « valeur esthétique » comme le dit Hanna. Je vois bien ce qu’il met "dedans" : les valeurs esthétiques traditionnelles (« classiques » ou « modernes »). Si on prend aujourd’hui la globalité de ce qui se publie sous le nom de « poésie », ce qui est donc symboliquement dominant, il a absolument raison et il faut continuer à subvertir les cadres dominants (l’histoire de l’avant-garde est aussi l’histoire de cette dilution des catégories esthétiques, artistiques). Mon commentaire de cette citation, je ne l’oublie pas, est le commentaire de quelqu’un qui essaie de penser son travail comme en connexion constante avec tout ce qui n’est pas « poésie », ou tout ce qui n’est pas « littéraire », donc, d’entrée de jeu « hannaienne » si l’on veut… Je l’ai dit plus haut, une œuvre, une trajectoire, un positionnement, c’est, de toute façon, quoi qu’on y fasse, des « valeurs ». Esthétiques, artistiques, politiques, même quand on feint de s’en écarter ou de les mettre à distance. Et même un auteur qui se voudrait hors des valeurs les plus communément admises par tel ou tel groupe serait quand même un auteur qui, de fait, défend des valeurs minoritaires. Donc autant revendiquer à plein ce que sont les valeurs à défendre (je les récapitule) : l’autobiographie, le sample, le montage, le mix entre pratique et théorie, la visée mimétique, la sincérité, l’autonomie éthique via l’hétéronomie formelle, etc. C’est pour ça que je me bats. Une grande partie de ces valeurs sont tout à fait communes et même traditionnelles, mais c’est leur métissage qui rend problématique leur ancrage générique/génétique.

 

2. Dans la seconde partie de la citation on reconnait bien le tropisme « pragmatiste » de Hanna. Que je ne peux que faire mien (rires). Ce qui m’intéresse le plus dans la philosophie de l’art pragmatique, c’est l’« intégration du contexte » de production. En cela, ça rejoint mes recherches actuelles sociobiographiques sur le champ littéraire, la façon dont « se fabrique » un poète (en l’occurrence, puisque je suis autobiographe, moi-même)… Un poète, c’est certes un texte mais c’est également tout un ensemble de médiations matérielles (capital économique) comme symboliques (capital social, capital culturel) qui permette au texte non seulement d’être « écrit », mais d’être publié, puis d’être reconnu et enfin d’être reçu – cette réception engendrant une nouvelle façon d’écrire, etc. Il ne faut pas se mentir, le projet d’un auteur, comme de n’importe quel être humain, c’est d’abord de se faire « reconnaître », et « reconnaître » par le/les groupe/s auquel/s il veut appartenir : ici, dans mon cas, les autres poètes. Ensuite, dans un second temps (premier et second temps sont certainement enchâssés) de produire des objets « intéressants » en fonction de notre complexion, de nos valeurs, de nos possibilités (cognitives, matérielles, institutionnelles). En sachant tout de même qu’il y a autant de publics différents, en fonction de l’origine sociale et du diplôme, que de manières de trouver un texte « intéressant ». Et, même si j’en reste à ma seule expérience, qui est évidemment partiale et partielle, « intégrer le contexte » veut dire parler, du moins autant que faire se peut, de ce qui se passe derrière le rideau de la couverture d’un livre. Evidemment, le sujet est tellement complexe, que chez moi ça se fait de manière tout à fait hétérodoxe et pas très « sociologiquement correct ». C’est une sorte de justice : nous n’écrivons que ce qu’on est capable d’écrire, non ? Et faire un texte « intéressant » de mon point de vue, c’est se rebeller contre les normes communes, les catégories dominantes dans le champ littéraire en général. Se rebeller contre les valeurs dominantes, c’est « subvertir », tout en faisant en sorte que je sois conséquent avec ce que j’écris, que le texte dise, montre, la même chose que ce que je fais, que ce que je suis (le principe de sincérité est un principe d’identité, au double sens du terme). Ça nécessite une bonne dose d’indestructibilité contre l’implémentation de toutes ces logiques (hétéronomes) économiques et marchandes qu’on retrouve dans le champ littéraire comme dans le champ de la vie ordinaire. Ça nécessite une lutte constante, ça nécessite des principes et une position. Et je ne pose pas des questions de lecture, mais des questions de vie ou de mort sociale…

 

EJ : L’hétérogénéité dans la construction des textes et le montage restent des préoccupations centrales et structurantes dans votre travail. Comment situez-vous les écritures aujourd’hui au regard de cet axe ainsi défini ?

 

SC : Quelque chose qui n’en finit pas de m’étonner : c’est la minorité (voire la défection), dans le champ poétique "versant" expérimentaliste, et d’un point de vue institutionnel, des « écritures de montage » se revendiquant comme telles. Cette question du « montage » est revenue à la mode dans les années 90 ― avec non seulement la Revue de Littérature Générale (L’Art poétic’ de Cadiot est l’un des premiers livres de montage de la Nouvelle Poésie Française) mais aussi les travaux de M. Joseph, J-H Michot, C. Hanna, R. Federman, Thibaud Baldacci, C.Fiat, E. Sadin (qui avait théorisé brillamment tout cela dans Poésie_atomique, éc/artS, 2004), Olivier Quintyn, Jacques Sivan ― et j’ai appris à écrire, à « sampler » et à « monter » en lisant ces auteurs comme certains autres, Joseph Guglielmi et son génial La préparation des titres, Rolf Dieter Brinkmann avec son Rome, regards, Kathy Acker, Hubert Lucot, Terminal de Jean-Jacques Viton, les deux Roche (Denis et Maurice), Alain Jouffroy, le Biographies de Mathieu Bénézet, Liliane Giraudon, tous plus ou moins en connexion avec une pratique de montage et/ou de cadrage. C’était aussi le développement grand public de l’informatique, du traitement de texte, la question de l’hypertexte, l’étendue virtuelle et interactive du web, j’ai eu mon premier ordinateur personnel en 1999 et ça a eu un fort impact sur ma pratique (Action-Writing est né comme ça)… Ce qui ne cesse de m’étonner (donc) c’est pourquoi, malgré le développement domestique des logiciels de montage (son, vidéo, image) et leur utilisation de plus en plus facile, n’y a-t-il pas plus de poètes-monteurs – y compris dans la « jeune génération » ? Alors même que le roman a déjà une sorte de tradition avec le « roman postmoderne » américain apparu dans les années 1960 (c’est Malraux qui "inventa" l’expression « Littérature de Montage » dans les années 30, soit juste après qu‘ont paru les romans « montés » de Alfred Döblin ou de John Dos Passos). Aujourd’hui, en 2016, je serai bien embêté de vous dire quels sont les poètes qui travaillent sur cet axe, à part Emmanuel Rabu, Manuel Joseph, Patrick Beurard-Valdoye, Anne Kawala, Frédéric Léal, Frank Leibovici avec Portraits Chinois (qui date de 2007), un peu Nathalie Quintane avec Grand ensemble, un peu Frank Smith dans Surplis et quelques autres (la liste, à ma grande déconvenue, n’excèderait pas une dizaine/quinzaine d’auteurs). Quand je parle de « montage », ce n’est pas seulement la juxtaposition d’énoncés hétérogènes qui m’intéresse, car ça, c’est relativement "courant" dans nos esthétiques à la croisée du « moderne » et du « contemporain » (juxtaposition et énumération comme le montrait déjà Gertrude Stein sont les deux mamelles de l’esthétique « moderne »), c’est plutôt « l’impression », en regardant un texte, que le poète n’aurait pas pu se passer des logiciels informatiques pour produire son texte (ici le Part & de Kawala ou la deuxième partie de Dire ouf de Frédéric Forte serait un très bon exemple) ― évidemment, ça ne suffit pas à faire un « bon » texte, mais ça a au moins l’intérêt d’aguicher mon regard + de titiller mon intérêt ―, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé trouver dans un livre : cet aspect visuel, qui aime faire exploser la page, pour autant qu’il ne soit pas un « formalisme » et que le contenu soit aussi intéressant que sa forme… Si ma question d’ensemble, celle qui est à l’œuvre depuis Still nox puis dans Consume Rouge puis (surtout) dans mon livre actuel3, est la capacité du texte à produire un discours le plus réaliste et mimétique possible (sincère, donc, et qui produit des « effets de vérité »), et que le « réel » reste bien un « impossible » à figurer (car trop « complexe » – et c’est à cause de cette « complexité »-là que je ne crois pas à la possibilité de la « fiction » pour le faire), c’est la multiplicité des formes qu’on peut « synthétiser » par « montage » amplifiée par la technique du « sample » qui structure "mon" « autre », qui peut le mieux, je le crois, parvenir à ce réalisme mimétique expressif. Quand on travaille comme moi sur un sujet aussi ambitieux que le « champ littéraire », comment se construit une trajectoire, pourquoi x est plus reconnu que y alors qu’ils sont de la même génération et chez le même éditeur, quels types de socialisation peuvent affecter une trajectoire, pourquoi et comment peut-on dire que certaines valeurs artistiques (littéraires) sont dominantes et d’autres pas, quelles sont les résistances qui s’opposent institutionnellement à ma (ou à certaines) pratique(s), etc., et qu’on essaie de lier toutes ces questions à des problèmes politiques, sociaux (autobiographiques et concrets) et littéraires/poétiques, pour communiquer une expérience, faire expérience (faire réel, être comme un moyen de connaissance), face aux lignes de puissances du champ social & dans le bruit incertain du réel, je n’ai pour ma part, trouvé que le montage pour combiner, assembler ensemble tout cela (questions, réponses / valeurs, positions). Il y a cette phrase de Bernard Heidsieck que je donnerai en temporaire conclusion : « nous sommes tous dans le même bain, quant à moi, voici ma thérapeutique, puisse-t-elle vous être de quelque usage » …

1 Paradigme « contemporain » dont on pourrait tout à fait aligner les critères, pour l’écriture, sur la définition que donne Jean-Marie Gleize de la « post-poésie » dans Sorties, p. 59-60.

2 in « Toi aussi, tu as des armes » poésie &politique, éditions La Fabrique, 2012.

3 Dont le titre sera : L’avant-garde, tête brûlée, pavillon noir… Que j’espère donner à Al Dante pour la fin de l’été 2016…

21 avril 2016

[News] Libr-brèves

Libr-brèves très variées avant même ce week-end : S. Courtoux à la radio ; le site d’E. Msika ; des nouvelles des Vents d’ailleurs ; rencontres à lire de Dax ; soirée "Ici poésie" à Caen ; soirée Gruppen

 

â–º On écoutera la première émission radio de Sylvain Courtoux sur Soundcloud : "Les Poètes-vestiaires"

â–º On découvrira avec beaucoup d’intérêt le site d’Edith Msika.

â–º Des nouvelles des Vents d’ailleurs

♦ On découvrira bientôt le deuxième roman de Khaled Osman, La colombe et le moineau (à paraître le 26 avril), le recueil de poésie Mon nom est aube d’Abdourahman Waberi (10 mai) et les nouvelles Un passe-temps pour l’été de Martin MacIntyre, traduites du gaëlique et de l’anglais par Scadi Kaiser (26 mai).
♦ RV avec Bernardo Kucinski aux dates suivantes :
– Mercredi 27 avril à 20 h chez Tschann Libraire en présence de Jean-Pierre Orban (directeur de collection « Pulsations »), Antoine Chareyre (traducteur) et Leonardo Tonus (université Paris-Sorbonne) : 125 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris (métro Raspail ou Notre-Dame-des-Champs).

– Dimanche 1er mai au Festival du Premier Roman organisé par Lecture en tête et parrainé par Yahia Belaskri : place de la Tremoille, 53000 Laval.
– Lundi 2 mai à 19 h à l’université Paris-Sorbonne, rencontre animée par Leonardo Tonus en présence de Antoine Chareyre et Jean-Pierre Orban.
En raison du plan Vigipirate et de l’état d’urgence, l’accès à la rencontre est uniquement autorisé aux personnes inscrites. Merci de bien vouloir vous inscrire en cliquant ici info@ventsdailleurs.com
amphithéâtre Chauchy, escalier F, 3e étage, 17 rue de la Sorbonne 75005 Paris
– Mardi 3 mai à 20 h Kathleen Evin reçoit Bernardo Kucinski dans son émission L’humeur vagabonde sur France Inter.

 

â–º Rencontres à lire, Dax : samedi 23 avril au Théâtre de l’Atrium, à 20H30 Jean-Michel Espitallier (poète et batteur) et Claude Barthélémy (guitariste) ; à 21H30, Marc-Alexandre Oho Bambé (poète slameur) et Jésus Aured (accordéoniste). Dimanche 24 à 15H : Frank Smith et Claude Barthélémy (hôtel de ville, salle René Dassé).

 

â–º Samedi 30 avril, à 17 h, à L’Artothèque – Espaces d’art contemporain, Palais Ducal, à Caen, l’association « ici poésie » proposera une lecture-rencontre avec Michaël Batalla, Charles Pennequin et Pascale Petit.

â–º Jeudi 5 mai, soirée organisée par la revue GRUPPEN à Paris.

31 janvier 2016

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : Pleins feux sur Julien BLAINE, puis sur Frank SMITH ; Libr-brèves ensuite…

 

Pleins feux sur Julien BLAINE

â–º Exposition au Musée-Muséum de Gap, qui dure jusqu’à fin septembre 2016 : Une girafe dans la neige / Spermato Zoo

L’auteur y sera une fois par mois, et notamment :

• sam. 13/02/2016

• sam. 05/03/2016

â–º Du 20 janvier jusqu’au 31 mars : Body Body, exposition collective à la Plaque Tournante – Sonnevallee 99, Berlin.

En février  

â–º Le 3 à 19h00, à la galerie J.-F. Meyer à Marseille, finissage de l’exposition Daniel Van de Velde accompagné du chant de Julien Blaine dans une souche ombrée.       

â–º Le 6 à 15h00, la halle Saint-Pierre à Paris : un Cabaret Dada.                          

En mars

â–º Le Poema festival, du 11 au 13 mars 2016 au Centre  Culturel A. Malraux, scène nationale de Vandœuvre les Nancy.

â–º Les 18 & 19, autour des revues Invece et Mange-Monde à la Médiathèque de Perpignan, à la galerie 13 à Ille-sur-Têt…

En avril

â–º Du 8 au 13, à Tokyo et à Kamakura pour le 40e anniversaire du Doc(k)s spécial Japon, avec la complicité de la revue Delta

â–º À la galerie Jean-François Meyer à Marseille, du 15 avril à la fin du mois : L’huitre & La pomme de terre / Nous sommes dans la purée de 4 pommes de terre

En mai                                                                                                           

â–º Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de La Poésie à outrance

â–º Le 03 mai : Café des images, Films et discussions sur La Poésie à outrance

â–º Le 04 mai : La Nouvelle Librairie Guillaume  autour des revues, avec André Chabin, Gilles Suzanne et Yannick Butel.

 

Pleins feux sur Frank Smith

Micro résidence du 4 au 11 février 2016 à Marseille (Alphabetville), en collaboration avec la Friche Belle de Mai, la librairie la Salle des machines, Montevideo, Radio Grenouille, La Marelle

Alphabetville développe depuis l’année 2013 un programme de résidences de courte durée, ou micro-résidences, avec des auteurs, critiques, chercheurs ou artistes invités. Ces micro-résidences développent une implication de l’invité sur le territoire, donnent accès pour le public à une meilleure connaissance de l’œuvre, et génèrent des créations à l’issue de ces expériences.

La première résidence de l’année 2016 s’ouvre avec Frank Smith, écrivain, poète et vidéaste.

Frank Smith a publié une douzaine de livres ainsi que de nombreux textes en revues et réalise des films ou « ciné-poésies ». Dernier ouvrage paru : Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’Attente, juin 2015. Dernier film réalisé : Le Film des questions, janvier 2015, commande du centre Pompidou.

Il est aussi producteur-radio pour France Culture, où il a coordonné l’émission La poésie n’est pas une solution (2012) et co-dirigé le programme culte L’Atelier de création radiophonique, de 2001 à 2011.

Frank Smith est représenté par la Galerie Analix Forever, à Genève, et son travail a été présenté dans de nombreux festivals et centres d’art à travers le monde.

Avec Guantanamo, publié en 2010 au éditions du Seuil (Coll. « Fiction & Cie ») et en 2014 aux États-Unis (traduction de la poète conceptuelle Vanessa Place), sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post et nominé pour les PEN America Awards, Frank Smith inaugure, à partir de documents et d’archives, une série d’investigations poétiques en phase avec les conflits majeurs du monde contemporain.

Il mène actuellement l’écriture d’un essai d’investigations poétiques intitulé La table des opérations dans lequel est développée en particulier la notion de « co-errance », et prépare les fondations d’un ‘Bureau d’Investigations Poétiques‘.Ces investigations sont d’ailleurs en grande partie décrites dans son dernier livre Fonctions Bartleby (éditions Le Feu Sacré) par la figure du célèbre personnage de Melville. [Bibliographie, activités, actualités : http://www.franksmith.fr/]

Evénements publics

â–º Jeudi 4 février à 18h30 à la librairie la Salle des machines : Lecture d’extraits et présentation de Fonctions Bartleby de et par Frank Smith

« Je pose la question de la formule et je préférerais ne pas dire « je » mais dire au dehors du dehors. Je préférerais ne pas trancher sur le cas Bartleby car la résolution exclue toute question qui l’aura entrainée. Je préférerais ne pas dire « formule » mais « proposition », la proposition de Bartleby, — de même que je préférerais ne pas dire Bartleby mais « B. »

« Alors comment s’y prendre avec ça, sachant que les modes de circulation, de valorisation, d’appropriation de la formule de B. évoluent à chaque lecture et se modifient à l’intérieur ? Une lecture contemporaine de Bartleby, elle préférerait ne pas faire quoi, ne pas dire quoi ? »

Fonctions Bartleby, bref traité d’investigations poétiques, éditions le Feu sacré, 2015

Suivies d’un échange entre Frank Smith et l’écrivain Liliane Giraudon, animé par Colette Tron [La salle des Machines, Friche Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille / Informations : 04.94.0496.23 / 04.95.04.95.95]

â–º Mercredi 10 février à 20h00 à Montevideo. Lecture de Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane de et par Frank Smith, augmentée d’une création sonore de Gilles Mardirossian (créé à Paris avec Théâtre Ouvert / Centre National des Dramaturgies contemporaines en novembre 2015). Isle de Jean Charles est une langue de terre située aux confins de la Louisiane. Cette île est la première victime d’une érosion côtière qui ronge la région depuis des siècles, décuplée par les effets des tempêtes et des ouragans qui balaient régulièrement le Golfe du Mexique. Avec elle, une communauté d’Indiens issus de trois tribus ― Biloxi, Chitamacha et Choctaw ― coule doucement. Pêcheurs de père en fils, les Indiens d’Isle de Jean Charles ont comme autre particularité de parler partiellement le français des Cajuns, descendants de Français chassés d’Acadie par les Anglais en 1755 et réfugiés en Louisiane.
On y va. On y passe, un jour…

Lecture suivie d’un échange avec Frank Smith animé par Colette Tron

Tarif : 3€ + adhésion / Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35 / Montevideo, 3 impasse Montevideo, 13006 Marseille 

Rencontre professionnelle

« Les écrits du numérique »

Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, et La Marelle, villa des auteurs à la Friche Belle de Mai à Marseille, organisent une journée de réflexion et d’échanges dans le cadre du séminaire « Les écrits du numérique », le 8 février 2016 de 10h00 à 17h00. A l‘occasion de la résidence d’écriture numérique de Matthieu Duperrex, lauréat 2016, accueilli par La Marelle, et de celle de Frank Smith, écrivain accueilli par Alphabetville pour une micro-résidence, dont les temps de présence à Marseille s’entrecroisent, se déroulera une journée de présentation et d’échanges collectifs, à partir de leur création en cours.

Programmes radiophoniques

A écouter sur radio Grenouille 88.8 FM ou sur www.radiogrenouille.com. Deux programmes réalisés par Emmanuel Moreira.

Gaza, d’ici-là, entre le plomb et la langue : entretien avec Frank Smith à propos de Gaza, d’ici-là (éditions Al Dante), accompagné d’une lecture par l’auteur.

Jeudi 4 février à 22h30 et samedi 6 février à 12h00

L’atelier du regard – Frank Smith : avec We can make rain but no one came to ask, il porte son regard sur œuvre de Walid Raad issue de la collection du FRAC PACA

Dimanche 7 février à 10h00 et mercredi 10 février à 13h30 

Alphabetville

Friche Belle de Mai

41 rue Jobin

13003 Marseille

0495049623

alphabetville@orange.fr

www.alphabetville.org

Libr-brèves

â–º On découvrira le blog prometteur d’Anne Galzi, vAriaTion, et notamment sa méditation poétique à partir de plusieurs tableaux : "Un ange passe"

â–º Du 1er au 14 février, ne manquez pas la Bébée Princess d’AnnaO : 12,5 x 12,5, 20 p. – 65 € (Numéroté 1 à 7). Livre d’artiste présenté en exclusivité à la galerie Sophie… etc !, 2 rue Gambey Paris 11.

â–º JEUDI 04 FEVRIER 2016 @ Növo Local, Bordeaux : concert autour de l’improvisation avec

 
 – L’OCELLE MARE (Fr.) https://ocellemare.bandcamp.com/
– KRAUMS NOTHO (Bx)  https://soundcloud.com/kraums-notho
– et PONTEVIA/CHIESA/NASTORG (Bx/Tlse) https://soundcloud.com/mpontevia
 
infos sur les groupes :
 

 

  16 rue Jules Guesde (Place des capucins). 20h30. 5 euros.

 

 un concert de "les potagers natures" : 
 

â–º Jeudi 4 février, 18H-22H, à L’Amour (24, rue Molière à Bagnolet) : MESSE³ ROSE. Lectures et performances de Elitza Gueorguieva – Jeanne Bathilde – Chloé Masson – Mélanie Yvon – Jérémie Buldo – Benoît Toqué – Carole Louis – Nathanaël Ruiz de Infante – Sébastien Montéro – Élodie Petit – Jeanne Moulin.
♦ musique live
♦ Évangile : Matthias Puech / Luci1.0 /Lazy Terms
♦ projection de courts métrages : Ludovic Sauvage, Ethan Assouline, Sabrina Ratté, Nuno Patricio, Joe Hamilton, Laura Gozlan, Sybil Montet, Gregory Chatonsky.

Messe³ Rose =
chôSe est un collectif d’artistes basé à Paris – c’est la base, c’est sans prétention. Mais il est mobile, amovible, rétractable. Ils sont plusieurs. Engendré sous la pluie, sa gestation, on peut parler de sa gestation, on peut dire qu’il a écumé des planchers et fissuré des fondations. Les dimanches : chôSe est endimanché. Ils organisent des messes, des messes terribles, de toutes les couleurs : Messe³, + 1 couleur, on appelle ça comme ça. La première, ça a été une messe basse, noire : Messe³ Noire, elle a eu lieu sous terre, dans les catacombes. Une messe³ c’est un événement : il s’y passe des choses : chôSe fait des choses*. À chaque messe³, on invite des gens à venir faire des choses avec nous – chôSe est mobile, amovible, rétractable, et expansible aussi. Ensuite, chôSe [en fait chôSe à la base c’est un petit nom, comme un pseudo, c’est le diminutif de Chômage & Sexualité] travaille à partir des traces de sa messe³ : ça donne autre chose . Pour la première messe, la Messe³ Noire, ça a donné Messe Noire, une publication papier. Messe peut s’écrire sans « e ». Perhaps it’s messy = Peut-être ça fait désordre. He made a mess in the mess = Il a mis le désordre au mess = à la cantine militaire, ou bien, He made a mess in the mess = il a mis la pagaille dans le désordre. En anglais, mess a aussi l’avantage de pouvoir être un verbe, comme par exemple dans la phrase You’ve messed up my beautiful carpe = Vous avez foiré ma belle carpe. Pardon, faute de frappe : my carpet. Mon beau tapis, vous l’avez souillé. Parce que to mess veut aussi dire souiller, que c’est ça que ça veut dire dans You’ve messed my beautiful carpet – puisque « foirer un tapis », dans un contexte type arts décoratifs, ça marche, mais là. Bon. Pour notre prochaine publication publique : notre prochaine messe³, on aimerait que chôSe sorte de terre, des dessous, et qu’il crève L’Amour : ce serait une Messe³ Rose.

* une chose est : une performance, une action, une installation, un poème sonore, un acte, une conférence performance, une lecture publique, un vrai-faux happening, un poème graphique, une action furtive, un poème action, un powerpoint, un event dans l’event, un reenactment, un texte transgenres, une chanson, une lecture performée, un contre event, un texte exposé, une chanson, une projection vidéo, un poème acousmatique, un geste, une installation performance, un geste, une parole en l’air – une chose est une chose est une chose on n’est pas clivés.

 

29 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, trois RV de votre première quinzaine de décembre : avec la bande au Général Instin à la Maison de la poésie Paris ; à Lyon, avec les Feux Follets, nouvelle collection des éditions Le Feu sacré ; les lectures (z)électroniques à Toulouse.

 

â–º Jeudi 3 décembre 2015 à 20H, Maison de la poésie Paris, Général Instin – Présences : réservations tél : 01 44 54 53 00, du mardi au samedi de 15h à 18h (entrée 5 euros).

Soirée festive à l’occasion de la parution de l’Anthologie Général Instin et de Climax, fiction collective, deux premiers opus d’une nouvelle collection aux éditions Othello.
Au programme : lectures, musiques et performances…

Depuis 1997, un spectre hante la littérature et se propage à d’autres arts. Son nom : Général Instin. Un projet artistique qui dessine, davantage qu’un collectif d’auteurs, une mouvance aux multiples avatars.

Avec (programme en cours) : évocations d’esprits liés au Général –
Cécile Portier, Guénaël Boutouillet, Marie de Quatrebarbes & Maël Guesdon ;
Philippe Aigrain et Rimbaud, Nicole Caligaris et Balzac, Benoît Vincent et {Spoon River} d’Edgar Lee Masters, Lucie Taïeb et {Le chasseur Gracchus} de Kafka, Sébastien Rongier et les fantômes,
et le quintête de {Climax} met en voix son écriture collective (Sereine Berlottier, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Benoît Vincent, Laurence Werner David)…
Performances de SP 38 (street-art), Laurent David (chant), MôMô Basta, la Chanson du général par Ludovic Hary, Anne Chantal Carrière et Philippe Régnier.
Compositions sonores d’Eric Caligaris.
Cartographies de Mathilde Roux.

Soirée présentée par Lucie Taïeb, Benoît Virot et Patrick Chatelier

Une soirée remue.net en partenariat avec la Maison de la Poésie de Paris et la Scène du Balcon.

http://www.lenouvelattila.fr/general-instin/
le site de Climax : http://www.generalinstin.net/

 

â–º Jeudi 3 décembre, 19H-21H, Le Bal des Ardents (17, rue Neuve à Lyon) : soirée de lancement de la nouvelle collection des éditions Le Feu Sacré : LES FEUX FOLLETS !


En présence de :
— Frank Smith (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Bartleby’ de Herman Melville)
— Frédérick Houdaer (poète et auteur du Feu Follet sur ‘Les Amours jaunes’ de Tristan Corbière)
— Alain Jugnon (philosophe et auteur du Feu Follet sur ‘Rigodon’ de Céline)
& Fabien Thévenot (Le Feu Sacré éditions)

LES FEUX FOLLETS
Nous avons demandé à l’écrivain & au poète :
Quel livre-monde vous fait courir ?
Quel roman terminal vous fait écrire ?
Quel ouvrage du passé vous semble écrit pour le présent ?
Choisissez bien ; vous n’aurez qu’une cartouche.

Les Feux Follets est une collection de courts essais critiques & élogieux, poétiques & fougueux, de ces romans souterrains qui « font monde », percent, sapent et minent les représentations, incantent au réel, s’imposent comme une condition sine qua non à la Vie.

Les FEUX FOLLETS qui seront en vente le soir du 03 décembre :
#1 — Pourquoi je lis Rigodon de L.F. Céline, par Alain Jugnon
#2 — Pourquoi je lis Bartleby de Herman Melville, par Frank Smith
#3 — Pourquoi je lis Les Amours jaunes de Tristan Corbière, par Frédérick Houdaer

à paraître fin 2016
#4 — Pourquoi je lis Bruits de fond de Don DeLillo, par Juan Francisco Ferré
#5 — Pourquoi je lis Villa Vortex de Maurice Dantec, par Aurélien Lemant
#6 — Pourquoi je lis Le Roi Lear de William Shakespeare, par Pacôme Thiellement

à paraître fin 2017
#7 — Pourquoi je lis L’Infinie comédie de David Foster Wallace, par Hadrien Laroche
#8 — Pourquoi je lis Le Feu Follet de Drieu La Rochelle, par Jérôme Leroy
#9 — Pourquoi je lis Ada ou l’Ardeur de Vladimir Nabokov, par Pierre Pigot

LES FEUX FOLLETS
Une collection dirigée par Alain Jugnon & Fabien Thévenot
et éditée par Le Feu Sacré éditions

INFOS
www.lefeusacre-editions.com | http://lefeusacre-editions.tumblr.com/ | www.facebook.com/lefeusacreeditions | https://twitter.com/letweetsacre

 

â–º Du 8 au 12 décembre, La Cave Poésie René-Gouzenne(71, rue du Taur à Toulouse) : lectures (Z)ÉLECTRONIQUES.

Le Détachement International du Muerto Coco est un collectif marseillais, qui travaille depuis 2009 sur la poésie contemporaine et ses extensions sonores/vocale/électroniques.

Chaque LECTURE [Z]ÉLECTRONIQUE = un thème différent = de la poésie contemporaine

+ de la poésie sonore

+ des jouets électroniques pour adultes (= micros + enceintes + sampler + table de mixage)

+ des jouets électroniques pour enfants ( = jouets électroniques pour enfants)

————————–————
# Mardi 8 décembre // 19h30
–> LECTURE dans le cadre des Rugissants en partenariat avec les éditions toulousaines Le Grand Os

# Mercredi 9 décembre // 20h45
–> LECTURES [Z]ANIMALES ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES POLITIQUES[Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SEXUELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Jeudi 10 décembre // 19h30
–> LECTURES [Z]URBAINES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES [Z]INTERNATIONALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES SUPER-HÉROÏQUES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Vendredi 11 décembre // 20h45
–> LECTURES INSURRECTIONNELLES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES FAMILIALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES
–> LECTURES MÉDICALES [Z]ET ÉLECTRONIQUES

# Samedi 12 décembre // 19h
–> INTÉGRALE DES 9 LECTURES

27 septembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, tout d’abord un petit coup d’œil sur le dernier manifeste en date de ce jour ; ensuite, nos Libr-événements : revue Muscle à Marseille, F. Smith à KHIASMA, J. Blaine à La Ciotat, M. Larnaudie à Paris XIII et le 25e salon de la revue.

 

UNE : Des intellectuels aujourd’hui… /FT/

En ce jour paraît dans Le Monde daté du 27-28 septembre un "Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique" – rien que cela ! -, signé par Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis : dans un monde chaotique et obscurantiste qui fait taire les intellectuels ou qui ne les écoute plus, que reste-t-il ? Un fantasme-intellectuel de naintellectuels… Grotesque.

Avant toute manœuvre, ne faut-il pas faire œuvre ? Et si l’on veut œuvrer efficacement dans un univers complexe, ne faut-il pas sans cesse créer de nouvelles conditions de possibilité de l’action collective ? (Sur la notion d’"intellectuel critique" et d’"intellectuel collectif", qu’on me permette de renvoyer à mon long travail qui prend comme point de départ l’opposition Sartre/Bourdieu).

 

Libr-événements

â–º La revue Muscle à Marseille le mercredi 30/09 à 19H : le lancement de ce numéro 6 aura lieu à la médiathèque sonore/fanzinothèque Data (44, rue des Bons Enfants 13006).

Une soirée en cinq temps, avec des lectures et des vidéos :

– Présentation du sixième numéro de la Revue Muscle

– Lecture de poésie sonore par Yuhang Li

– Diffusion d’une lecture vidéo de Simon Allonneau

– Diffusion d’un entretien vidéo avec Tao Lin, réalisé par Bookalicious

– Lecture du texte de Christophe Manon publié dans la Revue Muscle, et lecture d’extraits de Extrême et lumineux de Christophe Manon (bientôt sur LC !), par Arno Calleja et Laura Vazquez.

 

â–º Un événement à KHIASMA le vendredi 2 octobre à 20H30, Frank Smith explore les modes de fabrication d’une « langue démocratique ». D’abord, lire et relire certains des documents produits par cette langue. Ensuite, noter que le concept de « langue démocratique » renvoie à ce droit pour chacun de prendre la parole : une polyphonie de foule catalysée en « chœurs politiques ».

Entrée libre / réservation : resa@khiasma.net

Plus d’informations : http://www.khiasma.net/rdv/choeurs-politiques/

 

â–º Samedi 3 octobre à la Boutique, 19H (8, rue des Frères Blanchard à La Ciotat) : Julien Blaine, "Quelques déclar’a©tions récentes et autres résidus".

â–º Mardi 6 octobre, de 12H à 15H à l’Université Paris XIII-Villetaneuse (99, av. JB. Clément) : rencontre avec Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède (Actes Sud), roman critique sur le star system made in USA – dont nous rendrons compte très bientôt.

â–º On ne manquera pas le 25e Salon de la revue, du vendredi 9 au dimanche 11 octobre à 19H30 : voir le programme détaillé.

29 mars 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars, en UNE, "Quid novi sub sole ?" : une réflexion de circonstance qui cligne aussi du côté de l’actualité poétique et philosophique. Et vos Libr-brèves : RV à Marseille autour du n° 41 de la revue IF ; à l’espace KHIASMA avec Jacques-Henri Michot ; à Paris avec Christian Prigent / B. Fern et T. Garnier ; Cécile Wajsbrot.

 

UNE : Quid novi sub sole ? /FT/

Dimanche 29 mars 2015, date anhistorique, pas même hystérique : morne résignation après énièmes désillusions, nihil novi sub sole – en ce temps où l’on annihile le nouveau, ni île ni vie sous le soleil (pour le dire à la façon des craductions de Le Pillouër, Prigent et bonus circulus)…

Sans recours disent les fanfarons médiamondyalisés : sans maestria, on joue un nouvel acte de cette « pièce dont le titre est "La démocratie imaginaire" » (Alain Badiou, À la recherche du réel perdu, Fayard, 2015)… Bien jouée : bien joués ! Le réel perdu, on phagocyte la litanie dominante : … faut-être-réaliste… la-crise… Toujours-Plus : d’économies, de coupes budgétaires, de rendements, de marges arrière, d’optimisations fiscales, de stock options, de dividendes et de prébendes… Toujours moins : d’économie, d’autonomie, de services, de Liberté-Égalité-Fraternité… Toujours-Plus : jusqu’où ? Jusqu’à l’Humoins !

Notre histoire est désormais pleine de trous : trou d’ozone, trou de la sécu, trou dans les Phynances, trou dans les recettes fiscales… C’est ici que résonne ce passage extrait du dernier essai de Christian Prigent : "le trou est aussi un trou dans les têtes, vidées de grands programmes politiques, décapées du dedans de toute assurance idéologique. Et les têtes vidées, on le sait, veulent du plein, du plomb. Reste à espérer que ce plomb ne soit pas celui de toutes les crispations meurtrières, de toutes les violences désespérées de rester sans langue dans l’effondrement des croyances, de toutes les rancœurs des laissés-pour-compte de l’euphorie consumériste" (Berlin sera peut-être un jour, La Ville brûle, 2015)… Ce plomb, hélas, renforce encore la dépendance des pseudo-citoyens en attisant leurs peurs irrationnelles : le danger viendrait des "immigrés clandestins" venant "envahir" le territoire… lequel est menacé, certes, mais par les puissances du Marché globalisé.

Trop peu voient la nouvelle "bête immonde", cette pieuvre-caméléon qui conditionne et recycle nos vies mêmes : elle vit de votre travail, de votre chômage, de votre consommation, de votre santé comme de vos maladies, de la famine, de vos dettes… Tel est le nouveau nom de la domination : dette. Celle que les états néolibéraux fabriquent pour nous ligoter et nous culpabiliser (cf. M. Lazzarato, La Fabrique de la dette, éd. Amsterdam, 2011), tout en enrichissant toujours plus les nouvelles idoles, les Marchés, et par là même assurant le triomphe de la cupidité (Joseph E. Stiglitz).

Comme en 1914 et dans les années trente, les puissances financière et économique ont opté pour des pouvoirs forts afin de maintenir en respiration artificielle un capitalisme dont il faut bien décréter l’état de mort systémique. Et ce qui est l’une des rares certitudes : pas plus que l’UMPS les Effrontés nationalistes ne résoudront la-crise. Ce qu’ils apporteront en plus : le triomphe terrorisque !

Ainsi, avec Sartre, et n’en déplaise aux Belles-Âmes chrétiennes/socio-démocrates, est-il temps de tonner à nouveau : "Élections, pièges à cons !" La sérialisation favorisant les régressives pratiques du bouc-émissaire, ce n’est ni par le vote, ni par les voies politiques orthodoxes qu’adviendra le moindre changement, mais par l’invention de nouvelles formes d’action, que devront mener à bien des groupes en fusion d’un nouveau genre. Sous peine de mort cérébro-démocratique.

 

Libr-brèves

â–º Mercredi 1er avril 2015, de 19H30 à minuit, Les Mercredis Montévidéo : Lectures – Focus sur les écritures de montage – en écho à la parution du n°41 de la revue IF

PROGRAMME DE LA SOIRÉE :

TOUT AU LONG DE LA SOIRÉE – DÉCOUVERTE DU DERNIER NUMÉRO DE LA REVUE IF
Au sommaire du numéro 41 : Sylvain Courtoux, Ludovic Debeurme, John Deneuve, Rodrigo Garcia, Virginie Lalucq, Olivier Metzger, Pedro Morais, Emmanuel Rabu, Frank Smith.

20:00 – LECTURES DE SYLVAIN COURTOUX, VIRGINIE LALUCQ & EMMANUEL RABU

21:00 – DÉGUSTATION D’ANIS CRISTAL (partenaire de la revue) & AMBIANCE MUSICALE

INFOS PRATIQUES

Entrée Libre (+ adhésion) : Montévidéo, 3 impasse Montévidéo à Marseille.
Renseignements au +33 (0)4 91 37 97 35
Ouverture du bar et cuisine bistro à partir de 19:30.

â–º Jeudi 9 avril à 20H30, le festival Hors limites s’associe à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales (France) pour accueillir l’une des cartes blanches ponctuant la résidence d’écriture de Frank Smith. Marqué, comme beaucoup d’autres, par la parution d’Un ABC de la barbarie de Jacques-Henri Michot, celui-ci a donc convié son auteur à en proposer une lecture, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage aux éditions Editions Al Dante.
  ;
Cartographie des lieux communs émaillant le langage journalistique, miscellanées rassemblant les paroles de ceux qui, artistes et écrivains, rechargent au contraire la langue en capacités à dire le monde, récit d’une écriture et des tribulations d’un manuscrit s’inscrivant dans la grande tradition romanesque du Quichotte ; la richesse et la portée critique de ce texte en ont fait outil essentiel pour qui veut résister à l’impact propagandiste des médias sur notre façon de nous formuler le réel.

En écho manifeste avec cette idée d’une « langue démocratique » développée par Frank Smith dans "Chœurs politiques, poème dramatique pour voix", l’échange qui suivra s’annonce donc nourri d’aperçus passionnants sur le « bon usage » (politique) de la faculté de parole !

Entrée libre à KHIASMA (15, rue Chassagnolle 93260 Les Lilas).

â–º Lundi 13 Avril 2015 à 19H, Maison de la Poésie Paris : PAGES ROSSES : craductions
Rencontre avec Bruno Fern, Typhaine Garnier & Christian Prigent pour leurs irrésistibles craductions (néologisme de Pierre Le Pillouër) : n’en déplaise au Cercle des Universitaires Latinistes (C.U.L.), il s’agit rien moins que de subvertir les trop sages citations des pages roses du Larousse en faisant déraper la langue ; s’ouvrent alors de jouissifs abîmes – dans le même temps que les arcanes de la fiction… Quelques exemples : "Si vales valeo / Si tu avales, moi aussi" ; "Persona non grata / Plus personne à gratter" ; "Coram populo / Coran pour les nuls" ; "Cepi maxima imperia / L’empereur porte très bien le képi"…
Avec la participation de Jean-Pierre Verheggen & de la comédienne Vanda Benes.

PAGES ROSSES : craductions, Les Impressions Nouvelles, à paraitre en avril 2015, 96 pages, 9 €, 978-2-87449-246-4.

 

â–º Jeudi 16 avril à 20H, voyez Berlin de toutes les couleurs avec Christian Prigent et Cécile Wajsbrot ! Et saluons le lancement de la collection "Rue des lignes" aux éditions La Ville brûle.

 

 

15 février 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, en UNE, le livre de la semaine : Sunny girls de Sandra Moussempès (première présentation, avant les chroniques d’Emmanuèle Jawad et de François Crosnier). Suivent 5 Libr-brèves : Hors-sol, La Vie manifeste, Le Matricule des Anges, 16e Marché de la poésie de Bordeaux, Serge Ritman.

 

Le livre de la semaine /FT/

Sandra Moussempès, Sunny girls, Flammarion, en librairie depuis le 11 février 2015, 216 pages, 17 €, ISBN : 978-2-0813-4191-3.

"Le trop est-il l’ennemi du poème" (p. 21).

"Les poétesses qui misent sur le banal
ne roulent pas en mobylette malgré les apparences" (147).

Elles ont peu à voir avec les Filles du feu nervaliennes, ces sunny girls : fauconnette et nymphettes, filles boulimiques ou mythiques, "Ève gnangnan", princesses et "Reines du doute", no life et fucking bitch… Sous les auspices de la trilogie Cassandre-Salomé-Messaline, la poétesse nous dévoile son musée mental.

Le trop n’étant pas l’ennemi du poème, Sandra Moussempès procède à l’agencement par heccéité de matériaux et modes d’écritures des plus hétérogènes : images et visions, photos, scripts, notations diverses, éléments autobiographiques, dialogues, aphorismes, dispositifs, hypothèses…

D’où vient la puissance hypnotique de ces Sunny girls ? Des subtils va-et-vient entre vécu et représentations, des juxtapositions d’affects et de percepts… D’un télescopage isotopique incongru comme celui-ci : "les consolations mathématiques sont prouvées sauf si le son est coupé dès la première séance gênant alors l’angle d’hypnose" (30)… Dans cet autre extrait, l’inventaire à la Prévert débouche sur autre chose :

"Un cerveau
Un œuf
Un insecte
Un employé de banque

Des êtres humains sous forme de tubes de dentifrice évidés s’acharnent sur un dispositif récalcitrant

Photographie infiltrée de liquide
Pure lumière, pure surface" (73).

Pour le dire à la façon de Deleuze, nous sommes en présence de pures affections sensibles ; les visions se développent dans toute leur densité intensive. Oscillant entre réel et virtuel, l’image-cristal est précisément celle qui est pure contraction dans le temps :

"Souvent la maison était fermée
Pour cause de lien sans extension
Le panneau À VENDRE faisait partie d’une dynastie
Mais n’expliquait ni le léger vertige ni la mélodie entendue au loin" (95).

 

Libr-brèves

â–º Saluons la ligne offensive que, depuis 2010, suit Hors-sol, dont les bases se situent dans la métropole lilloise : "il proposera une critique du capitalisme présent, dont la technologie est plus que jamais la condition de son expansion : d’abord pour survivre à ses propres méfaits, ensuite pour renouveler ses marchandises et rationaliser ses procédés. Nous n’avons ni programme ni propositions réconfortantes. À l’abri de la (contre) expertise, Hors-sol sera fait d’enquêtes, de reportages, de rencontres et de tout ce que nous jugerons utile pour mettre un premier coup d’arrêt au Progrès. Critiquer la vieille industrie comme la nouvelle, voici la tâche que nous nous donnons avec ce journal" (parmi les derniers posts : "Autour du transhumanisme").

â–º Parmi les nouveautés de La Vie manifeste : entretien entre Frank Smith, Sébastien Zaegel et Jean-Philippe Cazier (rubrique "Littératures" ; Atelier du regard #2 – Jacques Monory / Nathalie Quintane…

â–º Le Matricule des Anges, Montpellier, février 2015, n° 160, dossier "Viton / Giraudon : poésie export", 52 pages, 6 €.

Trajectoires croisées du duo : l’un – de Terminal (1981) à Ça recommence (2014) – circonscrit son aventure dans la poésie, l’autre – de Têtes ravagées (1978) au Garçon cousu (2014) – s’aventure dans un no man’s land entre vers et prose ; mais tous deux pratiquent une littérature de combat, notamment dans leurs intenses activités de revuistes (Action poétique, Banana Split, If)… On lira aussi les chroniques sur Prigent (Thierry Guichard, "Continuer à merdrer") ou Claude Louis-Combet (Richard Blin, "De lumière et de nuit"), l’entretien de Dominique Aussenac avec Valério Magrelli…

â–º Du 2 au 15 mars 2015, 16e Marché de la poésie de Bordeaux : au programme, "l’insurrection poétique", mais aussi Charnet, Dubost, Massé, Velter…

â–º Le mercredi 11 mars 2015 à 19 heures, performance-lecture-dédicace-verre (voir l’image en arrière-plan) :

s e r g e  r i t m a n
t u p a r s, j e v a c i l l e

un livre aux éditions Tarabuste

à la librairie-galerie
des éditeurs associés
10 rue Tournefort 75005 Paris
accès métro 7 (Place Monge) métro 10 (Cardinal Lemoine)
RER B (Luxembourg)

8 février 2015

[News] News du dimanche

 En ce deuxième dimanche de février, UNE sur l’un des livres les plus remarquables de ces derniers mois : Surplis de Frank Smith. Suivent nos Libr-brèves (Alphabetville, Didier Calléja, poésie et traduction…).

 

UNE /FT/

â–º  Frank Smith, Surplis, Argol, novembre 2014, 20 €, ISBN : 978-2-37069-006-7.

Avec ces mouvements de pensée-à-toi qui nécessitent le vide, la vie n’est pas tant dans les plis individuants ou les déplis objectivants que dans les surplis : les courts-circuits de l’intentionalité, les agencements spatio-temporels d’éléments sensibles, les compositions de rapports, les télescopages d’affects et de percepts, les superpositions de matériaux en devenir…

Au lecteur de composer avec ce "livre-plateau portatif", qui doit sa réussite à l’inventivité de l’auteur et, pour la mise en page, à la virtuosité de Julie Palat.

 

Libr-brèves

â–º Spécial Alphabetville
 
* Ressources en ligne

– Jean-Christophe Bailly

Dans le cadre des micro-résidences d’Alphabetville en collaboration avec le cipM, la Friche Belle de Mai et les Bancs publics (octobre 2014)
Entretien avec Emmanuel Moreira sur Radio Grenouille
Ecouter le podcast

 
– Bernard Stiegler

Dans le cadre du programme « Vers un art de l’hypercontrôle »
Conférence organisée par Alphabetville et l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence (décembre 2014)
Voir la vidéo
 
Dans le cadre du programme « Creative disturbance » développé par Leonardo
Entretien entre Bernard Stiegler, Roger Malina, Colette Tron
Ecouter les podcasts 
 
 
* A paraître
 
Textes inédits dans le prochain numéro de la revue MCD, « Art et politique », mars 2015
. Ars et inventions organologiques dans les sociétés de l’hypercontrôle, par Bernard Stiegler
. Armes et arts de la révolution, de l’électronique au numérique, par Colette Tron
. #OSJUBA, l’urbanisme ouvert dans la transformation post-conflit, par Stephen Kovats
 
 
Adhésion
 
Les activités et ressources d’Alphabetville sont en accès libre.
Pour soutenir l’association, vous pouvez adhérer grâce au formulaire à télécharger sur le site.
 
Alphabetville, Friche Belle de Mai, 41 rue Jobin 13003 Marseille 0495049623 ; alphabetville@orange.fr / www.alphabetville.org

 

â–º "Principe d’incertitude" : Improvisation Benoist BOUVOT (guitare) Didier CALLEJA /Didika Koeurspurs( texts objets sons) à la Machinante de Montreuil/ Re-mastering : Black SIFICHI + Improvisation avec les spect-acteurs et poète du festival poésie "gratte Monde" avec Carlos LAFORET.

â–º Vendredi 20 février 2015 à 20H00, La Lucarne des écrivains (115, rue de l’Ourcq 75019 Paris) : poésie et traduction, avec Isabelle Macor et François Rannou.

16 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec le printemps qui arrive cette semaine, c’est le moment de tapiner et de foutre le BoXon avec Julien d’Abrigeon – surtout si comme lui vous pensez que la littérature a existé avant et existera après le livre. Après notre Libr-Net, place aux deux Libr-événements majeurs : le RV Electrochocs et le festival Poema.

 

Libr-Net : le nouveau tapin est arrivé !

Julien d’Abrigeon nous fait savoir qu’il "ne sera pas au salon du livre. Sera dehors. Au salon hors du livre. En extérieur. Ou du moins, pas dans le salon. Dans le couloir du livre, à la cuisine du livre, ou, plus vraisemblablement, aux chiottes. Aux chiottes du livre. Ou dans le jardin du livre. Ou sur la route du livre. Bref. Pas dans le salon en tout cas, j’ai pas de patins. Juste un tapin deux, hors du livre. Sur les autoroutes de l’information du livre. Une voie rapide du livre. Ou un truc dans le genre du livre"…

Et le lancement de ce tapin2 est un véritable événement : Totalementotale Action Poésiepoetrypoesia Internationalementinadmissible et Nouvellenappe v.2.0

Pensez donc, vous y retrouverez – mais plus vraisemblablement compléterez votre collection – la totale de la déjà mémorable revue BoXon (28 numéros et deux CD compris)… Déjà 71 auteurs en ligne qui poétapinent : de D’Abrigeon à Weiter, en passant par Agostini, Blaine, Bobillot, Boute, Braichet, Bret, Cabut, Chaton, Courtoux, Espitallier, Fontana, Hassomeris, Heidsieck, Justamante, Limongi, Manon, Pennequin, Prigent, Quintane, Rabu, Richard (Mathias), Tarkos, Tholomé, Torlini, Vassiliou, Vazquez…

 

Libr-événements

â–º Electrochocs / concert acousmatique / performance sonore : mardi 18 mars 2014 à 19H, Cité de la musique à Marseille (4, rue Bernard du Bois).

* Pauline Parneix
Mirage – 3′ (extrait)
Entre l’illusion et la réalité, il y a un mirage.

* Adeline Debatisse
Monophonisme en E – 3’00
Contrainte de l’OULIPO, un monovocalisme est un lipogramme d’où sont bannies toutes les voyelles, sauf une. Et si on s’intéressait aux sons qui font E ?
EUH ?!? ( …)

* Delphine Fouquou
COSMOS – Etoiles Mortes – 3’00
Si elles ne s’effondrent pas sur elles-mêmes, c’est parce qu’elles sont chaudes.

* Nicolas Lebar
Étude aux mouvements – 3’00
L’auditeur est entouré de choses variées qui passent autour de lui.

* Jérémie Bourgeois
Tromploreï – 3’33
Et c’est demi-rage son or, il eut Zionzo’ dit Yves Fata Morgana…

* Jérémie dessertine
Duvaldor – 6’30
"L’immersion dans le sommeil, c’est le moment où le sur-moi, le douanier dort. C’est ce douanier qui fait le tri dans la zone subconsciente entre ce qui peut affleurer à la conscience et ce qui, trop chargé d’affect, trop douloureux, trop immoral, ne peut franchir ces filets. Le sommeil est la meilleure hypnose, tous les souvenirs émergent tels des chevaux sauvages, jusqu’aux souvenirs archaïques de la petite enfance.
Je trouve que les sons se prêtent bien à ce sentiment de "conscience libre". Voici la cartographie d’une conscience, libre à vous d’y cheminer à votre gré.
J’assume et ajoute que toute œuvre porte le poids de sa propre psychanalyse, on n’y échappe pas !"

* François Wong
En attendant la guerre – 6′
J’attends. Une guitare à la main.
Autour du poème "La grande guerre" de Nicolas Bouvier.

* Pauline Gervais
À quoi tu joues ? – 3′
Le dé dans la main droite, les cartes dans la main gauche… et la mécanique du jeu se met en place.

* Laura Vazquez
Minute – 2’00
Autour du silence.

* Sand, Terra incognita (vidéo sonore) – 4’16
"Qu’est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l’existence des corps dans l’espace , et à leur mouvement. Mais n’y aurait-il point de temps s’il n’y avait pas de mouvement? Point de mouvement s’il n’y avait pas de temps? (…) Le temps est-il fonction de l’espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l’un à l’autre? (…) Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. "A présent" n’est pas "autrefois", "ici" n’est pas "là-bas", car entre les deux il y a mouvement. Mais comme le mouvement par lequel on mesure le temps est circulaire, refermé sur lui-même, c’est un mouvement et un changement qui l’on pourrait aussi bien qualifier de repos et d’immobilité; car l’"alors" se répète sans cesse dans l’"à présent", le "là-bas" dans l’ "ici"." (Extrait tiré du roman La montagne magique de Thomas Mann).

* Laurence Grobet
Chimes – 7′
Inspirée par le bazar des sons estampillés Nature et Découverte, j’ai choisi d’entrer dans la danse en jouant avec les résonances hypnotiques d’un carillon pour ouvrir dans un deuxième temps un espace méditatif d’un genre nouveau qui pourrait s’intituler Fake Fengshui Music.

* Jean-Henry Ferrasse
Extrait la porte close – 2’05
Si vous entrez, n’abandonnez pas toute espérance.

* Laure Latronche
De l’eau sous les ponts – 4’30
Avec la participation de Laurence Grobet, in et out.
Depuis la nuit des temps l’Homme n’a cessé de s’interroger sur son devenir.
La parole des Femmes aujourd’hui forme une matière intense.
L’eau n’a pas finit de couler sous les ponts.
Je travaille depuis quelques années sur la manière dont la voix, les mots, le langage humain peuvent faire alliance avec des sons fabriqués par la magie de l’abstraction électroacoustique.
Dans le langage humain, je m’intéresse à ce qui se loge en creux, dans les suspends, les tics de langage et la manière dont l’esprit, la pensée joue au prestidigitateur entre deux jaillissements de mots. En amputant le discours de son contenu sémantique, subsiste le résidu de langage qui devient la matière même de cette composition sonore. Je provoque ainsi des déviations auditives vers les non-lieux du discours, que je télescope avec des montages hybrides, des chimères sonores et quelques nappes en circonvolution qui sont autant de chemins se perdant dans la nature infinie de la pensée humaine. La voix des femmes est à mes yeux aujourd’hui essentielle dans le jaillissement d’une liberté de parole acquise depuis peu. Les profondes amputations que je fais subir à cette voix de femme, m’évertuant vainement à la rendre anecdotique, n’en révèlent que la force profonde posée sur le chaos du monde.
Laurence Grobet, comédienne et personnage principal de cette pièce, intervient parfois en direct et au milieu du public lors de la diffusion.

* Clara de Asís
Pêche de nuit – 4’00
Introduction.
En cours de composition.

* Gérard Ninauve
À la manière de "François Bayle: Jeîta" – 2’48

* Jeîta, ou murmure des eaux
L’oeuvre originale de François Bayle est inspirée des grottes de Jeîta, près de Beyrouth (Liban). Lors du concert inaugural pour l’ouverture des grottes au public, le 11 janvier 1969, fut joué Nadir, première version de Jeîta, pour ensemble et bandes.
Jeîta, ou murmure des eaux, est une suite concrète composée pour le disque, à partir de sons naturels de la grotte.
A la manière de "F. Bayle: Jeita" est un essai didactique de reproduire l’œuvre à partir de son étude, un peu comme font les peintres en recopiant les tableaux des grands maîtres.

* Laure Latronche
Marge – 03’00
Cette pièce est une extension vocale sur partition graphique de la pièce électroacoustique "De l’eau sous les ponts".

* Clara de Asís et Laura Vazquez
Maintenant le chevalier (Guitare préparée et voix) – 7’00
Maintenant le chevalier est une lecture performée avec guitare préparée, qui naît de la volonté d’exploration du processus d’écriture compositionnelle de deux champs connexes : la création textuelle et la création sonore. À partir de l’idée de variation de la langue dans l’acte de performation poétique en interaction avec les sonorités plurielles de la guitare préparée, nous interpréterons cette pièce dans la totale interdépendance des supports acoustiques et phoniques. Considérant les substrats de la langue poétique sonore : le souffle, l’intensité du son de la voix, les rythmiques phonatoires, etc., comme autant d’éléments sémantiques intégrables et nécessaires à la création sonore.

 

â–º POEMA-festival réunit comme partenaires : le CCAM – Scène Nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy, l’Université de Lorraine et la librairie L’Autre Rive à Nancy.

Jeudi 27 mars :
Librairie L’Autre Rive, Nancy
18h30 / Lecture de Dominique Maurizi et de Marie Huot
à l’invitation des éditions Isolato

Vendredi 28 mars :
Faculté de lettres de Nancy
14h30 / Table ronde "Existe-t-il une poésie de plateau ?", organisée en partenariat avec l’Université de Lorraine.
Il semble acquis, pour le monde du théâtre contemporain et de la presse culturelle, qu’il existe une catégorie de spectacles que l’on peut qualifier de « poétiques ». Qu’est-ce au juste que ce « poétique » ? Un raccourci commode ? Une véritable catégorie esthétique ? La manifestation d’un usage particulier des signes scéniques, que l’on pourrait nommer « poésie de plateau » ?

Animée par : Yannick Hoffert et Florence Fix
Intervenants : Marie-Noëlle Brun – metteur en scène…, Estelle Charles – metteur en scène, Aurore Gruel – danseuse et chorégraphe, Fred Parison – plasticien et scénographe, Valérie Suss et, journaliste

CCAM – sc ène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy
19h / Lecture de Charles Pennequin
20h30 / Fo Biné de Jean Dubuffet
compagnie Le Théâtre 27

Samedi 29 mars :

11h / Lecture de Sébastien Lespinasse suivie d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Poésie en questions"
Cette rencontre vise à déchiffrer le paysage de la poésie contemporaine, à ouvrir des pistes et tracer des lignes d’horizons propres à témoigner de l’éclectisme des pratiques et des formes poétiques actuelles.

Animée par : Frank Smith, écrivain et producteur d’émissions radiophoniques

Intervenants :
Claude Ber, poète et dramaturge
Jean-Pierre Bobillot, poète et maître de conférences à l’Université de Grenoble
Christian Prigent, poète, romancier et critique littéraire

16h30 / Lecture de Anne Kawala
suivie de la commande POEMA à Aurore Gruel, Amandine Truffy et Emilie Weber
18h30 / Lecture de Frank Smith
20h30 / Lecture à deux voix de Christian Prigent et Vanda Benes suivie de la commande POEMA à Loris Binot et Denis Jousselin
22h30 / Lecture-performance de Sebastian Dicenaire

Dimanche 30 mars :

11h / Lecture performée de Lucien Suel et lecture de Bernard Noël, suivies d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Diffuser la poésie aujourd’hui"
De l’édition traditionnelle à la publication en revue, de la médiation à l’événement culturel, de la poésie écrite à la poésie performée, quelles sont aujourd’hui les voies offertes à la poésie pour exister, accéder à la visibilité et aller à la rencontre du public ?

Animée par : Anne Cousseau, maître de conférences à l’Université de Lorraine

Intervenants :
Magali Brazil, directrice de la Maison de la Poésie de Nantes
Yves di Manno, poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion
Frédéric Jaffrennou, éditeur (éditions Isolato) et libraire
Jean-François mani er, éditeur (Cheyne éditeur), ainsi qu’un représentant du C.N.L. (Centre National du Livre)
17h / Lecture de Cécile Mainardi
suivie de la commande POEMA à Jean-Philippe Gross , Romain Henry et Lætitia Pitz
Entrée libre pour la librairie L’Autre Rive

Du 28 au 30 mars au CCAM : pass week-end 3 jours : 30€ tarif plein / 20€ tarif réduit ou, chaque jour, entrée payante à partir de 16h30 / de 4 à 13€.

20 avril 2013

[Livres] Libr-kaléidoscope de printemps

Voici de quoi attendre la reprise de fin avril : Jean-Claude PINSON, Poéthique (Champ Vallon) ; Frank SMITH, États de faits (éditions de l’Attente) et Gaza, d’ici-là (Al dante) ; Jérôme BERTIN, Pute (Al dante).

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10 mars 2013

[News] News du dimanche

Puisque le Salon du livre de Paris met à l’honneur la création éditoriale française, commençons par un spécial éditions de l’Attente. On se concentrera ensuite sur d’importants Libr-événements : PAN! po&phi à Limoges, Bernard Desportes sur France Culture, Marc Perrin en tournée pour son Spinoza in China…

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12 avril 2009

[News] News du Dimanche

Cette semaine, un hommage à Henri Meschonnic, nos Libr-brèves… à découvrir, si ce n’est déjà fait : Viva Democratie, le blog de la résidence d’Éric Arlix et de Jean-Charles Massera (le dernier bulletin qui a été publié, et que nous sommes un certain nombre à recevoir, date de mars 2009). Livres reçus : Frank Smith, Clément Ribes, la revue Contre-Attaques et le CD-audio Crunchy Crunch, 4ème opus de Fractal Musik.

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