Libr-critique

20 mars 2016

[News] News du dimanche

LC tient le rythme, avec depuis le début de l’année en moyenne un post tous les deux jours. Ce soir, après une UNE consacrée au dernier livre de Laurent Grisel, l’agenda printanier de Julien Blaine et nos Libr-événements

UNE : Laurent GRISEL, Climats

â–º On ne manquera pas le passage sur scène des Climats de Laurent Grisel, mardi 22 et mercredi 23 mars, à l’Art Studio Théâtre de Kazem Shahryari, dans le cadre de son Festival du printemps 2016. Cette lecture-performance est mise en scène par Élodie Barthélémy et accompagnée à la guitare par Serge Tamas.
"Climats" s’entend ici dans tous les sens de ce terme : climats de Mars, de Vénus, climats anciens et actuels sur notre planète, climats possibles dans le futur.  Et « climats » s’entend comme on l’entend de nos jours : au sens des enjeux du changement climatique sur notre planète. Ce poème les prend de front. En ne laissant de côté aucun aspect : ni physique, ni politique, ni imaginaire, ni économique, ni sensoriel.  Il essaie de faire ce que seul un poème, peut-être, peut faire, qui est de tenir ensemble des modalités de l’être qui sont tenues séparées.

â–º Dans cette épopée poétique/politique/satirique, Laurent Grisel montre les mécanismes météorologiques qui peuvent nous conduire à notre perte, tout en fustigeant aussi bien la répression d’un peuple d’Amazonie plein de sagesse, les Mundurukus, que la spéculation à outrance. Les mécanismes implacables sont traduits par ce genre d’enchaînement :

La lutte entraîne la répression
qui entraîne la lutte
qui entraîne la répression
qui entraîne la lutte p. 13).

Hansen (2007) insiste :
n’oubliez pas l’albédo flip
la fonte des neiges et glaces
assombrit les surfaces
les rayons du soleil sont mieux absorbés
ce qui réchauffe neige et glace
ce qui les assombrit
ce qui augmente l’absorption de la chaleur solaire
ce qui, etc. (p. 23).

Ces nombreux agencements répétitifs systématiques (ARS) confèrent au texte toute sa dimension tragique.

Laurent Grisel, Climats, Publie.net, coll. "L’Inadvertance", hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €, ISBN : 978-2-37177-438-4. /FT/

Agenda printanier de Julien BLAINE

Les 24 & 25 mars, Cris et chuchotements à Paris École des arts appliqués Auguste Renoir.

En avril
Du 5 au 7  festival les  Excentricités à Besançon
Du 8 au 13 à Tokyo et à  Kamakura pour le 40e anniversaire du Doc(k)s spécial Japon  avec la revue Delta
À la galerie Jean-François  Meyer à Marseille du 15 avril à la fin du mois :
L’huitre & La pomme  de terre
Nous sommes dans la purée de 4 pommes de terre

En  mai                                                                                                            
Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de  La Poésie à outrance
Le 03 mai : Café des images Films et  discussions sur La Poésie à outrance
Le 04 mai : La Nouvelle  Librairie Guillaume les revues avec André Chabin, Gilles  Suzanne et Yannick Butel.

La nuit des musées – La  notte del museo di Gap – The night in the Gap museum
au Musée-Muséum de  Gap : inoubliable r’assemblement !
le 21 mai  2016
Julien Blaine :
Une  girafe dans la neige
Spermato zoo  !

Libr-événements

â–º Du 22 au 26 mars, La Cave-Poésie René-Gouzenne (71, rue du Taur à Toulouse) : Cri & Co / En Compagnie des Barbares

Il est pourtant difficile de rester sérieux quand deux clowns, qui croient tout savoir, se mettent à vous faire un cours. Un rempart de livres est dressé entre les personnages et le public, et comme dans une guerre des tranchées, celui-ci est bombardé de citations, de recueils de poèmes. Le rempart devient un réservoir à poètes, une réserve de munitions et le public repart armé, avec une langue vivante revivifiée…

Avant le spectacle, En Compagnie des Barbares vous servira un apéritif surréaliste et dada.

Cadavres exquis, collages dada, et autres jeux littéraires iconoclastes seront proposés en amuse bouche. Ce sera l’occasion de préparer les spectateurs à Cri&Co, spectacle co-écrit, truffé de­ ­décollages, de citations de poètes morts et d’autres cadavres.

Distribution

D’après l’oeuvre de Christophe Maquet : Cri&Co publiée aux éditions du Grand Os

Avec : Denis Lagrâce et Karine Monneau 
Mise en scène : Sarah Freynet
Scénographie : Christine Solaï     
Lumières  : Clélia Tournay
Costumes : Kantuta Varlet
Accessoires : Karine Marco

â–º Jusqu’au 28 mars, exposition VAM : "Give me a reason", Galerie du Front de Taille (Saint-Maximin). Cette exposition tente d’embrasser la question du féminin à travers plusieurs séries évoquant des parcours intimes.C’est un travail de recherche, à la fois personnel et universel, sur la construction de l’identité et, de façon plus générale, sur les femmes dans nos sociétés actuelles.
Comment devenir soi-même en apprivoisant le regard de l’autre, en s’affranchissant des stéréotypes ? Comment trouver son équilibre lorsque libération et archaïsme se côtoient toujours dans notre quotidien ? Comment transcender la difficulté d’être d’un sexe à la fois vénéré et bafoué, honoré et humilié ?
Artiste française, VAM mène un travail engagé sur la condition féminine et met l’accent sur les distorsions entre libération et archaïsme, les contradictions entre l’émancipation apparente de la femme dans nos sociétés, et le poids des stéréotypes dans lesquels elle reste enfermée. Lauréate 2014 du concours d’Art Contemporain, catégorie photographie, de l’Espace Christiane Peugeot, Paris 17.

« GIVE ME A REASON »
Exposition de l’artiste VAM
à la Galerie du Front de Taille / Tél. 03.44.61.18.40. / culture@saintmaximin.eu.
Les 5 et 6 mars et du 16 au 28 mars 2016
Maison de la Pierre – 22 rue Jean Jaurès –  60740 Saint-Maximin
Les mercredi, samedi et dimanche de 14h30 à 18h

â–º Jeudi 31 mars, 19H30-22H30, Séance Qui-Vive n° 8, Ciné 104 (104, avenue Jean Lolive à Pantin – 93).

1. Hétérophonie Cinéma /Poésie : Judith Cahen, Masayasu Eguchi et Florence Pazzottu
2. Publicité du judo — "Cérémonie" de Rudolf di Stefano et Minh Sourintha
Interlude 1: "Disparaître…" de Jérôme Benarroch
3. Actualité de la poésie — "Les trois crânes" de Jérôme Benarroch
Interlude 2 : "Octobre, une invention de l’année 2015" de Jean Seban
4. Annoncer Hétérophonie 68
Entracte
5. Publicité des mathématiques — La notion de formalisation, éclairée par la théorie des modèles
Interlude 3 : "Duelle X" de Jérôme Benarroch
6. Actualité du Théâtre : "Le plaisir d’être honnête" de Pirandello par Marie-José Malis
Interlude 4 : "Décembre, une invention de l’année 2015" de Jean Seban
7. Musique sur écran noir — "Tombeau" de Pierre Boulez
8. Annoncer l’amour — "Ma nuit chez Maud" d’Éric Rohmer

â–º Du 7 avril au 7 mai, galerie Sophie (Paris), exposition d’Anne-Olivia Belzidsky, « Théorie des petits ensembles ».
VERNISSAGE LE JEUDI 7 AVRIL DE 17H à 21H

dessin . bijoux . sculpture . photographie
accompagnée par un écrit d’ Eric Michel.

EXPOSITION DU 7 AVRIL AU 7 MAI

Anne-Olivia Belzidsky,
Théorie des petits ensembles.

Au premier jour il y eut ce vidéogramme, cette apparition de sculpture-princesse dans ma vie.
Puis il y eut ce concert.
Enfin il y eut cette rencontre, rue des Carmes. Les regards qui s’expriment avant les mots.

A deux pas de l’internat de ma jeunesse, à deux pas du dojo que je fréquentais à mon retour du Japon.

La voie.
L’unique trait de pinceau.
Le centre de gravité d’une vie.
L’aleph.

Puis il y aura les échanges, les sons, les tourbillons de synchronicité.
La voix.
Juste là.

Et maintenant l’alchimie de l’encre et de l’or, la topologie des anneaux, des mailles, des courbes, des plis, l’infini des correspondances, des reflets, la mécanique des photons, l’éclat des pierres, le paradis des persistances rétiniennes.

Une nouvelle proposition: la Théorie des petits ensembles.

La voie.
Juste là.

Eric Michel, 2016

Galerie Sophie Etc, 2 rue Gambey, 75011

 

6 mars 2016

[News] News du dimanche

Qui dit mars, dit vraiment "printemps-de-la-poésie" ? Ah que NON, répond Julien d’Abrigeon ! Pleins feux sur Annie ERNAUX ; puis, RV avec le festival POEMA, Eric Pessan, Sandra Moussempès…

Pohérésie – Le parti pris de Télérama

Deux raisons valant mieux qu’une (et le printemps-de-la-poésie et le 50e anniversaire de la collection "Poésie" chez Gallimard), Télérama – filiale du Monde – s’intéresse à un autre grand groupe, celui de Gallimard : et voici un panorama de plus d’un siècle de poésie qui repose presque uniquement sur des auteurs maison (Gallimard et ses filiales, P.O.L et Mercure de France – mais, bien entendu, entre autres, il manque Novarina et Prigent…)… Et le tout orchestré par un André Velter dont la lucidité ne peut que laisser coi : les poètes d’aujourd’hui ? "Franck Venaille le capitaine de nos peurs, Serge Pey le chaman aux bâtons, Jacques Darras l’outrepasseur, Jean-Paul Michel qui vise au style éternel, François Cheng qui réveille le vide et actionne le non-agir…" Excusez le peu – le vide, a-t-il dit. /FT/

♦ Julien d’Abrigeon : « Mars, c’est toujours le mois du combat. A cause de cette sacrée plaie de "Printemps (à la con) des poètes (à la con)", on va se retrouver avec des récitations, avec le ton, de Saint-John Perse, des acteurs qui font leur blé de l’année avec des animations poétiques, du Prévert à en vomir, des trucs RATP à chier, du "poétique" de partout, de la poésie (presque) nulle part, une nuit Enrico Macias sur France Culture, des regards plissés, des yeux fermés, des CD "Natures & découvertes" en fonds sonores, des lectures nulles accompagnées de jazzmens nuls, du Petit Prince qui n’a rien à foutre là, du Maurice Carême illustré par le petit, du "vaz-y-que je te souffle du Jean-Pierre Siméon dans un tube dans ton oreille avec mes miasmes de fin d’hiver", du slam bien rimé par le petit jeune du quartier qui a lu Baudelaire l’an dernier et qui est gentil, tu vois, du poète maudit qui est maudit parce qu’il boit trop de Villageoise et qu’il fronce le front en disant "merde, sperme, société", de la pré-vielle bab qui lit ses trucs sur la glaise, l’ocre et le givre en offrant le thé, de l’article sur la poésie contemporaine jusqu’à 1952, de Sapho lit Jacques Bonaffé ou l’inverse, je ne sais plus, du "ah mais, c’est pas de la poésie, ça", du "Heidsieck, connais pas/c’est froid"…
Bref, c’est le mois où on s’énerve, on s’arme, on déploie, on attaque, contre-attaque, jusqu’à épuisement ! Courage les amis ! LA POESIE MENACE ! »

 Tweet de Julien d’Abrigeon, fondateur de tapin2, qu’on pourra aller visiter sur le champ : "Pas de printemps pour. La poésie, à l’instar des pizzas, c’est 4 saisons. Misère du croutonisme velterosiméonien dans le HS de Télérama"…

Pleins feux sur Annie ERNAUX

â–º Mardi 15 mars, 12H-14H, Université Paris XIII-Villetaneuse. Dans Les Années, l’histoire individuelle rencontre l’histoire sociale de la seconde moitié du XXe siècle. Annie Ernaux répondra aux questions d’Anne Coudreuse au sujet de cette autobiographie et plus largement de son œuvre. C’est aussi l’occasion d’évoquer son prochain livre, Mémoire de fille, à paraître aux éditions Gallimard en avril.

L’entretien sera suivi d’une séance de dédicaces et d’un buffet. Inscription conseillée : serviceculturel@univ-paris13.fr

â–º Lundi 11 avril à 19H, Maison de la poésie Paris, rencontre avec Annie ERNAUX animée par Michel Abescat.

Tarif : 5 € / adhérent : 0 € RÉSERVER

« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et  son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. » Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

À lire : Annie Ernaux, Mémoire de fille, Gallimard, à paraître en avril 2016.

 Libr-événements

â–º

â–º Du 9 au 13 mars, festival POEMA Nancy-Vandœuvre, avec notamment Bernard Noël, Frédéric Forte, Julien Blaine, Patrick Dubost, Liliane Giraudon, Christophe Manon, Eugène Savitzkaya, Vincent Tholomé… Le 18 mars, ce sera à Bar-le-Duc avec Dominique QuélenProgramme complet (les manifestations se prolongent jusqu’en juin).

â–º Mardi 15 mars, Sandra Moussempès sera au Mamco de Genève pour une lecture-performance Beauty Sitcom ; le lendemain elle interviendra dans le cadre d’un workshop avec les étudiants de la Head Genève.

4 février 2016

[News] Libr-événements

Trois RV importants dans les deux semaines : avec Eugène Savitzkaya à Bruxelles ce samedi, où se déroulera également un Cabaret DADA – mais à Paris -, et avec Amandine André, dont est présenté le dernier livre, fascinant De la destruction.

 

â–º Samedi 6 février 2016, lecture-performance d’EUGÈNE SAVITZKAYA : « Le long journal intime des dames / et des demoiselles… » (de mars 1865 à janvier 2012).
Quatre lectures du poème, à 15h, 16h, 17h et 18h précises.
Aux cimaises blanches de la Galerie Didier Devillez, une seule œuvre : le manuscrit (91 x 66 cm) posé sur châssis du « Long journal intime des dames et des demoiselles… »

GALERIE DIDIER DEVILLEZ – 53 rue Emmanuel Van Driessche – 1050 Bruxelles (Belgique)

 

â–º CABARET DADA, Session performative pour artistes et poètes. Célébration du centenaire de l’ouverture du Cabaret Voltaire (Zurich, 6 février 1916). Samedi 6 février 2016, 15 heures – entrée libre Halle Saint Pierre (Paris )– auditorium : réservation conseillée : 01 42 58 72 89.

 â–º Vendredi 19 février 2016, 21H30 au Connétable (55 rue des Archives 75003 Paris) : lecture-rencontre avec Amandine André pour De la Destruction.

♦ Amandine André, De la destruction, préface de Michel Surya, Al dante, février 2016, 112 pages, 13 €, ISBN : 978-2-84761-732-0.

"J’écris pour qui entrant dans mon livre,
y tomberait comme dans un trou, n’en sortirait plus" (Bataille, cité par M. Surya).

Ecrire, c’est détruire l’appartenance : à soi, à son corps, au monde comme à la langue. Ecrire, c’est avoir "tête dans la gueule du mot" (p. 22). La tête, ce lieu non dialectique où se neutralisent l’en-chien et le hors-chien, le sens et le non-sens. Les Agencements Répétitifs Littéralistes ("Chien ordonne la rémission de la métaphore") d’Amandine André (ARL) font se télescoper les signifiés : la langue sait se faire archaïque pour dire le combat entre chien et non-chien.

Ecrire, c’est pour Amandine André écrire avec son chien. "Des mots puissants. Propres à détruire tous mots qui s’opposent au mot qui s’opposent à sa puissance" (14). C’est avec son chien qu’elle creuse le trou qu’évoque Bataille. /Fabrice Thumerel/

31 janvier 2016

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : Pleins feux sur Julien BLAINE, puis sur Frank SMITH ; Libr-brèves ensuite…

 

Pleins feux sur Julien BLAINE

â–º Exposition au Musée-Muséum de Gap, qui dure jusqu’à fin septembre 2016 : Une girafe dans la neige / Spermato Zoo

L’auteur y sera une fois par mois, et notamment :

• sam. 13/02/2016

• sam. 05/03/2016

â–º Du 20 janvier jusqu’au 31 mars : Body Body, exposition collective à la Plaque Tournante – Sonnevallee 99, Berlin.

En février  

â–º Le 3 à 19h00, à la galerie J.-F. Meyer à Marseille, finissage de l’exposition Daniel Van de Velde accompagné du chant de Julien Blaine dans une souche ombrée.       

â–º Le 6 à 15h00, la halle Saint-Pierre à Paris : un Cabaret Dada.                          

En mars

â–º Le Poema festival, du 11 au 13 mars 2016 au Centre  Culturel A. Malraux, scène nationale de Vandœuvre les Nancy.

â–º Les 18 & 19, autour des revues Invece et Mange-Monde à la Médiathèque de Perpignan, à la galerie 13 à Ille-sur-Têt…

En avril

â–º Du 8 au 13, à Tokyo et à Kamakura pour le 40e anniversaire du Doc(k)s spécial Japon, avec la complicité de la revue Delta

â–º À la galerie Jean-François Meyer à Marseille, du 15 avril à la fin du mois : L’huitre & La pomme de terre / Nous sommes dans la purée de 4 pommes de terre

En mai                                                                                                           

â–º Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de La Poésie à outrance

â–º Le 03 mai : Café des images, Films et discussions sur La Poésie à outrance

â–º Le 04 mai : La Nouvelle Librairie Guillaume  autour des revues, avec André Chabin, Gilles Suzanne et Yannick Butel.

 

Pleins feux sur Frank Smith

Micro résidence du 4 au 11 février 2016 à Marseille (Alphabetville), en collaboration avec la Friche Belle de Mai, la librairie la Salle des machines, Montevideo, Radio Grenouille, La Marelle

Alphabetville développe depuis l’année 2013 un programme de résidences de courte durée, ou micro-résidences, avec des auteurs, critiques, chercheurs ou artistes invités. Ces micro-résidences développent une implication de l’invité sur le territoire, donnent accès pour le public à une meilleure connaissance de l’œuvre, et génèrent des créations à l’issue de ces expériences.

La première résidence de l’année 2016 s’ouvre avec Frank Smith, écrivain, poète et vidéaste.

Frank Smith a publié une douzaine de livres ainsi que de nombreux textes en revues et réalise des films ou « ciné-poésies ». Dernier ouvrage paru : Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’Attente, juin 2015. Dernier film réalisé : Le Film des questions, janvier 2015, commande du centre Pompidou.

Il est aussi producteur-radio pour France Culture, où il a coordonné l’émission La poésie n’est pas une solution (2012) et co-dirigé le programme culte L’Atelier de création radiophonique, de 2001 à 2011.

Frank Smith est représenté par la Galerie Analix Forever, à Genève, et son travail a été présenté dans de nombreux festivals et centres d’art à travers le monde.

Avec Guantanamo, publié en 2010 au éditions du Seuil (Coll. « Fiction & Cie ») et en 2014 aux États-Unis (traduction de la poète conceptuelle Vanessa Place), sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post et nominé pour les PEN America Awards, Frank Smith inaugure, à partir de documents et d’archives, une série d’investigations poétiques en phase avec les conflits majeurs du monde contemporain.

Il mène actuellement l’écriture d’un essai d’investigations poétiques intitulé La table des opérations dans lequel est développée en particulier la notion de « co-errance », et prépare les fondations d’un ‘Bureau d’Investigations Poétiques‘.Ces investigations sont d’ailleurs en grande partie décrites dans son dernier livre Fonctions Bartleby (éditions Le Feu Sacré) par la figure du célèbre personnage de Melville. [Bibliographie, activités, actualités : http://www.franksmith.fr/]

Evénements publics

â–º Jeudi 4 février à 18h30 à la librairie la Salle des machines : Lecture d’extraits et présentation de Fonctions Bartleby de et par Frank Smith

« Je pose la question de la formule et je préférerais ne pas dire « je » mais dire au dehors du dehors. Je préférerais ne pas trancher sur le cas Bartleby car la résolution exclue toute question qui l’aura entrainée. Je préférerais ne pas dire « formule » mais « proposition », la proposition de Bartleby, — de même que je préférerais ne pas dire Bartleby mais « B. »

« Alors comment s’y prendre avec ça, sachant que les modes de circulation, de valorisation, d’appropriation de la formule de B. évoluent à chaque lecture et se modifient à l’intérieur ? Une lecture contemporaine de Bartleby, elle préférerait ne pas faire quoi, ne pas dire quoi ? »

Fonctions Bartleby, bref traité d’investigations poétiques, éditions le Feu sacré, 2015

Suivies d’un échange entre Frank Smith et l’écrivain Liliane Giraudon, animé par Colette Tron [La salle des Machines, Friche Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille / Informations : 04.94.0496.23 / 04.95.04.95.95]

â–º Mercredi 10 février à 20h00 à Montevideo. Lecture de Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane de et par Frank Smith, augmentée d’une création sonore de Gilles Mardirossian (créé à Paris avec Théâtre Ouvert / Centre National des Dramaturgies contemporaines en novembre 2015). Isle de Jean Charles est une langue de terre située aux confins de la Louisiane. Cette île est la première victime d’une érosion côtière qui ronge la région depuis des siècles, décuplée par les effets des tempêtes et des ouragans qui balaient régulièrement le Golfe du Mexique. Avec elle, une communauté d’Indiens issus de trois tribus ― Biloxi, Chitamacha et Choctaw ― coule doucement. Pêcheurs de père en fils, les Indiens d’Isle de Jean Charles ont comme autre particularité de parler partiellement le français des Cajuns, descendants de Français chassés d’Acadie par les Anglais en 1755 et réfugiés en Louisiane.
On y va. On y passe, un jour…

Lecture suivie d’un échange avec Frank Smith animé par Colette Tron

Tarif : 3€ + adhésion / Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35 / Montevideo, 3 impasse Montevideo, 13006 Marseille 

Rencontre professionnelle

« Les écrits du numérique »

Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, et La Marelle, villa des auteurs à la Friche Belle de Mai à Marseille, organisent une journée de réflexion et d’échanges dans le cadre du séminaire « Les écrits du numérique », le 8 février 2016 de 10h00 à 17h00. A l‘occasion de la résidence d’écriture numérique de Matthieu Duperrex, lauréat 2016, accueilli par La Marelle, et de celle de Frank Smith, écrivain accueilli par Alphabetville pour une micro-résidence, dont les temps de présence à Marseille s’entrecroisent, se déroulera une journée de présentation et d’échanges collectifs, à partir de leur création en cours.

Programmes radiophoniques

A écouter sur radio Grenouille 88.8 FM ou sur www.radiogrenouille.com. Deux programmes réalisés par Emmanuel Moreira.

Gaza, d’ici-là, entre le plomb et la langue : entretien avec Frank Smith à propos de Gaza, d’ici-là (éditions Al Dante), accompagné d’une lecture par l’auteur.

Jeudi 4 février à 22h30 et samedi 6 février à 12h00

L’atelier du regard – Frank Smith : avec We can make rain but no one came to ask, il porte son regard sur œuvre de Walid Raad issue de la collection du FRAC PACA

Dimanche 7 février à 10h00 et mercredi 10 février à 13h30 

Alphabetville

Friche Belle de Mai

41 rue Jobin

13003 Marseille

0495049623

alphabetville@orange.fr

www.alphabetville.org

Libr-brèves

â–º On découvrira le blog prometteur d’Anne Galzi, vAriaTion, et notamment sa méditation poétique à partir de plusieurs tableaux : "Un ange passe"

â–º Du 1er au 14 février, ne manquez pas la Bébée Princess d’AnnaO : 12,5 x 12,5, 20 p. – 65 € (Numéroté 1 à 7). Livre d’artiste présenté en exclusivité à la galerie Sophie… etc !, 2 rue Gambey Paris 11.

â–º JEUDI 04 FEVRIER 2016 @ Növo Local, Bordeaux : concert autour de l’improvisation avec

 
 – L’OCELLE MARE (Fr.) https://ocellemare.bandcamp.com/
– KRAUMS NOTHO (Bx)  https://soundcloud.com/kraums-notho
– et PONTEVIA/CHIESA/NASTORG (Bx/Tlse) https://soundcloud.com/mpontevia
 
infos sur les groupes :
 

 

  16 rue Jules Guesde (Place des capucins). 20h30. 5 euros.

 

 un concert de "les potagers natures" : 
 

â–º Jeudi 4 février, 18H-22H, à L’Amour (24, rue Molière à Bagnolet) : MESSE³ ROSE. Lectures et performances de Elitza Gueorguieva – Jeanne Bathilde – Chloé Masson – Mélanie Yvon – Jérémie Buldo – Benoît Toqué – Carole Louis – Nathanaël Ruiz de Infante – Sébastien Montéro – Élodie Petit – Jeanne Moulin.
♦ musique live
♦ Évangile : Matthias Puech / Luci1.0 /Lazy Terms
♦ projection de courts métrages : Ludovic Sauvage, Ethan Assouline, Sabrina Ratté, Nuno Patricio, Joe Hamilton, Laura Gozlan, Sybil Montet, Gregory Chatonsky.

Messe³ Rose =
chôSe est un collectif d’artistes basé à Paris – c’est la base, c’est sans prétention. Mais il est mobile, amovible, rétractable. Ils sont plusieurs. Engendré sous la pluie, sa gestation, on peut parler de sa gestation, on peut dire qu’il a écumé des planchers et fissuré des fondations. Les dimanches : chôSe est endimanché. Ils organisent des messes, des messes terribles, de toutes les couleurs : Messe³, + 1 couleur, on appelle ça comme ça. La première, ça a été une messe basse, noire : Messe³ Noire, elle a eu lieu sous terre, dans les catacombes. Une messe³ c’est un événement : il s’y passe des choses : chôSe fait des choses*. À chaque messe³, on invite des gens à venir faire des choses avec nous – chôSe est mobile, amovible, rétractable, et expansible aussi. Ensuite, chôSe [en fait chôSe à la base c’est un petit nom, comme un pseudo, c’est le diminutif de Chômage & Sexualité] travaille à partir des traces de sa messe³ : ça donne autre chose . Pour la première messe, la Messe³ Noire, ça a donné Messe Noire, une publication papier. Messe peut s’écrire sans « e ». Perhaps it’s messy = Peut-être ça fait désordre. He made a mess in the mess = Il a mis le désordre au mess = à la cantine militaire, ou bien, He made a mess in the mess = il a mis la pagaille dans le désordre. En anglais, mess a aussi l’avantage de pouvoir être un verbe, comme par exemple dans la phrase You’ve messed up my beautiful carpe = Vous avez foiré ma belle carpe. Pardon, faute de frappe : my carpet. Mon beau tapis, vous l’avez souillé. Parce que to mess veut aussi dire souiller, que c’est ça que ça veut dire dans You’ve messed my beautiful carpet – puisque « foirer un tapis », dans un contexte type arts décoratifs, ça marche, mais là. Bon. Pour notre prochaine publication publique : notre prochaine messe³, on aimerait que chôSe sorte de terre, des dessous, et qu’il crève L’Amour : ce serait une Messe³ Rose.

* une chose est : une performance, une action, une installation, un poème sonore, un acte, une conférence performance, une lecture publique, un vrai-faux happening, un poème graphique, une action furtive, un poème action, un powerpoint, un event dans l’event, un reenactment, un texte transgenres, une chanson, une lecture performée, un contre event, un texte exposé, une chanson, une projection vidéo, un poème acousmatique, un geste, une installation performance, un geste, une parole en l’air – une chose est une chose est une chose on n’est pas clivés.

 

23 janvier 2016

[Chronique] Poétiques contemporaines, d’Apollinaire à Chaton

Alexander Dickow, Laurent Fourcaut et Gaëlle Théval nous offrent d’intéressantes réflexions sur la révolution poétique à l’œuvre depuis un siècle : dépersonnalisation, polyphonie et art du ready-made.

 

â–º Je est un autre : Alexander Dickow, Le Poète innombrable : Cendrars, Apollinaire, Jacob, Hermann, été 2015, 394 pages, 35 €, ISBN : 978-2-7056-8995-7. / Laurent Fourcaut, Alcools de Guillaume Apollinaire : je est plein d’autres, remembrement et polyphonie, éditions Calliopées, novembre 2015, 144 pages, 15,60 €, ISBN : 978-2-916608-62-4.

La thèse que publie le jeune poète américain Alexander Dickow – dont nous avions signalé dès sa sortie le premier texte publié en 2008, Caramboles – part d’un constat, la multiplication d’autoportraits poétiques parus entre 1900 et 1920 ; avec les trois auteurs étudiés, ce fait devient paradoxal dans la mesure où cette surpersonnalisation tranche avec ce qui caractérise désormais la figure du poète : la dépersonnalisation. Aussi le chercheur va-t-il d’abord étudier les mises en scène de soi chez ces trois figures majeures que sont Cendrars, Apollinaire et Jacob, avant de se pencher plus précisément sur leur art de la composition et leurs "parcours initiatiques" (les "récits du devenir-poète") ; les deux derniers chapitres, qui croisent la perspective sociologique mais sans s’y arrêter, portent sur les mises en scène de soi et du nous dans les revues (Les Soirées de Paris, Montjoie !, Nord-Sud, Mercure de France, Sic, L’Elan, Lettres modernes, Les Hommes Nouveaux, La Phalange, etc.) et sur l’originalité des positionnements dans l’espace des possibles contemporain. L’analyse des postures s’avère particulièrement passionnante : en cette période de crise des valeurs qui n’épargne pas l’art, les rapports au personnage de Fantômas permettent d’opposer celle d’Apollinaire (fédérateur) à celle des deux autres poètes (francs-tireurs) ; en revanche, tous trois adoptent une attitude paradoxale vis-à-vis des normes esthétiques dominantes, de sorte que Cendrars est qualifié de "sacré iconoclaste", Apollinaire de "romantique moderne" et Jacob de "néoclassique". Ainsi, vu qu’il n’y a pas plus d’"idéal littéraire" (Apollinaire) que de "nonconformisme absolu" (Breton), et que "la décomposition n’est pas une position" (Jacob), à la subversion ambiante préfèrent-ils la confusion ou l’indétermination normative.

De même, à sa façon, Laurent Fourcaut établit un parallèle entre identité problématique et polyphonie poétique : l’intérêt de cette monographie consacrée à Alcools (1913) réside dans sa dimension synthétique comme dans ses analyses fouillées des textes.

 

â–º Gaëlle Théval, Poésies ready-made, L’Harmattan, automne 2015, 288 pages, 28,50 €, ISBN : 978-2-343-06944-9.

Si les deux premiers volumes évoquent en passant l’art du ready-made en poésie, en voici un dont c’est précisément le sujet, puisqu’il fallait combler un manque : "Cette absence apparente de résonance du ready-made à l’intérieur du champ poétique semble d’autant plus surprenante que le XXe siècle est précisément celui de l’ouverture des frontières entre les arts" (p. 11). Comment expliquer un tel vide ? C’est que le ready-made poétique n’entre pas dans le cadre de l’analyse poétique traditionnelle, qui se concentre sur les caractéristiques thématiques et formelles, le lyrisme en vers ou la poéticité. Il faut attendre 2009 pour une étude critique (Nicolas Tardy, Ready-made textuels, HEAD) ; au tournant du XXe et du XXIe siècle, il était entré dans le champ poétique grâce à un numéro de la revue Action poétique intitulé "Poésie (&) ready-made" (n° 158, 2000).

Mais qu’est-ce qu’un ready-made poétique ? Ni tout à fait un collage, ni tout à fait un plagiat : c’est un emprunt matériel (poèmes objets), visuel ou sonore, un document poétique – au sens où l’entend Franck Leibovici de technologie intellectuelle qui retraite et reconfigure des représentations médiatiques usées. Se fondant sur une démarche intermédiale – puisqu’elle passe du champ des arts plastiques à celui de la poésie -, Gaëlle Théval analyse finement les pratiques les plus variées, du dadaïsme et du surréalisme aux poètes contemporains (Bory, Cadiot, Espitallier, Michot, Molnar, D. Roche, Sivan, Suel…)  : détournements surréalistes et situationnistes, cut ups divers, poèmes trouvés de Kolàr, biopsies de Heidsieck, poèmes métaphysiques de Blaine, événements de Chaton…

Dialogue avec Alexander Dickow

AD. La tournure à propos de la "dépersonnalisation" me paraît légèrement différente de ce que j’entendais dans l’introduction : à mon sens, la dépersonnalisation n’a jamais été dominante du tout dans le champ littéraire ; les dimensions de Flaubert et Mallarmé font largement illusion, et à vrai dire, ceux qui travaillent sur la période dite moderniste ne croient plus vraiment à Friedrich (s’ils y ont jamais vraiment cru). Je pense que le champ a été de tout temps beaucoup plus pluraliste que ne le suggère Friedrich, et la dépersonnalisation elle-même ne date pas de Flaubert ou Mallarmé. Ce sont là deux "options" parmi d’autres, si tu veux. Je soupçonne que tu partages d’ailleurs mon point de vue, mais la tournure de ta réflexion me paraît suggérer, peut-être même malgré toi, que la dépersonnalisation a été un moment dominante. Peut-être ai-je laissé quelque bévue dans le texte qui suggère ce point de vue erroné ; d’ailleurs, cette intro a un peu évolué depuis la thèse.

FT. Tu as raison de souligner ce point : j’ai d’ailleurs corrigé la formulation afin de mettre en évidence ce qui devient paradoxal uniquement pour ces trois figures poétiques.

AD. Le deuxième point, c’est l’expression "sans s’y arrêter" à propos de la sociologie littéraire, qui me paraît un peu discutable ; si je ne consacre que quelques pages à l’abord technique des concepts de "réseau" et de "champ", un des lecteurs de la thèse affirmait que le chapitre dans son ensemble finissait par démolir Bourdieu. Sans prétendre à cela, je pense que c’est vrai que le travail est imprégné de la sociologie littéraire, même s’il la tient en quelque sorte à distance. Tu sembles le reconnaître dans ta remarque sur l’importance des "postures", d’ailleurs, qui est un concept directement venu de J. Meizoz, qui fait de la sociologie littéraire assez proche de ma démarche, c’est-à-dire nourrie des textes littéraires eux-mêmes davantage que des interactions entre individus.

FT. Si tu le permets, je dirai plutôt que tu t’inscris dans le prolongement de Bourdieu et de Meizoz, mais que ta démarche se caractérise par une certaine indétermination : le lecteur ne perçoit pas distinctement l’articulation entre les trois pages théoriques et les études érudites qui suivent, fort intéressantes au demeurant. L’expression "sans s’y arrêter" désigne cette indécision théorique ou ce manque de continuité méthodologique : ton cadre est la sociopoétique, mais tu l’oublies assez rapidement – ce qui, diront les sceptiques, a au moins le mérite d’éviter tout systématisme.

Quoi qu’il en soit, je tiens à te remercier pour ce dialogue libr&critique.

AD. Je pense que je dois assumer – jusqu’à un certain point – cette indétermination théorique à l’égard de la sociologie littéraire, dans la mesure précisément où je me méfie de la logique totalisante tout à fait assumée par Bourdieu, que j’admire pourtant. C’est sans doute l’une des implications du "polar herméneutique" consacré à Fantômas, car un réseau concerne des interactions locales, non totalisables, et l’articulation de ce concept est pour moi un genre de geste sceptique. Mais comme tu l’as bien vu, les théories du réseau se situent bel et bien dans le prolongement de Bourdieu, quand bien même elles seraient construites "contre" lui. Meizoz, en revanche, assume tout à fait sa dette par rapport à Bourdieu et Alain Viala, qui lui ont permis de pousser plus loin son enquête passionnante.

17 janvier 2016

[News] News du dimanche

Vos RV de la semaine : rencontre à l’ENSA avec Torlini, Vazquez, Manon et Savitzkaya ; avec Blaine à Lyon ; pour la présentation du dernier numéro de Nioques à la Librairie Tschann (Paris).

 

â–º CHANTIER(S) POETIQUE(S). Rencontre avec Yannick Torlini, Laura Vazquez, Christophe Manon et Eugène Savitzkaya : jeudi 21 janvier à 18h30 à l’ENSA de Bourges.

Ciclic, sur une proposition des éditions Al Dante, invite 5 jeunes poètes à partager leurs travaux et questionnements littéraires, au sein de son Labo de création. Entre novembre 2015 et avril 2016, ils investissent le site livre de Ciclic, pour y déployer leur espace de création et de réflexion.

4 (+ 1) rendez-vous publics, en partenariat avec la médiathèque et l’Ensa, viennent jalonner ce chantier, où chaque poète invite un auteur "aîné". Pour la deuxième soirée, jeudi 21 janvier 2016, Yannick Torlini et Laura Vazquez invitent Christophe Manon et Eugène Savitzkaya, pour un temps de lectures et d’échanges.

Une présentation des auteurs et de la rencontre, par Laurent Cauwet : Lettre 3# – Ouvrir à la parole, au corps de la parole 

Cette soirée en deux parties, qui s’inscrit dans le projet de l’Ensa En lisant en écrivant, prendra tout d’abord la forme d’une interview de Yannick Torlini et Laura Vazquez, en public et en direct sur RadioRadio. Yannick et Laura liront des extraits de leurs œuvres et répondront aux questions des étudiants.

Dans un second temps, ces derniers présenteront leurs invités.
Laura Vazquez a choisi de convier l’écrivain belge Eugène Savitzkaya, dont l’œuvre, parmi les plus importantes aujourd’hui, compte plus de quarante ouvrages, publiés aux éditions de Minuit et chez de nombreux éditeurs indépendants. Il a fait paraître cette année deux livres, l’un de poésie A la cyprine, l’autre romanesque (et assurément l’un des livres qui ont marqué l’année 2015), Fraudeur.
Yannick Torlini invite Christophe Manon. Auteur d’une œuvre poétique parue chez des éditeurs tels que Nous, Le Dernier Télégramme ou Léo Scheer, il a publié aux éditions verdier, en septembre 2015 le très remarqué Extrêmes et lumineux, un roman récompensé par le prix Révélation de la SGDL.

â–º Jeudi 21 janvier à 19H, Le Bal des Ardents à Lyon (17, rue Neuve) : rencontre avec Julien BLAINE, première d’une série consacrée aux revues.

â–º Jeudi 21 janvier 2016 à 19h30, Librarie Tschann : Présentation du Nioques n°15 et lectures/conférence. Avec Amandine André, Philippe Blaizot, Stéphanie Eligert, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Virginie Lalucq & Elodie Petit (et Benoît Toqué).

Au sommaire de ce numéro : Caroline Zekri, Nicolas Tardy, Frank Smith, Sacha Niemand, Stéphanie Éligert, Noémie Lothe, Hubert Renard, Claire Guezengar, Guillaume Basquin, Philippe Blaizeau, Franck Fontaine, Elodie Petit, Julieta Hanono, Reinhard Priessnitz traduit par Christian Prigent, Meda Ruian, Bruno Fern, Justin Delareux, Mathias Richard, Marina Bellefaye, Amandine André et Dominique Quélen.

11 octobre 2015

[News] News du dimanche

Le mois d’octobre est décidément riche en événements : ActOral (après Marseille, Paris) ; Licet#1 (Dufeu/Vallos) ; rencontre croisée A. Mouton / M. Larnaudie ; soirée J. Blaine, C. Richard et L. Vazquez à Marseille ; exposition photo à Bordeaux, À contre allées.

 

â–º ActOral 2015 : retrouvez Mustapha BENFODIL et Jean-Michel ESPITALLIER sur Radio Grenouille ! Après Marseille, prolongations à Paris :

 

â–º Mercredi 14 octobre 2015 à 19H30, Treize (24, rue Moret 75011 Paris) : Licet#1, soirée Dufeu / Vallos. Licet est organisé par Lic / www.plateformelic.eu [entrée libre]

Licet est un programme de recherche indépendant qui étudie les modalités d’une existence luxueuse.

La première séance regroupe deux interventions, celle de Fabien Vallos sous la forme d’une conférence intitulée « Heidegger et la fin de la philosophie » et celle d’Antoine Dufeu sous la forme d’une lecture.

————————–————————–————————–——–

« HEIDEGGER ET LA FIN DE LA PHILOSOPHIE »
CONFÉRENCE DE FABIEN VALLOS

« Nous voudrions proposer une lecture de ce que peut bien vouloir « indiquer » le sens du « tournant » et le sens de la fin de la philosophie chez Heidegger.
Nous tenterons d’indiquer que se joue ici l’épreuve d’une faille pour la pensée théorique et pour la modernité. Et dès lors, si le tournant a eu lieu, vers quoi nous regardons. »

Fabien Vallos est professeur de théorie à l’Ensp Arles et directeur du Centre de recherche art & image (CRAI). Il est théoricien, auteur, traducteur, commissaire indépendant et directeur des éditions MIX.

————————–————————–————————–——–

LECTURE D’ANTOINE DUFEU

Antoine Dufeu lira des extraits d’un livre en cours, « Zéro : zéro », dans lequel il se propose de déconstruire littérairement le mythe de la création monétaire ex-nihilo.

Antoine Dufeu est poète, écrivain et dramaturge. Dernier livre paru, Sic (al dante + Le Triangle, 2015). Il a notamment fondé Lic. www.antoinedufeu.fr

 

â–º Jeudi 15 octobre à 20H, Librairie Atelier (2bis rue du Jourdain 75020 Paris) : rencontre croisée avec Antoine Mouton pour Le Metteur en scène polonais et Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède.

â–º Dimanche 18 octobre à 18H, Videodrome 2 (49, Cours Julien 13006 Marseille) : lectures & performances de Julien Blaine, Cécile Richard et Laura Vazquez.

 

â–º « À contre-allées » présente, du 20 octobre au 11 décembre 2015 au salon d’honneur de la gare St Jean de Bordeaux, les œuvres photographiques réalisées par les personnes accompagnées par l’association RUELLE (Relais urbain d’échanges et de lutte contre l’exploitation) dans le cadre d’ateliers photos mis en place avec le concours du photographe Christophe GOUSSARD.

Cette exposition se tiendra dans le salon d’honneur (espace d’attente) de la Gare de Bordeaux Saint-Jean et le vernissage aura lieu le 23 octobre à 11h30.

RUELLE accompagne dans la région bordelaise des victimes de traite des êtres humains, afin de les aider à mettre un terme à la relation d’exploitation qu’elles subissent, quelle qu’en soit la forme : esclavage domestique, délinquance et travail forcés, exploitation sexuelle…

Les ateliers artistiques proposés par l’association se sont révélés être des espaces préservés dans lesquels évolue la pensée entre réalité et utopie. La narration d’une histoire, de leur histoire, participe à l’émancipation des personnes, nous renvoyant, tel un miroir bienveillant, une image de notre société.

Christophe GOUSSARD vit et travaille en Gironde, il est distribué par l’Agence VU à Paris.
Saisie dans des paysages urbains, dans leur intimité ou au travail, sa photographie tente un rapprochement, manifeste, une empathie avec les hommes et les femmes croisés tout près de chez lui ou ailleurs.

Les ateliers et l’exposition ont été financés par le fonds de dotation InPACT, la Drac Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la fondation SNCF.

http://associationruelle.org/

27 septembre 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, tout d’abord un petit coup d’œil sur le dernier manifeste en date de ce jour ; ensuite, nos Libr-événements : revue Muscle à Marseille, F. Smith à KHIASMA, J. Blaine à La Ciotat, M. Larnaudie à Paris XIII et le 25e salon de la revue.

 

UNE : Des intellectuels aujourd’hui… /FT/

En ce jour paraît dans Le Monde daté du 27-28 septembre un "Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique" – rien que cela ! -, signé par Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis : dans un monde chaotique et obscurantiste qui fait taire les intellectuels ou qui ne les écoute plus, que reste-t-il ? Un fantasme-intellectuel de naintellectuels… Grotesque.

Avant toute manœuvre, ne faut-il pas faire œuvre ? Et si l’on veut œuvrer efficacement dans un univers complexe, ne faut-il pas sans cesse créer de nouvelles conditions de possibilité de l’action collective ? (Sur la notion d’"intellectuel critique" et d’"intellectuel collectif", qu’on me permette de renvoyer à mon long travail qui prend comme point de départ l’opposition Sartre/Bourdieu).

 

Libr-événements

â–º La revue Muscle à Marseille le mercredi 30/09 à 19H : le lancement de ce numéro 6 aura lieu à la médiathèque sonore/fanzinothèque Data (44, rue des Bons Enfants 13006).

Une soirée en cinq temps, avec des lectures et des vidéos :

– Présentation du sixième numéro de la Revue Muscle

– Lecture de poésie sonore par Yuhang Li

– Diffusion d’une lecture vidéo de Simon Allonneau

– Diffusion d’un entretien vidéo avec Tao Lin, réalisé par Bookalicious

– Lecture du texte de Christophe Manon publié dans la Revue Muscle, et lecture d’extraits de Extrême et lumineux de Christophe Manon (bientôt sur LC !), par Arno Calleja et Laura Vazquez.

 

â–º Un événement à KHIASMA le vendredi 2 octobre à 20H30, Frank Smith explore les modes de fabrication d’une « langue démocratique ». D’abord, lire et relire certains des documents produits par cette langue. Ensuite, noter que le concept de « langue démocratique » renvoie à ce droit pour chacun de prendre la parole : une polyphonie de foule catalysée en « chœurs politiques ».

Entrée libre / réservation : resa@khiasma.net

Plus d’informations : http://www.khiasma.net/rdv/choeurs-politiques/

 

â–º Samedi 3 octobre à la Boutique, 19H (8, rue des Frères Blanchard à La Ciotat) : Julien Blaine, "Quelques déclar’a©tions récentes et autres résidus".

â–º Mardi 6 octobre, de 12H à 15H à l’Université Paris XIII-Villetaneuse (99, av. JB. Clément) : rencontre avec Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède (Actes Sud), roman critique sur le star system made in USA – dont nous rendrons compte très bientôt.

â–º On ne manquera pas le 25e Salon de la revue, du vendredi 9 au dimanche 11 octobre à 19H30 : voir le programme détaillé.

28 juin 2015

[News] News du dimanche

Avant la présentation de quelques Libr-événements (Manifesten à Marseille, le "Paris des écrivains" à Paris, le "Repas des langues" à Villeneuve d’Ascq), pour terminer la saison : notre projet LIBR-VACANCE…

 

LIBR-VACANCE

En cette période estivale, prenez le temps de vous mettre en "vacance". Nous avons demandé à plus d’une centaine d’auteurs de nous faire partager leurs libr-choix de (re)lectures et d’événements et de nous faire part de leurs projets. Pour lancer la rubrique, deux auteurs LC :

♦ Emmanuèle JAWAD (poète et critique) : en projet, une libr-relecture des Enoncés-types de Dominique Quélen et une chronique prochaine à la parution du livre d’Anne Kawala Le Déficit indispensable (éditions Al Dante).

♦ Fabrice THUMEREL : en projet, un dossier BLAINE ; chroniques à venir sur Badiou, Dufeu, Rongier, Verheggen… Relecture complète de Alain Touraine, La Fin des sociétés (2013, rééd. 2015)… Et je vous recommande d’ores et déjà un texte qui va paraître juste avant septembre, un théâtre d’ombres poétique fascinant : Christophe MANON, Extrêmes et lumineux (Verdier).

Libr-événements

â–º Mercredi 1er juillet à 20H, MANIFESTEN – Al dante (59, rue Thiers 13001 Marseille), "Brève histoire des superhéros Black Panther et Magneto dans l’univers Marvel" :
– Comment sont construites les représentations des héros racisés dans la culture pop américaine et française ?
– Qu’est-ce que ces représentations disent du racisme ordinaire ?
-Comment inventer des personnages de fiction dont la dimension politique coïncide avec les réalités sociales
des non blancs dans la culture occidentale ?
En présence d’Angles Morts, collectif de lutte contre les violences policières et traducteur du texte « Super pouvoir noir. Les comics à l’épreuve du Black Power » (Jef Klak N°2)
&
et de Pierre Chopinaud, membre du collectif La voix des Rroms, pour parler du personnage de Magneto et, au-delà, des Rroms parmi les mutants
&
du collectif de la revue Jef Klak.

En partenariat avec la librairie Le Lièvre de Mars.
Une caisse de soutien pour le "Comité Vérité et Justice pour Morad" sera proposée.

Entrée libre.

â–º Jeudi 2 juillet, 16H30-19H30, le Pari des libraires : rencontre autour du Paris de deux écrivains, Modiano et Prévert. Dans le cadre du pari des libraires, coordonné par l’association Paris Librairies, la Librairie Nordest propose une après-midi autour de deux livres de la collection « Le Paris des écrivains » des Editions Alexandrines.

Danièle Gasiglia-Laster, grande spécialiste de Jacques Prévert et co-auteure avec Arnaud Laster des 2 volumes des œuvres complètes de Prévert en Pléiade, va présenter son livre sur le Paris de Prévert.

Béatrice Commengé, auteure de nombreux romans et traductrice entre autre du Journal non-expurgé d’Anaïs Nin, présentera son livre sur le Paris de Modiano.

Chacun à leur façon, Prévert et Modiano ont exprimé leur attachement à la liberté et dénoncé avec force l’oppression sous diverses formes. Nous demanderons à nos deux auteures de s’exprimer sur ce sujet précis.

Des lecteurs seront invités à venir parler d’un livre sur le thème de la liberté qui compte pour eux et qu’ils ont envie de faire partager.

Librairie Nordest
34bis, rue de Dunkerque 75010 Paris
01 48 74 45 59 / librairienordest@orange.fr
http://www.librairienordest.fr/

http://www.alexandrines.fr/alexandrines-la-france-des-ecrivains/25-le-paris-des-ecrivains
http://quefaire.paris.fr/programme/115668_le_pari_des_libraires

â–º Jeudi 2 juillet 2015 à partir de 19h30 (lectures dès 20h) à la Galerie Une Poussière Dans L’Oeil (17bis, Chemin des Vieux Arbres 59650 Villeneuve d’Ascq – Métro Hôtel de Ville).

L’Association La Belle Epoque [Arts Contemporains] organise un nouveau REPAS DES LANGUES [texte, poésie, performance contemporaines] avec des lectures proposées par Laura Vazquez et la Revue Muscle (lectures de Laura Vazquez, Simon Allonneau et Benoît Toqué).
La sortie de : "Les spectres de la ligne 79" d’Emmanuelle Gailliez dans la collection "Or" (dessins) ; "Papi jute dans la sauce aux câpres" de Christophe Siébert (texte porno-trash culinaire) ainsi que la dernière "Grande tentation" de Marc Brunier Mestas : sérigraphie 6 couleurs, 32×32 cm (voir visuel de l’événement).

21 juin 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’été, une musique libr&critique : une UNE offensive (dessin de J. HEIRMAN / texte de F. Thumerel) ; un livre en UNE qui donne également à réfléchir (Thinez, Dictionnaire de trois fois rien) ; des Libr-brèves qui vous donnent RV chez Al dante et qui vous invitent à ouvrir vos écoutilles…

UNE /Joël HEIRMAN & Fabrice THUMEREL/

C’est avec plaisir que nous retrouvons dans cette UNE le caricaturiste Joël HEIRMAN, qui a fait son chemin.

Tandis que celui qui a rebaptisé son parti "Les Républicains" joue les pêcheurs d’eau trouble – technicien des égouts politicomerdiatiques -, dans les coulisses de la scène internationale s’activent les lobbies ultralibéraux pour faire aboutir deux traités qui solderont ce qui reste de démocratie dans la bonne vieille Europe : celui avec le Canada (CETA) et avec les États-Unis (traité transatlantique : TTIP). Rien d’étonnant, donc, à ce qu’en France l’on assiste à l’américanisation du champ politique : les "Républicains" sont bel et bien là, mais que restera-t-il des démocrates et de la démocratie lorsque les intérêts privés prendront le dessus sur les états comme sur les droits des citoyens ? Sont-ils "républicains" ceux qui s’apprêtent à livrer la France et l’Europe tout entière aux intérêts privés des multinationales ?

Voulons-nous perdre nos AOC pour des hormones et des OGM ? Voulons-nous la privatisation de tous les secteurs de la vie sociale, y compris celui d’une justice qui pourrait désormais permettre aux entreprises d’attaquer les états si leurs profits sont en jeu ? Voulons-nous que toutes nos décisions en matière de questions sociales, de droit du travail ou de réglementation sanitaires soient subordonnées à un organisme supranational qui ne représenterait que les intérêts privés ?
On ne s’y trompera pas : cette dictature ultralibérale en marche est beaucoup plus dangereuse que l’"invasion-immigration".
Si vous ne voulez pas vivre dans une Europe made in USA qui attente à vos libertés comme à votre santé, réfléchissez et agissez avec Pour écrire la liberté.

 

 Livre à la UNE /FT/

Marc-Émile Thinez, Dictionnaire de trois fois rien, suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, éditions Louise Bottu, printemps 2015, 70 pages, 9,50 €, ISBN : 979-10-92723-07-6.

Après 1402, nous retrouvons la famille Thinez : Jean, le père, ouvrier communiste, et le fils qui veut devenir écrivain (Marc-Émile). Mais cette fois, la contrainte n’est plus les 140 signes d’un tweet, mais celle du dictionnaire. Un dictionnaire, le seul livre qui trouve sa place dans un milieu populaire, c’est rassurant… comme une grille de mots-croisés : chaque chose a son mot et chaque mot se range selon un ordre rigoureux. De la cellule communiste à la grille du cruciverbiste, il n’y a qu’un pas, en somme. Toute idéologie n’offre-t-elle pas une grille de lecture du monde ? Une grille qui "fige le regard"…

Subtilement, cet opuscule nous interroge sur la notion de représentation, les mots étant inadéquats aux choses : le code que nous utilisons est "cimetière du réel" ou "parodie de réel". C’est dire à quel point il convient de traquer les fausses représentations idéologiques : "MARXISME, SITUATIONNISME, CRUCIVERBISME… Variétés de bovarysme ; réactualisation du mythe de la caverne s’adressant à la part de soi en délicatesse avec le réel" (p. 35)…

Libr-brèves

â–º Retour sur la soirée Remue.net du 22 mai dernier, "Le désir de littérature, en somme" (autour de Christian Prigent : Bruno Fern ; présentation de Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel) : écouter l’intégrale audio sur Remue.net.

â–º RV le mardi 23 juin de 13H56 à 14H, sur France Culture : Sandra Moussempès lit Sunny girls.

â–º Jeudi 25 juin à 19H, aux éditions Al dante (1, rue du Loisir 13001 Marseille), exposition "Poésie totale*" : oeuvres de Pierre Garnier – Julien Blaine – Jean-François Bory – Bernard Heidsieck – Tarkos & Co…
Présentation par Sarenco
Lectures & interventions performatives de
Nadine Agostini – Julien Blaine –
Liliane Giraudon – André Robèr

(*à l’occasion du catalogue "Poésie totale, 1950-2010 – La poésie visuelle et concrète à travers le monde. Vol. 2 : France". Publié par la Fondazione Sarenco. Le premier volume est consacré à l’Italie. À venir : Angleterre Écosse, Espagne, Portugal, USA, Russie, Chine, Autriche, Allemagne, Belgique, Hollande, Danemark, Suède, République Tchèque, Pologne, Hongrie, Serbie, Grèce, Slovénie, Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, Japon…).

3 mai 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, suite des RV qui vous attendent : ceux du Bureau d’investigations poétiques, mais aussi l’exposition KALMARS ATTACK et hommage à Maryse Hache. Mais auparavant, en UNE, le dernier livre de Bernard Noël, Monologue du nous.

 

UNE /FT/

Bernard Noël, Monologue du nous, P.O.L, avril 2015, 112 pages, 8,90 €, ISBN : 978-2-8180-3653-2.

Dans un monde où se vident les défilés du Premier-Mai – où se défilent les défilants – ; où le pouvoir "a pour arme efficace le remplacement de la culture par la consommation, ce qui réduit la politique à des traités de libre-échange puisqu’elle est entièrement soumise à l’économie" (p. 48) ; "un monde où la dissolution de tous les repères sociaux se double du perfectionnement continuel des systèmes de surveillance et de répression" (51) ; où "la technologie va permettre de neutraliser toute opposition par une castration mentale généralisée" 75) ;
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister ?
comment le "NOUS" pourrait-il encore subsister en dehors de l’action directe ?

Mais "peut-on traiter le mal par le mal ?"(91)… Ce monologue du nous nous plonge dans les interrogations et les contradictions d’un groupe de militants qui se sentent trahis par les actuels socialistes au pouvoir. Et nous, lecteurs, égarés dans un palais de glaces, ne pouvons nous empêcher de nous demander avec angoisse s’il y a la moindre issue…

Libr-événements

â–º Les RV du bureau d’investigations poétiques :

* Mardi 5 mai à 18h30, Librairie Le Monte-en-l’air, Paris 20e : lancement de l’ouvrage collectif Redrum. A la lettre contre le fascisme (Les impressions nouvelles). Coordination Alain Jugnon. En présence de Pierre Alferi, Amandine André, Philippe Beck, Kiki Picasso & Frank Smith / Lien
 
* Jeudi 7 mai à 19h, La Panacée, Montpellier : Le Film des questions (Projection + discussion publique) / Lien 


* Mercredi 13 mai à 19h, Société des Gens de Lettres, Paris 14e : Le poète et son double / Des éditeurs en dialogue avec leurs auteurs. Avec Max Alhau & Thierry Chauveau (L’Herbe qui tremble), Frank Smith & Catherine Flohic (Argol), Philippe Clerc & Yves di Manno (Poésie / Flammarion) / Lien
 
* Mardi 26 mai à 19h, Libraire Tschann, Paris 6e : lecture / rencontre avec Jean-Marie Gleize. En présence de Vincent Broqua et Frank Smith.

* Mardi 2 juin à 19h, Archives nationales, Pierrette-sur-Seine : La mémoire brûle. Conférence de Georges Didi-Huberman suivie d’une discussion publique. Lien

â–º L’ exposition KALMARS ATTACK se tient jusqu’au 8 mai 2015 à la Chapelle du Quartier Haut à Sète (mais aussi à travers la ville).

Performances, lectures, conférences autour de "KALMARS ATTACK SETE" avec Joël Hubaut, Julien Blaine, Max Horde, Didier Calléja, Didika Kœurspurs, Magali Brien, Régina Blaim, Pierre Joris, Nicole Peyrafitte, Lilie Kitsh, Laurent Rodtz, Pierre Gonzales Izner, Manu Morvan, Thomas Andro, Thomas Pailharey, Alain Robinet, Damien & Roger Anselme.

Rens. : koeurspurs@gmail.com

â–º Ce lundi 4 mai au "Cent" (100 rue de Charenton 75012), 19h00 : hommage à Maryse Hache. Son œuvre est brève au regard de son temps passé parmi nous, et très forte, très inventive, une écriture du bonheur, peut-être, un bonheur lumineux, doux, vif, clair et droit (Laurent Grisel, Remue.net).
Tous les détails pratiques et des liens pour faire connaissance avec ses écrits, avec sa voix, sont disponibles à cette page.

21 décembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de poursuivre notre sélection de livres (Libr-7 en deux livraisons au moins) et de proposer un programme 2015 très riche (dossier J. BLAINE, suite de Libr-Java – spécial Espitallier – ; suite de DREAMDRUM, créations de D. Cabanis, Cuhel, M. Perrin, M. Richard, N. Zurstrassen, etc. ; entretiens avec Philippe Jaffeux, Jean-Michel Espitallier, etc. ; chroniques de J.-P. Gavard-Perret, E. Jawad, P. Pichon, B. Fern, F. Thumerel, etc.), voici un nouvel aperçu des nombreux livres reçus ces derniers mois (Libr-2014) : H. Antoine, J.-C. Bailly, B. Fern, M. de Quatrebarbes, J.-L. Schefer, Solirenne, R. di Stefano, L. Vazquez.

â–º Hubert ANTOINE, Comment je ne suis pas devenu poète, La Lettre volée, Bruxelles, printemps 2014, 160 pages, 20 €, ISBN : 978-2-87317-428-6.

"Un grand style serait de tout comprendre de travers et puis cracher"… Écrivain, ça fait rire aujourd’hui, non ? Pourquoi encore écrire aujourd’hui ? Pour qui ? Qu’écrit-on quand on ne sait pas écrire ? Voici quelques-unes des questions traitées avec humour et intelligence dans cet essai plutôt original.

 

â–º Jean-Christophe BAILLY, Passer définir connecter infinir, dialogue avec Philippe Roux, éditions Argol, coll. "Les Singuliers", automne 2014, 196 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-001-2.

Cet entretien très intéressant nous livre la quintessence – en cinq parties, donc – de l’univers du polygraphe : itinéraire, Bibliothèque, parcours de l’œuvre (théâtre, peinture, ville, etc.)… Le tout s’appuyant sur une abondante documentation (textuelle et iconographique).

 

â–º Bruno FERN, [Carnet de voyage], … / points de suspension 6 (revue trimestrielle de silence : ettore.labbate@gmail.com), Caen, décembre 2014, 16 pages, 10 € [édition élégante].

À l’heure du tourisme industriel, qu’est-ce que bourlinguer ? Que reste-t-il de l’aventure ? Rien, répond Bruno Fern dans une phrase en vers à ressorts très critiques, qui offre des clins d’œil à Cervantès ou Rimbaud : aujourd’hui, on balise/parcourt un inconnu pas trop méconnu.

 

â–º Marie de QUATREBARBES, La Vie moins une minute, Lanskine, automne 2014, 96 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90491-15-1.

L’auteure maîtrise le conte en vers, en verve et tout en humour. Invitation : "Vivez l’amour ! Voyez les fantômes !" Questions : " Comment dois-je faire pour vivre en France ?" "Comment être une femme fontaine ?" Photo-synthétisons à foison et entrons dans cet univers ludique…

 

â–º Jean-Louis SCHEFER, Pour un traité des corps imaginaires, P.O.L, automne 2014, 144 pages, 11,90 €, ISBN : 978-2-8180-2143-9.

À partir de deux tableaux (Berthe Morisot et William Turner), avec un détour par le roman (Balzac), une méditation passionnante sur nos images, remémorées ou construites (mémoire et imagination)…

 

â–º SOLIRENNE, MédéA copyright, suivi de Hallali Guermantes, Rougier V. éditeur, Soligny la Trappe, décembre 2014, 42 pages, 13 €, ISBN : 979-10-93019-07-9.

Pitié pour les filles… dans une écriture au couteau – filles-fardeaux toujours en trop et vite en moins…

 

â–º Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, 200 pages, 17 €, automne 2014, ISBN : 978-2-84761-756-6.

Le cinématographe ne se réduit pas au cinéma, surtout aujourd’hui qu’il n’est plus que positif… Quinze séquences organisées autour de Bresson, Godard, Straub/Huillet : de lumineux montages critiques !

 

â–º Laura VAZQUEZ, La Main de la main, Cheyne éditeur, Le Chambon-sur-Lignon, automne 2014, 64 pages, 16 €, ISBN : 978-2-84116-209-3. [Prix de la Vocation 2014 ; photo en arrière-plan]

Apparemment plus lyrique que d’habitude… mais toujours : images éclairs, agencements répétitifs et dissonances pour dire le corps-paysage, les choses invisibles

 

 

13 novembre 2014

[Chronique – news] Autour de DOC(K)S/Al dante

C’est ce soir que débute "Poésie action en Avignon", une série de rencontres autour de l’anthologie DOC(K)S que Al dante vient de publier : les dates des RV précèdent la présentation du gros volume.

 

Rencontres autour de l’anthologie Al dante

POÉSIE ACTION EN AVIGNON (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989) : novembre 13 @ 18 h décembre 20 @ 19 h

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France

Site Web :
http://www.poesieavignon.eu/

L’anthologie Al dante

 

DOC(K)S, morceaux choisis (1976-1989) : vers un langage de l’action, choix de Laurent Cauwet, préambule de Julien Blaine, postface de Stéphanie Éligert, Al dante, été 2014, 1008 pages, 30 €, ISBN : 978-2-84761-776-2. [Lire l’entretien avec Philippe Castellin en 2011]

 

"Chaque numéro de Doc(k(s est un recueil de poèmes,
  est un reportage
est un roman" (Julien Blaine, p. 432).

 

DOC(K)S est la quatrième revue de Julien Blaine, celle-là même qui, selon les propos de son fondateur dans son paradoxal préambule (placé en fin de volume !), lui sert de planche de salut après l’échec de 68. Fondé en 1976 et orchestré depuis 1990 par AKENATON (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), DOC(K)S est, selon un autre créateur fondamental dans son histoire, un lieu de transit et de stockage de matières premières, de choses poétiques à l’état brut, « un chantier permanent et collectif », un « objet-sans-queue-ni-tête, qui impose recto-verso la richesse du stock inventorié, exprime par sa pléthore la hâte infinie à combler le retard pris et, par sa brutalité brouillonne, sa vandale rage face à la "culture" des métropoles nanties sur la table desquelles il déverse, muettement, ses "preuves", ses "documents" ». Ce qui fait dire à Philippe Castellin que DOC(K)S « n’invente pas mais inventorie » (cf. DOC(K)S : mode d’emploi, Al dante, 2002, pp. 449, 155 et 326). Se profile ici une suite d’antinomies sociologiquement intéressante : inventaire versus invention, entreprise collective vs mythe du créateur, culture provinciale vs culture métropolitaine, culture underground vs culture dominante, art populaire vs art élitiste, littérature périphérique vs littérature officielle, objet vulgaire (pauvre) vs objet sophistiqué (riche)… Si l’on suit Philippe Castellin dans son DOC(K)S : mode d’emploi, DOC(K)S se distingue dans l’espace des revues contemporaines par ses innovations conceptuelle, fonctionnelle, formelle et matérique. Sa structure rhizomatique – sa dimension fédérative et internationale – favorise la transgression des frontières artistiques ; s’inscrivant dans la mouvance de la postpoésie et de la sortie du livre, DOC(K)S est une revue multimédia qui défend les poésies expérimentales (poésie visuelle et sonore, poésie concrète, mail art, performance comme poésie action, écritures multimédia) et veille à l’autonomie de l’objet. Dans sa postface qui s’appuie sur le contenu de la revue pour filer la métaphore de la balistique, S. Éligert se réfère d’ailleurs à cet ouvrage clé afin de mieux cerner ce drôle d’objet : « la poétique de Doc(k)s consiste à "désécrire", puis à "icôniciser" » ; "la couverture (…) est déjà un poème"… Comme autres caractéristiques, elle ajoute le débordement, l’obscénité, l’explosivité

Cette anthologie qui offre des "morceaux choisis" extraits des deux premières séries (I. 1976-1986 ; II. 1986-1989) permet de retrouver ces principales lignes de force : prédominance de la poésie visuelle (montages divers, poésie spatiale, post cards), art de la performance… Parmi les curiosités : "poème signalistico-visuel", "poème laser", "art ouvert", "poésie signalétique", "poèmes à convictions"… L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout poésie action, comme le souligne Bernard Heidsieck dès le début : "La poésie s’anémiait… Nous lui avons fait du bouche-à-bouche. Elle se confidentialisait… Nous l’avons restituée au cœur de la place publique" (p. 764). L’avant-garde doc(k)sienne est avant tout subversion, donc. Éclatante dans le "sans titre" (1979) de Sarmiento, qui affiche le slogan "ARgenT" ; dans le "poème-tueur" de Miccini et Sarenco ("La poésie tue le poète") ; dans l’anti-manifeste de Blaine, "Manifeste pour l’occupation des stèles et socles abandonnés" ; dans ces vers du Chinois Ma Desheng : "Toutes les prostituées du monde entier / s’unissent en s’embrassant / la république est née / la Constitution de la République ne comporte qu’un seul article / liberté du va et vient" (833)…

♦♦♦♦♦

Sur le projet Al dante autour de Doc(k)s, Laurent Cauwet a bien voulu nous donner précisions.

« Pour moi la lecture des anciens numéros de Doc(k)s provoque toujours une sorte de joie furieuse. Ce remuement, ce bruit à la fois typographique et visuel est riche de son nombre, mais surtout des singularités qui forme le nombre. Cela forme une langue "doc(k)s", unique, inégalée, qui n’efface pas ces singularités, celles-ci au contraire s’amplifiant au contact les unes des autres. Lorsque j’ai découvert "doc(k)s" (début des années 80), je ne savais pas grand chose de la poésie contemporaine, rien de la performance, rien de l’art contemporain… Ces espaces, je les ressentais comme réservés, voire interdits. De là où j’étais alors, je pensais que se tricotait "là-bas" des aventures qui se vivaient ailleurs, en dehors d’une population écartée dont je faisais partie – dont je fais toujours partie, sauf que ce sentiment d’illégitimité, s’il ne m’a jamais quitté, loin d’être un frein, un blocage, est devenu au contraire un moteur pour intervenir quand je veux là où je veux… Je m’étais plongé dans Doc(k)s, sans presque jamais chercher le nom des auteurs (à quoi bon). J’étais fasciné par cette émeute de papier aux voix multiples, toutes différentes, toutes riches différemment. Fasciné par cette colère grouillante qui exprimait aussi la joie d’être dans une énergie de vivant. Fasciné par cette façon, toute nouvelle pour moi, d’affirmer, de manifester son être au monde, et de lire qu’à chaque page se réinventaient les paroles de cette manifestation. Dans cet univers hors des slogans, des directives, des cloisonnements idéologiques j’apprenais d’autres possibles subversifs, d’autres formes de radicalité qui tenaient de la poésie mais aussi de la rue, de la philosophie mais aussi du rock… je découvrais des gestes poétiques où l’on sentait la puissance des corps, qui prétendaient être de la pensée en action, qui raccourcissaient l’espace entre l’hypothèse d’un futur et la crudité vive d’un présent. C’était il y a 30/35 ans.

Aujourd’hui encore, même si je comprends mieux comment fonctionnent ces dispositifs poétiques, je ressens toujours cette même joie insurrectionnelle. Ma conviction est que Doc(k)s dégage toujours cette énergie créative, cette puissance vitale qui s’affirme du côté de la vie ; je dirais même qu’à l’épreuve des expérimentations qui ont suivi, Doc(k)s n’a cessé de prouver dans sa modernité. Doc(k)s reste d’actualité quant à sa pertinence politique et sa propension à produire les outils pour mieux penser notre présent – d’autant plus aujourd’hui, où l’espace poétique s’est muté en "milieu" poétique, qui de plus en plus développe des règles et des réflexes de docilité fonctionnariale. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans cette aventure éditoriale : le but n’était pas de faire une anthologie de type "archive", qui renverrait Doc(k)s au passé, ni un outil analytique (qui existe déjà, brillamment réalisé par Philippe Castellin), mais plutôt un nouveau Doc(k)s fabriqué avec les anciens, en recueillant au fil de la lecture les gestes qui me paraissaient encore riches de cette pertinence citée plus haut, en jouant de nouvelles confrontations, en réinterprétant parfois typographiquement certains gestes (essayant ainsi d’imaginer quels codes visuels aujourd’hui seraient les plus proches, les plus justes en regard de ce que le poète a voulu signifier en utilisant les codes en vigueur à son époque – "jeu", manipulation que souvent les doc(k)ers espèrent chez les lecteurs, raccourcissant au maximum l’espace entre poète et récepteur), en prélevant parfois une page, une citation d’un ensemble, etc. Ce "Doc(k)s morceaux choisis" est en fait et "avant tout" l’aventure d’un lecteur de Doc(k)s, et d’un lecteur qui avait le recul nécessaire pour faire ce travail (2014 – 1989 = 25 ans !). Le lien avec Julien a été minimal : après acceptation – et joie semble-t-il – de ce projet, il n’a voulu participer ni au choix des interventions, ni aux réflexions qui ont donné naissance à l’objet. Fidèle en cela à son fonctionnement habituel : "Fais ce que tu veux, mais ensuite nous parlerons, car lecteur tu es autant responsable de ta lecture que moi poète de ce que j’ai donné à lire". Sa seule intervention a été d’écrire, en guise de postface… un préambule – ce dérèglement spatial déjà est une jolie façon de se situer : ni derrière, ni devant… mais en compagnonnage attentif, fidèle mais insubordonné. Le lien avec Stéphanie Éligert a été singulier : si elle connaissait bien entendu cette revue, elle n’en était pas une "spécialiste", ne l’ayant abordée jusqu’ici que par fragments, au hasard des rencontres et des lectures. Ma proposition était simple : je lui ai envoyé un jeu d’épreuves, en lui demandant si elle pensait que l’édition d’un tel ouvrage pouvait être opportun aujourd’hui, si en regard de notre actualité ce "Doc(k)s morceaux choisis" gardait sa pertinence… et son impertinence. Et, si tel était le cas, je lui demandais d’écrire sur ce qui, pour elle, rendait ce livre toujours "opérant" – ce qu’elle a fait, à ma plus grande joie, avec une approche de la lecture de Doc(k)s par le biais des sciences de la balistique. Le lien avec l’actuel Doc(k)s n’a pas existé. Car ce n’était pas le sujet. Si Philippe Castellin et Jean Torregrossa, doc(k)ers de la première heure, sont présents dans l’ouvrage ; si l’existence de la troisième série de Doc(k)s dirigée par eux, est bien entendu citée (par Julien Blaine, par Stéphanie Éligert et par moi-même) ; et si le travail théorique mené par Philippe Castellin a certainement participé à enrichir ma lecture de Doc(k)s (et par la même, incidemment, influer sur mon choix), Doc(k)s troisième vie, tout en s’inscrivant dans une continuation, signe aussi une positive rupture (positive en ce que Doc(k)s changeant de main, n’essaie pas de répéter mais propose autre chose) avec de nouvelles stratégies, de nouvelles collaborations, la prospection de nouveaux espaces, etc. Et ce n’était pas mon propos de parler de cela. De plus, comment intégrer ici une histoire qui est en train de s’écrire? Pour finir, et non sans avoir longuement hésité, j’ai préféré ne pas faire appel à aucun Doc(k)er de la première heure pour commenter l’aventure doc(k)sienne, de peur qu’ils ne pèsent et n’atténuent la vivacité des gestes poétiques, et pensant que ce n’était pas le lieu…

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

  •  

9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

29 mai 2014

[News] SPÉCIALE Libr-événements

Pour terminer mai en beauté, plusieurs Libr-événements vous attendent demain à Marseille (Little Big Books Artist ; Nowak Papantoniou), Paris (autour d’Antoine Boute : Azam, Hubaut, Montessuis…) et Angoulême (Espitallier, Jallon, Pireyre…) : des manifestations et des écrivains de premier plan !

 

â–º Vendredi 30 mai – 17h00 / Présentation des Little Big Books Artist, Le Monde des Villes – Marseille

André Jolivet, Nadine Agostini, François Bladier, Julien Blaine, Frédérique Guetat-Liviani, Laura Vazquez.

Atelier Vis-à-vis
41 rue Clovis Hugues
13003 Marseille

â–º Vendredi 30 mai à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : lecture-performance de Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, qui vient de publier GLÔÔSSE aux éditions Al dante (88 pages, 13 €), suivie d’une discussion avec Katerina Zisimou qui témoignera de la situation en Grèce.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

â–º Vendredi 30 mai, GRANDE FÊTE DU POTENTIEL RIGOLO DE LA MORT pour la sortie du livre, LES MORTS RIGOLOS par Antoine, Victor & Lucas Boute (éd. Les Petits Matins) au MONTE-EN-L’AIR (2, rue de la mare, 75020 Paris) à partir de 18h30

avec

– ATELIER SUICIDE AU TRAMPOLINE, par Victor & Lucas Boute

– CONNEXION-TRANSE AVEC NOS AMIS LES MORTS, par Joachim Montessuis

– ALLO LES MARTIENS ? ICI L’INSPECTEUR PENNEQUIN, par Charles Pennequin

– ANDY FIERENS AIME LES ENFANTS, par Andy Fierens

– CONNANSKI CONNEXION, par Loïc Connanski

– EDITH AZAM VOUS PARLE, par Edith Azam

– COURTE PERFORMANCE POST-MORTEM, par Joël Hubaut

– EXAMEN DE PÂQUES, par Martine Doyen & Antoine Boute

– POTAGER EXPERIMENTAL VERSUS FECONDATION IN VITRO, par Ann De Gheest

– IL FAUT FAIRE DES ENFANTS !, par Ariane Bart

– EN AVANT POUR LA REVOLUTION DES ENTERREMENTS, par Antoine Boute

Dans Les Morts rigolos, on ne doute de rien : un type y raconte sa vie à partir d’une blague tout en révolutionnant les enterrements, tout en écrivant un thriller familial avec ses enfants (Victor, 7 ans, et Lucas, 5 ans), tout en se faisant plein de copines et copains clochards, pornolettristes, kamikazes, grossistes en pétrole, éco-féministes, cavaliers anarcho-autonomes, aviatrices, tout en théorisant l’écriture qui tue et en re-fécondant les rapports entre vie, farce, mort et enfance…

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

24 octobre 2013

[Agenda] 10e Festival Poésie Marseille « Nous irons partout »

Du jeudi 7 au dimanche 10 novembre 2013 aura lieu la 10e édition du Festival Poésie Marseille, dont la présentation aura lieu demain, vendredi 25 octobre à 17H au pavillon M (avec Nadine Agostini, Julien Blaine, Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton).

 

La poésie internationale présentée par les poètes eux-mêmes. Là, se succéderont les poètes des 2 mers et des 3 océans avec force et voix, geste, déplacement. Cette poésie est devenue désormais « classique »…

Sur 4 jours seront proposées des performances et des lectures de poésie dans différents lieux : galerie, librairie, musée…

Au programme :

les poètes locaux : Nadine Agostini, Julien Blaine, Liliane Giraudon, Jean-Jacques Viton, Fabienne Yvert.

les poètes nationaux : Edith Azam, Henri Deluy, Hortense Gautier, Serge Pey, Nicolas Vargas.

 les poètes internationaux : Démosthène Agrafiotis (Grèce), Hacen Aymen  (Tunisie), Katalin Ladik (Hongrie), Chiara Mulas (Sardaigne), Hagit Grossman (Israël)

 

Les Lieux : 

Intervention en soirée.

Librairie L’Odeur du temps 07.11.13

Librairie Histoire de l’Oeil 08.11.13

MAC ( musée d’art contemporain ) 09.11.13

Galerie Jean-François Meyer 10.11.13

« Newer PostsOlder Posts »

Powered by WordPress