Libr-critique

16 octobre 2015

[Chronique] Amandine André, Quelque chose, par Emmanuèle Jawad

Amandine André, Quelque chose, Al dante, Marseille, 2015, 30 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-749-8.

 

Dans un texte giratoire procédant par agencements répétitifs, Quelque chose travaille remarquablement l’étirement du texte dans l’épuisement conjoint de la langue litanique et du corps désirant.

Le titre reprend un segment lancinant du texte, noyau central saisi comme axe de rotation sur lequel s’appuie le texte dans ses déroulements et ses mouvements de spirales, boucles à partir desquelles se constituent les agencements de propositions par décalages et glissements. Dans une langue simple et un lexique pouvant emprunter à un registre familier, les préoccupations formelles se portent sur le développement d’un texte dense dans le flux des mouvements syntaxiques et l’expérience du désir.

Le travail formel se construit dans la mise en circulation de motifs, production de boucles réitérées où l’articulation des segments, déjouée par l’absence de ponctuation, repose sur les nombreuses conjonctions de coordination et la formule impersonnelle (« il y a quelque chose »), leitmotiv coordonnant les énoncés dans la poursuite du texte. La répétition s’effectue dans le redoublement immédiat d’un segment ou dans une proposition redoublée mais inversée symétriquement, (« il y a quelque chose dans ton corps dans ton corps quelque chose », « dans ton corps » faisant alors axe de symétrie). L’avancement dans le texte, sa progression, par réitérations et modifications introduites sur celles-ci, s’établit par la production d’une abondance de subordonnées et de pronoms (première et deuxième personne du singulier) dans des phrases enroulées travaillant inlassablement le rythme.

Dans des propositions de lectures possibles, Quelque chose met en situation des corps multipliant les hypothèses identitaires et les relations interprétatives : un corps d’homme (à la fin du texte, « ton corps semblait s’apprêter pour les femmes de nuit »), un autre corps de femme probablement (s’appropriant toutefois également par contamination de genre certains attributs masculins) ou un homme, un corps d’homme évoqué notamment à la « manière de jeune fille » (« quand je pense que ta manière de jeune fille a cédé à ma bouche », p.17), une singularité qui participe à la force du texte et qui traverse ainsi remarquablement les sexualités. Dans des glissements d’appartenance corporelle ou des effets de contamination, les parties du corps (visage, peau, bras, jambe, nuque, mâchoire, reins, sexe, poumons, dos, ventre, etc.) basculent d’un corps vers l’autre le rejoignant (de « ton bassin » à « mon bassin », « tes reins »/ « mes reins », « mes poumons » / « les tiens ») et ce, conjointement à un flux de glissements phoniques (« que tu m’abaisses »/ tu abuses »/ que tu m’uses ») .

L’écriture en mouvement, dans une vitesse accrue, produit variations et procédures d’accumulation dans la constitution de la matière verbale. La dimension performative inhérente au texte croise ainsi l’oralité qui le traverse dans un développement rythmique et vertigineux.

7 août 2015

[Livres – news] Libr-vacance (2)

Après une Spéciale Libr-vacance, notre Libr-sélection (Bergen, Verheggen, G. Mar, Guesdon, Parlant, Gare Maritime 2015)… De quoi attendre fin août la reprise de Libr-critique. (Vous pouvez également remonter les pages LC et vous servir du moteur de recherche en haut à droite : vous attendent près de 2000 posts !).

 

Spéciale Libr-vacance

â–º Marie-Christine Masset (poète, membre du conseil de rédaction de la revue Phoenix cahiers littéraires internationaux ; collaboratrice de Libr-critique) :

♦ Du 2 au 5 juillet a participé à la deuxième édition du Festival C’Mouvoir dans le Cantal. A découvert avec bonheur le poète Antoine Mouton et écouté Raphaël Monticelli. Est en train de travailler à la traduction d’un recueil de poésie aborigène.

Lectures Libr-juillet :
Osiris 80, Contemporary Poetry/ Poésie Contemporaine (106 Meadow Lane Greenfield Massachusetts 01301 USA)
Estuaire, numéro 161 (Outremont Québec)
Contre-Allées, 35/36
Les Cahiers du Sens, n°25 : Le Feu
Ce qui est écrit change à chaque instant, anthologie quarante ans de poésie, Le Castor Astral
Elise Turcotte, Dark Menagerie, Guernica Editions
Tim Winton, Eyrie
Antoine Mouton : Les Chevals morts, Les Effarées
Raphaël Monticelli : Les mers intérieures, Motus

Relectures prévues :
William Faulkner, Lumière d’Août, Folio
Angèle Paoli : Les Feuillets de la Minotaure, Editions de Corlevour/Revue Terres de Femmes
Tim Winton : Cloudstreet, Pinguin Books

â–º Corinne Lovera Vitali, poète qui participe ponctuellement à LC (prochaine contribution : "Monsieur Rabbit"), va publier à la rentrée : Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée ; "Apnée" aux éditions Contre-Mur.

 

Libr-sélection /FT/

â–º Véronique BERGEN, Le Cri de la poupée, Al dante, Marseille, été 2015, 248 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-742-9.

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash de 2013 consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971) – l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque" – et la biofiction portant justement sur MM (Marylin. Naissance, année zéro, 2014), toutes deux parues chez Al dante, voici une tout aussi sidérante anti-narration, au centre de laquelle gît la femme-marionnette Unica Zürn, artiste et écrivaine allemande (1916-1970) qui s’est défenestrée après un destin tragique fait de "résidus de fragmentations atomiques".

Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre" (Edie). C’est ici à travers le regard d’entomologiste de sa rivale Christa (anagramme de "Trichas"), qui fut également la maîtresse de Hans Bellmer, que, à coups de mots-torpilles et de bégaiements syntaxiques – caractéristiques de l’écriture-crachat -, prennent vie les schizogrammes de celle qui n’a pu "ni vivre ni mourir sans bourreau".

Après ce troisième volume de la série, nul doute que Véronique Bergen fait déjà partie des voix actuelles les plus singulières.

 

â–º Jean-Pierre VERHEGGEN, Ça n’langage que moi, Gallimard, printemps 2015, 128 pages, 13,90 €, ISBN : 978-2-07-014924-7.

De quoi ci-gît-il ?
En retraite, ce docteur horroris causa du langagement envisage avec "humort" ses activités de septuagénaire, avec "conjugaison gaga" et craductions latines à la Prigent, et même sa façon de quitter cette terre complètement "calembourré" pour mériter un "monument funérire"… Ce qui ne l’empêche pas de s’en prendre avec verve aux snobinards, aux ultra-contemporains, à "Madame Supermarché", ou encore aux technophiles – "télédéchargeurs précoces"… C’est dire que, pour notre plus grand plaisir, nous assistons une fois de plus à un carnaval des mots (mots-valises, calembours et à-peu-près, etc.).

 

â–º G. MAR, Nocturama, textes-rêves & hypnagogies, Toulouse, Le Grand Os, coll. "poc !", hiver 2014-2015, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-912528-21-6.

Les meilleurs passages de ce livre qu’il faut absolument découvrir ne résident pas tant dans l’inventivité surréaliste que dans les jeux avec le temps et les codes : l’agencement répétitif va jusqu’à alterner réel et virtuel, la narration étant informée par le jeu électronique. Entre deux mondes, les lecteurs ébahis peuvent contempler leur devenir, le parcage de l’humanité : "Le parc a pour objectif de préserver cette forme ancienne de l’humanité et l’offrir en spectacle à nos contemporains afin d’en entretenir la mémoire vivante […] le Monde Nouveau est là qui nous attend avec ses promesses d’harmonie sociale […] une forme très futuriste (postmoderne) de zoo humain…" (p. 25-26).

 

â–º Maël GUESDON, Voire, Corti, hiver 2014-2015, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-7143-1143-6.

Pour Maël Guesdon, jeune poète de 28 ans, la poésie n’est ni dans le voir, ni dans le savoir, mais dans l’insu, le voire. À même les choses. Et même sans figures – littérale. "Soumise aux choses inanimées", elle "défait le lien de vivre et raconter". D’où sa poétique : "coupes où le flux n’a pas de reprise". Le texte présente ici un type d’illisibilité particulier lié à l’indétermination pronominale et énonciative, aux apocopes et juxtapositions syntaxiques…

 

â–º Pierre PARLANT, Exposer l’inobservable, Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", hiver 2014-15, 32 pages, 4 €, ISBN : 978-2-916252-46-9.

Examinant le travail du "bricoleur-artiste-photographe" Denis Bernard, Pierre Parlant est frappé par sa façon paradoxale d’"exposer l’inobservable" : ses recherches expérimentales visent à rien moins qu’à montrer l’au-delà du voir, ce qui échappe à l’œil en tant qu’organe, mais non en tant qu’éclaireur de l’imagination. Car "l’œil, sitôt ouvert, est un faiseur d’intrigue."

 

â–º Gare maritime, anthologie écrite et sonore de poésie contemporaine, Maison de la poésie de Nantes, été 2015, 108 pages + CD, 17 €.

Liée à la programmation des diverses manifestations que cette institution a organisées en 2014, cette publication nous offre un bon cru 2015 : en plus de lieux poétiques cruciaux (Le Bleu du Ciel, Héros-Limite, Plaine Page, La Barque, la revue Espace(s)), sont présentés par d’autres auteurs – avec extraits textuels et sonores -, entre autres, quelques-unes des voix poétiques actuelles des plus singulières, dont Libr-critique vous entretient régulièrement (Valère Novarina, Patrick Beurard-Valdoye, Claude Favre, Mathias Richard, Philippe Jaffeux, Marie de Quatrebarbes…).

21 juin 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’été, une musique libr&critique : une UNE offensive (dessin de J. HEIRMAN / texte de F. Thumerel) ; un livre en UNE qui donne également à réfléchir (Thinez, Dictionnaire de trois fois rien) ; des Libr-brèves qui vous donnent RV chez Al dante et qui vous invitent à ouvrir vos écoutilles…

UNE /Joël HEIRMAN & Fabrice THUMEREL/

C’est avec plaisir que nous retrouvons dans cette UNE le caricaturiste Joël HEIRMAN, qui a fait son chemin.

Tandis que celui qui a rebaptisé son parti "Les Républicains" joue les pêcheurs d’eau trouble – technicien des égouts politicomerdiatiques -, dans les coulisses de la scène internationale s’activent les lobbies ultralibéraux pour faire aboutir deux traités qui solderont ce qui reste de démocratie dans la bonne vieille Europe : celui avec le Canada (CETA) et avec les États-Unis (traité transatlantique : TTIP). Rien d’étonnant, donc, à ce qu’en France l’on assiste à l’américanisation du champ politique : les "Républicains" sont bel et bien là, mais que restera-t-il des démocrates et de la démocratie lorsque les intérêts privés prendront le dessus sur les états comme sur les droits des citoyens ? Sont-ils "républicains" ceux qui s’apprêtent à livrer la France et l’Europe tout entière aux intérêts privés des multinationales ?

Voulons-nous perdre nos AOC pour des hormones et des OGM ? Voulons-nous la privatisation de tous les secteurs de la vie sociale, y compris celui d’une justice qui pourrait désormais permettre aux entreprises d’attaquer les états si leurs profits sont en jeu ? Voulons-nous que toutes nos décisions en matière de questions sociales, de droit du travail ou de réglementation sanitaires soient subordonnées à un organisme supranational qui ne représenterait que les intérêts privés ?
On ne s’y trompera pas : cette dictature ultralibérale en marche est beaucoup plus dangereuse que l’"invasion-immigration".
Si vous ne voulez pas vivre dans une Europe made in USA qui attente à vos libertés comme à votre santé, réfléchissez et agissez avec Pour écrire la liberté.

 

 Livre à la UNE /FT/

Marc-Émile Thinez, Dictionnaire de trois fois rien, suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, éditions Louise Bottu, printemps 2015, 70 pages, 9,50 €, ISBN : 979-10-92723-07-6.

Après 1402, nous retrouvons la famille Thinez : Jean, le père, ouvrier communiste, et le fils qui veut devenir écrivain (Marc-Émile). Mais cette fois, la contrainte n’est plus les 140 signes d’un tweet, mais celle du dictionnaire. Un dictionnaire, le seul livre qui trouve sa place dans un milieu populaire, c’est rassurant… comme une grille de mots-croisés : chaque chose a son mot et chaque mot se range selon un ordre rigoureux. De la cellule communiste à la grille du cruciverbiste, il n’y a qu’un pas, en somme. Toute idéologie n’offre-t-elle pas une grille de lecture du monde ? Une grille qui "fige le regard"…

Subtilement, cet opuscule nous interroge sur la notion de représentation, les mots étant inadéquats aux choses : le code que nous utilisons est "cimetière du réel" ou "parodie de réel". C’est dire à quel point il convient de traquer les fausses représentations idéologiques : "MARXISME, SITUATIONNISME, CRUCIVERBISME… Variétés de bovarysme ; réactualisation du mythe de la caverne s’adressant à la part de soi en délicatesse avec le réel" (p. 35)…

Libr-brèves

â–º Retour sur la soirée Remue.net du 22 mai dernier, "Le désir de littérature, en somme" (autour de Christian Prigent : Bruno Fern ; présentation de Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel) : écouter l’intégrale audio sur Remue.net.

â–º RV le mardi 23 juin de 13H56 à 14H, sur France Culture : Sandra Moussempès lit Sunny girls.

â–º Jeudi 25 juin à 19H, aux éditions Al dante (1, rue du Loisir 13001 Marseille), exposition "Poésie totale*" : oeuvres de Pierre Garnier – Julien Blaine – Jean-François Bory – Bernard Heidsieck – Tarkos & Co…
Présentation par Sarenco
Lectures & interventions performatives de
Nadine Agostini – Julien Blaine –
Liliane Giraudon – André Robèr

(*à l’occasion du catalogue "Poésie totale, 1950-2010 – La poésie visuelle et concrète à travers le monde. Vol. 2 : France". Publié par la Fondazione Sarenco. Le premier volume est consacré à l’Italie. À venir : Angleterre Écosse, Espagne, Portugal, USA, Russie, Chine, Autriche, Allemagne, Belgique, Hollande, Danemark, Suède, République Tchèque, Pologne, Hongrie, Serbie, Grèce, Slovénie, Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, Japon…).

14 juin 2015

[News] News du dimanche

Des livres reçus pour commencer (de Daniel Franco, de Florence Pazzottu et de Frank Smith) ; des nouvelles du côté de chez P.O.L, ensuite ; enfin, des Libr-événements (rencontres avec le Bureau d’Investigations Poétiques, Philippe Annocque, Anne Savelli/Joachim Séné, Mathieu Brosseau)…

Livres reçus /FT/

â–º  Daniel Franco, Quelques cages, Argol, printemps 2015, 80 pages, 16 €, ISBN : 978-2-37069-0076-4.

« Pourquoi des "cages" ? Parce que la cage est le lieu de départ du chant, en direction du ciel qui ne s’atteint pas », précise Daniel Franco, qui poursuit ici un travail ouïthanatographique commencé avec Je suis cela. Celui qui ne croit pas à la mémoire s’évertue à cartographier le territoire de la mère et de l’enfance – une mère dont la mort lui a fait perdre cinquante kilos et lui a ouvert les yeux – dans une écriture du deuil, "langue brisée par la douleur et recollée dans l’espoir que s’arrête la douleur" (36)…

â–º Florence Pazzottu, Hymne à l’Europe universelle (sic), Al dante, printemps 2015, 40 pages, 7,50 €, ISBN : 978-2-84761-747-4.

Un conseil d’ami : achetez un maximum d’exemplaires possible et distribuez-les… Car cet opus salutaire évoque sans pathos ce que c’est qu’être Rrom aujourd’hui : « le poème organise, avec les ressources mêmes de la lanque, la résistance à ce qui, dans la langue (dans le monde), assigne et aliène, détruit la place  du "je-ne-sais-qui", poussant hors de ses frontières ou renvoyant à l’invisibilité, à l’inexistence sociale, celui qui (parmi les "n’importe qui") est aux yeux de l’époque (de la société) le plus irréductiblement autre […] » (p. 35)…

â–º Frank Smith, KATRINA Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’attente, juin 2015, 136 pages, 11 €,ISBN : 978-2-36242-055-9.

Alternant listes et passages lyriques en italiques, annonces, circulaire sur les mesures à prendre en cas d’ouragan, descriptions objectives et scènes dialoguées, le texte évoque les Indiens d’Isle de Jean Charles ; il pousse "les cartes routières dans leurs retranchements" et explore une langue à part, celle des Cajuns, qui remonte au XVIIIe siècle : "Entre chaque mot, il y a une mer de non-dits et des flots et des rivières et des trous de silence. Ce sont des people, des gens qui s’expriment peu. Ils bredouillent, la plupart du temps. Avec des accidents entre ce qui est dit et leurs dents"…

Du côté de chez P.O.L

En librairie entre le 20 août et le 10 septembre 2015
·         Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice
·         Lise Charles Comme Ulysse
·         Mary Dorsan Le présent infini s’arrête.
·         Nicolas Fargues Au pays du p’tit
en librairie le 3 septembre 2015
·         Edouard Levé Œuvres  collection #formatpoche
en librairie le 10 septembre 2015
·         Trafic 95
 
Rappel juin 2015
·         Édith Azam, Caméra
·         Jean-Luc Bayard, P.O.L nid d’espions
·         Paul Fournel, Le Bel Appétit
·         Valère Novarina, Le Vivier des noms (Festival d’Avignon)
·         Albane Prouvost, meurs ressuscite
·         Trafic 94

Libr-événements

â–º Le bureau d’Investigations poétiques présente :

⟼ Lundi 15 juin, à partir de 19 heures
Dans le cadre du lancement des Cahiers d’À bras le corps #2 :
LES FILMS DU MONDE // 9 CINÉTRACTS
Installation vidéo (27’)
Les Laboratoires d’Aubervilliers
 
⟼ 28 juin — 4 juillet 
GUANTANAMO
Installation vidéo (16’)
WARM Festival
Sarajevo
 


bip  bureau d’investigations poétiques | bureau of poetic investigations 
bip  63 rue de lancry 75010 paris | 2825 2nd st santa monica ca 90404
          www.franksmith.fr  

â–º Jeudi 18 juin à Paris, rencontre signature à la librairie Le Comptoir des Mots à 19h30 avec deux auteurs des éditions de l’Attente : Philippe Annocque pour Mémoires des failles et Pascale Petit pour Le parfum du jour est fraise.

239 Rue des Pyrénées, 75020 Paris Métro Gambetta
Tél : 01 47 97 65 40

â–º Vendredi 19 juin à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : De l’île ronde à l’aiR Nu, lecture/son/image, par Anne Savelli et Joachim Séné (d’après Anne Savelli, île ronde, Joca seria, hiver 2014).

â–º Lundi 22 juin à 19H, Maison de la poésie Paris, Data transport de Mathieu Brosseau, par Jean-Marc Bourg et l’auteur.

9 avril 2015

[Chronique] Jacques-Henri Michot, Un ABC de la barbarie

À l’occasion de la très belle réédition de cet ABC de la barbarie (d’abord paru dans la collection "Niok" des anciennes éditions Al dante, en 1998), qui nous permet de rencontrer un auteur rare (RV ce soir à KHIASMA, aux Lilas), revenons sur les enjeux et formes de ce livre essentiel.

Jacques-Henri Michot, Un ABC de la barbarie, Al dante, hiver 2014, 256 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-757-3.

 

"Qu’était-ce que les amis de l’ABC ? une société ayant pour but,
en apparence, l’éducation des enfants, en réalité le redressement des hommes.
On se déclarait les amis de l’ABC. – L’Abaissé, c’était le peuple. On voulait
le relever. Calembour dont on aurait tort de rire. Les calembours
sont quelquefois graves en politique
[…]" (Hugo, Les Misérables, cité p. 94).

"L’opium du peuple dans le monde actuel n’est peut-être pas tant la religion
que l’ennemi accepté… (Je souligne, B. B.). Un tel monde est à la merci,
il faut le savoir, de ceux qui fournissent un semblant d’issue à l’ennui.
La vie humaine aspire aux passions et retrouve ses exigences
" (Georges Bataille, cité p. 31).

 

 

Cette somme se présente sous la forme d’un dispositif tridimensionnel : liste / contre-liste / notes. Tout d’abord, la mise en scène éditoriale – qui nous renvoie aux pactes narratifs excentriques proposés de Montesquieu à Rilke – a de quoi nous laisser bouche bée : ces Carnets annotés nous égarent dans un subtil jeu de miroirs entre trois B (Barnabé, Jérémie B et François B). Mais surtout, ce centon polyphonique et multiforme nous fait méditer par le biais de citations comme celles reproduites en exergue, tout en nous offrant le b.a-ba de la doxa hypermoderne. À cet égard, ce nouveau dictionnaire des idées reçues mériterait d’être distribué à tous ceux qui ont opinion sur rue, à tous les auxiliaires de l’idéologie dominante, qui aiment claironner/prophétiser/ergoter (sur) l’argent des contribuables, l’avant-goût de ce qui nous attend, les baromètres de popularité, les barres fatidiques du chômage, les basculements à droite, les crises d’identité, les devoirs de mémoire, les déçus du socialisme… Et comme toujours, les clichés sont des plus révélateurs : étrangers en situation irrégulière, Faut-il avoir peur de l’immigration ?, Frontières : de véritables passoires… Dans cet ABC, sont particulièrement dévoilés les nouveaux mots et slogans du pouvoir : "asociaux", "fin des idéologies", "faillite des idéologies", "flexibilités", "flux monétaires", "front de l’emploi", "fruits de la croissance", "gagneurs", "immobilismes", "leaders charismatiques", "lois du marché", "mondialisation", "pesanteurs", "plans sociaux"…

Collage moderne (cut-up), montage critique, cet ABC est également un document poétique, au sens où l’entend Franck Leibovici : une technologie intellectuelle qui procède au redécoupage modélisé et hétérogène du réel médiatiquement uniformisé (réalité spectaculaire uniforme) ; autrement dit, la transposition des discours et représentations dominants dans cet autre mode de présentation qu’est le dictionnaire permet un transfert paradigmatique qui met à nu la barbarie ultra-libérale (anti-intellectualisme, dérives sécuritaires et spectaculaires, violences diverses…).

â–º Ce Jeudi 9 avril à 20H30, le festival Hors limites s’associe à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales (France) pour accueillir l’une des cartes blanches ponctuant la résidence d’écriture de Frank Smith. Marqué, comme beaucoup d’autres, par la parution d’Un ABC de la barbarie de Jacques-Henri Michot, celui-ci a donc convié son auteur à en proposer une lecture, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage aux éditions Editions Al Dante.

Entrée libre à KHIASMA (15, rue Chassagnolle 93260 Les Lilas).

29 mars 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mars, en UNE, "Quid novi sub sole ?" : une réflexion de circonstance qui cligne aussi du côté de l’actualité poétique et philosophique. Et vos Libr-brèves : RV à Marseille autour du n° 41 de la revue IF ; à l’espace KHIASMA avec Jacques-Henri Michot ; à Paris avec Christian Prigent / B. Fern et T. Garnier ; Cécile Wajsbrot.

 

UNE : Quid novi sub sole ? /FT/

Dimanche 29 mars 2015, date anhistorique, pas même hystérique : morne résignation après énièmes désillusions, nihil novi sub sole – en ce temps où l’on annihile le nouveau, ni île ni vie sous le soleil (pour le dire à la façon des craductions de Le Pillouër, Prigent et bonus circulus)…

Sans recours disent les fanfarons médiamondyalisés : sans maestria, on joue un nouvel acte de cette « pièce dont le titre est "La démocratie imaginaire" » (Alain Badiou, À la recherche du réel perdu, Fayard, 2015)… Bien jouée : bien joués ! Le réel perdu, on phagocyte la litanie dominante : … faut-être-réaliste… la-crise… Toujours-Plus : d’économies, de coupes budgétaires, de rendements, de marges arrière, d’optimisations fiscales, de stock options, de dividendes et de prébendes… Toujours moins : d’économie, d’autonomie, de services, de Liberté-Égalité-Fraternité… Toujours-Plus : jusqu’où ? Jusqu’à l’Humoins !

Notre histoire est désormais pleine de trous : trou d’ozone, trou de la sécu, trou dans les Phynances, trou dans les recettes fiscales… C’est ici que résonne ce passage extrait du dernier essai de Christian Prigent : "le trou est aussi un trou dans les têtes, vidées de grands programmes politiques, décapées du dedans de toute assurance idéologique. Et les têtes vidées, on le sait, veulent du plein, du plomb. Reste à espérer que ce plomb ne soit pas celui de toutes les crispations meurtrières, de toutes les violences désespérées de rester sans langue dans l’effondrement des croyances, de toutes les rancœurs des laissés-pour-compte de l’euphorie consumériste" (Berlin sera peut-être un jour, La Ville brûle, 2015)… Ce plomb, hélas, renforce encore la dépendance des pseudo-citoyens en attisant leurs peurs irrationnelles : le danger viendrait des "immigrés clandestins" venant "envahir" le territoire… lequel est menacé, certes, mais par les puissances du Marché globalisé.

Trop peu voient la nouvelle "bête immonde", cette pieuvre-caméléon qui conditionne et recycle nos vies mêmes : elle vit de votre travail, de votre chômage, de votre consommation, de votre santé comme de vos maladies, de la famine, de vos dettes… Tel est le nouveau nom de la domination : dette. Celle que les états néolibéraux fabriquent pour nous ligoter et nous culpabiliser (cf. M. Lazzarato, La Fabrique de la dette, éd. Amsterdam, 2011), tout en enrichissant toujours plus les nouvelles idoles, les Marchés, et par là même assurant le triomphe de la cupidité (Joseph E. Stiglitz).

Comme en 1914 et dans les années trente, les puissances financière et économique ont opté pour des pouvoirs forts afin de maintenir en respiration artificielle un capitalisme dont il faut bien décréter l’état de mort systémique. Et ce qui est l’une des rares certitudes : pas plus que l’UMPS les Effrontés nationalistes ne résoudront la-crise. Ce qu’ils apporteront en plus : le triomphe terrorisque !

Ainsi, avec Sartre, et n’en déplaise aux Belles-Âmes chrétiennes/socio-démocrates, est-il temps de tonner à nouveau : "Élections, pièges à cons !" La sérialisation favorisant les régressives pratiques du bouc-émissaire, ce n’est ni par le vote, ni par les voies politiques orthodoxes qu’adviendra le moindre changement, mais par l’invention de nouvelles formes d’action, que devront mener à bien des groupes en fusion d’un nouveau genre. Sous peine de mort cérébro-démocratique.

 

Libr-brèves

â–º Mercredi 1er avril 2015, de 19H30 à minuit, Les Mercredis Montévidéo : Lectures – Focus sur les écritures de montage – en écho à la parution du n°41 de la revue IF

PROGRAMME DE LA SOIRÉE :

TOUT AU LONG DE LA SOIRÉE – DÉCOUVERTE DU DERNIER NUMÉRO DE LA REVUE IF
Au sommaire du numéro 41 : Sylvain Courtoux, Ludovic Debeurme, John Deneuve, Rodrigo Garcia, Virginie Lalucq, Olivier Metzger, Pedro Morais, Emmanuel Rabu, Frank Smith.

20:00 – LECTURES DE SYLVAIN COURTOUX, VIRGINIE LALUCQ & EMMANUEL RABU

21:00 – DÉGUSTATION D’ANIS CRISTAL (partenaire de la revue) & AMBIANCE MUSICALE

INFOS PRATIQUES

Entrée Libre (+ adhésion) : Montévidéo, 3 impasse Montévidéo à Marseille.
Renseignements au +33 (0)4 91 37 97 35
Ouverture du bar et cuisine bistro à partir de 19:30.

â–º Jeudi 9 avril à 20H30, le festival Hors limites s’associe à l’Espace Khiasma et aux Archives nationales (France) pour accueillir l’une des cartes blanches ponctuant la résidence d’écriture de Frank Smith. Marqué, comme beaucoup d’autres, par la parution d’Un ABC de la barbarie de Jacques-Henri Michot, celui-ci a donc convié son auteur à en proposer une lecture, à l’occasion de la réédition de l’ouvrage aux éditions Editions Al Dante.
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Cartographie des lieux communs émaillant le langage journalistique, miscellanées rassemblant les paroles de ceux qui, artistes et écrivains, rechargent au contraire la langue en capacités à dire le monde, récit d’une écriture et des tribulations d’un manuscrit s’inscrivant dans la grande tradition romanesque du Quichotte ; la richesse et la portée critique de ce texte en ont fait outil essentiel pour qui veut résister à l’impact propagandiste des médias sur notre façon de nous formuler le réel.

En écho manifeste avec cette idée d’une « langue démocratique » développée par Frank Smith dans "Chœurs politiques, poème dramatique pour voix", l’échange qui suivra s’annonce donc nourri d’aperçus passionnants sur le « bon usage » (politique) de la faculté de parole !

Entrée libre à KHIASMA (15, rue Chassagnolle 93260 Les Lilas).

â–º Lundi 13 Avril 2015 à 19H, Maison de la Poésie Paris : PAGES ROSSES : craductions
Rencontre avec Bruno Fern, Typhaine Garnier & Christian Prigent pour leurs irrésistibles craductions (néologisme de Pierre Le Pillouër) : n’en déplaise au Cercle des Universitaires Latinistes (C.U.L.), il s’agit rien moins que de subvertir les trop sages citations des pages roses du Larousse en faisant déraper la langue ; s’ouvrent alors de jouissifs abîmes – dans le même temps que les arcanes de la fiction… Quelques exemples : "Si vales valeo / Si tu avales, moi aussi" ; "Persona non grata / Plus personne à gratter" ; "Coram populo / Coran pour les nuls" ; "Cepi maxima imperia / L’empereur porte très bien le képi"…
Avec la participation de Jean-Pierre Verheggen & de la comédienne Vanda Benes.

PAGES ROSSES : craductions, Les Impressions Nouvelles, à paraitre en avril 2015, 96 pages, 9 €, 978-2-87449-246-4.

 

â–º Jeudi 16 avril à 20H, voyez Berlin de toutes les couleurs avec Christian Prigent et Cécile Wajsbrot ! Et saluons le lancement de la collection "Rue des lignes" aux éditions La Ville brûle.

 

 

27 décembre 2014

[Chronique] Véronique Bergen, MM… Marilyn au Miroir

Entre ciel et gouffre… tel est le grand écart que nous fait accomplir cette biofiction sidérante, ubrique et lubrique.

Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro, Al dante, automne 2014, 296 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-763-4.

"La vie n’est qu’une question de portes à franchir" (p. 9).

MM… comme Marilyn au Miroir – où elle se construit en baby doll, en "bimbo sexy"… MM, comme Martin Mortensen, le mari-de-sa-mère-qui-n’est-pas-son-père… MM, comme Maladie Mentale… Diagnostrique de la célèbre Anna Freud : grossesse extra-utérine d’une mère psychotique associée à la mort et à l’analité (MM : Marilyn au Mèroir) / "fille de personne" en perpétuelle quête du père… « "Nymphomane, exhibitionniste, besoin pathologique de séduire" » (80) / « "Faux self, ego à renforcer, compulsion sexuelle consécutive à des abus précoces, à des viols" » (81)… Qui es-tu Marilyn ? Une "femme-enfant troublée", "un poids mort qui danse au bord du gouffre" (105)… une "star de plastique et de vomi" (123), "une obsédée du côlon" (235)… "je suis une fente qui s’ouvre à tous vents car je suis fissurée de naissance" (171)…

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971), l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque", voici une autre biofiction pour constituer un diptyque. (Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre"). Edie/Marilyn ombre et lumière, Eros et Thanatos…

En sept temps forts ("L’Enfance", "Le Temps Marilyn", "Daddy", "Blondeur", "Les Chiffres", "MM", "Le Gouffre"), ce récit caractérisé par sa polyphonie et son éclatement spatio-temporel évoque avec brio le destin tragique de la Blonde mythique. Espace tragique : "C’est comme ça qu’il faut vivre, en s’auto-abolissant, réclusion à perpète dans une caboche qui fuit de partout" (46)… Temps tragique : compte à rebours depuis la naissance ; compte à rebours jusqu’à la mort… Dans les nombreuses sections – datées de 1933 à 1975 -, sur fond de star system et d’intrigues politico-mafieuses (Century Fox, Cosa Nostra, clan Kennedy, FBI…), s’entremêlent de multiples voix (avec un dialogue intérieur poignant entre la star et la fille bègue qu’elle est toujours au fond d’elle-même – Norma Jeane) qu’orchestre un phrasé vertigineux que l’on pourrait appeler érotopoétique. Parmi les scènes éréthismiques, on retiendra celle, sadique et perverse – ressortissant à la fois au satanique et au divin -, où Sam Giancana, le boss de Cosa Nostra, torture un homme dont le seul tort a été de culbuter MM.

"Tout ce que touche Marilyn finit dans sa bouche" (79)… L’oralité caractérise MM comme le style même du texte : avides, nous dévorons une écriture orgiaque et compulsive, une écriture de l’excès qui nous électrise – qui, comme le cinéma, "libère les fauves qui sommeillent, […] ouvre les boîtes crâniennes, descelle les boîtes de Pandore qui déversent un mélange de guimauve et de venin" (19). Une écriture de la mutation : grammaticale (translations : s’apocalypser, marilynmonroeiser, normajeaner, pulcineller…) ; phonique/sémantique (calembour : "elle a oublié le langage des hommes sweet hommes" – 148)…

21 décembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de poursuivre notre sélection de livres (Libr-7 en deux livraisons au moins) et de proposer un programme 2015 très riche (dossier J. BLAINE, suite de Libr-Java – spécial Espitallier – ; suite de DREAMDRUM, créations de D. Cabanis, Cuhel, M. Perrin, M. Richard, N. Zurstrassen, etc. ; entretiens avec Philippe Jaffeux, Jean-Michel Espitallier, etc. ; chroniques de J.-P. Gavard-Perret, E. Jawad, P. Pichon, B. Fern, F. Thumerel, etc.), voici un nouvel aperçu des nombreux livres reçus ces derniers mois (Libr-2014) : H. Antoine, J.-C. Bailly, B. Fern, M. de Quatrebarbes, J.-L. Schefer, Solirenne, R. di Stefano, L. Vazquez.

â–º Hubert ANTOINE, Comment je ne suis pas devenu poète, La Lettre volée, Bruxelles, printemps 2014, 160 pages, 20 €, ISBN : 978-2-87317-428-6.

"Un grand style serait de tout comprendre de travers et puis cracher"… Écrivain, ça fait rire aujourd’hui, non ? Pourquoi encore écrire aujourd’hui ? Pour qui ? Qu’écrit-on quand on ne sait pas écrire ? Voici quelques-unes des questions traitées avec humour et intelligence dans cet essai plutôt original.

 

â–º Jean-Christophe BAILLY, Passer définir connecter infinir, dialogue avec Philippe Roux, éditions Argol, coll. "Les Singuliers", automne 2014, 196 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-001-2.

Cet entretien très intéressant nous livre la quintessence – en cinq parties, donc – de l’univers du polygraphe : itinéraire, Bibliothèque, parcours de l’œuvre (théâtre, peinture, ville, etc.)… Le tout s’appuyant sur une abondante documentation (textuelle et iconographique).

 

â–º Bruno FERN, [Carnet de voyage], … / points de suspension 6 (revue trimestrielle de silence : ettore.labbate@gmail.com), Caen, décembre 2014, 16 pages, 10 € [édition élégante].

À l’heure du tourisme industriel, qu’est-ce que bourlinguer ? Que reste-t-il de l’aventure ? Rien, répond Bruno Fern dans une phrase en vers à ressorts très critiques, qui offre des clins d’œil à Cervantès ou Rimbaud : aujourd’hui, on balise/parcourt un inconnu pas trop méconnu.

 

â–º Marie de QUATREBARBES, La Vie moins une minute, Lanskine, automne 2014, 96 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90491-15-1.

L’auteure maîtrise le conte en vers, en verve et tout en humour. Invitation : "Vivez l’amour ! Voyez les fantômes !" Questions : " Comment dois-je faire pour vivre en France ?" "Comment être une femme fontaine ?" Photo-synthétisons à foison et entrons dans cet univers ludique…

 

â–º Jean-Louis SCHEFER, Pour un traité des corps imaginaires, P.O.L, automne 2014, 144 pages, 11,90 €, ISBN : 978-2-8180-2143-9.

À partir de deux tableaux (Berthe Morisot et William Turner), avec un détour par le roman (Balzac), une méditation passionnante sur nos images, remémorées ou construites (mémoire et imagination)…

 

â–º SOLIRENNE, MédéA copyright, suivi de Hallali Guermantes, Rougier V. éditeur, Soligny la Trappe, décembre 2014, 42 pages, 13 €, ISBN : 979-10-93019-07-9.

Pitié pour les filles… dans une écriture au couteau – filles-fardeaux toujours en trop et vite en moins…

 

â–º Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, 200 pages, 17 €, automne 2014, ISBN : 978-2-84761-756-6.

Le cinématographe ne se réduit pas au cinéma, surtout aujourd’hui qu’il n’est plus que positif… Quinze séquences organisées autour de Bresson, Godard, Straub/Huillet : de lumineux montages critiques !

 

â–º Laura VAZQUEZ, La Main de la main, Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, automne 2014, 64 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84116-209-3. [Prix de la Vocation 2014 ; photo en arrière-plan]

Apparemment plus lyrique que d’habitude… mais toujours : images éclairs, agencements répétitifs et dissonances pour dire le corps-paysage, les choses invisibles

 

 

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

♦♦♦♦♦

Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

  •  

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

6 novembre 2014

[Livres – news] Spéciale Al dante

Samedi à La Ciotat, RV avec deux écrivains originaux (Bergen, Bertin) qui attestent, s’il en était encore besoin, de la richesse du catalogue Al dante ; on découvrira leurs derniers livres parus : Marilyn, année zéro ; La Peau sur la table / Autoportrait. [Attention, la rencontre de ce soir au Monte-en-l’air est annulée]

 Le rendez-vous

 â–º Samedi 8 novembre à 18H, La Boutique à La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard) : rencontres avec les auteur-e-s Véronique Bergen et Jérôme Bertin, qui liront des extraits de leurs derniers ouvrages, parus aux éditions Al Dante.

La peau sur la table de Jérôme Bertin
http://al-dante.org/shop-4/jerome-bertin/la-peau-sur-la-table-suivi-de-autoportrait/

Marilyn, naissance année zéro de Véronique Bergen.
http://al-dante.org/shop-4/veronique-bergen/marilyn-naissance-annee-zero/

 

 

Présentation des livres

â–º  Véronique Bergen, Marilyn, naissance année zéro, Al dante, automne 2014, 296 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-763-4.

"La vie n’est qu’une question de portes à franchir" (p. 9).

MM… comme Marilyn au Miroir – où elle se construit en "bimbo sexy"… MM, comme Martin Mortensen, le mari-de-sa-mère-qui-n’est-pas-son-père… MM, comme Maladie Mentale… Diagnostrique de la célèbre Anna Freud : grossesse extra-utérine d’une mère psychotique associée à la mort et à l’analité / "fille de personne" en perpétuelle quête du père… « "Nymphomane, exhibitionniste, besoin pathologique de séduire" » (80) / « "Faux self, ego à renforcer, compulsion sexuelle consécutive à des abus précoces, à des viols" » (81)… Qui es-tu Marilyn ? Une "femme-enfant troublée", "un poids mort qui danse au bord du gouffre" (105)… une "star de plastique et de vomi" (123)… "je suis une fente qui s’ouvre à tous vents car je suis fissurée de naissance" (171)…

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971), l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque", voici une autre biofiction pour constituer un diptyque. (Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre"). Edie/Marilyn ombre et lumière, Eros et Thanatos…

En sept temps forts ("L’Enfance", "Le Temps Marilyn", "Daddy", "Blondeur", "Les Chiffres", "MM", "Le Gouffre"), ce récit caractérisé par sa polyphonie et son éclatement spatio-temporel évoque avec brio le destin tragique de la Blonde mythique : dans les nombreuses sections – datées de 1933 à 1975 -, sur fond de star system et d’intrigues politico-mafieuses (Century Fox, Cosa Nostra, clan Kennedy, FBI…), s’entremêlent de multiples voix (avec un dialogue intérieur poignant entre la star et la fille bègue qu’elle est toujours au fond d’elle-même – Norma Jeane) qu’orchestre un phrasé vertigineux que l’on pourrait appeler érotopoétique.

 

â–º Jérôme Bertin, La Peau sur la table, suivi de Autoportrait, Al dante, septembre 2014, 80 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84761-762-7.

Georges Hyvernaud n’avait plus que la peau et les os… Jérôme Bertin, lui, pour dresser son autoportrait, met la peau sur la table, façon pèse-nerfs. Et il est vrai qu’il est fort énervé, celui qui entend "réaffirmer le lien entre littérature et politique" (p. 37), et qui "a un faible pour les fables par balles" (50) : après avoir confié qu’il "rêve d’un livre arme" (36), il lui faut "écrire avec du sang" (55), une "tempête de mots 16 mm", "mettre le poème à feu et à sang" (57)… Et il est vrai que d’emblée plane l’ombre d’Artaud le Momo : "ARTAUD AVAIT RAISON. C’est le monde qui est devenu un anormal. Le ricanement bébête comme éthique. Le cynisme c’est le rire du fort".

Face à ce monde devenu fou, l’écrivain recycle et détourne lieux communs et clichés, mots cultes et mots cuculs, les grands mots et démons de la littérature : ainsi avons-nous affaire, avec La Peau sur la table et Autoportrait, à "une espèce de cut up d’un monologue intérieur" (44). L’écriture sismographique de Jérôme Bertin propose un phrasé qui multiplie les télescopages et dérapages phoniques/sémantiques : Les chefs de sévices les présidents fromage… L’enfer du cac la sodomie talc… Les trafics d’orgasmes rapportent gros… La polio médite… Un dernier pour la déroute… Silicone balai dans le cul…

 

 

2 novembre 2014

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche très critique (semaine dernière : réflexion sur art et argent, création et fondations ; cet après-midi : Libr-humeur de Bernard Desportes sur l’exception inculturelle française), juste après notre rubrique "Autour de Christian Prigent", voici notre sélections de RV incontournables, nos Libr-événements de la semaine : soirée Al dante au Monte-en-l’air ; 11e festival Poésie Marseille ; Bergen et Bertin (Al dante) à La Ciotat.

 

Autour de Christian Prigent

 Sur l’actualité de Christian Prigent, documents et travaux divers : RV sur le blog Autour de Christian Prigent.

Christian Prigent à Berlin. Le samedi 27 Novembre 2014, 20h. A propos de la traduction en allemand de L’Âme (POL, 2000), lecture et discussion. A «lettretage», Mehringdamm 61, D-10965-BERLIN. Contact : Katharina Deloglu, 0151-59 17 26 50. Voir http://comment.lettretage.de/category/christian-prigent

 
Christian Prigent à Nantes. Le mardi 16 Décembre, 20 h 30.  Grand-mère Quéquette, Demain je meurs, Les Enfances Chino. Lecture-rencontre organisée par le CAP (Culture, Art, Psychanalyse). Salle Vasse, 18 rue Colbert, 44000-Nantes. Contact : CAP Nantes, 06 10 28 64 88. 
 

* La mise en ligne de la collection intégrale des TXT est entreprise par José Lesueur sur son blog Cantos Propaganda : vous pouvez déjà découvrir les cinq premiers numéros dans leur intégralité.

* À paraître le 14 novembre : Christian Prigent, La Langue et ses monstres (nouvelle édition, P.O.L : 11 textes relus + 9 textes en plus).

 

Libr-événements

 â–º Le jeudi 6 novembre, 18H30 à la librairie du Monte-en-l’air (2, rue de la Mare Paris 20e ; tél. : 01 40 33 04 54), rencontre avec Véronique Bergen, Jérôme Bertin et Yannick Torlini.
Ils liront des extraits de leurs derniers ouvrages parus aux Editions Al Dante :
– "Marilyn, naissance année zéro" (Véronique Bergen) ;
– "La peau sur la table" (Jérôme Bertin) ;
– "Nous avons marché" (Yannick Torlini).
… mais également des extraits de travaux en cours…

 

â–º POÉSIE MARSEILLE 2014, 11e Festival de poésie et de performances

6 AU 9 NOVEMBRE 2014

[mac] Musée d’Art Contemporain, Galerie Jean-François Meyer, Librairie Histoire de l’Œil, Librairie l’Odeur du Temps

Entrée libre

LES INTERVENANTS

Internationaux

Antoine Boute (Belgique), J.M Calleja (Catalogne), Uri Hollander (Israël), Rita Marhaug (Norvège), Carpanin Marimotou (Réunion)

Nationaux

Julien d’Abrigeon, Jean-Marie Gleize, Pierre Tilman, Sarah Trouche, Louise Vanardois

Marseillais

Nadine Agostini, Julien Blaine, Michèle Métail, Florence Pazzottu, Pierre le Pillouër

 

PROGRAMME

JEUDI 6 NOVEMBRE 19h

Librairie L’Odeur du Temps

Jean-Marie Gleize / Pierre le Pillouër / Louise Vanardois

 

VENDREDI 7 NOVEMBRE 19h

Librairie Histoire de l’Œil

Antoine Boute / Uri Hollander / Rita Marhaug / Carpanin Marimotou

 

SAMEDI 8 NOVEMBRE 19h

[MAC] Musée d’Art Contemporain

Julien d’Abrigeon / Julien Blaine / J.M Calleja / Sarah Trouche

 

DIMANCHE 9 NOVEMBRE 19h

Galerie Jean-François Meyer

Exposition : « Les mots sont » par Pierre Tilman.

Nadine Agostini / Michèle Métail / Florence Pazzottu / Pierre Tilman

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Plus d’infos

www.poesie-marseille.net

04 91 33 95 01

â–º Samedi 8 novembre à 18H, La Boutique à La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard) : rencontres avec les auteur-e-s Véronique Bergen et Jérôme Bertin, qui liront des extraits de leurs derniers ouvrages, parus aux éditions Al Dante.


La peau sur la table de Jérôme Bertin
http://al-dante.org/shop-4/jerome-bertin/la-peau-sur-la-table-suivi-de-autoportrait/

Marilyn, naissance année zéro de Véronique Bergen.
http://al-dante.org/shop-4/veronique-bergen/marilyn-naissance-annee-zero/

 

26 octobre 2014

[News] News du dimanche

Cette fin d’octobre est marquée par la polémique qui clive le champ artistique : art/argent, art/pouvoirs, création/fondations (Vuitton, Cartier, Ricard, etc.), liberté créatrice/sponsoring… Après un billet en UNE qui pose quelques questions et analyses, nos Libr-événements : exposition "Présents" à Bordeaux ; RV Asile 404 à Marseille ; HP process à La Rochelle ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; 4e édition de la Zone d’Autonomie Littéraire à Montpellier.

 

UNE : L’art n’est-il qu’un produit de luxe ? [voir la pétition]

Suite à la pétition initialement parue sur Mediapart et relayée par Sitaudis – pétition qu’ont signée plusieurs auteurs liés, entre autres, à Libr-critique -, la polémique enfle sur les réseaux sociaux, bon nombre d’artistes et de poètes se sentant visés… Et de contre-attaquer : en un temps de cynisme et d’opportunisme, à bas les moralistes ! d’ailleurs, n’y a-t-il pas des brebis galeuses parmi les signataires ? des sans-gêne qui profitent des subsides de l’état ! vive l’autonomie sacrée de ces sans-grade que sont les artistes ! vive leur mission sacrée de combat, quel que soit le lieu… Cette polémique qui rappelle celle qui avait opposé Christian Prigent aux poètes de la nouvelle génération groupés autour de Java est vive pour des raisons éclatantes : elle touche aux nouvelles pratiques du milieu, aux rapports à l’argent, aux pouvoirs…

Le débat porte en fait sur les actuelles contradictions du champ artistique tout entier comme du sous-champ poétique en particulier.

L’inauguration en grande pompe de la fondation Louis Vuitton ne fait que mettre en évidence le rôle que joue désormais le mécénat privé dans un champ qui, subissant par ailleurs l’emprise des médias, est en voie d’hétéronomisation – comme le soulignait Pierre Bourdieu dès les années 90. En cette période de crise où, pour les artistes et les poètes qui ne peuvent bénéficier d’un emploi sécurisé et d’un salaire suffisant, les subventions et les sources de revenus se font plus rares, assurément la seule planche de salut semble être celle que lui tendent des fondations comme Vuitton, Cartier ou Ricard. There is no alternative – paraît-il…

Toutefois, cette option n’est pas sans poser problème : non seulement un tel soutien influe indirectement sur la production artistique, mais surtout il obéit à une stratégie visant à subordonner l’art au champ du pouvoir économique. (Dépendre des institutions n’a plus le même impact aujourd’hui : le propre de la démocratie n’est-il pas de favoriser la pluralité artistique ?). Si la contradiction a toujours caractérisé la position des artistes, écrivains et intellectuels, il en est une qui n’est pas tenable aujourd’hui : peut-on se prétendre subversif quand on est recyclé/digéré par le Marché ? peut-on se prétendre d’extrême-gauche/révolté/rebelle quand on est de fait au service des dominants ? À cet égard, sont emblématiques les prises de position de Christophe Fiat, qui oppose l’écrivain libéral à l’écrivain subventionné, valorisant le premier selon une logique révolutionnaire-conservatrice reniant les conquêtes de la modernité. Mais faisons fi des certitudes pour nous poser une question essentielle, à laquelle il y a sans doute de multiples réponses : quel artiste/poète réussit vraiment à subvertir les canaux "offerts" par les puissances d’argent ?

Fabrice Thumerel

 Libr-événements

â–º L’exposition "Présents" a lieu à Rezdechaussée jusqu’au 23 novembre (Bordeaux) : elle accueille les pièces d’une vingtaine d’artistes. Réflexion sur l’œuvre et ses filiations, les interférences en art. Cette proposition fait écho à un quartier historique de Bordeaux ouvert sur les échanges et de tradition antiquaire, aujourd’hui en pleine mutation.
Le temps de quelques semaines, l’espace de Rezdechaussée organise une pluralité de pièces hétérogènes, en privilégiant l’éclectisme, l’accumulation et l’équivoque. De la « mise en réserve » à la « libération » des pièces, de petits arrangements témoigneront des relations poétiques, narratives, fétichistes, quelquefois humoristiques que nous entretenons avec les objets.
 
Avec les pièces de William Acin /Emmanuel Aragon / Bruno Baratier / Lucie Bayens / Cécile Bobinnec / Thomas Déjeammes / Virginie Delannoy / Patrice de Santa Coloma / Patrick Hospital / Judit Kurtág / Véronique Lamare /Emmanuelle Leblanc / Christophe Massé / Bruce Milpied / Franck Noël / Krunoslav Ptičar / Nathalie Ranson / Michèle Rossignol/ Stéphanie Tréma / Vincent Vallade.
Avec la participation des antiquaires de la rue Notre-Dame à Bordeaux, Pol Hervé Guirriec, Le Village Notre-Dame, Antiquités Pipat, et de la Librairie La Machine à Lire, place du Parlement à Bordeaux.

Installation sonore de Kraums Notho : samedi 15 novembre à 17h30 et 18h 30
Ouvert du mercredi au dimanche, de 13 à 19 h
Nocturnes tous les jeudis , vendredi 14 et samedi 15 jusqu’à 21 h
Rezdechaussée,
Lieu d’intention artistique, 66 rue Notre-Dame Bordeaux
en savoir plus : ici 

â–º Mardi 28 octobre à 20h30, Asile 404 (135, rue d’Aubagne à Marseille – 13006) : MAKHNO (rock psyké éléctique) et Mathias Richard.

â–º Du 4 au 15 novembre 2014 à La Rochelle (10 bis rue Amelot) : TRANSLATION. À travers une installation interactive et des photographies numériques, HP Process développe un projet intermédia sur la vitesse, l’espace-temps et les effets de la mobilité sur la perception.

Des dizaines de travellings de paysages filmés lors de voyages sont agencés dans une scénographie immersive, telle une spirale aux dimensions mouvantes, où la géographie est éclatée en de multiples calques. C’est par sa dérive, ses mouvements et son immobilité de l’espace que le spectateur va générer aussi bien le son que les mouvements des vidéos. Celles-ci se transforment et se dégradent selon des logiques de dilatation, d’expansion, de compression des couleurs et des pixels, de fourmillements de lignes et de points. Le spectateur interagit aussi avec des données liées aux transports (horaires, distances, gares, aéroports…) et recompose une poésie mobile des flux contemporains. L’installation est ainsi une plongée dans les vibrations de la vitesse et dans les diffractions temporelles et spatiales produites par les déplacements, les connexions, les translations. Elle invite à inventer de nouvelles trajectoires et met en relief les paradoxes de l’hyper-mobilité contemporaine.

Les photographies sont des images capturées dans le flux numérique de la vidéo générative. Les paysages ainsi saisis déploient leur épaisseur, donnant à voir la matière spatiale et temporelle de l’instant diffracté et compacté par la mémoire. Chaque photographie est unique car produite par les variations infinies du programme.

TRANSLATION, projet de "live cinema" infini, tente de traduire l’empreinte visuelle et sonore que laissent les voyages dans la rétine et la mémoire, en explorant la matérialité du numérique. A travers un jeu sur la lumière, les pixels et les couleurs, l’œuvre tend vers une déconstruction et une abstraction de la géographie, selon une esthétique hallucinatoire et hypnotique. C’est une expérience cinétique et sensible du paysage, qui devient un espace mental où territoires, mémoire et données s’agencent pour ouvrir à de nouvelles perceptions.

Ce projet a bénéficié d’une bourse de création de la DRAC Poitou-Charentes et du soutien de AADN (Lyon), dans le cadre des résidences VIDEOPHONIC.

……………………..……………………..…..

HP PROCESS est un duo composé de Philippe Boisnard & Hortense Gauthier. Depuis 2006, ils développent des créations intermédias, performances poétiques numériques, installations interactives, vidéos, photos, créations sonores. La poésie, dans ses dimensions textuelles et numériques, mais aussi visuelles et sonores, est au coeur de leur démarche. Entre déconstruction du langage, jeux typographiques et récupération de données, ils inventent des dispositifs d’écriture interactifs, participatifs ou performatifs, qui mettent en jeu réseau, technologies mobiles et territoires. Ils définissent leur démarche par le concept PAN (POÉSIE ACTION NUMÉRIQUE), à travers lequel ils interrogent le rapport entre corps, langage, espaces et technologie.

Présents pendant la durée de l’exposition, des visites de groupes, enrichies de rencontres/conférences seront mises en place avec eux.

http://www.carre-amelot.net/expositions/index.php?fract=translation

 â–º Vendredi 7 novembre à 11H : Thomas Déjeammes expose sous la tente (lieu indépendant pour l’art : 28, rue Bouquière à Bordeaux).

Introduction à l’exposition de Thomas Déjeammes.

Un jour j’ai aperçu quelques morceaux de photographies déchirées. Ici à Bordeaux nous sommes dans un petit monde et chacun possède son petit monde aussi. Les choses qui s’amoncèlent et celles qui se volatilisent. Un jour j’ai trouvé dans un tiroir des bouts de moi par dizaines, coupés des autres bouts du monde. Je me suis pensé qu’un jour il devrait se trouver un temps pour rassembler ce temps: celui qui était perdu, ma vie, et celui qui devait faire greffe pour qu’elle se passe avec d’autres vies. Le temps a passé. J’ai rassemblé toutes autres choses que des photographies. Il devait y avoir de la chair, de la passion, des rêves et quelques autres fragments de cellules poreuses à accompagner vers l’exit ou le révélateur.

Et puis un jour j’ai aperçu des photographies de Thomas Déjeammes et je me suis pensé tout de suite qu’elles ressemblaient forcément à mes rêves. Pas aux beaux que je ne fais pas, mais à ceux qui sont la Tentative. Alors j’ai aimé ce travail violemment, comme si je me mettais à nu. Dans ce que nous pouvons tous lire pour comprendre nos vies d’un coup, il y a des bouts des uns et des autres. Je crois que c’était cela. La Vie. La mienne.
Je vais aller plus loin si je peux dans cette déchirure apercevoir la découpe sur sa tranche et vous parler plus tard de ce Travail.
Christophe Massé.

â–º 22 novembre 2014, salle Pétrarque à Montpellier, de 14H30 à 23H, 4e édition Zone d’Activité Littéraire ; contact : 06 61 11 05 05 (R. Vischi) / asso.squeeze@gmail.com

INTERVENTIONS SCÉNIQUES :                                   IMPLANTATION LITTÉRAIRE :



TEXTE EN COURS – Retour sur soi                                       Librairie SCRUPULE

LA RAFFINERIE – Lecture échographique                             Éditions AL DANTE

JORDI CARDONER – Contes déjantés                                   Éditions LUNATIQUE

JÉRÔME BERTIN – Lecture                                                    Éditions CAMERAS ANIMALES

SYLVAIN COURTOUX – Lecture sonore                               Éditions L’ARACHNOÏDE

PAUL SUNDERLAND – Lecture undercroûte                        Revue NAWAK

MICHEL CLOUP – Concert solo                                             Série Z existentielle – C. SIÉBERT

MATHIAS RICHARD – Poésie performance                          Galerie LE MAT

BLEU SILEX – Blues urbain

OLIVIER BKZ – Automne amoureux à Pandémonium

RITTA BADDOURA – Poésie performance

ORION SCOHY – Contre-performance littéraire

ZISSIS THE BEAST – Punkab névro-poésie

19 octobre 2014

[News] News du dimanche

Ce soir, nos livres reçus vont vous faire passer de longues et riches soirées d’automne (Sivan/Pennequin, Fuente/Lahontâa, Filhol, Salzarulo). Ensuite, nos Libr-brèves variées : Collège international de philosophie, Prigent, Quintane, Novarina, Delaume/Grell…

 

Libr-livres reçus /FT/

â–º Jacques Sivan / Charles Pennequin, Alias Jacques Bonhomme, Al dante, été 2014, 104 pages, 20 €, ISBN : 978-2-84761-734-4.

 "Tout n’est désormais que gestion de stocks turnover petits business et grandes détresses" (p. 15).

Cette jacquerie d’un temps et d’un genre nouveaux est d’une inventivité verbale et iconographique assez rare : ce montage critique qui ressortit aussi bien à l’univers des jeux vidéos qu’aux poésies du dispositif ou aux dessins satiriques nous plonge dans un monde violent labellisé SF, une dystopie qui nous rappelle notre réalité mondialisée, ne serait-ce qu’au travers des financiers de la Goldman’s Sack

 

â–º Laurence de la Fuente & Bruno Lahontâa, Performances éthologiques de Font, préface de Arnaud Labelle-Rojoux, éditions de l’Attente, septembre 2014, 100 pages, 19 €, ISBN : 978-2-36242-051-1.

Ces performances éthologiques d’un drôle d’artiste – Font ! – sont des plus singulières : entre poésie loufoque et théâtre burlesque, elles nous invitent à observer la comédie humaine du point de vue animal. On découvrira donc de curieuses notions : "cinèse", "cleptobiose", "cronisme", "effet Coolidge", "mimicrie", "(nécro)phorésie"… Un passage irrésistible : "J’ai remarqué depuis peu que le port d’une tête de cheval lors de mon footing quotidien induit chez moi une accélération de cadence mais provoque malheureusement des changements de direction inopinés potentiellement dangereux" (38)…

 

â–º Élisabeth Filhol, Bois II, P.O.L, septembre 2014, 264 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-2045-6.

"Il y a bien longtemps qu’un personnel n’est plus une ressource que l’on cultive" (p. 82).

Bois II, ou la liquidation d’une entreprise familiale sur fond de mondialisation – OPA et autres manœuvres… L’âge du profit immédiat n’est rien d’autre que la négation de quelque 465 millions d’histoire – ce qui explique le tableau géologique inaugural. C’est dire que la réalité économique s’impose au détriment de tout autre aspect (géologique, sociologique, humaniste…). Doit-on se résigner face à ce fatum posé comme inexorable ? L’auteure de La Centrale accompagne la résistance d’une communauté organisée autour du comité d’entreprise : la force d’un "nous", la rotation des points de vue et l’intensité dramatique mettent efficacement en scène l’aventure d’un collectif qui enfreint la loi en occupant l’entreprise et en retenant contre son gré le responsable de la débâcle.

â–º Piero Salzarulo, En attendant Hypnos, Passage d’encres, coll. "Trait court", automne 2014, 20 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-104-5.

Si ce grand insomniaque qu’était André Gide redoutait la veille imposée, en revanche Louis-Ferdinand Céline lâche cette confidence dans Mort à crédit : "si j’avais bien dormi toujours j’aurais jamais écrit une ligne"…
On gagnera à lire les courts opus de cette collection stimulante dans l’ensemble.

 

Libr-brèves

â–º Merci de signer et de faire circuler la pétition pour sauver le Collège international de philosophie.

â–º Christian PRIGENT – Le premier volet des "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" est en ligne sur le blog Autour de Christian Prigent. Quant à la mise en ligne des numéros entiers de la revue TXT, le blog Cantos Propaganda en est au n° 3/4.

â–º Nathalie QUINTANE – Le numéro 157 du Matricule des Anges qui vient de paraître comporte un dossier sur Nathalie Quintane : "Son oeuvre défait les tiroirs et les rangements à idées. Sous le désordre apparent des choses, la vie retrouve une intensité joyeuse. Et combative. Nouveau livre à paraître : Les Années 10". / Écouter Nathalie Quintane sur La Vie manifeste : "Réinjecter de la politique dans la littérature".

â–º Jusqu’au 2 novembre 2014, exposition d’Ann Loubert et de Clémentine Margheriti. Samedi 25 octobre à 16H, lectures de Christophe Grossi, Jacques Moulin et Valère Novarina : halle St Pierre à Paris (2, rue Ronsard 75018). (Vient de paraître : Portique, poème de Jacques Moulin ; dessins d’Ann Loubert).

â–º Conférence lecture Chloé Delaume / Isabelle Grell, vendredi 14 novembre 2014 à 20H, Médiathèque François Mitterrand à Tours (2, esplanade Mitterrand : 02 47 54 30 46 – ou 30 42).

5 octobre 2014

[News] News du dimanche

Plusieurs RV majeurs vous attendent cette semaine (Libr-événements) : MIDI MINUIT POÉSIE#14 à Nantes ; 24e salon de la revue à Paris ; rencontre avec Alain Badiou à Marseille. Mais tout d’abord : pleins feux sur Christian Prigent !

 

 Pleins feux sur Christian Prigent

En plus de l’actualité de l’écrivain, signalons que le blog Cantos Propaganda met à votre disposition les deux premiers numéros de TXT entièrement reproduits.

— Christian Prigent à Berlin. Le samedi 27 Novembre 2014, 20h. A propos de la traduction en allemand de L’Âme (POL, 2000), lecture et discussion. A «lettretage», Mehringdamm 61, D-10965-BERLIN. Contact : Katharina Deloglu, 0151-59 17 26 50. Voir http://comment.lettretage.de/category/christian-prigent

— Christian Prigent à Nantes. Le mardi 16 Décembre, 20 h 30. Grand-mère Quéquette, Demain je meurs, Les Enfances Chino. Lecture-rencontre organisée par le CAP (Culture, Art, Psychanalyse). Salle Vasse, 18 rue Colbert, 44000-Nantes. Contact : CAP Nantes, 06 10 28 64 88.

 

Libr-événements

â–º Mercredi 8 octobre 2014, Marseille, au Toursky à 19h. Théâtre/poésie/philosophie. Alain Badiou et Quentin Meillassoux. La première des six rencontres avec le philosophe Alain Badiou du 8 au 12 octobre 2014 dans plusieurs lieux de Marseille. Le programme complet ici : http://www.altravoce-marseille.com/#!a-venir/c9vr

 

â–º MIDI MINUIT POÉSIE#14, Quartie Decré à Nantes (plus d’infos : Maison de la poésie à Nantes).

Jeudi 9 octobre
15h30 | café-librairie les Bien-aimés.
Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
De 16h30 à 19h30 | Cité des Voyageurs.
Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée. (gratuit)
19h30 | Cité des Voyageurs.
Projection du film Berliner Trio pour stations et traversées d’Isabelle Vorle, sur une lecture performée en live de Patrick Beurard-Valdoye et une musique de Jean-Jacques Benaily, suivie d’un entretien avec les invités, animé par Guénaël Boutouillet, et de la projection du film Tous se terrent, sur un texte de Patrick Dubost.
(Entrée : 3€ / Abonnés, étudiants, demandeurs d’emploi : gratuit)

Vendredi 10 octobre
De 11h30 à 14h30 | Cité des Voyageurs.
Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée. (gratuit)
De 15h à 18h | Passage Sainte-Croix
"Les cabines phoniques", installation-atelier pour les enfants. (Gratuit)
18h30 | café-librairie les Bien-aimés.
Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
21h00 | galerie de l’école des Beaux-Arts.
Approches de la poésie actuelle : trois éditeurs présentent leurs travaux, et un auteur de leur catalogue pour une lecture. Avec les éditions Héros-Limite et Christophe Rey, les éditions La Barque et Ossip Mandelstam, les éditions Plaine Page et Ritta Baddoura. Animé par Alain Girard-Daudon.
(Entrée : 3€ / Abonnés, étudiants, demandeurs d’emploi : gratuit)

Samedi 11 octobre | de midi à minuit | gratuit

11h00 | Les Bien-aimés. Lecture de Films en prose, de Jacques Sicard par Gilles Blaise, sur une création vidéo de Thomas Chatard.
(Gratuit sur réservation, au 02 85 37 36 01 ou à la librairie Les Bien-aimés)
12h00 | Place Sainte-Croix. Inauguration.
12h30 | Place Sainte-Croix. Lecture-concert de Claude Favre et François Corneloup
14h00 | Le Cercle rouge. Performance d’Anne-Laure Pigache.
14h45 | Passage Sainte-Croix. Lecture de Marie Borel.
15h30 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Lecture-projection de François Matton.
16h15 | Place Sainte-Croix. Performance sonore de Charles Robinson.
17h00 | Le Cercle rouge. Performance de Mathias Richard.
17h45 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Projection commentée de Alphabet, de et avec Philippe Jaffeux.
18h30 | Passage Sainte-Croix. Performance poétique de Patrick Beurard Valdoye.
19h15 | Place Sainte-Croix. Performance musicale d’Anne Waldman et Will Guthrie.
20h00 | Les Bien-aimés. Entretien avec Jacques Sicard.
21h00 | Cité des Voyageurs. Lecture bilingue de Yu Jian (salle d’exposition).
21h45 | Place Sainte-Croix. Lecture-concert de Samuel Rochery et Cyril Secq.
22h30 | Passage Sainte-Croix. Lecture de Fabienne Raphoz.
23h15 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Stéphane Batsal : projection de vidéos et lecture par Fabienne Rocher et Véronique Rengeard (comédiennes).
00h00 | Galerie de l’école des Beaux-Arts. Bœuf poétique et musical, rencontres impromptues
Et aussi
De midi à minuit | Émission en direct sur JetFM 91.2
De 11h à 22h | Les Bien-aimés. Présentation et vente de livres des éditions La Barque.
De 12h à 22h | Cité des Voyageurs. Présence des éditions Héros-limite : livres et « Pavillon d’écoute », création sonore dans la cave voûtée.
De 15h à 18h | Passage Sainte-Croix. Présence des éditions Plaine Page : livres et "Cabines phoniques", installation-atelier pour les enfants.
De 14h à 18h | La Maison de la Poésie ouvre les portes de sa bibliothèque.

Dimanche 12 octobre
15h00 | au Cinématographe
Projection du film Gare de Jade, de Yu Jian, et entretien avec l’auteur, Li Jinjia (traducteur) et Claude Mouchard, animé par Alain Nicolas.
(Entrée : 5€ / Abonnés, étudiants, enfants, demandeurs d’emploi, Carts, Carte blanche : 3€)

Du 3 au 12 octobre : Création textes et dessins de François Matton dans l’espace public et aux Galeries Lafayette.

 

â–º Du 10 au 12 octobre 2014, 24e salon de la revue, Espace d’animation des Blancs Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris) les 10, 11, 12 octobre 2014 : le vendredi 10 de 20h00 à 22h00 ; samedi 11 de 10h00 à 20h00 ; et dimanche de 10h00 à 19h30.

Pour vous en donner la couleur : Éditorial.

Retrouvez : – les revues présentes – ou la liste par éditeurs exposants. LC vous recommande les stands d’Al dante, les revues Attaques Cassandre/Horschamp Chimères Espace(s) L’Étrangère Faire part La Femelle du Requin Grumeaux, Gruppen, Il particolare K.O.S.H.K.O.N.O.N.G Nu(e)

Et voici le programme complet des 27 rendez-vous qui rythmeront le Salon : ANIMATIONS.

Quelques RV :

Le vendredi 10 octobre à 20H, salle J. Risset : Chevillard est de la revue.

Le samedi 11 octobre, à 17h30, lectures à l’occasion de la parution du n° 4 de la revue Grumeaux (avec Typhaine Garnier, Jacques Demarcq et Luc Benazet).

Dimanche 12 octobre de 15h30 à 16h30, salle Jacqueline Risset.

« poésie, philosophie – réel » : Une réflexion proposée par la revue il particolare. Le nouage poésie/philosophie peut être de circonstance, construit artificiellement pour les besoins d’un débat. Les deux se nouent de façon lâche voire molle. Ce nouage-là ne nous intéresse pas. Choisissons, en revanche, un et « dur », comme disent les épistémologues, entre ces deux termes : poésie-philosophie. Ce nouage dur, un troisième terme le fonde : réel. Donnons-lui sa définition lacanienne : il est « l’exclu du sens » « le réel est, il faut bien le dire, sans loi. Le vrai réel implique labsence de loi ».

Posons alors cette question : que nous apporte cette confrontation/nouage/articulation entre poésie et philosophie pour traiter ce vrai réel nouveau ? À la logique universelle du « pour tous » s’opposent les usages et traitements pragmatiques du « cas par cas ».

Avec Éric Clémens et Jean-Patrice Courtois. Débat animé par Hervé Castanet et Françoise Santon.

 

28 septembre 2014

[News] News du dimanche

Après une UNE consacrée au dernier livre de Jérôme Bertin – qui peut vous donner le vertige -, nos Libr-événements : on y retrouve l’écrivain avec Laura Vazquez à Manifesten ; mais aussi les RV Alphabetville et le Maelström Insurrection Tour.

 

UNE : Jérôme Bertin /FT/

Georges Hyvernaud n’avait plus que la peau et les os… Jérôme Bertin, lui, pour dresser son autoportrait, met la peau sur la table, façon pèse-nerfs. Et il est vrai qu’il est fort énervé, celui qui entend "réaffirmer le lien entre littérature et politique" (p. 37), et qui "a un faible pour les fables par balles" (50) : après avoir confié qu’il "rêve d’un livre arme" (36), il lui faut "écrire avec du sang" (55), une "tempête de mots 16 mm", "mettre le poème à feu et à sang" (57)… Et il est vrai que d’emblée plane l’ombre d’Artaud le Momo : "ARTAUD AVAIT RAISON. C’est le monde qui est devenu un anormal. Le ricanement bébête comme éthique. Le cynisme c’est le rire du fort".

Face à ce monde devenu fou, l’écrivain recycle et détourne lieux communs et clichés, mots cultes et mots cuculs, les grands mots et démons de la littérature : ainsi avons-nous affaire, avec La Peau sur la table et Autoportrait, à "une espèce de cut up d’un monologue intérieur" (44). L’écriture sismographique de Jérôme Bertin propose un phrasé qui multiplie les télescopages et dérapages phoniques/sémantiques : Les chefs de sévices les présidents fromage… L’enfer du cac la sodomie talc… Les trafics d’orgasmes rapportent gros… La polio médite… Un dernier pour la déroute… Silicone balai dans le cul…

Jérôme Bertin, La Peau sur la table, suivi de Autoportrait, Al dante, septembre 2014, 80 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84761-762-7.

Libr-événements

â–º Alphabetville est partenaire de What the flok, festival faire et penser, organisé par réso-nance, Zinc et le Lieu de Fabrication Ouverte à la Friche Belle de Mai, Marseille, du 29 septembre au 4 octobre
Informations : http://reso-nance.org/whattheflok/
Participation de Colette Tron à la table ronde « Connaissances libres » le 3 octobre à partir de 20h30, avec réso-nance, Ping, Emmanuel Vergès, Michel Bauwens
Programme complet : http://reso-nance.org/whattheflok/programme
 
 
♦ Résidence :

Micro-résidence de l’écrivain et philosophe Jean-Christophe Bailly, invité par Alphabetville à Marseille
En collaboration avec le cipM, la Friche Belle de Mai, les Bancs Publics et l’ENS photographie d’Arles
Du 1er au 4 octobre
 
Rendez-vous publics :
Lecture de Jean-Christophe Bailly
le mercredi 1er octobre à 18h30 au cipM
Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille
Renseignements : 04 95 04 96 23 / 04 91 91 26 45
 
Projection de vidéos d’artistes : carte blanche à Jean-Christophe Bailly
le samedi 4 octobre à 17h aux Bancs publics
Les Bancs publics, 10 rue Ricard, 13003 Marseille
Renseignements : 04 95 04 96 23 / 04 91 64 60 00

 

â–º Vendredi 3 octobre à 21H30, Maelström Insurrection Tour, Genève (Bains de Pâquis / 30, quai du Mont-Blanc). Poésie en Ville accueille pour la première fois à Genève les Editions Maelström, basées à Bruxelles, et plusieurs de leurs auteurs :

David Giannoni
Théophile de Giraud
Dominique Massaut
Vincent Tholomé

Improvisation musicale : Benjamin Pottel

L’heure est venue pour vous de parler
Vous tous amants de la liberté
Vous tous amants en quête du bonheur
Vous tous amoureux et dormeurs
Enfoncés dans vos rêves intimes
L’heure est venue de vous prononcer
Ô majorité silencieuse
Avant qu’ils viennent vous chercher !

Lawrence Ferlinghetti
Blind Poet



En regard de la publication de la traduction française du livre de Lawrence Ferlinghetti, "Poésie Art de lʼInsurrection" (maelstrÖm, mai 2012), la Troupe Poétique Nomade vous invite à découvrir une poésie vivante, engagée et festive.Les poètes et musiciens se réunissent pour partager lʼunivers et les mots de Ferlinghetti, lʼun des plus grands auteurs de la Beat Generation (ami et éditeur de Ginsberg et Kerouac).

Lectures de textes de Lawrence Ferlinghetti, largement centrées sur le livre “Poésie Art de lʼInsurrection”.
Lectures dʼautres auteurs en résonance avec ce thème de lʼinsurrection poétique (textes engagés, poésie urbaine, etc.)
Lʼensemble est accompagné par des musiques interprétées live par Benjamin Pottel.

 

â–º Jeudi 9 octobre à 19H, MANIFESTEN/Al dante (rue Thiers à Marseille) : poésie-action avec Jérôme Bertin et Laura Vazquez.
 

 

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