Libr-critique

9 novembre 2014

[News] News du dimanche

Avant que de revenir en début de semaine sur l’événement autour de DOC(K)S, ce soir nos Libr-brèves : Poésie action en Avignon, l’Autre Salon, NEXT Festival, Citéphilo, RV avec les éditions Contre-mur…

 

 â–º Véronique Bergen est nominée pour le prix Rossel 2014, suite à la publication de sa biofiction Marilyn, naissance année zéro (Al dante) – que nous venons de saluer cette semaine.

â–º Jusqu’au 26 novembre à Lille et environs, Citéphilo : "De quel droit ?" (programme : ici).

â–º Du 14 au 29 novembre 2014, sur la métropole lilloise : Next Festival.

â–º POÉSIE ACTION EN AVIGNON avec Al dante (autour de Doc(k)s morceaux choisis, 1976-1989)

novembre 13 @ 18 h 00 mindécembre 20 @ 19 h 00 min

Navigation de l’événement

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9782847617726Expositions / rencontres / performances /lectures

— Jeudi 13 novembre
• 18h > La poésie à outrance
une introduction à la poésie élémentaire de Julien Blaine avec Jean-Charles Agboton-Jumeau
• 19h > L’ambiguïté est belle
Exposition de Julien Blaine
vernissage + Déclara©tion de Julien Blaine
• 20h > Interventions performatives de
Laura Vazquez
A.c. Hello
+ performance sonore de Sylvain Courtoux
• de 18h à minuit > « Temps/travail »
performance de Fabienne Letang

— Vendredi 14 novembre
• 19h > Lectures de
Yannick Torlini
Liliane Giraudon 
Amandine André

— Jeudi 20 novembre :
• 19h > Avava-ovava*
Rencontre avec le collectif La Voix des Rroms
sur le thème Violences contre les Rroms : résistances d’hier et d’aujourd’hui,
autour du livre Avava-ovava, (Al Dante 2014) en présence des auteurs Saïmir MileAnina CiuciuPierre Chopinaud, Lise Foisneau et Valentin Merlin.
+ Débat suivi d’un apéro festif au son
de DJ Rrom & Roll.

— Jeudi 4 décembre
• 19h > Plan de situation #7 : Consolat-Mirabeau
Un conte documentaire de Till Roeskens.
« Nous mettrons quelques chaises en cercle, et je vous raconterai ce que j’ai vu et entendu là-bas, dans ce petit coin du grand nord de Marseille. Je prendrai un bout de craie et tracerai sur le sol une carte des espaces fragmentés que j’ai parcourus deux années durant, du port jusqu’au sommet de la colline. Je vous dirai les êtres que j’ai croisés là et ce qu’ils m’ont confié de leurs vies mouvementées ».
+ Présentation de son livre À propos de quelques points dans l’espace (Al Dante, 2014)

— Vendredi 5 décembre
• 19h > La peau sur la table, lecture de Jérôme Bertin
suivi de lectures performées de
Stéphane Nowak Papantoniou
Anne Kawala

Détails

Début :
13 novembre 2014 18 h 00 min
Fin :
20 décembre 2014 19 h 00 min

Lieu

Centre européen de poésie
Téléphone :
04 90 82 90 66
4-6 rue Figuière, Avignon, 84000 France
Site Web : http://www.poesieavignon.eu/

 

â–º L’Association L’Autre Livre vous offre, du 14 au 16 novembre 2014 à l’Espace Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75014), la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens (entre autres, vous y retrouverez les éditions Al dante).

 

â–º Samedi 15 novembre 2014, 19H-21H, soirée proposée par les éditions Contre-mur, Librairie Le Lièvre de mars (21, rue des trois mages à Marseille) : lancement des inventifs posters signés Alain Cressan, Du jeu dans la lecture (version cartographiée) et Pierre Ménard, Les Accolades.

28 septembre 2014

[News] News du dimanche

Après une UNE consacrée au dernier livre de Jérôme Bertin – qui peut vous donner le vertige -, nos Libr-événements : on y retrouve l’écrivain avec Laura Vazquez à Manifesten ; mais aussi les RV Alphabetville et le Maelström Insurrection Tour.

 

UNE : Jérôme Bertin /FT/

Georges Hyvernaud n’avait plus que la peau et les os… Jérôme Bertin, lui, pour dresser son autoportrait, met la peau sur la table, façon pèse-nerfs. Et il est vrai qu’il est fort énervé, celui qui entend "réaffirmer le lien entre littérature et politique" (p. 37), et qui "a un faible pour les fables par balles" (50) : après avoir confié qu’il "rêve d’un livre arme" (36), il lui faut "écrire avec du sang" (55), une "tempête de mots 16 mm", "mettre le poème à feu et à sang" (57)… Et il est vrai que d’emblée plane l’ombre d’Artaud le Momo : "ARTAUD AVAIT RAISON. C’est le monde qui est devenu un anormal. Le ricanement bébête comme éthique. Le cynisme c’est le rire du fort".

Face à ce monde devenu fou, l’écrivain recycle et détourne lieux communs et clichés, mots cultes et mots cuculs, les grands mots et démons de la littérature : ainsi avons-nous affaire, avec La Peau sur la table et Autoportrait, à "une espèce de cut up d’un monologue intérieur" (44). L’écriture sismographique de Jérôme Bertin propose un phrasé qui multiplie les télescopages et dérapages phoniques/sémantiques : Les chefs de sévices les présidents fromage… L’enfer du cac la sodomie talc… Les trafics d’orgasmes rapportent gros… La polio médite… Un dernier pour la déroute… Silicone balai dans le cul…

Jérôme Bertin, La Peau sur la table, suivi de Autoportrait, Al dante, septembre 2014, 80 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84761-762-7.

Libr-événements

â–º Alphabetville est partenaire de What the flok, festival faire et penser, organisé par réso-nance, Zinc et le Lieu de Fabrication Ouverte à la Friche Belle de Mai, Marseille, du 29 septembre au 4 octobre
Informations : http://reso-nance.org/whattheflok/
Participation de Colette Tron à la table ronde « Connaissances libres » le 3 octobre à partir de 20h30, avec réso-nance, Ping, Emmanuel Vergès, Michel Bauwens
Programme complet : http://reso-nance.org/whattheflok/programme
 
 
♦ Résidence :

Micro-résidence de l’écrivain et philosophe Jean-Christophe Bailly, invité par Alphabetville à Marseille
En collaboration avec le cipM, la Friche Belle de Mai, les Bancs Publics et l’ENS photographie d’Arles
Du 1er au 4 octobre
 
Rendez-vous publics :
Lecture de Jean-Christophe Bailly
le mercredi 1er octobre à 18h30 au cipM
Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille
Renseignements : 04 95 04 96 23 / 04 91 91 26 45
 
Projection de vidéos d’artistes : carte blanche à Jean-Christophe Bailly
le samedi 4 octobre à 17h aux Bancs publics
Les Bancs publics, 10 rue Ricard, 13003 Marseille
Renseignements : 04 95 04 96 23 / 04 91 64 60 00

 

â–º Vendredi 3 octobre à 21H30, Maelström Insurrection Tour, Genève (Bains de Pâquis / 30, quai du Mont-Blanc). Poésie en Ville accueille pour la première fois à Genève les Editions Maelström, basées à Bruxelles, et plusieurs de leurs auteurs :

David Giannoni
Théophile de Giraud
Dominique Massaut
Vincent Tholomé

Improvisation musicale : Benjamin Pottel

L’heure est venue pour vous de parler
Vous tous amants de la liberté
Vous tous amants en quête du bonheur
Vous tous amoureux et dormeurs
Enfoncés dans vos rêves intimes
L’heure est venue de vous prononcer
Ô majorité silencieuse
Avant qu’ils viennent vous chercher !

Lawrence Ferlinghetti
Blind Poet



En regard de la publication de la traduction française du livre de Lawrence Ferlinghetti, "Poésie Art de lʼInsurrection" (maelstrÖm, mai 2012), la Troupe Poétique Nomade vous invite à découvrir une poésie vivante, engagée et festive.Les poètes et musiciens se réunissent pour partager lʼunivers et les mots de Ferlinghetti, lʼun des plus grands auteurs de la Beat Generation (ami et éditeur de Ginsberg et Kerouac).

Lectures de textes de Lawrence Ferlinghetti, largement centrées sur le livre “Poésie Art de lʼInsurrection”.
Lectures dʼautres auteurs en résonance avec ce thème de lʼinsurrection poétique (textes engagés, poésie urbaine, etc.)
Lʼensemble est accompagné par des musiques interprétées live par Benjamin Pottel.

 

â–º Jeudi 9 octobre à 19H, MANIFESTEN/Al dante (rue Thiers à Marseille) : poésie-action avec Jérôme Bertin et Laura Vazquez.
 

 

16 septembre 2014

[Livre-chronique] Laura Vazquez, Le système naturel et simplifié, par Jean-Paul Gavard-Perret

Aussi envoûtant que les précédents, voici le dernier agencement répétitif de Laura Vazquez – son deuxième livre aux éditions si singulières de Derrière la salle de bains.

Laura Vazquez, Le Système naturel et simplifié, éditions Derrière la salle de bains, septembre 2014, 10 €.

 

Trop de poètes veulent réduire le corps à ne parler que du bout du mental en oubliant ses tuyaux et ses trous. Or, la parole est dedans, invaginée ou phallique (et quel que soit le genre), avant sa sortie par effets de musculature et changement de débit. Seul ce qui se passe dans le corps est intéressant. Cela représente la faim des littératures, leur commencement. En dépit des histoires de caverne made in Platon. Mais il est plus facile de penser ainsi que de faire passer le franc « colimaçonnique » de l’inconnu. Laura Vazquez ose cette postulation poussée à l’obsession et la répétition derrière chaque souffle. La poétesse n’est pas plus une ombre sur une paroi qu’un arbre. Pour preuve, son corps comme elle-même fait beaucoup de choses comme il en refuse d’autres :

« mon ventre ne fait pas de miel, moi

mon ventre ne fait pas de bruit

quand tu viendras, tu pourras voir

je sais rouler les cigarettes

je sais m’endormir en bougeant »

Il est donc facile de comprendre que son romantisme (qui existe bel et bien)  est particulier :

« je m’ennuie quand je pense à tout

je voudrais être un château crevé

je voudrais être un cheval pourri. »

Ce qui ne l’empêche pas dans ses martèlements phrastiques sourds d’appeler l’autre à l’horizon de son espoir :

« viens me parler, viens dans ma chambre

viens par les clés ».

Car – répétons-le d’autant qu’elle ne cesse de le scander – Laura Vazquez n’est pas un arbre. Même si elle a besoin d’être arrosée :

« toi tu es une goutte

et tu tombes sur ta tête

il faut que tu tombes sur le toit

tu dois faire pousser des plantes »

et la plus belle des plantes qui l’appelle :

« viens vite avec tes branches sales

viens parler avec ma bouche

avec ta bouche

viens parler avec ma chambre

avec ma bouche

viens me parler sur les doigts

avec ta bouche » 

afin que l’horizon de l’amour s’annonce dans un parc où les arbres inconnus improvisent leurs croissances. L’auteure n’a pourtant rien d’une femme légère, sans être pour autant collet monté. Les cols Claudine ne sont pas de son fait – et elle peut se laisser séduire par le passage d’un amant. Mais elle n’en fait pas la collection. Sa vie ne rentre pas dans des cartons. Rien n’y est fait pour être empilé. Tout est disponible. Et ses vêtements seront portés par d’autres. Elle garde un sac, des crayons, du papier et de quoi se changer avec brosse à dents, et savon. Elle rend facilement les clés, prend un billet de train. Elle n’est pas de ces filles qui prônent des orgies de vermillon dans leur chevelure de blé noir. Mais dans la sienne s’entend le chant des moineaux plus que celui des Horace et des Curiace. Leur guerre ne démobilise pas son sommeil de paix.

Le lecteur baisse les yeux devant tant de limpidité comme devant les seins des femmes. Ses vers si rapides deviennent des coquillages hantés d’imaginaire  de  nacre. Sans oublier les hommes épaves. L’œuvre creuse la glaise du silence, appelle des lisières qui ouvrent à la pénétration – sans rien d’impudique. La goutte  partagée, son cristal sur les lèvres ne sont pas là pour ressasser  de l’éros basique. Il parle une langue nouvelle : dans le plus empêché, elle pousse en troublant  le chic et le chiqué.  Là où tout est dominé par effet de métaphore active pour réveiller le boucan du corps qu’on « étouffe. Musique alors musique. Non par où ça monte mais où ça descend et tombe. Le corps n’est plus seulement un télégraphe intelligent. La langue l’incarne soufflant très fort en une sorte de piston symphonique en refrains, elle dépasse l’interdit mais sans monstration spectaculaire, séductrice. L’extérieur est à l’intérieur. L’intérieur est à l’extérieur. Les femmes ne sont pas séparées des hommes. La poétesse les fait même  remonter plus haut que l’animal. Et qu’importe si la vue tue.

21 juillet 2014

[News] Libr-vacance (1)

 Ce premier Libr-vacance entame la dernière semaine de LC avant la pause estivale de quelques semaines : Libr-Net (Noam Chomsky sur Mediapart : "Dix stratégies de manipulation de masses" ; les blogs de Didier Moulinier et Autour de Christian Prigent) ; Libr-10 (10 livres reçus ces derniers mois à lire absolument). Avant les surprises et très riches heures de la reprise, profitez de cette relâche estivale pour reparcourir la UNE à la recherche des posts perdus…

Libr-Net

â–º Autour de Christian Prigent : après la "Présentation du fonds Prigent à l’IMEC" par Typhaine Garnier et la chronique de Fabrice Thumerel intitulée "Autour de Christian Prigent à Cerisy", se préparent "Six jours autour de Christian Prigent à Cerisy" (6 posts qui viseront à éviter la célébration/commémoration/amicale-de…).

♦ Les Rencontres littéraires en Haute Provence 2014 sont réparties sur cinq soirées de mai à septembre, dans différents lieux privés ou publics de la CCPFML, sur le thème : "Avant-gardes. Et après ?" Deuxième rencontre : la revue TXT présentée par Christian Prigent, Éric Clémens et Jacques Demarcq. Lectures par les écrivains.
Centre d’art contemporain Boris Bojnev – caves à Lulu, samedi 26 juillet de 17 h à 20 h (04 300 Forcalquier ; tél. : 04 92 73 06 75 – 06 03 50 51 39 & yves.bical@orange.fr).

♦ Par ailleurs, on (re)découvrira La Femme couchée de Philippe Boutibonnes, dispositif/lecture publié en 1974 dans la Collection Génération, avant même que le poète et peintre ne rejoigne la revue TXT : http://cantos-propaganda.blogspot.fr/2014/07/philippe-boutibonnes-la-femme-couchee.html?spref=fb

â–º Plus que jamais, il nous faut méditer les "dix stratégies de manipulation de masses" qu’analyse Noam Chomsky – et que rapporte Mediapart.

â–º À méditer également, l’article de Didier Moulinier sur son blog : "En-résistance. Au-delà du principe de Révolte"

« Le principe d’une "désobéissance civile globale homéopathique" – non-violente, ponctuelle, concertée, mais générale – est la seule réponse globale d’envergure face à la forme d’oppression, elle-même généralisée, qui prévaut aujourd’hui : le HARCELEMENT (moral, commercial, sexuel, économique, administratif). Variante vulgaire, non dissimulée, de la suffisance philosophique. »

 

Libr-10 : livres lus et recommandés par LC

â–º Valère NOVARINA, Observez les logaèdres !, P.O.L, mai 2014, 320 pages, 14,50 €.

VN : Valère Novarina / Voie Négative – "La passion est une voie négative : je dois passer par la défaite de tout le théâtre humain. Toutes nos idoles sont mises têtes en bas" (p. 110).

En plus de la version pour la scène du Vrai sang, ce volume propose un prolongement aux précédents essais poétiques (Devant la parole, Lumières du corps, L’Envers de l’esprit, La Quatrième Personne du singulier) : une réflexion critique sur le langage, la poésie et le théâtre ; une méditation philosophique et théologique ; un (r)appel à l’insoumission… À tous les communicants avides de spectacle : "Mettez fin-enfin ! tout-de-suite ! au dévidage et à la déclinaison de l’homme en chapelets d’humanoïdes stabulés, quantifiés un à un, anthropo-prototypisés de fond en comble ! Cessez de nous sur-et-sous-définir et comptabiliso-quantifico-périmétrer, mensurer, sous tous les angles !" (14).

Observez les logaèdres ! nous rappelle que le théâtre est un lieu spirituel qui fait advenir le sujet, un lieu d’où l’on voit la matière vive du langage.

 

â–º Pierre GUYOTAT, Joyeux animaux de la misère, Gallimard, "NRF", mars 2014, 416 pages, 21,50 €.

Suite aux trois récits autobiographiques en prose classique (Coma en 2006, Formation en 2007 et Arrière-fond en 2010), Pierre Guyotat nous offre un nouveau livre en-langue, avec queues et que (que explétifs), mais cette fois avec pour arrière-plan un univers dystopique… Dans ce texte au titre oxymorique, place à l’animal ! Là, tout n’est que désordre et putains (au masculin pluriel) : pour l’auteur d’Eden Eden Eden comme pour celui du Miracle de la Rose, la poésie est l’art d’utiliser la merde et de vous la faire bouffer
« – "la fleur je l’ai trouvée vivante sous étron vivant, ma poulette, attends j’y ouvre ma paume te la faire sentir, ma promesse te la mettre à l’oreille…" – "aiah, quelle odeur de la mort, dans ta main, chérie, bête ou homme ?" – "que toi, moi morts, la monte continue, nous transformés en chiens ou pythons, ou cancrelats, ou rats, singes…" » (p. 51).

 

â–º Annie ERNAUX, Regarde les lumières mon amour, Seuil, "Raconter la vie", printemps 2014, 78 pages, 5,90 €.

Qu’on ne se laisse pas induire en erreur par le titre, tiré d’une phrase rapportée à la page 40 (celle d’une jeune maman à sa petite fille) : il s’agit évidemment, non pas d’une bluette, mais d’un ethnotexte qui s’inscrit dans le prolongement de Journal du dehors (1993) et de La Vie extérieure (2000) : "Pas d’enquête ni d’exploration systématiques donc, mais un journal, forme qui correspond le plus à mon tempérament, porté à la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d’observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là" (p. 16-17). Ce journal doit son intérêt à la tension qui l’anime entre regard critique et regard contemplatif lié à un fantasme d’indistinction.

 

â–º Jean Louis SCHEFER, Les Joueurs d’échecs, P.O.L, printemps 2014, 96 pages, 16 €.

"Que porte notre attachement à  la peinture ?"

Revenant sur l’analyse structurale menée en 1969 d’un tableau allégorique de Pâris Bordone, Les Joueurs d’échecs (1540), Jean Louis Schefer nous offre une subtile réflexion esthétique qui nous emmène également en territoires poétique et cinématographique.

 

â–º Lucien SUEL, Je suis debout, La Table Ronde, printemps 2014, 152 pages, 16 €.

Il y a tout Suel dans Je suis debout : poésie visuelle et poésie orale, tradition et modernité, lyrisme et formalisme, passion du terroir et passion de l’Amérique, haïkus et beat generation, pastiches et parodies…

Je revenais de loin. Tous les Boches crevaient ;
Le pâle Otto aussi trempait dans la bataille ;
Il allait sous le ciel, il criait "Aïe ! Aïe ! Aïe !
Oh ! la la 8 Que j’ai mal ! Mon bidon est troué !"

Sa tunique-culotte avait des gros boutons […]

Ça ne vous dit rien ?

 

â–º Karmapoker, texte de Nicola de Marchi et dessins de Filippo Vannini, éditions Dasein, Paris-Lugano, automne-hiver 2013, 80 pages, 18 €.

Avec pour fil rouge le portrait d’une figure emblématique, le scammer (arnaqueur, fraudeur, escroc) – terme apparu dans les nineties, en pleine expansion de la new economy -, ce "manuel du superflu, ou micro-odyssée, ou bien article de luxe pour fauchés" développe une réflexion poétique/philosophique/ludique sur le temps présent. Comme jadis celle du théâtre ou du jeu (déjà), la métaphore du (karma)poker permet en effet de rendre compte de notre vie ("au poker comme dans la vie, la roue (du karma) tourne") dans un monde régi par des stratégies plus ou moins retorses, le pari et le risque, le crédit, le bluff ("une part de saloperie et trois parts de rêve"), la précarité…
Où l’on croise le concept de "sérendipité" et retrouve les antinomies liberté/destin, hasard/déterminisme…

 

â–º Isabelle ZRIBI, Quand je meurs, achète-toi un régime de bananes, Buchet-Chastel, printemps 2014, 112 pages, 11 €.

La phrase du titre fait partie du legs que la narratrice a reçu de sa grand-tante, Stevenson (homonyme de l’écrivain), tout comme cette autre : "une vie peut être vécue en ne lisant qu’Ulysse" (p. 30)… À coup sûr, ce récit critique à la première personne jette une peau de banane dans le jardin éditorial : "les éditeurs ont renoncé à la littérature"… Des éditeurs auxquels, renversant les rôles, elle envoie des lettres de refus savoureusement drôles. Les heureux z’élus des pros de "la machine à oubli" ne sont du reste pas épargnés non plus : "Les écrivains publiés […] choisissent d’écrire pour la même raison qu’ils préféreraient l’inhumation à la crémation : pour occuper davantage de place"… À coup sûr, bien qu’elle "habite une coque de métal, un bunker à l’abri des émotions", cette solitaire pas toujours solidaire ne manque pas de banane !

 

â–º Laura VAZQUEZ, À chaque fois, éditions derrière la salle de bains, printemps 2014.

Dans ce texte-accordéon édité avec goût, on retrouvera un agencement répétitif made in Vazquez. Et chaque fois qu’on lit du Vazquez, quelque chose vous emporte.

 

â–º Kenneth WHITE, Panorama géopoétique, entretiens avec Régis Poulet, Éditions de la Revue des Ressources, été 2014, 126 pages, 10 €.

Dans un espace mondial saturé, le poète traite des rapports entre poésie et paysages ; géopoétique, géopolitique, géobiologie et géophilosophie… Dans ce petit volume d’entretiens stimulant, il est également question de critique littéraire, des approches bachelardienne et blanchotienne, de géographie littéraire…

 

â–º Jean-François PERRIN, Rousseau, le chemin de ronde, éditions Hermann, printemps 2014, 476 pages, 26 €.

Bien avant les Modernes, Rousseau avance : "Il faudrait pour ce que j’ai à dire inventer un langage". Son opéra fabuleux à lui est un spectacle mental qu’il lui faut mettre en forme. Et le critique de rapprocher Rousseau de Modernes comme Baudelaire, Flaubert, Roussel, Rilke…

Langue et affect, langue et mémoire, langue et sujet : tels sont les sujets majeurs qu’aborde littérairement et philosophiquement cet essai au ton personnel signé par un spécialiste de Rousseau – livre de gai savoir qu’on lit d’une traite.

31 mai 2014

[Chronique] Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils [Libr-Java 9]

Dans un champ poétique caractérisé par une lutte des classements d’autant plus âpre que l’espace est symboliquement et économiquement restreint, le succès et donc la réédition de Caisse à outils – juste après l’anthologie Pièces détachées – signifient à quel point Jean-Michel Espitallier a réussi sa gageure d’offrir à chaque curieux "des plans et des modèles pour construire son propre engin d’exploration". C’est dire à quel point il nous faut (re)lire ce trois-en-un (essai-manuel-panorama). Cette réédition n’apportant qu’une réactualisation des références – très utile au demeurant -, on commencera par la version relue de la chronique publiée en 2006 par Philippe Boisnard ; et on terminera par le dialogue critique que propose Fabrice Thumerel à son auteur. [Lire Libr-Java 8]

Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils. Un panorama de la poésie française aujourd’hui, Pocket, 2006 ; édition revue par l’auteur, Pocket, coll. "Agora", printemps 2014, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-266-25041-2.

 

Un manifeste postmoderne (Philippe Boisnard)

Jean-Michel Espitallier publiant Caisse à outils aux éditions Pocket, prenait un risque certain : témoigner de la création de la poésie française contemporaine, dans une édition grand public, à savoir accessible à tous, alors que les enjeux de cette poésie semblent demander une certaine connaissance de l’histoire de la poésie du XXème siècle et des questions qui s’y sont tissées. Risque dont lui-même n’était pas dupe, tel qu’il en témoigne dans sa première partie Ouvre-boîte : « Le pari n’était pas facile étant donné la grande diversité des gestes artistiques, la complexité des questions, la multiplicité des formes et des pratiques (…) Si j’emprunte parfois la casquette de l’historien, c’est qu’il me paraît difficile de prendre la mesure des formes contemporaines sans les replacer dans la continuité et les ruptures qui les ont produites, les légitiment, en expliquent les mécanismes et les apports. »
Lire cet essai, car il s’agit davantage d’un essai que d’un panorama, nécessite alors de tenir compte de ce grand écart, de ne pas voiler cette tension sous les prétextes, soit de spécialistes, soit de chapelles, qui discréditeraient par avance son effort de clarté, voire de clarification de certaines questions.
Alors, quel est l’enjeu précis de cette caisse ? Tient-il seulement à rendre visible les compartiments de la poésie contemporaine, les différents outils mis à disposition par les pratiques et les créations ? Cela pourrait être le cas, si nous nous référions seulement à la table des matières, si nous prenions cet essai seulement comme une taxinomie des différentes expériences contemporaines.
Mais ce serait aussi se détourner certainement de ce qui le creuse, venant indiquer non plus la simple description neutre de poésies, mais témoigner de lignes qui se construisent, s’affrontent, viennent se contredire, selon un rapport au temps, à l’histoire, à la société. C’est de cela que je voudrai parler ici.
Alors que le champ poétique au niveau des essais est dominé sans nul doute possible, depuis plus de quinze ans, par les thèses de Christian Prigent, ce qu’accomplit ici Jean-Michel Espitallier, sans le dire explicitement, c’est une réévaluation critique de la modernité prigentienne, et l’ouverture à de nouveaux horizons, dont témoigne fort peu Christian Prigent.
Que cela soit dans Ce qui fait tenir, ou encore dans ses articles, comme celui publié dans Fusées n°8 sous le nom Encore un effort, Prigent n’a de cesse : 1/ de défendre la pensée d’une modernité poétique qui se structure sur la négativité des grandes irrégularités du langage, sur l’illisibilité (cf. ce qu’il écrit encore à propos de Scarron : « Écrire, c’est alors faire injure aux écrits droits (…) inoculer là-dedans épouventable peste gangrenne » (p.52), 2/ de mettre en critique les pensées post-modernes, qui ne s’affrontent plus à cette logique, 3/ ceci en tentant de rabattre certains des auteurs de ce tournant post-moderne dans le champ de la modernité (cf. Fusées °8 : « Tout cela est bien intéressant [il parle de Fiat et Hanna]. Un peu tartarin, sans doute, dans le genre ultra-avant-gardiste. Derrière insistent lourdement, l’ombre de Burroughs, le spectre de Gertrude Stein (…) Côté théorie cela fait beaucoup de scolarité »).
Jean-Michel Espitallier pose la possibilité de sortir de cette logique, il la met en critique en se positionnant en rapport à un tournant post-moderne, que l’on retrouve aussi bien chez Christophe Hanna que dans ce que je tente de même de mettre en place au plan de la réflexion [cf. "Hackt° theory(Z)" dans Doc(K)S]. Mais en quel sens établit-il cette réévaluation post-moderne ?
Il accomplit son analyse dans la partie centrale de son essai : « Chronomètre, horloge, agenda », à partir de la mise en évidence de ce que c’est qu’être contemporain : « C’est parce que je suis contemporain que je vis mon temps et non le contraire » (p.137). Les questions de la poésie se polarisent sur l’époque où elle apparaît à partir dès lors, ni de la recherche d’une langue propre (idiolectale), ni de la volonté de faire surgir une propriété extra-époquale (le corps, le singulier, la pulsion, le ça, la négativité) qui serait voilée par l’époque. Bien au contraire, être contemporain selon Jean-Michel Espitallier, c’est saisir un certain nombre de questions « qui se posent mais ne me sont pas posées » (rupture de l’obnubilation du sujet), c’est intensifier des rapports logiques, politiques, sociaux, non pas en vue de trouver une part maudite, une sorte d’ipséité que la modernité rationnelle aurait voilée, mais selon le projet de les décrypter, de les mettre à jour du point de vue de leurs stratégies de domination, de diffusion, d’imprégnation. C’est pourquoi cette contemporanéité se définit en tant que tournant post-moderne. La post-modernité, comme j’y reviendrai par ailleurs, ne définit pas d’abord et avant tout une réalité époquale (même si cela peut être le cas), mais surtout la réévaluation critique des héritages qui ont défini l’histoire, selon une logique de mise à distance des méta-vérités qui l’ont structurée. Alors que la modernité poétique a opposé à la téléologie de la raison issue du XIXème siècle (Hegel, puis Husserl) une téléologie du sujet compris comme singularité et tout à la fois vérité d’une possible communauté politique (d’où la récurrence du thème de la révolution), la post-modernité ne revendique plus aucune forme de vérité/communauté, mais situe son travail comme déchiffrement des mécanismes politiques, économiques ou communicationnels qui définissent chacune des micro-segmentarités de vérité relative qui constitue la réalité parcellisée du monde occidental. Contre la performation moderne, le post-moderne tendrait à un travail critique. Contre l’idiolectal lié à l’assomption du singulier, la post-modernité poserait des langages conventionnels, issus des pôles hégémoniques de la représentation, mais cela à partir de la remédiation de leurs logiques ou de leurs contenus, selon des déplacements circonstanciels ou événementiels, selon des stratégies de déterritorialisation, sans réelle reterritorialisation dans une dimension de vérité. C’est ainsi que Jean-Michel Espitallier peut écrire : « Faisant le deuil du clivage historique entre passé et présent, le post-moderne s’inscrit en faux contre tout messianisme. L’écrivain post-moderne retourne contre eux les phantasmes d’une inspiration créatrice, raille l’esprit de sérieux et les supposés vertus politico-thérapeutiques de son travail. » (p.126)
Il était nécessaire qu’une telle entreprise puisse enfin voir le jour. Non pas qu’il faille en finir avec la modernité, mais au sens où elle permet enfin d’avoir accès à des pratiques qui, hétérogènes à l’intention moderne, ne pouvaient apparaître au vu de la focalisation moderne qui caractérise encore les pratiques expérimentales. Ainsi, même si Espitallier a tendance à tomber dans le name-dropping, et par moment à citer des noms qui sont peu pertinents par rapport à ce qu’il développe, il réussit à rendre visible, si ce n’est lisible, les nouvelles intentionalités poétiques qui s’élaborent. Il ne reste plus qu’à attendre maintenant des essais qui réfléchissent et approfondissent ces nouveaux horizons, qui ne seront plus de l’ordre de la caisse à outils, mais plus certainement tiendront du mécano.

 

Bricolage et vagabondage (Fabrice Thumerel)

Nul point de vue de Sirius ici, nul voyage olympien ni parnassien : c’est en bricoleur que Jean-Michel Espitallier propose ses découvertes et expériences, tout comme ses réflexions sur le renouvellement de l’objet poétique, les mutations de l’espace poétique, ou encore les pratiques transartistiques et transgénériques. Et parce que le bricolage ressortit à la "pensée sauvage" (Lévi-Strauss), cette caisse à outils s’avère aussi pratique qu’originale. Indispensable par sa riche diversité et la clarté de ses synthèses. Indispensable pour ses prises de position vives ou mesurées, ses mises en garde salutaires : assurément, on pourrait très bien se passer de ce "téléthon annuel" que constitue le Printemps des poètes, tout comme de l’incontournable "transversalité", "nouveau sésame de la cuistrerie branchée"… Le poétisme ne frappe pas que la poésie "traditionnelle", pouvant "se manifester dans la pompe lyrique ou le stylisme boursouflé comme dans la littéralité ou l’avant-garde" ; il importe donc de "se méfier des hâtives sacralisations du nouveau" – tant "il ne suffit pas de piloter de gros logiciels et d’articuler images, sons, textes, hologrammes, etc., pour faire la révolution poétique" (p. 50-51)… Quant au fameux cut-up, pour être "devenu l’une des marques de fabrique de l’époque", il n’en est pas moins discutable : il a "tendance parfois à se faire un peu rouleur de mécaniques postmoderne, besogneux à force de se vouloir démonstratif, démonétisé comme valeur d’échange en ateliers d’écriture, conformiste à se croire naïvement visa de toutes les modernités" (198)…

Reste que l’on se serait attendu à une plus grande révision : si le paysage ne s’est pas métamorphosé en huit ans, il s’est tout de même enrichi de nouvelles formes et teintes. Par exemple, concernant les poésies du dispositif, comment ne pas rendre compte précisément des apports théoriques de Franck Leibovici, Olivier Quintyn, ou encore Christophe Hanna ? Comment traiter les "écritures à contraintes" sans évoquer les expériences actuelles de Philippe Jaffeux ou de Bruno Fern ? Comment réduire les poésies numérique et multimedia à deux seules pages ? Comment ignorer cette nouvelle ligne de force que représentent les objets poétiques en français fautif (OPFF), de Claude Favre à Corinne Lovera Vitali en passant par Alexander Dickow ? le renouveau multiforme du lyrisme : le lyrisme objectif, dramatique ou spirituel, de Suzanne Doppelt, Sandra Moussempès ou Jean-Luc Caizergues ; le lyrisme spiritualiste de Mathieu Brosseau ; le lyrisme poéthique de Jean-Claude Pinson ; le lyrisme utopique  de Christophe Manon ou héroï-comique de Vincent Tholomé ; les litanies de Laura Vazquez ? Mais sans doute ne doit-on pas confondre le libre vagabondage de Jean-Michel Espitallier avec une exploration scientifique exhaustive.
To be continued ?

Reste que l’on est dubitatif quand, à la page 151 exactement, l’auteur reprend à son compte sans nullement l’interroger le label "extrême contemporain", qui le conduit loin de sa base poétique… Juste pour titiller un peu le poète essayiste, on rappellera brièvement la généalogie de cette appellation. En 1986, au cours d’un colloque auquel participent également Dominique Fourcade, Michel Deguy et Jacques Roubaud, Michel Chaillou forge le concept d’"extrême contemporain", c’est-à-dire d’un contemporain englobant les extrêmes. L’opération symbolique vise à rien moins que labelliser une plateforme d’écritures exigeantes conçue comme une alternative au modèle avant-gardiste agonisant. Peu après la publication des Actes de ce colloque (1987) dans la revue Po&sie dirigée par Michel Deguy depuis 1977, naît chez le même éditeur Belin la collection du même nom, riche aujourd’hui de quelque soixante-quinze titres. Depuis, l’appellation est entrée dans l’usage courant en matière de littérature, employée dans des colloques de spécialistes comme dans divers panoramas et articles de presse. Arrêtons-nous sur le premier colloque international consacré à cette notion aussi vague que vaste, qui a eu lieu en mai 2007 à Toronto : trois jours durant, des chercheurs du monde entier ont débattu sur les "enjeux du roman de l’extrême contemporain : écritures, engagements, énonciations". La première remarque qui s’impose est l’extrême extension du "concept", puisqu’il recouvre aussi bien l’écriture de soi que "l’écriture du jeu, l’écriture des idées et l’écriture du réel". Quant à la liste des auteurs dont il est principalement question, elle laisse pour le moins perplexe : Angot, Chawaf, Darrieussecq, Duras, Germain, Grainville, Houellebecq, Laurens, Toussaint… Quels rapports établir objectivement entre ces écrivains dont les pratiques comme les capitaux symboliques sont aussi différents ? Le succès de ce label s’explique par son "utilité pratique". Mais la difficulté de penser ou d’objectiver le contemporain justifie-t-elle la réduction de l’"extrême contemporain" au seul genre narratif ou à la seule "esthétique du fragment" ? le recours à l’amalgame, courant dans les milieux médiatiques, au sein d’une liste alphabétique d’auteurs des plus hétéroclites (de Abécassis à Wajsbrot, en passant par Adely, Angot, Apperry, Assouline, Beigbeder, Bon, Despentes, Echenoz, Ernaux, Germain, Houellebecq, Laurens, Michon, Pennac, Quignard ou Volodine) ? Pourquoi publier dans une encyclopédie un objet qui ne saurait relever d’aucun savoir car non construit, si ce n’est pour tenter, grâce à un fallacieux bricolage pseudo-théorique, de légitimer des "valeurs littéraires" défendues par telle ou telle chapelle, voire par le Marché même ? Car, à l’évidence, le label "extrême contemporain" possède deux atouts majeurs : c’est un terme neuf pour désigner des valeurs proches de celles contenues dans "avant-garde" : appartenir à "l’extrême contemporain", c’est être en effet à la pointe du nouveau. Est-ce à dire que, vigilant quand il s’agit du concept d’"avant-garde", Jean-Michel Espitallier a baissé la garde devant ce label en vogue ?
To be continued

29 mai 2014

[News] SPÉCIALE Libr-événements

Pour terminer mai en beauté, plusieurs Libr-événements vous attendent demain à Marseille (Little Big Books Artist ; Nowak Papantoniou), Paris (autour d’Antoine Boute : Azam, Hubaut, Montessuis…) et Angoulême (Espitallier, Jallon, Pireyre…) : des manifestations et des écrivains de premier plan !

 

â–º Vendredi 30 mai – 17h00 / Présentation des Little Big Books Artist, Le Monde des Villes – Marseille

André Jolivet, Nadine Agostini, François Bladier, Julien Blaine, Frédérique Guetat-Liviani, Laura Vazquez.

Atelier Vis-à-vis
41 rue Clovis Hugues
13003 Marseille

â–º Vendredi 30 mai à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : lecture-performance de Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, qui vient de publier GLÔÔSSE aux éditions Al dante (88 pages, 13 €), suivie d’une discussion avec Katerina Zisimou qui témoignera de la situation en Grèce.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

â–º Vendredi 30 mai, GRANDE FÊTE DU POTENTIEL RIGOLO DE LA MORT pour la sortie du livre, LES MORTS RIGOLOS par Antoine, Victor & Lucas Boute (éd. Les Petits Matins) au MONTE-EN-L’AIR (2, rue de la mare, 75020 Paris) à partir de 18h30

avec

– ATELIER SUICIDE AU TRAMPOLINE, par Victor & Lucas Boute

– CONNEXION-TRANSE AVEC NOS AMIS LES MORTS, par Joachim Montessuis

– ALLO LES MARTIENS ? ICI L’INSPECTEUR PENNEQUIN, par Charles Pennequin

– ANDY FIERENS AIME LES ENFANTS, par Andy Fierens

– CONNANSKI CONNEXION, par Loïc Connanski

– EDITH AZAM VOUS PARLE, par Edith Azam

– COURTE PERFORMANCE POST-MORTEM, par Joël Hubaut

– EXAMEN DE PÂQUES, par Martine Doyen & Antoine Boute

– POTAGER EXPERIMENTAL VERSUS FECONDATION IN VITRO, par Ann De Gheest

– IL FAUT FAIRE DES ENFANTS !, par Ariane Bart

– EN AVANT POUR LA REVOLUTION DES ENTERREMENTS, par Antoine Boute

Dans Les Morts rigolos, on ne doute de rien : un type y raconte sa vie à partir d’une blague tout en révolutionnant les enterrements, tout en écrivant un thriller familial avec ses enfants (Victor, 7 ans, et Lucas, 5 ans), tout en se faisant plein de copines et copains clochards, pornolettristes, kamikazes, grossistes en pétrole, éco-féministes, cavaliers anarcho-autonomes, aviatrices, tout en théorisant l’écriture qui tue et en re-fécondant les rapports entre vie, farce, mort et enfance…

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

5 avril 2014

[Création] Laura Vazquez, TOUT TOMBE [Libr-@ction – 18]

Cette dix-huitième livraison de Libr-@ction se présente sous la forme d’une vanité inédite : un agencement répétitif qui nous entraîne jusqu’au vertige dans une méditation sur la dégradation de toutes choses. Nulle action possible contre l’universelle entropie ; la libr-@ction poétique de Laura Vazquez nous invite donc à perdre toute chose, mais en mesure – lentement.
Selon le principe de Libr-@ction, écoutez/voyez/lisez et partagez de toutes les façons cette fascinante création de la talentueuse Laura Vazquez. /FT/ [Libr-@ction – 17]

Voir la vidéo (cliquez ici si vous n’arrivez pas à la voir) :

 

La maison tombe, lentement,
elle tombe lentement,
les enfants tombent lentement,
ils tombent lentement,
leurs bouches tombent lentement,
les bouches des enfants vont lentement,
et leurs jambes tombent lentement,
leurs jambes tombent lentement,
tout tombe lentement,
la ville tombe,
elle tombe, elle tombe lentement,
la ville tombe, elle tombe doucement,
depuis longtemps,
depuis beaucoup de temps,
la maison tombe et les gens tombent,
les bouches tombent et les gens tombent

et le dessus des yeux et le dessous du ventre et le dedans du ventre et le dedans des joues et le dessus des cils, et le dessus des mains et le dedans des pieds et le dessous des tables et le dessous des seins, et le dessus des tombes et le dessus des crânes et le dessous de soi et le dessus de soi, et le dedans des ventres et le dessus des ventres et le dessous des ventres et le dedans des ventres,

tout tombe tombe

tout tombe lentement,

les pierres tombent

et les échanges

et les histoires

et les objets

et les liquides

et les ruisseaux

et les vidanges

et les serpents

et les échanges

et les liquides

et les échanges

et les salives,

tout tombe tombe

tout tombe lentement,

dans les organes,

dans les maisons,

dans les chemins,

dans les échanges,

c’est la tournure,

c’est le chemin,

c’est la méthode,

c’est la mesure,

c’est un échange,

c’est une idée,

c’est un problème,

c’est une idée,

c’est un chemin,

c’est un échange,

c’est un rapport,

c’est un chemin,

c’est la tournure,

c’est la méthode,

c’est la mesure,

tout tombe tombe
tout tombe doucement,
tout tombe lentement,
tout tombe doucement,

dans les maisons,

dans les tournures,

dans les endroits,

dans les bordures,

dans les forêts,

dans les histoires,

dans les paroles

et sans arrêt
et sans vitesse et sans vacarme, et sans penser et sans souffrir, c’est la tournure.
C’est ce qui tombe

et le dessous des bras et l’idée des figures et l’idée de la mort et l’idée de la honte et l’idée de la fonte et l’idée des liquides et les liquides eux-mêmes et les personnes lentes et les personnes biens
et la vie est bien lente
et la vie est tombée
et la vie est bien calme
et la vie est bien lourde
et la vie est bien belle
et la vie est la vie
et la vie est tombée
et la vie est en train de tomber,
mais lentement

tout tombe lentement
dans les personnes et dans la gorge des personnes et dans les ventres des personnes
et tout avale et tout avale les personnes et dans la gorge et lentement et tout va dans la gorge mais lentement

dans la maison des hommes,

dans la maison des loups,

dans la maison des mères,

dans la maison très noire,

toutes les mères noires,

on se donne de l’eau,

on se donne des branches,

on se donne des ventres,

on se donne des langues,

on se donne du pain

et tout tombe dessus.

16 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec le printemps qui arrive cette semaine, c’est le moment de tapiner et de foutre le BoXon avec Julien d’Abrigeon – surtout si comme lui vous pensez que la littérature a existé avant et existera après le livre. Après notre Libr-Net, place aux deux Libr-événements majeurs : le RV Electrochocs et le festival Poema.

 

Libr-Net : le nouveau tapin est arrivé !

Julien d’Abrigeon nous fait savoir qu’il "ne sera pas au salon du livre. Sera dehors. Au salon hors du livre. En extérieur. Ou du moins, pas dans le salon. Dans le couloir du livre, à la cuisine du livre, ou, plus vraisemblablement, aux chiottes. Aux chiottes du livre. Ou dans le jardin du livre. Ou sur la route du livre. Bref. Pas dans le salon en tout cas, j’ai pas de patins. Juste un tapin deux, hors du livre. Sur les autoroutes de l’information du livre. Une voie rapide du livre. Ou un truc dans le genre du livre"…

Et le lancement de ce tapin2 est un véritable événement : Totalementotale Action Poésiepoetrypoesia Internationalementinadmissible et Nouvellenappe v.2.0

Pensez donc, vous y retrouverez – mais plus vraisemblablement compléterez votre collection – la totale de la déjà mémorable revue BoXon (28 numéros et deux CD compris)… Déjà 71 auteurs en ligne qui poétapinent : de D’Abrigeon à Weiter, en passant par Agostini, Blaine, Bobillot, Boute, Braichet, Bret, Cabut, Chaton, Courtoux, Espitallier, Fontana, Hassomeris, Heidsieck, Justamante, Limongi, Manon, Pennequin, Prigent, Quintane, Rabu, Richard (Mathias), Tarkos, Tholomé, Torlini, Vassiliou, Vazquez…

 

Libr-événements

â–º Electrochocs / concert acousmatique / performance sonore : mardi 18 mars 2014 à 19H, Cité de la musique à Marseille (4, rue Bernard du Bois).

* Pauline Parneix
Mirage – 3′ (extrait)
Entre l’illusion et la réalité, il y a un mirage.

* Adeline Debatisse
Monophonisme en E – 3’00
Contrainte de l’OULIPO, un monovocalisme est un lipogramme d’où sont bannies toutes les voyelles, sauf une. Et si on s’intéressait aux sons qui font E ?
EUH ?!? ( …)

* Delphine Fouquou
COSMOS – Etoiles Mortes – 3’00
Si elles ne s’effondrent pas sur elles-mêmes, c’est parce qu’elles sont chaudes.

* Nicolas Lebar
Étude aux mouvements – 3’00
L’auditeur est entouré de choses variées qui passent autour de lui.

* Jérémie Bourgeois
Tromploreï – 3’33
Et c’est demi-rage son or, il eut Zionzo’ dit Yves Fata Morgana…

* Jérémie dessertine
Duvaldor – 6’30
"L’immersion dans le sommeil, c’est le moment où le sur-moi, le douanier dort. C’est ce douanier qui fait le tri dans la zone subconsciente entre ce qui peut affleurer à la conscience et ce qui, trop chargé d’affect, trop douloureux, trop immoral, ne peut franchir ces filets. Le sommeil est la meilleure hypnose, tous les souvenirs émergent tels des chevaux sauvages, jusqu’aux souvenirs archaïques de la petite enfance.
Je trouve que les sons se prêtent bien à ce sentiment de "conscience libre". Voici la cartographie d’une conscience, libre à vous d’y cheminer à votre gré.
J’assume et ajoute que toute œuvre porte le poids de sa propre psychanalyse, on n’y échappe pas !"

* François Wong
En attendant la guerre – 6′
J’attends. Une guitare à la main.
Autour du poème "La grande guerre" de Nicolas Bouvier.

* Pauline Gervais
À quoi tu joues ? – 3′
Le dé dans la main droite, les cartes dans la main gauche… et la mécanique du jeu se met en place.

* Laura Vazquez
Minute – 2’00
Autour du silence.

* Sand, Terra incognita (vidéo sonore) – 4’16
"Qu’est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l’existence des corps dans l’espace , et à leur mouvement. Mais n’y aurait-il point de temps s’il n’y avait pas de mouvement? Point de mouvement s’il n’y avait pas de temps? (…) Le temps est-il fonction de l’espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l’un à l’autre? (…) Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. "A présent" n’est pas "autrefois", "ici" n’est pas "là-bas", car entre les deux il y a mouvement. Mais comme le mouvement par lequel on mesure le temps est circulaire, refermé sur lui-même, c’est un mouvement et un changement qui l’on pourrait aussi bien qualifier de repos et d’immobilité; car l’"alors" se répète sans cesse dans l’"à présent", le "là-bas" dans l’ "ici"." (Extrait tiré du roman La montagne magique de Thomas Mann).

* Laurence Grobet
Chimes – 7′
Inspirée par le bazar des sons estampillés Nature et Découverte, j’ai choisi d’entrer dans la danse en jouant avec les résonances hypnotiques d’un carillon pour ouvrir dans un deuxième temps un espace méditatif d’un genre nouveau qui pourrait s’intituler Fake Fengshui Music.

* Jean-Henry Ferrasse
Extrait la porte close – 2’05
Si vous entrez, n’abandonnez pas toute espérance.

* Laure Latronche
De l’eau sous les ponts – 4’30
Avec la participation de Laurence Grobet, in et out.
Depuis la nuit des temps l’Homme n’a cessé de s’interroger sur son devenir.
La parole des Femmes aujourd’hui forme une matière intense.
L’eau n’a pas finit de couler sous les ponts.
Je travaille depuis quelques années sur la manière dont la voix, les mots, le langage humain peuvent faire alliance avec des sons fabriqués par la magie de l’abstraction électroacoustique.
Dans le langage humain, je m’intéresse à ce qui se loge en creux, dans les suspends, les tics de langage et la manière dont l’esprit, la pensée joue au prestidigitateur entre deux jaillissements de mots. En amputant le discours de son contenu sémantique, subsiste le résidu de langage qui devient la matière même de cette composition sonore. Je provoque ainsi des déviations auditives vers les non-lieux du discours, que je télescope avec des montages hybrides, des chimères sonores et quelques nappes en circonvolution qui sont autant de chemins se perdant dans la nature infinie de la pensée humaine. La voix des femmes est à mes yeux aujourd’hui essentielle dans le jaillissement d’une liberté de parole acquise depuis peu. Les profondes amputations que je fais subir à cette voix de femme, m’évertuant vainement à la rendre anecdotique, n’en révèlent que la force profonde posée sur le chaos du monde.
Laurence Grobet, comédienne et personnage principal de cette pièce, intervient parfois en direct et au milieu du public lors de la diffusion.

* Clara de Asís
Pêche de nuit – 4’00
Introduction.
En cours de composition.

* Gérard Ninauve
À la manière de "François Bayle: Jeîta" – 2’48

* Jeîta, ou murmure des eaux
L’oeuvre originale de François Bayle est inspirée des grottes de Jeîta, près de Beyrouth (Liban). Lors du concert inaugural pour l’ouverture des grottes au public, le 11 janvier 1969, fut joué Nadir, première version de Jeîta, pour ensemble et bandes.
Jeîta, ou murmure des eaux, est une suite concrète composée pour le disque, à partir de sons naturels de la grotte.
A la manière de "F. Bayle: Jeita" est un essai didactique de reproduire l’œuvre à partir de son étude, un peu comme font les peintres en recopiant les tableaux des grands maîtres.

* Laure Latronche
Marge – 03’00
Cette pièce est une extension vocale sur partition graphique de la pièce électroacoustique "De l’eau sous les ponts".

* Clara de Asís et Laura Vazquez
Maintenant le chevalier (Guitare préparée et voix) – 7’00
Maintenant le chevalier est une lecture performée avec guitare préparée, qui naît de la volonté d’exploration du processus d’écriture compositionnelle de deux champs connexes : la création textuelle et la création sonore. À partir de l’idée de variation de la langue dans l’acte de performation poétique en interaction avec les sonorités plurielles de la guitare préparée, nous interpréterons cette pièce dans la totale interdépendance des supports acoustiques et phoniques. Considérant les substrats de la langue poétique sonore : le souffle, l’intensité du son de la voix, les rythmiques phonatoires, etc., comme autant d’éléments sémantiques intégrables et nécessaires à la création sonore.

 

â–º POEMA-festival réunit comme partenaires : le CCAM – Scène Nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy, l’Université de Lorraine et la librairie L’Autre Rive à Nancy.

Jeudi 27 mars :
Librairie L’Autre Rive, Nancy
18h30 / Lecture de Dominique Maurizi et de Marie Huot
à l’invitation des éditions Isolato

Vendredi 28 mars :
Faculté de lettres de Nancy
14h30 / Table ronde "Existe-t-il une poésie de plateau ?", organisée en partenariat avec l’Université de Lorraine.
Il semble acquis, pour le monde du théâtre contemporain et de la presse culturelle, qu’il existe une catégorie de spectacles que l’on peut qualifier de « poétiques ». Qu’est-ce au juste que ce « poétique » ? Un raccourci commode ? Une véritable catégorie esthétique ? La manifestation d’un usage particulier des signes scéniques, que l’on pourrait nommer « poésie de plateau » ?

Animée par : Yannick Hoffert et Florence Fix
Intervenants : Marie-Noëlle Brun – metteur en scène…, Estelle Charles – metteur en scène, Aurore Gruel – danseuse et chorégraphe, Fred Parison – plasticien et scénographe, Valérie Suss et, journaliste

CCAM – sc ène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy
19h / Lecture de Charles Pennequin
20h30 / Fo Biné de Jean Dubuffet
compagnie Le Théâtre 27

Samedi 29 mars :

11h / Lecture de Sébastien Lespinasse suivie d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Poésie en questions"
Cette rencontre vise à déchiffrer le paysage de la poésie contemporaine, à ouvrir des pistes et tracer des lignes d’horizons propres à témoigner de l’éclectisme des pratiques et des formes poétiques actuelles.

Animée par : Frank Smith, écrivain et producteur d’émissions radiophoniques

Intervenants :
Claude Ber, poète et dramaturge
Jean-Pierre Bobillot, poète et maître de conférences à l’Université de Grenoble
Christian Prigent, poète, romancier et critique littéraire

16h30 / Lecture de Anne Kawala
suivie de la commande POEMA à Aurore Gruel, Amandine Truffy et Emilie Weber
18h30 / Lecture de Frank Smith
20h30 / Lecture à deux voix de Christian Prigent et Vanda Benes suivie de la commande POEMA à Loris Binot et Denis Jousselin
22h30 / Lecture-performance de Sebastian Dicenaire

Dimanche 30 mars :

11h / Lecture performée de Lucien Suel et lecture de Bernard Noël, suivies d’un apéro
14h – 16h / Table ronde "Diffuser la poésie aujourd’hui"
De l’édition traditionnelle à la publication en revue, de la médiation à l’événement culturel, de la poésie écrite à la poésie performée, quelles sont aujourd’hui les voies offertes à la poésie pour exister, accéder à la visibilité et aller à la rencontre du public ?

Animée par : Anne Cousseau, maître de conférences à l’Université de Lorraine

Intervenants :
Magali Brazil, directrice de la Maison de la Poésie de Nantes
Yves di Manno, poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion
Frédéric Jaffrennou, éditeur (éditions Isolato) et libraire
Jean-François mani er, éditeur (Cheyne éditeur), ainsi qu’un représentant du C.N.L. (Centre National du Livre)
17h / Lecture de Cécile Mainardi
suivie de la commande POEMA à Jean-Philippe Gross , Romain Henry et Lætitia Pitz
Entrée libre pour la librairie L’Autre Rive

Du 28 au 30 mars au CCAM : pass week-end 3 jours : 30€ tarif plein / 20€ tarif réduit ou, chaque jour, entrée payante à partir de 16h30 / de 4 à 13€.

10 février 2014

[Agenda] Colloque international de Toulouse  » Création, intermédialité, dispositif « 

Le colloque international “Création, intermédialité, dispositif”, organisé par le laboratoire LLA CREATIS en partenariat avec l’Université du Québec aura lieu du 11 au 14 février 2014, à l’Université de Toulouse Le Mirail.

Ce sera pour Laura Vazquez l’occasion de présenter une réflexion autour de l’intermédialité du dispositif poétique performatif, en analysant l’effet de la combinatoire des médias dans les performances poétiques Liste des langues que je parle (à partir de 4:27 mn) de Christian Prigent et Improvisation poétique de Christophe Tarkos. Nous verrons que la pluralité des médias (voix, vidéo, corps, texte) entraîne une pluralité des sémioses qui participe à la mise en place d’une poétique particulière ou OLNI : Objet littéraire non identifié (cf Christophe Hanna, Nos dispositifs poétiques, Questions théoriques, 2010)

Dans le cadre de ce colloque interviendront également : Emmanuelle Garnier, Christophe Wall-Romana, Anne Reverseau, Nadja Cohen et Henri Scepi, Eric Méchoulan, Monique Martinez, Maria Tortajada, Arnaud Rykner, Damien Beyrouty, Guy Larroux, Pierre Piret, Mireille Raynal, Fabienne Denoual, Elise Van Haesebroeck, Anne Pellus, Julien Aubert, Jean-Michel Court, Vincent Mika, Marie-Jeanne Zenetti, Marion Froger, Olivier Ammour-Mayeur, Euriell Gobbé-Mévellec, BenoiÌ‚t Tane, Philippe Ortel et Bernard Vouilloux.

Présentation du colloque

Les questions trans-sémiotiques et trans-artistiques, devenues classiques en critique littéraire, s’élargissent aujourd’hui aux relations entre médias, prenant ainsi en compte les supports, canaux et institutions permettant aux messages de circuler. Elles s’enrichissent de nouveaux niveaux d’analyses intégrant les considérations techniques et pragmatiques qui entrent dans la définition des dispositifs de communication en général. Ainsi a émergé dans plusieurs pays simultanément la notion d’intermédialité, forgée au début des années 1960 par Jürgen Ernest Müller à partir de la notion d’intertextualité.

Ce colloque abordera la question de l’intermédialité en termes de création. A quelle finalité ou à quelle urgence la collaboration entre médias répond-elle ? Sa vocation est-elle ludique, critique, politique, compensatoire, réflexive ? Tout en exploitant les possibilités, notamment techniques, du milieu dans lequel elle s’inscrit, l’intermédialité réagit-elle aux tensions ou ruptures tranversant un tel milieu ?

Le colloque tentera aussi de repenser la notion d’intermédialité à la lumière d’une poétique des dispositifs. On verra notamment quels effets figuratifs produit la convergence des médias au sein des oeuvres, que ce soit sur scène, au cinéma, dans une installation ou dans un texte littéraire.

Vous pouvez accéder au programme prévisionnel du colloque en cliquant ICI

21 juillet 2013

[Revues] Libr-revues de poésie : trois nouvelles venues

Profitez de cette vacance pour découvrir trois nouvelles revues de poésie : K.O.S.H.K.O.N.O.N.G (Jean Daive) ; AKA (Stéphane Korvin) ; Larevue* (Mathieu Nuss).

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18 juillet 2013

[Création – série] Dreamdrum 9, Thomas Déjeammes /Laura Vazquez, Un coup qui donne la mort

Pour cette dernière livraison de Dreamdrum avant la pause estivale, trouvez l’erreur… Mystérieux texte de Laura Vazquez convoqué par le MISTAKE de Thomas Déjeammes… [Lire Dreamdrum 8]

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